Bonjour, bonsoir
Voilà probablement le dernier volet de la série d'OS matoine (ou pas on verra) mais en tous cas depuis « Accepter l'inacceptable » je parle de manière détournée de la relation que j'ai entretenu jusqu'à très récemment. Et là ben c'est la rupture.
Donc je vous présente ici un texte vraiment triste.
Sortez vos mouchoirs et bonne lectures mes petits coléoptères !
Inexcusable
Mathieu
Mathieu
Qu'ai-je fais ?
La panique, insidieuse, se faufile dans le creux de mon ventre
Je fais mine de ne pas voir
Mais je n'en pense pas moins
Je n'en ressens pas moins
Tes yeux clairs quittent l'écran
Les traits tirés
Tes traits qui étaient
Il y a quelques minutes encore joyeux et détendus
Qu'ai-je fais ?
Je serre les dents et refoule une montée de larmes
Car je sens que j'ai raté mon coup
Soit ça passait
Soit ça cassait
Hier soir je t'ai écrit un texte
Car j'ai réalisé d'un coup
Que tu avais raison
Et que nous sommes beaucoup trop différents
Jusqu'à maintenant ça ne me dérangeait pas
C'était la passion
Qui me laissait voir ce que je voulais
Et me cachait ce qui me dérangeait
Mais un soir où j'allais mal le masque est tombé
Je l'ai senti se détacher
Morceau par morceau
Et se briser au sol dans un vacarme assourdissant
Si assourdissant que j'ai éclaté en sanglots
Si assourdissant que je n'entendais plus rien d'autre que mes propres gémissements
Et le doute s'est infiltré dans mes veines
Le poison s'est répandu
Il aurait pu être bénéfique
Mais j'ai vite senti que ce ne serait pas le cas
Que ce doute serait sans doute le dernier. Et le pire d'entre tous
Celui qui tord le ventre de peur, de rage, de culpabilité
Celui qui paralyse
Je voulais t'en parler
J'ai essayé
Mais j'étais bloqué
Et je revois ton visage souriant
Tes yeux clairs qui pétillent
J'ai tenté d'apaiser ce brasier
Tenté de le couvrir avec une couverture d'occupations pour tenter de l'asphyxier
Mais il est resté
Et j'ai eu besoin de parler même si tout était verrouillé
Alors comme toujours quand je doute j'ai pris mon clavier et j'ai écris
Et cette fois j'ai laché
Tout
Tout ce qui j'avais sur le cœur
Ça m'a fait un bien immense
De réaliser les choses dont je n'avais pas conscience
Toutes ces choses qui n'allaient pas
Et puisque je n'arriverai jamais à te le dire en face je me suis dit que ce serait une bonne idée de te le faire lire.
J'aurais dû attendre encore
Et profiter encore de bons moments avec toi
Car j'ai tout gâché
Bordel de merde
J'aurais pu avoir quelques jours de bonheur encore
Quel con
JE ME DETESTE
Et je revois ton regard se durcir
Et tes traits se tirer
Et je me sens mal
Et je me sens si mal
Et je repense au grain de ta peau. A la texture de tes cheveux. A la couleur si unique de tes yeux. A la sensation de ton torse contre le mien. A tes bras qui me serrent amoureusement. A tes soupirs. A tes yeux qui me regardent avec envie, avec amour.
Et j'en pleure
J'en pleure de toutes mes forces
Les larmes ne s'arrêtent pas de couler lorsque nous nous retrouvons quelques heures après pour parler
Histoire de mettre un terme proprement
C'est peut-être là que je voulais en arriver
Mais c'est si dur
Je ne veux pas
Je ne veux pas
Mettre fin
C'est si dur
De se dire que c'est fini
« »
Le pire mot
Mes sanglots ne s'arrêtent pas et je sens les tiens dans mon cou, plus discrets, mais aussi présents
Je suis si pathétique à pleurer en pleine rue dans tes bras, à pleurer et à sangloter si fort, alors que toi tu es si digne. A peine quelques larmes se sont échappées de tes yeux clairs.
Qui prennent d'ailleurs une teinte que je déteste
Car c'est moi qui l'ai créé
J'aurais dû t'embrasser encore une fois. Prendre ton visage entre mes mains, passer mes doigts dans tes cheveux. Et poser mes lèvres sur les tiennes. Fermer les yeux. Et savourer.
Je suis si bête
Pourquoi est-ce que cela n'a pas marché ?
POURQUOI
POURQUOI PUTAIN
JE T'AIME BORDEL DE MERDE
MAIS CA NE SUFFIT PAS
J'ai envie de m'accrocher à ton cou et de faire disparaître les larmes qui coulent de tes yeux.
De revenir en arrière
De te tenir la main encore
De te dire je t'aime encore
Car je le pense encore
Et dire que c'est A CAUSE DE MOI.
Je me déteste
Tellement
Tu tentes de me rassurer
De me consoler
Mais rien ne peut me faire sourire ce soir
Tu m'as fait promettre de ne plus pleurer quand je me suis retourné pour te laisser sur le quai
Mais ce que tu ne sais pas c'est que je me suis retourné encore une fois après
Et qu'il n'a fallu qu'une seconde. Qu'une pauvre seconde pour qu'un sanglot m'échappe et que mes yeux se brouillent de nouveau
Et que ta silhouette devienne flou
Tu vois je ne t'écoute jamais
Et ce que tu ne sais pas non plus c'est que au moment où j'écris ces lignes mes yeux sont si mouillés que je n'arrive plus à voir l'écran
Je sens les larmes rouler sur mes joues
Non jamais
Car je repense à nous
Et les spasmes prennent mon ventre
Pourquoi ça ne marche pas
Pourquoi
Alors que je supprime ton visage de mon fond d'écran
J'aimerais juste savoir…
Et que je remets sobrement ton prénom sur mon téléphone
Pourquoi n'arrive-t-on pas à surpasser nos différences ?
Et je revois ton regard se durcir
Les larmes reviennent
A la lecture de ces lignes destructrices
Elles me sont fidèles
Que je vais d'ailleurs effacer de mon ordinateur
Le fond d'écran vierge, si vide sans ton visage
Et j'espère au fond de moi que ce texte-là te feras un petit quelque chose
Mathieu
Je suis si désolé
J'ai aimé être avec toi
Sinon je ne me serais pas autant accroché
Ce n'était pas parfait
Mais il me semble que tu as aimé être avec moi aussi
Et puis tu m'as dit quelque chose de beau
« Tu as participé à l'acceptation de ma bisexualité »
Ça me rend heureuse
Car toi aussi
Je me suis accepté grâce à toi
Donc ce n'était pas si inutile !
Je voulais finir sur une note humoristique
Histoire de faire pleurer et rire dans le même texte
Mais bordel je suis une merde jusqu'au bout
Même pas capable de finir en beauté le dernier texte qui t'es dédié
Désolé encore
Voilà voilà
Bon ben c'était le texte de la joie !
J'espère que ça vous a plu, sur ce je vais aller me coucher et penser à des lemons futurs pour remonter le moral de tout le monde ! ^^
Sur ce, keurs sur vous tous
Je vous aime bande d'insectes
