12. de bonne humeur
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Y'a quelqu'un a la maison, pensa Masumi lorsqu'elle entendit l'eau couler de la douche. Elle enfouie son nez dans son édredon, pensant qu'il sentait bon et diffèrent quand ses yeux s'ouvrirent grand et elle se rappela où elle était et pourquoi elle était toute nue sous la couette. L'autre moitié du lit était vide, et elle s'étala, jetant un coup d'œil à la porte refermée de la salle de bain. Une partie d'elle voulait l'éclater ouvert et sauter dans la douche avec lui, tandis qu'une autre part d'elle était encore épuisée et voulait dormir encore un peu.
L'horloge digitale sur la table de chevet lisait 7:17, et elle referma ses yeux avec un soupir. Elle s'était réveillée aux environs de 2:30 à cause du décalage horaire et puis passée l'heure suivante et quelque allongée dans le noir, réveillée, à écouter le flux régulier de la respiration de Rei et en l'observant dormir jusqu'à ce que son agitation ne le réveille aussi. Il se rendormit plus vite qu'elle après, mais elle ignorait si avoir ses bras autour d'elle et leurs jambes enchevêtrées l'avait aidé ou gêné.
Ceci n'est pas bon, pensa-t-elle, se roulant sur son coté et ouvrant les yeux. Elle avait encore plus envie d'être avec lui maintenant, mais elle ignorait maintenant ce qu'ils étaient, s'ils étaient quoi que ce soit. L'entendant couper l'eau, elle laissa son regard parcourir la pièce qu'elle n'avait la veille que dans le noir. Il n'y avait pas grand-chose dans la chambre à part le lit double et la table de chevet, juste une armoire et trois conteneurs de stockage tassés les uns sur les autres dans le coin. Elle se souvint avoir vu un bureau avec un ordinateur portable dans le salon, mais elle se demandait ou il gardait ses livres. Etait-ce ici qu'il vivait plus jeune ou avait-il déménagé depuis ? Il n'y avait pas trace ici de l'enfance d'une personne, pas comme sa chambre dans la maison qui avait appartenu à ses parents.
Se mettant sur son estomac, elle tendit le bras vers la table de chevet et l'ouvrit par simple curiosité, mais elle s'arrêta déçue quand tout ce qui l'accueillit fut la vue non remarquable d'un coupe-ongles et quatre paquets de mouchoirs. Elle referma le tiroir et planta son visage dans l'oreiller, incapable de décrire cette odeur comme autre chose que "plaisant." La porte s'ouvrit, et elle se poussa sur ses coudes pour regarder par-dessus son épaule. Rei sortit, portant un caleçon, et la regarda.
"Je t'ai réveillé ?" demanda-t-il, se dirigeant vers l'armoire.
"Je t'ai réveillé à 3 heures donc nous sommes quittes," dit Masumi, donnant quelques coups de pieds sous la couverture, et elle observa Rei mettre une chemise et un pantalon. Elle souriait, elle s'était soudainement aperçue, ressentant une sorte de vertige qui accompagnait une prise de conscience qu'il n'y avait que le présent et rien d'autre de ce côté du paradis.
"Tu peux te servir de la douche si tu veux. Je vais mettre tes habits à laver, alors pourquoi pas porter ceci en attendant ?" dit Rei, apportant un yukata à rayures à Masumi. "T'as l'air de bonne humeur aujourd'hui," remarqua-t-il en se penchant et lui ébouriffant les cheveux.
"Je suis de bonne humeur si je peux voir ton visage," dit-elle d'une simple honnêteté, souriant toujours.
Il y eu une pause, et Masumi se demanda à quoi Rei pensait derrière cet air troublé et distant. "Veux-tu emménager avec moi ?" demanda-t-il sans préavis. "Tu ne comptes pas rester à l'hôtel éternellement, non ?"
Le cœur de Masumi saute un battement et son cerveau devint vide. Elle le fixa des yeux, essayant d'identifier si peut-être il y avait quelque chose de vraiment problématique avec ce qu'elle voyait. Peut-être qu'elle n'était pas vraiment réveillée, bien que tout a l'air réel et avait la sensation de réalité mais manqué subtilement la luminosité, l'exactitude et la clarté du monde réel. Une sensation de réalité qui se dérobait de l'esprit rêveur.
"Penses-y ?" dit Rei. "Je vais nous faire de quoi manger."
Oui, ceci doit être un rêve...
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La salle de séjour était remplie de l'odeur de café lorsque Masumi y entra, le bas de son yukata touchant le sol. Elle se sentait propre et rafraichie après sa douche, mais elle était encore bien pouvoir répondre à la question de Rei. Qu'est-ce qu'elle craignait ?
"J'ai des choses dont je dois m'occuper ce matin," dit Rei sans lever les yeux du dossier sur la table de cuisine. "Donc je ne pourrai pas te reconduire à ton hôtel."
"OK," dit Masumi en se versant une tasse de café et se glissant dans la chaise à coté de Rei. Ramassant la tranche de toast devant elle, elle jeta un coup d'œil furtif sur les papiers dans le dossier juste au moment où Rei le referme, mais pas avant qu'elle n'aperçoive le mot "APTX." Elle s'immobilise. Les quatre chiffres après "APTX" dans le dossier étaient différents de 4870. 4869 ? 4896 ? Elle ne pouvait pas le remémorer. Mais pourquoi lisait-il quelque chose comme ça ?
"Ton numéro de téléphone a-t-il changé ?" Demanda Rei en sirotant son café.
"Ouais, j'ai dû me procurer un nouveau téléphone quand je suis revenue," répondit Masumi avant de s'exclamer. "Où est passé mon téléphone ?"
A doux gloussement s'échappa de Rei, et il lui tendit son Sony Xperia. "Il est tombé de ton short."
Masumi rougit et lui arracha son téléphone de la main. "Tu n'as pas regardé dedans, j'espère ?" Elle le gronda, bien que son téléphone fût tout neuf et n'avait rien dessus.
"Quels secrets as-tu donc dessus que tu ne veuilles pas que je les voie ?" demanda Rei, amusé.
Le regard de Masumi tomba sur le dossier le temps d'un clin d'œil, puis elle souffla et mordit le toast dans sa main. "Des secrets d'état," mentit-elle, mâchant, et Rei ronchonna. Elle regarda de nouveau le dossier, sachant qu'elle ne pourrait plus le mentionner, du moins pas maintenant, mais elle ignorait si c'était pour le meilleur ou le pire.
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