Callie se réveilla angoissée ce matin là, sa nuit avaient été habitée par de mauvais souvenirs. L'absence matinale d'Arizona de son lit n'avait rien arrangé à ses angoisses. Si la demoiselle ne les empêchait pas, elle les apaisait. Callie ne savait pas comment elles en étaient venues à dormir ensemble toutes les nuits, mais elle ne s'en passerait plus. Arizona la rassurait, lui disait des mots tendres. Avec elle, elle avait l'impression d'être belle, d'être appréciée et sa, ça faisait son monde. Pourtant chaque matin, elle se réveillait avec une boule au ventre. Les incertitudes la rattrapaient plus vite qu'elles ne la quittaient. Une fois seule, l'ancienne Callie réapparaissait et cette voix si néfaste, lui rappelait qu'elle n'était rien. Elle essayait alors de s'occuper pour ne plus penser, mais la confection des repas n'occupait pas assez de temps dans sa journée. Elle faisait alors régulièrement des balades en ville et dans ses alentours, mais l'ennuie la gagnait vite et avec lui revenaient ses sombres pensées. Elle demanda donc d'avantages d'occupation à Miranda. La femme ravie de cette initiative lui laissait chaque matin de petite liste de corvées. Rien de trop désagréable.

Callie traina donc les pieds jusqu'à la cuisine, où l'attendait un copieux plat de pancakes et un post-it coloré. Elle prit négligemment un pancake et lu rapidement le bout de papier. Miranda n'ayant plus rien à lui faire faire, lui proposa de rechercher de vieux bouquins au grenier, bouquins destinés à ses élèves. Une tache qui lui changerait les idées, elle était la bienvenue.

Elle déjeuna rapidement, prépara le repas du midi, puis alla à la conquête du grenier.

La pièce était immense et remplis de divers articles. Callie l'a parcouru de long en large, regardant les mille et un objets des lieux. Il y avait deux vieilles penderies regorgeant d'habilles et de vieux linge de maison, des malles de diverses tailles, de vieux jouets, un rocking chaire au bois fatigué, de nombreuses bibliothèques pleines de livres et de bibelots divers. Et de vieux meubles mis au repos. Cette pièce témoignait du riche vécu de cette maison et de ses habitants.

Une fois avoir trouvé ses repères dans la pièce, Callie se concentra sur les bibliothèques. Elle lu la liste des livres recherchés et se mit à leur quête. Il y avait trois bibliothèques de livres. Elle trouva aisément les premiers bouquins. Son attention fut attirée par une série de livre sans titre, de grand livres aux couvertures de cuire rouge. Elle en tira un et l'ouvrit. Un album photo, elle aurait du s'en douter. C'étaient de vieilles photos, Callie reconnue une Miranda enfant, elle sourie à cette vue. Sans y réfléchir elle tourna les pages, découvrant au fur et à mesure les différents visages de la famille de Miranda. Sur la plupart se trouvait une femme d'une cinquantaine d'année, de taille moyenne, plutôt corpulente. Elle avait un sourire contagieux, un regard bienveillant et semblait toujours de bonne humeur. Callie devina que se devait être Madame B.

Elle continua de parcourir les albums, s'asseyant par terre la pile de livres à côté d'elle. De page en page, les personnes grandissaient ou vieillissaient suivant les âges. Puis vint une photo sur laquelle Callie resta un long moment, Madame B tenant sur ses genoux une petite fille aux cheveux blonds, à côté d'elles se tenait un petit garçon. Se n'étaient autre qu'Alex et Arizona. Arizona devait avoir, cinq ou six ans tout au plus vue sa taille et Alex devait en avoir sept peut être huit.

La photo était intrigante. Madame B n'avait pas son sourire habituel, il était plus faible, son regard était concentré sur la fillette, tout comme celui d'Alex qui avait une main posée sur le bras de la blonde. Les deux enfants se regardaient. Arizona paraissait frêle, son teint était très pale, des cernes noires ornaient son visage. Callie n'avait jamais vu de telles cernes sur un enfant, elle ne savait même pas que les enfants pouvaient avoir des cernes.

Elle tourna précocieusement la page, peu sur de se qu'elle allait trouver après. C'était cette fois une photo d'Alex et Arizona, les deux endormis en un même lit. Callie ferma rapidement le livre. Pas sure qu'elle puisse continuer de regarder les photos. Elle n'y avait pas été invitée et elle avait l'impression de violer la règle de la maison. Elle descendit alors déjeuner, cherchant vainement à se distraire. Mais dans l'après midi ses pieds l'ont reconduite au grenier. Elle se réinstalla sur le sol et prit doucement l'album dans ses mains, mais elle ne parvint pas à se décider à l'ouvrir, sa conscience le lui interdisait. Elle resta un moment ainsi, assise à même le sol, le livre dans les mains, le regard dans le vide.

C'est ainsi que Miranda la trouva dans l'après midi, elle l'avait appelée, n'ayant pas de réponse elle était montée devinant qu'elle était au grenier. Elle s'avança doucement ne voulant pas surprendre l'autre femme. Elle sourit lorsqu'elle vit se qu'elle tenait en main.

-Hey, tu as trouvé ce que je cherchais ?

Callie sursauta, elle vit Miranda s'assoir devant elle.

-Je vois que tu as trouvé nos albums photos.

-Je suis désolée, je ne voulais pas être indiscrète.

-Sa va ne t'en fait pas. Je savais en te faisant monter ici que tu tomberais dessus. Il n'y a aucun mal à regarder des photos. En parlant elle tourna les pages, elle s'arrêta sur la première photo d'Arizona. Callie la regarda de nouveau.

-C'était le jour de l'arrivée d'Arizona, une sacrée journée. Ma tante venait d'avoir son agrément, les Lilas allaient alors ouvrir.

Miranda se souvenait très bien de ce jour là, c'est elle qui avait prit cette photo, elle avait alors douze ans, sa tante était à ses yeux une héroïne, elle l'était toujours d'ailleurs.

Elle tourna les pages, dépassant celle où Callie c'était arrêtée, sur chacune d'elles, se trouvaient Alex et Arizona, toujours l'un avec l'autre. Il n'était pas rare qu'Arizona ait le pouce en bouche et soit accrochée à l'un des vêtements d'Alex. Callie trouva ça extrêmement mignon.

-Se sont les premières années. Tu veux voir celles avec Mark ?

Callie hocha la tête, regardant Miranda farfouiller dans la pile d'albums. Elle en ouvrit un où apparu Mark aillant onze ou douze ans. Il avait un regard espiègle, Callie rit de bon cœur en feuilletant l'album. Mark était souvent en compagnie d'Arizona et Alex. Ils devaient avoir dans les mêmes âges.

-Ma tante en a bavé avec eux, c'était bêtise sur bêtise, elle les appelait le trio infernal.

-Ils paraissent pourtant mignons. Miranda rit à la remarque.

-En photo peut être, les garçons rivalisaient d'imagination pour faire rire Arizona et crois moi ils en avaient. Marc avait peint les poules de Madame Rivera en bleu et rouge, le lendemain Alex repeignait le mur du jardin, avec un vieux pot de peinture et une dizaine de pétards. Lorsqu'ils si mettaient à deux c'était encore pire.

Callie sourit imaginant très bien Mark faisant les quatre cents coups. Elle savait pourquoi, il avait été amené aux Lilas, il lui en avait parlé. Sa mère l'avait laissé avec son père, un homme alcoolique et plutôt colérique. Il n'avait fallut que quelques mois pour que les services sociaux le prenne. Sur ces photos, son ami n'avait rien à voir avec un gosse abandonné, il paraissait heureux et épanouie.

Elle nota qu'Arizona étais toujours en compagnie d'Alex et que même si elle ne s'accrochait plus au jeune garçon, elle gardait souvent un contact physique avec lui et parfois même avec Mark.

Le bruit de pas s'approchant leur parvint aux oreilles, elles furent toutes deux surprises de voir entrer Arizona.

-Izzie m'a dit que je vous trouverais ici, vous faites quoi ?

-On parcours les vieux albums photos. Je racontais à Callie quelques une des mésaventures du trio infernal.

-Je vois ! Dit-elle en s'installant avec elles.-J'arrive juste à temps pour te montrer la photo de bal de fin d'année de Miranda ?

-Tu n'osera pas !

-Et comment ! Elle ouvrit l'album sur une photo de Miranda dans une robe rose pétant. Callie dut se retenir pour ne pas rire.

-Arizona Robbins tu vas le regretter. Elle chercha dans la pile d'albums et sourit en trouvant celui qu'elle convoitait. Elle l'ouvrit sur une page où se trouvait une Arizona âgée d'une quinzaine d'année, portant du noir des pieds à la tête. Callie eut du mal à la reconnaitre en brune.

-Arizona a eut sa période gothique, elle croyait qu'il suffisait de s'habiller en noir pour adhérer au mouvement. Tu étais la seule gothique à prôner la magie blanche.

Elles rirent toutes les trois.

-Madame B a bien faillit avoir une attaque, lorsque je suis rentrée en brune.

-Y a pas qu'elle, t'aurais du voir la tête d'Alex, c'était unique.

Arizona continua à tourner les pages, sur certaines photos se trouvaient d'autres personnes que Callie ne connaissait pas, des pensionnaires passés aux Lilas. Miranda et elle se remémoraient certaine de leurs histoires. Le temps passa sans qu'elles ne s'en rendent compte, elles furent rejointes par Izzie, puis par April. Voulant être plus confortables, elles descendirent les albums en main. Lorsqu'Alex rentra, il les trouva au salon autour de pizzas et de photos. Il empoigna l'un des nombreux albums.

-Séance souvenir ?

-Oui monsieur ! Fit Arizona avec enthousiasme.

-Nous avons passé en revue notre adolescence, avec bal de promo et compagnie. Ta remise de diplôme et ton premier job. Le mariage de Miranda et son divorce. Oh et l'ouverture de ma boutique, aussi. Qu'est ce que tu as ?

Il s'installa entre Arizona et Izzie et ouvrit l'album.

-Je crois que j'ai notre premier jour aux Lilas. Dit-il la voix pleine d'émotion. Arizona regarda alors la photo, elle assise sur les genoux de Madame B, Alex à ses côtés. Tous respectèrent leur silence.

-C'étais une sacrée journée hein ! Fit Alex avec une légèreté forcée.

-Oui assurément. Fit Miranda voyant qu'Arizona était loin dans ses pensées. Elle finit par poser sa tête sur l'épaule d'Alex ne quittant pas la photo des yeux.

-Sa fait une éternité maintenant.

-Vingt cinq ans, dans deux mois.

-Je ne me souvenais pas qu'il y avait eut une photo de prise.

-C'est moi qui l'avait prise. Toi et Alex étiez tellement attentives à l'autre, que sa ne m'étonne pas que tu ne te souviennes pas de la photo.

Le silence s'installa, avant que l'album soit fermé.

-Assez de photos pour aujourd'hui. Clama Arizona, tous acquiescèrent sentant l'émotion monter dans la pièce. Ils finirent les pizzas, puis Alex et Izzie se retirèrent, bientôt imiter par Callie et Arizona. Miranda et April restèrent qu'en à elles encore un peu au salon, un verre de scotch chacune en main, une idée de Bailey qui cherchait à dompter ses émotions. Elle reprit l'album et l'ouvrit sur la photo, tout en s'installant près d'April.

-Ma tante était mon héroïne. Dit-elle avec un faible sourire.

-De ce que j'en aie entendu, ce devait être une grande femme.

-Oui, elle l'était. Je me souviens encore du jour où elle nous à parler d'Alex pour la première fois. Je devais avoir douze ans, elle habitait notre quartier et il n'était pas rare qu'elle passe après ces journées pour parler avec mes parents. J'écoutais leurs conversations via le conduit d'aération. J'adorais entendre ces histoires.

Miranda se revit encore allongée sur le dos à même le sol l'oreille collée au conduit. Avec l'expérience, elle avait prit l'habitude de mettre un coussin sous sa tête, pour le confort. Ce soir là, sa tante avait l'air ennuyée. Miranda entendait sa mère verser un verre à sa belle sœur, sans doute du rhum, son pécher mignon.

-Vas y doucement je dois repartir dans une heure.

-On est Samedi. C'était exclamer l'autre femme étonnée.

-Oui je sais, je dois récupérer un gamin, dans une heure au commissariat.

-Harmonie, au lieu de te tuer au travail le samedi soir, tu devrais sortir au restaurant en compagnie d'un homme. Ca te ferais le plus grand bien, ma chérie.

Elle avait rit à cette remarque, un rire reconnaissable entre tous, fort et chaleureux à la fois.

-Et qui s'occuperais de cet enfant, hein ?

-Un gosse dans un commissariat un samedi soir, une nuit la bas lui rafraichira peut être les idées.

-Il a sept ans.

Miranda eut l'impression que sa mère s'étouffait sur son verre. Son père jusque là resté silencieux, prit la parole.

-Qu'est ce qu'un gosse de sept ans fait dans un lieu comme celui-là ?

-Il fuguait, ils l'ont retrouvé à plus de trois cents kilomètres de chez sa famille d'accueil. Il me le ramène, c'est pour sa que je dois attendre une heure. Je n'ai aucune idée de ce que je dois faire de lui. Il n'y a aucune place dans les foyers environnant et la famille où il était ne veut pas le reprendre temps que le problème de fugue n'est pas réglé.

-Tu sais pourquoi il a fait sa ?

-Non, les William sont des gens extras et je n'ai pas encore eut son dossier au complet, je n'ai que les éléments depuis son dernier placement.

-Il essayait peut être de rentrer chez lui.

-Non plus. Ses parents habitent à une trentaine de kilomètres.

- Prends-le avec toi.

-Mandy se n'est pas possible, se n'est même pas légale.

-Un gosse de sept ans à parcourut trois cents kilomètres part ces propres moyens, je ne suis même pas sur que ma fille de douze ans en serait capable. Il y a une raison à cela. Imagine le courage dont il à fait preuve. Tu dois découvrir pourquoi il l'a fait. Le mettre dans un foyer ne l'aidera pas à parler. Tu le sais. On t'entend assez parler de ses gosses pour le savoir aussi.

Sa tante garda le silence, Miranda devina qu'elle réfléchissait à l'idée de sa mère.

-Mandy a raison, il sera plus d'onze heures lorsque tu le verras, où veux tu l'amener à une heure pareille. Vous aurez qu'à dormir à la maison, comme ça il y aura plusieurs personnes à garder un œil sur ce gosse.

-C'est comme ça que ce soir là Alex partagea ma chambre. Fit Miranda sifflant la fin de son verre, avant de s'en servir un autre.

Izzie resta un long moment regarder Alex, se mordant la langue pour ne pas l'interroger. Alex s'en rendit compte, il s'installa dans le lit attendant que sa belle le rejoigne avant de lui dire.

-Vas-y, dit moi ce que tu veux savoir.

-Comment êtes vous devenue les premiers pensionnaires des Lilas ? Je veux dire c'est plutôt étonnant que deux enfants de parents différents finissent dans une même famille, famille monoparentale de surcroit. Surtout que d'après ce que tu m'as dit cette Madame B n'avait jamais accueillis d'enfant avant vous.

-Non, on était les tout premiers. On m'avait reprit de chez mes parents et envoyé dans une famille d'accueil, j'y suis resté quatre jours avant de prendre la poudre d'escampette. Les flics m'ont retrouvé et amené à l'assistante sociale en charge de mon dossier. Qui n'était autre que Madame B. Il était tard ce soir là et j'étais crevé, j'étais encore tout gosse, sept ans pour être précis. Elle m'a proposé d'aller chez elle, enfin son frère. Jusqu'au lundi, elle n'avait apparemment pas d'autre solution, étant donner que c'était un samedi soir, personne d'autre ne pouvait m'accueillir vue l'urgence de la situation.

Etonnamment, malgré le temps et son jeune âge à l'époque, Alex se rappelait très bien de ce soir là et du jour qui suivit. Il avait été étonné que la femme ne l'ait pas grondé. Elle c'était présenter à lui comme étant l'assistance sociale en charge de sa personne, lui expliquant que la dame précédente avait changer de travail. Elle lui avait ensuite présenté la situation. Puis l'avait conduit jusqu'à la maison, avant de l'accompagner jusqu'à la chambre. A aucun moment elle ne lui posa de questions, ça lui avait plut. Il c'était vite endormit et ne c'était réveillé que le lendemain midi. En descendant sur la pointe des pieds, il fut accueillit par toute une famille attablée. Tous lui sourirent même les deux petites filles. On l'avait installé entre les deux demoiselles. Ils s'étaient présenter à lui. James le papa, Mandy la maman, Judith la cadette et Miranda l'ainée. Ils avaient mangé tranquillement, discutant avec légèreté, tout paraissait si naturel, c'était déconcertant pour lui. A la fin du repas, on l'avait laissé seule avec l'assistante sociale, il savait alors que c'était le temps des questions.

-Dis moi Alex, comment un petit garçon de sept ans, trouve le courage de prendre la route comme tu l'as fais ?

Il avait longuement réfléchie à la question, ce demandant s'il devait parler ou non, mais la patience dont faisait preuve la femme avec lui l'encouragea.

-Je dois retrouver quelqu'un Madame.

La femme avait simplement hoché doucement la tête.

-Je vois et ce quelqu'un à un nom ?

-Oui, c'est Arizona.

-Arizona sait que tu est partie comme ça seul sur les routes ?

-Non Madame, elle ne le sait pas. Mais c'est important que je la vois, je le lui ais promis.

-Je vois, je peux savoir qui est cette personne pour toi ?

-Je ne suis pas sure de le savoir Madame, elle est très importante. Elle a besoin de moi.

La femme avait froncé les sourcils, n'étant visiblement pas sure de tout comprendre.

-Et où comptais-tu la rejoindre ?

-A l'orphelinat où on était, je croyais qu'on m'aurait ramené là bas directement, mais je suis aller en famille.

-C'est donc d'une petite fille dont nous parlons ?

-Oui Madame, elle est toute petite. Il avait fouiller dans une de ses poches, sortant une photo très abimée de la petite fille en question.

-Elle me la donner avant que je parte.

Madame B avait prit un aperçu de la photo, une fois encore elle avait froncé les sourcils.

-Alex, Arizona est une très belle petite fille et plutôt jeune, elle a surement trouvé une famille maintenant.

Il avait secouer la tête sachant qu'il y avait peu de chance que se soit vrai.

-Les gens ne veulent pas d'enfants comme elle.

-Comment sa ? avait demandé la femme confuse.

Il avait regardé la photo, la remettant soigneusement dans sa poche avant de répondre à la question.

-Elle est différente, les gens n'aiment pas les enfants différents. Madame Scott, l'une des dames de l'orphelinat, disait qu'il faudrait trouver un endroit mieux pour elle une fois que je serais partie. Il n'y avait qu'avec moi qu'elle dormait et qu'elle ne pleurait pas tout le temps. Elle a besoin de moi Madame, il faut que je la voie.

Alex se souvient encore de l'expression déconfite de Madame B, elle ne savait pas quoi faire. Maintenant il comprenait qu'elle ne pouvait pas lui faire de promesse qu'elle n'aurait pas put tenir.

-Je suis retourné dans la famille d'accueil où j'étais, après avoir fait la promesse à Madame B de bien me tenir. Je l'ai fait parce que je savais qu'elle allait chercher Arizona, elle m'avait donné sa parole. Et je l'ai cru.

-Ca a prit deux semaines à ma tante pour retrouver Arizona. Continua Miranda.

-Tu te rends compte ? Deux semaines pour localiser une gamine de cinq ans. Il avait fallut cinq jours pour pouvoir avoir le dossier complet d'Alex. Là elle y a trouvé les coordonnés de l'orphelinat en question et l'avait appelé. La direction ayant changé, ils ont eut du mal à voir de qui elle parlait. Jusqu'à ce que l'une des éducatrices se souvienne d'Arizona. J'attends encore ma tante ronchonner après eux. Puis enfin elle l'a trouvée.

Elle revit sa tante partager par le bonheur de la fin de ses recherches et par l'horreur du parcours de la fillette.

-Ils l'ont gardée que deux semaines après le départ d'Alex. Le rapport dit qu'elle devenait ingérable, ils l'ont alors envoyée dans un centre plus adapté. Un centre plus adapter mon cul ! Un centre où ils droguent les gosses. Elle y est restée deux mois avant d'être hospitalisé. Depuis elle fait les aller retour entre l'Hôpital et ce centre.

-Tu comptes faire quoi ? Lui avait demandé son frère.

-Je vais aller la voir, j'aviserai par la suite.

-Et pour Alex ?

-Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire. Je n'ai pas accès au dossier d'Arizona, je ne sais donc pas ce qu'il ne va pas avec elle. Je veux en apprendre plus avant de faire quoi que se soit.

-C'est comme ça qu'un soir, elle est rentrée en disant que c'était sure, elle devait faire une différence pour ces gosses. Qu'elle ne pouvait décemment pas l'assez une telle chose ce produire. Elle c'est donc mit à la recherche d'une famille voulant les accueillir tout les deux. Mais elle c'est vite rendue compte que c'était impossible. Jusqu'au jour où elle à trouvé la solution.

Miranda revoit sa tante arrivée en furie chez eux, ils étaient alors tous à table.

-Je sais, je sais. Avait-elle crié en entrant.

-Tu sais quoi ? Avait demandé son frère.

-Je vais les prendre moi ces gosses, c'est la seule solution.

-Harmonie, tu devrais t'assoir et réfléchir un peu plus à cette idée. Je ne suis pas sur qu'elle soit bonne.

-James, c'est la meilleure idée que je n'ai jamais eue. Cette môme ne trouvera pas de famille, encore moins une qui accepte d'accueillir deux enfants à la fois. Et il ne faut pas les séparer ces gosses. Les personnes de cet orphelinat d'écrivent leur rapport comme fusionnel. Alex faisait un meilleur travail que toutes ces merdes qui lui donne. Si Arizona reste dans ce centre, elle n'y survivra pas. Et Alex, ce gosse renfrogné, était un amour avec elle, il était doux et calme. Ils ont besoins l'un de l'autre.

-Mais deux enfants, tu es sure de pouvoir géré ça? Deux enfants fragiles.

-Je suis sure qu'elle en est capable, ta sœur est une femme cultivée. Elle peut s'occuper de ses deux enfants, j'en suis sure. Elle les aime déjà.

-Elle a fait marcher ses relations pour faire accélérer le processus et a visité les futures Lilas entre temps. Les choses sont allées très vite. Puis ce fameux jour est arrivé.

Depuis qu'elles étaient montées Arizona n'avait pas prononcé un seul mot. Callie n'osa pas rompre le silence, voyant que son amie était plongée dans ses pensées. Elle l'observa attentivement. Arizona s'allongea toute habillée sur le dessus du lit, observant le plafond. Elle ne se déplaça pas lorsque Callie s'allongea à ses côtés. Pour la première fois depuis presque deux semaines, elle ne la prit pas dans ses bras. Le contact manqua à la Latina, mais elle ne fit rien pour le créer, craignant d'interrompre les pensées de la blonde. Elle entendait Alex parlé deux chambres plus loin. Elle ne pouvait pas distinguer ce qu'il disait, mais se fut long. L'impression de la longueur de ce discours était amplifiée par le silence de la pièce où se trouvaient les deux femmes. Résignée, Callie finit par fermer les yeux. Elle se remémora toutes ses photos et petites anecdotes.

-Elle m'a sauvée.

Callie sursauta presque en entendant la voix distincte d'Arizona. Elle se tourna alors vers la demoiselle qui la regardait désormais de ses grands yeux bleus.

-Tu parles de Madame B ? Vérifia-t-elle plus pour la forme qu'autre chose.

-Oui. Ce jour là je suis revenue à la vie. Elle était venue me voir plusieurs fois avant. La première fois, je m'en souviens encore. Pourtant je ne me souviens pas de grand chose de cette époque, mais elle, elle m'a marquée. Parce que tout le temps où elle était avec moi, elle a pleuré. C'était tellement étrange. A partir de ce jour elle est revenue, de plus en plus régulièrement. Puis elle s'est mise à me parler d'Alex et d'une maison où ont vivraient, elle, moi et Alex. Sa paraissait dingue, mais je l'ai cru et je me suis attachée à sa promesse. Jusqu'à ce jour où elle m'a prise avec elle. Je me suis réveillée dans cette magnifique chambre et tout étais juste parfais.

-Ma tante avait été la chercher, Alex attendait avec nous aux Lilas.

-Je ne tenais pas en place, sa faisait deux jours que j'étais arrivé. Quand enfin la voiture est arrivée.

-Mon père a aider sa sœur à la sortir de la voiture, Arizona était profondément endormit. On aurait dit une poupée en porcelaine, tant sa peau était pale et qu'elle paraissait fragile.

-J'ai attendu qu'elle se réveille en ne la quittant pas des yeux.

-A mon réveille Alex se tenait à côté de moi. Je ne l'avais pas vue depuis si longtemps, je me suis jeter dans ses bras, on à rouler boulé par terre.

Les trois d'entre eux revirent la scène se jouer dans leur tête, essayant au mieux de la partager avec leurs proches.

Arizona était arrivé depuis une heure, lorsqu'elle se réveilla, Alex devait se retenir pour ne pas lui sauter dessus. Au premier étages lorsqu'ils entendirent des rires, suivit d'un bruit sourd. Ils coururent tous voir ce qui se passait et trouvèrent Arizona accrochée au cou d'Alex, visiblement tombé au sol suite à l'assaut de la fillette. Les deux riaient, ignorant les spectateurs, chose qui allait devenir familière pour leurs proches.

En voyant finalement Madame B, Alex c'était redressé et avait été vers elle, suivit par une Arizona fermement accroché à lui, il avait remercier la femme qui en avait les larmes aux yeux. Les enfants ne c'étaient pas quitté de toutes la journée, de toute la semaine suivante d'ailleurs. C'était le premier jour de leur famille dysfonctionnel.

-Harmonie Bailey était une maman exceptionnelle.

Callie sourit à la déclaration d'Arizona.

-Vu l'amour que tu lui portes, il serait difficile d'en douter. Arizona lui sourit à son tour avant de ce blottir contre elle, Callie ne put retenir un soupir de contentement au contact. Un silence confortable s'installa, alors que Callie traçait des cercles paresseusement dans le dos de la blonde, du bout de ses doigts. Ce geste apaisait Arizona, qui commençait à avoir les paupières lourdes et l'esprit brumeux.

-Si j'ai bien compris, je suis ton nouvel Alex. Son ton était plein d'humour.

-Non, je n'ai jamais eu envie de faire l'amour à Alex. La déclaration sortit sans même qu'elle ne s'en rende compte, le sommeil était tellement proche qu'elle n'était même pas sure de l'avoir dit. Pourtant elle aurait du deviner qu'elle l'avait fait lorsque le geste de Callie se stoppa nette.

La brune la regarda légèrement choquée, agréablement choquée. Un sourire brilla sur son visage. Elle resta un long moment regarder la femme tout juste endormie, avec un émerveillement pure. Elle resserra son emprise sur la femme, se délectant du contact. C'était juste parfais.