Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5.


Chapitre 11) Changement de cap

Peter se réveilla en sursaut, au terme d'un mauvais rêve où il essayait de retrouver Neal au sein d'un labyrinthe inextricable, il entendait la voix de son consultant, savait qu'il était en danger, qu'il souffrait, mais il avait beau faire il tournait en rond et ne parvenait pas à trouver le bon chemin. Elizabeth réveillée par ses mouvements entrouvrit les yeux.

- Encore ce cauchemar ? murmura t'elle.

- Oui... avoua Peter en se passant une main un peu tremblante sur le visage.

Elizabeth soupira, deux semaines étaient passées depuis l'appel de la mystérieuse femme et la recherche entreprise par Peter ne donnait rien, il lui aurait fallu des moyens que la section des crimes en col blanc ne lui offraient pas. Des moyens qu'il aurait peut être eu s'il avait fait appel à Mozzie, chose qu'il se refusait à faire.

Peter se leva, incapable de rester couché plus longtemps malgré l'heure plus que matinale, il n'était que quatre heures du matin, et se dirigea vers la salle de bains.

Il se passa de l'eau sur le visage puis se regarda dans le miroir. S'il avait la même tête au bureau il n'était pas étonnant que ses collègues, Diana et Jones compris se fassent discrets.

Il laissa retomber sa tête, les bras tendus, les mains crispées sur le rebord du lavabo. Son impuissance le rendait presque malade.

Après le meurtre du sénateur Neal avait remué ciel et terre pour le tirer d'affaire, pour laver son nom de l'accusation infamante. Peter se sentait coupable de ne pas lui rendre la pareille, surtout sachant pourquoi Neal était parti cette fois.

La silhouette d'Elizabeth se dessina dans l'encadrement de la porte.

- Peter, cela ne peut plus durer. Tu dois faire quelque chose.

- Je ne peux rien faire, nous n'avons pas la compétence voulue.

- Pas dans le service où tu es, mais ailleurs ?

Peter se tourna vers elle, le sourire aux lèvres. Il la rejoignit en quelques enjambées et la prit dans ses bras.

- Tu sais que tu es vraiment une femme exceptionnelle ?

Elizabeth laissa échapper un petit rire.

- Il me faut bien l'être si je veux être à la hauteur. dit elle en l'embrassant.

Arrivé à la première heure au bureau Peter rongea son frein jusqu'à l'arrivée de Hughes, il patienta encore quelques minutes le temps que son patron s'installe dans son bureau puis se dirigea vers lui d'un pas décidé.

Diana et Jones échangèrent un regard alarmé en voyant la porte se refermer derrière Peter. Ils avaient bien senti que tôt ou tard leur supérieur allait prendre une décision et que les choses allaient bouger, mais ils ignoraient encore si cela irait vraiment dans le bon sens. Ils étaient cependant certains d'une chose, quoi que décide de faire Peter ils voulaient en être. Leur loyauté envers lui était sans faille. Sans compter que passer tant de temps avec Neal Caffrey ne laissait personne indemne, pas même eux. Ils suivirent ce qu'ils pouvaient voir de la discussion sans en entendre un seul mot. Quoi que se disent les deux hommes les deux observateurs savaient que c'était important.

- Tu parie qu'il est en train de demander à être muté ? chuchota Diana.

Jones lui adressa un regard indigné.

- Je ne parie pas. Surtout pas ici. répondit il d'un ton digne.

Diana gloussa, moqueuse.

- Dis plus tôt que tu es certain de perdre.

Jones haussa les épaules et dédaigna de répondre.

Hughes n'était pas surpris que Peter veuille lui parler, il attendait cette discussion depuis qu'il avait opposé une fin de non recevoir à la dernière demande de Peter concernant la recherche du consultant disparu. Il s'y était préparé, il avait également prévu la suite.

- Je vous écoute. dit il calmement à Peter.

- J'ai bien réfléchi Monsieur, je demande à être muté à la brigade des mœurs.

Hughes le considéra avec attention.

- Vous êtes certain que cela en vaut la peine agent Burke ?

- Oui Monsieur.

- Très bien. sourit Hughes.

Il sortit un document d'un tiroir de son bureau et le fit glisser en direction de Peter.

- Voila qui devrait vous combler.

- Qu'est-ce ? demanda Peter perplexe.

- Votre nouvelle affectation dans le service que vous visez. répondit Hughes tranquillement.

Il masqua sa satisfaction devant la surprise de Peter.

- Je vous laisse prévenir votre équipe, s'ils veulent vous suivre je ferai le nécessaire. ajouta t'il.

Peter prit le document, regarda son patron, confondu par sa clairvoyance.

- Merci Monsieur... dit il avant de quitter le bureau.

Jones et Diana firent mine d'être très occupés et de ne pas avoir regardé attentivement ce qu'il se passait.

Peter sourit en les rejoignant, il n'était pas dupe et savait qu'ils en avaient parfaitement conscience.

Il déposa le document fourni par Hughes sur le bureau de Jones.

- Une nouvelle affaire ? demanda ce dernier.

- Non. Ma demande de transfert aux mœurs.

Diana regarda Jones avec triomphe, ce dernier fit mine de ne rien voir.

- Vous êtes sérieux patron ?

- Absolument.

- Et nous ? questionna Diana.

Peter soupira.

- Je ne peux pas vous demander de me suivre, si vous estimez que votre place est ici je comprendrai.

- Je vous suis. déclara immédiatement Diana sans hésiter une seule seconde.

Jones lui était partagé, il avait toujours voulu être dans le service des crimes en col blanc, se frotter aux mœurs ne le tentait vraiment pas. Pourtant, si son supérieur et sa collègue y allaient il n'aimait pas l'idée de les lâcher.

- Clinton ? demanda Diana en fronçant les sourcils.

Jones se tourna vers elle, ce n'était pas habituel de l'entendre lui donner son prénom au lieu de son nom comme tous en avaient pris l'habitude, elle savait pourtant qu'il n'aimait pas cela.

- J'en suis aussi. répondit il d'un ton réticent.

Le visage de Diana s'éclaira. Elle se dirigea à son tour vers le bureau de Hughes.

Peter retint Jones.

- Vous n'êtes pas obligé. Je comprends tout à fait.

- Il faut bien que quelqu'un reste. dit Jones en s'assurant que Diana n'entende pas.

- Je suis d'accord. sourit Peter en lui tendant la main.

Jones hocha la tête et serra la main tendue, heureux que son chef soit de son avis. Diana serait d'une toute autre opinion, mais du moment que Peter comprenait ça irait.

Ils se séparèrent avant que Diana ne revienne, Peter regagna son bureau tandis que la jeune femme apprenait que son partenaire ne les suivrait pas aux mœurs et essayait de le faire changer d'avis.

Le transfert de Peter et de Diana ne serait effectif que la semaine suivante, cela leur laissait trois jours pour terminer leurs affaires en cours.

Peter rentra chez lui l'esprit plus serein. La machine était en train de se mettre en marche, une fois qu'il serait aux mœurs il ferait ce qu'il fallait pour qu'une enquête d'envergure soit lancée contre Anatoli Kirdan. Il y passerait le temps qu'il faudrait, il ferait toutes les demandes qu'il faudrait, il creuserait toutes les pistes qu'il trouverait et il démantèlerait le réseau de prostitution pièce par pièce. Il ferait tomber Kirdan, il sortirait Neal de ses griffes.

Son arrivée et celle de Diana furent bien accueillies, le groupe qu'ils intégrèrent avait tout aussi envie qu'eux de mettre l'empire de la famille Kirdan à mal.

- Bienvenue dans l'équipe anti Anatoli Kirdan. leur souhaita le chef de l'équipe. Par quoi voulez vous commencer ?

- Par étudier tout ce que vous avez sur lui. répondit Peter. Je veux tout savoir sur ce type, qui il fréquente, ce qu'il fait pendant ses vacances, s'il a de la famille, des amis, des ennemis... bref tout ce qu'on peut savoir.

- Vous aurez de quoi lire. sourit leur nouveau collègue.

Il les installa aux bureaux qu'ils occuperaient pendant tout le temps de leur séjour aux mœurs et déposa devant eux l'intégralité des documents qu'ils avaient.

Peter et Diana s'y plongèrent aussitôt. Trois jours plus tard ils en avaient lu pratiquement la moitié et Peter commençait à se faire une idée très claire du personnage. Anatoli Kirdan était un homme prudent, très organisé. Il serait dur à coincer, mais il avait des faiblesses, à commencer par son fils Ivan qui s'efforçait de se maintenir hors des affaires mais dont les entreprises achetées par Anatoli étaient pour le moins compromises.

Peter sourit en considérant la photo du jeune homme.

- Désolé mon garçon, mais tu vas être la porte d'entrée qu'il me faut.

A suivre