NDA :

Rating : K+

Cette fiction a été écrite dans sa totalité par trois auteures différentes :

POV Alyssa - Charliflex

POV Louna - DoraFlickFlack

POV Léna - Tanounette

Elle se situe à la fin de la saison 6 et c'est donc la SUITE DE LA SÉRIE, attention aux possibles spoilers.

Elle respecte entièrement le script et le canon de la série, les personnages morts resteront donc morts (désolées).

Disclaimer : Teen Wolf ne nous appartient (malheureusement) pas.

oOo

Voilà notre nouveau chapitre, avec l'after-bataille, des cours, et une convelscence.

Nous nous excusons d'avoir (encore) oublié de publier un chapitre la semaine dernière, donc deux chapitres pour aujourd'hui.

oOo

Chapitre 12

« Sans rancune, mais un peu quand même »

~POV Léna~

Il est un peu plus de neuf heures et j'ai passé la nuit assise sur le fauteuil à observer Alyssa dormir. Je ne voulais pas la laisser seule dans sa chambre. J'ai imaginé le pire quand je me suis mise en pyjama, je l'ai vue se vider de son sang, seule dans son lit. Deaton a pourtant arrêté l'hémorragie mais j'ai préféré faire confiance à mon instinct et veiller sur elle. Je n'ai donc pas fermé l'œil de la nuit. Heureusement qu'on est dimanche et que je n'ai rien de prévu.

- Léna ? T'as passé la nuit ici ? me demande Alyssa en émergeant de son sommeil.

- Faut croire que oui, je lui réponds en souriant.

Je me lève du fauteuil, ma foi plutôt confortable, et me rapproche de mon amie rousse. Je me couche à sa droite. Elle a d'énormes cernes sous les yeux et le teint encore plus pâle que d'habitude. Ses cheveux habituellement lâchés sont remontés en un chignon déstructuré au sommet de son crâne. Elle se contente de sourire et pose sa tête sur son coussin. Elle soulève la couette et regarde son ventre. Elle lève le pensement qui recouvre sa blessure. Elle n'a pas encore cicatrisé. Normalement, le processus est plus rapide mais étant donné que c'est une flèche en argent, ça prend plus de temps. Elle recouvre sa blessure après avoir soupiré un coup puis nous remet la couverture.

On ne tarde pas à être rejointes par Louna. Elle vient se blottir à son tour sous la couette à la gauche d'Aly. Je la vois fixer le plafond. Je suis épuisée et finis par m'endormir, le visage face à celui d'Alyssa qui dort déjà.

On se réveille toutes les trois aux alentours de quinze heures. Alyssa a toujours l'air aussi épuisée et Louna semble en forme. Je sors du lit, laissant mes deux amies. Je me rends dans la cuisine et prépare un plateau avec un reste de pancakes réchauffés, des cookies et deux verres de jus d'orange. Je le rapporte aux filles et, pendant qu'elles dégustent leur premier repas de la journée, je vais me doucher. J'en profite pour faire une machine au passage, les habits des filles sont couverts de sang, c'est horrible.

Après avoir passé vingt bonnes minutes à laver, démêler et appliquer un soin sur mes cheveux, je vais dans ma chambre où m'attendent mes devoirs. Super. Je dois faire ce fichu exercice de bio alors que je n'y comprends absolument rien. C'est dans ces moments que je me demande pourquoi j'ai choisi la biologie. Parfois je ne me comprends pas moi-même ! Enfin bref, je fais ce que je peux et me concentre sur mes devoirs d'économie et d'anglais. Une fois finis, je remets tous mes cours dans mon sac et prends mon ordinateur. Je vais enfin pouvoir continuer d'écrire.

Il est un peu plus de dix-neuf heures quand je m'arrête. Je sors de ma chambre et vois Lou sur le canapé, la télé allumée. Alyssa doit être en train de dormir. Je vais alors m'installer à côté de mon amie et pose la tête sur son épaule après m'être enroulé dans un plaid.

~POV Louna~

Il est 6 heures 30 du matin lorsque des coups retentissent contre la porte. Léna est toujours aux côtés d'Aly, sirotant son smoothie du matin. Etant la plus proche de la porte d'entrée, je me décide à aller ouvrir.

- C'est pour quoi ? je demande en ouvrant brusquement la porte, un cookie dans l'autre main.

Lorsque je vois la tête de mon interlocuteur, mon premier réflexe et de lui claquer la porte au nez, ce que je fais sans plus réfléchir. J'arque alors un sourcil, me questionnant sur sa présence ici, puis hausse les épaules en croquant dans mon cookie. Tant pis pour lui.

Je m'élance ensuite vers ma chambre pour préparer mes affaires de cours et au moment de passer devant la porte entrebâillée de la chambre d'Aly, la voix de Léna m'interpelle :

- C'était qui ?

- Théo, je réponds simplement en traçant mon chemin jusqu'à ma chambre.

En moins de trois secondes, Léna finit son smoothie, range la vaisselle dans l'évier et enfile ses bottes à talons avant de se précipiter vers la porte, réceptionnant son sac au passage, et d'entraîner Theo dans les escaliers en s'excusant pour mes mauvaises habitudes.

Je lève les yeux au ciel devant cette scène puis range mon verre dans l'évier à mon tour. Ça fait une semaine qu'on habite ici et la chambre d'Aly ressemble déjà à un champ de mines. Lorsque Léna a veillé sur elle la nuit dernière, je l'observais du coin de l'œil –je ne n'arrivais de nouveau pas à dormir, donc j'ai peut-être un peu surveillé l'appart, juste au cas où- remettre de l'ordre dans le bazar organisé d'Aly. Comment dire… Léna est assez maniaque, pour ne pas dire maniaque compulsive du rangement.

Bref, il en va de même pour la vaisselle. Ça s'entasse, ça s'entasse et on se décide à s'armer du liquide-vaisselle seulement lorsque la vaisselle sale touche le robinet. Là, c'est game over. Enfin, Aly est là toute la journée, puisqu'elle n'est pas encore totalement remise de ce qui est arrivé samedi, donc elle trouvera bien le temps de la faire, cette vaisselle.

A peine quelques seconde plus tard, on toque une seconde fois à la porte. D'après l'odeur de menthe mélangée au caramel qui flotte jusqu'à moi, le visiteur n'est autre qu'Isaac. Je l'aurais bien envoyé paître, mais malheureusement, j'ai des obligations. Il n'empêche que rien ne m'oblige à me montrer courtoise envers lui.

Je file donc en vitesse dans la chambre à Aly dans l'intention de lui souhaiter une bonne journée, mais cette marmotte m'a tout l'air d'être repartie dans les bras de Morphée. Je souris à cette constatation, puis attrape mon sac avant d'ouvrir la porte sur Isaac qui m'a patiemment attendu. Ouais, franchement, il a beaucoup de patience pour réussir à me supporter sans me claquer contre un mur. Même pas mère me trouvait, par moments, particulièrement désagréable à vivre. M'enfin bon, il faut m'aimer comme je suis, avec mes bons et mes –très nombreux- mauvais côtés.

- Ton week-end s'est bien passé ? me questionne-t-il lorsque nous bouclons nos ceintures.

- Génial.

Il m'offre une moue résignée l'air de comprendre que ce n'est pas un simple « merci » qui fera office de tournant dans notre relation, si relation il y a. Parce que tout ça est un peu ambigu, d'après moi. Il n'empêche qu'il est super mignon avec cette tête.

~POV Léna~

Je m'installe sur le siège passager du Range Rover de Théo. Il met la clé dans le contact et attend. Je ne sais pas ce qu'il attend mais il attend. Je me tourne vers lui.

- Pourquoi tu ne pars pas ?

- J'attends.

- Oui merci j'avais compris ! Mais t'attends quoi ? Je n'ai pas le temps d'attendre moi.

Il rigole et me regarde.

- Théo, il est 6 heures 45, j'ai passé la nuit dernière à surveiller Alyssa, il y a deux semaines c'est à cette heure-ci que je me levais, alors tu vas démarrer cette fichue voiture pour que j'arrive au plus vite au lycée, que cette journée passe le plus vite possible et que je puisse rentrer dormir.

- Ouais, t'es pas du tout patiente, en fait.

- Démarre ! je lui ordonne.

Merci Théo, une mauvaise journée en perspective. Il démarre la voiture, nous quittons le parking devant l'appartement, et roulons en direction du lycée. Le silence règne dans la voiture. Ni lui ni moi n'osons parler. En réalité je ne veux même pas qu'il parle, c'est mieux ainsi. Je ne veux pas qu'il reparle de ce que j'ai fait samedi. De ce qu'on a fait. Ce n'était qu'un moment d'égarement, bien qu'en y réfléchissant ce fut agréable de sentir ses lèvres sur les miennes. Je monte mes cheveux en une queue de cheval haute et réajuste sa veste, que je ne quitte pas, malgré tout. Théo s'arrête, je ne m'étais pas aperçue que nous étions arrivés.

- Merci.

- Tu finis à quelle heure ?

- Je rentre à pieds, pas besoin de te déplacer !

- Non, mais…

Je claque la porte avant qu'il ait eu le temps de finir, monte les escaliers du lycée et vais rejoindre les autres au casier de Liam. Ils sont tous là, sauf Corey. En même temps ça ne m'étonne pas, même Alyssa ne vient pas en cours aujourd'hui, alors qu'elle était moins blessée que lui. Je dis salut à tout le monde et ne tarde pas à être rejointe par Louna.

~POV Louna~

L'heure d'histoire est passée avec une lenteur immesurable, l'absence de Corey apportant comme une sensation de vide au sein du petit groupe que nous avions pris l'habitude de former avec Léna et Mason. Tous les membres de la meute ont l'attitude morose, la scène de samedi toujours clairement gravée dans leurs mémoires.

En entrant dans la salle de physique, je capte le regard d'Alec. Il a l'air épuisé et vraiment découragé du futur TP de physique qui nous attend sagement sur nos tables. Peut-être que je peux faire un effort pour ne pas lui gueuler dessus comme les autres jours de la semaine. M'enfin, quand il a fait griller les deux générateurs qu'on nous avait attribués pour les expériences, je n'étais pas vraiment ravie. Faut dire qu'il n'a pas les lumières à tous les étages en ce qui concerne cette matière…

- Qu'est-ce que je suis censé faire ? questionne-t-il une fois installé notre table.

- Rien. Du. Tout, je martèle. Laisse-moi gérer.

Il ne répond rien mais acquiesce piteusement.

Alors, suivant les consignes données à la lettre, j'enregistre les signaux des deux ondes à des intervalles des temps régulières puis compare leur spectre avant de finalement rédiger une parfaite petite synthèse, courte mais structurée. Je fais ensuite recopier le tout à Alec puis lâche un soupir.

- T'es hyper douée ! remarque-t-il à mi-voix.

- Ce n'est pas non plus sorcier, il suffit de savoir lire, je rétorque.

Il me lance un regard offensé que j'ignore superbement. Je sors alors une feuille blanche puis entreprends de me divertir en dessinant. Après avoir laissé mon crayon tracer quelques esquisses, je surprends le regard d'Alec sur moi. Je relève les yeux, et avant d'avoir le temps de le remballer, il me demande d'une voix sérieuse que je ne lui connaissais pas :

- Tu sais ce que tu vas faire après le lycée ?

- Ouais.

- Et ça se rapporte à quoi ?

- Ça ne te regarde pas, je dis en fronçant les sourcils.

- La fin de l'année approche à grands pas et moi je n'en ai toujours aucune idée… avoue-t-il.

- Bah, ne te lance pas dans la physique, si tu tiens à ta vie.

Un petit rire lui échappe puis il continue :

- Je veux dire, la meute elle deviendra quoi une fois que tout le monde partira de son côté ?

Je pose alors mon crayon et plante mes yeux dans les siens.

- Je n'en sais fichtre rien. Peut-être bien qu'on ne se parlera plus. Honnêtement, je ne compte pas rester à Beacon Hills toute ma vie, et si ça signifie quitter la meute, je n'hésiterai pas.

Il hoche la tête, l'air perdu dans ses pensées.

- Pourquoi tu me demandes ça à moi ? je lui demande soudainement, le faisant revenir à la réalité.

- T'es la seule qui, disons, « n'épargne » personne. Tu dis les choses comme elles sont. Je ne pense pas que mentir pour protéger quelqu'un soit ton genre.

- Ouais, ce n'est pas faux.

- Tu quitterais vraiment la meute ?

- Peut-être.

En vrai, je n'en sais rien. Avant j'avais un avenir tout tracé. Je devais finir ma scolarité à Eureka, puis je serais allée en fac d'Art obtenir mon master pour ensuite commencer à enseigner les arts plastiques. Mais maintenant, rien n'est moins sûr. J'aime toujours autant l'art, mais plus rien ne me retient à Eureka. Je suis libre de faire ce que bon me semble. Alors j'irais peut-être un peu voyager, comme ma propre mère l'a elle-même fait avant moi. J'en sais rien, j'ai encore le temps d'y réfléchir.

~POV Alyssa~

C'est à 10:12, d'après l'heure indiquée par mon portable, que je me lève le lundi matin. Étant donné que la blessure a été faite par de l'aconit tue-loup, elle est encore douloureuse, et ça me fatigue beaucoup de marcher. Je me hisse hors de mon lit et me traîne jusqu'à la salle de bains. Je me lave la figure à l'eau, me passe de la crème dessus, et coiffe ma tignasse, que j'attache en une queue de cheval haute afin qu'ils ne me dérangent pas. J'enfile des grosses chaussettes roses avec des motifs de nounours blancs, parce que, loup garou ou non, je suis frileuse des pieds.

Je vais dans la cuisine d'un pas traînant, me sers un smoothie à la banane, mes préférés, et me fais cinq tartines de beurre de cacahuète. Après ça, je mets le tout sur un plateau et vais les poser sur la table basse du salon. Je regarde brièvement autour de moi, afin d'être certaine de ne rien avoir oublié, pour ne pas avoir à me relever dix mille fois, parce que, putain, c'est douloureux. Mon téléphone portable. Je vais le chercher dans ma chambre, puis m'installe enfin dans le canapé. J'allume la télé, et vérifie brièvement Facebook, Instagram, et autres réseaux sociaux.

Ensuite, je pose mon portable et zappe les chaînes en buvant mon smoothie avec une paille. Sur la quinze, je trouve un bêtisier, et pose la télécommande. Je passe la fin de la matinée à regarder cette chaîne, mangeant mes tartines au ralenti. C'est certain que j'ai perdu quelques neurones, mais cette après-midi, je me rattraperai en travaillant les cours que je rate aujourd'hui. Lou m'a envoyé les cours de français vers midi quinze. Nolan m'a envoyé le cours d'Histoire, dont le début du chapitre qu'ils ont fait quand je n'étais pas encore là, et Mason m'a envoyé le cours de chimie.

Finalement, je ne crois pas que je suis motivée pour travailler. Je crois que je vais plutôt regarder Harry Potter. Ça fait des lustres que je n'ai pas vu le premier film, et comme je l'ai téléchargé il y a longtemps, je vais pouvoir me poser sur le canapé avec du popcorn et faire de ma journée quelque chose d'utile. Enfin, bien sûr que ça dépend du point de vue. Pas sûre que les profs aient le même ordre de priorités que moi.

À midi, j'ouvre le frigo, dans le but de me trouver quelque chose de comestible, et vois une boîte en plastique avec un post-it collé dessus : « Repas de midi de la grande blessée. À mettre 2min au micro-ondes. NE PAS OUBLIER D'ENLEVER L'ALLU ». Merci, Léna, tu me sauves la vie ! Sinon j'aurais dû me contenter de mettre du jambon et du fromage entre deux bouts de pain. Pas génial en soi. En tout cas, pas autant que les spaghettis à la bolognaise que Léna m'a faites.

Donc. Le micro-ondes. À quoi ça ressemble de nouveau, ce truc ? Je regarde autour de moi et vois une grosse boîte noire avec un semblant de vitre et de porte, posée sur le plan de travail. Ça ressemble à un micro-ondes. Par contre il y a tout un tas de boutons, et ça m'a l'air bien compliqué. Est-ce que ça vaut la peine que je téléphone aux filles ? Non, je vais me débrouiller. Après avoir trafiqué les divers boutons pendant cinq minutes, je trouve comment l'allumer, ET mettre un minuteur ! Je mets donc la boîte dans l'appareil, sans oublier d'enlever l'aluminium, et réchauffe mon repas. Après ça, je le mets dans une assiette, prends une fourchette dans un des tiroirs, et emmène le tout à la table.

Je mets donc Harry Potter sur la télé en branchant mon ordinateur dessus, et mets le film en route. Je mange mon plat les yeux rivés sur l'écran, étant donné que dans ce merveilleux appartement, le salon et la cuisine sont en fait la même pièce. Une fois mon assiette vidée, je mets sur pause et me lève pour mettre l'assiette et les couverts dans l'évier. Alors que j'allais les y mettre, je suis arrêtée dans mon élan par la pile de vaisselle sale qui y réside. Étonnant que la maniaque du rangement de cet appart n'ait pas pris l'initiative de tout ranger. Bon, donc c'est à moi de m'y coller, c'est ça ?

Je prends en main une pile de six assiettes et… mais si ça se trouve, on a un lave-vaisselle ! Je parcours donc la cuisine du regard, et vois, sous une partie du plan de travail, un truc qui quand je tire sur la poignée, bascule, et révèle… un lave-vaisselle ! Ô miracle ! Je prends donc une assiette et la met dans la bête. Je fais de même avec tout le reste de la vaisselle, tout en chantonnant une des chansons que préfère au monde, Let It Be des Beatles.

C'est donc après une demi-heure, une assiette et un verre cassé, que l'évier est vide, et qu'il ne ressemble plus à un ramassis de déchets nauséabonds. Tout est impeccablement rangé dans la machine, sauf l'assiette et le verre qui ont été victime de ma légère maladresse. Je découvre dans un tiroir un espèce de carré blanc et bleu dans un plastique. J'ai déjà vu ma mère mettre un de ces machins dans un compartiment spécial, dans le lave-vaisselle de notre maison. J'essaie de trouver l'équivalent sur celui-ci, et quand je le trouve, c'est-à-dire dans les trente secondes suivantes, je mets la pastille dedans et appuie sur le bouton « démarrer », avant de fermer la porte de la bête.

Je souffle un bon coup. Voilà une bonne chose de faite. Lorsque je me rassois sur le canapé, une douleur lancinante traverse mon abdomen. Je grimace et remets Harry Potter, puis prends le plaid plié sur l'accoudoir à ma droite, et m'emmitoufle dedans. Je continue à regarder mon film, et sans m'en rendre compte, je m'endors comme un bébé.