Bonsoir bonsoir, et je sais que je vous dois au moins mille excuses pour mon (très) grand retard. J'ai été surchargée de travail, j'ai été aussi en manque d'inspiration. Enfin, je savais ce qu'il se passait dans ce chapitre, mais dès que j'essayais d'écrire, ça ne venait pas. Je suppose que c'était à cause de la fatigue et de la multitude de choses que j'avais dans la tête. Ensuite, les vacances sont arrivées et j'ai pensé que je pourrais me rattraper, mais que nenni ! J'ai chopé la grippe et pendant 10 jours j'étais clouée au lit sans pouvoir rien faire. Je vous jure, ça a été l'horreur et j'espère bien que je ne serai plus malade de tout l'hiver.
J'avoue n'avoir pas osé regarder la date de ma dernière publication, mais j'ai bien peur qu'elle ne soit assez âgée. Alors je m'excuse encore et j'espère que vous apprécierez ce 11è chapitre que j'ai écrit d'une traite tant d'un coup d'un seul l'inspiration m'a gagnée ! Je l'ai voulu voulu rempli d'émotion, j'espère que j'y suis arrivée. Mais n'oublions pas la touche d'humour que j'aime placer, surtout lorsque notre cher Teddy entre en scène !
Bonne lecture et je vais essayer de reprendre un rythme régulier de publication. N'oubliez pas non plus que n'importe quel auteur aime sentir qu'il est suivi et apprécié (ou non). Les critiques positives ou négatives sont les bienvenues, alors si vous pouviez de temps à autre laisser une petite review, ça fait toujours plaisir, merci :)
CH11 …L'amitié est la clé
- Et Charlie ?
Briséis sortit de sa torpeur en entendant cette question. Et Charlie ? Elle aimerait bien avoir une réponse elle-même. Elle avait pensé que déjeuner avec Teddy lui changerait les idées. Mais le départ de Charlie la veille hantait encore son esprit. Elle n'avait eu aucune nouvelle, et ça commençait à la ronger. Elle picorait la tarte au citrouille dans son assiette, en écoutant vaguement Teddy lui parler de Victoire, mais contrairement aux autres fois, l'entendre proclamer son amour ne la réconfortait pas le moins du monde. Elle aurait préféré qu'il lui parle de ses cours ou de ses dernières bêtises au ministère. Et il posa cette question inattendue qui fit sauter son coeur dans sa poitrine. Le fixant quelques secondes, elle reporta son attention sur sa tarte et répondit en essayant de ne pas montrer ses réels sentiments.
- Charlie va bien je suppose. Il est retourné hier en Roumanie. Une urgence apparemment.
- Je ne savais pas qu'il était si indispensable, au point de devoir partir à la réserve alors qu'il est à des milliers de kilomètres, s'étonna Teddy Lupin.
- Moi non plus, murmura la sorcière.
- N'y a-t-il pas d'autres dragonniers compétents là bas ? C'est dingue. Mais tout se passe bien sinon, vous vous entendez bien ?
- Oh, oui oui, c'est un vrai plaisir de travailler avec un dragonnier tel que lui, répondit-elle sincère.
- C'est un chic type ce Charlie, tout le monde l'adore.
- Oui...
Le jeune Lupin fronça les sourcils et posa ses couverts après avoir englouti sa glace nappée de chocolat chaud et de chantilly. Ces derniers temps, il avait l'impression qu'à chaque fois qu'il voyait Briséis, quelque chose lui trottait dans la tête et l'empêchait de passer un moment agréable avec lui. Quel gâchis, pensa t-il.
- Bibi... Est-ce que tout va bien ?
- Mais oui, sursauta Briséis. Tout va pour le mieux, assura t-elle en affichant un sourire de circonstance.
- Bibi... Je te connais trop. Tu n'as quasiment rien dit du repas, et tu fais une tête d'enterrement.
- Si je ne parle pas c'est parce que tu monopolises la conversation Lupin, comme toujours, lança t-elle, sarcastique. Je n'ai jamais rencontré un homme aussi bavard, une vraie pie.
- Bon, tu réagis, c'est bon signe. Ne me tire pas la langue comme ça, espèce de fonctionnaire. Et si je parle autant, c'est parce qu'on m'en laisse l'occasion, alors n'essaie pas de détourner la conversation. Dois-je te rappeler mon adage si célèbre ?
- Lequel cher ami ? Se moqua la jeune femme en employant un ton grandiloquent.
- Comment ? Aurais-tu oublié ? s'offusqua faussement le métamorphomage."Bibi muette, Bibi inquiète" ! Alors avoue !
- Je n'ai rien à avouer petit insolent, ricana la jeune femme. Et pas la peine de prendre cette teinte rougeâtre, ça ne m'a jamais impressionnée et ça ne te va pas du tout au teint !
- Tu n'as aucun goût, se vexa Teddy en ramenant ses cheveux à leur couleur brune habituelle. Je sais quel est ton problème ! Dit-il avec un sourire en coin.
- Ah vraiment ? railla son amie.
- Il s'agit d'un problème de coeur. C'est ton mystérieux amoureux qui fait des siennes, me trompe-je ?
Briséis rétrécit son regard en affichant un petit sourire. Il ne la laisserait jamais tranquille avec cette histoire alors ?
- Ca ne te regarde pas, tu le sais très bien.
- Je sais, je sais, tu ne peux... Enfin, tu ne veux rien me dire. Alors j'ai cherché tout seul, dans mon coin, avec tous les éléments que tu avais consenti à me donner. Et j'ai eu beau y réfléchir, je ne vois vraiment pas.
La sorcière ricana, ses yeux brillant de malice. Imaginer Teddy se triturer les méninges pour découvrir l'homme dont elle était amoureuse était passablement comique. Il n'avait donc rien de mieux à faire ?
- Je sais qu'il est beaucoup plus vieux que toi, et qu'il est certainement célibataire, sinon, tu ne t'entêterais pas ainsi.
- Effectivement, il est célibataire, je te rassure.
- Et je le connais, donc c'est une connaissance que nous avons en commun, donc il travaille forcément au ministère. J'ai pensé quelques minutes à un de nos profs de l'ETAM, mais la majorité des enseignants sont des femmes, et sinon, ce sont des vieux croûtons de soixante ans qui sont mariés depuis longtemps et qui ont même des petits enfants… Oh ça rime !
- Simple coïncidence, arrête de te vanter, tu n'es pas poète pour deux noises, pouffa Briséis. Mais encore ?
- J'ai passé le bureau des dragons en revue, et je ne vois vraiment personne, ils sont soit trop jeunes, soit mariés, soit beaucoup trop vieux. A moins que tu ne sois tombée amoureuse d'un vieux ? Oh Bibi, rassure moi, tu n'es pas amoureuse d'un vieux croûton qui pourrait être ton grand-père quand même ?
Briséis éclata de rire devant le regard apeuré de son ami.
- Ce n'est pas drôle Bibi, réponds !
- Mais non, calme-toi, continua t-elle en essayant de contrôler son fou rire. Il n'y a qu'une petite vingtaine d'années de différence, pas quarante.
- Enfin, j'en ai marre de me creuser la tête, dit-il en s'essuyant la bouche. J'ai passé le département des créatures au peigne fin, parce que je me suis dit que tu avais dû tomber amoureuse de quelqu'un que tu vois très souvent, et il faut que vous ayez des choses en commun, il faut que vous ayez passé du temps ensemble... Mais je ne vois pas, et ça m'énerve. J'ai même pensé à Howard Stone...
- Quoi ? Mais il est gay ! cria presque la jeune femme, abasourdie. Teddy... Tout le monde sait ça !
Briséis avait du mal à reprendre sa respiration et bientôt elle ne put s'empêcher de rire tellement l'idée du jeune homme l'avait choquée.
- Oh ça va Bibi, je suis désespéré de savoir, alors j'ai pensé à beaucoup de monde... Bougonna t-il.
- Mais quand même ! Howard !
- Je n'y ai pensé qu'une seconde, et si tu me disais simplement de qui il s'agissait, je ne dirais pas ce genre de chose !
L'employée du ministère se figea face au ton remplit de reproche et au regard fâché du métamorphomage. C'était un farceur, une personne profondément agaçante mais profondément gentille et attachante qui ne se fâchait que très rarement. Briséis se pinça les lèvres et tendit la main pour la poser sur celle du brun.
- Teddy, je t'ai déjà expliqué, je ne peux pas te le dire... Encore moins maintenant, marmonna t-elle en baissant les yeux.
- Pourquoi encore moins maintenant ?
- Eh bien... C'est... Compliqué... Je ne sais pas où ça en est...
- Bibi ?
A son tour, il attrapa la main de son amie, s'inquiétant pour elle en remarquant la tristesse dans ses yeux. La jeune femme releva les yeux pour les planter dans ceux de Teddy et elle sourit en voyant son intérêt pour elle.
- Ne t'inquiète pas.
- Je ne m'inquiète pas souvent, mais j'ai vraiment l'impression que cette histoire te ronge de l'intérieur, tu ferais peut-être mieux de tout laisser tomber.
- Teddy, ça n'est pas si simple...
- Et de me dire de qui il s'agit aussi, pour que j'aille lui exprimer le fond de ma pensée. On ne fait pas de mal à ma Bibi sans en payer le prix.
- Teddy...
La sorcière sourit tendrement. Mais Teddy était sérieux malgré sa tendance à tourner toute chose en rigolade. Retrouvant un sourire taquin, le jeune Lupin se préparait à faire une nouvelle blague.
- De toute façon, je ne sais pas pourquoi je cherche comme ça alors que j'ai la réponse sous le nez, lança t-il souriant.
- Comment ça ? S'inquiéta Briséis en s'emparant de son verre d'eau.
- Bah oui, ça doit être quelqu'un que tu vois tous les jours, quelqu'un qui partage tes goûts, quelqu'un que tu admires, quelqu'un de plus âgé, quelqu'un que je connais... Oui, tout était là sous mon nez. Ca ne peut être que Charlie ! Dit-il arborant un air de triomphe.
La blonde manqua de s'étouffer en avalant un peu d'eau de travers et toussa pendant quelques instants avant de retrouver son calme. Elle fixa Teddy de ses yeux écarquillés, le souffle court. C'est alors qu'elle comprit son erreur. Elle aurait dû éclater de rire et ne pas prendre le jeune homme au sérieux. A en juger par le visage de Lupin qui passait par toutes sortes d'émotions, il avait lancé ça comme une bonne blague et la réaction de Briséis le faisait réaliser petit à petit qu'il avait en réalité touché juste. Briséis essaya de se rattraper en souriant et riant, mais Teddy n'était visiblement pas dupe.
- Ha ha ha, Ted, qu'est-ce que tu racontes... Charlie, et puis quoi encore ! Tu me feras toujours ri...
- Bibi, ne te fatigue pas ! C'est Charlie n'est-ce pas ?
Teddy était sérieux et sa mine choquée effrayait quelque peu la jeune sorcière. Briséis ferma les yeux et expira lentement. Son coeur avait accéléré sa cadence et elle tentait de le calmer avant d'avoir une conversation qu'elle n'avait guère souhaitée. Les rouvrant, elle observa longuement son compagnon de table avant d'acquiescer.
- Oui, c'est Charlie.
Pendant quelques secondes, le silence se fit. Les deux amis se fixaient. Briséis était inquiète, et le regard hébété de Teddy ne la rassurait en rien. Enfin, le sorcier lâcha le regard de son amie et balaya des yeux le petit restaurant. S'arrêtant sur ce qu'il cherchait, il leva la main pour attirer l'attention d'une serveuse.
- Mary, l'addition s'il te plaît !
- Tout de suite Ted !
- Teddy, qu'est-ce que tu fais ? s'angoissa soudain Briséis qui s'imaginait déjà voir son ami partir sans lui adresser la parole. Teddy…
- Tout doux Bibi, on va parler de tout ça ailleurs, je crois que j'ai besoin d'air, tu te rends compte de la bombe que tu viens de lâcher ? Lança t-il soudain en riant. Tu te rends compte qu'on pourrait être presque de la même famille si tu termines avec Charlie ?
La jeune femme cligna des yeux plusieurs fois, et sourit sans réellement comprendre ce qu'il se passait. Mais le sourire presque dément de Teddy la remplit de joie et la fit rire. Teddy était toujours plein de surprises.
Une fois sur le chemin de traverse, Briséis ne tenait plus et s'empressa de rompre le silence.
- Alors Teddy... Tu n'es pas fâché si je comprends bien... ?
- Fâché ? Pourquoi faire ? Je ne m'y attendais pas, le choc a été rude, mais plus j'y réfléchis, plus je me demande pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt, c'est tellement évident !
- Je suis... Soulagée ! J'avais tellement peur que tu le prennes mal...
- J'ai été témoin de tes émois, de ton inquiétude, et je suis persuadé que tu es totalement amoureuse de Charlie. Comment veux-tu que je sois fâché contre toi ?
- Teddy...
Briséis sourit d'émotion.
- Et puis je sais que si je me fâche, tu feras de ma vie au ministère un enfer jusqu'à temps que je te pardonne, alors je préfère gagner du temps et ne pas t'en vouloir, la taquina t-il.
Il esquiva un coup en riant mais Briséis parvint tout de même à le pousser. Aussitôt après, elle passa son bras sous le sien et le serra.
- Alors Bibi, et si tu me racontais.
Alors qu'ils arpentaient lentement, sans y prêter attention, la plus célèbre rue sorcière de Londres, Briséis raconta en détail tout le cheminement de sa relation avec Charlie. Elle revivait chaque moment avec la même émotion que la première fois, et Teddy ne pouvait s'empêcher de la charrier de temps à autre. Une fois arrivée à l'épisode du baiser et des événements de la veille, elle sentie comme une boule dans la gorge qui l'empêcha de continuer de lui expliquer ce qu'elle ressentait face à la réaction du dragonnier. Touché, Lupin la secoua un peu avant de commencer sa tirade réconfortante.
- Ce n'est pas bien grave Bibi. Il a besoin de réfléchir certainement, il a besoin de prendre du recul. Je ne connais pas bien la vie privée de Charlie, mais je ne pense pas qu'il soit tombé amoureux de beaucoup de femmes. Ca doit certainement le déstabiliser.
- Je ne sais pas s'il est amoureux...
- Oh, il doit l'être, sinon, il n'aurait pas pris le risque d'embrasser un dragon insupportable tel que toi ! Remarque, les dragons, ça le connaît ! Aïe ! Aïe !
La sorcière avait frappé de plusieurs coups le bras de son ami, qui riait aux éclats.
- Ce n'est pas drôle Teddy !
- Mais je rigole, voyons. Sérieusement, je ne pense pas qu'il aurait pris le risque d'embrasser une fille de ton âge s'il n'avait pas ressenti quelque chose de fort. Charlie, tu as dû le remarquer, est une personne responsable, qui a la tête sur les épaules. Embrasser une jeunette juste pour rire, alors que ça pourrait la blesser, et lui apporter des complications dans sa vie bien tranquille, n'est pas quelque chose que ferait Charlie. Alors, personnellement, je ne pense pas me tromper en pensant qu'il est amoureux de toi. Ce n'est peut-être que le début, peut-être qu'il s'en rend compte peu à peu, peut-être même qu'il ne le sait pas encore, mais il y a quelque chose, c'est certain.
- Tu crois vraiment? demanda Briséis en levant des yeux voilés de larmes.
- Vraiment.
- Mais il est parti...
Sa voix se cassa et elle retint sa respiration pour s'empêcher de succomber à la tristesse qui l'envahissait.
- Et cette différence d'âge… Il y a trop de différence, ça ne peut pas marcher… C'est pour ça qu'il a peur…
- Tss tss, l'âge n'a pas d'importance. Mes parents avaient treize ans d'écart. Ca ne les a pas empêché de s'aimer, de se marier et d'avoir le plus merveilleux de tous les fils que le monde ait connu !
- Teddy, quand apprendras tu l'humilité ?
- Jamais, ce ne serait pas drôle sinon !
- Tu es irrécupérable…
- Bon, j'avoue que mes parents n'ont pas eu l'occasion de vérifier si leur union pouvait durer, mais je suis sûr qu'elle aurait été très longue, si la mort ne les avait pas rattrapé.
- Oh, Ted… Je ne savais pas…
- Ne t'inquiète pas, va. C'était il y a longtemps, et j'ai grandi dans une famille merveilleuse, entouré de mes grands parents et des Potter et des Weasley.
- Comment…
- La guerre.
- Ma mère aussi est morte à la guerre, avoua Briséis.
- Je suis désolée Bibi. Eh bien, je crois que nous avons plus de points communs que nous le pensions, dit-il en souriant gentiment.
Le silence s'installa.
- Tu crois qu'il va revenir ? Demanda t-elle d'un coup. Et s'il ne m'adressait plus jamais la parole ? Et s'il regrettait ?
- Hey, Bibi, ce n'est qu'une question de temps. Tu vas voir. Charlie a été nul sur ce coup là, mais il a certainement une bonne raison, et il reviendra et vous aurez une bonne discussion. Charlie est quelqu'un de bien, et tu le sais. Alors maintenant, tu te reprends et tu arrêtes de perdre ton temps à t'inquiéter pour ça. Ca ne sert à rien. Et puis si jamais ce foutu dragonnier roux ne revient pas, ou ne t'explique rien et te fait du mal, je te jure que je lui casse la gueule même si c'est quasiment certain que ce soit moi qui ressorte blessé de ce combat.
Elle éclata de rire et Teddy afficha un grand sourire, ravi d'avoir pu la remettre de bonne humeur. Briséis se serra contre le bras du sorcier et soupira.
- Merci Ted... Chuchota t-elle sans le regarder.
Pour toute réponse, il la bouscula gentiment, tout en continuant de marcher sur le chemin de traverse.
Il était 19h et Briséis montait les marches la menant à l'appartement qu'elle partageait avec son père. Sa journée avait été bien remplie, entre les dossiers à rattraper et ses allées et venues au manoir Hawksley. Et puis la discussion avec Teddy l'avait soulagée, lui avait fait du bien, l'avait réconfortée, mais cela l'avait aussi épuisée émotionnellement. Et cette histoire avec Charlie lui faisait du mal. Aucune nouvelle. Pas la moindre lettre. Briséis était heureuse de rentrer chez elle, où elle allait retrouver un foyer, son père l'attendrait et serait prêt à la prendre dans ses bras sans demander d'explication.
- C'est moi papa ! Dit-elle en refermant la porte d'entrée de l'appartement.
Elle retirait sa cape et l'accrochait au portemanteau lorsqu'elle fut soudain assaillit par une tornade rousse qui se jeta dans ses bras en hurlant.
- Brisou ! Comme je suis heureuse de te voir !
- Susy ! J'avais complètement oublié que tu arrivais aujourd'hui !
Les deux amis se serrèrent dans les bras.
- Oh bah merci, je vois que tu m'attendais avec impatience, ça fait toujours plaisir ! s'offusqua la rousse en se dégageant de l'étreinte.
- Excuse-moi, j'ai eu tellement de choses en tête...
- C'est pas grave, allez, viens un peu par ici, on va manger, j'ai préparé un super repas avec ton père.
- Ou plutôt, elle m'a fait préparer un super repas...
- Nicodémus, ne vendez pas la mèche, je vous faisais confiance !
Et c'est dans des éclats de rire que les trois sorciers dégustèrent un festin préparé avec amour.
- Tu as l'air en pleine forme Susy, lâcha Briséis en observant son invité plus attentivement alors qu'ils étaient à table.
- Je te remercie, ça doit être le climat de l'Egypte qui me fait du bien, répondit-elle en affichant un magnifique sourire.
Susan Handful n'était pas réellement jolie, mais sa personnalité forte et pleine de vitalité jouait en sa faveur et son grand sourire amical en charmait plus d'un. De petite taille, mais gratifiée de formes avantageuses –elle se trouvait pourtant grosse-, la sorcière passionnée d'histoire savait plaire à n'importe quel auditoire. Sa tignasse rousse et emmêlée ne cessait de lui venir dans les yeux, qu'elle avait trop petits et trop ronds. Et ses nombreuses taches de rousseur avaient été son plus grand complexe durant ses années à l'école de magie. Persuadée qu'elle était affreuse, elle avait développé une personnalité piquante et pleine d'humour, venant compléter son incroyable culture sur l'histoire des sorciers dans le monde.
- Eh bien dis nous en un peu plus sur ton travail Susan, je suis impatient de t'entendre. Je me souviens que tu me rebattais les oreilles étant adolescente. Tu ne cessais de me parler de l'Egypte et de son incroyable rôle dans l'évolution de la sorcellerie.
- Et je vous prie de croire que je n'ai pas changé d'avis, ce pays est incroyable ! Figurez-vous que…
Susan se lança dans une explication de son métier, qui en fait ressemblait plus à un conte, une épopée fantastique qu'autre chose. Cette sorcière était passionnée, et pendant les deux heures de repas, Briséis ne pensa à rien d'autre qu'à l'Egypte et ses pyramides qui fourmillaient de sorts plus phénoménales les uns que les autres si on écoutait Susan.
Une fois terminé, c'est le cœur léger et le sourire aux lèvres que Briséis alla installer son amie dans sa chambre, agrandit magiquement pour l'occasion.
- Et voilà, un beau lit pour mademoiselle l'aventurière.
- Oh, Brisou, ce sera comme au bon vieux temps ! Comme à Poudlard ! C'est excitant !
- Mais oui Susy, mais oui...
Briséis leva les yeux au ciel en souriant avec amour. La vitalité de sa meilleure amie allait lui faire du bien. Sur beaucoup de point, Susan ressemblait à Teddy, pensa soudain Briséis.
- Alors, tu veux me raconter ce qu'il se passe avec ce fameux Charlie ? Demanda la rousse en s'asseyant sur son lit. Je suis impatiente de connaître tous les détails. Où ça en est ?
- A vrai dire... Je n'ai pas tellement envie d'en parler... Répondit la sorcière dans un murmure.
- Oh, Brisou... Ca ne se passe pas bien ?
- C'est un euphémisme… dit Briséis en s'asseyant sur son lit à son tour, le regard baissé.
- Qu'est-ce que je peux faire ?
- Je crois que pour l'heure, tu pourrais simplement venir t'allonger à côté de moi et me serrer fort contre toi, comme lorsque j'avais un gros chagrin durant nos années à Poudlard.
Briséis s'allongea sur son lit, en se recroquevillant, prête à lâcher quelques larmes. La soirée avait été fantastique, elle avait été tellement heureuse de revoir Susan, de l'entendre raconter ses histoires, de rire avec elle, et de ne penser à rien d'autre. Elle pensait aussi aller se coucher sans réfléchir à ce qui l'attendait demain. Mais la simple évocation du nom du dragonnier la replongea dans son mal-être, son incertitude, et sa peur. Elle avait l'impression que sa poitrine allait exploser tant son cœur était gonflé tout d'un coup.
Susan fut touchée en plein cœur. Il était rare de voir Briséis dans cet état, et ces fameux gros chagrins à Poudlard n'étaient pas fréquents et résultaient en général d'un vide provoqué par le manque d'une mère. Se levant et s'installant dans le dos de sa meilleure amie, Susan l'attrapa dans ses bras et la serra. La blonde libéra alors ses larmes qui ne demandaient qu'à couler, et pleura silencieusement dans les bras réconfortants de son amie. Lentement, Susan la berça en lui caressant les cheveux et murmura des mots de réconfort pour la détendre. C'était la seule chose qui manquait à Briséis : pleurer sans rien dire dans les bras d'une personne qu'elle aimait et qui la réconforterait par la chaleur de son amour. Juste là, en silence, toutes les deux. Les deux amies finirent par s'endormir, dans les bras l'une de l'autre.
