Hello !

Voici le nouveau chapitre, il s'agit d'un complément du 10; d'où le "10,5".

Je préfère vous prévenir immédiatement d'une petite incohérence : Comme vous l'avez lu, Seijuro va devoir faire de la chimio. J'ai pris en considération les nombreuses plaintes et décidé de ne pas lui faire perdre tous ses cheveux. Je me suis documentée et, finalement, il existe bien des personnes qui ne perdent pas leurs cheveux. Cependant, cette étape ne pourra pas être évitée pour l'opération (où, techniquement, on va devoir lui raser le crâne et il gardera un bandage sur la tête un bon mois, le temps qu'un peu de cheveux repousse.) Voilà.

J'espère que cela pardonnera mon long retard.

Merci à Moira-chan pour la correction, toujours au top ^^

Bonne lecture !


Akashi était sorti de l'hôpital depuis deux jours, mais nous devions déjà y retourner pour les séances de chimiothérapie.

Il était censé perdre ses cheveux mais ils semblaient obstinés à rester sur sa tête. C'était à croire que le shampoing de mon petit ami était en fait de la glu. Par contre, il n'échappait pas aux vomissements et aux autres désagréments.

Son corps n'avait plus de poils. Plus de poils, du tout ! Il n'en avait plus sur les bras, plus sur les jambes, plus entre les jambes. Il n'avait plus cette fine ligne de poils roux qui allait auparavant de son nombril à son sexe. Mais ses sourcils et ses cheveux restaient désespérément accrochés à lui. Ce n'était pas plus mal. Je l'imaginais mal chauve et sans sourcils.

Il était traité en ambulatoire, ce qui était plutôt pratique car il restait une grande partie du temps à la maison. Nous n'allions à l'hôpital que certains jours, le matin, pour ressortir en fin de soirée. Le problème était que mon patron n'appréciait pas que je rate autant d'heures de travail. Bien sûr, j'avais préféré garder pour moi la raison de ces absences.

Ce qui était agréable quand on allait faire les séances de chimio, c'était qu'on réalisait enfin qu'on n'était pas seuls à vivre avec le cancer et que, comparés à certains cas, nous avions presque de la chance. Certaines personnes se battaient depuis déjà des années, sans résultats. Certaines avaient commencé ce cauchemar dans leur plus tendre enfance ce cauchemar dès leur plus jeune âge. Parmi nous se trouvait notamment une petite fille de deux ans atteinte de leucémie aiguë promyélocytaire, une forme très rare de leucémie myéloïque, et mortelle avec moins de trois ans d'espérance de vie dès le moment où la maladie était diagnostiquée.

Il suffisait d'être patient en cancérologie pour faire des études de médecine.

Les infirmières étaient gentilles. Pour une fois que je trouvais des infirmières sympathiques... À la première séance, on mit à Akashi un cathéter dans la poitrine, qu'il devrait garder tout le long du traitement et même encore après, car il permettrait aux médecins de ne plus avoir à le piquer chaque jour. Le tuyau remontait dans sa gorge, on le voyait presque à travers sa peau laiteuse. On lui injectait des produits néfastes dans le corps pour tuer cette saleté de cancer. Mais compte tenu des effets qu'ils avaient sur lui, de la façon dont cela l'affaiblissait, je me demandais s'il guérissait vraiment.

Sei s'installait sur un lit, je prenais sa main et nous attendions que le traitement soit fini pour rentrer à la maison.

Je devais assez souvent tendre la bassine à Sei pour qu'il vomisse. Ce n'était agréable ni pour lui, ni pour moi, mais j'avais maintenant appris à vivre avec.

À la vie, à la mort. Dans la joie ou la maladie.

Cette aventure vécue avec lui, cette lutte contre le cancer était un pacte entre lui et moi. Je le voyais comme ça. C'était notre guerre et, malheureusement, la seule histoire d'amour que j'aurais vécue à ses côtés.

Le traitement était bientôt fini. Nous allions pouvoir repartir.

-Je parie que tu vomiras encore une fois avant qu'on ne quitte l'hôpital.

-T'es méchant.

Puis il réfléchit quelques instants et sembla chercher en lui s'il pouvait encore tenir un peu.

-Pari tenu.

Il nous restait normalement un quart d'heure à attendre. Une infirmière vint nous voir pour nous demander comment Akashi allait.

-Ça peut aller, pour le moment.

-Vous avez une grande résistance. Normalement, un traitement aussi agressif que celui que vous subissez est censé beaucoup vous affaiblir, vous devriez avoir des malaises et ce genre de choses. Mais votre corps est très résistant, je n'avais encore jamais vu ça.

Elle regarda où en était la perfusion et nous dit que l'on pourrait bientôt sortir.

-Je suis sûr qu'elle ne t'a pas vu vomir, c'est pour ça qu'elle dit que tu t'en sors bien.

-Je ne cherche pas à savoir. Mais c'est vrai que je me sens bien, pas fatigué du tout.

-Tant mieux.

Je lui souris et il me le rendit.

-Dis-moi, Sei... Je me demandais déjà depuis un moment... Qu'est-ce que tu aurais fait si je n'étais pas revenu au Japon et que je n'étais pas venu te voir ?

Il baissa les yeux et son sourire s'effaça.

-Je serais mort.

Son visage était sombre alors qu'il continuait à parler.

-Je me serais laissé mourir de cette maladie sans même chercher à la combattre. Quand tu es arrivé, j'avais déjà commencé à couper les ponts avec les anciens de la génération des miracles pour qu'ils ne me voient pas mourir. Si tu n'étais pas venu, alors ils n'auraient peut-être jamais su que je serais mort, et ils n'auraient pas cherché à savoir. Mon père ne l'aurait découvert qu'au dernier moment, quand il aurait été trop tard pour lui de trouver un autre héritier. Je serais mort comme ma mère... Enfin, au début, avant que tu n'arrives, c'était ce que je voulais, mais maintenant, je me dis que je ne veux pas mourir dans un hôpital, seul dans une chambre... J'aurais finalement voulu vivre.

-Tu savais que tu avais un cancer ? Avant que je ne revienne ?

-Je m'en doutais. J'avais déjà des maux de tête et des étourdissements, alors je m'en suis douté... Et puis, génétiquement, j'avais une grande probabilité d'en avoir un un jour...

-C'est donc pour ça que tu avais coupé les ponts...

-Oui, et je compte bien continuer.

-Sei, je...

Je n'eus pas le temps de continuer ma phrase. Akashi se pencha en avant et je lui tendis sa bassine, où il recracha le peu qu'il restait dans son estomac.

-Tu as perdu.

-Il faut croire.

Sa perfusion était vide, le produit était maintenant entièrement dans son corps. L'infirmière revint et nous dit que l'on pouvait partir, mais que Sei devait faire attention car il pouvait encore être malade.

Une fois debout, je le vis chanceler avant de s'effondrer sur le sol. Apparemment sa jolie mine et ses grands sourires ne faisaient que cacher le fait qu'il n'était vraiment pas bien. La chimio l'avait beaucoup trop fatigué. Midorima m'avait pourtant prévenu, je savais qu'il cacherait ses faiblesses. Mais je ne m'étais pas assez méfié. Voilà le résultat.

On l'emmena dans une chambre et je demandai à ce qu'on m'y installe un lit pour que je puisse rester avec lui pour la nuit. Les médecins acceptèrent.

Quand on nous apporta le repas du soir, Sei n'était toujours pas réveillé. Sa tension était élevée mais c'était normal. Je n'en revenais pas qu'il m'ait menti tout ce temps juste pour paraître fort. Puis je réalisai qu'il ne voulait tout simplement pas être faible et qu'avoir l'illusion d'être fort lui faisait sans doute du bien.

Dans la nuit, je fus réveillé par un bruit strident, puis des voix fortes. Quand je pris pleinement. Quand je voulus prendre connaissance de ce qu'il se passait, on m'informa qu'Akashi faisait un arrêt cardiaque.

Son cœur ne battait plus.

Plus du tout.

On amena un chariot de réanimation et on me demanda de reculer. Désorienté par le sommeil et la panique, je réalisais à peine ce qu'il se passait dans cette chambre, ce qu'ils faisaient au corps de Sei pour qu'il vive.

-Chargez à 300, cria un médecin.

Les palettes se posèrent sur son corps et il se secoua d'un coup.

Mais son cœur ne battait toujours pas.

-Chargez à 400.

Encore une fois, et son cœur répondit enfin. Ses yeux s'ouvrirent quelques secondes avant qu'il ne sombre à nouveau dans le sommeil. Les médecins restèrent encore quelques minutes pour vérifier que tout était normal et quittèrent la pièce après m'avoir expliqué ce qu'il venait de se passer.

Épuisé, je me rendormis après avoir rapproché mon lit du sien et pris sa main dans la mienne.

Mais je ne fis que des cauchemars. Je voyais son cœur, son joli cœur tout rouge, assailli par le cancer. Je le voyais, pâle, dans un costume rouge, enfermé à jamais entre quatre planches de bois blanc.

À mon réveil, le lendemain, Sei avait les yeux ouverts. Il passait une main dans ses cheveux et s'en arrachait des mèches. Je tentai de l'en empêcher, mais son esprit semblait ailleurs et il continua à le faire sans me prêter attention.

-Sei, arrête !

Il me regarda enfin et ses yeux étaient vides.

-Sei...

-J'ai vu ma mère, murmura-t-il. Elle me souriait. J'aurais pu la rejoindre, tu sais... Elle me tendait la main. Mais ensuite, je t'ai vu, je t'ai senti, et j'ai préféré revenir vers toi.

Il passa ses bras autour de mon cou. Je le serrai contre moi et l'entendis sangloter.

Cette vie, je ne savais pas combien de temps encore nous allions pouvoir la supporter. C'était à se demander comment faisaient ceux qui devaient subir cela pendant des années.

Avions-nous vraiment de la chance, au final ?


Le traitement de Sei prit fin et il put rentrer à la maison sans autre problème. Maintenant, il nous fallait attendre l'opération.

Et un miracle.


Voilà ! Un petit review ?