--
"Il y aura quelques obstacles et déceptions, et nous avons tous tendance à trop espérer ; mais si un projet échoue à trouver fin heureuse, la nature humaine se tourne vers un autre ; si la première manœuvre est mauvaise, nous en faisons une seconde meilleure : nous trouvons toujours du réconfort quelque part..."
Mansfield Park
--
Quand le Lieutenant-Colonel Cameron Mitchell arriva de manière inattendue à Vorash Hall au début du mois de juin, il avait espéré être reçu à bras ouverts (et pour le côté pratique les portes en seraient de même) par des amis de longue date. Ce qui l'attendait fut, en fait, l'accueil enthousiaste d'une femme qui avait désespérément besoin d'une distraction à sa propre mélancolie.
Bien que Cameron n'est certes jamais désiré que la jeune femme, qu'il considérait comme sa propre sœur, ne connaisse un moment si pénible, il lui apparut que son actuelle peine de cœur pourrait se montrer utile concernant plusieurs points essentiels de ses projets à Gateshire.
Sa relation avec les Carter avait débuté il y a quelques années, à l'époque où Jacob avait été le premier instructeur de sa formation. Les deux hommes étaient restés en contact même après le transfert de Cameron, et lorsque celui-ci était de retour sur le sol britannique, il était invité à séjourner à Vorash Hall. Peut-être Jacob avait-il espéré que des liens se créent entre son brillant nouvel élève et sa fille – et en réalité, tel avait été le cas, mais sans doute pas de la façon dont Jacob l'aurait souhaité. Cameron avait immédiatement été attiré par Samantha, voyant en elle une amie séduisante et intelligente, avec qui il pourrait facilement passer le temps, mais il n'y avait jamais eu entre eux une quelconque inclination romantique. Si on lui demandait, il décrirait Samantha comme une sœur bien-aimée, et absolument rien de plus. Pourtant, à bien des égards, elle était devenue sa référence, une confidente vers qui se tourner pour quelques conseils quand le monde semblait être un endroit particulièrement éprouvant.
Ce fut sans doute la première fois que leur dynamique semblait inversée. Il était venu chercher à Vorash Hall les conseils et avis de Samantha à un moment où c'était peut-être elle qui avait le plus besoin d'un ami.
Mais une fois de plus, qui affirmait qu'ils ne pouvaient pas s'aider l'un l'autre ?
Installés dans le petit salon devant leur thé comme de coutume, Cameron réfléchissait soigneusement à leur sort respectif. Il savait que la probabilité que Samantha partage les détails de sa situation était mince, voire nulle, et privé d'informations complètes, le seul remède à la tristesse qu'il connaissait était une distraction. Par chance, ses besoins particuliers pourraient en fournir une amplement suffisante. Tout cela le conduisit à la présente conversation.
"Je suppose que vous vous demandez quelle est la nature de ma soudaine visite", déclara finalement Cameron, mordant dans un chou à la crème.
"Et bien, vous prenez d'habitude la peine de m'envoyer une lettre avant d'apparaître sur le pas de ma porte", le taquina Samantha. "Non pas que votre présence soit jamais malvenue."
"Bien sûr que non !" Cameron rit. "Mais je dois avouer qu'il y a une raison à ma venue, bien plus particulière que mon immense désir de rattraper le temps perdu avec vous, ma chère amie. Je ne me souviens pas si je vous ai parlé de ma récente promotion dans ma dernière lettre..."
"Vous ne l'avez pas fait, et je vous en veux beaucoup. Père a dû m'en informer lors de son récent retour à la maison. Tout de même, félicitations."
Sa congratulation était absolue et sincère, ce qui provoqua chez Cameron un profond sentiment d'accomplissement – il y avait peu de femmes qui comprenait la complexité et les difficultés d'une promotion militaire, mais Samantha Carter était assurément l'une d'entre elles. "Je vous remercie. Comme vous le savez, cette promotion implique une hausse conséquente de mes revenus – une augmentation qui me laisse désormais libre de poursuivre des intérêts qui me seraient autrement inaccessibles. Le premier de ceux-ci étant bien sûr..."
Samantha soupira, reposant sa tasse de thé. "Vous voulez trouver Vala."
"La trouver ? Oui, je suppose que c'est une étape nécessaire du processus. Mais au final, je veux épouser Vala."
--
Si Samantha Carter était généralement considérée comme un sujet de préoccupation publique, alors il serait juste de dire que Vala Maldoran était un sujet d'outrage public. En dépit de ce que beaucoup voyait comme de nombreux défauts en la personnalité de Miss Carter, l'ensemble de la population de Gateshire s'accorderait facilement à dire qu'ils n'étaient rien en comparaison du cas désespéré de Miss Maldoran dont le nom était à jamais souillé.
Les deux femmes étaient nées riches et privilégiées, et étrangement cela ne sembla satisfaire ni l'une ni l'autre. Alors que Samantha choisissait de décharger ses frustrations en se perdant dans une éducation incorrecte et interdite, Vala avait choisi d'exprimer son mécontentement en s'enferrant dans un comportement inapproprié en diverses formes et occasions. À un âge encore jeune, la gamme de ses fautes allait d'une honnêteté criarde et presque douloureuse à une conduite obscène et même pécheresse. Finalement, elle fut envoyée à seize ans dans une école de redressement dans l'espoir de lui inculquer les notions de ce qu'était un comportement convenable.
Pendant des années, on en entendit plus parler, ce que la plupart des gens avait considéré comme une bénédiction. Enfin, à l'obtention de son diplôme, elle fut invitée à passer l'été dans la maison de son grand-oncle Langford. C'était un secret bien connu que le vieil homme abritait l'espoir d'inciter un engagement entre sa nièce et son fils adoptif Daniel, ce qui aurait comme utile effet secondaire d'accroître et de concentrer les richesses et l'influence de la famille. Si leur rencontre avait effectivement fait des étincelles, elles n'étaient pas pour autant le présage d'une union pacifique, prospère et heureuse, mais plutôt l'indice légèrement dangereux d'une relation extrêmement volatile. Le couple avait sans doute un lien unique, mais aucun des deux n'envisageait sérieusement l'idée d'une relation romantique.
Cet été s'avéra également être l'époque où Cameron passa près de deux mois à Vorash Hall, recouvrant ses forces après une blessure particulièrement vicieuse subie lors d'une bataille. Si l'attirance que ressentait Daniel pour Vala s'apparentait à une sorte d'étrange curiosité morbide, celle de Cameron avait lentement grandi jusqu'à se transformer pourtant bien trop vite en un sentiment bien plus profond. À la fois sincère et sérieux dans ses attentions, Cameron avait réellement l'intention de pousser convenablement les choses plus avant avec Miss Maldoran, en dépit des vives objections de tous les côtés. Tel que Samantha l'avait constaté, la situation avait laissé Vala dans une position assez inconfortable, coincée entre ses relations qui s'opposaient fermement à son mariage avec un major de l'armée aux revenus modestes et un avenir à passer avec Daniel qui, bien que réjouissant le reste du monde, n'aurait peut-être pas été le plus satisfaisant. Pour aggraver les choses, Samantha pensait honnêtement que Vala avait été attirée par Cameron également et que l'idée l'avait apeurée – elle n'était pas le genre de femme à éprouver naturellement de profonds sentiments pour un homme.
Une fois le mois d'août arrivé, elle en avait eu de toute évidence assez de cette situation, et un soir elle avait fait ses valises pour rejoindre un groupe de gitans qui passait en ville. Personnellement, Samantha avait toujours pensé que c'était une brillante évasion – Vala avait le genre d'esprit qui convenait parfaitement aux exploits moins que légitimes d'une bohémienne. Elle s'était imaginée que Vala serait plus heureuse et que Cameron oublierait son affection avec le temps.
Bien sûr, elle avait appris récemment que certaines affections ne se fanent pas, peu importe combien on le souhaite. De ce fait, elle était peut-être plus compatissante (et peut-être même un peu plus sentimentale) devant le sort de Cameron qu'elle ne l'aurait été en d'autres circonstances.
"L'épouser ? Vous êtes donc toujours aussi épris d'elle ?" demanda-t-elle, incertaine de la réponse.
"Oui, absolument. Et puisqu'il semble maintenant que sa famille ait complètement abandonné l'idée qu'elle épouse Daniel – ou, en fait, tout autre personne respectable – j'ai plus de chance que je n'en ai eu auparavant. Le supplément de revenu ne sera pas un mal non plus."
Tous ces faits étaient de bons et valables arguments, mais pourtant il y avait un point important qu'il semblait négliger de mentionner. "Mais Cameron, je ne pense pas que les Maldoran ou même la famille Langford n'aient jamais été votre défi le plus conséquent."
À cela il sourit, mais Samantha ne put en imaginer aucune cause. "Vous voulez dire, bien sûr, que Vala n'est pas exactement du genre à se résoudre au mariage et s'installer avec qui que ce soit, peu importe l'opinion de sa famille."
"Et bien, vous devez admettre qu'elle possède une volonté extraordinairement forte."
"Vous sauriez reconnaître ce trait de caractère !" la taquina-t-il, une accusation qui n'apporta que de la fierté à ses traits. "Je ne souhaite pas changer Vala d'aucune façon que ce soit – je suis parfaitement satisfait de l'épouser telle qu'elle est. Et malgré ses nombreuses et diverses objections, je ne crois pas qu'elle serait heureuse de vivre une telle vie solitaire encore très longtemps – elle est beaucoup trop sociale. Je pense même qu'elle pourrait trouver un certain charme à s'établir dans une certaine demeure, tant qu'elle est libérée des restrictions qu'elle trouve si contraignante pour son existence. Ce sont des choses que je peux lui offrir, ainsi que le fait que je l'aime énormément en dépit – peut-être même à cause – de ses nombreuses... excentricités. Je pense même être en mesure de lui fournir une certaine exaltation de temps à autres, si tout se déroule selon mon plan."
Sa déclaration était adorable, dans son propre et étrange genre, et très pragmatique – mais elle était habituée à n'entendre que des paroles de bon sens venant de Cameron Mitchell. "Oh, donc vous avez un plan ?"
"Bien sûr que j'ai un plan. J'aurais juste besoin de votre aide pour le réaliser."
Intriguée malgré elle, Samantha posa son menton sur sa main. "Je vous écoute."
--
Le plan était, et avait toujours été, faussement simple. De ce qu'il savait du caractère de Vala en premier lieu et de ce qu'il avait déduit de ses relations avec les autres, elle était une femme extraordinairement contradictoire. Bien qu'elle ne puisse en aucune façon douter de son affection pour elle, les chances de Cameron d'assurer une relation avec elle était en fait très faibles. Comme en témoignaient nombre de ses choix de vie, Vala était intriguée par ce qu'elle ne pouvait pas avoir, pas par ce qui était clairement à sa portée. Lorsque vous ajoutiez à cette caractéristique sa fierté quelque peu conséquente, vous vous retrouviez avec une combinaison intéressante – une femme qui ne voulait pas des attentions facilement obtenues jusqu'à ce qu'elles ne soient plus en sa possession.
Son mode de comportement persistait même quand il mettait en péril ce qu'elle pouvait à juste titre désirer – tel que, comme Cameron l'espérait, une véritable et officielle relation avec lui. Il ne fondait pas ses espoirs uniquement sur ses propres sentiments – à plusieurs occasions l'été dernier, il y avait eu des signes considérables qui prouvaient qu'il ne lui était en aucun cas aussi indifférent qu'elle aurait aimé le lui faire croire. En fait, il pensait que son véritable intérêt pour lui avait été un facteur dans sa décision hâtive de s'enfuir – quand il s'agissait de gérer de véritables émotions, la méthode de prédilection de Vala était de les ignorer dans leur ensemble.
Il avait pris tout cela en considération pour déterminer la suite de ses actions. Un fois le tout soigneusement étudié, il pensa que la tactique la plus efficace contre les défenses considérables de Vala était cette toute simple et bonne vieille jalousie. L'idée que quelqu'un puisse si facilement faire oublier ce qui était supposé être de violents sentiments d'amour à son égard, combinée à l'attachement visiblement ardent de son prétendant pour une autre femme, pourrait être suffisant pour arranger la situation en sa faveur.
Maintenant, il était confronté à la lourde tâche de convaincre Samantha que cette ligne de conduite était permise. Généralement, elle n'était pas le genre de personne à s'engager dans des intrigues si complexes, elle croyait fermement au concept d'affronter les choses avec honnêteté et franchise. Toutefois, ce fut peut-être là que son état de détresse sentimentale joua en sa faveur.
"Je veux mettre en place une légère imposture pour le bénéfice de Miss Maldoran", commença-t-il à expliquer, choisissant ses mots avec soins. "Je propose que nous – je parle bien sûr de vous et moi ici – prétendions former un attachement romantique et même conclure un engagement. Il est entendu qu'il ne s'agira de rien de plus qu'un prétexte pour attirer ici Miss Maldoran, indignée et accompagnée de son orgueil quelque peu blessé."
Son amie cligna des yeux, digérant l'information. "Vous pensez vraiment que cela fonctionnera ?"
"C'est probable, tant que nous sommes consciencieux dans notre mascarade. Assurons-nous d'être vu en ville, puis après quelques semaines faisons paraître l'annonce de nos fiançailles dans le journal... Les nouvelles se déplacent, même vers des femmes en exil telles que Vala. Il serait dans sa nature de venir m'affronter si je suis vraiment l'objet de son désir – si ce n'est pas le cas, au moins je serai fixé une bonne fois pour toute."
Ce dernier point sembla la toucher particulièrement et elle acquiesça finalement. "Très bien alors."
Honnêtement, il ne s'attendait pas à la convaincre avec tant de facilité. "Vraiment ? Cela voudrait dire que vous allez apparaître une fois de plus comme fiancée, uniquement pour laisser finalement filer votre prétendant. "
Bien que la question soulevée était sérieuse, elle la fit seulement rire. "J'en ai déjà eu cinq – qu'est-ce qu'un fiancé délaissé de plus ? Tant que je peux informer mon père de la nature fallacieuse de notre engagement afin d'éviter un intérêt excessif de sa part, je ne vois aucun problème."
Curieusement, maintenant qu'il avait obtenu son approbation, il se sentait étrangement mal à l'aise avec la situation. "Samantha – et vous devez me pardonner d'être peut-être impertinent – mais si cela doit mettre en danger ne serait-ce qu'un minimum votre propre bonheur, je peux simplement trouver une autre option."
Son sourire fut triste. "Cameron, je vous remercie pour votre considération, mais croyez-moi quand je vous dis que si ça avait été le cas, je vous en aurais informé."
Elle ne lui avait pas parlé des détails de sa situation, mais connaissant Samantha, il était probable qu'elle ne le fasse jamais. Pourtant, il parlerait aussi franchement qu'il le pourrait sans connaître les détails. "Il n'y a aucun espoir, alors ?"
"Il y a seulement l'espoir que ma... préoccupation... disparaîtra avec le temps."
De là où Cameron se tenait, cette réponse ne traduisait aucun espoir du tout.
--
Bien qu'elle ne l'ait pas encore remarqué, le regard de Jack sur Samantha Carter était vigilant, utilisant des tactiques aussi simples qu'une randonnée occasionnelle jusqu'à son domaine pour vérifier l'état des choses et aussi complexe qu'inciter Walter à prêter une grande attention aux rumeurs qui courraient en ville quotidiennement. Aussi quand il remarqua qu'un nouveau visiteur était arrivé à Vorash Hall alors qu'il passait près de l'imposante demeure, il ne s'en préoccupa pas immédiatement.
Ce fut quand Walter revint de la ville avec de plus amples détails que ses soupçons apparurent.
"Apparemment, monsieur, le jeune lieutenant-colonel a été récemment promu et est plutôt un ami intime de la famille. Il n'est pas inhabituel pour lui de rester plusieurs semaines à la résidence des Carter, que le général soit là ou non."
Peut-être était-ce un brin imprudent, mais ce n'était pas une situation totalement inédite considérant le nombre important de domestiques et autres chaperons appropriés. Jusqu'à présent, il n'avait rien entendu qui nécessite son inquiétude.
"Mais il y a quelques spéculations quant à son calendrier – avec sa dernière promotion est apparue une augmentation considérable de ses revenus."
Un sentiment de détresse commença à s'installer au plus profond de l'estomac d'O'Neill, lourd et plein d'appréhensions. La raison était double. Tout d'abord, une hausse de revenu signifiait que l'ami soi-disant anodin de la famille pouvait maintenant se permettre de subvenir aux besoins d'une famille d'une manière assez honnête. Deuxièmement, on pouvait parler de l'idée que certains hommes, une fois habitués à vivre dans le confort, éprouvaient toujours un appétit pour plus d'argent – un appétit qui pourrait sans aucun doute être satisfait par la nouvelle dot considérable de Samantha.
"Est-ce que beaucoup le suspecte d'avoir autre chose que d'innocentes intentions à l'égard de Miss Carter ?"
Walter considéra cela avec soin. "Les avis sont partagés. Tout le monde s'accorde à dire qu'en dépit de son passé, elle est une femme absolument agréable, et un réel attrait pour tout homme – peut-être encore plus pour un homme qui souhaite améliorer ses relations au sein de l'armée. Cependant, il s'est montré amical avec les Carter depuis de nombreuses années maintenant, et aucun murmure romantique n'a jamais été prononcé entre eux."
Il avait donc choisi un moment douteux pour agir, mais il n'y avait encore rien de condamnable ici. "Walter, veuillez continuer s'il vous plait à récolter silencieusement de plus amples informations."
"Toujours, monsieur", répondit l'homme toujours d'une si grande aide. "Maintenant, au sujet de ces quatre lettres qui nécessitent une réponse..."
L'impatience le gagna en pensant à l'ennuyeuse paperasserie. "Vous pouvez certainement vous en occuper, Walter."
"... Bien sûr, monsieur", vint la réponse exaspérée avant qu'O'Neill ne s'enferme une fois de plus dans la bibliothèque, l'esprit préoccupé par la récente tournure des évènements. Si les intentions de Mitchell devenait plus romantique à l'égard de Miss Carter, la surveillance éloignée qu'il avait mis en place dans le but de préserver son propre état de santé mentale ne serait plus suffisante pour assurer sa protection. Cela entrainerait des interruptions embarrassantes et des situations tendues qui altèreraient pour sûr le souvenir de la plaisante amitié qui avait existé entre lui et sa belle voisine.
Baladant son regard dans la salle, il ressentit un profond sentiment de mécontentement. Il avait prévu d'apporter davantage de livres scientifiques à la bibliothèque et de faire quelques améliorations à la salle elle-même comme cadeau de mariage pour Samantha, si les choses entre eux avaient jamais progressé à un tel niveau. Il avait même fait des plans élaborés, bien qu'il avait convenu de la laisser décider elle-même des détails. Désormais, cette pièce représentait bien peu de joie pour lui, sachant qu'avec leur relation si tendue, il y avait peu de chance qu'elle ne fasse même usage de son invitation permanente à emprunter un livre de sa collection à ce jour inutilisée.
Non pour la première fois au cours des dernières semaines, il maudit le mauvais coup du sort qui avait poussé Jacob à sa confidence à ce moment précis dans le temps. Si par chance il l'avait approché ne serait-ce qu'une demi-heure plus tard, les choses seraient maintenant réglées de manière bien plus heureuse. Au lieu de cela, il avait été relégué à une position de spectateur obligeant, toujours en contact étroit avec l'objet de son affection, sans jamais être libre de l'exprimer.
Parfois, il souhaitait ne pas être le genre d'homme à se soucier de détails tels que l'honneur et le devoir. Mais si ça avait dû être le cas, il n'aurait jamais mérité ne serait-ce que d'approcher une femme comme Samantha Carter.
