Et hop, chapitre 12. N'hésitez par à laisser une review si ça vous plait.

Un grand merci à Destrange pour toutes ses review et ses corrections.

Bonne lecture :-).


-C'est toujours un plaisir de faire affaire avec vous, Monsieur Malefoy, dit Barjow en s'inclinant bien bas. Au revoir, et à bientôt, j'espère.

Mais Abraxas Malefoy était déjà parti.

Il était temps de fermer. D'un geste, Barjow baissa les stores, verrouilla la porte et éteignit les lumières. La journée n'avait pas était mauvaise. Abraxas Malfoy avait beau être un snob imbu de lui-même, au moins il lui faisait son chiffre pour la semaine chaque fois qu'il venait. C'était quelqu'un d'important, lui, pas comme d'autres.

-Ne touche pas à mes affaires ! S'exclama-t-il en entrant dans l'arrière-boutique.

Regulus Black reposa immédiatement la pile de parchemin.

Sale fouineur. Mais bon, les affaires étaient les affaires. Barjow se dirigea vers son petit coffre, et en sortit le sac rempli de Gallions qu'il avait préparé.

-Voilà, dit-il en jetant le sac au garçon qui l'attrapa au vol.

A sa grande exaspération, le garçon alla vers sa petite balance en argent et posa le sac dessus.

-Il n'y a pas le compte, dit-il finalement après que la fine aiguille eut fini d'osciller.

-C'est le prix qui était convenu ! s'exclama Barjow.

-Pour le collier oui, mais il faut payer le vol aussi.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Tout ce que tu as eu à faire c'est fouiller dans les affaires de ta mère.

-Ça, vous n'en savez rien, répondit-il narquois, et ça reste tout de même un vol. Vous avez suffisamment insisté là-dessus il me semble. Il faut bien me dédommager pour les risques encourus.

Furieux, Barjow rouvrit le coffre et en sortit une petite cassette en bois. Il y piocha une généreuse pelletée de Gallions qu'il déversa doucement sur la balance. Il regarda brièvement Regulus et, douloureusement, en rajouta une seconde. Qu'importe, il pouvait largement se le permettre.

-Et pour ma conscience ? demanda le garçon moqueur ?

-Voilà ! s'exclama Barjow avec colère en rajoutant encore une pelletée d'or, maintenant, montre-moi le collier !

Sans se départir de son insupportable sourire goguenard, Black sortit de sa poche un amas de tissus qu'il posa sur l'établi. Il le déplia soigneusement, découvrant ainsi une magnifique parure de perles translucides.

Le Torrent de Larmes, c'était son nom avait été fabriqué par les gobelins au XVIIème siècle, pour la jolie fiancée du fils Black d'alors. Les perles, censées être des larmes cristallisées, réfractaient une lumière iridescente sans pareille sitôt qu'elles étaientexposées à la lumière de la Lune, enveloppant celle qui la portait d'un magnifique halo à l'aspect irréel. C'était une pièce unique et superbe.

Et peu importait le prix que Black en demandait, il allait la revendre au moins dix fois plus cher.

Presque immédiatement après la première venue de Black, Barjow avait reçu une visite beaucoup plus lucrative. Bien sûr, l'homme était pour le moins... original, avec sa chemise à jabot moutarde, sa redingote démodée, et son chapeau haut-de-forme. Et puis, surtout, c'était un américain. Mais ce défaut était largement compensé par son manque total de discernement. Il venait tout droit de Boston, disait-il. Il était en voyage d'affaires et cherchait un cadeau exceptionnel pour sa fille chérie qui allait bientôt avoir 17 ans. Il avait passé en revue toute la boutique sans que rien ne semble lui convenir. En désespoir de cause, Barjow avait alors mis sur la table les clichés que Regulus Black avait laissés et ça avait été le jackpot. L'américain avait eu littéralement le coup de foudre pour le Torrent de Larmes, et il en avait aussitôt proposé un prix tellement extravagant que Barjow avait manqué tomber à la renverse. Les américains n'avaient donc pas la valeur de l'argent ? Une fois la surprise passée, bien sûr, il avait marchandé.

« -J'ai bien peur que ce ne soit pas assez, cher monsieur, c'est une pièce unique, vous comprenez ?

-Dites-moi votre prix, avait simplement répondu l'américain. »

Le type avait accepté sans sourciller sa proposition exorbitante, et Barjow avait rappelé ce vaurien de Black sur le champ, mais bien sûr, ce coup-ci impossible d'arnaquer le jeune homme. Il avait bien essayé, mais Black ne se laissait pas avoir. Alors il avait cédé. A la réflexion il aurait dû demander bien plus à l'américain. Mais peu importe. Même avec la part de Black, il venait de faire l'affaire du siècle. Il ne restait plus qu'à livrer la parure et à se faire payer.

-Monsieur Barjow, dit soudainement Black, qu'est-ce que c'est que ça ?

Barjow revint sur terre, il avait presque oublié la fâcheuse présence du garçon.

-C'était le médaillon de Serpentard, répondit Barjow de mauvaise grâce en regardant le registre que le jeune homme lui tendait.

Il avait son argent non ? Pourquoi ne levait-il pas le camp ?

-Comment l'avez-vous eu ?

-On nous l'a vendu à moi et mon associé.

-Qui ? Insista-t-il. Qui vous l'a vendu ?

-Une voleuse, exactement comme toi. On aurait dû la dénoncer mais on ne l'a pas fait, par pure charité.

-Et vous l'avez vendu à… Hepzibah Smith, lut-il. Qui est-ce ?

-Pourquoi est-ce que tu t'intéresses à ça ? Demanda brusquement Barjow.

-Je m'intéresse aux fondateurs, répondit Black en haussant les épaules. Je faisais des recherches sur eux quand j'étais à Poudlard.

-Hum.

Barjow n'aimait pas trop qu'on lui parle de ce médaillon. Des années après l'avoir vendu, Il avait lu l'avis de décès de Hepzibah Smith dans la gazette, et ce alors même qu'il attendait de pied ferme un Tom Jedusor qui ne devait plus jamais venir travailler. Quoi qu'ait pu dire la gazette sur la mort d'Hepzibah et sur la culpabilité de son elfe, Il n'avait pas été suffisamment stupide pour être dupe...et encore moins pour parler de cette histoire à quiconque.

-Est-ce que vous avez son adresse ? demanda Black.

- Elle est morte il y a des années, répondit Barjow. En tout cas, je n'en sais pas plus. Maintenant, laisse mes affaires tranquilles et fiche-moi le camp ! Je dois livrer le collier à son acheteur.

Le garçon eut un sourire en coin très désagréable à la mention de l'acheteur, mais au grand soulagement de Barjow, il finit par disparaître. Il s'agissait maintenant d'apporter la parure à l'américain. Cette simple idée lui redonna le sourire. Il s'imaginait déjà nager dans le tas de Gallions que lui rapporterait la vente.

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« J'ai une surprise pour toi. »

Walburga leva les yeux vers son cadet. Il avait cette expression enjôleuse qu'elle détestait. Elle dissimulait des mensonges sirupeux qu'elle ne savait pas interpréter. Elle ne l'aurait jamais cru à l'époque, mais Regulus était beaucoup plus difficile que Sirius. Bien sûr, elle n'avait jamais réussi à mater Sirius, mais au moins avec lui elle savait toujours quand ça n'allait pas. Déjà parce que ça n'allait jamais, et surtout parce que Sirius était un livre ouvert. Il se campait devant elle et lui balançait toute sa rage en pleine face. Mais qui pouvait savoir ce que cachaient les airs angéliques de Regulus ?

- Quelle genre de surprise? demanda-t-elle en plissant les yeux d'un air soupçonneux.

-Ça ne sera plus une surprise si je te le dis. Viens. Prend ton manteau.

Elle obtempéra. Son fils l'attendait déjà dehors, aux côtés d'une voiture moldue surmontée d'un petit écriteau avec écrit « taxi ».

Elle jeta un regard noir à Regulus qui eut un vague sourire d'excuse.

-Je sais que c'est désagréable, mais compte tenu des circonstances…

-Très bien dit-elle sèchement. Mais qu'est-ce que tu ne me fais pas faire, tout de même.

-Ça ira vite, lui promit-il.

Elle grimpa dans le « taxi » et s'enfonça dans son siège.

Ce fut un trajet étrange. Le cocher moldu, ou peu importe comment on appelait ce genre d'animal, un homme détestable et affreusement familier tenta bien de lui faire la conversation, mais il lâcha bien vite l'affaire face au silence glacial qu'elle lui opposa.

Il se rabattit alors sur Regulus qui opinait poliment de la tête à chaque fois qu'il marquait une pause dans son monologue insupportable et auquel elle ne comprenait pas un mot sur deux.

Il était frustrant de voyager aussi lentement quand on était habitué au transplanage, au magicobus, où à la rigueur, aux véhicules du ministère. Mais cette voiture-là ne fendait pas la foule des autres voitures, elle faisait sagement la queue derrière, attendant que le trafic reprenne. Ou bien s'arrêtait quand les lumières moldus devenaient rouges, laissant les voitures venant du côté passer. Et la présence du cocher la contrariait.

-Scusez moi m'sieur dame, c'est toujours embouteillé par ici. Ils devaient creuser un tunnel pour fluidifier le trafic, mais va savoir pourquoi ça c'est jamais fait. C'est magouille et compagnie, tout ça. Dit-il d'un air entendu.

- Ils ne peuvent pas répondit Regulus, il y a…des galeries de ce côté-là.

-Vous êtes sûr ? Non, y 'a rien.

« Si pensa, Walburga, il y a Le Tunnel » Mais allez donc expliquer ça a un sale moldu…

Regulus haussa les épaules et n'insista pas.

Ils progressèrent bon gré mal gré et finirent par arriver sur les docks où le taxi s'arrêta . Walburga descendit tandis que Regulus payait le cocher.

-Par-là, fit Regulus.

Elle le suivit à l'intérieur d'un des bâtiments et resta bouche bée.

-Regulus s'exclama-t-elle, qu'est-ce que c'est que ça ?

-Ça, c'est le Néphélé répondit-il fièrement.

Walburga n'en revenait pas.

-C'est ça ma surprise ? S'étrangla-t-elle encore sous le choc, un bateau volant ? Tu m'offres un bateau ?

-C'est un zeppelin, corrigea Regulus, et je ne l'ai pas vraiment acheté, je t'offre juste le voyage.

-Le voyage ? Mais où ça ?

- Où tu veux. En Russie, pourquoi pas. Ou bien au Maroc. Tout ce que tu auras à faire, c'est de donner ta destination au capitaine. Il est à l'intérieur je crois. Tu veux monter pour visiter ?

Il lui prit la main et l'entraîna vers le Néphélé. Le zeppelin, d'un blanc éclatant, flottait paresseusement à quelques mètres du sol, quand ils approchèrent, une passerelle faite de cordes se déroula élégamment jusqu'à leur pied avant de se solidifier.

-Comment as-tu eu l'argent ? demanda-t-elle. Alors qu'ils montaient à bord.

-C'était une récompense du Seigneur des Ténèbres, répondit Regulus d'un ton convaincu, il est fier de moi, très fier du travail accompli. Il m'a demandé ce que je voulais, j'ai choisi ça.

Mensonges. Encore un tissu de mensonges. Mais Regulus reprit :

- Écoute, je me rends bien compte que je n'ai pas été un très bon fils ces derniers temps…Si bien sûr, insista-il alors qu'elle s'apprêtait à répondre, je sais que tu aurais préféré que je continue Poudlard, j'ai fugué de la maison, et même après, j'aurai dû te rendre visite plus souvent. Je t'ai inquiétée et je tenais absolument à me faire pardonner. On y est, regarde. Ça te plaît ?

Walburga regarda autour d'elle. Comme elle s'y attendait, l'intérieur était beaucoup plus spacieux que ce qu'il paraissait. Tout y était fait de bois clair. Les meubles semblaient massifs. Les larges hublots tout du long conféraient une intense luminosité et il y avait de vastes et confortables fauteuils devant chacun d'entre eux.

-Il y a une grande chambre à droite dit Regulus précipitamment. Et une très belle salle de bain. Il y a un escalier pour monter sur le pont. Tu auras l'air de naviguer sur une mer de nuages. Là-bas, c'est les quartiers du capitaine. Il arrive justement.

La porte que désignait Regulus s'ouvrit, et il en sortit un homme massif, à l'aspect peu engageant dans la cinquantaine.

-Madame, dit-il d'une voix rocailleuse, bienvenue à bord du Néphélé. Je suis le capitaine Lee. Et voici Menry, l'elfe de bord.

-Je sais qui vous êtes, répondit Walburga sans même jeter un œil à la petite créature qui s'inclinait bien bas. Vous étiez un auror, vous avez été renvoyé.

Le sourire de Lee, se crispa.

-En effet Madame, une regrettable histoire.

Walburga le fixa encore un instant d'un air dédaigneux et se tourna vers son fils.

-Pourquoi m'offre-tu ce voyage ? Lui demanda-t-elle encore.

-Je te l'ai dit non ? Et tu voyageais souvent avec papa, avant. Tu aimais ça non ?

-Ah quelle point ai-je l'air stupide pour que tu me dises ça ? S'énerva-t-elle franchement. Je sais qu'il se passe des choses ! Je sais ce que dis la gazette !

-Si je puis me permettre Madame, grogna Lee, la gazette a souvent tendance à exagérer les faits, je le sais d'expérience.

-Bouclez-la, vous. Lui intima-telle sèchement. Dis-moi ce qui ce passe, continua-t-elle d'un ton suppliant, au bord des larmes.

-Je ne peux pas, répondit Regulus en détournant la tête, je suis désolé.

Walburga eut soudainement l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Mais elle se reprit immédiatement.

Si on admettait, juste un bref instant que les mensonges de la gazette étaient vrais, alors Regulus avait fait le bon choix et son sang pur tout comme son statut de mangemort le mettaient en sécurité. Et en principe, elle-même ne risquait rien non plus. Mais alors pourquoi Regulus voulait-il qu'elle parte ? Et Sirius ? La pureté de son sang suffirait-elle à le protéger ?

-Il ne faut pas que tu fasses de vagues, s'exclama-t-elle soudain, la voix légèrement hystérique, il faut que tu te protèges, coûte que coûte ! Et tant pis pour le reste ! C'est le plus important. Et il faut aussi que tu le dises à ton frère ! Dis-lui, je t'en supplie ! C'est un sang-pur, lui aussi !

Elle s'effondra dans les bras de son fils.

-Je ne pourrais jamais le convaincre, répondit Regulus et Walburga ferma douloureusement les yeux, il fait ce qu'il croit être juste.

-Je sais bien que tu le détestes...

-Je ne les laisserai pas lui faire du mal. Reprit-il d'un ton ferme. Je te le promets. Ne t'inquiète pas, tout ira bien.

Le lendemain même, toutes les affaires de Walburga étaient chargées sur le Néphélé. Depuis le pont, Regulus ses côtés, elle regardait distraitement le capitaine Lee s'affairer.

-Tout ira bien n'est-ce pas ? demanda-t-elle encore à Regulus, la gorge nouée.

-Tout ira bien répéta-t-il.

Il reprit, un peu maladroitement :

- Tu as pris l'appareil de papa ?

-Oui, je l'ai dans mon sac.

-Tout est prêt Madame, les interrompit Lee.

-Bon, et bien, je vais descendre alors, dit Regulus.

Une dernière fois, Walburga l'étreignit fortement.

-Ça va aller maman, tu vas faire un beau voyage, tu prendras plein de belles photos. Tu nous les montreras en rentrant.

-Fais très attention à toi, s'il te plaît, répondit-elle.

-Promis.

Elle le relâcha. Et Regulus descendit. Son cœur se serrait un plus à chaque pas qu'il faisait sur la passerelle. Quand il fut à terre celle-ci s'enroula sur elle même. Le Néphélé se mit en branle, et s'éleva lentement alors qu'elle fixait toujours Regulus qui lui faisait de grands signes de la main. Il devenait de plus en plus petit à mesure que le zeppelin prenait de l'altitude et bientôt, il ne fut plus qu'un point minuscule perdu dans le paysage, avant de disparaître complètement.

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Depuis le départ de la maîtresse, le jeune maître partageait son temps entre la maison et Le Tunnel, dont il revenait à chaque fois avec l'air un peu plus troublé. Quand il était à la maison, il restait enfermé dans sa chambre, plongé dans une pile immense d'exemplaires de la gazette du sorcier vieux de plusieurs années qu'il lisait religieusement, ou bien dans ses vieux livres d'Histoire de la magie.

Soucieux de le voir agir avec une telle frénésie, Kreattur était aux petits soins pour lui. Il n'osait pas le déranger dans son travail quel qu'il puisse être, mais au moins il veillait à ce qu'il n'oublie pas de manger et quand il s'effondrait de fatigue, il lui posait une couverture sur le dos.

-Je ne comprends toujours pas, dit-il un jour alors que Kreattur entrait dans la chambre.

Il se passa machinalement la main dans les cheveux et résuma :

« Barjow a dit qu'il a eu le médaillon par une voleuse. Mais je crois que c'était une Gaunt, si on en croit le livre, il tapota son exemplaire de Noble par nature, une généalogie par le sang, ils étaient les derniers descendant de Serpentard. Et de ce que les moldus de Little Hangleton m'ont dit, c'était des miséreux »

Il se leva et commença à faire les cent pas.

« Le dernier des Gaunt est mort à Azkaban il y a des années, continua-t-il. Il avait été accusé du meurtre de trois moldus du coin, les Jedusor. C'est comme ça que Slughorn et Dumbledore ont appelé le maître ce soir-là. Je m'en souviens très bien. C'était des membres de sa famille ? Les Gaunt aussi, s'il est vraiment le descendant de Serpentard…

Mais tout ça c'était après que le médaillon a été vendu à Barjow. Ensuite, il l'a lui-même vendu à Hepzibah Smith. Et elle est morte aussi. Empoisonnée par son elfe selon la gazette. »

Kreattur tressaillit.

« Je ne pense pas que ce soit vrai, lui dit Regulus, je pense que c'est le maître qui l'a tué. Ensuite, il a volé le médaillon, et aussi la coupe de Poufsouffle, que possédait également Hepzibah Smith. Ses héritiers ont lancé un appel à témoin quand ils ont vu que ça manquait. La coupe est inestimable et le médaillon prouve son lien avec Serpentard, d'accord. Si on continue sur cette piste, il y a l'Albanie aussi. Tout le monde dit qu'il a était là-bas pour apprendre la magie noire, mais quand j'étais à Poudlard, le Baron Sanglant disait que c'était peut-être là que le diadème de Serdaigle se trouvait. S'il s'intéresse aux reliques des fondateurs, est-il possible que ce soit ça qu'il cherchait ? Peut-être, ou peut-être pas…

Mais je ne comprends pas pourquoi il a pris autant de précaution pour cacher le médaillon. A quoi lui servent tous ces objets s'il les cache ? Ou s'il n'utilise pas leurs propriétés magiques ? Et puis même, j'ai beau chercher, il n'y a aucun texte qui parle de pouvoirs véritablement utiles. Le diadème est censé rendre plus intelligent, mais je ne suis pas sûr qu'il le possède, et c'est surtout l'épée de Gryffondor et la baguette de Serpentard qui auraient des pouvoir offensifs, mais pour autant que je sache, il ne les a pas.»

Il marqua une pause.

« A moins qu'ils ne les aient ensorcelé ? dit-il au bout d'un moment. Mais à quoi servirait un objet ensorcelé si on ne s'en sert pas ? Quel genre de sort aurait-il pu lancer ?

Slughorn a parlé de magie noire dit-il l'air soudainement dans le vague. De la magie noire, très, très noire, c'est ce qu'a dit quand il l'a vu. Mais qu'est-ce qu'il a vu exactement ce jour-là ? »

Il se leva et se mit dans un coin de la pièce.

« On était en train de rentrer à la salle commune. On a entendu du bruit, et on s'est caché derrière la tapisserie. Dit-il en se cachant derrière la porte. Puis on l'a vu lui, et Slughorn est arrivé. « Tom ? Tom Jedusor ? » C'est ce qu'il a dit et il est devenu blanc comme un fantôme. Et il a bredouillé, « de la magie noire, très, très noire ». Ensuite il y a eu Dumbledore et le maître est parti. Il avait l'air moins…abîmé que maintenant, je crois. Plus humain…De la magie noire, qui abîme les gens…avec le médaillon ou des objets? Mais peut-être que ça n'a aucun rapport… »

« Enfin, ça reste quand même une piste, conclut-il au bout d'un moment. Tu voulais me dire quelque chose, Kreattur ? » Demanda-t-il en se tournant vers l'elfe.

-Oui, monsieur, répondit l'elfe, le dîner est servi.

-Je n'ai pas très faim pour le moment, mais peut-être que tu pourrais m'amener des sandwichs un peu plus tard ?

-Monsieur a dit la même chose hier. Et il a passé toute la journée enfermé dans sa chambre. Monsieur devrait faire un vrai repas aujourd'hui.

-Je suppose que tu as raison. Merci beaucoup Kreattur. Je descends.

Maître Regulus avait pris l'habitude de dîner directement dans la cuisine (du moins, quand il descendait dîner). A la grande satisfaction de Kreattur, il mangea de bon cœur son velouté de champignon.

-C'était vraiment excellent, dit-il une fois qu'il eut terminé. Tu as eu raison de me forcer à descendre.

-Merci monsieur, répondit l'elfe.

-Est-ce que tu as repensé à ce que j'ai dit ?

L'elfe sursauta. Encore ses sottises.

-Kreattur ne veut pas être libéré. Dit-il crispé.

-Hum, répondit monsieur Regulus, visiblement déçu.

-Kreattur croit qu'il a compris ce que monsieur voulait dire, repris l'elfe, mais Kreattur a de bons maîtres, alors Kreattur n'a pas besoin d'être libre.

- Je ne suis pas un bon maître, Kreattur .Et si jamais ça devait changer ? Si jamais il nous arrivait quelque chose?

-Mais pour l'instant, monsieur Regulus est toujours là.

-Je vais bientôt devoir partir, Kreattur, et je ne sais pas pour combien de temps. Je voudrais être sûr qu'en mon absence tu sois en sécurité. Si jamais tante Druella prenait la maison d'une manière ou d'une autre, si tu devais tomber entre ses mains et si jamais elle te livrait à Bellatrix….

- Mais ça ne peut pas arriver, répondit Kreattur, la maison appartient à Madame Walburga.

-Bien sûr, mais, on est jamais trop prudent. On va trouver une solution, finit-il par dire.

Il termina son repas et retourna s'enfermer dans sa chambre.

Au grand soulagement de Kreattur, il n'aborda plus le sujet de la liberté. En revanche, il revenait chaque jour avec des piles de livre dont la couverture seule faisait frémir Kreattur.

On était le 29 Juillet, demain le jeune maître fêterai ses 17 ans.. Dans la cuisine, l'elfe se demandait ce qu'il pourrait bien préparer pour l'occasion, quand il entendit soudainement un grand « boum ».

-Monsieur, s'écria-t-il en se précipitant dans la chambre, que se passe-t-il ?

-Je sais à quoi sert le médaillon, dit-il d'une voix blanche, sa chaise renversée derrière lui.

Il avait l'air terrifié.

-C'est monstrueux s'exclama-t-il. Absolument monstrueux. ! Il faut faire quelque chose ! Et le reste ! La coupe ? Le diadème ? Où sont-ils !? Et Barty...

Il avala de grandes goulées d'air à plusieurs reprises. Il tremblait de tout son corps et avait les yeux exorbités.

-On ne peux pas rester là-dedans, on ne peux pas! Mais si je pars, si je pars alors je ne saurait jamais où est le reste...

Il se tu un instant.

Dumbledore, dit-il finalement d'un ton résolu, il d'abord que je prévienne Dumbledore.

Précipitamment, il sortit un parchemin et une plume et s'installa à sa table.

-Il faut que je trouve comment lui envoyer le message, dit-il, sa plume suspendue au-dessus du parchemin, je ne peux pas envoyer ça par hibou.

-Kreattur peut porter la lettre, affirma aussitôt l'elfe qui jusque là regardait faire le jeune maître avec inquiétude.

-Non, répondit, Regulus, c'est trop dangereux. Si jamais le maître sait que tu es vivant...

-Kreattur fera attention ! Kreattur ne se fera pas voir, par personne.

-Peut-être, répondit Regulus en se mordant la lèvre, si je ne trouve pas d'autres solutions, alors d'accord.

Il se mit à écrire nerveusement et soudain stoppa net, raturant le parchemin au passage, grimaçant de douleur et agrippant convulsivement son bras gauche.

-Le maître m'appelle, dit-il.