Les personnages appartiennent à JKR (gneugneugneu).

Merci d'être encore là malgré mes délais de publication un peu long parfois (souvent) et merci pour vos messages et reviews.


Vocabulaire sur les réseaux sociaux pour ceux qui auraient vécu dans une cave les dix dernières années :

Spotify : application pour écouter de la musique.

Twitter : réseau social (mieux que Facebook) (ps: suivez moi norhanebey si vous voulez btw).

Follow/suivre : contrairement à Facebook, il n'y pas d'obligation de réciprocité, une personne peut en suivre une autre même si elles ne se connaissent pas ou si l'autre ne la follow pas en retour (followback).

TL (Time Line) : fil d'actualité pour twitter.

Tweet(-er) : message posté sur tweeter (accessoirement un verbe).

Retweet(-er): lorsqu'un personne repartage ce tweet (verbe aussi).

Instagram : réseau social qui consiste à poster des photos en ligne.

Petit rappel

Il me semble que j'avais précisé que j'utiliserai les noms anglais plutôt que français pour les personnages, ça vaut aussi pour les surnoms des maraudeurs. Du coup au cas où ce serait pas acquis pour tout le monde :

Cornedrue = Prongs

Patmol = Padfoot

Queudever = Wormtail

Lunard = Moony

Bonne lecture !


Chapitre 12

- Pourquoi James Potter sort-il avec Emmeline Vance ? Lâcha Pétunia au bord de la crise de nerf en entrant dans sa chambre sans frapper.

- Bonjour Pétunia, répondit Lily en gardant ses yeux rivés sur son livre malgré les tumultes qu'avaient provoqué l'annonce de son ainée.

- Je croyais que … toi … enfin que tu … s'emmêla Pétunia qui semblait partagée entre son envie d'associer James à elle et ses principes consistant à ne jamais lui dire quoi que ce soit de potentiellement positif.

- La seule raison pour laquelle il passait du temps avec moi était pour réaliser un stupide pari, expliqua-t-elle de la voix la plus monocorde qu'elle avait en stock.

- Il jouait au Jeu ? S'étonna Pétunia s'installant au bord du lit. C'était quoi son gage ?

- Coucher avec moi, répondit Lily.

Un silence suivit sa déclaration. Encore une fois Pétunia était tiraillée entre ce sentiment peu familier qu'elle semblait soudain ressentir : la compassion et son incapacité à lui tendre la main. Elle opta donc pour une émotion moins noble mais qui s'en approchait néanmoins : la pitié. Elle sembla satisfaite de ce compromis qui lui offrait une certaine supériorité.

- Ma pauvre, fini-t-elle donc par dire en secouant la tête.

- Je me fiche de James Potter.

- Menteuse, tu passais ton temps avec !

- Je n'avais pas le choix, répondit Lily tournant une page de son livre bien qu'elle n'ai lu aucune ligne de la précédente.

- Tu n'avais pas l'air de trouver ça désagréable pourtant, lui fit remarquer Pétunia.

- Ça ne l'était pas. Il a très bien joué son rôle.

- Oh mon dieu ! Tu es tombée dans le panneau ! Tu as cru qu'il s'intéressait à toi ! S'exclama sa soeur ainée en couvrant sa bouche de ses mains, ce qui ne suffit pas à étouffer son gloussement qui laissait à supposer qu'elle avait abandonné l'idée de se montrer « sympa ».

Elle ne répondit pas. Elle se mordit l'intérieur de la joue, retenant bien difficilement des larmes de rage qui menaçaient de la rendre d'autant plus pitoyable aux yeux de Pétunia. Elle ne devait pas montrer la moindre émotion devant sa soeur, au risque que celle ci n'utilise ça contre elle pour le restant de ses jours. Elle se contenta donc de lever les yeux au ciel même si cela n'était en aucun cas révélateur de son véritable état d'esprit.

- Oui. Je suis complètement sous le charme de James Potter.

- Si tu ne l'étais pas tu serais bizarre, affirma Pétunia qui sembla se rendre soudain compte de son raisonnement.

- Tu es bizarre. Je suppose que ça tient la route.

- Merci, soupira Lily, refermant son livre d'un coup sec lorsque sa soeur quitta enfin sa chambre, la laissant en paix … ou plutôt avec les tourments que provoquait en elle la nouvelle situation amoureuse du garçon qui hantait son esprit.

Elle se leva de son lit entamant les cents pas comme si cela pouvait se montrer, d'une quelque manière que ce soit, constructif. Elle se maudit intérieurement de s'en soucier autant. Elle n'aurait pas du être aussi en colère. Elle n'aurait pas du être aussi triste. Ce qu'elle aurait du ressentir était du soulagement. Il ne trainerait plus constamment dans ses pattes. Il ne l'ennuierait plus. Mais la seule chose qu'elle ressentait était une frustration sans égale et un autre sentiment qu'elle identifia mais n'osa nullement nommer. Pétunia était plus douée qu'elle pour choisir ce qu'elle ressentait.

Elle se laissa tomber sur sa chaise de bureau abandonnant l'idée de lire. Trainer sur internet était plus efficace quand il s'agissait de se vider la tête. Elle déverrouilla son ordinateur rapidement ouvrant plusieurs pages. Elle lança une playlist pop/électro sur Spotify histoire de se sortir de cette ambiance morose et commença à errer sur Twitter. Ça aurait pu fonctionner. Elle avait même commencé à fredonner. Mais son pied qui tapotait le sol au rythme de la musique s'arrêta net en voyant apparaitre dans sa TL, un tweet d'Emmeline Vance. Bien sûr, elle ne suivait pas la cheerleader mais le compte du Daily Prophet oui et ce dernier - maudit Alice - avait retweeté. Elle ne put s'empêcher de cliquer sur le lien contenu dans le tweet, qui ouvrit une page Instagram. Il s'agissait de celui de Marlène McKinnon. S'afficha alors devant elle, une photo d'Emmeline, extatique, pendue au cou d'un James Potter qui ne semblait pas mécontent d'être là. La légende était limpide.

Ce moment où tu rentres tranquillement chez toi et tu tombes sur JamesPotter_ et MVance entrain de se bécoter sous ton porche.

La photo était datée du jour même, à peine une heure après leur conversation par sms. Elle ferma son ordinateur portable d'un coup sec. De la même manière qu'elle avait refermé son livre quelques minutes plus tôt. Elle ferma les yeux pour essayer de chasser de son esprit les chiffres près du coeur qu'elle avait vu défiler à une vitesse folle. Toute l'école avait-elle cliqué sur j'aime ? Marlène les avait surpris chez elle et avait pris une photo qu'elle avait publié sans attendre sur son Instagram. Emmeline s'était ensuite empressée de publier un lien vers le post sur son Twitter. Belle manière de rentabiliser une relation. Elle était certaine que si elle avait le malheur d'aller sur Facebook ou même sur Snapchat, elle ferait face à la même chose.

Elle finit par se lever, se disant que courir lui ferait du bien. Elle se changea donc, enfilant un jogging et attrapant ses écouteurs et une gourde. Elle gratifia ses parents d'un « je sors courir » avant de sortir. Elle inspira avant de se diriger à petites foulées vers le parc le plus proche. Elle trouva rapidement un bon rythme, son souffle rapide et régulier, tout comme sa foulée, sa queue de cheval battant l'air. Mais l'endorphine censée lui procurer une sensation de bien être ne semblait pas parvenir à surpasser le reste de ses sentiments négatifs. Dépitée face à cet énième échec, elle se laissa tomber sur un banc. Le soleil commençait à se coucher et le parc de Salem commençait à se vider. Les couples rentraient main dans la main après avoir plié les couvertures sur lesquels ils s'étaient installés pour se bécoter toute l'après midi. Des artistes rangeaient leur matériel et repartaient, leur chevalet sous un bras et leur toile sous l'autre, satisfaits, les images du lac Noir qu'ils avaient tenté de reproduire encore en tête. Les joggeurs se désaltéraient une dernière fois aux fontaines prévues à cet effet pensant probablement à la douche bien méritée qu'ils prendraient en rentrant. Alors qu'elle s'apprêtait à en faire de même, un visage familier s'insinua dans son champ de vision.

- Amos Diggory. Constata-t-elle pour elle même.

- Lily Evans. Dit-il amusé s'installant à coté d'elle sur le banc avant de se désaltérer.

Amos Diggory n'était pas vraiment un ami. Plutôt une connaissance. D'un an son ainé, il était celui qui occupait le poste de secrétaire du conseil des élèves l'année précédante et il l'avait aidé à s'habituer et à réaliser les tâches qui étaient devenues les siennes lorsqu'elle lui avait succédé. Ils avaient donc eu l'occasion de converser brièvement. Elle l'avait trouvé sympathique et chaleureux.

- Un dernier tour avant la fermeture ça te tente ? Dit-il en se levant.

- Je cours toujours seule … commença-t-elle s'apprêtant à refuser avant de changer d'avis. Mais pourquoi pas.

- C'est un honneur d'être ton exception, répondit-il en rangeant ses écouteurs.

- Tant que ça ne devient pas une habitude, râla—t-elle pour la forme en l'imitant.

- Ça serait si terrible ? S'enquit-il avec une fausse nonchalance puisque le garçon rougissait à vue d'oeil.

- La fin du monde, plaisanta-t-elle, feignant de ne rien remarquer.

- Au moins, répondit-il ne s'offusquant nullement de son manque de réceptivité, commençant à trottiner à reculons. On fait la course ?

- Moi qui pensais que c'était une proposition amicale ! Lâcha-t-elle, se mettant à trottiner.

- Rien de tout ça n'est « amical », répondit-il ne parlant de toute évidence pas de compétition.

- Quoi ? Je … Qu'est ce que … tu veux dire par là ? L'interrogea-t-elle sans se rendre compte qu'elle s'était arrêtée.

- Et bien … on pourrait commencer par courir ensemble de temps en temps … apprendre à se connaitre quoi … mais dans un but … non amical, conclut-il en passant une main gênée dans ses cheveux, geste qui lui rappela douloureusement quelqu'un d'autre.

- Je ne suis pas intéressée, dit-elle sur la défensive, se rendant compte qu'elle s'était montré désagréable alors qu'il ne lui avait strictement rien fait, uniquement parce qu'elle était désormais sur ses gardes. Désolé …

- Non, ne t'excuses pas. Ta franchise est une des qualités que j'apprécie chez toi, dit-il sans se départir de son sourire et de son amabilité, il n'était pas James Potter.

- Ce n'est pas toi … commença-t-elle en se rendant compte qu'elle s'apprêtait à utiliser la phrase la plus bateau de l'histoire de l'humanité.

- C'est James Potter, compléta-t-il néanmoins, et elle fut celle qui ne put s'empêcher de rougir, de honte cette fois, à l'idée que toute l'école était au courant du fait qu'elle ait été un vulgaire pari. T'as pas à avoir honte Lily, reprit-il. C'est un con.

- Tout le monde est au courant, fit-elle remarquer ne pouvant chasser la cuisante humiliation qu'elle ressentait en cet instant, ne parvenant pas à détacher son regard du sol.

- Et tout le monde aura oublié d'ici quelques jours. Il suffira d'un autre ragot croustillant, dit-il tentant de la consoler sans succès puisque cela lui rappela que le nouveau « ragot croustillant » était déjà là sous la forme d'un post Instagram.

- Super, répondit-elle sans réel enthousiasme.

- C'était un si mauvais coup que ça ? Plaisanta-t-il sans se rendre compte de la bombe qu'il venait de lâcher.

- Quoi ? Comment ça ? L'interrogea-t-elle une pointe de panique dans la voix.

- De quoi donc ? Répondit-il perdu. Comment je pourrais le savoir ? Reprit-elle en essayant de conserver son calme.

- Et bien … Potter et toi … vous avez couché ensemble non ? Rabastan Lestrange a quitté l'équipe comme convenu. Potter a dit qu'il avait réussi. Qu'il avait couché avec toi.

Lily ne répondit rien, resserrant les doigts sur sa gourde, sa vision se troublant. Elle ne pouvait pas croire qu'il soit allé jusqu'à mentir à leur sujet par intérêt. Elle pensait qu'il aurait eu la décence de dire qu'il avait échoué. Elle aurait pu détruire tout ça. Il lui suffisait de dire à Amos que rien de tout cela n'était vrai. Que l'arrogant garçon avait menti mais elle ne pouvait s'y résoudre. Les Death Eaters, c'était son rêve à lui. Elle ne pouvait pas lui reprocher de faire passer ça avant tout sous prétexte qu'elle avait oublié d'en faire de même. Elle était celle qui s'était montrée faible et naïve. Elle avait retenu la leçon.

- J'aurais pas du en parler, je suis un idiot. C'est vraiment la pire technique de drague jamais utilisée, plaisanta-t-il.

- J'ai vu pire, dit-elle en souriant finalement bien décidée à faire bonne figure.

- Je vais pas t'embêter plus longtemps, dit-il en reprenant ses petites foulées à reculons.

- Désolé ! Dit-elle en lui souriant, reconnaissante quant au fait qu'il n'insiste pas.

Il lui répondit par un salut de la main avant de tourner les talons et de s'éloigner. Elle se demanda un instant si quelque chose clochait chez elle. Amos était gentil, drôle, et plutôt beau garçon pourtant elle lui préférait l'imbécile arrogant et manipulateur qui s'était joué d'elle. Elle se dirigea d'un pas trainant vers la sortie du parc. Rien de ce qu'elle avait tenté aujourd'hui n'avait fonctionné pour le chasser de ses pensées. Il fallait qu'elle se reprenne et vite.


Remus s'installa silencieusement à l'arrière de l'une des voitures des Potter. Sirius semblait plus raisonnable que de coutume, optant pour une berline noire plutôt que pour les voitures de sports de Dorea Potter. Il n'avait jamais eu l'occasion de le voir conduire autre chose que sa moto mais il savait d'avance qu'il préférait les deux roues comme moyen de transport. Une petite voix lui chuchota que la proximité inévitable était un facteur décisif qui expliquait sa préférence. Regulus s'installa quant à lui à l'avant, la mine sombre. Il avait été contrarié que sa tante n'ait pas fait appeler son chauffeur pour les raccompagner. Remus lui en était quant à lui reconnaissant. Il n'avait pas réfléchi à ce détail lorsque Regulus s'était porté volontaire pour le raccompagner, mais celui ci était bien trop jeune pour conduire. Ce n'était pas un problème pour le petit héritier puisqu'il avait un chauffeur attitré. Dorea avait jugé inutile de faire appeler « Igor » puisque Sirius pouvait les conduire.

Remus n'allait pas se plaindre de pouvoir passer un peu plus de temps avec l'ainé des Black, d'autant plus qu'il avait ce soir un aperçu d'une facette du garçon qu'il ne connaissait pas. Sirius semblait se retenir, ce qui n'était pas commun. Il n'était pas du genre à avoir de la retenue pour quoi que ce soit, considérant cela comme une entrave à sa liberté. Mais pour son petit frère, il était prêt à le faire. Il avait cru comprendre que Sirius ne conservait aucun lien avec la famille Black et qu'il les haïssait tous sans exception mais il semblerait qu'il existât des nuances à cela. Ou plutôt une : Regulus.

La tension entre les deux frères était palpable et l'habitacle semblait peiner à contenir celle ci. Remus étouffait. Il aurait voulu détendre l'atmosphère, ou tout du moins l'alléger mais il n'avait jamais été bien doué pour cela. Il ne parvenait pas à comprendre ce qu'il lisait dans le regard du plus jeune des Black. Un mélange d'amour et de haine agitait ses pupilles. Celle de Sirius n'exprimait qu'une seule chose : le regret. Le coeur de Remus se serra.

Il ne parvint à détourner son regard qu'après un long moment et croisa malheureusement celui de Regulus et une petite voix lui chuchota qu'il savait. La panique s'insinua en lui. Il ne voulait pas attirer d'avantage d'ennui à Sirius. Nul doute que les parents de ce dernier verraient l'homosexualité comme une énième provocation. Il fallait qu'il explique à Regulus que c'était un malentendu. Que ce n'était pas réciproque. Que Sirius ne l'aimait pas comme il l'aimait. Sirius n'était pas gay comme lui. Il ne le voyait pas de cette manière. Son coeur se serra un peu plus face à ces affirmations.

- Moony ? L'interpella Sirius, le tirant de ses noires pensées.

« Moony » était le surnom que James, Peter et Sirius - surtout Sirius - avaient choisi pour lui. Ils lui avaient expliqué qu'il ne pouvait pas être un « maraudeur » à deux cent pour-cent s'il n'avait pas de surnom. Alors qu'ils étaient encore en primaire, James et Sirius avaient décidé de former un « groupe secret ». C'était plutôt commun chez les enfants. Ce qui l'était moins était que cela dure jusqu'au lycée. Remus n'en fut néanmoins pas étonné. Ils ne faisaient rien comme les autres. C'est ce qui les rendaient si spéciaux. Si exceptionnels. Peter avait rejoint leur rang un peu plus tard. James était « Prongs ». Sirius répondait au nom de « Padfoot ». Quant à Peter il était devenu « Wormtail ». À eux trois, ils formaient les Maraudeurs. Ils avaient même des animaux associés auxquels leur surnoms correspondaient. Ces derniers n'avaient pas été choisi de manière aléatoire.

La ville de Salem était plutôt touristique de part son histoire et il existait un quartier de la ville et plus précisément, une rue marchande, le « Chemin de Traverse » où les boutiques de « sorcières » vendaient à des passants crédules des breloques telle que des chaudrons, des baguettes, des grimoires, et des ingrédients en tout genre. C'est là que se trouvait le petit salon de thé de Sybill Trelawney, une soi disant voyante. Celle ci avait ainsi lu dans leur tasses de thé que l'animal de James était le cerf. Tout comme lui, il était puissant, majestueux, une force de la nature. Celui de Sirius était le chien, un compagnon d'un loyauté indéfectible, joueur et protecteur. Celui de Peter était le rat, plus ambivalent, Remus n'aurait su dire s'il s'agissait de quelque chose de positif.

Lorsqu'ils avaient décidé - par il ne savait trop quel miracle - qu'il était digne de rejoindre les Maraudeurs, ils l'avaient trainé chez la voyante. Cette dernière lui avait associé le loup, solitaire et social, craintif et dangereux, intuitif et réfléchi. C'est ainsi qu'il était devenu Moony.

- On est arrivé chez toi je crois, lui fit remarquer Regulus puisqu'il n'avait pas esquisser le moindre geste pour descendre.

Il balbutia des excuses, s'en voulant immédiatement de leur faire perdre du temps, descendant précipitamment de la voiture, trébuchant en remontant le petit chemin de gravier menant au porche de sa maison. Il ne put s'empêcher de jeter un regard en arrière en entendant les crissements des pneus, regardant la voiture s'éloigner. Il n'avait pas remercier Sirius. Il ne lui avait pas dit au revoir. Il attrapa son téléphone, commençant à taper un sms et l'effaçant. Réitérant plusieurs fois l'action sans succès et alors qu'il s'apprêtait à abandonner, son téléphone vibra lui annonçant qu'il avait reçu un message. Son inquiétude s'envolant à la lecture de celui ci et un sourire heureux étira ses lèvres. Son coeur ne se serra pas, plus libre que jamais.


From : Sirius

À demain Moon.

- Moony ? Moon ? Répéta Regulus avec une hargne non dissimulée, maintenant qu'ils étaient seuls après avoir lu le sms qu'il venait d'envoyer.

- C'est un surnom Reg, soupira Sirius en posant son téléphone.

- Ne m'appelle pas comme ça.

- Ne rends pas ça plus désagréable que ça ne l'est déjà, par pitié, lui demanda Sirius le regard fixé sur le feu ostensiblement rouge qui refusait de passer au vert.

- Tu couches avec lui aussi ? L'interrogea son frère sans prendre de pincettes et d'un ton bien trop accusateur pour que cela soit complètement désintéressé.

- Non.

- Est ce que tu comptes coucher avec lui ? Insista Regulus.

- Non. Je ne te ferais pas ça, ajouta cette fois Sirius, tournant la tête pour fixer son regard sur son petit frère.

- Quoi ? Que … Je … De quoi tu parles ! S'écria le jeune garçon rougissant à vue d'oeil.

- Tu sais très bien, répondit simplement Sirius, reportant son regard sur la route.

- Non je ne sais pas ! Protesta Regulus avec force, attrapant le volant, lui faisant faire un brusque écart et l'obligeant à freiner et s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence.

- T'es malade ! Hurla Sirius. S'il t'arrive quoi que ce soit …

- T'es libre maintenant. Orion et maman ne peuvent plus rien te faire, le coupa Regulus en haussant les épaules.

- Imbécile, murmura Sirius, sans pour autant le contredire bien qu'il se ficha pas mal de ses parents, il avait simplement eu peur pour lui.

- Je ne suis pas comme toi, asséna Regulus qui refusait décidément de l'épargner.

- Comme moi ? L'interrogea Sirius.

- Bi, lâcha-t-il affichant un air dégouté.

- Pan.

- Quoi ?

- Je suis pan. Pansexuel.

- Je m'en fiche. Je ne le suis pas.

- Non. Toi t'es gay.

- N'importe quoi ! Hurla Regulus, levant une main comme pour le frapper, mais Sirius lui attrapa le poignet.

- Tu aimes Moony.

- Ne l'appelle pas comme ça ! Comme si … comme si …

- Comme quoi ?

- Comme s'il était à toi ! Pourquoi lui ? Pourquoi est ce qu'il a fallu que Potter, Pettigrew et toi vous jetiez votre dévolu sur lui ! Maintenant il va faire parti de votre petite secte pour toujours et je … j'aurais … aucune chance.

- Je ne le toucherais pas, lui promis Sirius dans une vaine tentative pour le rassurer.

- À quoi bon ? Il t'aime déjà, lâcha Regulus d'une voix résignée, détournant le regard vers la route.

- Regulus …

- Démarres, l'interrompit le garçon sans le regarder, je veux plus en parler.

Sirius s'exécuta sachant pertinemment qu'il aurait été inutile d'insister. Il avait abandonné l'idée d'arranger les choses avec son petit frère depuis bien longtemps.

- Dépose moi au coin de la rue, je veux pas passer la soirée à calmer maman.

- Elle boit toujours autant ? Lui demanda-t-il, se fichant pas mal de l'état du foie de Walburga mais plutôt de son comportement violent quand elle s'adonnait à cette activité.

- Comme si t'en avais quelque chose à foutre, répliqua Regulus.

- Je me demandais juste sur qui elle tapait maintenant que je n'étais plus là, avoua finalement Sirius.

- Elle n'a jamais levé la main sur moi, répondit Regulus, semblant sincère.

- Bien. Et Orion ?

- Je ne l'ai pas vu depuis la soirée sur le yacht du Sénateur Fudge.

- C'était cet été. Est ce que vous êtes sûrs qu'il est toujours en vie ? L'interrogea-t-il.

- Il continu d'utiliser sa carte de crédit dans tous les bordels et hôtels de l'état alors je suppose que oui, répondit le jeune garçon en descendant de la voiture.

- Tu vas bien toi ? Lui demanda-t-il en le retenant par le bras.

- Ça t'intéresse ? Rétorqua-t-il en dégageant violent son bras. T'as arrêté d'être mon grand frère le jour où tu t'es enfui Sirius. Arrête de faire semblant.

- Je t'aimerai toujours Petit Prince, que tu le veuilles ou non, répondit Sirius feignant l'amusement et la nonchalance même si son regard était plus sérieux que jamais.

- Ne m'appelle pas comme ça ! S'écria Regulus, sa voix se brisant sous le coup de l'émotion, ses yeux exprimant une détresse infinie. T'as pas le droit … T'es parti ! Tu m'as abandonné !

Regulus claqua violemment la portière de la voiture. Il l'aurait probablement suivi si son petit frère ne courrait pas vers le seule endroit où il ne pouvait se rendre : l'hôtel particulier des Black, le 12 Square Grimmauld. Il sorti néanmoins de la voiture, étouffant brusquement. Il n'aimait pas les endroits clos, cela lui rappelait les longues journées qu'il passait dans les étroits et sombres placards à balais, enfermé par Walburga, oublié par Walburga. Il se souvenait de l'avoir supplié de le sortir de là jusqu'à en perdre la voix. Les domestiques avaient parfois eu pitié de lui et l'avaient fait sortir. Ils avaient été renvoyé. Les suivants n'avaient plus fait la même erreur. Il ne leur en voulait pas. Ils avaient des familles à nourrir et personne ne paie mieux ses employés que les Black puisque leur silence sur ce qui se déroulait là était également monnayé.

Il ferma les yeux tentant de calmer sa respiration bien trop rapide sous l'effet de la panique, une main sur son coeur. Les crises d'angoisses étaient de plus en plus rares, mais la soirée avait été rude. Il sentit une main se poser sur la sienne et quand il ouvrit les yeux, son petit frère lui faisait face, inspirant et expirant doucement pour lui donner le rythme.

Bien sûr il n'était pas vraiment là. Regulus n'avait pas fait demi tour. Il ne faisait que visualiser le garçon. Il avait en réalité toujours les yeux hermétiquement fermés. Imaginer son petit frère était la seule chose qui fonctionnait quand la panique surgissait sans prévenir et prenait le contrôle de son corps.

Enfants, Regulus restait derrière la porte du placard, ne s'arrêtant jamais de parler, perdant lui aussi sa voix. C'était sa manière de le rassurer. De lui faire comprendre qu'il n'était pas seul. Il l'attendait de l'autre côté, une trousse de soin dans les bras, près à le soigner et à apaiser la douleur du haut de ses cinq ans.

Le noir était ce qui terrifiait le plus Sirius. Son imagination d'enfant ne lui laissait aucun répit, les ombres des manteaux étaient des monstres prêts à le dévorer s'il arrêtait de les fixer. Il se souvenait que Regulus avait utilisé tout son argent de poche pour acheter une dizaine de lampes torches qu'il avait placé dans chaque placard de la maison. Il avait le meilleur petit frère du monde. Il n'était pas seul. Sa respiration se calma peu à peu et quand il ouvrit réellement les yeux, la crise était passée. Il allait bien. Il pressa néanmoins un peu plus fort sa main contre son coeur. Regulus avait prit soin de ce dernier, il ne briserait pas le sien en retour.

From : Moonycake

À demain Sirius.

Il ne decevrait pas Regulus.
Pas cette fois.


Merci encore pour vos reviews et vos messages, ça me motive comme toujours ! À bientôt !