Réponse aux reviews :

L : Merci beaucoup pour ta reveiw, je suis contente que ça te plaise.

Seleen : C'est moi qui te remercie de me laisser des reviews , toujours si gentille en plus! Ahah c'était mon but d'induire en erreur comme ça, je suis contente que ça a fonctionné xD Encore un grand merci pour cette review et tous ces compliments !


Bonjour tout le mode ! Voilà le chapitre 12, j'espère qu'il va vous plaire !

Bonne lecture !


Chapitre 12

L'homme avait attribué un rôle précis à chacun, et tous s'y tiendraient. Lors de ses moments de doute, l'homme lui que disait tuer ne faisait pas partie du jeu, ce n'était qu'une introduction ennuyeuse mais nécessaire pour commencer la partie. Cela les arrangeait tous les deux. Le meurtre était commis, sa partie s'était terminée alors que celle de l'homme ne faisait que commencer. Il avait dit qu'il serait présent. Il superviserait tout, ferait avancer ses petits pions, comme il les appelait sans que j'aimais, ni Holmes, ni son petit soldat ne remarquent sa présence pas avant qu'il ne soit trop tard.


Sherlock fut réveillé le lendemain matin par des mouvements dans le lit. Il eu à peine le temps d'ouvrir un œil, que John se faufilait hors de la chambre. Il essaya vaguement de se souvenir s'il avait fait quelque chose de mal dans son sommeil pour le faire fuir, mais compris bien vite que le problème n'était pas là en entendant l'eau de la douche se mettre à couler.

Un sourire moqueur et soulagé fleuri sur les lèvres de Sherlock. Il aurait dû y penser plus tôt, John, comme la plupart des hommes, devait souffrir d'une érection matinale, il n'était qu'un être fait de chair et de sang après tout. Il n'avait sans doute pas voulu que Sherlock le voit sortir du lit qu'ils avaient partagé dans cet état, c'était compréhensible.

Sherlock roula sur le ventre dans l'espoir de se rendormir et grimaça soudain en sentant une gêne à son entre-jambe; lui aussi n'était qu'un être humain soumis aux dures lois de la nature, il avait tendance à l'oublier. Il enfouit sa tête dans un oreiller et grogna de frustration il y avait parfois des désavantages à n'avoir qu'une seule salle de bain pour deux colocataires.


Sherlock s'appliqua toute la journée à passer sous silence ce qui s'était passé la veille. John voulait en parler et le détective dut déployer de lourds efforts pour l'ignorer. Il savait que c'était vraiment malvenu de sa part. La veille, John avait été d'une gentillesse sans nom avec lui et Sherlock n'osait même pas penser à la nuit terrible qu'il aurait passé si le médecin n'avait pas été là. Il aurait au moins dû le remercier, mais cela revenait à avouer qu'il avait eu besoin de son aide, et même s'il en avait tous les deux une parfaite conscience, Sherlock ne parvenait pas à l'admettre, pas à voix haute du moins.

John n'avait cessé de lui poser des questions se voulant innocentes, pour mieux savoir le contenu de son rêve, et Sherlock avait finit par s'enfermer dans un profond mutisme d'où le médecin n'aurait pas pu le tirer. Il s'était posté devant la fenêtre et avait commencé à jouer du violon. John décida alors d'abandonner, pour un temps.

Le médecin s'était alors installé dans son fauteuil, qu'Arsenic lui avait gracieusement laissé quelques minutes plus tôt pour rejoindre la pille de pulls qui lui servait de panier (John devait impérativement les récupérer !), et s'était mis à penser.

Bien qu'il s'agisse là de l'activité de prédilection du détective, John n'était pas en reste pour autant lorsqu'il s'agissait de se torturer les méninges. Il le faisait très souvent en ce moment, parce qu'il sentait en permanence son esprit embourbé dans des contradictions en tout genre. Elles avaient cependant toutes un point commun, c'était l'homme qui jouait du violon devant la fenêtre.

Il avait passé son temps, ces dernières semaines, à affirmer à une foule de gens qu'il n'était ni gay, ni en couple avec Sherlock et qu'il n'y avait aucune raison qu'il en soit autrement. Cependant, la conversation qu'il avait eue avec sa sœur avait fait germer un doute au fond de lui.

Il pouvait dire tout ce qu'il voulait, mais les réactions de son corps, lorsqu'il était en présence de Sherlock, ne mentaient pas. Le détective l'attirait, pas uniquement son physique il n'aurait pas pu si vulgairement résumer le détective à cela. Sherlock était un être à part, il était différent de tous les gens que John avait pu rencontrer dans sa vie et surtout, il lui apportait quelque chose en plus, quelque chose dont il ne pouvait pas se passer : l'adrénaline quotidienne.

John aimait être en sa présence, il aimait leurs moments de complicité, il aimait vivre avec lui tout simplement. Il essaya un instant d'imaginer ce que deviendrait sa vie si maintenant, il décidait de s'installer avec une quelconque petite amie, de faire des projets, d'avoir un bel avenir parfaitement normal. Cela semblait ennuyeux. Rien à faire il ne voulait pas de ça. Il manquait de l'action dans l'équation, il manquait Sherlock. Sherlock qui, peu à peu, sans qu'il ne s'en aperçoive, s'était installé dans sa vie jusqu'à en devenir un des éléments principaux.

Mais je ne suis pas gay !

La voix de Harry ricana dans sa tête, elle n'avait peut-être pas tort, après tout. Lorsqu'il avait étreint Sherlock dans ses bras, il s'était senti bien. Déboussolé, bien entendu, et triste également de voir son ami dans un tel état, cependant il s'était senti bien car il aimait sentir la présence de Sherlock contre lui. Ils avaient dormi ensemble, main dans la main, et John, bien que ses propres cauchemars ne le tourmentaient plus, n'avait pas dormit d'un sommeil si paisible depuis longtemps.

Quand il s'était réveillé le matin même, qu'il avait ouvert les yeux et que la première image qui s'était imposée à lui était le visage serein et endormi de Sherlock, John avait sourie. Il avait contemplé le détective longtemps, fasciné par l'image de tendre vulnérabilité tellement rare qu'il renvoyait. Et puis, John avait dû abandonner ce tableau et fuir cette chambre, parce que Sherlock avait réveillé quelque chose en lui, entre ses jambes et cette érection n'avait rien à voir avec son réveil, John savait faire la différence. Ce qu'il ressentait maintenant, qu'il avait ressentit à chaque fois, c'était du désir pour son colocataire. Cela lui fit peur.

-Je vois que tu as trouvé le bouquin de ma mère.

John sursauta violemment tiré de ses pensées par l'objet même de ses désirs secrets, il sentit ses joues se mettre à rougir. Sherlock avait-il pu lire dans ses pensées ? Le détective avait complètement arrêté de jouer, il désignait de son archet le guéridon près du fauteuil de John. Le médecin suivit le mouvement du regard jusqu'à ce que ses yeux se posent sur le livre qu'il avait abandonné la veille en se précipitant dans la chambre de Sherlock.

Il remarqua enfin le nom inscrit sur la couverture et écarquilla les yeux. John ne savait rien des parents de Sherlock mis à part qu'ils vivaient à la campagne, aimaient les soirées dansantes et les comédies musicales (un peu trop aux goûts de leurs fils qui n'avaient jamais partagé cette passion). Il savait également que les parents Holmes essayaient depuis des années d'organiser un vrai repas de famille et qu'à chaque fois cela se concluait par un échec.

Le médecin ne s'était cependant jamais interrogé sur leurs carrières. Pour lui, les parents Holmes n'étaient que deux puissantes entités avec une grande force de caractère. Selon lui, il fallait au moins ça pour avoir réussi à survivre dans une maison qui réunissait Sherlock et Mycroft, et ce à longueur de journée.

-Ta mère est brillante, souffla John en repensant à toutes les formules mathématiques compliquées qu'il avait survolé sans comprendre.

-Evidemment, grinça Sherlock.

-Tu ne m'as jamais dit qu'elle était mathématicienne.

-J'ignorais que cela t'intéressait.

-Bien sûr que si ! Tout m'intéresse quand ça…

Il se coupa en pleine phrase avant que les derniers mots ne lui échappent et maudit au passage son système nerveux pour envoyer les informations de son cerveau à sa bouche sans même les filtrer avant.

-Quand ça quoi ? interrogea Sherlock.

Quand ça te concerne.

Il ne pouvait pas lui dire ça. Il aurait pu certes, parce que Sherlock était un géni et que sa vie en passionnerait plus d'un ce qui était normal, mais il ne voulait pas prononcer ses mot face au détective, pas alors qu'il prenait à peine conscience de l'attraction qu'il y avait entre eux.

-Quand ça peut me permettre de ne pas passer pour un idiot par la suite.

Il se força à sourire, mais il voyait bien que le détective ne l'avait pas cru.

-Tu es un idiot, grommela Sherlock en recommençant à jouer.

Ça oui, John en était de plus en plus convaincu.


La journée à Baker Street aurait pu être tranquille. Un simple mardi de fin novembre à passer en toute sérénité au coin du feu. Ça avait presque été le cas.

Au alentour de midi, John avait définitivement abandonné l'idée de faire parler Sherlock. Si le détective l'avait ignoré aux premières insinuations que John avait pu faire au sujet de Boris, en prenant toujours garde à ne pas prononcer son nom et en évitant les allusions trop directes à ce qu'il s'était passé, il avait fini par se braquer dès que John ouvrait la bouche. Alors le médecin n'avait plus prononcé un mot et avait laissé Sherlock étaler une quantité astronomique de documents sur la table de la cuisine et complètement se réfugier dans l'enquête.

John ne lui proposa pas son aide, de toute façon, il n'aurait pas pu faire grand-chose Sherlock s'était servi de leur frigo comme un tableau où il aimantait tous documents, photos, ou encore notes manuscrites qu'il estimait importantes. Le médecin ne comprenait même pas toutes les notes, si sur certaines Sherlock avait inscrit des semblants de phrases comme « pas suicide » ou encore « pas ex », d'autres n'étaient constitué que d'un simple mot tel que « camera » et John était bien incapable de le remettre dans le contexte de l'enquête.

Ne pouvant pas aider, John s'était contenter de décongeler des pizzas, il avait par réflexe posé une assiette sur un des rare espace de la table encore vide près de Sherlock et ne fut pas surpris de voir le détective la repousser aussitôt. John avait fini par l'abandonner dans la cuisine avec son enquête et sa mauvaise humeur pour aller somnoler devant une télé réalité.

Il était presque quinze heures quand Sherlock vint se poster devant le canapé où il était affalé pour le sortir de sa léthargie. John, bien décidé à l'ignorer, fit semblant de se passionner sur l'écran qui lui montrait désormais une émission particulièrement abrutissante où des candidats tous aussi stupides les uns que les autres devait réussir une série d'épreuves ridicules.

-Lestrade m'a envoyé un texto, annonça Sherlock de but en blanc les poings sur les hanches.

John hocha distraitement la tête.

-Mycroft l'a appelé.

-Grand bien lui fasse, marmonna le médecin.

-Il était paniqué.

John ne put s'empêcher de détourner ses yeux de l'écran. Mycroft Holmes ne paniquait jamais.

-Ils ont retrouvé le type du gouvernement qui avait disparu.

John se redressa étirant ses muscles engourdit.

-Eh bien, ton frère devrait être satisfait, non ?

-Pas vraiment. Ils l'ont retrouvé mort.


L'heure d'après, ils étaient sur la scène du crime. C'était un ensemble de locaux contenant des chambres froides prêtent à être loué. Le mort était à l'intérieur de l'une d'elle. John pouvait l'apercevoir de loin : un flingue à la main, une balle dans la tête et beaucoup trop de sang qui tapissait les parois de la chambre froide pour que celui-ci n'appartienne au mort. La police scientifique s'afférait partout à leur arrivé, prélevant sang et empruntes. Du coin de l'œil, John vit Sherlock sourire, Anderson était là et il savait qu'une bonne prise de bec entre lui et Sherlock était idéal pour pallier à la mauvaise humeur de ce dernier. John pouvait presque entendre le bruit des rouages dans la tête de son ami qui prévoyait quelques sarcasmes bien sentis à dégainer en cas de besoin.

John observa l'endroit. Le local était classique, les frigos s'alignaient le long du mur. Le tragique évènement s'était produit dans la dernière chambre froide, tout au fond de la pièce. Alors que Sherlock franchissait sans la moindre hésitation la banderole de police qui interdisait l'accès du local, John préféra attendre, ils ne pourraient rien faire tant que l'équipe médicaux-légal n'aurait pas finit alors autant ne pas traîner dans leurs jambes il s'agissait cependant d'une logique qui échappait encore à Sherlock.

Les policiers grouillaient tout autour de John, un peu plus loin une femme en uniforme blanc était assise à l'arrière d'une camionnette, elle était en larmes et des sanglots déchirant s'échappaient de sa gorge. John pensa d'abord à la femme de la victime, mais quelque chose dans sa tenue paraissait trop étrange pour que ce soit le cas.

-C'est Bernadette, dit soudain une voix.

Un homme, jeune à première vue, dans le même uniforme blanc, se tenait tout près des délimitations. Son regard semblait tourné vers les scientifiques (quelque peu dérangé par la présence insistante de Sherlock qui se disputait avec Lestrade). John n'aurait pas pu dire ce qu'il observait, car son visage était presque entièrement masqué par une casquette tout aussi blanche que son uniforme, des lunettes de soleil que les plus jeunes adoraient porter, peu importe le temps où la saison et une barbe de quelques jours qui lui manageait les joues.

-C'est ma collège, Bernadette, on est chargé d'entretenir les locaux, expliqua-t-il.

Ça expliquait les uniformes.

-Enfin, quand je dis collègue…elle pense que je travaille pour elle, c'est un peu le cas mais elle s'emballe. Nous, on ne fait qu'entretenir les locaux, mais qu'est-ce que vous voulez, quand j'ai commencé à bosser ici, on lui à charger de tout m'expliquer, les formalités en gros, pas grand chose et je crois qu'elle s'est prise au jeu. C'est qu'elle aime donner des ordres.

John resta silencieux. Il n'était as sûr que l'homme s'adressait vraiment à lui. Toujours tourné vers la scène de crime, il aurait tout aussi bien pu parler dans le vide. Il avait une voix affreusement éraillé et mâchait un chewing-gum avec une virulence que John n'avait jamais vu.

Sans pourvoir s'en empêcher, il déduit que le type avait été un gros fumeur désormais en manque. John eu presque envie de se tourner vers Sherlock pour fièrement lui faire part de sa déduction, mais se rappela à temps que le détective n'était pas à ses côtés, mais plus loin, occupé à insulter Anderson.

Il se serait moqué de moi de toute façon, songea John avec amertume.

-C'est elle qui a trouvé le cadavre, continua l'homme en uniforme. Le système de refroidissement de la chambre était en marche et pourtant on ne l'avait pas loué celle-là ça aurait dû être éteint. Du coup, elle l'a ouverte pour être sûre qu'elle soit vraiment vide avant de l'éteindre, on ne sait jamais. C'est là qu'elle l'a trouvé. Depuis elle pleure. Elle pleure et elle ne s'arrête pas. Il a un médecin qui est venu la voir, j'ai entendu le mot « traumatisme » prononcé. A tous les coups elle va être incapable de venir travailler et c'est sur moi que tout le boulot va retomber !

Cela surprenait parfois le médecin, de constater à quel point l'ordre des priorités des jeunes gens pouvait être troublant. Un homme était mort et ça semblait normal. Agaçant et contraignant aussi, certes, mais normal.

John se racla la gorge sans vraiment prêter attention à l'agent d'entretien. C'était fréquent que sur les scènes de crime des témoins viennent lui parler. Ils voyaient John et Sherlock en compagnie de la police, mais comprenaient tout de suite à leurs tenues qu'ils n'en faisaient pas partie, alors la curiosité malsaine qui les animait faisait le reste et, plus ou moins discrètement, ces gens essayaient de leur soutirer des informations.

Parfois, il s'agissait de lecteurs assidus du blog de John (le médecin en soupçonnait même certain de fureter autour des scènes de crime uniquement dans l'espoir de les voir) et dans ces cas-là, ils étaient interpellés à grands cris et par de nombreuses demandes d'autographes. C'était justement pour éviter ce genre de démonstration que John ne montrait pas d'intérêt pour l'agent d'entretien parce que ces situations le mettaient personnellement mal à l'aise, annonçaient souvent de grosses crises de colère à retardement de la part de Sherlock et surtout leur attiraient les foudres des policiers de Scotland Yard qui ne se prosternaient déjà pas à leurs pieds en temps normal.

-Vous n'imaginez même pas à quel point s'est compliqué de retirer du sang dans un réfrigérateur !

Non, effectivement, il n'imaginait pas. Quand les expériences de Sherlock débordaient, c'était généralement Mrs Hudson qui se chargeait de tout faire disparaitre. A mi-voix, il fit remarquer à l'homme que les équipes spécialisées dans le nettoyage des scènes de crime s'en chargerait.

-Ouais, et si le boulot n'est pas bien fait, vous devinez qui va passer derrière ? Certainement pas Bernadette ! Vous savez, je suis un faire-valoir pour elle ! Si mal en point, qu'elle aura besoin de se faire remplacer et ce n'est pas moi qu'on va plaindre, c'est elle ! Moi, je vais avoir le double de boulot, bien sûr, et le centre d'intérêt, ce sera elle !

Comme John restait obstinément silencieux, l'homme tourna légèrement la tête dans sa direction.

-Désolé, je m'emporte, mais vous ne comprenez sûrement pas ce que ça fait, d'être un faire-valoir.

John allait lui répondre que non, lorsque Sherlock, à qui on venait visiblement d'autoriser l'accès au corps, se mit à hurler :

-JOHN ! Tu traînes ! A quoi ça sert que tu m'accompagnes si c'est pour me faire attendre !

L'homme à côté de John eu un petit rire ironique, et se détourna avant que John n'ait pu lui demander des explications un policier près de Bernadette lui faisait signe, il voulait encore lui poser des questions. Mais avant d'abandonner définitivement le médecin, l'agent d'entretient marmonna soudain d'une voix placide:

-Excusez-moi, je me suis trompé. Vous devez parfaitement comprendre ce que ça fait.

Et John haïs immédiatement cet homme. Parce qu'il se permettait de juger des gens qu'il ne connaissait pas et surtout, parce qu'une fois que l'idée eut fait son chemin dans sa tête, John réalisa qu'il n'avait pas entièrement tort.


Rouge.

Rouge sur blanc.

Ça piquait les yeux.

L'homme était étendu au milieu de la chambre froide, un trou bien net en plein milieu du front et une arme dans la main. D'après les premières estimations, il était mort depuis plus de deux jours, mais étonnement bien conservé, parce que gardé au frais. Il y avait autre chose de frais, c'était le sang sur les parois blanches autour d'eux. Il n'était là que depuis quelques heures tout au plus et n'avait pas eu le temps de sécher complètement. Sherlock sillonnait ce frigo macabre de long en large avec un sourire ravie, il s'amusait comme un fou.

-Donc ,ce n'est pas son sang sur les murs, marmonna Lestrade en enfonçant ses mains dans ses poches

-De toute évidence.

-C'est une mise en scène.

-Bravo, vous progressez.

-Il ne s'agit donc pas d'un suicide, continua-t-il en ignorant le sarcasme.

Sherlock détourna son attention de la paroi ensanglantée et se tourna vers John.

-Pense à apporter un trophée la prochaine fois. Lestrade est parvenu seul à une déduction. Aussi évidente soit elle, c'est une première.

John ne répondit pas, il se contenta de lancer un regard désolé à Lestrade qui pinçait les lèvres pour ne pas répliquer.

C'est impressionnant à quel point les paroles d'un parfait inconnu peuvent parfois vous chambouler. Le comportement de Sherlock, aussi inconvenant soit-il, ne changeait pas de l'habitude. Sauf que maintenant, John le voyait différemment. Il avait toujours trouvé normal de laisser Sherlock se comporter comme un parfait connard avec lui ou même Lestrade pour la simple raison qu'il en était un. Un connard avec une bonne conscience de sa supériorité intellectuelle et qui ne se gênait pas pour le montrer.

Tout le monde devait se sentir stupide à côté de Sherlock et John ne s'était jamais inquiété du fait que les gens pouvaient le prendre pour un parfait imbécile à chaque fois qu'il se rendait quelque part en sa compagnie. Sauf qu'un type qu'il ne connaissait pas et qui n'avait jamais parlé au détective avait sous-entendu après quelques minutes à peine, et alors que le Sherlock n'était même pas au même endroit que John, que le médecin était considéré comme un simple faire-valoir.

Etait-ce vraiment l'image qu'ils renvoyaient tous les deux ? Au simple fait de devoir se poser cette question, John se sentit profondément vexé et un peu honteux également.

Complètement inconscient de son trouble, Sherlock sortit un tube de prélèvement de sa poche, avisa le sang encore frais sur le mur et se débarrassa de son manteau qu'il fourra entre les mains du médecin sans la moindre délicatesse. John fit un gros effort sur lui-même pour ne pas le jeter par terre.

-Je suis ton valet de pied maintenant, Sherlock ?

Aucune note d'ironie ne pressait dans sa voix, juste de la froideur, à tel point que Lestrade lui lança un regard surprit et que Sherlock arrêta subitement ce qu'il était en train de faire. Pendant un moment court mais pesant, il n'y eu aucun mot échangé. John se contentait de fusiller du regard le détective complètement abasourdi. Cela aurait pu durer longtemps si Anderson n'était pas arrivé.

-On a déjà prélevé ce sang !

Sherlock se reprit rapidement et les insultes recommencèrent à tomber. Sherlock mettait un point d'honneur à expliquer à Anderson que le travail qu'il prétendait savoir effectuer nécessitait que quelqu'un passe derrière.

John sortit discrètement du local, il avait besoin de prendre l'air. L'agitation à l'extérieur s'était un peu calmé, Bernadette et l'homme en uniforme n'étaient plus là. John entendit quelqu'un s'arrêter juste derrière lui Lestrade l'avait suivi. Le D.I. avait de toute évidence parfaitement remarqué la tension soudaine que John avait provoquée. Il ouvrit la bouche comme s'il voulait dire quelque chose pour la refermer quelques secondes après d'un air gêné.

-Oui, il se passe des choses compliqués en ce moment et non, on ne s'est pas disputé si tu veux tout savoir, grinça John.

Il aurait pu faire preuve d'un peu plus de gentillesse, après tout Greg était son ami, il ne souhaitait probablement que s'assurer que tout allait bien. Il ne se méprit pas une seconde sur le ton sec de John, trop bien placé pour savoir que Sherlock était capable de faire sortir n'importe qui de ses gonds. Mais comme Greg en ignorait les raisons, il se contenta d'énoncer des évidences.

-Tu es en colère contre lui.

-Il y a de quoi !

Il désigna le manteau de Sherlock qu'il tenait toujours. Les yeux de Lestrade demandaient plus d'explications, visiblement il ne voyait pas le problème.

-Je ne suis pas sa bonne.

L'inspecteur laissa échapper un petit éclat de rire surprit.

-Tu crois vraiment qu'il te considère de la sorte ?

Il secoua le vêtement entre ses mains. Foutu manteau qui le mettant en rage parce qu'il l'associait beaucoup trop à son propriétaire. A la grande surprise du médecin, Greg s'esclaffa bien plus fort.

-Bon sang John ! Tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu es probablement la personne que Sherlock estime le plus !

-Alors il ne fait rien pour le montrer.

-Non, bien sûr que non ! C'est de Sherlock dont on parle.

John savait qu'il avait raison. Le détective ne s'épanchait pas sur les règles communes de politesse, il ne l'avait jamais fait et cela n'avait jamais dérangé John. Sherlock était froid, calculateur et arrogant. Quoi de plus naturel pour un sociopathe autoproclamé ? Il avait monté un masque sans faille et savait le porter avec brio.

Sauf que la nuit dernière, Sherlock avait laissé tomber ce masque alors que lui-même s'effondrait dans les bras de John, qui bien que terrifié par l'état de son ami, avait été flatté. Greg avait raison, pour que Sherlock accepte de se montrer sous un tel jour, il devait lui faire pleinement confiance.

Alors pourquoi les sous-entendus d'un inconnu me font-ils tant de mal ?

-Et puis, considères comme un honneur qu'il te confie son manteau. Il ne laisse personne y toucher à part toi, continua Lestrade inconscient du débat qui faisait rage dans l'esprit de John.

Le médecin osa un sourire. C'était vrai, le détective entrait dans une colère noire quand quelqu'un osait toucher son Belstaff, ou son violon, ou ses expériences, ou même parfois le chat. Personne n'avait le droit sauf lui. John pouvait. Toujours.

-Il a fait quelque chose d'autre n'est ce pas ? comprit Lestrade. Une expérience foireuse ?

-C'est plutôt ce qu'il n'a pas fait.

John n'avait pas voulu prononcer ces mots à voix haute et il les regretta quand Greg lui demanda des précisions. Qu'est-ce que Sherlock n'avait pas fait après tout ? Il ne l'avait pas remercié pour être resté auprès de lui, mais John n'attendait pas de remerciement. Tout ce qu'il souhaitait, c'était avoir une discussion avec Sherlock sur ce qu'il s'était passé, pour mieux le comprendre, pour pouvoir l'aider.

Mais il ne pouvait pas raconter tout ça à Lestrade, sinon il aurait fallu tout lui dire : le bar, Boris et surtout la réaction terrible que cela avait provoqué chez Sherlock. Ce n'était pas qu'il manquait de confiance envers Lestrade, bien au contraire l'inspecteur aurait parfaitement compris et surtout, il aurait su rester discret et ne jamais rien dire devant Sherlock. Peut-être même aurait-il pu aider John, le conseiller.

Cependant John s'interdit de dire quoique ce soit à ce sujet, parce que si d'une manière ou d'une autre Sherlock venait à l'apprendre, il lui en voudrait et ne lui accorderait plus sa confiance. Peu importe les ressentiments qu'il pouvait avoir en cet instant envers Sherlock, cette idée, il ne la supportait pas.

Toutefois, John se mit à penser que Lestrade avait tout de même les moyens de l'aider.

-Greg, si je te demande de l'aide pour quelque chose, est-ce que tu peux me promettre de ne jamais en faire allusion devant Sherlock ?

Il hésita un peu, mais finit par acquiescer.

John lui parla alors de Boris, sans entrer dans les détails, juste son prénom, sa description physique et l'endroit ou le trouver. Il lui demanda également de fermer les yeux sur les activités illicites que cachait sans doute le bar.

-Si possible, j'aimerais que tu me trouves des informations sur lui, un maximum.

-Tu n'as qu'un prénom, c'est un peu maigre comme base de départ, mais je vais voir ce que je peux faire et essayer de l'interroger si j'arrive à mettre la main dessus.

-Merci beaucoup Greg. Surtout n'oublie pas, ne mentionne jamais ce que je viens de te dire ni même cet homme devant Sherlock, sous aucun prétexte.

Il accepta, mais ses lèvres étaient désormais pincées en une mince ligne inquiète.

-John, il s'est passé quelque chose avec ce type ?

-Ouais. Mais je ne peux pas t'en parler. Vraiment pas.

Pourtant il en avait envie. Il voulait raconter à Greg ce qui s'était passé dans le bar, il voulait lui raconter que, face à lui, Sherlock avait laissé tomber son masque. Il voulait également lui raconter beaucoup d'autres choses moins graves, mais qui le perturbaient tout de même, comme les pensées étranges qu'il avait de plus en plus souvent à l'égard du détective et les doutes sur lui-même qui le taraudaient à longueur de journée.

Parce que John avait définitivement envie de parler à quelqu'un qui puisse le comprendre et l'aider à y voir plus clair. Greg avait une patience infinie, il aurait pu l'aider. Mais à son habitude, John ne dit rien. Il n'aurait pas pu de toute façon, Sherlock sortait, il avait en main un petit sachet plastique sans doute remplie de tout un tas de prélèvements.

Un simple regard échangé suffit, et Greg changea radicalement de sujet, balbutiant les premières inepties qui lui passaient par la tête à propos du meurtre. Il ne s'agissait que de fausses idées lancées en l'air pour ne pas que Sherlock ne leur pose de questions. Dans un premier temps cela fonctionna. Sauf que les idées étaient stupides et dès qu'il fut près d'eux, Sherlock ne se gêna pas pour le faire remarquer. Mais selon lui, c'était normal qu'elles le soient, car Lestrade aussi était stupide, ça non plus il ne se gêna pas pour le préciser et John senti une nouvelle vague de colère envers son ami l'envahir.

-Qu'est-ce que tu as appris, Sherlock ? lui demanda rapidement le D.I.

-Je pense que quelqu'un s'amuse à faire tourner la police en rond. Mise en scène grotesque d'un suicide impossible, mais aucune trace prouvant que quelqu'un se soit trouvé dans le local, si ce n'est la victime. Cherchez à qui appartient le sang sur le mur. C'est la seule piste que vous serez capable de suivre.

Il se tourna vers John, soudain un peu confus.

-Tu es sorti.

-Comme tu peux le voir.

-Mais j'étais à l'intérieur.

John réalisa pleinement que Sherlock pensait que son monde tournait intégralement autour de lui. Mais c'était un peu vrai après tout.

-Attends une seconde ! interrompit Lestrade. Tu insinues qu'il y a une autre piste ?

-Possible, répondit le détective sans quitter John des yeux. La mise en scène grossière et improbable d'un suicide impossible ne vous rappelle donc rien ?

-Tu veux parler de l'affaire Cunningham ? s'étonna Lestrade.

-Je ne peux rien affirmer pour l'instant, mais il y a quelque chose d'étrange à propos de cette affaire et je compte bien découvrir quoi.

Et le regard de Sherlock se fit si intense que John se mit à douter. Parlait-il vraiment de l'enquête.

Donovan s'approchait d'eux, un petit air suffisant sur le visage, et Anderson la suivait de près. Cela donna une bonne excuse à John pour détourner le regard de Sherlock. Le sergent les ignora totalement s'adressant directement à Lestrade.

-Monsieur, le superintendant a appelé, on a reçu des ordres de plus haut, l'affaire ne doit pas faire de vagues. Il faut tout passer sous silence autant que possible.

L'inspecteur balaya l'information d'un vague geste de la main.

-J'étais au courant, merci Donovan.

Elle ne parut pas satisfaite et Anderson s'empressa d'ajouter:

-Ce qui veut dire que nous ne devons en parler à personne dans la mesure du possible. Ni à la presse et certainement pas à eux.

Il pointa Sherlock et John d'un doigt accusateur.

Sherlock leur rendit leurs suffisances avant que Lestrade ne puisse intervenir.

-Sally, vous devriez vraiment arrêter de fréquenter Anderson, votre niveau intellectuel risque sous peu de s'abaisser au sien. Sachez que les ordres que votre supérieur a reçu proviennent sans nul doute du siège même du gouvernement et je puis vous assurez que je sais de quoi je parle, car mon frère y est littéralement assis à l'heure actuelle.

S'ils furent surpris d'apprendre que le frère de Sherlock était un homme haut placé au gouvernement, ils le cachèrent bien. Cependant, ce que Donovan parvient moins bien à cacher fut l'humiliation que Sherlock venait de lui infliger.

John avait presque envie de faire remarquer à Sherlock qu'il ne s'était pas intéressé à l'affaire avant qu'on ne retrouve le cadavre et qu'il avait tout misé sur un simple adultère quand Mycroft lui en avait parlé. Et il l'aurait certainement fait, si Donovan ne l'avait pas pris pour cible afin de masquer son humiliation.

Elle désigna le manteau de Sherlock que John tenait toujours.

-Vous avez été rétrogradé au rang d'assistant ?

Sherlock s'avança immédiatement vers elle d'un pas furieux. Elle recula, Anderson également. John savait que Sherlock parlait, mais il n'entendait pas les mots qui s'échappaient de sa bouche. Il devait avoir confronté Sally à une déduction particulièrement déplaisante vu son air hébété. Elle ne parvint même pas à répliquer.

Sherlock partit comme si de rien n'était, criant à John qu'ils devaient aller à St Barth et John le suivit. Il le suivit parce qu'il tenait toujours le manteau de Sherlock entre ses mains et qu'il commençait à faire froid. Il le suivit parce que, de toute façon, où serait-il allé si non ? Il le suivit, parce qu'il le suivait toujours.

John pouvait entendre Anderson derrière lui qui suppliait Donovan de lui les mots Sherlock. Pour être parfaitement honnête, le médecin aussi voulait savoir.


Sherlock l'avait ignoré jusqu'à leur arrivé à Saint Barth, une fois là bas il avait continué. A peine sortit du taxi, il s'était emparé de son manteau sans un merci pour John et avait filé se réfugier au labo, il s'était assis derrière un microscope et s'était enfermé dans une bulle de silence que personne ne pouvait franchir, donnant à John l'impression d'être parfaitement inutile.

Il en était littéralement à se tourner les pouces quand Molly vint les saluer. Sherlock ne lui répondit pas et il l'ignora royalement lorsqu'elle lui proposa son aide. Loin d'être offensée, elle resta avec eux afin de tenir compagnie à John. Elle parla de tout et de rien pour faire la conversation, John n'était pas très réactif, il gardait les yeux rivés sur Sherlock, la colère avait encore prit propriété de lui. Mais de toute façon, ses humeurs étaient bien trop changeantes ces derniers temps.

Parfois John admirait vraiment Molly. Elle passa près d'une demi-heure à tenir une conversation presque toute seule pour détendre l'atmosphère, parce que John avait bien trop de choses en tête pour former des phrases complètes. Elle finit cependant par se faire interrompre.

Par Sherlock.

Qui demandait à John de le rejoindre sans se préoccuper de Molly.

John s'ennuyait bien trop pour refuser, mais adressa tout de même un sourire d'excuse à la légiste. Sherlock était tellement obnubilé par l'analyse des résidus de poussière trouvés sous les chaussures de la victime, qu'il ne leva même pas les yeux quand John arriva derrière lui.

-Café, se contenta-t-il de dire.

-Tu en as trouvé sous ses chaussures?

-Non. Café. Va me cherche un café.

John resta interdit. Sherlock le faisait-il exprès ? Sherlock avait-il la raison de sa mauvaise humeur ? S'amusait-il à ses dépens ?

John était en colère, mais pas seulement. Il était triste. Il avait l'impression de n'être qu'un objet dont Sherlock se servait lorsqu'il en avait besoin. Il en vint même à se demander si Sherlock avait réellement eu besoin de son aide ou si tout cela n'avait pas été qu'un teste pour situer ses limites. Une simple expérience. Voilà comment Sherlock le considérait. Une expérience en sa procession avec laquelle il s'amusait quand bon lui semblait.

-Il faut que je sorte de là, souffla John écœuré.

-N'oublie pas mon café.

-Va te faire foutre !

-Avec deux sucres.

La porte claqua, Sherlock soupira sans pour autant détacher les yeux de son microscope.

-Je devrais peut-être partir aussi, hésita Molly.

Elle ne savait plus ou se mettre. Les disputes entre John et Sherlock étaient fréquentes, mais le détective ne le traitait pas aussi mal d'habitude. Alors, tout naturellement, elle se dit que Sherlock était dans une de ses journées où il ne désirait qu'être seul. Elle se trompait.

-Restez, Molly. J'ai besoin de vous.


John lui en voudrait et il aurait raison. Sherlock s'en voulait un peu également, parce qu'il avait besoin d'éloigner John quelques minutes et qu'il n'avait pas trouvé de meilleur solution que de le mettre en colère. Mais c'était le prix à payer pour mettre un point final à l'expérience qu'il avait sur le feu.

Il voulait savoir, non, il devait savoir si son corps réagissait à tous les contacts un peu trop au sud ou uniquement à ceux de John. Bien, qu'il pensait déjà connaître la réponse. Dans son esprit, quelque part, il avait toujours su.

Comme il l'avait fait avec John quelques jours plus tôt, il demanda à la jeune femme de prendre le portable dans la poche de son pantalon et, comme il s'y était attendu, Molly se mit à rougir violemment, un peu surprise qu'il lui demande ça spécifiquement à elle alors que John était encore là une minute auparavant.

Il aurait été bien plus logique que Sherlock l'envoie, elle, chercher un café. Elle commença à bégayer des paroles inintelligibles et à cligner des paupières à une vitesse folle. Cela exaspéra Sherlock, il gardait les yeux fermement rivés sur son microscope, il n'aurait pas supporté son regard larmoyant d'espoir. Molly accepta, évidemment, parce qu'elle n'avait jamais rien pu lui refuser et qu'elle n'en avait d'ailleurs pas envie. La main de la jeune femme glissa dans sa poche comme celle de John avait pu le faire.

Sherlock trouva ça long, bien que son esprit rationnel lui indique que cela n'avait duré qu'une seconde, mais qu'importe, c'était trop. Pourtant avec John cela avait été très rapide, trop rapide à son goût. Et pourtant, la seconde était la même.

Cela de lui fit rien et évidemment il savait pourquoi. Il le savait depuis longtemps, les femmes ne lui avaient jamais fait d'effet. Oh, bien entendu, la plupart des hommes non plus. Sherlock avait eu du succès avec les deux bords au cours de sa vie, même si c'était sans le vouloir, les gens le trouvaient attractif. S'il avait une pleine conscience d'une attirance plus marqué pour les hommes, aucun ne l'avait jamais intéressé. Ennuyeux. Tous. Et stupides qui plus est. Puis il avait rencontré John. John qui était devenu le centre de sa vie. John qui n'était pas qu'une entité physique mais également un esprit intelligent qui avait bouleversé le sien jusqu'à un point de non-retour.

John dont il souhaitait encore sentir les mains sur son corps, la présence près de sois. Rassurante.

John qui n'était pas gay.

John qui lui en voulait.

Soudain, sans qu'il ne puisse rien faire, des images surgirent dans son esprit. L'ennui avec le palais mental d'un génie, c'est que tout fonctionne trop vite. A peine une pensée ou une action effectuée et les liens se faisaient tous seuls. La main de Molly contre sa cuisse, même s'il elle avait été éphémère et voulue par Sherlock, était un contact ennemi. Parce que cette main n'appartenait pas à John et que l'esprit de Sherlock rejetait automatiquement ce qui n'était pas lui.

Comme Boris.

Le souvenir de ce qui s'était passé dans le bar lui revint en pleine figure comme un boomerang. Ça le rendait malade, ça lui faisait peur, ça lui faisait mal. Il dut réprimer un violent frisson pour ne pas que la légiste ne remarque quoi que ce soit. Il avait besoin de John. Vite. Mais John était parti, qui sait s'il était encore à l'hôpital.

Sherlock inventa une rapide excuse à Molly, disant qu'il devait recevoir un message urgent et la priant de poser le téléphone près de lui. Elle s'exécuta sans poser de question, puis voyant que Sherlock ne désirait pas sa compagnie, elle repartie s'occuper dans un coin. Sherlock ne pouvait pas lui enlever ça, elle savait ce qu'il voulait.

Mais ce qu'il voulait vraiment, elle ne pouvait pas le lui obtenir. Parce qu'il voulait John, qu'il avait besoin de lui, de sa présence.

Heureusement, son vœu s'exhaussa et à la grande surprise de Sherlock, le médecin fut de retour quelques minutes plus tard. Il avait un café à la main qu'il déposa brusquement en manquant de renverser la moitié à côté de Sherlock. Le détective se sentit aussitôt soulagé, il lâcha enfin son microscope des yeux pour lui adresser un sourire lumineux à son ami. John ne le vit pas, il avait immédiatement fait demi-tour pour s'asseoir en lui tournant le dos.

Toujours furieux. Toujours bien décidé à lui faire sentir. Mais néanmoins toujours présent.

Parce que John ne l'abandonnerait jamais.


Le reste de la journée se déroula dans un silence pesant. John ne décrocha pas un mot. Il alla se coucher tôt et alors que Sherlock l'entendait monter les marches lentement, il dut combattre l'envie de l'appeler et de lui demander de faire demi-tour pour passer encore une nuit, rien qu'une seule, avec lui.

Il ne le fit pas, trop fier pour ça. Et trop effrayé aussi, parce que John aurait très certainement refusé.

Sherlock ne parvint pas à s'endormir facilement, il se tournait et se retournait encore et encore dans son lit. L'image de Boris revenait le hanter dès qu'il fermait les yeux. Alors il finit par se réfugier au fond de sa tête dans la pièce de John, pour trouver du réconfort.

Sauf que John, le vrai John, pas celui qui de temps à autre lui parlait dans son palais mental, était en colère et quand il était en colère, sa pièce était sans dessus dessous. Parfois, cela ne dérangeait pas Sherlock. Généralement, c'était le cas quand il s'énervait à cause d'une expérience de Sherlock, dans ces cas la, le détective ne s'inquiétait pas, il attendait juste que l'ordre se refasse de lui-même, car la colère de John ne durait pas bien longtemps. En revanche il y avait des fois comme aujourd'hui où la cause de son humeur était plus compréhensible et même si Sherlock savait qu'il n'avait qu'a parler avec John et tout lui expliquer pour que celui-ci arrête de lui en vouloir, il n'en avait pas la force. Alors la pièce restait en désordre, elle pourrait le rester longtemps Sherlock finit donc par la fuir.


Des images affluaient dans sa tête. Des mains qui le touchaient, des bouches contre sa peau. Pas de visages, il ne voyait personne. Il savait que ce n'était pas John, ça ne pouvait pas être lui parce que les mains étaient trop brusques, elles allaient trop loin et puis la bouche était trop agressive. Non, cela ne pouvait pas être John, si c'était lui, les mains et la bouche seraient beaucoup plus douces, il le savait parce qu'il en avait déjà rêvé et son toucher ne faisait pas aussi mal, bien au contraire.

Il était donc en train de rêver ? Sans doute, il aurait pu distinguer les visages sinon, mais il pouvait tout de même déduire. Il sentait les mains qui avait d'abord touché son visage commencer à enserré ses poignets. Un simple contact, mais douloureux. Pas ses parents donc, et pas Mycroft, Lestrade non plus. Tous ses contacts étaient gênants parce que protecteur et plein de bons sentiments, mais ils ne provoquaient pas de douleur. La femme peut-être? Non, elle ne le touchait jamais même dans ses rêves il ne la laissait pas faire.

Tout s'était très vite accéléré, ça faisait très mal maintenant, les mains lui brûlaient la peau, la langue qui glissait sur ses lèvres et forçait le passage que dans ses rêves, il n'avait accordé qu'a une seule personne. Qui osait faire ça ? Boris ? Surement, c'était le plus probable, son subconscient réagissait encore au stress éprouvé dans le bar.

Mais Boris était-il seul ? Surement pas, il était incapable de le dire, Sherlock ressentait juste les présences autour de lui, partout, trop près, qui avaient piétinées ses barrières de protection et qui maintenant lui faisaient mal, mal partout, mal dans sa tête.

Puis il y eu une voix qui foudroya son être de part en part, qui lui tordis les entrailles et qui le terrifia. Une voix, qu'il n'arrivait pas à reconnaître et dont il ne discernait pas les paroles, mais qui viola plus profondément son esprit et son âme, plus que n'importe quel contact humain n'aurait jamais pût le faire.

Les yeux de Sherlock s'ouvrir d'un coup. Sa bouche aussi, figée dans un cri silencieux. Il ne cria pas, ou bien il le fit, mais sans s'en rendre compte. Il avait dû faire du bruit, car il entendait des pas au-dessus de sa tête et le grincement des marches qui menaient à l'étage.

John.

Cela le ramena difficilement à la réalité. Ce n'était qu'un rêve. Un rapide coup d'œil à son portable appris à Sherlock qu'il était presque quatre heures du matin. Il se rallongea et enfouit sa tête sous la couverture John s'était réveillé à cause de lui, il allait sans doute lui en vouloir encore plus.

Les images de son rêve le submergèrent à nouveau, il pressa ses mains contre ses paupières pour les effacer. Il avait envie pleurer, c'était ridicule, lui qui ne pleurait jamais, ça ne lui était plus arrivé depuis des décennies, pourquoi maintenant ? Pourquoi à cause d'un simple rêve ? Il savait que tout ça n'était pas réel, qu'il ne risquait rien, ici, en compagnie de John.

John. Il avait besoin de John.

Quelques secondes après, la porte de sa chambre s'ouvrit. Sherlock se borna à garder les yeux fermés, il ne pouvait pas regarder John, pas maintenant, il n'aurait pas supporté la colère sur le visage du médecin alors que c'était la seule chose qui pouvait l'apaiser. John devait le trouver pitoyable à faire l'autruche de la sorte, il avait raison, Sherlock n'était qu'un enfant. Le médecin ne prononça pas un mot si bien que Sherlock crut qu'il avait fait demi-tour en l'abandonnant à ses sombres pensées, mais la sensation du matelas qui s'enfonce à côté de lui le démenti.

Il ouvrit un œil, John s'était allongé, lui tournant le dos, près à se rendormir. Sherlock était confus, voulait-il juste évité au détective de se montrer dans un tel état de faiblesse ou était-il venu uniquement pour finir sa nuit dans être réveillé par les cauchemars de Sherlock.

-John, croassa le détective.

Il se sentait minable, si faible, si peu maître de lui-même. Une partie de lui hurlait qu'il devait repousser son ami comme il l'avait déjà fait, qu'il devait refuser son aide et lui cracher que tout allait bien, parce que sinon cela voulait dire qu'il se laissait aller à ses sentiments et alors il perdrait toutes les armes qu'il s'était forgées au fil du temps, en même temps que le mur solide qui le séparait des autres. Il fallait qu'il repousse John, qu'il repousse ses états d'âme et ses sentiments ils étaient nocifs, Mycroft le lui avait souvent dit et au grand dam de Sherlock, son frère ne se trompait jamais.

Mais au diable Mycroft et ses conseils, il ne parvint pas à s'y résoudre. John était étendu juste à côté de lui, il était venu, ne l'avait pas laissé seul et Sherlock avait besoin de savoir pourquoi.

-John, répéta-t-il faiblement.

Le médecin soupira et se tourna vers lui.

-Dors maintenant.

Il n'y avait plus aucune trace d'animosité dans sa voix, pourtant Sherlock savait qu'il l'aurait mérité, mais John finissait toujours par tout lui pardonner et cette constatation fit déborder les larmes de ses yeux. John ne dit rien, il se contenta de le tirer contre lui. Le médecin pouvait sentir la main de Sherlock s'agripper à son t-shirt et ses larmes couler dans son cou. Il le sera un peu plus fort contre lui et Sherlock essaya une nouvelle fois de prononcer son nom, mais sa voix ne lui répondait plus.

Sherlock perdit vite la notion du temps, il ne savait pas depuis combien de temps il était allongé entre les bras rassurants de John, à pleurer contre son torse en se concentrant sur les battements réguliers de son cœur et le souffle chaud contre sa tempe. Mais quelle importance après tout, quelques minutes plus tard il, s'était rendormi et le médecin n'avait toujours pas prononcé un mot.

Il ne sentit pas John passer tendrement une main dans ses cheveux.

Il ne put voir son regard embué de culpabilité.

Il ne l'entendit pas non plus murmurer d'une voix tendre qu'il était humain, que c'était normal d'avoir des faiblesses, d'avoir besoin de réconfort.

Et il ne sut pas non plus que la plus grande faiblesse de John Watson était là étendue entre ses bras.


Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu !

Note sans importance sur ma vie qui n'intéresse personne : Vous vous souvenez dans la note du chapitre 6, quand je disais que la panne de réfrigérateur s'était du vécu et que ça m'avait inspiré ? Eh bien, pour ce qui est du sang difficile à enlever dans un réfrigérateur, c'est pareil parce que je me suis retrouvée face à la catastrophe provoquée par un steak décongelé ce jour-là…pas évident.

N'hésitez pas à me laisser une review )

On se retrouve mardi avec la suite !

Bye !