Bon, en principe, ça c'est la première partie du chapitre 12 mais comme Auvi fait la grimace coz qu'elle trouve que je publie pas assez vite (nan mais je te jure, ces fans ! LOL), je vous le poste. Y'a que Sheppy, Carson et Evan (et sa petite voix …).
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12a – Carson regardait le paysage défiler. C'était curieux, comme regarder du hublot d'un avion et en même temps, le fait que l'hélico soit presque entièrement vitré, rendait les choses plus proches. Il aurait presque pu toucher ici, le toit d'une maison là, la cime d'un arbre … encore que non. Ses mains ne pouvaient rien toucher. Elles étaient … sales. Impures.
Un frisson de dégoût le parcourut.
Il se tourna vers Sheppard.
Ce dernier pilotait l'hélico, fixant le ciel devant lui, jetant de temps à autres un coup d'œil aux différents cadrans. Indifférent ; Il ne semblait pas changé mais c'était peut-être normal, après tout, il était un soldat et avait certainement déjà tu --
Cette fois, c'est la nausée qui frappa Carson de plein fouet. Ok, ok, ok, se calmer, prendre une grand inspiration, expirer, inspirer, voilààààààààààà. Vomir dans un endroit clos comme un hélicoptère ne serait certainement pas la meilleure des idées.
Carson se repoussa dans son fauteuil et fixa ses mains.
Elles étaient comme d'habitude. Propres, enfin, autant qu'on pouvait l'espérer avec leur petite aventure, n'est-ce pas ?
Et pourtant, il ne les reconnaissait pas. Ce n'étaient pas les mains d'un médecin. Les mains de quelqu'un qui sauve des vies … c'étaient les mains de quelqu'un qui les vole.
Il ferma les yeux, luttant une fois encore contre la nausée qu'il sentait monter en lui.
Oh, il savait qu'il n'était pas ce que l'on pourrait appeler un innocent. Il était un scientifique de haut niveau et on ne travaille pas sur le génome humain sans accepter certaines, disons, « entorses » aux beaux principes éthiques d'Hippocrate. Mais ça … ça c'était inacceptable.
Il avait tué un homme.
Mo Dia. Tout s'était passé si vite !
Lorsque les deux hommes s'étaient approchés de la voiture, ils avaient, Sheppard et lui, attendus patiemment, jouant les pauvres victimes d'un accident de la route mortel. Les deux hommes avaient ouvert la porte du conducteur et Carson avait cru à ce moment là que son cœur allait tout simplement sauter hors de sa poitrine, tant il avait peur. Pendant un moment, les boum-boum de son cœur emplirent ses tympans, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que la ruse du Colonel Sheppard fonctionnait. La surprise avait alors remplacée la peur, puis l'espoir : ça allait marcher ! Ils allaient y arriver !
Les deux hommes avaient contacté leurs supérieurs et Carson les avait entendu préciser que la « récupération allait poser problème ». Il ne fallait pas être un génie pour comprendre ce que recouvrait le mot « récupération ».
Alors que l'un des hommes se penchait vers Carson pour le dégager de l'air bag Sheppard se releva brusquement et tira. A cette distance, l'homme n'avait aucune chance. Deux balles le propulsèrent dans l'herbe où il resta, immobile. Sheppard ne laissa pas au second homme le temps de réagir et tira une nouvelle fois.
« Carson, vite ! Bougez vous ! » Lui cria le militaire qui se dégageait de la voiture.
Oui, oui, sortir de là, pas de problème.
Une fois sorti de la voiture, le premier réflexe de Carson fut de se pencher sur le premier homme que Sheppard avait abattu. Pas de pouls, trace d'hémorragie interne. Ok, il ne pouvait plus rien pour lui. Il allait se lever pour vérifier l'état du second homme lorsqu'une rafale de balles ricocha autour de lui.
« Merde ! » cria Sheppard.
Yep, c'était aussi son sentiment.
« Carson, planquez vous derrière la voiture ! »
Bras par-dessus la tête comme si cela pouvait le protéger, Carson rampa derrière la voiture, le boum-boum dans ses oreilles était revenu, plus fort que jamais.
Bloody Hell ! Ils avaient oublié le second hélico.
La porte de ce dernier était ouverte et un homme les canardait. C'était d'ailleurs exactement ce qu'ils étaient : des canards en pleine période d'ouverture de la chasse !
Carson vit Sheppard viser l'homme qui leur tirait dessus et c'est à ce moment là que le second type qu'il avait descendu joua le Retour du mort vivant. La poitrine ensanglantée, il se jeta sur Sheppard et les deux hommes se lancèrent dans une lutte au corps à corps.
Et Carson restait là, planqué, incapable de bouger.
L'homme dans l'hélico cessa soudain de tirer ce qui attira l'attention de Carson. Il s'allongea et rampa vers le devant de la voiture. Le premier homme abattu par Sheppard se trouvait juste devant lui. Les balles faisaient voleter de petites touffes d'herbe autour d'eux. Et c'est là que Carson la vit. Noire, brillante. Terrible.
Maintenant encore, Carson avait du mal à reconstituer avec exactitude les évènements qui avaient suivi. A un moment, il regardait l'arme dans le holster sous la veste de l'homme et soudain, elle s'était trouvée dans sa main. Il avait réagit instinctivement.
Carson revoyait l'homme tomber de l'hélico. Cela ne l'avait pas stoppé. Il s'était relevé et avait vidé son chargeur sur l'appareil. Il avait continué à tirer alors même que le chargeur était vide. Il revoyait Sheppard lui prendre l'arme des mains doucement. Le militaire avait la lèvre et le nez en sang. Il revoyait l'hélicoptère faire des soubresauts puis plonger derrière les montagnes.
Non, ses mains n'étaient pas sales mais elles étaient pourtant couvertes de sang.
« Carson, c'était eux ou nous, » lui avait dit Sheppard.
Eux ou nous, pensa Carson. Eux ou Rodney. Le choix aurait du être simple mais il savait qu'il lui faudrait du temps pour accepter et plus encore pour se pardonner.
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INCROYABLE ! Cela faisait bientôt une heure qu'Evan déambulait dans la résidence et il n'avait croisé aucune âme qui vive. Pas de ronde, pas de gardes. Ces gens étaient si sûrs d'eux que s'en était ridicule ! Mais il n'allait pas s'en plaindre. C'était une des raisons pour laquelle il avait pu sortir McKay de cet enfer. Il espérait pouvoir profiter de cette situation pour s'en sortir vivant lui aussi.
Dans le vestiaire, il avait trouvé de quoi s'habiller (mais pas de quoi se chausser. Tous les Marines étaient ils donc des nains chaussant un petit 40 de nos jours ? Tstststststs, voilà qui en disait long sur les critères de recrutement !). Il lui restait juste à emprunter une voiture. Avec un peu de chance, les clefs seraient sur le tableau de bord.
Arrivé dans le parking, il fit le tour des voitures avant d'en choisir une (modèle classique, gris métallisé passe partout, parfait) et allait la forcer lorsqu'un soupir résonna dans son oreille.
Tttt, Evan ! T'as du fromage blanc entre les oreilles ou quoi ? Elles ont toutes un traceur ces voitures, mon chéri, fit la petite voix.
Merde. Evan pensait pourtant que la drogue avait fini de faire effet.
Hey, tu croyais vraiment que la véritable couleur des murs était mauve ? Pouffa la petite voix.
Ah, bah ouais, ça l'avait un peu surpris ça. Hum, donc il était toujours complètement junkirisé. Génial.
« Puisque tu es si maligne, tu as une idée peut-être ? » demanda t-il à haute voix. Mon Dieu, il était vraiment au bout du rouleau, il se parlait à lui-même !
Huhu, une super idée. On va prendre ça !
Evan se tourna vers le ça en question. Ses yeux s'écarquillèrent. « Non mais tu plaisantes j'espère ! »
Jamais pendant le service ! s'exclama la petite voix sur un ton blessé.
« Mais c'est … c'est … c'est ridicule ! Pas question. » Evan croisa les bras sur sa poitrine.
Tu réalises que tu es en train d'argumenter avec toi-même, hein ? Allez, monte et taïauuuuuuuuuuuuut ! Fanfaronna la petite voix
Evan poussa un soupir et haussa les épaules. Après tout, au point où il en était.
Et vingt minutes plus tard, il était sur la route …
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Kathleen Merryweather ne dit rien lorsque l'agent Lashawn suivi de son acolyte l'agent Elrod entrèrent dans son bureau. Elle tournait le dos aux deux hommes, fixant le jardin. Elle devrait penser à demander à l'un des Marines de passer la tondeuse et de couper les haies. Histoire que ces abrutis servent à quelque chose.
Kathleen pouvait sentir le malaise que provoquait son silence. Ces types étaient si pathétiques … Elle finit par se tourner et s'installa à son bureau, prenant soin de prendre son temps. Elle croisa ses mains et les posa sur son bureau puis elle sourit. Le malaise qui régnait dans la pièce augmenta d'un cran. Parfait. Kathleen aimait cette peur sourde qu'elle provoquait chez les personnes qui travaillaient pour elle.
Elle examina les deux hommes.
Elrod arborait un superbe coquard, il était pâle et visiblement pas très en forme. Lorne ne l'avait pas raté.
« Alors, c'est fait ? » finit-elle par demander.
C'est Lashawn qui répondit. « Oui, M'dame. Il vient de sortir de la propriété en …vélo. »
Kathleen haussa un sourcil. « Un vélo, vraiment ? » Elle sourit.
Décidément, ce psychotrope donnait d'étonnants résultats. Elle se demandait ce que le Major Lorne expérimentait. La plupart des sujets conversaient généralement avec Napoléon (19). La seule constante, c'était qu'ils croyaient dur comme fer à ce qu'ils voyaient tout en gardant pied avec une certaine dose de réalité. Un peu comme de vivre dans un environnement virtuel : vous êtes vous mais pas le monde autour de vous … Vous réagissez sans étonnement, si vous voyez un éléphant rose ou si on vous dit que les poules ont des dents. Fascinant vraiment.
Décider d'en administrer un peu à Lorne avait été un coup de génie. Si Sheppard et Beckett étaient morts dans ce stupide accident de voiture, Lorne serait sa roue de secours, sans vilain jeu de mot.
« Bien, je suppose que dans ces conditions, vous n'aurez pas trop de mal à le suivre, n'est-ce pas messieurs ? »
Les deux hommes hochèrent la tête pratiquement simultanément. De vrais Laurel et Hardy, pensa Kathleen. Lorsqu'ils auraient enfin localisé McKay, elle prendrait les choses en mains, ces abrutis étaient capables de tout faire rater !
Elle les congédia de la main et se mit à tapoter sur son clavier. Elle se demandait qui allai prononcer l'eulogie de son cher confrère si tragiquement disparu.
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Wow, le vélo, c'est dur ! pensa Evan.
Pédale et tais toi ! Lui lança la petite voix.
Ouais, c'est ça, je pédale jusqu'à Colorado Springs, super idée, non vraiment.
T'inquiète, c'est plus bien loin …
Ah bon ? S'étonna Evan. En fait il avait mal au crâne et il avait du mal à se concentrer. Et puis le ciel était vraiment d'une drôle de couleur, un jaune vif, qui lui faisait mal aux yeux. L'herbe pourpre c'était un peu bizarre aussi d'ailleurs mais elle avait l'air suuuuuuuuuuuper moelleuse.
« Je propose qu'on s'arrête un peu. » puis il posa le vélo sur le bas côté et s'allongea par terre.
Comment ça on s'arrête ! Pas question ! C'est dangereux d'abord ! cria la petite voix, manifestement pas contente du tout.
« Ouais, ouais, comme s'ils pouvaient nous surprendre ici. Nous sommes entourés de champs ! Je les verrais venir. »
Il y eu un petit silence puis la petite voix reprit, sur un ton angoissé.
Et les vaches tu as pensé aux vaches ?
Ah, non, il n'y avait pas pensé … et d'ailleurs, pourquoi devrait-il penser aux vaches ?
« Euh, non, pourquoi ? »
C'est dangereux. Ca ne vole pas et ça ne pique pas comme les abeilles (20) mais … La petite voix prit un ton de conspirateur et murmura comme si elle dévoilait un grand mystère : ça broute de l'herbe …
Evan fixait le ciel jaune et essayait d'assimiler cette information.
« Ah, » fit-il.
Oui, et sur quoi es tu allongé mon ange ? De l'herbe. Elle pourrait confondre et miam, plus d'Evan ! Dangereuse, je te dis !
Evan fixait toujours le ciel.
Un nuage en forme de vache passa. Suivi d'un train. Normal, les vaches broutaient tout en regardant passer les trains, c'était bien connu.
Train ?
Il se releva d'un bond.
« Euréka ! » hurla t-il. « Je sais comment faire pour rejoindre Colorado Spring ! »
TBC … Ouais je sais, pauvre Evan, il n'a pas toute sa tête (ça m'a trop amusé de le décrire comme ça !) mais ne vous inquiétez pas, ça va s'arranger ; en revanche pour le Roro d'amour à moi, je suis moins sûre …
(19) Ca c'est pour ma Saschka à moi ! coz qu'elle va devenir une super psy de la mort qui tue ! Je serai sa première patiente, si.
(20) Bon là, c'est une anecdote qui me concerne (et qui fait encore rire dans les chaumières de ma merveilleuse famille) : à l'âge mignonnet de 4 ans, j'aurais demandé si les vaches (j'en voyais une en vacances pour la première fois de ma toute jeune vie) étaient comme les abeilles et si elles piquaient !
