Mot de l'auteur : Bonsoir, il est tard (00:42 précisément) et je vous publie enfin le chapitre 12 de La Nacre Dorée ! Je suis désolée d'avoir tardé, mais j'ai fait beaucoup de chose, you know, je profite des vacances hihi. Encore un long chapitre de prévu pour vous, comme je vous l'avais dit, les chapitres se sont bien rallongés depuis les premiers, j'espère qu'ils vous emballent toujours par contre :3 Sinon, l'interface de Ff a encore un peu changé et je perds (encore) mais en tout cas, le bon feufeu s'améliore plutôt bien :)

Je remercie les reviewers, comme d'habitude, pour avoir la gentillesse de m'accorder une minute de leur précieux temps pour me donner leur impression sur ce que je leur offre, et walaaa, gros bisous :3

Ah et je tiens à préciser au fait, que je pars en Espagne samedi 18, donc j'essaierai de poster le chapitre 13 la veille du départ, sinon, ben... vous aurez le chapitre 13 à mon retour, la semaine d'après so ! En tout cas, je pense que je profiterai de ces jours de repos pour écrire, en dehors du temps où je bronzerai, sortirai, me baignerai, bronzerai, sortirai, me baignerai, bronzerai, sortirai, irai à Port Aventura (may be), me baignerai, bronzerai encore beaucoup (je me suis fixée l'objectif de bronzer le plus possible cet été, parce que entre nous, j'étais aussi pâle que Drago depuis presque 4 ans, et j'en ai eu un peu beaucoup marre, hihi) BREF le bonheur de l'été avant la fatale rentrée, mais ne nous gâchons pas la vie et profitons de l'instant présent :D

Allez, place au chapitre 12 mes petites chocogrenouilles ; bonne lecture !

Réponses aux reviews anonymes :

Manon : Merci d'avoir laissé une review, je suis contente que ma fiction te plaise, j'espère te revoir pour ce chapitre 12 !

Harry : Déjà je suis surprise qu'un garçon lise ma fiction et j'en suis honorée ! Sérieusement, je te remercie d'avoir pris le temps de laisser une review sur tous les chapitres, ça me fait vraiment plaisir ! En tout cas j'espère aussi te retrouver pour la suite de La Nacre Dorée :)

Disclaimer : Seule l'histoire m'appartient, le reste est entièrement à J.K. Rowling.


La Nacre Dorée.

Chapitre XII.

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Le lendemain du réveil de Drago Malefoy et Hermione Granger à l'infirmerie, après une multitude de vérification de l'état de santé de ses deux patients, madame Pomfresh avait concédé à les laisser sortir et reprendre les cours normalement, même si, plus mitigée, le professeur McGonagall avait longuement hésité à donner son accord. En effet, depuis la veille au soir, Minerva demeurait anxieuse au sujet des préfets-en-chef de son école, et les savoir d'ores et déjà en dehors de l'infirmerie ne l'enchantait guère. Mais il fallait bien laisser les choses couler si elle voulait découvrir ce qu'il se tramait entre ces deux-là…

Ils ne s'étaient pas échangés le moindre mot depuis la vieille au soir. Ni un son, ni un regard. Aucun signe n'avait filtré à partir du moment où ils s'étaient réveillés, Hermione la première, jusqu'à ce qu'ils quittassent l'infirmerie, après avoir vu entré dans la pièce, un élève de deuxième année, essoufflé, qui livrait un message d'autorisation de la part de la directrice, pour l'infirmière. Ils avaient fait la seule chose qu'ils réalisaient le mieux l'un envers l'autre, c'est-à-dire celle de s'ignorer dignement et royalement.

Drago Malefoy était sorti de l'infirmerie en réussissant à échapper au contrôle de madame Pomfresh, qui avait exigé depuis la veille qu'il se fisse examiner ─et donc que les marques sur son torse fussent exposées à la vue de tous, mais une chance insolente l'avait apparemment possédé, à son plus grand soulagement, et il était parvenu à sortir sans problèmes, l'infirmière ayant apparemment oublié de l'examiner…

A son retour en classe, il ne manqua pas de se faire quémander par les Serpentard, en particulier Pansy Parkinson, visiblement apaisée par son retour béni, mais aussi par Goyle, dont le visage rondelet trahissait une expression de joie grotesque, ainsi que par le reste des camarades de classe de sa maison. Bien évidemment, en dehors du sentiment de crainte qui l'habitait depuis la veille, son instinct dominateur et fanfaron ne manqua pas de ressurgir. Cependant, lorsqu'on lui demandait comment ils s'était retrouvé à l'infirmerie, il réussissait, non sans anicroche, à détourner le sujet...

Du côté d'Hermione, ce fut quelque peu différent. Ron, qui était venu lui rendre visite la veille avant de se faire rabrouer par madame Pomfresh par la faute de Malefoy, exprimait un réel soulagement à la revoir sur pieds, apparemment en bonne santé, quoique son teint demeurait encore un peu pâle et que des cernes barraient son regard. Oubliant la gêne et le froid qu'il y avait entre eux depuis quelques temps, il lui posa plusieurs questions sur Malefoy, s'il s'était fait réprimander après son départ, ou bien s'il l'avait embêté encore un peu, ce à quoi elle répondit par la négative même si ce ne fut pas le cas. Mais elle n'avait pas envie de Ron montât une nouvelle fois sur ses grands hippogriffes pour des broutilles comme ses disputes avec Malefoy… Harry, quant à lui, ne disait pas dit grand-chose, intéressé par la conversation, et acquiesçait seulement aux remarques de son meilleur ami sur le Serpentard tant méprisé. C'était seulement lorsque le professeur Slughorn fit entrer les élèves dans la salle de cours, située au fin fond des cachots, qu'il glissa discrètement à l'oreille d'Hermione :

« - Fais attention à toi… et à Malefoy. »

Elle aurait voulu croiser le regard vert de Harry, mais il était déjà parti s'installer à une des tables, à l'extrémité gauche de cette dernière. Les joues rouges, le regard fuyant et des questions tourbillonnant à toute vitesse dans son cerveau, Hermione s'était installée à l'autre bout de la table, à la droite de Ron qui était entre ses deux amis. Elle passa la matinée à ressasser les paroles de Harry Potter.

Lorsque le cours d'arithmancie ─qui réunissait les Gryffondor et les Serdaigle des deux niveaux de septième année, toucha à sa fin, Hermione, qui était en compagnie de Ginny, s'en alla en direction de la Grande Salle, qui était d'ores et déjà pleine quand elles arrivèrent. A la table des Gryffondor, elles aperçurent Ron et Harry qui discutaient avec Dean et Seamus, et s'installèrent à leurs côtés. Immédiatement, la rumeur de leur conversation de Quidditch lui parvint jusqu'aux oreilles pendant qu'elle s'installait aux côtés de Ginny.

« - Salut, Ginny, salut Hermione, dirent en cœur Dean et Seamus.

- Salut les garçons, répondit Ginny. »

Elle n'avait cependant pas quitté Harry des yeux. Un sourire de contentement de dessina sur les lèvres des deux amoureux, et aussitôt, Harry parut plus jovial qu'auparavant. Hermione se contenta d'un petit « Bonjour » inaudible, même si Ron, interrompant sa conversation avec Dean et Seamus, semblait l'avoir entendu, ainsi que Harry, qui se résolut à ne plus dévorer Ginny des yeux pour planter son regard étincelant dans celui de son amie.

« - Alors, tu vas mieux on dirait ? dit Ron en mangeant une bouché de poulet rôti.

- Oui Ron, mais tu me l'as déjà demandé deux fois ce matin…

- Ah ? Je… on sait jamais, hein, marmonna-t-il tandis que ses oreilles prenaient une teinte rouge soutenue et que son nez piquait ostensiblement vers son assiette chargée de nourriture.

- On a entendu parler de ce qui t'ait arrivée, Hermione, intervint Dean Thomas. Lavande et Parvati en parlait dans la salle commune hier soir. Évanouie en pleine bibliothèque !

- Et sans raison, en plus ! rajouta Seamus. »

Hermione ne sut pas pourquoi, mais en cet instant précis, elle mourrait d'envie de lancer un maléfice Cuisant à ses camarades de Gryffondor. Ils n'étaient pas méchants, non non. Mais cette façon d'affirmer qu'elle s'était simplement évanouie dans la bibliothèque sans raison apparente, la rendit folle de rage. Rien n'était arrivé par hasard, elle le savait ! Les effets de la potion l'avait rattrapé, le besoin insoutenable d'assouvir ses désirs d'Ecclosia l'avait tenaillés, et la résistance morale et physique qu'elle s'était imposée de toute ses forces avaient complètement fait déraillé son corps. Elle le savait : elle était dépendante de l'Ecclosia. Voilà ce qui s'était passé…

Mais elle ne pouvait résolument pas l'avouer ! Harry spéculerait des jours entiers sur la chose et Ron mourrait d'inquiétude. Quant à Ginny, elle savait qu'elle lui conseillerait d'en parler avec Harry et si ce n'était pas encore fait, elle irait elle-même l'en informer. Dean et Seamus, eux, n'étaient même pas sur la liste des potentiels confidents.

Revenant à la réalité, Hermione toisa un instant les deux garçons qui logeaient dans le même dortoir qu'Harry et Ron, et, résolue à les faire taire, elle explosa :

« - Contrairement à vous, moi, je me rends dans une bibliothèque pour étudier et préparer au maximum les ASPICS, même si je dois me vider entièrement de mon énergie, cingla-t-elle d'un air méprisant. Mais comme vous, vous ne semblez pas connaître cet acharnement dans le but de réussir ses études et que vous préférez écouter les derniers ragots de Poudlard en compagnie de Lavande et Parvati, je ne peux que déplorer votre manque de priorités et votre culture pitoyable. »

Les yeux pétillants de rage, elle se leva vivement, mais, alors qu'elle comptait s'en aller théâtralement, elle s'arrêta net dans son élan. À l'autre bout de la Grande Salle, le regard pâle de Drago Malefoy ne semblait pas la quitter d'une semelle. Il n'avait rien d'amical, il n'était ni interrogateur ─ sait-on jamais que la conversation fût parvenue jusqu'à ses oreilles sensibles au moindre scandale, ni même narquois, ce qui consistait, chez le Serpentard, des moments d'une étrange rareté. Mais elle fut tout de même perturbée par ce qui habitait ses yeux gris. L'absence, toujours présente, voilait son regard, et elle frissonna quand elle retrouva dans cet air funèbre la même peur qu'elle avait croisait la veille au soir, alors qu'ils étaient à l'infirmerie.

Deux courtes secondes s'étaient écoulées pendant lesquelles Hermione s'était sentie chavirer sous le poids de ce désespoir. Revenant à ses esprits et chassant de ses pensées les yeux pâles, elle prit à la volet une tranche de pain et de bacon, et quitta la Grande Salle la tête haute et le pas lourd, son sac chargé de livres et de parchemins rebondissant contre ses jambes. Aux tables voisines, tous ceux qui avaient capté des bribes de la conversation rirent sans retenue face aux airs à la fois penauds et littéralement sidérés de Dean Thomas et Seamus Finnigan.

« - Qu'est-ce que… commença Dean.

- On a dit quelque chose de mal ? dit Seamus, effaré.

- Oh non, bien sûr, vous n'avez fait que colporter le commérage extrêmement utile de Parvati et Lavande, répliqua Ginny, en les fusillant du regard.

- En fait… elle est plutôt sensible ces derniers temps, ajouta Harry, tout aussi sous le choc, même s'il mourrait d'envie d'éclater de rire, tout comme Ron, qui s'efforçait de ne pas s'étouffer avec sa viande. »

Un cri aigu retentit à l'entrée de la Grande Salle et toutes les têtes se tournèrent en même temps. Poussant de grands cris et agitant frénétiquement les bras, Lavande Brown et Parvati Patil se dirigèrent à grands pas vers la table de Gryffondor.

« - Elle est complètement dingue, cette fille !

- Heureusement qu'on l'a évité juste à temps…!

- De qui est-ce que vous parlez ? les intercepta Ginny alors qu'elles passaient devant eux.

- D'Hermione Granger. Elle vient tout juste de nous attaquer ! s'exclama Lavande.

- Quoi ? s'écrièrent Ron et Harry en même temps (Dean et Seamus étaient toujours sous le choc.)

- Oui, dit Parvati. Elle est passée devant nous et elle avait l'air bizarre, alors on lui a demandé gentiment comment elle allait après ce qui lui est arrivé hier, la pauvre…

- La pauvre ?s'indigna Lavande en regardant Parvati. Si tu veux mon avis, elle l'a bien mérité, oui ! Quoi qu'il en soit, elle s'est précipitée vers nous et nous a hurlées Furunculus à la figure, et je peux te dire que j'étais plus visée que Parvati ! Heureusement que j'ai eu le réflexe de me baisser avant que son sortilège ne me… (elle se rattrapa face au regard impérieux de Parvati) ne nous touche en plein visage, continua-t-elle de déblatérer, le souffle court.

- Heureusement que tu as de bons réflexes, Lavande, dit Ginny, les coins de sa bouche frémissant, alors que les deux filles allaient s'installer en bout de table en parlant fort et qu'Harry et Ron finissaient enfin par éclater de rire. »

Dean et Seamus ne s'étaient toujours pas remis de la crise de colère d'Hermione et en discutaient frénétiquement, à voix basse. Et malgré la bonne humeur qui semblait régner dans la Grande Salle à cet instant, Harry ne put s'empêcher d'avoir une pensée soucieuse pour Hermione, et tout ce qu'il soupçonnait à son égard lui revint immédiatement en tête et chassa progressivement son envie de rire : cette étrange potion qu'elle avait bu alors qu'il l'espionnait, ses deux séjours à l'infirmerie, et surtout, cette dispute qu'il avait intercepté avec Malefoy avant qu'elle ne bût la potion. Son regard dévia automatiquement en direction du Serpentard. Le regard vague, il semblait désormais loin de l'ancienne personne hautaine qui aimait se pavaner devant sa cours. Mais, alors que leur regard se croisaient soudainement, il le vit changer subrepticement d'attitude et il le darda de ses yeux gris et froids. Dignement, il se leva et Goyle en fit de même. Il le vit remuer les lèvres, et tout de suite après, Goyle se réinstalla à table, la mine déconfite et l'air idiot. Pansy Parkinson le suivit du regard et lui lança un mot mais il ne tourna même pas la tête vers elle. Enfin, il sortit de la Grand Salle.

Finalement, Malefoy semblait ne pas avoir évolué d'un iota…

Les plumes grattaient à cadences différentes le papier de parchemin, le noircissant sur toute sa longueur, le salissant par des tâches d'encre, ou encore le mutilant en plantant un peu trop profondément leur bout brillant et argenté. Parmi ces plumes, celle d'Hermione Granger était sans doute la plus rapide et la plus efficace. Elle fusait sans faire une seule pause, poursuivait sa lancé au-dessous quand elle arrivait au bout du parchemin, slalomait entre les petites tâches qu'elle avait pu causer par mégarde et, quelques fois, s'arrêtait d'un coup net pour retracer les lignes qu'elle avait écrite.

Tel était l'activité constante d'Hermione pendant un examen de Métamorphose. Le regard vif, elle traquait la moindre erreur qui aurait pu se glisser dans son devoir, et, quand elle était sûre d'elle, elle recommençait à écrire à vive allure, sans se laisser le temps de respirer ou bien de reposer, ne serait-ce que quelques secondes, son poignet endolori.

Le professeur McGonagall avait toujours été fière de sa meilleure élève, consciencieuse, sérieuse, appliquée et perfectionniste. Elle avait cet étrange sentiment de retrouver en Hermione la jeune étudiante qu'elle avait été il y avait un temps, quand elle donnait toute sa force dans ses études et que ses professeurs finissaient par faire payer son travail acharné.

La plume de la préfète-en-chef grattait toujours frénétiquement le papier et, malgré son séjour à l'infirmerie, elle semblait savoir quoi argumenter sur le bout des doigts, ce qui satisfit grandement la directrice de Poudlard de voir qu'elle n'avait finalement pas perdue son envie de réussite. Automatiquement, son esprit dériva sur sa rencontre nocturne avec la bibliothécaire, madame Pince. Son air affolé, grave, ses suspicions poussés sur la meilleure élève de toute l'école. Et ce chapitre sur la magie scandinave que lui avait montré la bibliothécaire…

De toutes les magies dont elle avait pu entendre parler, cette magie nordique faisait sans aucun doute partie de toutes celles qui étaient classées dans la catégorie de Magie Noire Hautement Dangereuse, pour se référer principalement au mental du sorcier qui l'utilise. En effet, il était de notoriété publique, dans le monde de la Magie, que les sorciers scandinaves étaient, depuis toujours, épris par la force de la sorcellerie sur la partie psychologique et nerveuse, et tout particulier les sorciers pratiquant la magie noire…

Mais alors, si de telles choses subsistaient chez ces personnes, en quoi cela aurait-il pu intéresser de si près Hermione Granger, cette élève si irréprochable ? S'était-elle essayée à ces pratiques douteuses et dangereuses de la magie scandinave ? Hermione avait commencé à lire la partie concernant cette magie, mais elle ne semblait pas avoir poussé plus loin sa lecture, sans aucun doute car elle s'était évanouie entre temps, au contraire du professeur McGonagall. Ce qu'elle avait pu trouver entre ces lignes noires parlant des plus grands maîtres scandinaves l'avait littéralement refroidit, et le pire, était sans aucun doute Jorgen Rasmussen. Un homme qui avait consacré toute sa vie à chercher à repousser les limites de la magie sur l'esprit humain, faisant des expériences, créant toutes sortes de sortilèges et de potions, tous plus violents les uns que les autres… Un être qui avait des choses inimaginables, presque aussi dangereuses que Voldemort, mais dans un autre domaine…

Un frisson parcouru l'échine de Minerva McGonagall. Des magies de la sortes ne pouvaient vraiment pas intéresser Hermione Granger. C'était tout bonnement impossible. Impossible…

Un bruissement de plume attira son attention au troisième rang de la salle. La directrice releva son regard impérieux et croisa celui, pâle, de Drago Malefoy. Alors, ce fut comme une évidence pour elle. Elle ne sut pas pourquoi, une relation entre ce garçon et Hermione s'imposa sans crier gare dans son esprit. Elle avait cette forte sensation que quelque chose se cachaient entre eux, quelque de grand, quelque de grave et d'incontrôlable. Quelque chose dont il fallait connaître la nature dans les plus brefs délais, si on ne voulait pas…

Drago Malefoy fuit aussitôt son regard sévère et étrangement vague aux yeux du Serpentard, qui se remit à écrire lentement, et Minerva McGonagall eut soudainement une idée. Elle allait savoir ce qui pouvait se tramer entre ses deux préfets-en-chef, peu importe ce qu'ils pouvaient en penser. Leur santé se dégradaient trop et leur esprit flirtaient beaucoup trop loin pour les laisser se débrouiller seuls, quoiqu'il puisse se passer entre eux…

Ce pourquoi Harry Potter se vit appeler par la directrice de Poudlard à la fin de son examen de Métamorphose, qui lui dit le plus discrètement possible, de « faire attention à Miss Granger et son état de santé encore fragile, sait-on jamais quel surmenage intellectuel elle pouvait effectuer… »

Ses méninges fonctionnaient à toute allure et il semblait se sentir moins seul dans ses suspicions quand il regagna la salle commune de Gryffondor.

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L'heure du dîner était arrivée à toute allure et Drago n'avait rien vu passer, ni son examen de Métamorphose, ni son cours de Potions ou alors celui d'Histoire de la Magie. Pour autant, rien ne le réjouissait plus que de quitter le plus vite possible la Grande Salle bondée et bruyante et aller se coucher. Il savait bien que ses habitudes avaient quelque peu changé ces derniers temps. Il passait moins de temps avec Grégory Goyle et sa petite bande de Serpentard, il ne martyrisait presque plus les première année de Pouffsouffle ou Gryffondor… Il se sentait vide, creux, comme si toute sa vie n'avait plus aucun sens, comme si toute la peur qui l'habitait pompait peu à peu son énergie, à la manière d'un Détraqueur sanguinaire et assoiffé de mélancolie.

Il mourrait de rage et de peur. Tout ce qui lui arrivait, ces marques hideuses sur son torse, ce cauchemar et cette comptine entêtante le martyrisaient depuis la veille, lui volaient chaque neurone de son cerveau, comme si leur intention principale était qu'il ne pense plus qu'à la chanson, qu'au cauchemar, qu'à ses cicatrices qui avaient perturbés son quotidien. Chaque seconde, il se demandait mille fois comment tout cela avait pu se produire, pourquoi Granger avait fait un rêve en extrême liaison avec le sien, pourquoi le livre de Granger lui avait taillader le corps, pourquoi Granger avait entendu la comptine, pourquoi Granger était persuadé que la chanson lui était destinée, pourquoi Granger paraissait si folle ces derniers temps, pourquoi avait-il retrouvé Granger évanouie dans la réserve de potions du professeur Slughorn, pourquoi, comme un imbécile, avait-il rendu là Granger la potion qu'avait dérobée secrètement, pourquoi s'était-il senti attiré par le livre de Granger qui l'avait blessé plusieurs jours en arrière, pourquoi ressentait-il se besoin inconscient de secourir Granger quand elle était mal en point, pourquoi, après cet évènement étrange avec la rose enflammée, avait-il entendu Granger murmurer son prénom, alors qu'il était dans la salle commune et qu'elle avait été retrouvée évanouie dans la bibliothèque, est-ce qu'il ne pouvait s'empêcher de sonder Granger du regard, comme si elle seule détenait toutes les réponses à ses questions, pourquoi Granger, pourquoi Granger, pourquoi Granger, pourquoi, pourquoi, pourquoi…

« - Drago ? »

La voix inquiète et soufflée de Pansy le fit vaguement sursauter, alors qu'il s'arrachait de ses pensées pour se focaliser sur la perturbatrice. Ses yeux de chat étaient légèrement plissés, formant deux fentes couleur vert forêt qui ne se détachaient pas des deux perles de Drago. Un léger froncement de sourcil se faisait percevoir sur son visage.

« - Tu te sens bien ? demanda-t-elle d'un air inquiet.

- Oui, Pansy, soupira Drago, excédé, alors qu'il avalait une bouchée de légumes verts et qu'il détournait son regard du sien. C'est la troisième fois que tu me le demandes aujourd'hui, ça commence vraiment à me lasser.

- Je… Je voulais être certaine que Pomfresh avait eu raison de te laisser sortir aussi tôt, répliqua-t-elle sur la défensive. Ce n'est pas comme si je disais quelque chose de mal. Ou bien peut être que je te dérange ? »

Cette dernière phrase était sortie plus vite que Pansy ne l'avait pensée. Elle se rendit compte de son erreur lorsque Drago se tourna de nouveau vers elle, l'air de plus en plus irrité, ses yeux gris lançant des éclairs. C'était une des quelques fois où elle le voyait d'aussi mauvaise humeur, et elle ne put réprimer un frisson d'appréhension.

« - Tu me déranges ? répéta-t-il lentement. Bien sûr que non, tu ne me déranges pas Pansy, pourquoi me dérangerais-tu ? (Il se pencha davantage sur elle, jusqu'à frôler de sa bouche le lobe de son oreille. Pour une personne étrangère à leur conversation, la scène aurait pu trahir un couple se murmurant quelques mots doux, si on mettait à part l'air blafard de Pansy.) Je suis sorti de l'infirmerie ce matin, je ne me sens absolument pas fatigué, et j'ai tellement, tellement envie d'entendre ta voix me susurrer comment je me porte à chaque minute de la journée, si tu savais… »

Brusquement, Drago se redressa et retourna à son assiette, sans lancer le moindre regard à la Serpentard à ses côtés, rouge de honte et de colère. Les mâchoires contractées, elle s'efforça de retrouver un air naturel, alors que Daphnée Greengrass et Millicent Bulstrode, en face d'elle, avaient observé la scène d'un œil critique et suspicieux. Pansy posa son regard rageur sur elles.

« - Vous avez un problèmes, peut être ? aboya-t-elle.

- Non… marmonnèrent-elles en retournant à leur conversation. »

Pansy soupira. Du coin de l'œil, elle observa brièvement Drago, et constata avec haine qu'il s'était un peu plus décalé sur son banc et faisait désormais face à Blaise Zabini, un septième année de Serpentard plutôt solitaire et arrogant, qui semblait faire comme s'il n'avait pas remarqué que quelqu'un se trouvait face à lui. Goyle, à la droite de Drago, s'était vu forcé de se décaler pour satisfaire le besoin du préfet-en-chef.

Sa honte due à la blessure dans son égo s'évapora instantanément, lorsqu'elle remarqua le coup d'œil de quelques secondes de Drago Malefoy, qui avait levé le regard de son assiette. Elle aurait pu jurer sur Merlin, Morgane, Salazar Serpentard et même sur sa propre vie ! que les yeux de Drago s'étaient attardés sur la saleté intellectuelle de Gryffondor. Cette pourriture d'Hermione Granger…

Ses yeux ne l'avaient pas trompée, elle en était certaine, il avait bel et bien portait son attention à une élève de cette piètre maison. Pansy cligna plusieurs fois des paupières, avant de froncer les sourcils, interdite. En elle, une colère sourde, plus forte que jamais, montait à une vitesse fulgurante. Elle sentait ses mains qui commençaient légèrement à trembler, et ses yeux plissés ne laissaient voir que deux fentes vertes, à la manière des serpents, qui ne la laissaient paraître de plus en plus maléfique. Comment… Comment Drago, Drago Malefoy, pouvait porter de l'intérêt, même infime, à ce castor exécrable qu'il avait toujours clamé détesté ! Qu'est-ce qui avait changé depuis la rentrée ? Était-ce le fait qu'elle semblait de plus en plus faible qui l'attirait ? Ou bien voyait-il en elle une partie qu'il n'avait jamais découverte ?

Cette pensée lui donna une soudaine envie de vomir qu'elle retint à grand peine. Toujours face à elle, Millicent et Daphnée s'étaient remises à la dévisager d'un air à la fois inquiet et soupçonneux.

Elle avait envi de détruire cette Sang-de-Bourbe, elle avait envi de lui arracher les bras et les jambes avec un sortilège de Découpe, centimètre par centimètre, elle avait envi de l'entendre s'égosiller en la suppliant d'arrêter sa torture, elle avait envi de l'entendre dire que Drago lui appartenait à elle, Pansy, et à personne d'autre, elle avait envi de la voir humiliée, réduite à davantage que moins que rien, elle avait envi de l'assommer de Doloris sanglants…

Elle ne pouvait pas attirer l'attention de Drago Malefoy. Seule Pansy Parkinson pouvait attirer l'attention de Drago Malefoy. Seule Pansy Parkinson. Surtout pas Hermione Granger. Surtout pas Hermione Granger.

« - Un problème, Pansy ? »

C'est la voix de Daphnée qui la fit redescendre sur Terre et qui lui fit se rendre compte que le bout de ses ongles s'étaient enfoncés dans le bois de la longue table. Essayant de reprendre le contrôle d'elle-même, Pansy jeta un bref regard à Drago, qui parlait vaguement avec Blaise et Goyle.

« - Non, aucun problème, marmonna Pansy, plus pour elle-même que pour Daphnée. Il n'y a aucun problème… »

Pourtant, à ses yeux, il y avait un problème. Un problème gigantesque.

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« - Tu ne veux toujours pas passer la soirée avec nous, Hermione ? demanda Harry, dans l'espoir vain de la traîner dans la salle commune de Gryffondor. »

Son regard était aussi anormalement inquisiteur, ce qui incita Hermione à refuser la proposition néanmoins plaisante de son ami. Le problème, c'est qu'elle savait que si elle pénétrait dans la salle commune, elle en ressortirait sans ses secrets.

« - Allez, Hermione quoi ! Juste une soirée, insista Ron.

- Non, je vous assure les garçons, je suis fatiguée et j'ai besoin de repos. En plus, j'ai encore un devoir de potions à terminer pour Lundi prochain…

- On est vendredi soir, c'est le week-end, s'exclama Ron, content d'avoir trouvé quelque chose pour la coincer. Tu n'as qu'à faire ça samedi soir.

- Puisqu'elle vient de te dire non, Ron, laisse la tranquille, intervint Ginny qui passait devant eux en compagnie d'une Gryffondor de son âge.

- On t'a rien demandé, toi, rétorqua Ron en rougissant furieusement.

- Alors tu rentres dans ta salle commune ? Dit Harry d'un ton un peu plus sec qu'il ne le souhaitait.

- Je t'ai dit que j'étais fatiguée Harry… »

Comme s'il venait de faire une erreur, Harry se radoucit un peu plus.

« - Oui. D'accord, on te laisse alors. Fais attention à toi, Hermione, rajouta-t-il alors qu'elle commençait à s'éloigner. »

Elle lui lança un regard interdit.

« - Oui… Oui, d'accord, bredouilla-t-elle, prise de cours. Passez une bonne nuit.

- Bonne nuit, répondirent-ils en cœur, l'un le ton déçu, l'autre le ton suspicieux.

- Eh, Hermione ! »

Elle se retourna et vit Ginny s'approcher d'elle. Derrière, Harry et Ron n'avaient pas bougé.

« - Ca te dit de venir à Pré-au-Lard, demain après-midi ? lui proposa la jeune Weasley, un sourire aux lèvres. On ira aux Trois Balais.

- Oui, ça serait bien, intervint Ron, en tendant le cou pour voir la réaction d'Hermione.

- Non, pas avec vous, seulement Hermione et moi, précisa Ginny.

- Et pourquoi ça ? s'indignèrent les deux garçons.

- Ca fait un petit moment qu'on ne s'est pas retrouvées entre fille, dit-elle en faisant un clin d'œil à Hermione, qui ne put s'empêcher de sourire à son amie.

- N'importe quoi, s'emporta Ron.

- Alors, ça te va ?

- Oui, finit par dire Hermione. Je n'aurai pas finir mes devoirs le soir, j'aurai assez de temps pour faire les exercices d'arithmancie et terminer ma dissertation de potion…

- On a qu'à se retrouver dans la Grande Salle pour le déjeuner, d'accord ?

- D'accord, confirma Hermione. Au déjeuner, j'y serai.

- Super, dit Ginny, tout sourire. Alors à demain ! »

Elle n'eut pas le temps de répondre que Ginny s'était déjà engagée dans le trou en forme de cercle qui débouchait sur la salle comme de Gryffondor, alors que son frère lui grognait des mots durs sur son passage.

« - Bon, et bien… à demain, dit Hermione.

- Passe nous voir bientôt, d'accord ? »

Harry semblait vraiment inquiet. Soupçonneux, pleins de questions, elle le savait… mais tout de même inquiet pour elle. Hermione sourit malgré la situation.

« - Promis, dit-elle, plus gaiment que précédemment. Bonne nuit Ron.

- Bonne nuit, marmonna-t-il. »

Elle finit enfin par s'en aller, le cœur un peu plus léger à l'idée d'avoir quitté Harry, Ron et Ginny de façon plutôt positive. La perspective de se rapprocher de la dernière des Weasley l'enchantait et lui remontait le morale, qui était, il fallait le dire, maussadement bas ces dernières semaines…

« - Flocon de neige, dit Hermione ─ le mot de passe avait récemment changé.

- Oui, il y en a beaucoup ces derniers temps, répondit la peinture de la muse grecque, pensive, en laissant le passage à la préfète qui s'engouffra dans le trou secret. »

La salle commune était déserte, et aucun bruit provenant de la chambre de Drago Malefoy laissait trahir sa présence. Il semblait ne pas être encore revenu de la Grand Salle. D'un pas plus lourd qu'à l'accoutumé, Hermione laissa traîner ses pieds jusqu'au fauteuil le plus proche, et soupira de contentement lorsque la surface moelleuse rencontra son dos.

Son regard se posa alors sur un socle de marbre, proche de la fenêtre à rebord. Un magnifique vase en cristal reposait sur la surface irisée. Elle n'avait jamais fait attention à sa présence, et s'en étonna, d'autant qu'il était facilement remarquable de part sa beauté chatoyante. Mais en y pensant bien, elle n'avait jamais vraiment observé sa salle commune, se contentant de se poser de temps en temps sur le canapé sans regarder autour d'elle, puisque la plupart du temps, elle restait dans sa chambre, débarrassée de la présence du Serpentard.

Son attention se posa alors sur une forme ronde et rebondie sur le sol qui semblait briller à la lueur des bougies. Intriguée, Hermione se leva de son fauteuil, un peu moins fatiguée que précédemment, s'approcha de cette forme et s'aperçut qu'en réalité, c'était un pétale de rose rouge… et qu'il ne brillait pas par le feu des bougies, mais par lui-même.

Du bout des doigts, elle s'en empara le plus délicatement possible, avant de le poser au creux de sa main gauche. De petits scintillements vifs donnaient au pétale un air surnaturel, le rendaient presque instable, comme si, à tout instant, il allait s'enflammer et se répandre sous forme de cendres…

Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait l'impression folle de se voir au travers de ce pétale de rose. Esseulé, il était là, seulement là, et errait, se cherchait, cherchait sa nature. Pourtant, il ne semblait pas vouloir faner. Malgré sa solitude, il était toujours aussi rouge ─ ce qui était d'ailleurs étonnant puisqu'il aurait du flétrir, et étrangement brillant…

Mais comment un unique pétale de rose, d'un genre particulier qui plus est, avait pu se retrouver dans la salle commune des préfets-en-chef ? Elle n'avait pas rapporter de roses récemment, et elle ne pensait pas que Malefoy l'avait fait également, alors comment ?

Un toussotement hautain attira son attention et la fit légèrement sursauter. Sortant de sa contemplation et cessant de se poser des questions sur l'origine de ce pétale, elle se tourna et fit face aux deux orbes métallique de son homologue. Le visage fermé, l'allure impeccable, il semblait, rien que dans sa tenue, vouloir lui faire comprendre qu'ici, c'était lui le maître des lieux ─ mais ça ne marchait pas comme ça avec Hermione. Malefoy s'apprêtait à lui lancer une remarque piquante, quand il remarqua ce qu'elle tenait dans le creux de sa main et il fit un bond de deux jours dans sa mémoire.

L'indifférence qu'on lui accordait… Sa colère… Son indignation… La blessure dans son orgueil… La salle commune sens dessus dessous… Un explosion de cristal tranchant et étincelant… Et cette rose qui était apparue dans les dédalles d'eaux et de verres coupants… Les étincelles qui la faisaient briller de mille feux, la fascination qu'il avait éprouvée, jusqu'à ce qu'elle brûle sous ses yeux…

Et cette voix… Cette voix dans sa tête, cette voix chatoyante, dansante, plaintive, dans son crâne… Son prénom, comme une caresse, comme une torture…

« - Drago… »

Il divaguait, bon Dieu !

Retrouvant subitement ses esprits, il s'aperçut que Granger le dévisageait d'une façon étrange, comme s'il était malade. En y réfléchissant bien, il devait l'être un peu, si on s'attardait sur son visage blafard. La scrutant à son tour, il lui lança enfin d'un ton cinglant, où percevait cependant une légère bribe de malaise :

« - Tu as un problème, peut être, Granger ? »

Comme un poisson rouge hors de l'eau, elle se contenta d'entrouvrir la bouche, prise de cours par sa question. Drago comprit alors très vite que son absence de réponse était due au fait qu'elle était en proie à un combat intérieur particulièrement féroce. Apparemment, elle souhaitait lui dire quelque chose, mais une petite voix dans sa tête souhaitait fortement l'en dissuader…

« - Il faut qu'on parle, Malefoy, finit-elle par dire d'une voix sourde, lente, alors qu'elle fixait ses yeux dans les siens.

- Qu'on parle ? Et qu'on parle de quoi, au juste ? s'esclaffa-t-il, alors qu'une vague peur s'insinuait dans sa tête.

- Tu sais… de tout ça. »

Et c'était justement ce « ça » que voulait fuir Drago.

D'un air féroce, dissimulant agilement sa peur malgré le léger rosissement de ses joues blanches, il lui lança :

« - Je n'ai rien à te dire, et toi non plus d'ailleurs.

- Tu sais très bien que si, répliqua-t-elle, agacée par son entêtement stupide. Il y a un problème, Malefoy, tu sais qu'il y a un problème, et il n'a rien d'insignifiant.

- Et pourquoi est-ce que tu me dis ça ? aboya-t-il. En quoi est-ce que je suis concerné dans tes problèmes de malheur ?

- Tu pourrais déjà me dire si tu as déjà vu une chose semblable ici, rétorqua Granger, en tendant sa main gauche vers Drago. »

Le pétale écarlate brillait toujours aussi fort dans la paume de sa main, et Drago éprouva de nouveau cette sensation de fascination, cette beauté sourde, qui émanait violemment de ce morceau de rose… Toujours plus étincelant, le pétale semblait vouloir s'enflammer à tout moment, il crépitait et désirait lancer des étincelles tout autour de lui.

« - Il ne brûle pas, murmura Drago pour lui-même.

- Qu'est-ce qui ne brûle pas ? répéta Granger, intrigué de le voir tout à coup si absent. »

Suivant les yeux de Malefoy, elle dirigea alors son regard sur le pétale rouge qui lui apparut plus brillant que jamais. Hermione fronça les sourcils, de nouveau intriguée par sa trouvaille. Allait-il réellement…?

« - Je l'ai trouvé par terre, dit-elle, alors qu'il relevait ses yeux alertes. Là. »

Elle désigna le pied de marbre sculpté, et le vit alors froncer, à son tour, les sourcils. Son air inquiet s'afficha un peu plus sur son visage blafard, et elle eut soudainement la certitude que, lui aussi, s'était retrouvé face à cette chose…

« - Tu m'as appelé, dit-il brusquement, son regard toujours fixé au pied du socle de marbre.

- Je… Quoi ? bredouilla-t-elle, surprise.

- La nuit où tu as été retrouvée dans la bibliothèque, continua-t-il, le ton monocorde. Tu m'as appelé. Je t'ai entendue. »

Effarée, Hermione se mit à chercher dans sa mémoire le souvenir qu'il essayait de lui faire se rappeler. Il la frappa d'un seul coup.

Oui, elle se souvenait maintenant… Elle se souvenait que dans sa détresse, alors qu'elle pensait qu'elle allait mourir d'un instant à l'autre, seule dans la bibliothèque de Poudlard, elle avait murmuré plaintivement le prénom de son homologue. Comme si, aussi loin pouvait-il être, Malefoy allait l'entendre et saisir la gravité de son état. Comme s'ils étaient liés par une chose incontrôlable qui les entretenait, tous les deux, ensemble.

Elle croisa alors les yeux gris de Malefoy et fut parcourue d'un frisson de terreur, qu'il ne manqua pas de remarquer. Comment avait-il pu entendre sa plainte, alors qu'elle se trouvait à l'autre bout du château ? Se trouvait-il en fait dans la bibliothèque quand son malheur l'avait submergé ?

« - J'étais ici, dit Malefoy, comme s'il devinait son trouble face à sa révélation. J'étais ici quand une rose est apparue, juste là, au même endroit.

- Comment…

- Je ne sais pas, asséna-t-il sèchement. Tu crois peut être que je suis devin, ou je ne sais quelle idiotie ? La seule chose dont je suis absolument certain, c'est que tout ça, c'est de ta faute. »

Son ton était dur, accusateur, et parvint à convaincre Hermione de sa culpabilité. Il avait raison. Si elle n'avait pas trouvé ce livre, Malefoy ne se serait pas blessé, ni elle-même avec la potion, et rien ne serait arrivé. Ils n'auraient sûrement pas fait ce rêve étrange, aussi…

« - Le rêve, murmura-t-elle, les yeux vifs. »

Elle le vit tressaillir. Visiblement, il ne souhaitait pas reparler de ce cauchemar qui lui avait fait passer une journée affreuse à le ressasser. Mais elle ne pouvait pas se douter que, tout comme elle, la comptine avait hanté les songes du Serpentard, s'était répétée inlassablement dans sa tête, comme si les voix aigres et ensorcelantes étaient toujours là, tout près de lui…

Elle aussi avait cette impression insécurisante. Cette sensation d'épiage constant, comme si quelqu'un s'était introduit dans sa tête et se complaisait à lui faire penser à tout ce qu'il désirait…

« - Je ne sais pas pourquoi j'ai rêvé de la même chose que toi, reprit Malefoy d'un ton cependant moins assuré, ni pourquoi j'ai entendu ces voix. Mais je n'ai rien à voir avec ça. Rien du tout !

- Non… Je crois que justement, tout à à voir avec ça, marmonna-t-elle sans le lâcher des yeux.

- Le tout, c'est toi, lança-t-il, acide, alors que ses yeux se plissaient de colère, toi et ton livre de malheur, avec tes potions bizarres que tu voles dans la réserves de Slughorn qui n'est même pas capable de se rendre compte que quelque chose disparaît. Je ne sais pas ce que tu fabriques avec cette potion, mais je te promets que tu ne vas pas t'en sortir aussi facilement, menaça-t-il, plus agressif que jamais.

- Il faut qu'on s'entraide, Malefoy ! cria-t-elle tandis qu'il s'apprêtait à monter l'escalier qui menait aux chambres. Tu ne peux pas balayer d'un seul geste les évènements…

- Oh mais non, je ne peux pas, rétorqua-t-il en faisant volte face. Tu crois peut être que je peux balayer d'un seul geste ces marques que tu m'as faites ?

- Je ne t'ai rien fait, s'emporta-t-elle. Si tu n'avais pas touché à ce livre…

- Si tu n'avais pas remmené ce livre, je serai en paix et je ne serai pas la victime de tes petites manigances ! hurla-t-il. »

Il disparut alors dans les escaliers en colimaçon et, quelques secondes plus tard, Hermione perçut le claquement violent de la porte de sa chambre. Puis plus rien. Elle était là, debout au milieu de la salle commune, le teint rouge de colère, la respiration saccadée… et des cendres dans le creux de sa main gauche. Le pétale s'était embrasé et elle n'avait rien senti, ne s'en était même pas rendue compte, tout comme Malefoy. Elle ne savait pas quoi penser, beaucoup trop sidérée par un tel phénomène. Elle pensa évasivement que, peut être, cet étrange pétale avait sentit sa colère et s'était alors mêlé au conflit, en faisant plus qu'un avec elle… comme si, tout au fond de lui, il faisait parti d'elle ?

Quoi ? pensa-t-elle, effarée. Qu'est-ce que c'est que cette histoire, encore ?


Alors... voici donc le chapitre 12 ! Assez bien ou non ? That's the question :B

Encore plus de mystère ici, et oui, mais j'adooore le mystère je crois que vous l'aviez remarqué, et j'aime aussi beaucoup la relation Drago/Hermione qui ne se transforme pas en sucette rose rapidement, ça traîne ça traîne, et moi yé souis contente, hihi

Come on guys, une review et peut être qu'Hermione ne vous agressera pas en sortant de la Grande Salle :3

Avant que j'oublie, ma petite question de fin de chapitre: Si vous deviez choisir un endroit de Poudlard où vous cacher pour faire des bêtises en tout genre, laquelle ça serait ? ;)

Enfin, pour répondre à ma précédente question, mon moment préféré de la saga est beaucoup trop difficile à choisir bien évidemment, mais je crois que j'ai un faible pour le moment de Courtyard Apocalypse, où le trio doit se rendre au hangar pour retrouver Nagini, vous savez, ce moment où ils traversent tout Poudlard... ou alors l'instant de Statues, oh oui j'adore ce moment, ahhhhhhhh (je marche par musique de fond, si vous arrivez pas à situer ces moments... je peux rien pour vous, hihi)

Des bisous magiiiiiiiiiiiiques