Désolée pour cette longue attente, pour me faire pardonner je vais vous poster 4 chapitres à la suites.
Nuts et moi vous souhaitons une bonne lecture à tous et n'hésitez pas à laisser une petite review
Mea culpa
Dans le bureau de l'écrivain, l'atmosphère était devenue oppressante. Ryan avait aidé Martha à prendre place dans le fauteuil le plus proche. Elle était aussi livide que son fils. Ce dernier, penché en avant, coudes sur les genoux, se cachait le visage dans ses mains. L'un comme l'autre étaient trop choqués pour parler. C'étaient la première fois que les trois policiers ne savaient pas comment réagir face à leur détresse.
Il était aisé de soutenir de parfaits inconnus, la tâche s'avérait plus périlleuse lorsqu'il s'agissait de proches. Ryan ne pouvait s'éloigner, car l'actrice se tenait fermement à son bras, il n'osait pas se défaire de sa prise. Kate, quant à elle, était toujours agenouillée devant Rick. Par contre, lorsqu'il avait enlevé sa main de la sienne, elle avait automatiquement posée celle-ci sur sa cuisse. Geste dérisoire face à se que pouvait ressentir son partenaire mais, elle devait lui montrer qu'elle était toujours là pour lui.
Et, entre eux, se tenait Esposito qui donnait l'impression d'avoir était pétrifié sur place. Seuls ses yeux allaient d'un duo à l'autre. Il en était arrivé à se demander s'ils n'étaient pas tous passés dans la 4ème dimension. Après tout, cette onde de choc venait de frapper très fort en deux vagues successives. La première avait été l'annonce de Martha qui avait dit connaître Tyson et Grant. Et, avant même qu'elle ait eu le temps d'expliquer comment, la deuxième arrivait, encore plus dévastatrice. La victime n'était autre que le père de Castle, faisant de ce dernier un parricide. Il fixa son ami, à quoi pouvait-il bien penser. Il avait déjà vu dans des instants pénibles mais là, il devait vivre un enfer. Voilà qu'après 43 ans il apprenait de la façon la plus brutale qu'il soit, l'identité de son père.
Cette situation engendrait plus de questions que de réponses. Une chose était certaine, ils ne pouvaient pas rester ainsi. Il fallait réagir donc, au risque de se faire « jeter » il avait décidé de questionner Rick. Cependant, Beckett avait dû suivre le même cheminement dans ses réflexions. Elle fut plus rapide que lui et c'est d'une voix douce qu'elle s'adressa à l'écrivain.
- Rick ?...Rick, s'il te plait, je sais que c'est difficile, mais qu'a dit ton avocat exactement ?
Elle venait de le tutoyer naturellement et cela ne la dérangea pas. Elle attendit un peu, s'apprêtant à réitérer sa question. C'est alors que l'homme face à elle, fit glisser ses mains tout en se redressant légèrement. Il plongea aussitôt son regard dans celui de la jeune femme. Beckett eut le cœur serré par toute la peine et le désespoir qu'elle y vit. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre que son ami avait déposé les armes. Qu'il s'était résigné au sort qui l'attendait. Il abandonnait, c'était aussi simple que ça. Elle voulut le réconforter, lui dire de continuer à se battre, qu'ils seraient là pour lui. Mais, la voix de Castle la stoppa, une voix caverneuse, qui paraissait venir d'outre-tombe.
- Partez…partez, tous les trois. Ne risquez pas vos carrières pour moi, ça n'en vaut pas la peine…
- Hors de question ! Coupa Javier.
- On continue, ensemble ! Ajouta Ryan, sur un ton tout aussi ferme que son coéquipier.
- Tu ne vas pas laisser ce salopard s'en sortir ! L'invectiva l'hispanique.
- Ils ont raison Rick, ce n'est pas parce que la victime est…
- NON ! C'EST FINI ! IL A GAGNE !
Castle avait hurlé ces mots tout en se levant brusquement. Son geste avait été si brutal qu'il renversa son fauteuil, surprenant du même coup Kate, qui faillit tomber. Cette dernière réussit à se relever rapidement. Elle essaya de saisir le bras de l'écrivain mais celui-ci s'écarta d'un mouvement vif. S'éloignant, il alla prendre place devant la fenêtre. Mains dans les poches, le regard perdu, il tentait de reprendre son calme.
Les gars allaient intervenir, mais Kate les arrêta d'un signe de la main. Elle n'allait pas abandonner. Il fallait qu'elle sache ce que l'avocat avait dit pour mettre son ami dans un tel état. La vérité sur l'identité réelle de Grant, n'étant certainement le seul facteur. Elle se dirigea donc vers lui, une fois à ses côtés, elle plaça sa main sur l'épaule de Castle, et d'une pression l'obligea à se retourner.
Rick regarda sa muse qui le fixait, bras croisés, attendant qu'il daigne enfin leur expliquer son attitude. Il porta son attention à Javier, puis à Kevin mais évita de croiser le regard de sa mère. Il en était incapable pour le moment, parce qu'il était incertain de ses sentiments en son encontre. Toujours les mains dans les poches, il s'appuya contre le mur, souffla un bon coup, et prit la parole.
- Désolé, de m'être emporté, je…
- Ce n'est rien Rick, dis-nous ce que tu as appris, d'accord.
Ok, donc d'après le dossier que l'agent Shaw a fait passer, Richard Newman bénéficiait d'une protection suite à son témoignage contre un gros trafiquant de drogue. Une histoire de blanchiment d'argent. Il ne laissa pas Kate l'interrompre, préférant tout déballer d'un coup. Il m'a aussi dit que la scientifique avait terminé leurs analyses sur le sweat trouvé près de la scène de crime. Du sang appartenant à deux personnes a été retrouvé dessus, celui de mon…de la victime et…le mien.
- Quoi !
- Comment ?!
- C'est impossible !
Ils avaient tous parlé en même temps, et l'écrivain eut un peu de mal à les faire taire afin de continuer.
- Laissez-moi finir et vous saurez. Il y avait aussi des traces de sueur, la mienne. Ils ont fait les comparaisons ADN qui s'imposaient. Celui de mon sang et de la sueur correspondent avec le prélèvement effectué à mon arrestation. La procédure voulant que tous les ADN soient comparés, c'est comme ça qu'ils ont su que Richard Newman était mon père.
- Mon Dieu Rick, ce n'est…
- Je n'ai pas terminé Kate, le Sweat a lui aussi été examiné et, il s'avère que c'est un vêtement de qualité, acheté dans le magasin d'une grande marque. Je pense que dans la journée Karpowski aura appris que c'est le mien.
- Mais comment est-ce possible ?
- Je ne sais pas, comme la dit Espo lorsqu'il a été trouvé, c'est un « souvenir » basique pour touriste et beaucoup de Newyorkais en ont un. Je n'y ai pas prêté plus attention que ça.
- Tu es sûr que c'est le tien ?
- Et comment aurait-il pu y avoir ma transpiration dessus, sinon ?
- Mais comment a-t-il pu être utilisé par le tueur ?
- Oh mon Dieu Richard, c'est moi…c'est de ma faute. Mon pauvre chéri, que t'ai-je fait ? je…
- Mère !
Castle se précipita vers sa mère qui venait de s'évanouir. Ryan s'occupait déjà d'elle, vérifiant son pouls. Il rassura tout le monde en disant que tout allait bien de ce côté. L'émotion étant la cause de son malaise. L'hispanique quant à lui revint avec un verre d'eau. Pour lui, cela ne faisait plus aucun doute, ils étaient bel et bien dans une autre dimension. Enfin, Martha reprit ses esprits et, la première chose qu'elle vit, fut le visage inquiet de son fils. Puis celui de Kate, qui se tenait juste derrière lui. Ryan et Esposito aussi semblaient soucieux de son état.
- Voyons mère, tu n'y es pour rien. Ce n'est pas ta faute si…
- Tu n'as pas compris, c'est bien de ma faute. Tu te demandes comment il a pu avoir ton sweat ? Et bien c'est parce que j'ai fait « rentrer le loup dans la bergerie ».
- Martha, je sais que ce que vous vivez actuellement tous les deux est très dur mais lorsque vous avez vu les photos, vous avez dit « oh mon Dieu Richard » vous ne vous adressiez pas à votre fils n'est-ce pas ?
- Non, c'est parce que je venais de reconnaître son père.
- Puis vous avez dit « je les connais ». LES, donc j'en déduis que vous connaissez cet homme, elle désigne la photo de Tyson.
- Malheureusement oui. Confirme-t-elle dans un souffle. Elle boit une gorgée et redonne le verre à Esposito. Il est temps de vous dire comment je l'ai connu. C'était il y a environ, huit mois, il est venu s'inscrire à mon école. Il m'a donné le nom de James Raines et il n'est plus comme sur la photo. Il a dû avoir recours à la chirurgie car, son nez et ses lèvres étaient différents. Il avait aussi les cheveux plus longs et les yeux noirs. C'était un élève assidu, du moins jusqu'à il y a un peu plus de quatre mois. Il est venu me voir en me disant qu'il devait quitter New York.
- Encore ce délai de quatre mois ! Mère serais-tu capable de te rappeler son visage ?
- Bien sûr, pourquoi ?
- Nous avons un dessinateur qui fait des merveilles avec ce que lui disent les témoins. Avec votre aide, il pourrait faire un portrait robot de Tyson, avec son nouveau visage. Exposa Ryan.
- Ok Kevin, tu t'en occupes, mais discrètement. Il faudrait même qu'il vienne ici et pas un mot à Gates ou Karpowski….pour le moment. Ordonna Beckett. Continuez Martha, pourquoi dites-vous avoir fait rentrer le loup dans la bergerie ?
- Comme cela arrive souvent, il n'est pas rare que je travaille ici avec mes élèves. Je me souviens d'une fois où, justement, James a été malade, et a demandé à pouvoir utiliser la salle de bain. Je lui ai indiqué celle de l'étage et c'est là qu'il en a profité pour s'introduire dans ta chambre et prendre ton sweat. Richard ?...Richard, pourras-tu me pardonner ?
La mère de l'écrivain avait prononcé ces derniers mots dans un sanglot. Son fils venant de lui lâcher les mains et de se levait brusquement. Il était visiblement en colère et cependant parut surpris par sa supplique. Elle venait de se méprendre sur sa réaction et de toutes évidences Beckett et les gars aussi. Il n'y avait qu'à voir les regards qu'ils lui lançaient.
- C'est contre Tyson et non contre toi que je suis en colère Mère. Cette ordure ne recule devant rien, il est près à tout. Il a réussi à venir ici ! Bon sang ! Il aurait pu s'en prendre à toi ou à Alexis à tout instant. C'est décidé, vous allez partir toutes les deux ! Non, je ne veux pas de refus. Ce type est un vrai cinglé, pour l'instant je suis sa priorité alors faisons en sorte que cela le reste ! En attendant la date du procès, vous allez quitter New York, on avisera en tant voulu.
- Mais…
- Martha, votre fils a raison, vous n'êtes pas en sécurité ici. Si nous arrivons à le contrer, il risquerait se venger directement sur l'une de vous d'eux. Il faut partir, c'est la seule solution logique du moment.
Elle n'eut pas le temps de répondre que « Wagner » refusait une intrusion dans le bureau. Castle prit la communication qui fut très rapide. Il se retourna vers le groupe et annonça.
- Kurt passe me prendre en début d'après midi, je suis « convié » à me présenter au commissariat pour information complémentaire. Ils ont maintenant la preuve que le sweat m'appartenait.
- Que vas-tu faire ? Tu vas leur dire, pour Tyson et les cours ?
- Non, pour l'instant c'est notre seul avantage…et puis de toute façon Karpowski et Gates ne me croiraient pas. Conclut-il réaliste.
- Bon, on va y aller. Ryan va voir notre dessinateur et moi je vais fureter un peu de mon côté. Si je trouve quelque chose, je vous appelle. Et j'ai peut-être une idée pour planquer ta mère et ta fille. Je vois ça et je te tiens au courant.
- Merci Espo.
- Quant à moi, je vais nous préparer à manger. Lance Kate en quittant la pièce à son tour.
Castle savait très bien, qu'elle n'avait trouvé que ce prétexte pour le laisser en tête à tête avec sa mère. Ils allaient devoir aborder un sujet délicat pour tous les deux. D'ailleurs cette dernière était à présent debout devant le tableau et examinait la photo de son père. Heureusement, il s'agissait d'une copie, faite à partir de celle trouvée dans son appartement, et non pas une de Lanie. Sentant la présence de son fils auprès d'elle, Martha se tourna légèrement. Puis reportant son regard sur l'image de son « grand amour », elle murmura.
- Dire que pendant toutes ces années je l'ai cru mort.
- Com…
- Viens, asseyons-nous, il est temps que je te dise la vérité.
- Toi et lui ça était plus long qu'une simple nuit de passion, n'est-ce pas ?
- Oui, cela a duré deux mois…
- Donc tu connaissais son nom ! Tu aurais pu le retrouver ! Tu…
- Je l'ai fait ! Mais j'étais persuadée qu'il avait été tué !
Un silence pesant s'instaura entre eux, ils étaient tous les deux troublés et ne savaient pas trop comment excuser leur éclat de voix respectif. C'est Rick qui amorça le premier signe d'apaisement. Il prit les mains de sa mère dans les siennes.
- Je t'en prie Mère, raconte-moi. Je te promets d'écouter sans intervenir.
- Je l'ai rencontré en mai 1968, il venait de terminer ses études à Stanford et était destiné à travailler dans les affaires. Moi je venais de décrocher un petit rôle dans une nouvelle série. Nous nous sommes retrouvés à une manifestation contre l'intervention de notre pays au Vietnam. L'ironie est qu'une semaine après il a été recruté et a reçu son ordre de mission quelques jours plus tard. Il devait partir pour Saigon fin juillet. J'ai essayé de le persuader de fuir au Canada, j'étais même prête à tout quitter pour partir avec lui. Il a refusé, disant qu'il ferait son devoir.
- Martha prit une pause, malgré la douleur que lui procuraient ces souvenirs, elle ne put s'empêcher de sourire timidement à son fils.
- Tu lui ressembles tellement, tu es aussi bon et généreux que lui. Nous avons profité de chaque minute que nous passions ensemble. Lorsqu'il est parti ce fut un déchirement pour tous les deux. Un mois après je découvrais avec bonheur que je t'entendais. Une seule chose me préoccupait alors, prévenir Richard qu'il allait être père, c'était l'un de ses souhaits les plus chers. Seulement j'ai cru qu'il m'avait oubliée car après trois mois, je n'avais toujours pas eu de ses nouvelles. Enfin une lettre arriva, j'étais folle de joie, il m'aimait toujours. Il ne disait pas grand-chose de ce qu'il se passait là-bas, il n'y avait même pas une adresse à laquelle j'aurai pu écrire. Il me disait que lui m'écrirait. Ce qu'il fit durant les six mois qui suivirent. puis un jour plus rien, et tu es arrivé le 1er avril 1969. Cela a été la période la plus difficile, j'ai remué ciel et terre pour avoir des nouvelles de ton père. Mais je me suis heurtée à un mur du silence lorsque j'ai contacté les services administratifs de l'armée. Ils m'ont fait comprendre que puisque nous n'étions pas mariés ils ne pouvaient me donner les renseignements demandés. Après huit mois, j'ai réussi grâce à une amie dont le père était au Vietnam à avoir quelques nouvelles. Mauvaises malheureusement, j'ai ainsi appris que trois des hommes de son unité étaient mort au combat. Il s'est avéré qu'aucun d'eux n'était ton père. Ensuite plus rien, jusqu'à tes deux ans, il a été officiellement porté disparu. Au bout de quatre ans j'ai perdu l'espoir de le revoir un jour. C'est pourquoi j'ai dit que je le croyais mort.
Un nouveau silence s'installa mais cette fois parce qu'ils avaient tous les deux besoins de temps pour maîtriser leurs émotions. Bien que tous deux pleuraient, la mère parce que tous ce récit venait de réveiller en elle des sentiments refoulés depuis es années, le fils parce qu'il venait de découvrir que sa mère s'était battu pour retrouvé son père. Que cela n'avait jamais été une histoire sans lendemain, mais une véritable histoire d'amour. Alors il osa tout de même poser une seule question.
- Pourquoi ne pas m'avoir dit tout cela lorsque j'ai été en âge de comprendre ?
- A quoi cela aurait-il servi ? Je suis ta mère ne l'oublie jamais, j'avais très bien vu que tu compensais le fait de ne pas avoir de père en t'en inventant un avec toutes les qualités du monde ou ayant un « super job ». c'était ta façon de gérer ce sentiment d'abandon qui te ronger parfois. Pourquoi te dire alors que ton père était très certainement mort. Pourquoi t'infliger la peine de le perdre une deuxième fois et définitivement cette fois ?
- Tu as voulu me protéger…viens je vais t'accompagner à ta chambre, tu as besoin de te reposer.
- Je suis désolée Richard, si je n'avais pas fait allusion au grand amour lors de mon cours ce Tyson, n'aurait jamais rien su sur ton père. Pourquoi travailler Roméo et Juliette, j'aurai dû m'en tenir au Roi Lear.
Castle escorta sa mère qui s'excusa auprès de Kate de ne pas déjeuner avec eux. La jeune femme lui dit qu'elle comprenait. Dix minutes plus tard, Rick la rejoignait, elle ne l'avait jamais vu dans un tel état. Il paraissait plus âgé de dix ans. Cette dernière heure trop forte émotionnellement l'avait littéralement vidé de toute énergie. Elle fit en sorte d'amener la conversation sur un autre terrain durant le repas, qui fut plus que léger pour Castle. Ce n'est qu'une fois une tasse de café en main, qu'il lui parla de sa conversation avec sa mère. Kate l'avait écouté et réconforté par sa seule présence. Inutile de parler, un échange de regard suffit à faire passer tous leurs sentiments.
- Tu devrais monter prendre une douche et te changer, ton avocat ne devrait pas tarder et si tu arrives au commissariat dans cet état Roselyn va te massacrer. Montre-leur que tu as encore la force de te battre.
- Se montrer fort et faire face…je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à donner le change. Pas après des matinées comme celle-là.
- Dis-toi que je serais toujours là.
- Toujours ?
- C'est une promesse. Elle sourit.
- Dans ce cas…il y a au moins une chose de positive dans tout ça, souligne-t-il dans un sourire timide.
- Laquelle ?
- Maintenant on se tutoie.
- Ha bon, je n'avais pas remarqué. File, dépêche-toi.
Une demi-heure plus tard, l'écrivain était de retour. Il avait meilleur apparence et son costume anthracite de chez Armani, lui allait à ravir. Une fois qu'il fut parti, Beckett composa un numéro. Elle tomba sur le répondeur. Elle laissa donc un message et retourna dans le bureau faire le point sur l'affaire, avec les nouveaux éléments en leur possession.
De son côté l'arrivée de Castle au commissariat ne passa pas inaperçue. On les conduisit lui et son avocat dans la salle d'interrogatoire n°3. Karpowski et son coéquipier Adams firent leur entrée dans la pièce une dizaine de minutes plus tard. Temps d'attente normal pour faire monter le stress chez le suspect. Elle posa un dossier assez épais et un sac en plastique contenant le fameux sweat, sur la table. Elle et son collègue prenant place face à eux.
- Bonjour Monsieur Castle, Maître Barry. Nous aimerions poser quelques questions à votre client mais avant nous avons une proposition du procureur.
- Mon client, ne répondra que si cela est pertinent, quant à la proposition je vous en prie, nous vous écoutons.
- Votre client plaide coupable et il écope de 30 ans, libérable à 25. C'est à prendre ou à laisser. Dns le cas contraire si le jury le reconnait coupable ce sera la perpétuité. Sans possibilité de remise de peine. Vous avez le temps dans discuter entre vous.
- Inutile d'en parler, je refuse le marché. La voix de Castle était ferme.
- Très bien, maître peut-être devriez-vous vraiment en parler avec votre client.
- Je pense que sa réponse a été parfaitement claire. Maintenant vous nous avez convoqués pour un complément d'information, alors nous attendons vos questions.
- Parfait, elle poussa, le sac devant elle. Reconnaissez-vous ce vêtement Mr Castle ?
- Oui, c'est celui que le détective Esposito nous a présenté au lieutenant Beckett et à moi-même, comme ayant été trouvé non loin de la scène du crime.
- Très bien, maintenant vous pourriez peut-être m'expliquer comment ce sweat qui vous appartient, je tiens à vous le rappeler. Nous en avons la preuve irréfutable. Comment donc, ce dernier s'est retrouvé couvert du sang de la victime, et du votre, à quelques rues seulement du lieu du meurtre ?
- Mon client ne répondra pas à cette question.
- Pourtant il le faudra bien devant les jurés. Parfait, j'en ai une autre. Saviez-vous que l'homme que vous avez tué était votre père.
- Je n'ai pas tué cet homme et NON je ne savais pas qu'il était mon père.
- Lieutenant, dois-je vous rappeler que mon client n'est que suspecté de meurtre. Jusqu'à preuve du contraire personne n'en a décidé autrement.
- Très bien, dans ce cas peut-être votre client pourra-t-il nous dire pourquoi, il fréquentait Gerald Grant, de son vrai nom Richard Newman ?
- Je crois que non, il vous a déjà dit qu'il ne connaissait pas la victime, cet entretien est terminé.
- Vous savez que vous aggravez votre cas en refusant de répondre à nos questions. La jeune femme avait haussé le ton frustrée.
- Lieutenant Karpowski, détective Adams, vous pensez que je suis coupable, alors prouvez-le. Au revoir.
Castle se leva à son tour et emboîta le pas à son avocat. Machinalement il dirigea son regard vers la vitre sans teint. Il aurait volontiers parié sur la présence du capitaine Gates de l'autre côté, dans la salle d'observation. Ce qui effectivement était le cas mais, son air sérieux en proie en une profonde réflexion, l'aurait sans aucun doute surpris quelque peu. Quelque chose l'intriguait dans cette affaire, et ne trouvant pas quoi, cela avait tendance à la mettre de mauvaise humeur.
Il avait bien entendu fait un rapport détaillé de son interrogatoire à sa muse dès son arrivée. Cette dernière lui avait dit qu'elle avait passé un appel à une personne susceptible de les aider et qu'elle était d'accord pour les voir chez elle. C'est pourquoi à 18h30 Rick était dans l'appartement de Beckett à attendre sa venue. Il avait été étonné que cette dernière accepte de venir et surtout de le voir lui et de lui parler. Enfin la sonnette retentit, Kate se leva du canapé et alla ouvrir. L'agent Jordan Shaw entra, la saluant avec un franc sourire. Qui fut tout aussi franc et amical en saluant Castle.
- Merci d'être venue agent Shaw.
- Je vous en dois une Castle, c'est le moins que je puisse faire. Ecouter votre version des faits. Par contre je ne peux rien vous promettre, on est bien d'accord ?
- Tout à fait, je n'en demande pas plus.
- Un verre de vin Jordan ? Proposa Kate.
- Volontiers, Kate. Je vous écoute Castle, racontez- moi votre histoire.
Durant l'heure qui suivit, l'écrivain lui exposa les faits aussi précisément que possible. Répondant aux nombreuses questions de l'agent du FBI. La confiance et la sérénité de Rick remonta en flèche en voyant que Shaw prenait son récit au sérieux. Elle semblait même intriguée par un point précis.
- Vous dites que Tyson a réussi à retrouver votre père, grâce au nom que votre mère lui a dit lors d'une simple conversation ?
- Oui, c'est tout ce qu'il avait, ça et l'année de leur rencontre.
- En plus d'être un tueur en série, il s'avère être un psychopathe des plus intelligent. Ce qui d'autant plus dangereux. Comment s'y est-il pris ? Le service de protection des témoins est l'un de nos service les mieux sécurisé.
- N'oubliez pas qu'il a la plaque de mon collègue.
- Je vais faire des recherches, je vous tiendrai informés. Par contre Kate, Rick ne faites rien de stupide. Si vous trouvez le moindre indice qui pourrait nous mette sur la piste de ce cinglé, contactez-moi en premier lieu. Nous aviserons ensuite.
- Gates ne m'aime pas beaucoup alors si elle apprend qu'on l'a court-circuitée en passant directement par vous, elle ne va pas apprécier.
- Nous invoquerons une prérogative du bureau sur la police. Soyez prudent Rick et faite partir votre mère et votre fille au plus vite.
- C'est en court, le lieutenant Esposito s'en occupe demain. Merci…merci de croire à mon histoire.
Ils se quittèrent sur ces paroles. Et Beckett put constater qu'effectivement être cru par une autre personne, que quelqu'un de proche avait redonné espoir à son écrivain.
