Bonjour bonjour ! :)

Voici la suite de l'histoire ! Je suis désolée de poster aussi irrégulièrement, je suis très attachée à cette histoire mais c'est parfois difficile de se motiver… En tous cas, merci beaucoup aux quelques-uns/unes qui la suivent, ce chapitre est pour vous ! :)

En espérant que ça vous plaise !

PS : aucuns des personnages de Twilight ne m'appartiennent, pas plus que le monde d'Harry Potter…

ECECECECECECEC

CHAPITRE 11

LE CLUB DE DUELS

Edward frotta une énième fois sur la coupe d'argent en soupirant. Rien à faire, les empruntes laissés par des doigts un peu trop curieux ne partaient pas. Et il n'avait même pas le droit de se servir de sa baguette ! Comme samedi matin, on pouvait rêver mieux.

Un pincement au cœur, il songea à Emmett qui devait dormir bien tranquillement dans son lit, reprenant des forces pour l'entrainement de l'après-midi. Quant à lui, il était en retenue jusqu'à midi, devant nettoyer un à un tous les trophées de la salle avec un chiffon poussiéreux enduit de produit moldu, sous le regard narquois d'Alistair qui caressait son horrible chat en ricanant.

D'après Laurent, il aurait dû s'estimer heureux de se voir octroyer qu'une seule retenue : « Non seulement vous êtes impertinent monsieur Masen, mais en plus vous êtes arrivés en retard alors que je vous avais convoqué ! La prochaine fois, je me montrerai moins clément ! »

Qu'importe. Laurent l'avait toujours détesté et ce n'était pas maintenant que ça allait changer. En revanche, ce qu'il avait découvert par mégarde en surprenant la conversation de Carlisle et Sam Uley avait de quoi nettement plus l'intéresser. Il avait surveillé le Plan des Nomades depuis, guettant le nom de ses deux professeurs, mais ils ne semblaient pas s'être reparlés.

Mettez-y du cœur Masen, on bien vous ferez des heures sups la semaine prochaine ! Grinça Alistair tandis qu'Edward avait cessé de frotter la coupe, les yeux rivés sur la vitrine.

Sans tenir comptes des traces de doigts qui demeuraient à leur place, il se saisit de la coupe voisine, les sourcils froncés pour rapprocher de ses yeux l'inscription qui l'avait interpellée. Victoire des Gryffondors : James Hunter, Sam Uley, Anthony Masen, Laurent Wild.

Les Nomades ! Le cœur au bord des lèvres, Edward serra ses doigts sur le rebord de la vitrine. Depuis qu'il avait mis la main sur ce fameux plan, il n'avait cessé de se produire d'étranges évènements. A commencer par la découverte d'une amitié ancienne entre deux de ses professeurs, son père et un énième garçon dont le nom lui disait vaguement quelque chose, sans trop savoir pourquoi.

Ce n'est pas avez vos yeux mais avec vos mains qu'il faut frotter Masen, alors du nerf !

Edward frotta machinalement le vieux morceau de tissus sur la coupe, l'esprit ailleurs. Une petite visite s'imposait.

ECECECEC

Je ne comprends pas, répéta à nouveau Emmett en délaçant ses jambières. Pourquoi ne pas demander à Carlisle directement ? Il sera le plus à même de te répondre !

Edward fit passer sa robe de Quidditch par-dessus sa tête avant de répondre. C'était la fin de l'après-midi et l'entraînement l'avait épuisé, d'autant plus qu'Alistair avait fait exprès de le libérer en retard de sa retenue le matin même et qu'il n'avait donc pas pu profiter de la pause du déjeuner pour se reposer.

Oui mais il ne le fera pas, répondit-il. La dernière fois que je lui ai posé une question sur Sam Uley, il a fait semblant de ne pas le connaitre alors je ne vois pas pourquoi il me dirait la vérité maintenant ! Surtout s'il sait qu'on l'a espionné – à notre insu, certes – dans le bureau de Uley…

C'est pas faux, grimaça Emmett. T'as peut-être raison… Néanmoins, je préférerais avoir aussi l'avis de Bella.

Edward acquiesça silencieusement avant de filer sous la douche. Il ferma les yeux et goutta avec délectation la chaleur des gouttes d'eau sur la peau de ses muscles endoloris. Il aurait pu rester éternellement, là, sous le jet d'eau, appuyé contre le mur, les yeux fermés et les épaules se relâchant enfin des durs efforts de la journée. Ce ne fut que les images du Plan des Nomades et de la coupe de la Salle des Trophées, se succédant à toute vitesse dans son esprit, qui lui donnèrent la force de fermer le robinet et de sortir des volutes de buée blanchâtre. Il se rhabilla rapidement et cria à Emmett qui finissait de se doucher qu'ils se retrouveraient avec Bella « tu sais où ».

En sortant des vestiaires, il reçut de plein fouet une bourrasque de vent froid et humide, chargée des embruns marécageux du lac. Il frissonna et traversa le terrain au pas de course, rentrant la tête entre les épaules, avant de dévaler la petite colline qui descendait vers la forêt interdite. Dans l'obscurité naissante de la nuit, les fenêtres de la cabane s'allumaient d'or. Avec un sourire, Edward frappa trois coups à la vielle porte branlante.

Oui ? Hennit une voix. Ah Edward, c'est toi mon grand ! Entre, ne reste donc pas là dans le froid !

Zafrina se tenait dans l'entrebâillement de la porte, sa chevelure sombre rehaussant l'éclat de ses grandes dents. Edward l'enlaça avec joie, regrettant de n'être pas venu la voir plus tôt. Il s'assit à l'unique table de la maisonnette tandis qu'elle mettait à chauffer sur les flammes une casserole d'eau dans laquelle elle jeta une poignée d'herbes. Elle sortit ensuite d'une étagère la fameuse boite en fer qui recelait sa vieille spécialité : des petits sablés à base d'avoine, sur lesquels Edward et ses amis avaient toujours craint de casser leurs dents.

Alors mon grand, qu'est-ce qui t'amène ? Demanda-t-elle une fois qu'elle eut pris place en face de lui. Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas vu !

Edward baissa piteusement la tête. Elle avait raison. Avec les derniers évènements, le trio avait un peu délaissé leur vieille amie.

Et bien… Commença songeusement Edward. Pour tout te dire, j'ai quelques questions à te poser.

Un éclair d'intérêt traversa les yeux sombres de la garde-chasse. Elle se leva en silence de la table pour enlever des flammes la casserole qui bouillait et versa le liquide doré dans deux grandes tasses. Edward accepta la sienne en la remerciant d'un hochement de tête et attendit qu'elle se soit rassise pour reprendre. Il décida de jouer cartes sur table.

Je sais que Laurent et mon père étaient amis.

Il guetta sa réaction. Zafrina reposa avec soin la tasse dont elle s'apprêtait à boire la première gorgée et resta un moment silencieuse.

Ce n'est un secret pour personne.

Et pourtant, personne ne me l'avait jamais dit jusqu'à maintenant.

Elle se détourna vers les flammes qui dansaient dans l'âtre.

Parfois il est plus facile d'oublier.

Ne fais pas comme Carlisle s'il te plait, ne me mens pas. Je sais que lui aussi a connu mon père.

Le silence retomba dans la maisonnette, seulement troublé du crépitement des flammes. Edward fixait de tout son cœur le profil chevalin de Zafrina, à moitié plongé dans l'obscurité. Il attendit patiemment qu'elle reprenne la parole, le cœur battant. Elle finit par céder.

C'est vrai. Anthony et Laurent étaient amis à Poudlard. Avec James et Sam, ils étaient tous les quatre inséparables. Je me souviens comme si c'était hier de leur arrivée à Poudlard. C'était ma première année en tant que garde-chasse et ces quatre-là sont vite devenus les mascottes de l'école.

Edward digéra l'information avec recul, comme s'il ne s'agissait pas de son père mais d'un quelconque individu. Pour l'instant, il fallait enregistrer le plus possible de connaissances, il serait temps d'y réfléchir plus tard.

Mais pourquoi Laurent ne me l'a jamais dit ? Pourquoi Sam Uley non plus ? Pourquoi Carlisle non plus ?

Zafrina soupira et but une gorgée de thé avant de répondre à la question.

Carlisle était plus jeune que les quatre. C'est grâce à Elizabeth, ta mère, qu'il a pu les rencontrer. Il s'est très vite entendu avec ton père. Ils avaient une relation presque fraternelle. C'est d'ailleurs lui qui a convaincu ta mère de laisser une chance à ton père. Sans lui, tu ne serais peut-être pas né…

Pour la première fois, l'ambiance s'allégea quelque peu et Edward se surprit à sourire. Il avait toujours ignoré le rôle d'entremetteur que Carlisle avait pu jouer dans la rencontre de ses parents.

Et James, qu'est-il devenu alors ? Et pourquoi Sam, Carlisle et Laurent font comme s'ils ne s'étaient jamais connus avant ?

Le visage de Zafrina se ferma subitement.

La mort de tes parents a brisé beaucoup de choses Edward. Je t'ai dit, il est parfois plus facile d'oublier. Quand à James, ce n'est pas à moi de t'en parler.

Au moment où Edward ouvrit la bouche pour protester, quelques coups furent frappés à la porte. Closeil, le vieux chien borgne de Zafrina se réveilla en aboyant péniblement et Emmett et Bella firent irruption sur le seuil. Leur amie les invita gaiement à entrer et, tout en caressant la tête du vieux chien qui s'était couché sous sa chaise, Edward sut que l'heure des révélations était bel et bien passée.

ECECECEC

Le lendemain, à l'heure du dîner, régnait dans le couloir du premier étage une excitation peu commune pour un dimanche soir. Les septièmes années, gryffondors et serpentards, attendaient avec impatience que la porte de leur classe s'ouvre. La scène avait un côté un peu irréaliste pour Edward, qui dévisageait avec un étonnement non dissimulé les trépignements de ses camarades : aucun cours n'avait jusqu'alors soulevé un tel enthousiasme. En fait, il ne s'agissait pas d'un vrai cours, ou du moins, il ne s'agissait pas d'un cours comme tous les autres : il s'agissait de la première édition du Club de Duel, présidé par Sam Uley et Laurent Wild.

C'était un cours facultatif : les élèves n'étaient pas tenus d'y assister, ce qui expliquait d'ailleurs qu'il ait lieu un dimanche soir. Pourtant, Edward n'aperçut pas un de ses camarades manquant à l'appel. Bella écoutait patiemment Emmett lui raconter les entraînements de la veille tandis qu'Edward, silencieux, ne pouvait s'empêcher de zyeuter discrètement Hale qui semblait roucouler avec Withlock, adossée contre un pilier du couloir.

Dernièrement, leur relation avait pris un tour inattendu, qu'il ne savait plus désormais comment gérer. Après six ans de haine féroce, ne plus se faire insulter ou ne plus la toiser de regards méprisants lui laissait une étrange sensation de regret et de soulagement. En vérité, il était intimidé. Il ne savait plus sur quel pied danser avec elle. Elle était toujours aussi désagréable mais n'était plus dans la provocation permanente. Et c'était suffisamment de changement pour le désarçonner.

A quoi tu penses ? Intervint Bella.

Euh… A rien, dit-il en rougissant sans comprendre pourquoi.

Elle haussa les épaules avant de hocher la tête en direction d'où regardait Edward.

Je trouve ça franchement malsain comme relation. On est amis, ou on est en couple. Mais s'afficher ainsi devant tout le monde, alors qu'ils ont tous les deux un petit-copain et une petite-copine… Je ne trouve pas ça décent.

Emmett approuva gravement en passant un bras autour des épaules de leur amie.

Qu'est-ce que tu veux…c'est les Crocs ! Ils ont toujours été comme ça…

Edward se sentit agacé et se détourna vers la porte, attendant qu'elle daigne enfin s'ouvrir. Ce qui se produisit deux minutes plus tard.

Le silence retomba aussitôt. Sam Uley se tenait sur le seuil, les traits plus tirés encore que d'habitude, blafard dans sa cape noire de velours éliminé. Il hésita un instant avant de se racler la gorge et d'inviter les élèves à s'installer. Edward et ses amis furent parmi les premiers à s'engouffrer dans la salle faiblement éclairée, se faufilant parmi les autres pour s'assurer les places du premier rang. Par un malheureux hasard, il se retrouva assis à côté de Hale qui fit comme si de rien n'était. Seul Withlock le foudroya d'un regard noir avant de rapprocher sa chaise de celle de son amie. Edward n'y prêta guère attention, tout entier focalisé sur l'estrade où Sam Uley venait de reprendre place.

La classe avait retrouvé le silence depuis un moment déjà avant qu'il ne se à parler.

Et bien… Bonsoir à tous. Merci d'être venus si nombreux à ce cours. Il aura lieu tous les dimanches à la même heure et dans cette même classe. Vous n'êtes pas obligés d'y assister, j'ai simplement pensé qu'il pourrait vous être utile d'apprendre quelques tactiques de combat en plus des cours de Défense contre les Forces du Mal que vous donne le Professeur Laurent. Aussi, s'il y en a parmi vous qui sont venus simplement pour s'amuser, ils sont libres de repartir sur le champ. Je ne le répéterai pas. Le duel est un art exigeant et rigoureux : c'est notre vie qui est en jeu. Je vous demande donc le sérieux et la concentration la plus totale. Ceux qui ne s'en sentent guère capables, je vous laisse deux minutes pour quitter les rangs.

Le silence s'appesantit plus encore dans la classe, et les élèves échangèrent de timides regards sans trop oser lever les yeux. Pendant ce temps, Sam Uley s'était assis à son bureau et, sans prêter attention à la classe, fixait le cadran de sa montre. Quand une minute se fut écoulée, il se releva et parcourut les visages anxieux d'un air songeur. L'atmosphère était devenue étouffante, Edward lui-même avait l'impression de sentir ses côtes se resserrer autour de son cœur. Mais aucun élève n'avait quitté la classe.

Bien. Pour ce premier cours, je serai seul. Le Professeur Laurent n'a pu se libérer ce soir, mais cela ne nous empêchera pas de faire ce qui était prévu. La première partie de ce cours sera consacrée à de la théorie – que je vous demanderai de prendre en notes – et la seconde, à la pratique. Je vous demanderai également un devoir pour le prochain cours.

Aucun élève n'osa protester. Il était incroyable de constater l'aura qu'exerçait cet homme aux traits tirés et aux vêtements usés. Lorsqu'il parlait, une transformation s'opérait en lui : ce n'était plus un homme vieilli avant l'âge, engoncé dans une triste cape miteuse, non, c'était bel et bien le chasseur de créatures légendaires, et les cernes sous ses yeux, les rides sur les coins de sa bouche, tout cela enfin devenait les cicatrises de combats oubliés, les souvenirs de longues nuits d'errance à la recherche de sombres secrets.

Le cours commença, dans un bruit de grattements de papiers à peine troublé par les respirations. Sam Uley leur raconta les origines du duel sorcier, comment furent édictées les premières règles ainsi que la vie de quelques-uns des plus grands duellistes du monde magique. Edward écoutait avec fascination. Sa main, comme animée d'une vie propre, prenait seule en note le cours, le laissant vagabonder avec délice dans les ruelles moyenâgeuses de l'histoire sorcière. Ce fut presque avec regret qu'il apprit qu'ils allaient passer à la partie pratique du cours. Autour de lui, les élèves rangeaient leurs plumes et leurs parchemins en clignant des yeux, comme s'ils sortaient d'un long rêve éveillé. Il n'y eut pas un seul chuchotement.

Pour commencer, vous allez vous mettre par groupes de deux ou trois afin de réaliser les exercices que je vous montrerai. Je passerai ensuite dans les rangs pour évaluer les niveaux et la semaine prochaine, je vous attribuerai dans les groupes que j'aurai formés.

Aussitôt, tous les élèves se tournèrent vers leurs camarades et les groupes de duel furent les groupes qui déjeunaient ensemble à la Grande Salle ou qui flânaient ensemble sur la pelouse du parc quand l'air était doux. Edward était bien évidemment avec Bella et Emmett, quant à Hale, elle était seule avec Withlock.

Le premier exercice était plutôt simple : il s'agissait de désarmer son adversaire à l'aide de sortilèges qu'ils connaissaient déjà bien. Edward s'en sortit sans aucun problème ce qui fait qu'il se retrouva bien vite désœuvré. Pour passer le temps, il observa les duels autour de lui, tout en faisant des prévisions sur l'issue du combat et notant les qualités ou défauts de ses camarades.

Le duo le plus impressionnant était de loin Withlock et Hale. La plupart des élèves recommençaient l'exercice pour la troisième fois alors qu'eux ne s'étaient toujours pas désarmés. En les observant plus attentivement, Edward comprit que l'équilibre des forces n'était pas dû tant à la semblable maitrise des sortilèges qu'à la parfaite connaissance qu'ils avaient l'un de l'autre. Ils se connaissaient si bien qu'ils prévoyaient ce que l'autre allait faire avant même que celui-là y ait peut-être songé. C'était très beau à voir. Edward comprenait ce que leur professeur avait voulu dire par « un art aussi gracieux que celui de la danse ». Mais il était également curieux de savoir ce que donnerait un combat entre lui et l'un des deux Serpentards. Ce serait sans aucun doute beaucoup plus heurté. Moins de la danse que de la boxe.

Il se surprit même à penser qu'avec un peu de chance, Sam Uley le mettrait avec eux deux pour le prochain cours. Edward n'était pas de nature prétentieuse, mais il avait bien conscience qu'il faisait partie des plus doués de la classe – en duel, tout du moins.

Le cours est fini ! Annonça le professeur quand Hale eut finalement désarmé Withlock. Nous nous revoyons la semaine prochaine pour une séance entièrement dédiée à la pratique. Je veux par ailleurs que vous me remettiez un parchemin sur l'une des créatures magiques que vous choisirez parmi la liste que je vais vous faire passer. Si j'estime que le travail n'est pas suffisamment approfondi, je ne vous accepterai pas au cours d'après. Bonne soirée à tous !

ECECECEC

Quelques minutes plus tard, Edward, Emmett et Bella étaient assis devant la cheminée des Gryffondors, discutant du cours qu'ils venaient de quitter. Pour Emmett et Edward, ça avait été le cours le plus intéressant de toute leur scolarité. Bella était un peu plus réservée: elle attendait de voir les progrès qu'ils feraient.

D'ailleurs, demanda-t-elle en parcourant des yeux la longue liste que le professeur leur avait remis avant de partir, vous allez prendre quoi comme créature ?

Je sais pas encore… Soupira Emmett. Par contre, je sais laquelle tu vas prendre ! Ajouta-t-il avec une lueur malicieuse au fond des yeux.

Vraiment ?

Elle avait l'air sceptique. Edward se pencha par-dessus son épaule pour regarder les dizaines de noms qui se suivaient : Centaures, Dragons, Elfes de maison, Géants, Gnomes, Gobelins, Goules, Fantômes, Farfadets, Lutins de Cornouailles, Loup-garou, Sirènes, Trolls, Vampires, Vélanes…

Tu vas prendre les Vélanes !

Elle écarquilla les yeux d'un air surpris.

Co-comment tu sais ?

Emmett prit son temps avant de répondre, savourant d'un sourire sa petite victoire.

Bella… Tu es l'une des plus grandes féministes que je connaisse… Et pourtant, j'ai trois sœurs ainées à la maison !

Tu me connais plutôt bien en fait, murmura-t-elle d'un air songeur.

Ca a l'air de te surprendre ?

Edward, qui se sentait étrangement exclu de leur petit échange badin, ravala sa fierté pour poser la question qui lui démangeait les lèvres :

Euh… C'est quoi au juste les Vélanes ?

Emmett et Bella sursautèrent à l'unisson, tout aussi surpris par son ignorance que sa présence parmi eux.

C'est vrai que j'oublie parfois que tu ne viens pas du monde sorcier, commença Emmett en se grattant le front d'un air d'excuse.

Bella lui jeta un regard peu amène et entreprit d'expliquer à Edward ce qu'étaient ces créatures, comme pour prouver au deux garçons que n'être pas née parmi les sorciers n'était guère une excuse pour ne pas savoir.

Ce sont des créatures hybrides, qui remontent à la nuit des temps. En fait, la légende veut que la première vélane serait la sœur du premier sorcier. Elle inventa pour lui la baguette magique, et pour la remercier, il lui offrit la beauté la plus pure qui se puisse donner. Mais comme la beauté est un don tout autant qu'une malédiction, il dota sa rose nouvellement créée d'épines et ainsi naquit la vélane, femme à la beauté redoutable qui peut se changer en oiseau de feu lorsque le danger se fait sentir.

Edward écoutait en silence, songeur. Bella savait bien raconter les histoires, et il brulait à présent de rencontrer un jour cette créature légendaire, aussi belle que mortelle.

Mais… Pourquoi n'en ai-je jamais vu ? Sont-elles rares ?

A vrai dire, plutôt oui – du moins en Angleterre, où la loi est plus dure qu'ailleurs à leur encontre. Normalement, les vélanes n'ont pas le droit de pratiquer la sorcellerie. Mais en France ou en Roumanie par exemple, on autorise leurs enfants – s'ils témoignent de dispositions magiques – à étudier la magie. Ici, en Angleterre, il n'y a que les petits-enfants qui ont ce droit. A condition bien sûr que seul un grand-parent sur les quatre et qu'aucun parent sur les deux, soit une vélane. C'est tout à fait scandaleux si tu veux mon avis. Tu n'imagines pas le nombre de vélanes à qui l'on a interdit d'étudier la magie alors qu'elles l'avaient en elles.

Mais…pourquoi ? S'étonna Edward qui ne comprenait pas les raisons d'une telle injustice.

Officiellement, c'est que les vélanes sont des « créatures » - elle mima les guillemets de ses doigts – et qu'à ce titre, comme toutes les autres créatures magiques d'ailleurs, elles n'ont pas le droit de détenir une baguette. Officieusement, c'est que les sorciers les redoutent car elles sont dotées d'un très fort potentiel magique. Leur interdire de pratiquer la magie, ça leur permet de les contrôler…

Emmett toussota d'un air mal à l'aise, comme s'il se sentait incriminé par les propos de son amie. Bella l'ignora et poursuivit :

Mais les vélanes ne sont pas les seules victimes de cette discrimination. Toutes les autres créatures le sont au même titre : les elfes de maison, les gobelins, les loups-garous…

Les loups-garous ! S'écria Emmett. Encore heureux qu'on ne laisse pas les loups-garous s'approcher d'une baguette magique ! Tu te rends compte de ce que tu dis, Bells ? Tu sais au moins ce que c'est qu'un loup-garou ? Ce sont des êtres sanguinaires et bestiaux, qui n'ont plus en eux une seule part d'humanité ! Mon père, quand il travaillait en Roumanie disait toujours que…

Par Merlin ! Jura Bella. Entends-toi parler ! C'est à cause de gens comme toi que les lois n'ont pas évoluées depuis le Moyen-Age dans le monde sorcier ! Nous moldus, au moins, nous avons intégré les principes de la démocratie et de l'égalité !

Edward ferma les yeux en présentant la dispute venir. Emmett et Bella passaient leur temps à se disputer, pour tout et n'importe quoi. A croire qu'ils adoraient ça. Il s'enfonça contre le dossier moelleux du fauteuil en tâchant de ne pas prêter attention aux exclamations outragées qu'échangeaient ses deux amis. Comme il était sur le point de s'assoupir, bercé par la douce chaleur des braises rougeoyantes de la cheminée, il sortit le parchemin de sa poche et murmura : « Que flamboient toutes les barbes de Merlin ! »

De grandes lignes noires apparurent sur la surface blanche du parchemin pour esquisser au fur et à mesure le plan de l'école. Un sentiment de paix envahit Edward. Il avait pris l'habitude de regarder plusieurs fois par jour le Plan des Nomades et il ne se sentait jamais aussi puissant et heureux que lorsqu'il pouvait voir tous les déplacements des élèves et des professeurs de Poudlard. Dans ces courts instants, il avait l'impression d'être le maitre du monde.

Mais surtout, à chaque fois que le nom d'Anthony l'accueillait sur la page blanche du parchemin, son cœur battait à toute allure et c'était comme s'il partageait avec son père disparu un vieux secret d'amis. Goutant la quiétude qui était la sienne, il regardait le Plan, comme un grand propriétaire faisant le tour de son domaine. Hale, comme à son habitude, trainait dans la salle commune des Serpentards, aux côtés de Withlock Laurent tournait en rond dans son bureau Carlisle revenait de la bibliothèque, sûrement un grimoire sous le bras…

Soudain, ses yeux se figèrent sur un nom et ses sourcils se froncèrent. Le petit point noir descendait les escaliers, traversa ensuite le Hall et se hâta sur les pelouses du parc. Intrigué, Edward essaya de comprendre ce que faisait Sam Uley dans la Forêt Interdite à minuit passé, un dimanche soir. Il remit le Plan dans sa poche et se leva doucement du fauteuil pour jeter un coup d'œil par la fenêtre.

La pleine lune éclairait le parc d'une lueur diaphane et le Lac semblait fait d'argent. Il resta un moment perdu dans la contemplation de ce paysage familier, ainsi revêtu de couleurs féeriques. Mais il ne parvenait pas à restaurer en lui le sentiment de paix que faisait naître d'habitude la beauté de la nuit. Sa décision était prise : il lui fallait aussi aller dans la Forêt Interdite…

Edward ?

Il sursauta. Bella et Emmett le dévisageaient avec une curiosité qui leur fit momentanément oublier leur rancune réciproque.

Viens on va se coucher, on a cours demain et il est déjà tard.

Edward ne se sentait pas d'humeur de toute leur expliquer. Il suivit donc Emmett aux dortoirs des garçons en se promettant que la prochaine fois, quoiqu'il arrive, il parviendrait à percer le secret de Sam Uley.

ECECECECECECEC

Que vous ayez aimé ou non, dîtes le moi ! A bientôt j'espère ! :)