Note de l'auteur :

Salouti everybody ! =)

Nous nous retrouvons enfin ! Après plusieurs mois de longue attente pour vous, de remue-méninges, de faux départs, feuilles froissées, et de tout un tas d'autres choses pour moi, c'est aujourd'hui que vous allez découvrir le sort que j'ai réservé à Anita ! ;) Alors Save or No ? À vous de le découvrir !

Bonne lectureee !


Chapitre 12 :

D'abords c'est une lumière vive qui vous aveugle. Ensuite, vos oreilles explosent en entendant le crissement déchirant des pneus sur l'asphalte. Survient alors le silence. Un silence bourdonnant. Étouffant. Effrayant.

Je n'ai pas vu le coup arriver. Je n'ai pas su réagir face à ce qui m'attendait. Je n'ai pas su éviter la voiture qui devait me faucher, et pour être honnête, je n'ai même pas senti mon corps quitter le sol. Tout ce que je fus capable de ressentir, c'est la douleur qui me saisit lorsque je retombai, inerte, sur la chaussée battue par la pluie. Immobile, les yeux perdus dans le vide, et enveloppée par un brouillard d'adrénaline et de peur, je ne réalisais pas encore ce qui venait de m'arriver ; mais chacune de mes inspirations, chacun des battements de cœur me rapprochait un peu plus de la réalité, et bientôt je pris conscience d'un fait qui me glaça le sang : je venais d'être renversée par une voiture !

La panique s'empara alors de moi. Ma respiration s'accentua, faisant monter et descendre ma poitrine dans un rythme effréné que je ne pus contrôler. Plus mon esprit émergeait, et plus je sentais mon corps, et ce qu'il m'indiquait n'avait rien de bon ! Je respirais bien trop vite. Mon cœur battait à tout rompre au point que je pouvais le sentir contre mes côtes ; provoquant une pression suffocante qui ne fit qu'accroître mon angoisse. Comprenant qu'il était vital que je me calme tout de suite si je ne voulais pas faire un arrêt cardiaque, ni même une crise d'asthme, je refermai les yeux et tâchai de me concentrer sur ma respiration, plus que sur la douleur lancinante qui commençait à naître au niveau de mes mains et de jambes.

Je ne sais combien de temps je restai ainsi, à moitié couchée sur la route et sur le trottoir, mais ce qui est sûr, c'est qu'il ne fallait pas que je reste là. C'est pour ça que lorsque je fus un peu calmée (j'entends par là que mon cœur ne menaçait plus d'exploser dans ma poitrine, bien qu'il n'ait toujours pas retrouvé un rythme normal) je tentai me relever, mais un violent vertige me prit. Tout ce brouilla autour de moi. Même l'horizon ne semblait plus être droit. Les jambes flageolantes, je chancelai dangereusement vers le sol, incapable de lutter contre la gravité, quand un bras me récupéra juste avant que je ne perde l'équilibre. Ne comprenant pas comment une telle chose était possible, je tournai (trop vite) la tête pour voir qui venait de m'épargner une nouvelle chute.

- Anita ?! T'es blessée ?! Anita ?! P'tain dit quelque chose !

Un visage perdu dans un brouillard de couleurs et de formes abstraites ; voilà tout ce que je fus capable de distinguer. Quelqu'un me faisait face, mais impossible pour moi de reconnaître celui qui venait de m'aider. Il me fallut faire un effort de concentration extrême pour passer outre du voile qui me couvrait les yeux, et ainsi reconnaître les traits familiers de Castiel qui, à bien y regarder, me tenait fermement par les épaules, me forçant ainsi à lui faire face.

- Pas si fort…, s'il-te-plaît…, articulai-je faiblement, la voix encore nouée par les émotions qui m'avaient assailli.

Un soupire lui échappa.

- Enfin t'ouvres la bouche ! Idiote ! Tu pouvais pas faire attention non ! On t'as jamais appris à regarder avant de traverser ? Sérieux ! Et l'autre connard qui c'est même pas arrêté ! Si j'le choppe, il passera les six prochains mois à l'hosto à manger avec une paille !

N'écoutant qu'à moitié la réprimande de mon ami, j'amorçai un nouveau pas pour me diriger vers les grilles du lycée, ce qui ne fut pas du goût de Castiel…

- Attends ! T'es blessée ? T'es sûr que tu peux bouger ? Il t'as rien casser j'espère ! Attends un peu que je choppe ce salopard !...

- Hum… Non… Non je crois que ça va… J'ai… j'ai juste besoin de m'asseoir un peu, je crois…

Sans que je lui demande, et sans dire un mot, Castiel ramassa mes affaires et m'aida à rejoindre le perron de l'école, où nous nous assîmes à l'abri de la pluie. La tête entre les jambes, je pris de profondes et longues inspirations pour essayer de dissiper mon malaise. Castiel, quant à lui, ne disait rien, mais il émanait de lui une telle rage et une telle colère que j'étais persuadée qu'il serrait les poings et les dents pour ne pas exploser.

- Oh… Oh fait… Désolée…, dis-je, ma voix retrouvant peu à peu sa fermeté.

- De quoi ? me demanda-t-il sur un ton rageur.

- De t'avoir inquiété…

- Non mais sans déconner ! Tu vas pas t'excuser de t'être fait renverser aussi ! C'est l'autre connard qui devrait s'excuser ! Toi j'ai l'impression que tu t'en sors pas trop mal pour l'imbécile que tu es.

- * La voiture ?... Bon sang ! La voiture !*

Je relevai brusquement la tête à la recherche du conducteur et le véhicule du qui m'avaient renversé, mais les abords du lycée étaient vides. Pas la moindre trace d'un chauffard appelant la police à l'horizon. Rien. Nada. Nothing. Il avait pris la fuite. J'aurai tout aussi bien pu être mourante que ce…ce… raaah je n'ai même pas de mot tiens ! Appelez-le comme bon vous semblera !

En comprenant que j'aurai pu rester des heures, blessée à agoniser sur la chaussée sans que personne ne me vienne en aide, je fus reconnaissante à Castiel de s'être trouvé là. Je songeai à ce qui aurait pu m'arriver si mon ami n'était pas intervenu. Je serai probablement retombé sur la chaussée, ma tête aurait pu heurter le trottoir, me plongeant dans l'inconscience, et m'exposant à tout un tas de risque plus périlleux les uns que les autres, et personne ne s'en serait soucié. Comme quoi, il suffit d'un rien pour faire basculer une journée, une semaine, une année… une vie… Une décision aussi futile soit-elle peut tout changer, et ce constat si simple me terrifiait… Il me terrifiait tellement qu'un long frisson glacé me traversa tout le corps.

Castiel interpréta mal ma réaction. Il dut sûrement penser que je tremblais de peur face à sa colère, car en me voyant grelotter, il arrêta net sa litanie assassine pour me regarder, gêné.

- Heu… Excuse-moi… Je… j'aurai pas dû t'engueuler… T'y es pour rien… T'as pas répondu tout à l'heure, est-ce que ça va ?

Sans un mot, je fis quelques mouvements pour voir si j'étais blessée. Je tendis et détendis mes jambes pour voir si j'éprouvais une quelconque douleur aux articulations, mais tout ce que je ressentis, ce fut une raideur à mettre sur le compte de mes muscles encore tétanisés. Je fis la même chose avec mes coudes, et là encore, rien ne se passa. On pouvait donc dire que je m'en sortais plutôt bien pour le coup ! Juste un jean écorché, des vêtements trempés, et la plus grosse frayeur de toute ma vie, mais pas un seul bobo !

- Heu… Je pense pas… Juste pas mal secouée, je crois… J'ai encore du mal à réfléchir clairement… Tout s'est passé si vite… Je me revois traverser, et là, les phrases, le klaxon, une grande force qui m'envoie sur le côté, puis c'est le brouillard…

- Mouais, grogna Castiel, visiblement contrarié par ce que je venais de dire. Sors ton portable, faut prévenir ta tante maintenant, et les flics !

- C'est toi qui dis ça ?… Je crois que finalement, j'ai dû me cogner la tête un peu trop fort sans m'en rendre compte...

- C'est ça… En attendant, prend ton téléphone, et compose le numéro, ordonna-t-il en me passant mon sac.

Je le saisis, et le relâchai aussitôt en hurlant de douleur. Je n'étais peut-être pas aussi indemne que ce que j'avais cru… Castiel me regarda, surprit par ma réaction. Sa surprise laissa alors très vite place à quelque chose qui ressemblait beaucoup à de la colère, et pendant qu'il se baissait pour ramasser mon sac en maugréant, je relevais la manche trempée et collante qui dissimulait mon poignet. En voyant ce que le tissu m'avait caché, je fus prise d'un petit rire nerveux, qui se transforma très vite en crise nerf. Je ne pouvais pas m'arrêter. C'était plus fort que moi ! Je riais, riais au point d'un avoir mal au ventre alors que c'était tout sauf drôle !

- Ex-excuse-moi…, articulai-je entre deux respirations. C'est... ner-nerveux…

Mon ami ne pipa mot, et se contenta de me prendre par l'épaule pour me forcer à mettre ma tête en appuie contre lui. Là, les rires se transformèrent peu à peu en larmes, et je finis par éclater en sanglots sur l'épaule de Castiel. Ce n'était pas de la tristesse, juste une importante vague de soulagement mêlée à la peur que j'avais éprouvée, et que j'avais essayée de contenir. Il fallait que tout ça sorte ; alors, Spicy attendit patiemment que je me calme. De temps en temps, il me passait une main rassurante dans le dos, ou alors laissait échapper un : « c'est fini » empreint de gêne, mais ô combien apaisant…

- Pff ! J'suis nulle ! finis-je pas décréter, une fois calmée, en essuyant mes larmes d'un revers de la main. Pff ! La prochaine fois, je resterai au chaud à la bibli ! J'suis qu'une pauvre cloche ! Poignet cassé ! lui dis-je en montrant l'œdème qui était en train de naître au niveau de mon poignet droit.

- Je vais tuer cet enfoiré ! s'emporta-t-il violemment, me faisant sursauter au passage. Quel connard ! Et toi arrête de te prendre la tête ! J't'ai déjà dit que c'était pas ta faute ! Pigé !?

- Ou-Oui, répondis-je en essayant de retenir le nouvel assaut de larmes qui m'assaillait.

Comprenant sûrement que sa colère était la source de ma peur, Castiel s'efforça de prendre une grande inspiration pour se calmer, avant de me demander sur un ton plus posé :

- T'es sûre qu'il est cassé ?

- Si c'est pas le cas, ça y ressemble… Merci, pour le sac. Tu veux bien le garder ouvert le temps que je prenne mon portable ?

Spicy hocha la tête en guise de réponse, et attendit que je retrouve mon téléphone.

N'étant pas ambidextre, j'eus un peu de mal à composer le numéro de ma tante, et dus m'y reprendre à deux fois avant d'y arriver. Mon ami avait vu que je galérais, et m'avait proposé de le faire à ma place, mais j'avais catégoriquement refusé. Si quelqu'un devait annoncer à tante Carla que j'avais eu un accident, c'était à moi, et à moi seule de le faire, sinon, elle allait s'imaginer le pire… Et puis, ce n'était pas le seul problème que j'allais devoir régler ! Mon poignet étant salement amoché, j'étais sûre que j'allais avoir droit à un séjour au service des urgences, ce qui allait poser un gros problème : que mettre dans la fiche de renseignement ? Je ne pouvais pas m'inscrire sous le nom de mes parents. C'était bien trop risqué ! J'allais devoir me présenter comme étant Anita Smoak, mais j'étais persuadée que ça allait poser tout un tas de problèmes administratifs, peut-être même juridique, à ma tante et c'était bien la dernière chose que je souhaitais ! Lui annoncer que je venais de me faire renverser allait la bouleverser, je n'avais pas envie lui coller en plus ce genre d'ennuis sur le dos ! Sans compter qu'il allait aussi falloir prévenir la police, ce qui là encore allait poser problème…

La gorge serrée, je déglutis difficilement plusieurs fois alors que la tonalité raisonnait à mon oreille. Je n'avais pas la moindre idée de comment m'y prendre pour relativiser la situation aux yeux de Carla. Dès que la phrase : « j'ai eu un accident » serait prononcée, j'étais sûre que j'allais la perdre, et ça me stressait énormément ! Et ce n'était pas Castiel qui pourrait me venir en aide dans ce virage difficile à négocier ! J'avais préférée l'envoyer voir Lysandre pour qu'il lui explique la situation, car notre ami lui avait envoyé un texto pour savoir ce qui lui prenait tant de temps. Ça arrangeait bien mes affaires ! Au moins, comme ça, je serai tranquille pour parler avec Carla et ne serait pas perturbée par la présence de mon ami à la crinière de feu.

- Ma Puce ? finit par répondre ma tante alors que je m'attendais à tomber sur son répondeur.

- Tata ! Heu… Écoutes... J'ai…j'ai pas beaucoup de temps alors… Heu… Est-ce… Est-ce que tu peux venir me chercher au lycée, maintenant ?

- Tout vas bien Chérie ? Tu as une voix étrange…

Hé mince ! Moi qui pensais pouvoir donner le change, il faut croire que j'étais bien plus secouée que ce que je pensais…

- Oui… 'fin… Bof ! Mais c'est pas le problème, tu peux venir ou pas ?

- Toi, tu me caches quelque chose. Anita, qu'est-ce qu'il t'arrives ? demanda-t-elle de sa voix la plus sérieuse.

- Je… Ben… Oh et puis mince ! Tante Carla, j'ai eu un accident… une… une voiture m'a renversé sur le chemin de à la maison… Mais j'ai rien de grave ! T'inquiète ! m'empressai-je de préciser avant qu'elle n'abatte sur moi toute une série de questions.

Un long silence suivit mon aveu. Comme je l'avais prévu, le cerveau de ma tante avait sûrement dû se mettre en position off en entendant le mot « accident »… Nerveusement, je me mordis la lèvre inférieure en attendant qu'elle me dise quelque chose. Je n'osais plus parler de peur de provoquer une catastrophe. Ce n'était pas comme ça que j'avais eu l'intention de lui annoncer. À la base, il était prévu que je trouve un prétexte quelconque pour qu'elle quitte son travail sans se faire le moindre souci, et que je lui annonce la nouvelle lorsqu'elle se serait garée devant le lycée ; mais rien n'avait tourné comme prévu… J'avais trop présumé de ma capacité à jouer la comédie, et pire encore, j'avais sous-estimé tante Carla…

- Mon Dieu ! Tu es blessée ?! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! Quelqu'un est avec toi ?! Tu as…

- Tante Carla… Pitié calmes-toi ! Je vais bien ! Mais il faut que tu viennes, s'il te plaît…

Je la suppliais à présent. Il fallait à tout prix qu'elle se calme, sinon le pire était à craindre. Sous le coup de ses émotions, Carla avait une conduite ou très prudente, ou terriblement dangereuse, ne craignant pas de faire monter son compteur au plus haut, et ce quel que soit le temps et la circulation. Vu le choc que je venais de lui faire, j'étais prête à parier que c'était la deuxième option qui allait l'emporter et cette constatation ne faisait qu'augmenter mon stress, déjà à un niveau bien supérieur à ce que je pouvais supporter. J'étais si anxieuse qu'il m'était toujours impossible de respirer normalement, et pire que ça, j'avais l'impression qu'un poids énorme était posé sur ma cage thoracique, m'empêchant de prendre l'air dont j'avais besoin pour vivre. J'étais à la limite de l'étouffement…

- J'arrive tout de suite ! finit-elle par lâcher de but en blanc après un nouveau silence qui me parut interminable. Donne-moi juste le temps de prévenir Fabien.

- D'accord. Hé ! Tata, fait attention sur la route…

- Ne te fais pas de soucis Trésor. Je fais au plus vite !

Sur quoi elle raccrocha sans plus de cérémonie. Vu l'heure et le temps, même en conduisant à toute vitesse, elle ne serait sûrement pas là avant au moins une bonne heure. Une heure durant laquelle il allait falloir que je supporte mes vêtements trempés, et la douleur lancinante de mon poignet. Tremblant autant de peur que de froid, je fis une rapide inspection de mon sac en prenant bien soin de laisser ma main droite immobile pour ne pas aggraver ma blessure. Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'avais un sacré œdème ! Et le fait que je marque facilement n'arrangeait pas les choses. Mon poignet, qui était juste un peu rouge avant que je passe le coup de fil, avait viré au violet pourpre, rendant la blessure plus impressionnante qu'elle ne l'était à la base. Génial…

Absorbée par mes pensées, je ne remarquai pas le retour de mes deux amis. Il fallut que Lysandre me pose son manteau sur les épaules pour que je me rende compte que je n'étais plus seule. Il ne me dit pas un mot, se contenta de m'adresser un petit sourire léger, avant de reprendre son expression habituelle, énigmatique et mystérieuse. Je le remerciai dans un souffle, en retenant une grimace de douleur. Sans le faire exprès j'avais bougé mon poignet pour ajuster le vêtement ; un réflexe que j'aurai mieux fait de contrôler…

- Tiens, prends ça. Ça fera un truc mou pour mettre ton poignet en appuis…

Castiel tendit vers moi sa veste, qu'il venait de retirer. Je la saisis en le remerciant, et entrepris de la plier de manière à en faire un coussin assez stable pour pouvoir y poser ma main blessée.

- Tu as réussi à joindre ta tante ? me demanda Lysandre.

- Oui, répondis-je simplement, sentant s'abattre sur moi le poids de la fatigue et du froid.

- Très bien. Avec Castiel nous sommes passés à l'infirmerie pour signaler l'accident, mais elle était déjà fermée…

- Ouais. Le lycée est désert, renchérit Spicy, même cet abruti de délégué a préféré rentrer chez lui ! Pour une fois qu'il aurait pu être utile !

- Castiel, s'il te plaît, j'ai pas envie d'entendre ce discours une nouvelle fois…

J'avais murmuré ça sans la moindre animosité, juste sur un ton terriblement lasse. Le contre coup du choc m'avait vidé de toute énergie. Je n'avais plus qu'une seule envie : dormir. Dormir bien emmitouflée sous mes couettes avec une bouillotte pour réchauffer mes pieds et mes mains glacés. En songeant à ça, je me rendis compte que ma tête penchait dangereusement sur le côté. Inconsciemment, j'avais commencé à piquer du nez…

- Anita, et si tu nous racontais tout ce qu'il s'est passé ? proposa Lysandre. Je vais noter ce que tu te rappelles, comme ça les policiers auront déjà ta déposition, ta tante et toi pourraient sûrement rentrer plus vite ; qu'en dis-tu ?

- Non mais ça va pas, vieux !? Tu vois pas qu'elle est à bout ? Laisse-la se remettre et laisse les flics faire leur job. Si tu veux, moi je peux te dire ce que j'ai vu. J'ai vu un enfoiré perdre le contrôle de sa bagnole, renverser Anita, et se barrer sans la moindre hésitation ! Bordel ! Si je le choppe celui-là !…

- Calme-toi Castiel… Je ne pense pas que notre amie est besoin de ça en ce moment. Anita, est-ce que tu saurais me dire la marque et la couleur du véhicule ?

- Non… Je… je ne me souviens de rien mise à part la lumière des phares, et la sensation d'être projetée sur le côté… Désolée…

- Ce n'est rien. Castiel ?

- Sa bagnole était rouge, ça j'en suis sûr, mais pour la marque j'hésite… On va dire que c'est pas à ça que j'ai fait gaffe quand c'est arrivée, répondit Spicy en me laissant un regard lourd de sens.

Lysandre acquiesça, l'air entendu, et nota les informations que Castiel lui avait donné. Pour ma part, je restai silencieuse, repliée sur moi-même pour garder un peu de chaleur. En regardant la pluie tomber à un rythme moins soutenu que tout à l'heure, je repensai à ma tante, et ce qu'elle devait ressentir en ce moment. La connaissant, elle devait être morte d'angoisse et insultait très certainement toute personne se trouvant devant elle et roulant trop lentement… Pauvre Carla… Depuis que j'étais arrivée dans sa vie, ses semaines n'étaient faites que d'ascenseurs émotionnels. Elle n'avait jamais eu entre ses mains que la responsabilité de sa propre existence, alors maintenant qu'elle avait la mienne dans les pattes, la moindre petite chose me concernant devenait une source de stress pour elle, ce qui avait fini par l'épuiser à la longue… ça, et sa boîte en pleine essor… Et maintenant je lui refilais un accident à gérer… À sa place, je me serais collée dans le prochain avion, direction le Texas pour me refiler à grand papi militaire. D'ailleurs, ça ne m'étonnerait pas qu'elle le fasse… Quand on est une éternelle solitaire dans son genre, on ne s'encombre pas d'attaches ; comme une ado et tous les problèmes que ça entraîne, par exemple. Non ! On vit sa vie comme on veut et sans autre contrainte et frein que soi-même. La vérité, c'est que je devais être un poids plus qu'autre chose pour elle ; tout ça parce que j'avais fait un choix égoïste quand mes parents m'avaient demandé ce que je voulais faire pour ma dernière année de lycée… Quand j'y repense, tout aurait pu être beaucoup plus simple si…

- Hé ! À quoi tu penses Gamine ?

- Hein ?

- Tu fais une drôle de tête. À quoi tu penses ?

- Oh ! Euh… À rien d'important, t'inquiète ! m'empressai-je de répondre en lui adressant un sourire gêné. J'étais juste en train de me dire que certaines choses auraient été beaucoup plus simples si je n'étais pas venu ici… Je… disons que je pense que tout le monde aurait été plus tranquille si j'étais resté chez mes parents…

Lysandre et Castiel échangèrent un regard étrange. Le genre de regard que seuls deux amis de longue date peuvent comprendre sans se parler. Ils conversèrent ainsi silencieusement un court instant, avant que le jeune homme aux yeux vairons ne murmure quelque chose à Spicy. Celui-ci acquiesça, répondit par un autre murmure, et vint me rejoindre en s'asseyant à mes côtés. Il tendit son bras, comme pour me prendre par les épaules, ce qui me fit automatiquement rougir, mais au lieu d'avoir droit au câlin auquel je m'attendais, il me flanqua un petit coup derrière la tête !

- Hé ! protestai-je. J'ai fait quoi pour mériter ça ?!

- Ça t'apprendra à dire des conneries. Tu crois quoi ? Que ta tante n'est pas contente de t'avoir avec elle ? Vu c'que tu me racontes, ça risque pas ! Et puis même si elle, elle préférerait être seule, tu crois vraiment que c'est l'avis de tout le monde au lycée ? Sérieux, avant ton arrivée, on s'emmerdait à mort ! Maintenant que t'es là pour faire des gaffes, et gesticuler dans tous les sens, ça met un peu d'ambiance.

- Non mais, hé ! ho ! J'te permets pas !

- Hahahaha ! Aller va, Gamine, on t'pardonne ! s'esclaffa Castiel en ébouriffant mes cheveux trempés.

- C'est ça, c'est ça… Vous savez, vous êtes pas obligé d'attendre ma tante. Je peux le faire toute seule…

- Je t'assure que ça ne nous dérange pas. N'est-ce pas Castiel ?

- Ouaip ! Et puis on va te laisser mourir de froid alors que t'es déjà mal en point. D'ailleurs, fais voir ton poignet. Peut-être que ça c'est arrangé.

- Non, répondis-je en tirant instinctivement le tissu de manière à être sûre que la manche recouvre bien mes ecchymoses. Crois-moi, ça va pas mieux, et tu ne veux pas voir la tête que ça a…

L'éclair de colère qui avait disparu pourfendit à nouveau le regard de mon ami. Castiel ne dit pas un mot mais ses muscles étaient de nouveau tendus, et son regard assassin me transperçait de part en part. Je savais bien que je n'étais pas la cible de toute cette rage, mais il n'empêche qu'elle me mettait terriblement mal à l'aise… Je me trémoussai un peu sur place, gênée, et finis par quitter mon ami des yeux pour me concentrer à nouveau sur la route, guettant l'arrivée de Carla avec une certaine impatience, mêlée à l'angoisse de devoir affronter ma parente. Qu'allais-je bien pouvoir lui dire ? Comment lui expliquer ce qui s'était passé, alors que je ne m'en souvenais pas ? Comment faire pour ne pas qu'elle panique en voyant mon poignet abîmé ? Qu'est-on censé faire dans ce genre de situation ? Que faire pour cacher cette histoire aux tabloïdes avides de nouveaux scoops à raconter sur « l'empire Carter » ? Toutes ces questions et tant d'autres se mêlaient dans ma tête… Et toutes ne faisaient que me confronter à mon impuissance et ma faiblesse… Je ne pouvais rien faire contre le fait que le nom de mon père soit célèbre, tout comme je n'avais rien pu faire lorsque la voiture m'avait percuté…

Une plainte m'échappa. Je n'avais pas envie de ça ! Je n'avais pas envie que ma vie soit à nouveau épiée et analysée par les animateurs de talkshow, que la presse du monde entier affiche : « Nouveau scandale chez les Carters ! La sœur de la célèbre journaliste laisse sa nièce se faire écraser par une voiture, notre édition complète en page 5 » ou je ne sais quel autre titre provoquant qui dénaturerait les faits, et ferait passer ma tante pour ce qu'elle n'est pas, m'étant ainsi en danger sa réputation, et son entreprise… Pourquoi avait-il fallu que ça arrive alors que pour une fois tout semblait aller bien ?!

Comprenant que j'étais en train de me refermer sur moi-même, Castiel n'insista pas pour voir ma blessure, mais vient tout de même s'asseoir à côté de moi pour tenter de me distraire un peu, bien qu'il fût évident que ses envies de meurtres aient été ravivées… Il se maîtrisait de son mieux, tentait parfois de m'adresser un sourire maladroit après m'avoir fait une boutade dont lui seul avait le secret, et lorsque les idées lui manquaient, Spicy ne manquait pas la moindre occasion pour joindre Lysandre à la conversation. Seulement, malgré tous ses efforts pour me garder éveillée et alerte, j'étais bien trop fatiguée, et sans lui demander sa permission, je m'allongeais de tout mon long sur le marbre des escaliers, prenant ainsi ses genoux pour oreiller. Castiel caressa alors mes cheveux de manière rassurante, et apaisante, ce qui me poussa un peu plus dans les bras de Morphée, mais avant que j'ai eu le temps de ne fermer ne serait-ce qu'un œil, le bruit d'une voiture arrivant à vive allure se fit entendre. Je relevai la tête juste à temps pour voir l'Audi de Carla surgir du coin de la rue, moteur grondant, et plein phare allumé. La seconde d'après, ma tante s'était garée en drift de manière complètement anarchique devant le lycée, et avait quitté son véhicule pour tout de suite courir vers nous.

Ni une, ni deux, je m'étais relevée pour aller à sa rencontre, et inutile de vous dire que lorsque je fus à sa portée, elle me serra immédiatement dans ses bras aux points de m'en exploser les côtes, alors que je restai complètement passive.

- Si tu savais comme j'ai eu peur ! Ne me refait plus jamais ça ! Plus jamais ! Tu m'entends Anita !? me murmura-t-elle au bord des larmes.

- Dé…Désolée Tata…, bredouillai-je, ne sachant pas quoi dire d'autre, en lui passant maladroitement ma main valide dans le dos pour la réconforter.

- Ce n'est pas ta faute mon cœur… Mais dit moi, tu n'as rien Trésor ? demanda-t-elle en s'éloignant un peu pour prendre mon visage à deux mains, afin que nos regards se croisent.

Elle avait fait ça dans une extrême douceur, mais je sentais bien ses mains tremblantes sur ma peau. Je voyais bien dans son regard toute la panique qu'elle avait dû ressentir au volant de sa voiture, à s'imaginer la pire des visions d'horreur… Elle n'avait pas besoin de me dire, et encore moins me décrire son angoisse, parce que je la sentais passer dans mes veines comme si elle était la mienne, tant ses émotions étaient puissantes.

- Elle a probablement un poignet cassé, intervient Castiel, dont l'œil noir était fixé sur ma blessure que j'essaie de préserver des assauts affectifs de ma tante...

- Mais à part ça, votre nièce n'est pas blesser, s'empressa de préciser Lysandre qui, lui, avait compris combien il été important de ne pas perturber ma tante plus qu'elle ne l'était déjà.

Bien que ça tentative eut le mérite d'exister, elle ne servit à rien. Spicy avait à peine prononcé les mots « poignet » et « cassé », qu'une rafale de question s'abattit sur moi sans que je puisse en placer une pour répondre et lui expliquer.

- Tante Carla ! Calme-toi ! finis-je par exploser alors qu'elle n'avait pas encore reprit son souffle. Tout ce dont je me souviens, c'est qu'une voiture m'a percuté, que je me suis retrouvée sur le trottoir, et que maintenant mon poignet me fait mal. Castiel (je fis un petit signe de tête pour lui monter mon ami) a été témoin et m'a aidé à rejoindre l'école, et après j'ai attendu avec lui et Lysandre. Il a noté tout ce qu'on a pu mettre en commun sur une feuille. Si tu veux des réponses, tu trouveras tout dessus.

En entendant ces paroles, ma tante sembla enfin retrouver la raison, et l'air affolé et anxieux qu'elle avait en arrivant disparu pour laisser place à celui d'une adulte prête à faire face à ses responsabilités. Rare était les fois où je l'avais vu avec un air si sérieux. Pour moi, il n'était pas naturel chez elle, et me faisait même parfois peur, mais je dois bien admettre qu'en l'occurrence, il me rassurait. Carla allait régler cette histoire. Je ne savais pas comment, mais j'en étais persuadée, elle allait trouver une solution !

- Très bien. Lysandre s'il te plaît, donne-moi ce que tu as noté, et tous les deux laissez-moi vos coordonnées pour la police. Je vais les appeler pour qu'il fasse les constations qui s'imposent, mais vous n'avez pas besoin de rester. Il commence à se faire tard, et vos familles vont finir par s'inquiétées. J'expliquerai la situation aux gendarmes quand ils arriveront. Je vous remercie d'être resté avec ma si précieuse nièce, en attendant mon arrivée. Vraiment de tout mon cœur, merci !

- Ce n'est rien madame…

- Appelle-moi Carla !

- Oui ma… Carla… Vous n'avez pas nous remerciez, s'était tout naturel.

- Ouais…, rajouta Castiel, qui ne m'avait toujours pas quitté des yeux, guettant d'un œil mauvais le moindre des mouvements de ma tante envers moi.

À croire qu'il avait peur qu'elle me fasse du mal, ou qu'il m'arrive un nouveau truc, alors que la situation devait, je l'espère, s'arranger… Ou alors, c'est moi qui me faisais des idées et mon ami ruminait toujours la rage qu'il nourrissait pour celui qui m'avait renversé, et le fait qu'il est les yeux braqués sur moi au moment où je le regardais n'était qu'une simple coïncidence parmi tant d'autres… Quoi qu'il en soit, ni lui, ni Lysandre ne partirent comme leur avait demandé ma tante. L'un comme l'autre tenait à rester et à parler avec la police pour donner leur version des faits. Sûrement consciente qu'elle ne pourrait pas les faire changer d'avis sans soulever des questions gênantes, tante Carla n'insista pas, et nous laissa les clés de sa voiture pour que nous puissions attendre au chaud l'arrivée des agents.

Une patrouille fut très vite sur les lieux. Ma tante, qui nous avait rejoint dans l'habitacle, sortie tout de suite à la rencontre des deux policiers en nous demandant de rester dans la voiture. Arrivée à leur hauteur, elle commença sûrement par leur expliquer la situation. Et par, « la situation », j'entends par là la nécessiter absolue de ne rien dire aux médias et de garder l'histoire strictement privé, et ce aussi bien envers le domaine public, qu'envers mes deux amis. Et pour se faire écouter, Carla avait en sa possession l'arme la plus dissuasive du monde juridique : le numéro personnel de mon oncle Dan… Un numéro ne peut pas faire grand-chose me direz-vous. Certes, mais plus que le numéro, c'est le nom de la personne qui importait ici. Dan Carter. L'un des avocats les plus côtés du pays, dirigeant d'une entreprise internationale d'avocats et hommes de lois triés sur le volet. Sans compter que par-dessus le marché, il est considéré comme l'hérité unique de l'empire Carter. En d'autre terme, si Carla réussissait à faire comprendre à ces deux agents qu'elle avait assez d'influence pour réduire leur vie en bouillit, ils ne devraient pas se montrer trop pointilleux sur le nom de famille à inscrire dans leur registre… Enfin, c'est ce que j'espérai du moins !

- Dis donc, t'exagérais pas en disant qu'elle était un peu perchée…

- J'ai jamais dit que ma tante l'était ! protestai-je. Elle est un peu spéciale, c'est vrai, mais c'est de loin la meilleure des tantes. Alors s'il te plaît, ne dis plus qu'elle est « perchée »…

Castiel acquiesça simplement en silence et reporta son regard vers le lointain, l'air perdu dans une profonde réflexion.

- En tout cas, ta tante semble très bien gérer la situation, remarqua Lysandre. C'est vrai qu'en arrivant elle semblait avoir perdu tout sang-froid, mais à présent, elle donne l'impression de se faire très clairement comprendre par ces agents. Ils semblent à la fois très attentifs à ce qu'elle leur dit, et effrayés par sa présence. S'en est assez troublant je dois dire…

- Carla sait se faire écouter, affirmai-je. Sans ça, elle n'aurait sûrement jamais pu créer sa propre entreprise je suppose…

Quelques minutes plus tard, Tata nous faisait signe de quitter la voiture. Mes amis et moi obéîmes sans poser la moindre question, et c'est silencieusement que nous rejoignîmes ma tante et les agents. D'après ce que je pus comprendre (ils avaient vraiment un accent épouvantable), ils ne leur manquaient plus que notre déclaration pour leur dossier, Carla s'étant apparemment chargé des autres détails… Nous passâmes alors une sorte de petit interrogatoire individuelle, durant lequel le policier que j'avais en face de moi se montra un peu trop gentil pour que ce soit honnête, puis un collectif pour confronter nos différentes visions. Durant tout ce temps-là, Castiel ne m'avait pas lâché d'un pouce, telle une ombre menaçante veillant sur moi. Chose qui me surpris encore plus que son accès de surprotection, ce fut le fait qu'une fois nos au revoir fait à Lysandre, il me raccompagna jusqu'à la voiture, et pris même la peine de m'ouvrir la portière… C'est bien simple, je ne le reconnaissais plus ! Jamais encore il n'avait agi de la sorte à mon égard, et je dois dire que je ne savais pas trop quoi en penser. Au début, je me disais que ça venait de moi, que je me faisais des idées, mais… je ne sais pas… Quelque chose dans son comportement m'incitait à penser le contraire… Je ne sais pas si ça venait de sa manière de se mettre discrètement entre moi et les policiers, son regard noir qui explosa silencieusement lorsqu'il aperçut ma blessure qui s'étendait sur tout mon poignet, noir et mauve ; ou encore sa façon de rester à côté de moi, prêts à intervenir au moindre problème… Mais surtout, je fus totalement convaincu que je ne me faisais pas des idées lorsqu'avant de refermer ma portière, il me dit :

- Lysandre et moi avons décidé de reculer nos séances de répet' d'une heure. À partir de maintenant, tu rentres plus toute seule, c'est moi qui te ramène.

Cette déclaration, bien que très gentille, m'avait laissé sans voix pendant une longue seconde, au bout de laquelle tout ce que je trouvai à répondre fut :

- Castiel c'est vraiment gentil de votre part mais…

- Pas de mais fillette, on te laisse pas le choix.

Sur quoi il avait conclu en refermant ma portière, ne me laissant pas ainsi le loisir de protester. Tout ce que je pus faire, c'est le regarder s'éloigner sous la pluie, et disparaître au détour de la rue, la capuche de son pull blanc relevée.

- C'est ton amoureux ?

- HAAAA ! TATA ! protestai-je alors qu'elle venait de me faire peur. Depuis quand t'es dans la voiture ?!

- Je viens juste de m'installer, mais tu étais tellement occuper à contempler ton ami du regard que tu ne m'as pas entendu rentrer. Tu ne m'as pas répondu Darling, est-ce que Castiel est ton petit ami ?

- Non ! On est juste ami. Pourquoi ?

- Oula doucement Trésor, pas la peine de te montrer si agressive… Je te demande ça parce qu'il avait tout l'air d'un homme prêt à assassiner celui qui a blessé sa belle, et aussi parce qu'il n'a pas arrêté de te suivre depuis que je suis là. C'est bien simple, tous ses mouvements, il les a faits en fonction de toi…

- Tu dis n'importes quoi, soupirai-je, lassée d'écouter tous les films qu'elle pouvait bien se faire. Castiel est toujours comme ça. Envie de meurtre et regard assassin qui te glace le sang, c'est sa marque de fabrique. Dis, on peut rentrer maintenant Tata ? J'en peux plus de cette histoire…

- Désolée mon Cœur, mais je t'emmène à l'hôpital pas plus tard que maintenant !

- Huummm… On peut pas attendre demain ?

- Anita ! Je ne plaisante pas ! Les policiers ont été très clairs ! Tu dois voir un médecin ! Normalement, ils auraient dû appeler une ambulance pour que les papiers soient faits sous leur directive, mais vu que j'ai insisté pour m'en charger moi-même, ils m'ont accordé cette faveur. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais avec le peu d'élément que vous leur avait fourni, les chances pour retrouver celui qui t'as fait ça son minimes, voire inexistantes ! Alors si jamais ils arrivent à lui mettre la main dessus, il est capital pour l'enquête que les médecins t'examinent et remplissent les déclarations. J'espère que tu comprends.

Je ne répondis rien. Bien évidemment que je comprenais ce qu'elle me disait ! Et elle avait tout à fait raison qui plus est ! C'est juste que les hôpitaux et moi n'étions pas très ami, et qu'entre la perspective de retrouver mon lit, et une nuit blanche passée dans une salle d'attente empestant le désinfectant, remplis de gens malades à attendre qu'on me fasse passer tout un tas d'examens, le lit l'emportait largement ! Mais bon, ce n'était pas le moment de faire un caprice, et puis au moins, je serais fixée sur le sort de mon poignet…

Comme prévu, nous passâmes plus de la moitié de la nuit à attendre que l'on s'occupe de moi. Il y avait eu un grave accident sur l'autoroute à cause du mauvais temps, et tout le service dans lequel on nous avait dit de patienter été surchargé. Médecins, infirmières, ambulanciers, internes, tout ce beau monde s'agitait dans un ballet organisé ou la moindre erreur pouvait coûter la vie à quelqu'un. C'était une sensation assez étrange de rester là, assise, passive, devant tant d'agitation visant à sauver des vies. Lorsque Papa m'avait raconté ses nuits de gardes, il ne m'avait jamais dit à quel point il fallait rester calme et alerte, alors que l'anarchie la plus totale peut régner autour de vous… Ce n'est qu'en assistant à ce genre de scène qu'on comprend combien ce métier peut être éprouvant pour les nerfs, et combien il est important de soutenir le personnel médical dans ce genre de cas, en se montrant patient, même si cela fait trois heures que vous attendez pour un malheureux examen… À ce jeu-là, tante Carla se montra bien moins douée que moi. Voyant que cela faisait un moment que personne n'était venu nous donner des nouvelles pour savoir quand nous pourrions être reçues, elle alla tout simplement faire un esclandre à l'accueil. Je fus obligée de la rappeler au calme en m'excusant auprès de l'infirmière en chef, une femme au regard sévère et à l'air très peu sympathique si vous voyez ce que je veux dire… Mais tout de même, je dois bien admettre qu'après la petite scène jouée par ma tante, on s'occupa de nous dans les minutes qui suivirent. Un jeune interne vient me chercher, et m'emmena passer, radios, scanner, et tests neurologique pour voir si je n'avais pas de trauma ou autre troubles cérébrales dont les acronymes m'échappèrent.

Tous les examens revinrent satisfaisants. Lorsque je sortis de la salle d'occultation, tante Carla était en train de faire les cents pas dans le couloir, ruinant sa manucure au passage. En m'apercevant, elle trottina tout de suite pour me rejoindre et harcela le pauvre interne qui s'était occupé de moi de questions plus absurdes les unes que les autres. Oui, pour ceux qui se le demanderait, elle alla même jusqu'à lui demander s'il allait falloir m'amputer du bras…

- Rassurez-vous madame, votre nièce va bien. Elle a juste une entorse légère, et va devoir garder cette attelle au moins la semaine à venir, voire deux semaines selon la vitesse à laquelle elle cicatrisera. À part ça, le scanner n'a montré aucune anomalie. Je vous recommanderai juste de surveiller certains symptômes tels que les vertiges subits, maux de tête, perte de sang, et vomissement. Même si les examens n'ont rien montré, il arrive parfois qu'un traumatisme crânien se symptomatise un à trois jours après l'accident. Ça reste assez courant pour qu'il faille surveiller ça, mais ne vous en faîte pas trop, votre nièce est solide ! conclu-t-il dans un sourire qui se voulu rassurant.

- Je vous remercie docteur… ?

- Scott. Jack, Scott.

- Merci docteur Scott. Vous ne savez pas à quel point j'ai pu m'inquiéter pour elle…

- * Hé ! Ho ! Je te signale que je suis toujours là Tata ! Si tu veux draguer les internes, revient toute seule !* protestai-je intérieurement avant de me gratter bruyamment la gorge pour lui faire comprendre qu'elle exagérait, ce dont elle sembla à peine se rendre compte.

Il fallut que Dr aux beaux yeux bruns soit bipé en urgence pour qu'elle lui lâche la grappe et nous ramène à la maison. Il était minuit passé, et la toute première chose que je fis en franchissant le pas de la porte, c'est souhaiter une bonne nuit à ma tante, pour monter dans ma chambre et dormir. Mais avant de m'effondrer comme une masse, et d'un commun accord avec Carla, je débranchai mon réveil, et envoyé un message à Castiel pour lui donner de mes nouvelles.

« Salut Spicy ! Je rentre de l'hosto, finalement mon poignet n'était pas cassé, mais j'ai une entorse… Sinon, rien à signaler. Je voulais aussi te dire que je viendrai pas en cours demain, Carla préfère que je me repose tranquillement à la maison. Tu peux prendre mes cours stp ? Si t'as pas envie, fais le moi savoir que je demande à Nath. Sur ce, je te souhaite une bonne nuit, moi je vais me laisser mourir dans mon lit. Bye ! »

Le message envoyé, je posai mon portable sur ma table de nuit, et m'allongeai sur les couettes sans prendre la peine de me mettre en pyjama. J'eus à peine fermé les yeux, que j'étais déjà happer vers le monde des songes, là où commencer les plus beaux rêves, mais aussi les pires de mes cauchemars…


J'espère que ce chapitre vous aura plus et que l'attente en valait la peine ! =) Sérieusement, merci à tous pour votre patience et votre fidélité ! Vous savez pas quel point ça me touche quand je lis vos commentaires, ou quand je vois combien vous êtes à lire ce que j'écris ! Je vous remercie tous du fond du cœur !

Pour le chapitre il a été très difficile à écrire pour moi (j'ai dû le recommencer au moins trois ou quatre fois) et je suis vraiment désolée d'avoir mis tant de temps à le poster, mais il été hors de question pour moi de vous servir un chapitre qui ne me satisfaisait pas, et que j'aurai bâclé. So, si vous aimez, ou pas d'ailleurs, n'hésitez pas à me laisser une petite réaction ;)

Concernant la suite, je suis incapable de vous dire quand je pourrais la poster... Sûr, elle ne sera pas prête pour le mois de Janvier, peut être Février mais là encore, je ne m'engage pas. J'espère que je ne mettrais pas autant de temps que pour ce chapitre, mais si c'est ce qu'il faut pour que la qualité y soit (j'espère), je le prendrais.

Sur ce, je vous souhaite à tous et à toutes de très bonnes fêtes de fin d'année ! (heart)

À bientôt !

Yuki Hunter