J'ai eu un léger blocage pour l'écriture, mais maintenant que je suis overbookée c'est miraculeusement reparti. Je crois que mon propre cerveau se fout de ma gueule, send help.

Merci infiniment pour toutes vos reviews, follows et favorites, surtout que j'adore le chiffre 123. Vous êtes les plus beaux et les meilleurs au monde.

POV LUKE INSIDE. Et oui. Comment ça c'est trop tôt ? I don't care, j'en mourrais d'envie : bonne lecture.

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"Ça va beaucoup mieux maintenant, pas vrai ? La magie fait moins mal, hein ?

Une petite main se tendit vers lui dans un mouvement maladroit et un rire enjoué, et Tony tendit les mains pour retirer le bébé de son tapis de jeu. Il reçut la décharge avec habitude, le capteur sur son poignet indiquant un nombre de volts beaucoup moins élevé qu'il y avait deux heures.

-Ça, je suis sûr que c'est parce que tu t'es blessé tout à l'heure.

Il avait eu la peur de sa vie.

Mais vraiment, la peur de sa vie, rien à voir avec la baignoire d'une grotte afghane ou une tête nucléaire sur le dos.

Il coupait les ongles de Luke pour la première fois, et au début ça avait été un moment magique : Luke retirait sa petite main à chaque fois qu'il approchait le coupe ongle, en poussant un cri plaintif comme s'il avait mal, et éclatait de rire aussitôt après. Mais au tout dernier moment, le bébé avait eut un mouvement particulièrement vif, trop fort pour son âge selon Tony et sans doute dû à ses origines, si bien qu'un bout d'ongle avait été arraché bien trop court. La goutte de sang qui avait perlé avait glacé celui de Tony, surtout que le gosse s'était mis à pleurer. Puis, avant même qu'il n'ait pu se précipiter vers un pansement, une trainée verte avait entouré le doigt blessé puis avait disparu aussi sec il n'y avait plus rien, et le gosse avait agité les mains, aussitôt consolé par sa magie.

-Manifestement, monsieur. Mais la solution de lui faire une coupure par jour me semble mal avisée.

Tony eut un frisson incontrôlable à l'idée de blesser à nouveau son gosse.

-En effet."

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Bien.

Luke se sentait bien.

Il avait chaud, il n'avait pas faim, et les yeux qui le regardaient étaient affectueux. La prise autour de lui était sûre et les caresses tendres dans ses cheveux. Les deux énergies qui courraient en lui, l'une bleue comme la nuit dehors et l'autre plus chaude et vivace comme l'herbe, ne le blessaient pas, elles se contentaient d'être là, de filer dans ses veines, trop rapidement pour être bienfaisantes mais se précipitant pour le soulager quand il avait mal.

Il sentait que ces forces n'étaient pas normales, pas à lui, et que ce n'était pas leur intention de le blesser, qu'elle n'étaient pas là pour ça. Mais son corps était si fragile que parfois la douleur le faisait pleurer à gros sanglots. Au souvenir, il commença à geindre. La personne aimante toujours auprès de lui dit alors quelque chose, et il leva la tête pour la regarder. Elle avait dit quelque chose qu'il comprenait, « Luke », qu'elle disait beaucoup, et aussi, non, en fait il ne comprenait pas. Non. Par contre il avait bu beaucoup de liquide blanc onctueux et là, il était temps de faire le vide. La force sombre et claire l'aida, et soudain c'était mieux.

Ah non.

Ce n'était pas mieux du tout.

Maintenant il avait cette sensation humide contre sa peau qu'il détestait et finissait par piquer quand la chose qui empêchait qu'il ait froid mais qui était tout de même très contraignante frottait contre lui. Les énergies en lui n'aimaient pas qu'il ait mal. Il geignit, agita ses bras et en réaction le visage au dessus de lui changea. D'affectueux, plaisant, il se dégageait maintenant quelque chose de moins heureux, et ça ne le rendait que plus triste encore.

-J'ai changé ta couche il y a deux heures, Luke, soupira un génie playboy philanthrope milliardaire, dans un bled pluvieux avec un bébé pleurant dans ses bras.

-Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle déborde, monsieur.

-Jarvis, je ne sais pas ce que tu essayes de faire, mais ce n'est même pas le bon proverbe. »

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"Monsieur, êtes-vous bien sûr que le style musical actuellement diffusé est adapté aux nourrissons ?

-Mais oui Jarvis, la bonne éducation n'attend pas.

-Sur , on m'informe que c'est la musique classique la plus bénéfique à leur développement…

-Pas moyen que mon fils écoute du Bach.

-Monsieur, je me dois d'insister… Luke semble désapprouver.

-Mais non, il adore. Pas vrai mon ange ? Hein AC/DC c'est la meilleure musique ? Bah oui ? Bah oui ?

Luke eut un rire adorable en réaction aux chatouilles de son père qui fredonnait Cover you in oil en boutonnant son body.

-Alors Jarvis ? Tu adores un peu trop ce bébé tu sais, tu n'avais jamais contesté mes goûts musicaux auparavant.

D'excellente humeur, Tony fit des grimaces à son fils qui battait des pieds tout en riant en cascade.

-Je vous retourne le compliment monsieur, j'ai constitué une compilation des choses les plus embarrassantes que vous ayez faites ces dernières semaines.

Oooh il devait y avoir des dossiers juteux là-dedans que Clint devait mourir d'envie de posséder. Tony essaya en vain d'en avoir quelque chose à faire. En souriant, il souleva le gosse de sa table à langer sans briser le contact visuel ni faner son sourire idiot.

-Mets ça dans ton dossier « Mon créateur lorsqu'il est éveillé depuis plus de soixante heures ». Je suis sûr que tu en as un. Oh ! mais… je viens de réaliser : tu sais quoi Luke ? demanda Tony au bébé qui ne réagit pas, Jarvis c'est ton grand frère ! C'est pas trop mignon ?

Le bébé ne comprenait rien, mais Tony n'en avait pas grand-chose à faire : il était noyé dans la guimauve et le vivait très bien. Jarvis ne répondit rien, apparemment consterné.

-Allez, on arrête les préoccupations généalogiques tordues et on passe aux choses sérieuses, fit-il en descendant à la cave.

Une fois correctement isolée et retapissée de parois métalliques, elle ressemblait beaucoup moins à une cave poussiéreuse typique qu'à un labo secret ultramoderne. Son atelier, quoi. Cachée derrière une paroi se trouvait le mark 42, mais qu'il ne touchait plus pour ne pas se tenter de la mettre et de s'envoler. Sur son plan de travail, il n'y avait plus qu'un scanner énergétique, qu'un prototype bracelet qui mesurerait les volts que Luke dégageait de temps à autre, et qu'un hochet dégageant son, lumière et hologramme du nom qu'on prononçait (dont vraiment il avait presque honte).

Les premières notes de guitare de Love Bomb retentirent et Tony fit une interprétation personnelle des premières paroles.

-Bon, allez mon chevreau, on va essayer de produire de la magie, ok ? fit Tony en allongeant son fils sur le scanner. Jarvis, baisse un peu la musique. Je compte sur toi pour enregistrer les fluctuations d'énergie.

Luke se sentait très bien, aujourd'hui. La personne aimante était très drôle, les voix étaient affectueuses et les vibrations sonores agréables. Il avait chaud, pas faim, et les énergies qui courraient dans ses veines fredonnaient de plaisir. Il babilla pour reproduire les sons affectueux, et tout heureux qu'on lui réponde la même chose, il recommença. Il avait donc compris !

-Ba ba ba , qu'est-ce que tu veux dire ? s'enquit Tony avec un sourire au dessus de son bébé.

-Je poste aussitôt ceci sur Youtube, monsieur.

-Babababa, continua Luke

-Tu es jaloux, Jarvis, c'est tout. Ba ba ba, on va libérer le trop plein de magie en toi, d'accord ?

Tony attrapa un couteau, leva sa paume et s'entailla la main.

Luke se figea. Il connaissait ce liquide rouge. Il ne l'aimait pas. Il avait eu mal quand il l'avait vu pour la première fois. Cependant la personne qu'il adorait ne semblait pas triste. Alors ce n'était pas grave ? Il était perplexe.

-Monsieur, je vous suggère de faire semblant de pleurer.

-Tu crois ? s'enquit-il Tony.

-Les bébés réagissent énormément aux émotions, toutes les vidéos que j'ai visionnées sont formelles.

-Je t'interdis de filmer ça, ordonna l'ingénieur avec le plus grand sérieux.

Puis il regarda Luke, puis sa main, et commença une grimace douloureuse, puis à gémir bruyamment.

Oh non non non, il pleurait, il avait mal, il ne fallait pas ! Luke se sentit tout à coup très triste et commença à pleurer lui aussi. C'était à cause du liquide rouge, il fallait le faire disparaître. L'énergie en lui s'agita et chercha à s'échapper.

Son bébé pleurait et tendait ses mains vers lui.

-Données, Jarvis ?

-Augmentation d'activité interne de 25%. Je vous suggère de le laisser vous toucher à présent.

Réticent à salir Luke de son sang, il finit tout de même par baisser sa main, et alors un filet vert familier s'échappa des minuscules doigts pour venir s'enrouler autour des siens, mais il n'y eut aucun phénomène de guérison.

-Activité interne en hausse à 40% , mais aucune réparation des tissus.

-Sans doute est-ce trop compliqué, conclut Tony.

Incapable de le laisser pleurer plus longtemps, il lui fit un grand sourire tout en nettoyant le sang avec un chiffon qui traînait.

-Tout va bien Luke, tout va bien mon bébé, n'aie pas peur, pardon, fit-il en le prenant dans ses bras.

La décharge qu'il se prit le fit grimacer.

Il n'avait pas réussi, mais la personne affectueuse lui souriait tout de même. Sauf que maintenant, l'énergie en lui avait grossi et n'avait pas pu se dépenser. Ça lui faisait mal, il avait envie de détruire des choses, d'enfin la calmer. L'eau sur ses joues coula de plus belle.

-Pic d'activité à 148% après tentative d'expression magique. Augmentation des douleurs du sujet. Echec de l'expérience.

Tony se flagella de faire souffrir son gosse un peu plus. Il le serra contre sa poitrine en murmurant des mots apaisants et en chantonnant doucement.

-Je suis désolé Loks, je suis désolé, murmura Tony. On va trouver un moyen, parce qu'il n'est pas question que je t'entaille la peau pour que ta magie se libère. On va trouver.

L'énergie courait en lui, tapait et essayait de sortir, mais la barrière de sa peau était trop épaisse et ne la laissait pas s'échapper.

-Monsieur, tenta Jarvis, il est peut-être temps de contacter Thor.

Tony ferma les yeux.

-C'est tellement dangereux, murmura-t-il en les rouvrant à moitié. Je ne sais absolument pas comment il va réagir. Ou plutôt si : soit il ne va rien dire à Odin, soit il va tout lui dire puis me l'enlever. …S'ils lui font du mal, Jarvis, je ne sais pas ce que je vais faire.

Luke pouvait sentir la tristesse de la voix de la personne contre lui, il pouvait sentir sa peur : et l'énergie en lui n'arrivait pas à arranger ça.

-Monsieur, je crains que nous n'ayons pas le choix. Par ailleurs, apaisez votre esprit et celui du jeune monsieur s'apaisera également.

Tony ne répondit rien, extrêmement anxieux, mais commença à fredonner la berceuse de Natasha, qui, arrivé au deuxième couplet, lui fit du bien également.

Parfois, il fallait faire confiance.

-Appelle Steve, et demande-lui s'il sait où est Thor."

Jarvis s'exécuta, et Tony s'occupa à droite à gauche et faisant plein de « conneries stupides- rectification Luke, j'ai dit maladresse, d'accord ?» car incapable de se concentrer. Quelques heures plus tard la sonnette retentit, et Tony prit alors une grande inspiration avant de serrer son fils contre lui.

"Ecoute mon grand, murmura-t-il.

Ses pleurs s'étaient calmés, mais la décharge restait régulière et forte. Malgré cela, le gosse le regardait de ses grands yeux, l'air calme et presque sérieux. Il avait tellement grandi en quelques semaines. Il fêterait son premier mois dans deux jours, et Tony hésitait à inviter les Avengers.

Il ferma les yeux et pria il ne savait qui pour que Thor ne prenne pas de mauvaise décision. Il expira et les rouvrit.

-C'est quelqu'un qui t'aimait beaucoup qui va venir, mais je sais pas trop s'il va te reconnaître, et s'il le fait, ce qu'il va décider de faire. Parce que tu vois, tu as fait des mauvaises choses dans une autre vie, et même si tu as été bien assez puni, peut-être pas assez selon quelques personnes. Je sais que tu n'y comprends rien, mais si jamais on t'arrache à moi…

Il passa doucement sa main dans les cheveux courts. Luke commençait à réagir à sa tristesse.

-Je t'aime, d'accord ? confia-t-il en lui souriant.

Puis il approcha la petite tête de son torse et alla ouvrir.

Thor, tout souriant, le regardait en habits midgardiens mais tenant toujours son marteau.

-Ami Stark, salua-t-il tout sourire. Le capitaine a eu une annonce incroyable : tu as un descendant ?

Prenant son courage à deux mains, Tony décolla Loki de sa poitrine, qui commençait à s'agiter. En apercevant le visage inconnu, l'enfant lui jeta un long regard intéressé.

Ce fut comme si Thor avait été physiquement frappé : il recula d'un pas, la bouche entrouverte. Après un instant de flottement, il osa finalement se rapprocher.

-Loki, murmura-t-il finalement. Ami Stark, comment as-tu réussi ce prodige ?

-Entre, Thor, cette conversation nécessite des sièges.

Une fois avoir préparé deux cafés, il s'assit avec Luke sur les genoux, qui s'agitait avec énergie.

-Loki est finalement venu, sur la berge des Âmes, commença-t-il en regardant Thor dans les yeux. C'était une sorte de …fantôme. Il m'a annoncé qu'il avait, transposé une partie de son âme dans un nourrisson midgardien…

-Pourquoi midgardien ? s'enquit Thor. Votre espérance de vie est extrêmement courte…

-Je ne sais pas exactement, avoua Tony. Il m'a dit que c'était pour que ton père ne le retrouve pas… Mais je suppose qu'en te contactant, j'ai fichu son plan à l'eau.

Thor se leva brusquement et l'ingénieur sursauta, n'ayant absoluement pas prévu cette réaction.

-Je ne livrerai pas cet enfant, homme de fer, annonça-t-il d'une voix basse mais vibrante d'émotion. Il est possible que le père de tout voulusse punir Loki pour ses crimes, mais mon frère n'est plus, à présent, et cet enfant n'est pas coupable des fautes qu'il a commises. Je n'ai aucune idée de l'opinion d'Odin sur la question, aussi demeurerai-je toujours silencieux.

Tony le fixa un instant pour vérifier s'il pensait ce qu'il avait dit, mais les yeux bleus de Thor lançait des éclairs, comme pour le punir d'avoir suggéré qu'il allait mettre une muselière à un bébé.

-Merci mon dieu, fit-il dans un soupir de soulagement.

-Pas de quoi, répondit prévisiblement Thor.

-Je veux dire, pour moi c'est clair que Loki a été assez puni...

-C'est cela que je ne comprends pas, continue ton récit.

-Hein ? fit intelligemment Tony. Qu'est-ce que tu ne comprends pas ?

-Pourquoi Loki t'a-t-il confié son âme.

-Je… marmonna-t-il.

C'était la question à cent mille dollars.

-La mère de l'enfant est décédée dans le processus, fit Tony en raffermissant sa prise sur le bébé. Et Reindeer Games ne voulait pas qu'il grandisse tout seul. Mais pourquoi moi, ça…

-S'il est venu te « parler » pour sa dernière nuit, c'est qu'il t'en pensait digne. Tu n'as pas à t'inquiéter. Je regrette simplement qu'il ait douté de mon allégeance.

Tony se défendit de rougir comme une collégienne à l'insinuation de Thor, puis décida d'apaiser le gros nounours plutôt que de lui confirmer que lui et son frère n'avaient pas tant parlé que ça, à dire vrai.

-Hey, il a fait des trucs très moches, à sa place j'aurais également eu peur de la punition. Il y a peut-être aussi l'histoire que j'ai été le seul à résister à sa lance… Tu veux le prendre ? fit Tony en se rendant compte qu'il y avait un gros symbole phallique là-dedans et qu'il avait intérêt à rapidement détourner l'attention de Thor pour ne pas qu'il s'attarde dessus.

Thor stoppa net son froncement de sourcil triste et regarda Luke, puis Tony.

-Vas-y mon grand, n'aie pas peur, l'encouragea-t-il avec un sourire. De toute façon, dans quelques mois tu vas avoir un Gollum toi aussi. Loks, mon cœur, fit-il en regardant le bébé qui essayait d'attirer son attention en gigotant, dis bonjour à ton… ton… frèroncle, on va dire, ok ?

Thor le prit avec précaution, son expression débordant d'émotion, mais fronça à nouveau les sourcils dès qu'il l'eut dans ses bras.

-Il y a trop de magie en lui, affirma-t-il, c'en est même dangereux pour son être.

-C'est ça qui m'a décidé à t'appeler, avoua Tony avant de s'enfiler son café. Je n'arrive pas à lui faire libérer sa magie. Elle ne s'est manifestée qu'une seule fois, quand il a été coupé au doigt. Mais il ne peut pas guérir mes blessures. Et je me refuse à lui faire du mal.

-Je comprends, murmura Thor, les yeux plantés dans ceux de Luke.

Quelle étrange et imposante personne que celle qu'il l'avait pris dans ses bras. Luke l'aimait bien. Il y avait beaucoup de chaleur et d'émotion s'en dégageant. De plus, il y avait une énergie en lui qui faisait écho avec l'une des siennes, et même l'apaisait lentement : ça faisait beaucoup de bien. Il lâcha un cri joyeux et tendit l'une de ses mains.

-Il t'adore, nota Tony.

-La magie de Mjolnir apaise la sienne, justifia Thor. Mais il faut qu'il apprenne à la libérer.

Il releva la tête vers Tony.

-As-tu essayé le feu, ami Stark ?

-Le feu ? répéta Tony avec suspicion.

-Oui, Loki est-était le dieu du feu. C'était son élément de prédilection. Je crois même que c'est la première chose qu'il ait maîtrisé, fit-il en fronçant les sourcils.

Tony le laissa fouiller dans ses souvenirs et finit par se rapprocher d'eux. Luke était fasciné par Thor, il ne regardait plus que lui. Tony trouva sa jalousie ridicule et n'y pensa plus.

-Oui, c'était bien le feu, reprit Thor en reportant son regard sur Luke, puis sur Tony. A-t-il déjà vu une quelconque flamme ?

-… Non, prononça prudemment Tony. Loki était le dieu du feu ?

-Oui, et Maître de la ruse, Génie du mensonge, Semeur de discorde... Ce n'est pas étonnant, je suis moi-même le dieu de la fertilité, de la guerre, du mariage, de la force…

-Stop stop stop, je ne veux pas entendre parler de ta fertilité, j'ai plutôt envie d'essayer avec le feu. Jarvis, l'interpella Tony, a-t-on un briquet dans la maison ?

-Non monsieur, et notre plaque est électrique.

-Et je n'ai pas récupéré mon chalumeau, marmonna Tony.

-Sois sans crainte, homme de fer, je sais très bien produire du feu.

L'ingénieur haussa un sourcil tandis que Loks babillait joyeusement.

-Je croyais que c'était la foudre ton truc pointbreak…

-J'ai de multiples talents, ainsi que Loki pouvait en attester, fit Thor au nourrisson en se tournant vers les meubles de la cuisine.

Et maintenant Tony avait une image mentale chelou en tête.

Thor avisa le grille-pain et y mit des morceaux d'un pancake qui traînait, puis abaissa le support. Tony attendit, intrigué, croyant qu'il allait assister à un tout nouveau tour de magie, mais au bout de quelques instants une fumée noire s'échappa, et des flammes jaillirent de l'appareil.

-Dooonc tu considères comme un talent le fait de mettre le feu au grille-pain, conclut Tony.

-Da ! s'exclama Luke en tendant le bras vers les bouts en train de brûler.

Thor l'approcha dangereusement de l'appareil.

-Wowowow pointbreak fais-le reculer, et éjecte-moi ces bouts de charbon, s'agita Tony.

-C'est du feu, Loki, l'ignora Thor.

-Feu, prononça Luke en approchant sa main des flammes.

Qui s'embrasa.

-Thor ! cria Tony, paniqué.

Jarvis déclencha aussitôt l'arroseur anti-incendie qui aspergea tout le monde et éteignit rapidement les morceaux de pancake. Mais la flamme dans les mains de Luke, assis sur le plan de la cuisine et maintenu par Thor, ne s'éteignait pas. Pourtant, il lui semblait que son gosse n'avait jamais été aussi heureux : il riait et babillait en tapant dans ses mains qui brûlaient comme des torches.

-N'aie pas peur, homme de fer, fit la voix chaude et calme de Thor, le feu ne blesse pas Loki de la même manière que la foudre m'épargne.

Tony se passa une main sur le visage. Il se serait bien passé de cet arrêt cardiaque.

-Monsieur, dois-je relever que mon petit-frère a dit son premier mot à 29 jours, au lieu d'entre 8 et 12 mois ?

Ah oui, parce que Luke n'était le petit-frère de Jarvis que quand il explosait les records de rapidité d'acquisition du langage.

Tony avait besoin de sommeil.

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Loki premier du nom avait actuellement un fou rire térassant.

-C'était tellement drôle, souffla-t-il en s'essuyant une larme.

-C'est ça, bidonne-toi, grommela Tony, il n'empêche que tu n'es qu'un connard parce que tu aurais pu me dire ce qui déclenchait ta magie ! J'en ai pas dormi pendant des jours ! Et maintenant que je le peux enfin, tu te fous royalement de ma gueule pendant mon sommeil !

-Divinement, corrigea Loki, incapable de contenir ses gloussements. Et je ne suis qu'une création de ton cerveau, comment aurais-je pu savoir ?

-Je te déteste.

Loki finit par calmer son fou rire, et se redressa pour venir s'allonger sur Tony.

-Bien sûr que tu me détestes, ronronna-t-il en se faisant une place entre ses jambes, c'est pour ça que tu rêves de moi tout le temps.

Tony abandonna et releva ses genoux, installant ses mains sur la cambrure de son dos. Puis pour ne pas avoir à répondre, il l'embrassa profondément, et pendant un instant il ne put penser qu'à l'odeur du cuir et la sensation humide et chaude d'une langue contre la sienne. Puis il se souvint de la tristesse infinie dans les yeux de Thor quand il avait fallu qu'il parte, tard dans la soirée, et que son dernier regard avant que Mjolnir ne le propulse vers le ciel avait été pour le bébé endormi dans les bras de Tony.

-Tu sais, murmura-t-il après les avoir séparés, ton frère t'aime profondément.

Et la myriade d'émotions dans les yeux de Loki lui confirma que la cause de toute cette agitation nocturne n'était pas son cerveau à lui.

-Tu ne peux pas aller lui dire que toi aussi ? continua Tony.

-Je ne peux pas, fit Loki sans que sa voix ne marque d'émotion. Je ne communique avec toi à ma guise que grâce à ma dernière nuit, de plus il y avait trop de tension entre Thor et moi lorsque j'ai quitté le monde des vivants. Son esprit me combattrait si j'essayais.

-Je vais lui envoyer un texto demain.

Loki serra fort son poignet et il se dit qu'il n'aurait pas dû dire ça à voix haute.

-Tu te rends compte de tous les non-dits qu'il reste après ton décès ? persista-t-il malgré tout, alors que vous avez eu un millénaire entier pour avoir une conversation de 20 minutes : « Tu sais je suis pas ton vrai frère et c'est toi que papa préfère mais malgré tout ça je t'adore ? »

Loki lui mordit la lèvre, fort, et s'évanouit.

Tony, étourdi, se redressa sur son lit. Puis trois grands coups à la porte réitérèrent, le réveillant complètement.

-Qui est-ce, Jarvis ? fit-il d'une voix pâteuse.

-Steve Rogers, monsieur.

-Et quelle heure est-il ?

-9 heures 30, monsieur.

-Luke a dormi tout ce temps ?! s'étrangla-t-il en se précipitant vers le berceau.

Le bébé commençait tout juste à gémir, son cri et les coups sur la porte l'ayant réveillé. Quand il le prit dans ses bras, Tony constata quelque chose d'étrange, mais ne sut dire quoi.

Ce fut quand il fut à la porte pour accueillir Steve, Luke faisant des « areuh » dans ses bras, qu'il mit le doigt dessus, et se stoppa dans le hall d'entrée.

Il n'y avait pas eu de décharge électrique.

Luke était complètement à sec de magie, et il ne souffrait plus.

Un grand sourire s'étala sur son visage.

-Voilà pourquoi ça va si bien ce matin, murmura-t-il au gosse.

-Pablatata, répondit ce dernier.

-Tony, tu es là ? s'enquit Steve derrière la porte.

-Ouvre, Jarvis, fit Tony, d'excellente humeur.

Steve passa la tête dans l'ouverture quand Jarvis eut déverrouillé et entrebâillé la porte.

-Ça va Tony ?

-Mais oui captain oh my captain, fit Tony avec un grand sourire. Dis bonjour Luke ! fit-il en agitant la petite main tandis que le bébé mâchonnait consciencieusement son pied droit. Qu'est-ce qui t'amène à Cleveland-la-pluie-diluvienne, Steve ? Entre, on se pèle les miches dans c'pays, grogna-t-il en refermant la porte derrière l'Avenger.

-C'est juste que Thor est passé à la tour hier soir, complètement déprimé. Et je me suis demandé si toi ça allait.

-Oh, fit Tony en mettant un masque impassible et en partant changer son bébé, tu sais on a parlé de pas mal de trucs. Moi je stressais pour les trucs avec Luke, et lui pour la grossesse de Jane aussi, et puis bon, ça fait à peine un mois que son frère est mort… Mets-toi à l'aise vieux, prépare des cafés, j'en ai pour une seconde.

Ce n'était pas une bonne idée que de mentionner dans la même phrase qu'il avait eu besoin de Thor et que Loki avait disparu le jour même où il avait découvert avoir un fils. Mais il se força à se détendre : cette histoire était tellement folle que c'était de la paranoïa que de craindre que quelqu'un fasse le rapprochement. Il partit s'enfermer dans la salle de bain pour retrouver contenance, et le bien-être de Luke qui n'arrêtait pas de babiller et de se tortiller dans tous les sens lui fit retrouver tout son calme et sa bonne-humeur.

Fatigué de sa nuit courte, Steve s'exécuta et mit une double capsule dans la machine à café. Ayant dû en préparer lors du déménagement, il prit le biberon vide qui avait été mis à sécher sur l'égouttoir à vaisselle, et commença à en faire un nouveau.

-Alors, vous avez parlé de quoi ? s'enquit Tony une fois de retour, merci pour les cafés, enchaîna-t-il. Et t'as fait le biberon aussi ! Tu gères mec.

-On a parlé de son frère, effectivement, répondit Steve en agitant le biberon chaud. Il en a gros sur la patate.

-Cette expression archaïque est adorable dans ta bouche captain', nota Tony. Donne-lui le biberon si tu veux, puisque tu l'as préparé.

-Blblblbl, approuva le bébé en battant des pieds.

L'ingénieur rapporta les deux tasses tandis que Steve s'installait avec Luke.

-Tu as pris le jet jusqu'ici ? percuta Tony.

-Non, je faisais mon jogging puis je me suis rendu compte que j'étais rendu à Philadelphie. Alors j'ai décidé de pousser jusqu'à Cleveland.

Il laissa les yeux de son ami se transformer en soucoupes avant de le rassurer :

-Mais non, Bruce a un congrès à Chicago, et Natasha qui l'accompagnait est rappelée pour une mission urgente. J'ai proposé de la remplacer pour passer te voir. Et oui je suis venu en avion. Je dois en avoir pour trois jours non stop de venir jusqu'ici à pieds.

-C'est surtout que j'ai eu très peur pour la personne qui partagera ton lit, fit Tony en se massant l'arrête du nez. Si tu peux faire New York/Cleveland dans ton footing du matin, je n'ose pas imaginer ce que ça donne au pieu…

Il reçut un jet perfide de lait chaud sur le visage en réponse à sa provocation, et Luke protesta ouvertement sur le gâchis de sa nourriture. Ou du moins que pendant que Steve aspergeait Tony il n'avait, pendant quelques secondes, eu plus rien à boire. Ouais, c'était sans doute plutôt pour ça.

En allant se nettoyer et entre deux rires, Tony tapa un texto.

A 2500 kilomètres de là, Thor le reçut, et après avoir mandé l'aide d'une Darcy ensommeillée, parce que « les outils midgardiens sont tout de même ridiculement petits et compliqués d'usage », l'ouvrit.

« Ton frère t'aimait énormément. »

En voyant les yeux du bodybuilder blond s'embuer, la toujours stagiaire s'exclama qu'il n'était pas sensé avoir l'émotivité de la femme enceinte et que peut-être qu'il prenait la grossesse trop à cœur, qu'il fallait qu'il laisse ses chakras s'ouvrir et accepte les choses comme elles venaient, et finalement appela Jane à l'aide.

La jeune femme entra prestement dans la cuisine et après avoir évalué la situation, rejoignit son fiancé et l'enserra doucement. Le dieu posa son menton sur sa tête, et ferma les yeux, remerciant Tony pour l'apaisement qu'il lui procurait et pour la seconde chance qu'il donnait à celui qui avait été son frère. Son frère qui n'était maintenant plus qu'un très jeune enfant promis à un destin grandiose, et qui avait tout oublié de lui.

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Toi OUI TOI DERRIERE TON ECRAN dis-moi ce que tu en as pensé IL EST TRES TARD et j'ai bu trop de café. Envoie-moi du bonheur en boîte en écrivant juste trois mots ou plus, j'en ai besoin pour vivre tu comprends ? Tu comprends ? Tu veux du café ?

Note : Luke n'est pas censé se définir comme le sujet « Luke » à son si jeune âge, et j'en suis bien consciente. Mais avec juste le « il » le changement de pov n'était pas clair du tout. D'où mon écart volontaire vis-à-vis des théories développementalistes (ce mot est horrible à orthographier, d'autant que mon auto-correcteur a décidé de faire grève parce que selon lui je fais trop de fautes. Send help again)

J'ai un groupe facebook où je balance extraits inédits, musique et demande vos avis, viens on est bien dans le métro de 7h37. Très seules, mais bien. (enfin j'espère.. ?)

Excellente journée à vous !