Merci beaucoup à Athena Skywriter, fan OUAT, Julia-CS et HEA-captainswan pour les reviews!

Ce chapitre est un peu plus court que d'habitude, mais je me sentais obligée de couper à cet endroit... j'espère que vous aimerez! :)


Couchée sur le flanc, la tête posée sur le torse nu de Killian, les jambes repliées et emmêlées aux siennes, je profitais au maximum de ce moment de tranquillité qui nous était offert. Ma main était posée sur le ventre de mon mari, son bras passé autour de mes épaules, et seules nos respirations encore un peu saccadées résonnaient dans la pièce silencieuse. J'étais si proche de lui que je pouvais entendre les battements de son cœur.

Je souris, et soulevai la tête pour l'embrasser à la base du cou, heureuse de constater que notre complicité d'antan était revenue, comme si nos dernières disputes n'avaient été qu'un mauvais rêve. Il frissonna et me serra un peu plus fort contre lui. Depuis notre conversation, trois jours s'étaient écoulés, et ces trois jours avaient été absolument parfaits. Nos journées étaient ponctuées de baisers et d'étreintes, et nos nuits… Disons qu'elles étaient plutôt mouvementées. Le soleil avait disparu du ciel pour laisser place à la lune depuis longtemps déjà, les enfants dormaient depuis des heures, mais je n'avais pas envie de m'endormir, pas tout de suite en tout cas. Je voulais profiter encore un peu de la présence de Killian à mes côtés, des ses lèvres se posant à intervalles réguliers dans mes cheveux et du contact de sa peau nue tout contre la mienne.

- A quoi tu penses ?

Sa voix me tira soudainement de mes pensées. Je bougeai un peu pour pouvoir le regarder. Ses yeux brillaient d'une lueur claire dans l'obscurité. Je répondis avec un sourire taquin en lui chatouillant gentiment le torse :

- A quel point je t'aime.

Il sourit et haussa un sourcil vaguement amusé. C'était lui qui me faisait ce genre de déclarations romantiques, d'habitude, et il semblait surpris d'entendre ces mots sortir de ma bouche. Comme pour illustrer mes pensées, il reprit :

- Tu n'as pas honte de me voler mes répliques ?

- A croire que tu déteins sur moi. Et puis ne te plains pas, ajoutai-je d'un air faussement vexé. Je risque de ne plus te dire des choses comme ça, au sinon.

Il leva l'autre sourcil, comme si je le mettais au défi de quelque chose, ce qui me fit rire à voix haute. Sans prévenir, il changea brusquement de position pour se retrouver à califourchon sur moi. Je ris une nouvelle fois devant cette impulsion alors qu'il se mettait à m'embrasser avec passion, et arquai un peu le dos pour que nos ventres nus rentrent en contact l'un avec l'autre.

- Mmm, dis-je une fois que sa bouche fut détachée de la mienne. Si j'avais su que ça te ferait cet effet là, j'aurais dit tout ça bien avant.

Il rit à son tour, et se rapprocha de nouveau de moi pour se remettre à m'embrasser. J'enroulai les jambes autour de sa taille et fis descendre mes mains le long de son dos, plus que satisfaite par la tournure que prenait la situation. Sa main descendit de mes cheveux vers ma poitrine, je poussai un petit grognement de satisfaction lorsque ses lèvres suivirent le mouvement, et…

BAM !

Un énorme bruit nous fit tous les deux sursauter, brisant notre étreinte avant qu'elle n'ait vraiment eu le temps de commencer. Il arrêta de m'embrasser pour relever la tête, et je me surélevai moi-même sur mes coudes pour voir si le bruit ne provenait pas d'un cadre qui se serait décroché dans la chambre. Tout semblait calme, cependant, et un silence stupéfait flotta dans l'air pendant une longue seconde.

Je n'eus cependant pas à attendre bien longtemps avant d'avoir la réponse aux questions qui se bousculaient dans mon esprit. J'entendis immédiatement un « Maman... » prononcé par la voix terrifiée de Liam, et compris que sa magie venait très certainement de faire des siennes, encore une fois. Je jetai un coup d'œil inquiet vers Killian, espérant que notre fils n'avait pas eu trop peur, et lançai un « J'arrive tout de suite, bébé ! », avant de sauter du lit pour enfiler le pyjama et les sous-vêtements qui traînaient sur le sol. Killian fit de même de son côté, et, sans grande surprise, la voix de Leia retentit elle aussi depuis l'autre côté du couloir :

- Papa, il y a un gros bruit !

- J'arrive, little love ! S'écria Killian en se dépêchant d'enfiler un t-shirt.

Nous fûmes prêts à partir plus ou moins en même temps, et nous nous séparâmes non sans avoir échangé un dernier regard tracassé. J'étais réellement inquiète pour Liam. Ces incidents se faisaient de plus en plus courants à mesure qu'il grandissait, et il était vraiment temps qu'il apprenne à maîtriser tout ça. Je marchai le plus rapidement possible vers la chambre de mon petit garçon, et ouvris la porte pour le trouver recroquevillé sur son lit, en pleurs. Sa lampe de chevet était brisée sur le sol, de l'autre côté de la pièce, ayant sûrement été projetée contre le mur par ses pouvoirs. J'allumai immédiatement la lumière, et m'assis sur le lit de mon fils en le prenant dans mes bras pour essayer de le consoler, mon cœur se serrant à la vue de son air terrifié et de ses larmes. Il enfouit son visage dans mon cou en enroulant ses bras autour de ma nuque.

- J'ai pas fait exprès, maman, j'ai pas fait exprès ! S'exclama-t-il, comme s'il avait peur que je sois fâchée.

- Je sais, bébé, je sais, murmurai-je en le berçant tout contre moi. Tout va bien maintenant, je suis là. Tu n'as rien à craindre.

Je passai un long moment à essayer de le consoler, mon propre cœur déchiré par ses larmes. Lorsque je sentis qu'il se camait un peu, rassuré par mon étreinte, je me détachai légèrement de lui et passai une main sur son visage pour en chasser les larmes. Il renifla et dit d'une petite voix presque timide :

- Je suis désolé, j'ai cassé la lampe.

- Hé, ce n'est pas grave, sweetheart, assurai-je en me forçant à lui sourire alors que j'avais moi aussi très envie de me mettre pleurer, parce que le voir comme ça était bouleversant. Regarde, je vais arranger ça.

D'un geste de la main, je fis jouer mes pouvoirs, et les débris s'envolèrent du sol pour flotter dans les airs. J'effectuai un mouvement sec du poignet, et la lampe se reforma, comme si rien ne s'était passé. Doucement, en la faisant toujours léviter, je la fis se reposer sur la table de chevet de Liam, et me retournai vers mon fils pour lui dire avec douceur :

- Tu vois ? C'est fini. C'est réparé.

- J'ai peur, gémit-il en se frottant les yeux, et je le repris contre moi en espérant parvenir à le consoler.

- Je sais, mon ange, je sais que ça fait peur. J'avais peur aussi, au début, quand j'ai découvert que j'avais des pouvoirs, tu sais. Mais Regina m'a aidé à les contrôler. Et elle va faire la même chose avec toi. Tout va rentrer dans l'ordre, bientôt, je te le promets.

Je continuai à lui caresser les cheveux pendant quelques minutes, avant que la porte de la pièce s'ouvre de nouveau pour laisser apparaître Killian. Je devinai que Leia s'était rendormie et qu'il avait voulu s'assurer que tout allait bien pour Liam. Je lui jetai un coup d'œil tracassé par dessus l'épaule de notre fils et lui fis signe d'approcher, consciente que ses bras forts allaient peut-être aider Liam à se sentir mieux.

Il s'assit à nos côtés sur le petit lit, et je me détachai de notre fils pour qu'il puisse se blottir dans les bras de Killian. Ce-dernier sembla lui aussi tellement peiné par la tristesse de Liam, notre petit garçon lové tout contre lui, comme si la force de son père le rassurait grandement. Il parla d'une voix douce, grave, qui parvint moi aussi à me faire me sentir mieux :

- Calme-toi, little mate, on est là. Il ne peut rien t'arriver.

Il lui déposa un baiser dans les cheveux, continuant à le bercer contre lui. Une fois que notre petit garçon fut un peu calmé, je repris la parole en lui caressant doucement le dos, voulant savoir ce qui avait provoqué cet incident et une telle crise de panique :

- Qu'est-ce qui t'as fait peur, sweetheart ? Tu as fait un cauchemar ? Tu sais expliquer ce que c'était ? Ajoutai-je une fois qu'il eut hoché la tête.

- 'Y avait du feu, et des gens qui criaient, et… et vous étiez…

- Qu'est-ce qu'on était, Liam ? L'encouragea Killian avec douceur.

- Vous étiez morts, dit-il enfin avant de se remettre à pleurer en se blottissant contre son père.

J'échangeai un regard inquiet avec Killian, qui cligna plusieurs fois des yeux, surpris par cette déclaration inattendue. Je pris le temps de réfléchir avant de répondre à notre fils. J'étais presque certaine que le rêve de Liam n'était pas prémonitoire. Il était encore trop jeune pour ça, et rien ne menaçait vraiment la ville pour le moment. Ceci dit, ça n'en était pas moins inquiétant. Parce que si Liam faisait ce genre de rêve, c'était en conséquence de tout ce que nous avions dû traverser pour rester ensemble, Killian et moi, et de toutes ces histoires qu'il avait entendu nous concernant. Killian était mort plusieurs fois, nous étions allé le chercher dans l'Underworld et j'avais failli perdre la vie à plusieurs reprises, moi aussi, notamment lorsque j'étais enceinte de Leia. Son cauchemar trahissait donc une peur de nous perdre qu'il possédait bel et bien. Luttant contre les larmes, je m'approchai de mon mari et de mon fils pour me joindre à leur étreinte, et dis d'une voix que j'essayais de rendre stable :

- On va bien, Liam. On est là. Il ne va rien nous arriver, tu verras.

C'était une promesse un peu en l'air, j'en étais bien consciente. Après tout, je ne savais pas ce qui pouvait vraiment advenir de nous. Tout était toujours possible dans cette foutue ville. Mais il fallait que je rassure mon fils, c'était le plus important. Killian continua d'une voix un peu tremblante, traduisant ainsi sa peine :

- Tu veux qu'on te raconte une histoire pour t'aider à te rendormir ?

Il hocha lentement la tête, et se recoucha dans son lit. Je me glissai à ses côtés, me couchant tout contre lui pour passer un bras autour de ses petites épaules et lui montrer que je restais là, près de lui, et qu'il était en sécurité. Liam attrapa la main de Killian, comme pour sentir ses deux parents proches de lui et se rassurer, et mon mari demanda d'une voix douce :

- Qu'est-ce que tu veux entendre comme histoire, little mate ?

- Vous pouvez me raconter comment vous vous êtes rencontrés ?

Killian et moi échangeâmes un pâle sourire. C'était l'histoire préférée de notre fils, et nous la lui avions raconté des dizaines de fois, changeant un peu la forme au fur et à mesure qu'il grandissait pour que le récit se rapproche de plus en plus de la façon dont nous nous étions rencontrés. Killian se pencha pour déposer un baiser sur le front de Liam, et je commençai avec un sourire :

- Il était une fois...


- Ok, papa, je vais me chercher à manger, dis-je, le téléphone coincé entre le menton et l'épaule pour pouvoir enfiler ma veste et ne pas perdre de temps. Tu veux que je te prenne quelque chose ?

- Non merci, je viens de dîner, me répondit-il depuis l'autre bout du fil.

- D'accord, rien à signaler?

- Non, tout est calme. Pour une fois, ajouta-t-il, ce qui me fit rire doucement.

- Killian a déjà mangé aussi ? Je ne lui prends rien ?

Mon père et mon mari étaient en effet partis le matin même pour faire un tour de la ville et s'assurer que tout allait bien, me laissant seule au commissariat. La paperasse n'était pas mon fort, d'habitude, j'avais toujours préféré le terrain, mais j'étais fatiguée à cause de ma courte nuit et, pour une fois, j'étais bien contente de rester assise à l'intérieur, surtout qu'il pleuvait dehors. Je m'avançai vers la porte de sortie alors que mon père répondait :

- Il n'est pas avec toi ? C'est curieux, il est parti il y a une vingtaine de minutes. Il m'a dit qu'il allait te rejoindre.

- Bah, il est sûrement chez Granny, lui aussi, répondis-je en haussant les épaules, loin d'être tracassée. Il a dû penser que je voudrais grignoter quelque chose, et est prêt à me ramener un dîner. Je le croiserai sûrement au diner ou sur le chemin du retour. A tout à l'heure, ajoutai-je avant de raccrocher.

Je glissai le portable dans la poche arrière de mon jean et sortis sous la petit pluie désagréable qui tombait d'un ciel gris acier. Le vent était glacial, et je plongeai mes mains dans mes poches en baissant la tête, espérant échapper un peu au froid qui transperçait les os. Malgré le temps, je décidai de me rendre à pieds jusqu'au restaurant, et parcourus en quelques minutes la distance qui me séparait de mon repas.

Je mourrais littéralement de faim, et espérais sincèrement que Killian se trouvait déjà sur place. J'avais envie de partager ce repas avec lui. J'avais tellement envie d'être sans cesse proche de lui depuis notre réconciliation. J'avais après tout eu tellement peur de le perdre. Mais j'avais enfin accepté son envie de garder des secrets, maintenant qu'il m'avait promis de ne plus voir Jasmine. Il avait partagé une conversation avec son amie au téléphone suivant ma demande, et lui avait expliqué qu'il ne voulait plus la voir pour des raisons personnelles. Maintenant, j'étais bien décidée à lui faire entièrement confiance. Je m'étais forcée à briser mon armure, de nouveau, et je me sentais tellement mieux, à présent. Mon bonheur était enfin revenu, et toute cette histoire avec Jasmine n'était plus qu'un mauvaise souvenir.

C'est avec soulagement que j'arrivais devant le restaurant, les cheveux humides à cause de la pluie, frissonnant et les dents claquant dans mâchoire, pressée de rentrer pour me réchauffer et enfin avaler quelque chose. Je poussai donc la porte du diner et promenai mon regard autour de la pièce pour voir si Killian ne s'y trouvait pas. Mes yeux rencontrèrent rapidement sa silhouette familière, installée au fond du restaurant et, toujours debout devant la porte, je levai la main pour lui faire signe et lui signaler ma présence, un grand sourire dessiné sur le visage.

Il leva les yeux vers moi, sûrement alerté par le bruit de la sonnette qui avait retenti lorsque j'avais ouvert la porte. Mais, contre toute attente, il ne me rendit pas mon sourire et ouvrit de grands yeux effrayés. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas ce qui se passait, mon cœur remontant dans ma gorge alors que j'étais prise d'un mauvaise pressentiment. Je m'apprêtai à avancer vers lui pour lui demander ce qui n'allait pas lorsque je remarquai que quelqu'un était assis en face de lui, me tournant le dos. Je plissai les yeux pour mieux voir, de plus en plus intriguée, et surtout très inquiète.

C'était une femme. Possédant une silhouette gracieuse et de longs cheveux noirs.

Je sentis mon cœur s'emballer, une nausée m'étreignit l'estomac, et mon sourire s'effaça aussi vite qu'il était apparu. J'essayai de me résonner. Ce n'était pourtant pas possible. Ça ne pouvait pas être elle. Il m'avait promis de ne plus jamais la revoir. Il n'avait pas brisé ma confiance. Il ne ferait jamais un chose pareille.

Mais, se sentant observée, la femme se retourna dans ma direction, et je pus enfin voir son visage.

J'eus l'impression que la pièce se mettait à tanguer sous mes pieds. C'était elle. Je ne m'étais pas trompée. C'était Jasmine.

Je fus incapable de penser à quoi que ce soit pendant quelques horribles secondes, complètement désorientée. Je reportai mon attention sur Killian qui, en voyant ma réaction, se leva immédiatement, sûrement dans l'intention de s'approcher de moi pour tout m'expliquer.

Mais je ne lui en laissai pas le temps. Tout sembla se remettre en marche dans mon esprit, et des larmes de colère embrouillèrent ma vue.

Fuir, courir. Partir de là, échapper à tout ça. Je ne pouvais pas avoir cette conversation avec lui en plein milieu du diner. Je ne pouvais pas, pas devant Jasmine.

Alors je tournai les talons et ouvris la porte à la volée pour échapper à cette situation qui me terrifiait complètement

- Swan ! Cria Killian en voyant que je fuyais, encore une fois.

Je l'ignorai et claquai violemment la porte du restaurant derrière moi, m'élançant dans la rue en courant, sans savoir où j'allais, mais comme si ma vie en dépendait

Je courus jusqu'à la maison. J'avais besoin de me défouler, de sortir cette colère qui m'étreignait l'estomac pour ne pas devenir complétement folle. Courir m'avait toujours aidée à me sentir mieux. Je ne savais pas où aller d'autre que chez moi, et Killian me poursuivait en me criant d'attendre. A part prendre ma voiture et quitter la ville, je n'avais aucune chance de lui échapper.

Et, de toute manière, j'avais bien envie de lui hurler mes quatre vérités bien en face. Comment osait-il ? Il m'avait pourtant promis de ne plus la voir. Diable, c'était lui qui me l'avait proposé ! Alors, que faisait-il avec elle alors qu'il avait assuré à mon père qu'il venait me retrouver ? Je me sentais tellement trahie. Je lui avais fait confiance, et il m'avait laissée tomber. Comme tout le monde avant lui. Parce que, visiblement, personne ne m'aimait assez pour ne pas m'abandonner.

Je laissai la porte d'entrée ouverte derrière moi, sachant très bien qu'il allait me rejoindre. J'étais trempée par la pluie et je tremblais autant de froid que de colère. Sur la minute qu'il lui fallut pour atteindre le hall d'entrée, je tournai dans le salon comme un lion en cage, ne sachant plus quoi faire pour calmer cette rage qui rugissait en moi. Je finis par me saisir d'un presse-papier en cristal, qui était posé sur une commode, pour le jeter de toutes mes forces contre le mur opposé, juste au moment où il me rejoignait dans la pièce.

C'était le seul moyen que j'avais trouvé pour ne pas retourner mon agressivité contre lui et lui coller mon poing dans la mâchoire. Il sembla choqué par la violence de mon geste, car il resta immobile pendant plusieurs secondes, debout à quelques mètres de moi, comme s'il avait peur que je ne lui saute à la gorge. Je le regardai bien en face pendant ces quelques instants de silence, ma poitrine se soulevant et s'abaissant rapidement au rythme effréné de ma respiration haletante. Enfin, il finit par tendre une main vers moi en disant d'une voix douce :

- Swan…

- Non ! Hurlai-je alors en faisant deux pas en arrière pour m'éloigner de lui, me sentant si trahie que me retrouver dans la même pièce que lui m'était insupportable. Tais-toi !

- Emma, écoute-moi ! S'exclama-t-il d'un air implorant. Je suis désolé…

- Désolé ? DÉSOLÉ ? Répétai-je en serrant les poings. Tu m'avais promis que tu ne la reverrais plus ! Promis ! C'est toi-même qui l'a proposé, bordel !

- Emma, ce n'était pas prévu. J'ai voulu aller chez Granny pour te rapporter quelque chose à manger. Elle m'a abordé. Je n'ai pas voulu refuser, je n'ai pas voulu paraître impoli ou insensible.

Il semblait sincère, je pouvais le lire dans ses yeux. Si c'était vrai, c'était moins grave que ce que je ne pensais. Il n'avait pas menti pour aller la retrouver, tout ça n'était qu'un énorme malentendu. Je me forçai à respirer profondément, essayant de me calmer. Mais pouvais-je vraiment encore lui faire confiance ? Je faisais toujours confiance, et je finissais toujours par être blessée. J'étais vraiment trop bête.

- Et qui me dit que tu ne mens pas ? Repris-je à voix plus basse.

- Swan, je te le jure, c'est la vérité ! Utilise ton super-pouvoir, analyse moi pour savoir si je mens. Tu me fais confiance, non ?

- Te faire confiance ? Je croyais pouvoir, oui, crachai-je, ces petits mots réveillant de nouveau ma colère. Mais comment le pourrais-je alors que je viens de te voir avec elle ?

- Merde, Emma ! Dit-il en haussant le ton à son tour. On est mariés, on a des enfants. Est-ce que j'ai une seule fois trahis ta confiance avant aujourd'hui ?

- Mais tu étais avec elle ! Et tu m'avais promis !

- Pour la énième fois, Emma, elle n'est rien pour moi, bordel ! C'était inattendu, et je n'ai pas osé lui dire non. Parce que c'est mon amie ! Et que je ne voulais pas l'abandonner !

- En attendant, c'est moi que tu as abandonnée ! Dis-je d'une voix brisée par les sanglots que je refusais de laisser sortir. On voit que tu as fait ton choix entre nous deux !

- Non, mais tu es incroyable ! Cracha-t-il, presque méchamment. Tes putains de murs, je commence à en avoir marre, Emma ! Je t'ai choisi, toi, pas elle ! Mais avec cette jalousie et cette méfiance, je commence à en avoir assez, crois-moi !

Je m'étouffai quasiment d'indignation. Il était en faute, et il arrivait encore à m'accuser ? Il n'avait aucun droit de faire ça. Je me sentais horriblement trahie. Toute dévorée par la colère, je n'arrivais pas à me calmer et j'avais l'impression d'avoir encore une fois fait confiance à la mauvaise personne. Complètement hors de moi, je hurlais en retour :

- Ah ouais ? C'est toi qui en a assez ? Et bien tu sais quoi ? Va te faire foutre !

Et sur ces mots, je passai à côté de lui en trombe pour sortir sous la pluie, ne me sentant pas capable de me trouver dans la même pièce que lui en cet instant.


Je pensais que c'était le bon moment pour couper :p Ne vous inquiétez pas, cependant, les disputes s'arrêteront enfin dans quelques chapitres... Mais celle-ci est plutôt importante. Je sais que la réaction d'Emma peut paraître "exagérée" ou assez violente, mais j'ai pensé qu'avec toutes les blessures de son passé, tous ces abandons incessants, elle se sent vraiment trahie de voir que son mari lui a menti, même si 'c'était un accident. Mais tout finira par s'arranger, c'est promis! :)