Salut à tous !
Et voici venu mon chapitre XI ! Enfin !
J'ai réussi à trouver le temps de l'écrire ! Enfin, je me suis forcée à prendre le temps de le finir car j'avoue je suis super claquée et j'ai qu'une envie c'est dormir !
Je suis désolée, ca va surement être bourré de fautes, mais je voulais vraiment le publier ce soir, et du coup, pas trop eu le temps de relire, surtout qu'il est deux fois plus long que d'habitude. J'actualiserai surement si j'effectue quelques corrections, surtout sur la scène final, que j'ai longuement, très longuement imaginé dans ma tête, pour au final, me rendre compte que c'est bien plus court que prévu ! Mais bon, d'un côté, c'est peut-être mieux ainsi ? J'espère que vous ne serez pas déçus, dites moi ce que vous en pensez !
Bonne lecture !
Enjoy !
Chapitre XI
Et la vérité éclate...
Ce matin là, je partais sans même prendre de petit-déjeuner. Ma mère avait du aller au travail très tôt pour préparer une réunion, et il ne restait que mon père à la maison, et bien évidemment, mon absence de la veille n'avait pas manqué d'arriver aux oreilles de mes parents, à qui une fois de plus, je mentais péniblement. Mais mensonge ou pas, le résultat en fut le même. Je m'arrêtais en face de la vitrine de ma boulangerie préférée située sur ma route, non pas pour contempler les délicieuses pâtisseries qui s'y trouvaient et dont l'odeur venait déjà chatouiller mes narines, mais pour m'assurer que la marque rouge sur ma joue avait bien disparu de mon reflet. Merci Papa. Aujourd'hui, il valait mieux pour moi que je ne sois pas en retard.
Ce début de matinée ressemblait vaguement à celui de la veille, alors que j'avais du passer par l'administration faire signer une absence au motif bidon avant d'emprunter les escaliers jusqu'au second étage du bâtiment principal. Au moins, j'étais à l'heure, mais je n'eus même pas le temps de rejoindre mon amie que la sonnerie annonçant le début du cours me creva les tympans et que le prof déjà là fit entrer tout le monde. Je m'installais à ma table, bientôt rejointe par Gumi, puis soupirai en voyant le programme du cours au tableau. Il avait bien évidemment fallut que mon absence tombe sur le premier chapitre du cours de statistiques. Je n'étais pas nulle dans cette matière, bien au contraire, mais si je continuais comme ça les probabilités que mon prochain contrôle entraine une autre gifle étaient plus proche de « + l'infini » que de « zéro ». Il me fallait me concentrer, mais je n'arrivais pas à garder les yeux sur le prof ou le tableau plus d'une dizaine de secondes sans ressentir un ennuie profond. C'était vraiment mal barré. Et quand mon téléphone vibra dans ma poche, il emporta toute volonté de faire ne serait-ce que l'effort de faire semblant de suivre.
[09 :17] Meiko :On se fait pas trop chier ? 8|
J'étouffais un rire dans ma gorge avant qu'ils ne s'échappe de ma bouche et me fasse remarquer avant de tapoter discrètement sur les touches de mon clavier.
[09 :18] Miku : Même virée tu trouves le moyen de faire la rebelle en classe.
Je glissai rapidement mon téléphone à nouveau dans ma poche alors que le prof déambulait entre les rangées de tables et approchait de la mienne. C'était comme dans le vieux « Legend of Zelda » alors que le protagoniste essaie de s'infiltrer dans le château pour aller à la rencontre de la princesse sans se faire prendre par les gardes. A la différence qu'il n'y avait ni cocotte, ni ocarina magique pour résoudre les problèmes. Encore moins de princesse. Pourtant, un petit chant du temps m'aurait bien sauver la mise...
[09 :20] Meiko : Je suis le cours par procuration, héhé !
[09 :21] Miku : C'est pas en répondant à tes sms que je vais en suivre grand chose, alors ta procuration...
Je tournai la tête sur la table vide de ma camarade absente, l'imaginant déjà sur son téléphone en train de me texter, surveillant que le prof soit suffisamment loin pour que je puisse bientôt lui répondre. Si seulement elle était là.
« - Essaie d'être plus discrète, souffla ma compagne de table. J'entends ton téléphones vibrer même à travers tes poches.
Mais je ne tenus pas compte des remarques de Gumi.
[09 :23] Meiko : Tu peux aussi ne pas répondre ! Mais avoue au moins que tu te fais chier ! 8|
Je ris à nouveau lorsque que le prof leva ses yeux de son bouquin vers moi, alors que je cachai mon téléphone sous mon bureau afin qu'il ne remarque rien. Quelques élève me regardaient, puis reportèrent les yeux sur leurs probabilités qui leur donnaient surement des nœuds au cerveau. J'avais eu chaud !
[09 :23] Meiko : C'est pas trop ton genre d'envoyer des texto en cours, t'es vraiment malade en fait !
[09 :21] Miku : Je devrais arrêter alors !
Je m'apprêtais à envoyer un nouveau message lorsque le prof se racla la gorge en me regardant d'un air plus que contrarié. Grillée.
« - Peut-être que Mademoiselle Hatsune pourrait donner la réponse à cette question. »
Je regardais ma feuille de cours, sur laquelle j'avais dessiné plus de petites étoiles, de bonbons et papillotes que je n'avais écris de chiffres, avant de souffler désespérément.
« - Problème numéro 4, question c, précisa le professeur dans un élan de bonté qui ne m'avançait absolument à rien. »
J'avais lâché l'affaire à peine arrivée au problème deux, alors donner la réponse de la trois-cent soixante-septième question de son foutu exercice me semblait peu probable. Je regardais ma feuille, encore, puis le cahier de ma voisine sans volonté d'y lire quoique ce soit, bien trop consciente que le prof le devinerait. Je soupirai.
« - Vous devriez peut-être vous concentrer un peu plus sur le cours plutôt que sur votre téléphone si vous voulez rester en haut du classement, Mademoiselle Hatsune. Surtout ces derniers jours. »
Plusieurs élèves se mirent à rire sur sa remarque, dont la déléguée et ses chiens de garde. Putain, si j'avais pu leur raser le crâne à celles là, là, maintenant. C'était assez, j'en avais marre de jouer aux élèves modèles. Etait-ce donc impossible qu'on me foute la paix, juste une journée ? Ou même une heure ? Je me rassis, contrariée moi aussi, avant de ressortir mon téléphone comme si les paroles de mon enseignant étaient rentrées par une oreille, puis ressorties par l'autre. Comme si la loi binomiale allait m'être d'une quelconque utilité pour acheter une baguette de pain. Le cours me sembla ensuite plus long que jamais, jusqu'à l'heure tant attendue de la délivrance.
« - Et beh, il y est pas allé par quatre chemins le prof tout à l'heure ! me rappela la verte sur le chemin du prochain cours.
- Pour ce que ça change, soufflais-je de façon désintéressée.
- Est-ce que tout va bien Miku ? me demanda-t-elle ensuite les yeux pleins d'inquiétude. »
Voila que je culpabilisais à nouveau. Il fallait que j'arrête de me comporter de cette façon étrange, que j'arrête d'inquiéter mes amies. Même si cette nouvelle Miku plaisait surement beaucoup à Meiko qui trouvait enfin une camarade pour s'ennuyer avec elle en cours, ou en période d'exclusion.
« - Oui, ça va, je suis juste un peu fatiguée, je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit avec le mal de ventre qui m'a pris hier... mentais-je alors.
- Tu aurais peut-être du rester chez toi aujourd'hui encore, non ? »
Impossible. Mon père ne l'aurait jamais toléré, à moins d'avoir une « vraie » raison de manquer les cours, comme être dans le coma, par exemple... Oui, peut-être que ça, ça aurait fonctionné.
En cours d'histoire, je me retrouvais seule, isolée à ma table alors que ma voisine devait être tranquillement chez elle en train de jouer à notre jeu préféré. Je l'imaginais aisément farmer les donjons, bravant les monstres et les défis, gagnant niveau sur niveau, et se la péter grave devant les nouveaux joueurs avec son équipement qui déchirait. Bah, au moins, elle pourrait m'aider à faire des donjons plus difficile après cela. Pendant que mademoiselle devait se faire la « mine de diamant », mon donjon à moi se limitait à me plonger dans un manuel relatant les horreurs de la guerre. C'était vraiment pas de bol, et pendant un instant, je l'enviais presque d'avoir été exclue, même si j'y aurais surement perdue une vie.
C'est lorsqu'arriva la pause déjeuner que je me senti enfin revivre, ou presque. J'avais acheté un truc vite fait à manger dans un distributeur. J'étais partie bien trop rapidement le matin même pour penser à prendre le plat que m'avait préparé ma mère. Enfin, tant pis, d'un côté ça me laissait une excuse pour dévorer ce sandwich au thon bourré de calories et d'additifs sans passer pour une cinglée ! Et une fois le ventre plein, je me sentis immédiatement mieux.
« - Qu'est ce que tu comptes faire en attendant l'anglais ? »
Ah ouais, c'est vrai que j'allais me retrouver seule pendant qu'elle irait en Latin. Enfin, comme tous les mardi en fait. Mais le souvenir laissé par le dernier m'avait laissé un gout plutôt amer en bouche... Si une chose était sûre, c'est que je n'irais certainement pas trainer du côté du gymnase, riais-je nerveusement intérieurement.
« - Une bonne sieste ! m'écriais-je en tendant les bras vers le haut pour m'étirer. »
Si j'avais voulu être honnête avec moi-même, j'aurais certainement dit autre chose, car c'était bien une autre idée qui m'avait traversé l'esprit, le temps d'une seconde, avant que je ne me ressaisisse.
« - Repose toi un peu alors, moi je file ! »
Je fis un signe de la main à mon amie qui s'éloigna en me laissant seule sur le banc du parc derrière l'école. Et maintenant, j'avais l'impression d'avoir l'air con, balançant mes jambes dans le vide en regardant mes pompes, les fesses sur le dossier de bois, à me demander si oui ou non j'allais vraiment courir partout à la recherche de quelqu'un qui n'avait que du désintérêt à mon égard. C'était une idée stupide, mais alors vraiment stupide, j'arrivais à l'admettre. Mais cette idée stupide eu raison de moi, et ça, je dus l'admettre aussi.
Je marchais dans la cours de l'école, un coup à droite, un coup à gauche, sans vraiment savoir où aller. En plus de me sentir con, je devais vraiment avoir l'air bête à sembler chercher quelque chose, et à faire des allers retours par ci par là. Si j'avais été une troisième année froide et solitaire, où aimerais-je aller ? Je pensais à cette question quelques minutes avant de soupirer, loin d'être froide et solitaire, et admis rapidement que je n'en avais aucune idée. Difficile de m'imaginer à sa place. Elle était tellement... tellement elle, en fait. Complexe et inaccessible, oui, c'étaient les mots qui lui collaient le mieux. Enfin, après ceux qui étaient bien trop gênant pour que je puisse seulement assumer les penser. Peut-être devais-je me faire agresser à nouveau pour qu'elle débarque de nulle-part... Ou bien peut-être était-elle en ce moment même en train de porter secours à une autre jeune fille innocente qui lui vouerait éternelle reconnaissance et admiration. Mais aucune de ces deux suggestions ne semblait me ravir, bien au contraire. Je préférais laisser tomber, voyant les minutes défiler les unes après les autres sur le cadrant de ma montre. En plus, que lui aurais-je dis ? Je n'avais pas été très cool avec elle la dernière fois, elle ne devait pas vraiment avoir envie de me voir. Enfin, même sans ça, je ne voyais pas pourquoi elle aurait eu envie de me voir, après tout. Même moi, je ne comprenais pas cette envie de vouloir la voir. J'étais ridicule.
Je passais l'heure qui suivi à dormir, ou plutôt faire semblant, tandis que mon amie aux cheveux pommes m'avait rejoint sur un brin de pelouse pour profiter des derniers jours ensoleillés avant l'arrivée de l'hiver. La tête enfoncée entre mes bras, je ne cessais de me répéter que j'avais sans doute perdue la seule occasion de voir la troisième année et de passer une heure avec elle. C'était donc avec une infinie déception que je me rendais en cours d'anglais, trainant des pieds, et me répétant encore et encore à quel point je devais être stupide.
« -Courage, c'est bientôt fini ! »
Il y avait au moins ça de réconfortant, plus qu'une heure d'anglais et la journée serait terminée, et sans encombres pour une fois. Et puis demain signifiait également le retour de Meiko. Adieu journées à faire la geek, bonjour cours ennuyant et devoirs à souhait ! Mais demain signifiait également deux heures de colle. Je les avais presque oubliée celles-là...
En sortant du bâtiment des langues, l'heure de cours achevée, l'air semblait s'être soudainement rafraichi. Comme si il nous avait vu profiter, Gumi et moi, des quelques derniers rayons de soleil de la saison. Ce n'était pas si désagréable, en fait. J'attendais patiemment ma camarade de classe, restée discuter quelques minutes avec la prof. Elle avait l'intention de faire un stage d'anglais pendant les vacances d'été, et souhaitais mettre toutes les chances de son côté. L'anglais était la deuxième langue la plus parlée au monde après tout, et elle était convaincue qu'être bilingue, enfin plus ou moins, lui ouvrirait les portes de certaines universités. On pouvait dire qu'elle s'y prenait en avance, notre Gumi. Moi, je n'avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire plus tard. J'aimais tellement de choses qu'il était difficile de choisir, et en ce moment c'était vraiment trop le foutoir dans ma tête pour tenter de me décider. J'avais encore le temps avant d'être en troisième année. Et quand on parlait du loup...
J'attendais mon amie qui commençait à se faire désirer depuis de longues minutes maintenant lorsque je remarquai les élèves sur le plateau de sport en contrebas. Ils étaient en cours d'EPS, athlétisme plus précisément. Les pauvres, je les plaignais, dans leurs t-shirt et leurs short bientôt recouverts de sueur. Plus d'un tomberait malade, c'était certain. Je me réjouissais d'avoir sport en intérieur pour le semestre quand mon regard fut attirée sur une des élèves qui courrait sur la piste. J'écarquillais mes yeux lorsque je reconnu sans aucune difficulté celle que je cherchais désespérément deux heures auparavant. Puis je me réjouissais qu'elle ait sport en extérieur pour le semestre...
Je priai intérieurement pour que la discussion entre la verte et la prof de langue s'éternise, tandis que j'imprimais dans mon cerveau les horaires de cours de la sportive. Son emploi du temps prenait peu à peu forme dans ma tête, bien que les trois quarts soient encore recouverts de parties sombres, que je comptais bien évidemment éclaircir jour après jour. Ce serait comme une quête secondaire à accomplir en parallèle de la quête principale ! Quelle psychopathe je devais faire... Mardi, 16h - 18h, EPS. C'était noté.
La troisième année courrait à rythme régulier entre les bandes blanches qui délimitaient les couloirs de la piste, tandis que je ne la quittais plus des yeux. Elle s'était attachée les cheveux pour l'occasion, ce qui révélait encore un peu plus les traits de porcelaine de son visage toujours aussi pâle, les joues légèrement rougies par l'effort. Ses bras et ses jambes se découvraient finement musclée, son regard concentré, tandis qu'elle enchainait les tours de piste. Les autres élèves s'arrêtaient pour marcher les uns après les autres, crachant leurs poumons, mais elle, elle ne lâchait rien. Ce n'est qu'au coup de sifflet du professeur au milieu du plateau que son rythme ralenti, alors qu'elle haletait à peine. C'était impressionnant. A sa place, j'aurais fait à peine la moitié de sa distance parcourue en rampant sur le sol comme une limace au soleil, et encore...
J'aurais pu la regarder courir des heures, si elle avait pu. J'avais l'impression d'être hypnotisée par le moindre de ses gestes, du mouvement de son bras pour attraper sa bouteille d'eau, de celui de ses doigts pour en dévisser le bouchon, jusqu'à celui qui apporta le goulot jusqu'à sa bouche. Non, vraiment, je ne devais pas être normale. Je restais muette sur les quelques mèches de ses cheveux qui se rebellaient après l'effort, sur le mouvement plutôt irrégulier de sa poitrine qui se soulevait pour reprendre son souffle, et enfin je restais muette sur son regard bleu et profond qui se dirigeait maintenant vers moi. Et si la brise naissante de l'automne caressant mes joues ne m'avait pas apporté cette fraicheur, j'aurais pu croire être fiévreuse. Je ne savais pas trop ce qu'il se passait, mais je la regardais, et elle me regardait, et mes jambes en tremblaient presque. A cet instant, j'étais déchirée entre l'envie de fuir et celle de plonger, droit devant moi.
« - J'ai terminé ! On peut y aller maintenant ! »
Je me retournais brusquement pour apercevoir mon amie qui sortait enfin du bâtiment de langues, des brochures plein les mains. A ce moment là, je ne savais pas si je devais la détester ou bien la remercier, mais je ne pouvais pas rester debout là à ne rien faire.
« - On y va ? »
Bien évidemment, elle n'avait rien remarqué. Surtout pas sa meilleure amie en train de mater la troisième année en pleine séance de sport. Je me ressaisis, trouvant la force de bouger enfin mes jambes alors que je sentais encore le regard de mon ainée comme s'il me brûlait la peau. Je me risquais à un dernier regard, mon cœur palpita. Je me giflais intérieurement, puis me mis enfin en route.
Gumi me parla de ses potentiels stages d'anglais qu'il lui était possible de faire pendant tout le trajet que l'on faisait en commun mais je ne l'écoutais qu'à moitié, si ce n'étais pas du tout. C'était comme si un silence glissait sur ses lèvres chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. J'entendais les mots les uns derrières les autres mais les oubliais la seconde qui suivait. Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à Luka sur le terrain de sport, Luka qui courrait, Luka qui buvait, Luka qui me regardait. Ses yeux, ses mains, sa peau, sa bouche. Tout ce que je venais de voir m'obsédait. Cette sensation était à la fois fascinante et terrifiante. Merveilleuse et douloureuse. Et lorsque mon amie prit la direction de chez elle, je me sentis étrangement seule. Mon obsession me torturait tel un rappel à l'ordre. Je levai les yeux au ciel sur des nuages gris, et me demandais le temps d'une seconde si c'était bien la pluie que je sentais couler sur ma joue. A quoi pensais-je ?
La nuit avait été une fois de plus de courte durée alors que je m'endormais presque sur ma table en plein milieu du cours de sciences. Je prenais conscience des limites du corps humain et de la fatigue ressentie après plusieurs jours d'insomnie. Et quelle coïncidence puisque nous étudions la complexité du cerveau. Si j'avais pu déconnecter le mien... J'avais préféré faire une partie de jeux avec Meiko au beau milieu de la nuit, quitte à ne pas dormir. Elle non plus n'avait pas trouvé le sommeil, trop habituée à faire des nuits blanche et à dormir la journée depuis 4 jours. Et du coup, elle n'avait évidemment pas pu se lever ce matin. Être absente après deux jours d'exclusion... C'était tellement fidèle à elle même. Sacrée Meiko. Des fois j'enviais son insouciance, sa façon dont elle se fichait de tout ou presque, sa liberté d'apprendre ou non ses cours, plutôt de ne pas les apprendre en l'occurrence. La satisfaction sur son visage à chaque instant, même après une taule en maths ou en français. Elle se fichait des conséquences, peut-être un peu trop, et pourtant bien des fois j'aurais souhaité être comme elle. J'avais l'impression que mon intérêt pour tout, ma curiosité, mes bonnes notes et ma volonté de rendre fier mon père pesaient sur moi comme des chaînes de métal. Hier libre et respirant la joie, aujourd'hui je me sentais en cage, et ce n'était pas les deux heures de colle qui m'attendaient qui allaient arranger ça.
Tout le monde était parti sur l'heure du déjeuner. Et moi, je me retrouvais une fois de plus seule à errer au beau milieu du lycée. J'avais une heure à perdre, une habitude maintenant. Trainer sans savoir où aller devait être une passion cachée, ou quelque chose comme ça. J'arrivais devant un bâtiment, terminant mon sandwich, me frottant grossièrement la bouche pour enlever quelques miettes. C'était les locaux où avaient lieux les cours d'informatiques, de sciences de l'ingénieur et autres matières techniques, en autre. J'avais eu quelques heures de formation aux outils de bureautique ici, en début d'année. Une perte de temps pour une geekette et gameuse comme moi, mais bon. Au moins, ça avait été une bonne note facile. Et les chaises de bureau étaient tellement confortables... Tellement confortables que j'avais soudainement envie d'y mettre mes fesses. Je souris une seconde, puis me mis à rire tellement cette idée était stupide, et pourtant... Qu'est ce que je risquais ? Quitte à attendre encore une heure, autant en profiter. Au pire des cas, ce ne serait qu'une heure de colle de plus, et peut-être une gifle accessoirement. J'haussai les épaules comme pour me convaincre moi-même, puis entrai dans les locaux.
L'ambiance n'était pas tout à fait celle de la dernière fois. Les couloirs vides et immenses faisaient plutôt glauque. Chacun de mes pas qui résonnait me donnait l'impression que quelqu'un avançait silencieusement derrière moi. Ca me donnait froid dans le dos. Je n'avais jamais compris pourquoi ce bâtiment semblait si isolé et différent des autres, après tout, certains élèves passaient la majorité de leurs journées ici. La salle d'informatique était un peu plus loin, dans mes souvenirs, et arrivée devant celle-ci, je constatais que la porte n'était pas fermée. Ils n'avaient vraiment peur de rien, ou de l'argent à jeter par les fenêtres. Ca aurait été tellement facile de voler un PC, enfin en supposant que quelqu'un ait volé la hôte sans fond du Père-Noël ou le sac de Joséphine pour pouvoir partir discrètement. J'étais ravie de constater que mon imagination et mon sens de l'humour étaient au top ! Je regardais le sourire bête naissant sur mes lèvres dans le reflet de l'écran noir de l'ordinateur puis tournais sur ma chaise, encore et encore. Mais quelle gamine. Heureusement que personne n'était là pour voir ça, mon image de fille sérieuse et parfaite en aurait prit un coup, déjà qu'elle avait du bien en pâtir ces derniers temps. Mais c'était déjà trop tard...
« - Qu'est-ce que tu fais là ? »
Je sursautais sur ma chaise manquant d'en tomber au passage alors que mon cœur n'avait fait qu'un bond dans sa poitrine. J'avais risqué la crise cardiaque, et n'imaginais pas à quel point avant de me retourner. J'écarquillais les yeux, arrivant à peine à y croire tant le hasard faisait parfois bien les choses. Ou bien mal ? J'hésitais à nouveau entre ce qui me traversais l'esprit et ce que ressentais mon corps.
« - Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? »
Pour une fois, les mots étaient sortis de ma bouche sans que je n'eus besoin de réfléchir, même si cette réplique était plus que bateau.
« - Je crois avoir posé la question la première. »
Je sentais à nouveau mon cœur palpiter alors que l'objet de mes pensées s'approchait de moi. Je réalisais à peine qu'il n'y avait qu'elle et moi, dans cette grande pièce vide, alors que mes yeux n'arrivaient plus à se détacher d'elle. Ses cheveux dégageaient un parfum de rose, et ce parfum ne vint qu'un peu plus distraire mes narines lorsque la troisième année fit glisser la chaise à côté de la mienne pour s'y installer. Elle avait cette même attitude qu'habituellement, du désintérêt dans le moindre de ses geste, jusque dans sa façon de bouger. Cette façon de regarder partout et nulle-part à la fois, et cette condescendance. J'étais peut-être maso...
« - Alors ? »
Apparemment, elle n'allait pas lâcher l'affaire. Je ne savais si je devais me réjouir de cette curiosité naissante ou bien m'inquiéter de l'imaginer rapporter à sa mère, et au vu de l'intérêt qu'elle me portait, la seconde option me paraissait bien plus probable.
« - Je passe le temps, répondis-je en toute franchise.
- Drôle de façon de passer le temps. »
J'espérais qu'elle ne m'ait pas vu tournoyer bêtement sur ma chaise telle une gamine de cinq ans mais sa dernière phrase me convaincu du contraire. Et pourtant, je ne sentais aucun jugement dans sa voix. Comme d'habitude, elle s'en fichait. Elle donnait cette impression de se foutre de tout. Et c'était surement le cas. Elle ne m'avait même pas regardé une seule fois depuis qu'elle s'était assise ici, alors que moi, j'avais à peine réussi à la quitter des yeux. Mon sourire béat avait disparu de mon visage, pouvais-je constater dans le reflet de l'ordinateur qui se faisait bien plus sombre. J'avais comme une sorte de pincement au cœur, sans trop savoir pourquoi. Celui qui dit que c'est foutu avant même de comprendre ce que tu as. La poisse.
« - J'attend ma mère, elle avait besoin de quelque chose ici. »
Je ne lui avais même pas redemandé ce qu'elle faisait ici, mais fut agréablement surprise de voir qu'elle « respectait la part du marché ». Comme si lui avoir répondu exigeait une réponse en échange. Et allez savoir pourquoi, mais sa réponse à une question que je n'avais même pas posé atténua un peu la sensation de boule à l'estomac.
« - Je suis désolée, soufflais-je alors. Enfin, pour la dernière fois.. »
Je ne savais même pas si elle s'en souvenait, et à voir sa réaction, elle laissait supposer que non. Et pourtant quelque chose en moi me persuadait du contraire. En tout cas, moi, je m'en souvenais. Je me souvenais lui avoir très mal parlé, je me souvenais être en colère, et je me souvenais regretter. Et si elle, ne s'en souvenait pas, moi, j'avais besoin de m'excuser.
« - Ca n'a aucune importance, souffla alors la rose. »
Etrangement, ses mots laissaient paraitre l'indifférence, mais le mouvement de ses épaules lorsqu'elle souffla ces quelques mots me laissaient croire l'inverse. En tout cas, c'était ce que j'aimais penser, quitte à me fourvoyer. Mais c'était la première fois que la voyais « exprimer » quelque chose, aussi futile cela puisse être.
« - On pourrait vraiment croire que tu te caches. »
Je fronçais légèrement les sourcils sur cette remarque qui n'avait aucun sens, avant de regarder à nouveau mon reflet dans l'écran pour y chercher une réponse.
« - Pas du tout. »
Peut-être un peu, inconsciemment. Je devais l'admettre. Je croisais les bras sur la table devant moi avant d'y enfouir désespérément la tête comme si j'étais d'un coup seule au monde.
« - Tout ça à cause d'un garçon... Murmurais-je presque sans articuler. »
Ces mots étaient sortis tous seuls de ma bouche, étouffés dans mes bras après avoir fait le constat pas très glorieux de ces quelques derniers jours.
« - Pourquoi être sortie avec ? »
Je réfléchis le temps d'une demi-seconde, un peu étonnée par ce nouvel élan de curiosité.
« - Il était beau, intelligent, gentils... à première vue.
- Pourquoi avoir rompu avec ? »
Je pris à nouveau quelques secondes, pour trouver une réponse à lui apporter autant à elle qu'à moi-même.
« - Je n'étais pas amoureuse de lui, soufflais-je alors. Et... Je crois que je n'aime pas les garçons... Finis-je par m'avouer.
- Vraiment... »
Un silence embarrassant suivit le dernier mot qu'elle prononça alors que je n'osais ni la regarder, ni me regarder. Qu'est ce qu'elle en avait à faire, après tout.
« - Tu trouves ça bizarre... ? Osais-je demander. »
Je regrettais presque déjà d'avoir posé la question. Comme si sa réponse allait changer quelque chose, comme si ça allait faire disparaitre l'horrible sensation qui me rongeait l'estomac. Quand soudain elle se tourna et posa enfin son regard sur moi. Celui-ci se faisait sévère mais encore une fois dénué de tout jugement. Elle avait plongé ses yeux dans les miens tant qu'il m'était désormais impossible de les détourner. Elle s'approcha encore un peu lorsque ses mains vinrent se poser sur les accoudoirs de ma chaise qu'elle tourna puis ramena vers elle.
« - Et toi, qu'est ce que tu en penses ? »
Son expression semblait à la fois habituelle mais différente alors que son visage n'était plus qu'à quelques centimètres du mien. Encore un peu, et j'aurais même pu sentir sa respiration sur ma peau. Mon cœur battait la chamade et semblait étouffer dans ma poitrine. J'en retenais mon souffle. Et puis, notre attention fut à chacune attirée par les quelques bruits de pas en provenance du couloir, lorsque ma camarade se leva, et se dirigea mécaniquement vers la porte encore ouverte. Et moi, je restais assise, incapable du moindre geste, encore moins de la suivre, et c'était mieux ainsi.
« - Tu vas être en retard en colle, me fit-elle remarquer. »
Alors elle savait.
« - Ne vas pas t'imaginer que mes conversations avec ma mère tournent autour de toi, commença la troisième année avant de détourner les yeux. Je l'ai appris par hasard, rajouta-t-elle avant de franchir le seuil de la porte. »
Je ne compris pas pourquoi elle s'était sentie obligée de se justifier, et en toute honnêteté, ne cherchais pas à comprendre. J'étais encore bien trop perturbée par ce qui venait de se passer. Je n'arrivais pas à me calmer, pas avant plusieurs longues minutes, en tout cas, lorsque je remarquai une sorte de carnet tombé sur le sol qui attira mon attention. C'était sa carte d'étudiante, entre autre, surement tombé un peu plus tôt. Je m'attardais un moment sur sa photo, avant d'être interpelée par celle qui se trouvait derrière la carte. Je souriais sur cette dernière, avant de me rendre compte que j'allais vraiment être en retard en colle. Alors sans perdre une minute, je sortis de la salle à mon tour, les joues sans doute très rouges et le cœur encore tremblant. Je m'avouais la vérité.
...comme une claque au visage.
Et voila, donc quand je demandais un avis sur la scène finale, c'est maintenant que ça se passe ! J'ai moi même des moments de doutes quand j'écris, je ne suis pas toujours sûre de l'effet que ca donne, du message qui passe... Voila voila !
