Disclaimer : Je ne possède aucun droit sur les personnages, créatures ou lieux cités que vous reconnaîtrez.

Attention, j'ai rajouté deux paragraphes à la fin du chapitre précédent. Ça ne change pas fondamentalement l'histoire, mais c'est mieux de ne pas sauter des bouts quand même.

Merci pour toutes les reviews. Merci Mineko pour le rappel. Tu as un timing de dingue. La première fois que je rebosse sur cette fiction depuis des mois et PAF un message de ma plus fidèle lectrice (oui, dans cet ordre) ! C'est beau quand même.


Chapitre 11 : Du doute et des épreuves impossibles

Depuis son excursion à Underland et les voyages qu'elle avait effectués aux quatre coins du monde depuis, Alice avait l'habitude de se réveiller parfois dans des endroits peu accueillants et encore moins confortables, mais ouvrir les yeux sur un sombre précipice sans fond faisait passer toutes ses autres expériences pour d'agréables veillées à la belle étoile. Elle bondit sur ses pieds et se plaqua contre la falaise, le cœur palpitant. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre ses esprits.

« Je ne dormirai pas une nuit de plus dans cet escalier», déclara la jeune fille à personne en particulier.

Toujours un peu plus grande qu'à son habitude, Alice reprit l'ascension dans la brume épaisse qui léchait la paroi. C'était peut-être la fatigue, l'anneau, le Mordor désormais si proche... mais l'escalier de pierre paraissait encore plus raide que le jour d'avant, comme si un géant avait soulevé la montagne pendant son sommeil. L'idée qu'une force pareille se cache quelque part et lui complique la tache à son insu fit frissonner la jeune fille. Malgré l'effet du gâteau, elle se sentit ridiculement petite et impuissante. Un Jabberwocky, c'était une chose, mais comment pouvait-elle faire face à des armées d'orcs assoiffés de sang ? Quelles étaient ses chances face à un être immatériel capable d'invoquer des spectres pour commander ses troupes ? Qui savait quelles autres horreurs se dressaient encore entre elle et son but ? Tout ceci était au delà de ses forces. Alice s'affala sur une marche, enveloppée dans sa cape, et se mit à pleurer comme elle ne l'avait fait depuis des années, les larmes roulant sur ses joues venant s'écraser sur ses genoux meurtris. A travers ses yeux embués, l'escalier qui redescendait dans la vallée de Minas Morgul ne semblait plus si raide. Il était même très attrayant et semblait agréable comme une promenade dominicale dans les vertes prairies britanniques ; tellement facile qu'Alice commença à se laisser glisser de marche en marche. Après tout, personne ne pourrait la juger pour son échec puisque personne n'avait réussi à accomplir ce qu'on lui demandait. Elle allait trouver un moyen de rentrer chez elle, où elle cacherait l'anneau, bien en sécurité, et Sauron ne mettrait jamais la main dessus. Le plan était simple, facile, évident.

Alice se leva alors, prête à descendre. Elle refoula ses derniers sanglots, essuya ses larmes et respira un grand coup. Elle n'avait pas fait trois pas que son épée racla un rocher, manquant de la faire tomber. La jeune fille se rattrapa de justesse à la paroi. L'épée vorpaline se plaqua chaudement contre son flanc. Alice la sortit de son fourreau. Même dans cette obscurité, son éclat argenté ne faiblissait pas. Elle rayonnait d'espoir et la jeune fille ne put s'empêcher de soupirer.

«Que m'arrive-t-il ? Ce n'est pas dans mes habitudes d'être terrifiée. Mais cette quête est impossible...»

Impossible ? Il n'y avait pas si longtemps, elle pouvait croire à six choses impossibles avant le petit déjeuner.

«Six choses, et il y a déjà neuf spectres à affronter.»

Il n'y avait qu'un seul ennemi, malgré tous ses visages. Elle était la Alice, pourquoi avait-elle peur des fantômes ?

«Je n'arrive même pas à croire en une seule chose impossible. Comment puis-je espérer surmonter tous les obstacles qui se dressent devant moi ?»

Mais ce n'était pas le Pays des Merveilles, c'était la Terre du Milieu. Elle n'avait pas besoin de croire. Elle avait juste besoin de faire un pas dans la bonne direction, puis un second, et les suivants viendraient à leur tour. Enfin, Alice tourna son regard vers le haut, vers le sommet de la falaise. Quand elle reprit l'ascension, elle n'était pas guidée par l'espoir mais par l'évidence du chemin qu'elle avait choisi. Rentrer à la maison la tête basse n'avait pas de sens, alors que continuer droit devant s'imposait comme la seule décision sensée. Elle avait accepté la responsabilité de l'anneau, elle devait aller au bout de ce qu'il était possible de faire, et alors peut-être parviendrait-elle à croire à nouveau à l'impossible.

La dernière marche arriva plus vite que prévu. Alice fut surprise d'avoir déjà atteint la fin de l'escalier. Elle fit une courte pause avant de découvrir ce qui l'attendait. Un tunnel grossièrement taillé s'enfonçait dans la roche. Une odeur fétide émanait du passage, laissant présager la monstruosité des créatures qui s'y cachaient certainement. Tout donnait envie de faire demi-tour et de trouver un autre passage, mais Alice savait qu'il n'y en avait pas d'autre, et elle avait perdu assez de temps à douter. Brandissant l'épée vorpaline comme une oriflamme, elle pénétra dans la noirceur de la montagne.

De nombreuses galeries s'entremêlaient, croisaient et recroisaient celle qu'Alice avait choisie. Dans la pénombre, elle avait bien des difficultés à s'orienter. Elle aurait donné n'importe quoi pour une boussole, mais malheureusement, cet instrument ne semblait pas avoir été inventé dans ces contrées. Elle s'en remit à son flair, traquant les courants d'air frais. Cela ne l'empêcha pas de tourner en rond, et de se retrouver plus d'une fois dans un cul-de-sac. Néanmoins, elle progressa petit à petit. Le son de ses bottes sur le sol de pierre résonnait à travers les couloirs sombres et parfois, l'écho de ses propres pas lui revenait par d'autres passages. D'autres bruits couraient encore dans la montagne, des cris, des coups d'épées, étouffés comme s'ils commençaient à se faire vieux. Alice pria les Valars pour ne pas croiser la bête qui poussait ces crissements stridents.

La jeune fille traversa plusieurs tunnels recouverts de lambeaux de toiles d'araignée. Ils semblaient avoir été coupés récemment. Qui pouvait avoir eu l'envie soudaine de se promener dans un endroit si glauque ? Alice ne s'en préoccupa pas plus que nécessaire. Suivant toujours des courants d'air, elle finit par atteindre la sortie. Un ciel encombré grondait loin au dessus d'un large escalier menant à une forteresse de pierre sombre. Malgré les nuages noirs, celle-ci se découpait sur le ciel, ses tourelles acérées piquant les nues de leur dard de métal. À travers les nombreuses meurtrières, la lumière tremblante de dizaines de feux donnait à la bâtisse un arrière-goût d'enfer. Détachant son regard du paysage désolé, Alice remarqua alors les traces de sang noir mélangées à la poussière, à ses pieds. Certaines étaient à peines sèches et racontaient encore l'agonie de la bête qui avait été blessée à cet endroit. La jeune fille allait continuer sa route quand un éclat brillant, au sol, lui sauta aux yeux. C'était une épingle, avec une grosse tête noire, plantée dans la terre. En cherchant, Alice en trouva d'autres, éparpillées, parfois tachées de sang.

«Le Chapelier ! s'exclama-t-elle soudain. Il est donc passé par ici, lui aussi. Il ne doit pas être très loin. Il a au maximum quelques jours d'avance. Mais comment a-t-il trouvé ce passage ? »

Balayant cette question à laquelle elle ne trouverait pas de réponse avant d'avoir retrouvé son ami, Alice s'élança dans l'escalier avec une énergie décuplée. Elle ralentit pourtant en entendant un brouhaha s'élever de la forteresse au bout du chemin. Évidemment, elle était désormais en territoire ennemi, et passer inaperçue au milieu de bataillons d'orcs n'allait pas être facile. Cependant, c'était la seule chose à faire. Alice s'approcha à pas feutrés du fort, d'où déboula un flot d'orcs en colonne militaire dont les chefs beuglaient des ordres acerbes dans leur langue. La jeune fille regarda passer la troupe, dubitative. Où se rendaient toutes ces créatures ? Préparait-on une bataille ? Si c'était le cas, il lui fallait atteindre la Montagne du Destin au plus vite, car seulement ainsi pourrait-elle sauver les vies des guerriers hommes, elfes ou nains qui feraient face à cette armée.

La place forte fut laissée vide de toute garnison. Alice y pénétra, espérant ne trouver aucune trace du Chapelier. D'escalier en escalier, elle parvint au sommet d'une tour d'où, pour la première fois, elle posa son regard sur les vastes plaines brûlées du Mordor. Les terres étaient complètement désertées. À part la compagnie qu'elle avait vu quitter la montagne, il n'y avait plus un orc en Mordor. Cependant, un halo orangé brillait au nord, tel un gigantesque campement. Mais un autre feu, bien plus puissant, capta l'attention d'Alice : la Montagne du Destin.

Elle était si proche tout à coup, mais en même temps si loin. Si Alice avait eu des ailes, elle aurait parcouru la distance en un clin d'œil, mais il lui faudrait des jours entiers pour y arriver à pied, et avec les maigres provisions qui lui restaient, elle doutait atteindre un jour la crevasse du destin. Elle était perdue dans sa contemplation quand elle se rappela qu'il lui restait encore un morceau de gâteau pour grandir. Si seulement elle pouvait traverser les plaines en quelques enjambées... Avec des gestes fébriles, elle fouilla ses poches à la recherche du biscuit magique. Quelle ne fut pas sa déception en voyant le reste minuscule qui menaçait de s'effriter. Elle le croqua tout de même, mais ne grandit que d'une dizaine de centimètres, tout au plus. Ainsi s'envolaient ses espoirs d'échapper à des jours de marche. Alice tripota rageusement l'anneau à son cou.

«Tu ne perds rien pour attendre, marmonna la jeune fille. Que ce soit quelques heures ou quelques jours, tu seras bientôt fondu dans un torrent de feu.»

Elle allait quitter la tour, décidée à en finir, mais soudain, une lumière éblouissante se posa sur elle, ou plus exactement, cette lumière la scruta, pénétrant dans les moindres recoins de sa tête, brisant tout le courage qu'elle avait amassé. Et derrière ce feu qui la dévora de l'intérieur, il y avait un œil. Un œil géant rempli de flammes ardentes au milieu desquelles une pupille reptilienne la fixait : Sauron. Alice resta tétanisée pendant un temps qui lui parut infini avant de se jeter, dans un élan de lucidité, derrière les créneaux, serrant l'anneau contre son cœur. L'or brûla sa peau, mais elle serra les dents, le visage crispé de douleur, les yeux emplis de terreur. Il l'avait vue. Il avait vu l'anneau sur sa poitrine. Il l'avait vue se cacher dans un effort désespéré de ne pas montrer le fardeau qu'elle portait. Et il allait envoyer ses servants, les neufs spectres, pour récupérer sa précieuse arme. Elle devait fuir.

N'écoutant que son instinct, Alice courut vers l'escalier. Elle dévala les marches quatre à quatre, le souffle erratique, maudissant la roche glissante. Elle manqua plusieurs fois de tomber mais garda à chaque fois l'équilibre, sauf arrivée presque en bas, lorsqu'un faux pas l'envoya rouler jusque sur la terre battue de la cour de la forteresse. Quand elle essaya de se relever, les mains en sang et le menton ouvert, une douleur aiguë lui transperça la jambe gauche. Baissant les yeux, elle s'aperçut qu'une large plaie avait déchiré sa peau. Il y avait aussi des chances pour que sa jambe soit cassée. Ainsi s'envolaient ses espoirs de marcher jusqu'à la Montagne du Destin.

«Ah, si j'avais des ailes...» sanglota Alice en pansant sa plaie avec des bandages de fortune.

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un cri strident retentit dans le ciel, le même cri qu'elle avait entendu de l'autre côté des Monts de l'Ombre, il y avait à peine deux jours de cela. Elle clopina jusque derrière un pilier massif et jeta un coup d'œil derrière. Comme un vautour attendant son heure, une gigantesque bête ailée aux allures de dragon survolait la forteresse, chevauchée par un spectre en armure. Il était là pour elle, et elle ne pouvait même pas s'échapper. Si elle restait cachée, combien de temps pourrait-elle tenir seule, sans provisions et sans soins dans les salles obscures du fort ? C'est alors qu'elle eut une idée folle. Elle regarda à nouveau la bête depuis sa cachette.

«Toi, tu as des ailes », sourit la jeune fille.

Se traînant alors à la vue de tous et priant pour ce le spectre soit seul, Alice hurla à pleins poumons pour attirer son attention. Le résultat fut immédiat. Le cavalier et sa monture tournèrent en même temps leur regard vers la jeune fille, qui fut soudain ramenée quelques mois plus tôt, au Mont Venteux, lorsqu'elle avait été blessée par une lame de Morgul. Elle avait eu beaucoup de chance de s'en sortir cette fois là, mais elle n'aurait certainement pas autant de chance une deuxième fois. Il lui fallait trouver une idée, et vite. Elle plongea à nouveau derrière son pilier au moment où la bête atterrit. Les dents acérées du monstre claquèrent de part et d'autre de la colonne de pierre, mais sa taille l'empêchait de pénétrer dans le bâtiment. À grands coups de sa carrure massive, il entreprit de cogner les murs, faisant trembler tout le fort, sa mâchoire puissante claquant sans relâche juste à côté d'Alice.

«Maintenant serait un moment parfait pour croire à l'impossible » murmura-t-elle.

Un nuage de poussière tomba du plafond, la faisant éternuer.

«L'impossible... l'ennemi est un œil de feu. »

Le dragon piétina de rage, ravageant la cour de la forteresse.

«Il commande des spectres. »

La bête poussa à nouveau son cri, et Alice dut se boucher les oreilles pour ne pas s'évanouir.

«Les spectres chevauchent des dragons. »

«Si on détruit l'anneau, Sauron meurt, et tous les mondes seront sauvés. »

La bête s'immobilisa tout à coup.

«Je peux vaincre le cavalier noir et sa monture. »

Un silence étonnant régnait à présent sur la forteresse. Alice sentait toujours le souffle de la bête, si proche, mais plus un bruit ne se faisait entendre. Retenant sa respiration, la jeune fille rampa de derrière son pilier vers le fond de la cour abritée où elle se trouvait, en direction de l'escalier qu'elle avait dévalé quelques minutes auparavant. Un cliquetis l'arrêta, immédiatement suivi du bruit métallique d'une épée que l'on sort de son fourreau. Le spectre était descendu de son dragon, et d'un pas lent et pesant, il s'avançait vers la colonne qui avait protégé Alice jusque là. Sentant la peur la saisir à nouveau, celle-ci se releva et sautilla le plus vite possible vers les marches, refusant de céder à la douleur qui cisaillait sa jambe. À cloche-pied, s'aidant de son épée, elle grimpa tant bien que mal au premier étage, poursuivie par le bruissement de l'armure du spectre. Elle sentait sa présence juste derrière elle. À bout de souffle, elle se traîna jusqu'à une meurtrière, sous laquelle la bête attendait sa proie un étage trop bas.

Le pas lourd du spectre se rapprocha. Alice vit la silhouette encapuchonnée émerger de l'obscurité de l'escalier, épée en main, toisant son ennemie, même sans visage. La jeune fille recula dans l'avancée de la fenêtre et rangea l'épée vorpaline dans son fourreau. Fixant son adversaire d'un air déterminé, refoulant la peur qui montait en elle, elle lança d'une voix hargneuse :

«Je peux chevaucher un dragon. »


Bonjour les amis ! Honnêtement, je ne sais même plus depuis combien de temps je n'ai rien écrit, j'ai arrêté de compter quand ça devenait ridicule. Et puis voilà qu'un jour, au boulot, je me suis dit qu'au lieu de travailler j'allais écrire un peu... (trop sérieuse la stagiaire^^)

Mais parlons plutôt de ce chapitre. Avant qu'on me dise « mais c'est pas un gragon, tu dis n'importe quoi ! », je sais que la monture du cavalier noir n'est pas un dragon, pour la bonne raison que j'ai lu les livres. Mais si Alice avait lu les livres, déjà, elle serait au courant, mais en plus elle aurait certainement établi une stratégie contre Sauron qui se serait fait avoir comme un bleu. Enfin bref, les Nazguls ressemblent à des dragons, donc elle décide de les appeler comme ça. Pourquoi pas 'jabberwocky' alors ? Parce qu'il n'existe qu'un seul jabberwocky, et qu'elle l'a mangé au petit déjeuner !

Et sinon, je pense qu'il ne reste qu'un chapitre après celui là (et l'épilogue, si nécessaire). Je ferai de mon mieux pour ne pas traîner, mais comme d'habitude, je ne promet rien. Le chapitre 12 comporte actuellement un paragraphe, soit 252 mots, donc j'ai encore du boulot.

PS : oui, j'ai bien écrit 'gragon'.

PPS : milielitre (point) deviantart (point) com (slash) art/Eowyn-Cosplay-434028452 si quelqu'un veut voir mon cosplay de Eowyn^^