Merciii, une fois de plus, pour ces reviews touchantes :
--Catsumi, alors comme ça, tu commences à ne plus aimer Malicia ? C'est bien ça, on dirait que le message est passé lol ! Tu n'aimes pas la fraise non plus. Alors tu y trouves ton compte dans cette histoire, dans tous les sens du terme ! Mais tu as aussi demandé est-ce que John avouera ses sentiments. Hummmm. C'est toute la problèmatique de l'histoire ! Alors tu verras bien ! Merci pour ta review!
--Goupixa, non, je préfère pas croiser cette fille avec son couteau chelou made in Wolverine. Quant à moi, j'espère sincèrement que je ne fais pas peur avec mon Zippo mdrrr ! Ouaaaah ! Voilà l'idée d'expérience ... Je comprends qu'il y ait eu peu de volontaires ... Mais tu as raison, on pourrait faire le test nous-même et voir si les Malicias, ça brûle bien ! Merci encore et biz !
--Toumies ! Une petite nouvelle ! Je suis touchée ! Oui, en fait, j'avoue, c'est moi qui est écrit le scénario d'X-Men ... Mdr. Nan, plus sérieusement, je voulais vraiment respecter le plus possible le Pyro du film et donc la chronologie. Et j'ai adoré écrire son évolution au fil du temps, ainsi que tout son point de vue sur l'action. Alors contente que cela te plaise également ! Et en plus, j'ai l'honneur d'être responsable de ton baptême de lecture de fics X-Men ! C'est bien ça ! J'suis fière ! Mais petite question : comment tu es tombée sur ma fic ? Alors si tu as dévoré les précédents chapitres, il n'y a a plus qu'à espérer que tu en feras de même pour les suivants ! Bonne lecture et à une prochaine review j'espère ! ( et merci de t'être fait connaître ! ).
--Theriel, tu adores la fraise ? C'est bien, j'ai de tout dans mes lecteurs lol ! Quand est-ce qu'ils se mettent ensemble ?? Petite impatiente va ! Attends un peu ! Un plan à trois ?? Mdr, j'ai déjà eu cette idée ... mais surtout pas avec Malicia !! Bisous et merci d'être là !
Voilà. J'ai fait le tour de tout le monde ( et toi, Keikoku89, tu me dois une longue review pour compenser ton retard, NIARK ) alors bonne lecture :
Magnifique rechute, n'est-ce pas ? Quel connard profond et obstiné je fais ! J'hallucine. Je suis tout bonnement incapable d'évoluer ! Je n'apprendrai jamais rien ! Je ne tirerai jamais aucune leçon de mes erreurs ! Je ne suis qu'un abruti fini ! Et me revoilà de nouveau dans mon enfer personnel.
Comme si ça ne suffisait pas, il a fallu que le manoir soit attaqué ce soir là. J'appelle cela la cerise sur le gâteau.
ξөөҖөөξ
Un cri strident me fait sursauter. Je me redresse instantanément dans mon lit, le souffle court, les mains plaquées sur les oreilles pour atténuer la douleur. Sue fait encore des siennes. Qu'est-ce qui lui prend à brailler comme ça au beau milieu de la nuit ? Bon ok, je ne dormais pas et faisais la crêpe plus qu'autre chose mais tout de même ! Ses hurlements sont insupportables et résonnent dans tout le manoir.
Sue s'arrête finalement et j'ôte les mains de mes oreilles. Pourtant, un autre son m'interpelle. Des hélicos ? Ok, c'est sûr, y'a quelque chose qui tourne pas rond. Et Bobby est encore en bas. Je me penche donc, m'empare précipitamment de mon Zippo qui repose sur la table de nuit et quitte mon lit à toute vitesse pour m'élancer dans le couloir.
Dehors, c'est au moins la Troisième Guerre Mondiale. Tout le monde court dans tous les sens, crie et panique. Je reste figé sur place un instant, à regarder le monde s'affoler, tout en serrant si fort mon Zippo dans ma main droite que j'en ai presque mal. Ted et Ethan passent alors près de moi et je réagis enfin en gueulant :
- Qu'est-ce qui se passe putain ?
- Je sais pas ! On dirait que l'armée débarque ! s'excite Ted. Faut qu'on se casse.
- Faut que je trouve Bobby avant !
- Non, viens ! Il saura nous rejoindre, tente de me retenir Ethan.
- Non ! Je partirai pas sans lui !
Fourrant mon Zippo dans ma poche droite, je les abandonne et me mets à courir dans le couloir en direction de l'escalier. Les cris s'accentuent de plus belle et cette ambiance me file la chair de poule. Je commence à flipper.
- John !
La voix de Bobby me stoppe net et je fais demi-tour dans un couloir où des élèves continuent de fuir pour l'apercevoir. Ouf. Il n'a rien.
- Où elle est Malicia ?
- Je sais pas ! lâché-je en écartant les bras.
Merde, elle m'était carrément sortie de la tête celle-là. L'air paniqué, Bobby regarde autour de lui puis lâche avant de se casser :
- Je dois la trouver !
- Hé ! beuglé-je.
Putain ! Je m'élance à sa suite, bien décider à ne pas le quitter d'une semelle. Bobby court dans les couloirs, maintenant déserts, les autres élèves ayant sûrement empruntés la sortie de secours comme on nous l'a si bien appris. Je suis tenté de dire à Bobby de se casser et que Malicia a sûrement du se tailler par cette sortie mais je sais d'avance qu'il ne m'écoutera pas.
- Malicia ! appelle-t-il désespérément.
Finalement, au détour d'un couloir, nous rencontrons la dulcinée de l'Iceberg.
- Bobby !
John. Bon d'accord, ce n'est pas le moment de blaguer. Mais j'y peux rien, c'est nerveux.
- Par ici ! crie-t-elle en nous indiquant derrière elle à l'aide de son pouce.
Je lance un rapide regard derrière nous, histoire de vérifier que personne ne nous suit, et continue de courir avec les deux amoureux. Mais nous nous arrêtons bien vite face à une fenêtre où des ombres suspectes s'agitent. D'un coup, la vitre vole en éclat et nous hurlons de surprise tout en nous abaissant pour nous protéger des éclats de verre et de bois. Les soldats ne vont pas tarder à pénétrer par cette entrée.
Nous reprenons alors notre course de plus belle dans le sens inverse. Le stress me file bientôt un point de côté mais ça ne m'empêche pas de maintenir l'allure. Nous parvenons enfin aux escaliers que nous descendons en toute hâte. Une fois dans le hall, nous apercevons des cadavres de soldats à terre.
- Restons pas là ! suggère Bobby en s'élançant déjà dans la direction contraire.
Dans la pièce suivante, la seule issue et la porte vers laquelle nous nous dirigeons s'ouvre à toute volée. Plusieurs faisceaux lumineux en mouvement se braquent dans notre direction. Je lève ma main pour être moins ébloui et en déduis qu'il s'agit de lampes torches.
Un cri grave et furieux retentit alors Wolverine saute du balcon pour atterrir sur les soldats face à nous. A genoux, il les transperce de ses griffes et en fait voler deux autres avec une aisance effrayante. Note à moi-même : ne jamais énerver ce type. Une fois la menace anéantit, il rentre ses griffes et nous fixe en déclarant :
- On se casse.
Si la situation n'était pas aussi critique, j'aurais applaudis. Nous zigzaguons alors parmi les cadavres tout en suivant Wolverine mais la porte plus loin s'ouvre également d'elle même et un nouveau spot et braqué sur nous, nous aveuglant de ce fait.
- Pas par là ! décide Wolverine.
Sans blague ? J'aurais très bien pu en arriver à la même conclusion. Nous repartons donc dans la direction opposée, le bruit d'un hélicoptère résonnant à travers tout hall désormais ouvert sur l'extérieur. Nous fonçons vers la sortie de secours, autrement dit le passage secret.
- C'est là !
Bobby y arrive en premier et l'ouvre en pressant légèrement la paroi en bois qui se relève à ce contact. Je m'engouffre rapidement dans le passage et suis suivi par Bobby et Malicia.
- Logan ! braille alors Malicia.
Je découvre au bruit que Wolverine a refermé le panneau en bois se referme derrière nous et qu'il est resté seul pour affronté les soldats. Mais ça ne nous empêche pas de poursuivre notre course dans le passage souterrain. En tête, je descends à toute allure les marches y menant mais je stoppe net, en dérapant pieds nus sur le sol glissant et humide, suite aux cris de Malicia :
- Attendez ! Attendez ! Faut qu'on fasse quelque chose ! Ils vont le mettre en pièces !
- Il se démerde, on se casse ! lancé-je en écartant les bras, l'air ahuri.
- Bobby !
Quoi ? Comment ça Bobby ? L'Iceberg porte alors son attention sur sa chérie qui le supplie presque :
- S'il te plaît !
Le souffle toujours aussi court, je fixe Bobby en proie entre le désir de sauver sa peau, le besoin de faire plaisir à sa nana et le devoir de bien agir. J'ai toujours dis que trop de réflexions entrave à une vie simple.
- Ok, on y retourne.
J'écarte davantage mes bras et lève les yeux au ciel pour marquer ma consternation mais suis quand même les deux tarés qui remontent déjà l'escalier au pas de course. Bobby relève le panneau en bois et se penche vers le couloir, tout comme Malicia. Prudent, je reste derrière eux. C'est surtout qu'il n'y a pas la place pour trois dans le passage.
- NON ! NOON !
Je sais pas ce qui se passe de l'autre côté mais Wolverine a l'air vénère.
- Vite Logan ! Il faut que tu viennes avec nous !
Un silence s'installe durant lequel je saisis mon Zippo et commence à m'exciter dessus. Pourquoi tout ce temps ? Il se passe quoi au juste ?
- Logan ! tente à son tour Bobby.
Si je m'y mets aussi, y'a des chances que ça marche ?
- Ça ira pour moi, allez-y ! décrète Wolverine.
- Mais pas pour nous.
Elle donne dans le mélo, la petite Malicia. Finalement, mes deux potes font demi-tour et la voix de Wolverine me paraît plus proche :
- Allez-y ! Vous arrêtez pas !
Je me sens immédiatement soulagé et nous nous remettons à courir dans le souterrain, à quatre cette fois. Bobby prend une nouvelle fois la tête et escalade l'échelle menant au garage, au bout du tunnel. Il doit allumer les lumières car tout s'éclaire tandis que je monte à mon tour dans la pièce. Nous nous dirigeons vers la voiture la plus proche, une bleue. Je me rappelle alors que c'était celle que j'avais piqué pour aller voir Bobby à Boston, Noël dernier.
- Allez-y montez ! Montez ! nous ordonne Wolverine.
- Je prends le volant ! décidé-je en ouvrant la portière, sûr de moi puisque je connais le véhicule.
- Hé ! m'arrête net Wolverine en me choppant par l'épaule et en me repoussant fermement. Une autre fois peut-être.
Vexé, je le dévisage jusqu'à ce que l'ouverture de la porte arrière me fasse réagir. Je monte donc à l'arrière, aux côtés de Bobby et agrippe le siège devant moi de la main tandis que Wolverine tente de faire démarrer la caisse. Je le savais que j'aurais mieux fait de conduire.
- Elle est à Cyclope la voiture, précise alors Bobby.
Grande nouvelle.
- Ah tiens ! s'amuse Wolverine en sortant une seule de ses lames puis la fourrant dans le démarreur.
Nous quittons rapidement le garage dont la porte s'ouvre automatiquement et nous nous engouffrons sur la route forestière. Il faut admettre que Wolverine a une façon bien plus sportive de conduire que moi. Mais j'apprécie. Enfin, j'apprécierais sûrement plus si la situation était différente. C'est pourquoi je lance, tout de même inquiet, tandis que Bobby regarde obstinément par le pare-brise arrière :
- C'est quoi tout ce bordel alors ?
- Stryker. Il s'appelle Stryker, lâche Wolverine alors que Bobby reporte enfin son attention vers l'avant.
- C'est qui ? demande doucement Malicia.
- J'me rappelle plus.
Malicia ôte alors la plaque militaire de Wolverine qu'elle porte toujours au poignet et la tend vers son propriétaire :
- Tiens. C'est à toi.
Wolverine fixe pensivement l'objet, si bien que je me demande si on va pas finir dans le décor. Puis il échange un coup d'œil avec Malicia. Aussi dingue que ça puisse paraître, j'ai l'impression de sentir la crispation de Bobby à ma droite. Génial, le revoilà replongé dans ses doutes. Bien décidé à pas le laisser mariner là dedans, je m'avance vers l'avant et tends le bras vers la radio en déclarant :
- Les silences gênés, moi, ça me gave.
- Qu'est-ce que tu fous ? demande Malicia alors que je presse la bouton marche de l'appareil.
Une musique braillante et violente résonne alors dans tout l'habitacle et nous râlons tous en même temps. Dans le but de changer de station, je presse le bouton « 3 » de la radio. La musique s'arrête, c'est déjà un bon point. Mais une sorte de petit tiroir secret s'ouvre et un appareil en sort.
- Ça doit pas être le lecteur de CD, conclus-je, grâce à mon esprit aussi vif que brillant.
Wolverine saisit la chose de sa main droite, le tripote dans tous les sens et finalement l'appareil s'ouvre comme un téléphone portable.
- Oh.
Apparemment, le mutant griffu et poilu a le même esprit vif et brillant que moi. Il porte l'objet à son oreille, sûrement dans le but d'entendre une tonalité, mais ne captant rien, il se replie et m'ordonne :
- Tu peux te rasseoir.
Bon ok. Je m'exécute en haussant les sourcils et rejoins Bobby à l'arrière. Au final, l'arrière est bien mieux que l'avant.
- Où est-ce qu'on va alors ? questionné-je.
- Tornade et Jean sont à Boston, on va aller là-bas.
Cette ville évoque immédiatement quelque chose pour moi et bien évidemment, mon voisin de droite précise, deux secondes plus tard :
- Y'a mes parents à Boston.
- Bien, conclut Wolverine en accélérant.
Génial. Nous voilà tous partis chez Bobby Boy. Et on dirait bien que ça l'enchante autant que moi.
ξөөҖөөξ
Sacrée soirée. Nous passâmes la nuit sur la route, nous arrêtant qu'une seule fois. L'ambiance était vraiment tendue et peu de mots furent échangés durant le trajet. Je crois bien que je me suis assoupi à un moment, comme Malicia et Bobby, en glissant un regard sur ce dernier.
L'heure était à des problèmes bien plus graves que ma foutue attirance pour lui. Mais là, seul à l'arrière de la voiture, dans l'obscurité avec lui ... Disons que mes idées ne sont pas toujours très nettes. Et ce n'est pas un scoop.
Enfin bref, dès le petit matin, nous sommes arrivés dans le quartier, tellement familier pour moi, où vit la famille de Bobby et finalement, j'ai rencontré les Drake, même si je n'en avais pas la moindre envie.
ξөөҖөөξ
Bobby fouille méthodiquement dans le pot de fleurs à droite de l'entrée et trouve enfin la clé de la porte d'entrée. Wolverine inspecte avec méfiance la rue alors que je patiente, en me détressant à l'aide de mon briquet, derrière Ice et Malicia. Bobby rentre enfin chez lui et lance d'une voix forte :
- Maman ? Papa ? Ronny ? Y'a quelqu'un ?
Tout en jouant avec mon Zippo, je pénètre dans la baraque. Pas la première fois que je fous les pieds ici, mais première fois que je rentre par cette entrée. Je croise mon bras gauche sur mon ventre tout en inspectant les lieux que je juge tout aussi typique d'une bonne famille clichée que la cuisine que j'avais vu il y a quelques mois.
- Je vais nous trouver des fringues, décide Bobby.
Chouette le salon. Bien décoré et tout et tout. Le petit Bobby n'a pas été élevé dans la pauvreté, même si je n'en doutais pas une seule seconde.
- Brûle rien.
Hein ? Comment ça ? Qui ? Moi ? Il me prend pour qui au juste l'Iceberg ? Je sais me tenir ! Malgré tout, je range docilement mon Zippo, tout en me demandant s'il voulait être comique en balançant cette phrase. Voilà que je ne parviens plus à déchiffrer l'humour de l'Iceberg. Où allons-nous ?
- J'vais tenter de joindre Jean et Tornade, lance Wolverine en passant dans l'autre pièce.
- Suivez-moi, décide Bobby en empruntant un escalier.
Ice nous mène jusqu'à sa chambre que je m'empresse d'analyser dans tous les détails. Une chambre de mec classique en fait. Rien de bien fulgurant. Des posters en tout genre, un jeu de fléchettes, des photos, un tas de bibelots et de lampes, un ordi sur un bureau, une imprimante même, un télescope, bref, il ne manquait de rien le Bobby Boy.
Justement, ce dernier fouille rapidement dans son armoire et me balance quelques vêtements avant de préciser à Malicia :
- Je vais voir ce que j'ai pour toi.
Je glisse un furtif regard la nana intouchable, toujours en chemise de nuit, puis lâche :
- Je vais m'habiller en bas.
Ouais, je sais me retirer lorsqu'il le faut. En chemin, je tombe sur la salle de bain et en profite pour pisser. Une fois changé, je fourre mes anciennes affaires dans le sac à linge salle de la pièce et redescend au rez-de-chaussée tout en continuant d'ouvrir et fermer mon Zippo. Et si je faisais un peu d'exploration ? Rien de particulier n'attire mon regard, si ce n'est quelques objets de décoration par ci par là. Mais un mur dans le fond du salon retient mon attention. Il est couvert de photographies de famille toutes bien encadrées et disposées.
Je me plante devant et les parcours des yeux. Une parfaite petite famille. Maman. Papa. Le grand frère. Le petit frère. Certaines photos de Bobby gamin me font sourire mais en fixant avec plus de précision un cliché où ils sont réunis tous les quatre dans une pose tout sauf naturelle, c'est finalement l'amertume qui domine.
Je m'en branle de pas avoir eu une famille aussi unie mais au moins la mienne est parfaitement au courant de ce que je suis. Et on vit tous avec. Mais je trouve ça pourri que leur monde tout beau et tout rose repose sur des mensonges et des non-dits. Et lorsque ça se saura, car ça finira forcément par se savoir, Bobby sera tellement meurtri et brisé qu'il se dégoûtera lui-même. Comme je l'ai étais. Or je ne veux pas qu'il vive une telle chose.
Il ne devrait pas se soucier de ce que pense les siens. Il devrait faire sa vie comme il l'entend et ne demander l'avis à personne. Ce n'est pas nouveau. Je déglutis de dépit en pensant qu'il suffirait d'un aveu pour que cette magnifique famille sur cette photo soit déchirée à jamais. Mais rien ne peut être fait si ce n'est crever l'abcès formé depuis maintenant deux ans.
Des voix dans la pièce voisine me tirent de mes réflexions et je m'approche de la porte du salon pour écouter :
- ... l'école ?
- Bobby ? Qui est cet homme ?
Merde. On dirait que la famille vient de débarquer à l'improviste.
- C'est le professeur Logan.
Excellent Bobby. Deux ans à mes côtés et tu mens comme un pro !
- Je dois vous parler de quelque chose.
Ouh la vache ! Je passe directement dans la cuisine, que je connais bien et fais face aux gens des photos. Ouais. Ben, j'aurais préféré les voir qu'en photo. Déjà, rien qu'avec le petit frère, ça passe pas. Je sais pas, c'est comme ça, c'est physique, c'est radical. La mère a l'air sacrément perturbée et Bobby se sent obligé de présenter :
- Voici John et Malicia.
La dénommée descend doucement les escaliers et salue bêtement la famille d'un geste de la main.
- Ils sont en cours avec moi.
- D'accord, d'accord, s'excite Maman en faisant de grands gestes. Et si je préparais du thé ? Qui veut du thé ?
Je me retiens de lever les yeux au ciel, tout ça pour continuer d'affronter le petit frère des yeux, mais Malicia accepte la proposition avec diplomatie. Quant à Bobby Boy, il est bien trop tendu pour avaler quoique ce soit. Et Wolverine ... n'en causons même pas, c'est pas une boisson digne de lui, la bière entamée dans sa main le prouvant à la perfection.
Tandis que Mrs Drake prépare son thé, nous passons au salon où Mr Drake se pose sur un rebord de briques du mur alors que Bobby, Malicia et le morveux occupe le canapé. Wolverine décide de rester debout et moi, je m'adosse à une sorte de table en faisant tout de même gaffe de pas renverser la lampe, le vase et les autres objets qui s'y trouvent. Maman revient bientôt et s'installe entre ses deux fistons. C'est alors que Bobby décide de cracher la pastille.
Il hésite, il sait pas par quoi commencer. Ça me tue de le voir comme ça et je serais prêt à faire n'importe quoi pour l'aider mais rien de ce que je pourrais dire ou faire améliorera la situation, bien au contraire. Alors je laisse le petit se lancer dans le vide, tout en dégainant Zippo, histoire de passer mes nerfs à vif dessus :
- Voilà. Je suis un mutant.
Silence de plomb. Approche bien directe. C'est pas plus mal.
- L'école où vous m'avez envoyé n'est pas une prépa normale mais une école spéciale pour les mutants. Ils y apprennent tout un tas de choses, dont à contrôler leurs pouvoirs.
Silence toujours aussi lourd. Heureusement que mon cliquetis mécanique relève le niveau.
- Et ..., commence Maman. Quand est-ce que tu as su que tu étais ... un ...
- Un mutant ? intervené-je enfin.
Je toise Mrs Drake d'un air évident lorsqu'elle porte son regard sur moi.
- Vous pourriez ne pas faire ça ? lance-t-elle excédée en fixant brièvement mon briquet.
Je la nargue un instant des yeux mais referme quand même le Zippo, peu désireux d'alourdir l'atmosphère déjà bien pesante.
- Faut nous comprendre aussi, rentre en scène Papa. Nous, on pensait l'avoir inscrit dans une école de surdoués.
- Justement il est surdoué ! réplique Malicia.
Elle m'ôte les mots de la bouche la petite.
- Oui, on le sait, approuve le fidèle Papa. Mais on ne rendait pas compte de ce que ...
- Mais ça veut pas dire qu'on ne t'aime pas, le coupe Maman.
Rah pitié ! La phrase bateau qui veut tout et rien dire en même temps !
- C'est juste que le problème mutant, enfin c'est un peu ...
- Ah bon parce qu'il y a un problème mutant ? grogne Wolverine, adossé à l'embrasure de la porte du salon.
- Compliqué, termine Mrs Drake en fixant Wolverine.
- Vous êtes professeur de quoi au juste, Mr Logan ?
- D'art.
Ne pas exploser de rire. Ne pas exploser de rire. Ça le ferait pas. Je redresse la tête et surveille une fois de plus le petit frère qui reste prostré dans son coin de canapé. On dirait qu'il boude. Mais je parie qu'il fulmine. Dégoûté par son propre frère. J'en ferais bien un chiche-kebab, si j'étais sûr et certain de ne causer aucune peine à Bobby.
- Je voudrais que vous voyiez ce que Bobby est capable de faire.
C'est pas la meilleure idée du siècle Malicia. Mais Bobby s'exécute et approche doucement sa main droite de la tasse de thé que sa mère sirote. Il la touche de son index alors que Ronny se décide enfin à porter de l'intérêt de son frère. Du dégoût, c'est bien ce que je pensais.
- Bobby ? s'étonne Maman en retournant la tasse sur la soucoupe et en découvrant un bloc de glace y tomber.
- Et je sais faire plein d'autres trucs, confie Ice en souriant.
Ouép, j'en suis témoin. La mère repose la tasse et la soucoupe d'un air horrifié. Je me mets à rire discrètement en pensant qu'elle passerait directement de l'autre côté si elle apprenait que son Robert adoré avait un jour gelé la piscine entière avec nous dedans suite à une soirée bien arrosée cet été.
Le chat bondit sur la table basse et se met à lécher le thé glacé. Au moins un qui est réceptif dans cette famille ! Ben justement en parlant de réceptivité, le couillon de frère quitte précipitamment la pièce. C'est en trop pour lui. Et lui est vraiment trop con.
- Ronny ? l'interpelle sa mère.
Peine perdue. Et le matou se régale toujours. Mais Bobby a l'air déçu. C'est logique. Mais bon ça va, tant que c'est le frère qui agit comme ça et non toute la famille. Quoique ... Ils le cachent bien c'est tout. Je suis persuadé qu'au fond, ils pensent pareil que leur plus jeune fils.
- Tout ça c'est ma faute, se lamente Maman.
- Ben on a découvert que c'est les mâles, expliqué-je en indiquant Papa de la main qui tient mon Zippo, qui portent les gênes mutants et qui peuvent les transmettre. Alors c'est sa faute à lui.
Un nouveau silence s'installe jusqu'à ce qu'il soit rompu par une sonnerie répétitive. Il faut plusieurs regardés appuyés à Wolverine pour se rendre compte qu'il s'agit de son portable, enfin du portable récupéré dans la voiture.
- Ah ! Attendez ! C'est moi ! clame-t-il en quittant le salon par la baie vitrée.
- Bobby ? Est-ce que tu as essayé ... de ne pas être mutant ?
Mais pendez la !! C'est quoi cette remarque ?! Je triture nerveusement mon Zippo, sans l'ouvrir. Qu'est-ce qui me retient de la cramer ? Ah oui, ça me revient. Tous mes sentiments pour Bobby. Cette femme qui se fait appeler sa mère est en train de lui lacérer le cœur et on reste là sans rien faire ? D'ailleurs, je vois même pas pourquoi on reste là ?
Je surveille Wolverine à l'extérieur. Dès qu'il rentre, je suggère qu'on se casse. De toute façon, ça doit être Jean ou Tornade au téléphone donc on va bientôt se tirer, forcément.
- On s'en va maintenant.
- Pourquoi ? proteste Malicia
- On s'en va !
- Logan qu'est-ce qu'il y a ?
Oh. Je pensais pas que ça serait aussi radical. Enfin, vu l'air anxieux de Wolverine, il doit se passer quelque chose de grave. Je le suis de près alors qu'il se dirige vers la porte d'entrée et lorsqu'il sort ses griffes avant même d'ouvrir la porte, je sais qu'il va y avoir de la baston.
ξөөҖөөξ
