DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+18
Genre : romance / slash / Yaoi
Chapitre 11 – Une question de confiance
5 juin 2010 – L'Empire, Londres
- Merde Potter ! Tu ne pouvais pas y penser avant ? On va être en retard !
- Mais non… ce sont des portoloins qui s'activent sur demande…
- Putain ! Je ne vais quand même pas me taper l'Oblivion uniquement pour aller chercher ce sac ? Et puis, a-t-on vraiment besoin de maillots de bain ? Je croyais qu'on était d'accord pour passer ce week-end entièrement nus dans un lit…
- Crois-moi… tu as vraiment envie de me voir avec ce maillot de bain, ne fut-ce que pour me l'arracher avec les dents…
Draco déglutit péniblement et tenta au mieux d'éloigner la vision qui prenait forme dans son esprit.
- Ouais… bon. Et il est où ce sac ?
- Dans la chambre. A côté du lit.
- Ok…
- Oh Draco ? Tu es encore à l'Empire, là ?
- Oui, je viens de sortir de mon appartement.
- Tu veux bien passer dans le mien ? J'ai oublié mon passeport…
- Putain, Potter… tu as un cerveau ou une passoire dans la tête ? grogna le blond. Il est où ?
- Dans mon coffre. La combinaison, c'est 800605. Bon, je te laisse. On se retrouve plus tard.
- Oui mais…
Clic.
- Tu es le roi des emmerdeurs Potter, marmonna Draco en déverrouillant la porte de l'appartement.
Ceci dit, Draco était heureux. Pour son anniversaire, il allait passer quatre jours avec Harry à Deauville. Quatre jours de vacances. Pas de mission, pas de transaction. Rien qui ne concerne le Cartel de près ou de loin. Juste Harry et lui.
Draco entra dans la chambre et ouvrit la porte du dressing. Sur une étagère, se trouvait un petit coffre-fort en métal noir, muni d'un clavier numérique. Il tapa les chiffres qu'Harry lui avait indiqués. Un sourire naquit sur son visage quand il prit conscience de ce que représentait cette combinaison. 800605. Sa date de naissance à l'envers.
Un clac sonore avertit Draco que le coffre était déverrouillé et il actionna la manette d'ouverture.
A l'intérieur, il ne trouva pas de passeport mais une boîte fine et allongée, entourée d'un ruban, sur laquelle un morceau de parchemin était posé.
« Elle est à toi. Comme elle n'aurait jamais dû cesser de l'être.
Fais-en un meilleur usage que moi. Je t'aime.
Bon anniversaire. H. »
Draco défit le ruban d'une main un peu tremblante et souleva le couvercle, révélant une baguette magique qui reposait sur une étoffe de velours vert.
Bois d'aubépine. Crin de licorne. 25 centimètres. Parfaitement polie.
Harry lui rendait sa baguette. Volontairement.
Les yeux un peu humides, il la remit dans le coffre et glissa la lettre dans la poche intérieure de sa veste. Il irait à Gringott's mais pas avant d'avoir officiellement demandé à Harry de partir avec lui. Car il n'avait pas menti : il n'en avait rien à faire de ses millions s'il perdait Harry.
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The Oblivion, Soho, Londres
Quand il arriva à l'Oblivion, Draco fut étonné de ne trouver personne à l'entrée. Il était 19 heures et même si l'essentiel des clients arrivait souvent après 22 heures, certains venaient déjà en début de soirée pour justement éviter la foule et profiter du bar dans une ambiance un peu plus calme.
Il poursuivit son chemin jusqu'à l'arrière du bâtiment et pénétra par l'entrée de service. Les couloirs étaient parfaitement silencieux et plongés dans le noir. Pas de ballet incessant des serveurs qui remplissaient le bar avant l'ouverture, ni des serveuses qui préparaient les tables, ni des techniciens qui géraient l'éclairage et le son.
L'endroit semblait totalement vide et cela inquiéta grandement Draco. Un bruit provenant de la salle principale attira cependant son attention. Il sortit son arme et, la tenant fermement, il se dirigea vers la double porte battante qui donnait accès au club.
Lorsqu'il la poussa, elle s'ouvrit dans un grincement qui n'augurait rien de bon.
Il faisait complètement noir à l'intérieur de la salle et Draco ne pouvait distinguer quoi que ce soit. Il tâtonna à la recherche de l'interrupteur et quand il actionna celui-ci…
- BON ANNIVERSAAAAAAAAIIIIIIRE ! cria la centaine de personnes présentes.
Draco sursauta sous le coup de la surprise.
- Bande d'enfoirés… vous m'avez fait une de ces peurs !
- Heureux anniversaire Draco, dit Blaise en s'approchant et en lui tendant une flûte de champagne. Bois donc, ça te remettra de tes émotions.
Il prit la coupe et regarda autour de lui. Tout le Cartel était là.
- Comme tu vois, nous sommes tous là, confirma Blaise. Tout le monde a répondu présent pour fêter dignement l'anniversaire de mon bras droit et surtout de mon meilleur ami.
Le métis fit un pas de plus vers Draco et le serra affectueusement contre lui.
- Merci Blaise. C'est… c'est une… merveilleuse surprise, dit Draco d'un ton qu'il espérait convaincant.
En s'écartant, Blaise attrapa Harry qui se tenait un peu plus loin.
- C'est lui que tu dois remercier Draco ! Sans Harry, nous n'aurions pas pu mettre en place ce petit stratagème.
Harry fit un sourire contrit en allant à son tour serrer Draco dans ses bras.
- J'espère pour toi que tu ne m'as pas fait une blague et que nous partons réellement à Deauville Potter, souffla Draco à son oreille. Sans quoi…
- T'inquiète… Quelques heures de patience, tout au plus.
- La patience n'est pas mon fort, répliqua Draco en s'écartant pour saluer les autres invités qui venaient vers lui.
Pendant de longues minutes, Draco serra des mains, donna des accolades, galvanisé par la seule perspective d'un petit brun nu dans son lit d'ici quelques heures.
Tout le monde s'installa sur les banquettes, autour des tables et la fête commença.
Au bout d'un temps, Draco dut bien reconnaître que la fête était une réussite et que Blaise avait fait des merveilles. Les plats étaient excellents, le meilleur champagne coulait à flots et la musique était divinement agréable.
L'atmosphère changea du tout au tout après le repas quand les lumières de la salle s'éteignirent au profit des stroboscopes et des lasers. Les invités, qui pour la plupart étaient venus accompagnés, investirent la piste de danse. Pour les autres, Blaise avait fait venir des jeunes femmes, officiellement des danseuses, mais qui ne tarderaient pas à divertir leurs hôtes autrement qu'en dansant.
Draco contempla les corps qui commençaient à s'échauffer sur la piste, en se demandant combien de temps il faudrait pour tout cela se termine à l'horizontale.
- Potter, suis-moi, j'ai à te parler, dit soudainement Blaise.
- Ok. Allons dans mon bureau.
Draco jeta un regard interrogatif à Blaise qui fit un signe apaisant de la main.
- Rien de grave, Draco. Juste des considérations pratiques. Reste ici et profite de la fête. Tout ça, c'est pour toi, dit-il en faisant un geste large avec son bras.
Arrivé dans le cube de verre, Harry questionna immédiatement.
- Alors Blaise. De quoi s'agit-il ?
- Dejonghe m'a appelé. Son contact à Douvres est grillé. Les armes seront acheminées à Plymouth. Je voudrais que tu t'occupes de les réceptionner.
- C'est toujours prévu le 12 ?
- Oui, la date n'a pas changé.
- C'est que le 12, Draco et moi devions rencontrer un indic potentiel qui…
- A quelle heure est le rendez-vous ?
- 15 heures je crois.
- Si tu transplanes, tu seras rentré largement à temps. Le bateau accoste à 9 heures à Plymouth, dit Blaise en se postant devant la baie vitrée.
- Ok, pas de problème alors.
- Bien, si tout est réglé, retournons faire la fête ! conclut Blaise avec un sourire. Il y en a qui s'amusent bien en bas, on dirait.
Harry s'approcha de la vitre à son tour pour voir à quoi le métis faisait allusion. Une des « danseuses » engagées par Blaise, une brune plantureuse vêtue en tout en pour tout d'une microscopique robe moulante noire, était assise sur les genoux de Draco, ses mains fourrageant dans ses cheveux et sa bouche dans son cou.
- Je sais ce que tu essayes de faire Blaise, dit calmement Harry. Tu m'as attiré ici sous le prétexte de me dire quelque chose que tu aurais certainement pu me dire dix fois avant le début de la soirée, histoire de laisser cette pouffe entreprendre Draco…
- Hm… en attendant, il n'a pas l'air de la repousser…
- Il a surtout l'air de s'ennuyer prodigieusement. Crois-moi Blaise, je sais reconnaître les signes d'excitation chez Draco…
Le métis eut un petit reniflement méprisant et s'apprêtait à quitter le cube quand Harry lui dit :
- Ne joue pas à ça avec moi.
Blaise se retourna et fixa Harry avec amusement.
- Mais tout cela n'est qu'un jeu Potter… Tu es une passade, un divertissement. C'est tout ce qu'il a trouvé pour me punir d'avoir épousé Ginny et de lui avoir fait des enfants. Quand il aura fini de s'amuser, il me reviendra. Comme il l'a toujours fait. Alors, sois prêt à souffrir Harry car Draco ne te donnera jamais rien. Il ne donne jamais rien. A personne.
- Draco me donne des choses dont tu n'as même pas idée Blaise.
Sur ces mots, Harry quitta le cube pour redescendre dans le club.
Il se dirigea directement vers la banquette occupée par Draco et s'arrêta derrière la sangsue. Sans un mot, il la décrocha du cou de son amant et la fit lever de sur ses genoux.
Souplement, il vint s'asseoir à cheval sur ses cuisses.
- Je te laisse seul cinq minutes et voilà ce qui arrive…
- Je…
- Chut… dit Harry en posant un doigt sur les lèvres de Draco.
Une onde de désir traversa les yeux gris de Draco qui entrouvrit la bouche pour happer le doigt de Harry entre ses lèvres. Il commença à le sucer sensuellement, sans jamais quitter le brun des yeux.
Le geste, d'un érotisme affolant, n'échappait à aucune des personnes présentes autour d'eux, et certainement pas à Blaise.
Harry retira son doigt dans un petit bruit humide et se pencha pour embrasser Draco, lentement et profondément. La musique couvrait les commentaires et les exclamations des invités mais il ne faisait aucun doute qu'ils étaient tous les deux le centre de l'attention.
Il finit par s'écarter et dire :
- J'ai envie de danser avec toi.
- Avec plaisir, souffla Draco.
Ils se levèrent et sans un regard pour personne, descendirent vers la piste de danse. Ils furent stoppés dans leur progression par Blaise qui avait attrapé Draco par le bras.
- Draco, grinça-t-il. Ne fais pas ça. Plus personne ne te respectera plus si tu t'affiches avec… un homme. Alors tu vas te ressaisir. On va mettre votre petit numéro sur le compte de l'alcool et on n'en parlera plus, ok ?
Malefoy darda sur Blaise ses yeux de métal avant de retirer sa main de son bras.
- Blaise… contrairement à… certains, je respecte trop les femmes pour m'afficher avec elles dans le seul objectif de cacher ce que je suis. Car je n'ai pas honte de ce que je suis. J'aime Harry.
- Non tu ne l'aimes pas… tu aimes le baiser, c'est différent ! cingla le métis.
- C'est lui qui me baise, Zabini.
Blaise recula, sous le choc.
- Maintenant, dit Draco, si tu veux bien nous excuser, nous allons y aller. C'était une fête merveilleuse et j'ai vraiment de la chance d'avoir un ami comme toi, ajouta-t-il en posant la main sur l'épaule de Blaise. Encore merci d'avoir organisé tout cela pour moi.
Le métis regarda Harry et Draco s'éloigner, les poings serrés.
- Tu vas me payer ça Malefoy, murmura-t-il.
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Summer Square, Londres sorcier
Il était pratiquement 22 heures quand Ron Weasley passa la porte de sa maison de Summer Square, non loin du Chemin de Traverse. Il accrocha sa veste à la patère de l'entrée et posa ses clés dans la petite coupelle sur la console.
Des gestes mécaniques. Des gestes rassurants.
Avec Hermione, ils avaient choisi cette maison parce qu'elle était à mi-chemin du Ministère et de son cabinet de médicomage. C'est une petite maison de rangée, sans prétention mais pimpante et accueillante. Elle comptait trois chambres. De quoi loger sans problème la petite famille qu'ils rêvaient de fonder.
Mais deux des chambres étaient restées vides.
Malgré le décès d'Hermione, Ron n'avait pas voulu déménager. Il voulait rester dans ces murs qui abritaient encore un peu d'elle dans chaque pièce où il allait. Dans le salon, où il la trouvait pelotonnée dans le canapé en train de lire un livre. Dans la salle à manger où elle avait dressé la table en vitesse, entre deux piles d'ouvrages de médecine. Dans la salle de bain où elle brossait ses longs cheveux bruns, perpétuellement emmêlés. Dans la chambre où…
Ron secoua la tête en soupirant. Il se servit un verre de whisky pur feu et s'installa dans le fauteuil à côté de la cheminée. Ce soir encore, sa seule compagnie serait ses souvenirs.
Depuis cinq ans, il faisait tout pour avancer. Pourtant il y avait toujours quelque chose pour le ramener dans le passé.
Il avait cru avoir fait son deuil après l'arrestation de Malefoy mais la découverte de son innocence l'avait forcé à rouvrir le dossier et avec lui la plaie béante de son cœur. Plaie qui ne s'était jamais refermée depuis. Tout ça à cause d'un homme : Blaise Zabini.
Ce truand qui avait commencé par lui prendre Ginny.
Depuis cette maudite soirée de nouvel an chez Bruce Dexter, Ginny s'était mise à consommer de la drogue, tout comme Harry. Au départ, Ron ne savait pas chez qui elle se fournissait, jusqu'à ce qu'il découvre qu'une bande d'anciens serpentards, des Proscrits, dealait près de l'école où elle faisait ses études de journalisme.
Le temps qu'il intervienne, c'était trop tard. Ginny avait rencontré Blaise et était tombée sous son charme. Il lui donnait toute la drogue qu'elle voulait pour peu qu'il puisse l'avoir dans son lit.
Un soir, Ron et Hermione avaient retrouvé Ginny en pleurs devant la porte de leur maison. Elle venait de découvrir que Blaise la trompait avec un homme, Draco Malefoy. Et pire encore, qu'il était amoureux de Malefoy depuis qu'il était enfant.
Ron n'avait jamais imaginé penser cela un jour mais à cet instant, il bénissait Malefoy. Connaissant le caractère entier de sa sœur, jamais elle n'accepterait d'être humiliée de la sorte. Elle allait quitter Blaise, c'était certain. Hermione et lui allaient l'aider à décrocher de la drogue, et tout allait rentrer dans l'ordre.
C'était sans compter que Ginny était éperdument amoureuse du métis et fermement décidée à évincer son rival. Son plan avait été machiavélique et savamment orchestré.
Depuis quelques mois, Zabini commençait à devenir incontournable dans le milieu du banditisme. Il était craint et respecté à la fois. Ginny joua sur ce terrain en parvenant à le convaincre qu'il serait la risée des gangs rivaux si ceux-ci apprenaient qu'il était homosexuel.
L'argument avait porté et la rousse était devenue la couverture idéale de Zabini.
Ron avait longtemps gardé espoir que sa sœur se lasse d'être un simple alibi. Mais ce ne fut pas le cas. Hermione fut assassinée et Malefoy emprisonné. La voie était libre : Ginny épousa Blaise en janvier 2006 et donna naissance à son fils l'année suivante.
Des coups frappés à la porte sortirent Ron de ses pensées.
- Seamus ? Neville ? s'étonna le rouquin en ouvrant la porte. Que faites-vous ici à cette heure ? Il s'est passé quelque chose ?
- Non, non… t'inquiète ! On se disait simplement que tu aurais envie de goûter avec nous cet Ogden's Old 20 ans d'âge ! dit l'irlandais en brandissait une bouteille de whisky.
- Seam', soupira Ron. Crache le morceau.
- On est inquiets pour toi, dit Neville.
Ron soupira derechef en rejetant la tête en arrière mais il s'écarta néanmoins.
- Entrez, je vais chercher des verres.
Ils s'installèrent tous les trois au salon, des verres bien remplis devant eux.
- Bon, allez-y les mecs ! En quoi je vous inquiète ? Plus que d'habitude, je veux dire…
Seamus et Neville échangèrent un regard. C'est finalement Neville qui se lança.
- Tu… depuis que tu l'as revu… tu es… différent.
- Harry.
- Quoi ? dit Neville.
- C'est Harry ! Même toi tu n'arrives pas à prononcer son nom ! siffla Ron.
Neville baissa les yeux.
- C'était notre ami, Ron. C'était ton meilleur ami. Ne nous dis pas que ça ne t'a rien fait de le revoir après tout ce temps.
- Evidemment que ça m'a fait quelque chose ! s'énerva le rouquin. Huit ans bordel ! Huit putains d'années sans avoir de ses nouvelles ! J'ai même cru qu'il était mort ! Et ce fils de pute…
- Ron…commença Seamus. Tu ne le penses pas…
- Ce connard était dans le Cartel. Sous notre nez.
- Tu lui en veux tant que ça ? questionna l'irlandais doucement.
Le roux se leva et s'accouda contre le manteau de la cheminée.
- Si je lui en veux ? Putain oui, je lui en veux ! C'est de sa faute si Ginny a commencé à se droguer. Et non content de se foutre en l'air, de foutre ma sœur en l'air, il se casse ! Il disparaît dans la nature sans laisser de traces ! Malefoy nous le ramène complètement défoncé. On le soigne et il se casse de nouveau ! Et maintenant, j'apprends que depuis cinq ans, il est le tueur du Cartel…
- Oui mais tu as entendu Malefoy… il est sous une drogue proche de l'Imperium ! Il n'a pas le choix !
- SI IL AVAIT LE CHOIX ! IL AVAIT LE CHOIX DE NE PAS NOUS ABANDONNER ! IL AVAIT LE CHOIX DE DEVENIR UN AUROR COMME NOUS ET PAS UNE…
- STOP RON ! coupa Neville. Ne va pas plus loin. Tu ne penses pas ce que tu allais dire.
Les épaules de Ron s'affaissèrent et il n'ajouta rien.
- Mais au final, il est avec nous, dit Seamus, conciliant. Il est venu avec Malefoy au rendez-vous que tu lui avais fixé. C'est tout ce qui compte.
- Je ne sais pas… répondit Ron en se passant la main dans les cheveux. Je ne sais pas si je peux lui faire confiance…
- Mais tu fais confiance à Malefoy, dit doucement Neville.
- Ouais… et lui me dit que je peux faire confiance à Harry.
- Alors ils sont vraiment ensemble ? demanda Seamus.
- Oui, confirma Ron, non sans une certaine morosité.
Seamus sourit.
- Potter et la fouine. Les deux plus grands ennemis de Poudlard… ensemble. Putain, les temps changent…
Neville se mit à rire également. Ron lui tentait de réprimer ce stupide pincement qu'il ressentait à chaque fois qu'il pensait à Malefoy et Harry, ensemble.
- Qu'allons-nous faire ? demanda Neville. Avec les informations de Harry, c'est du tout cuit non ?
- Pas vraiment, dit Ron. Dans l'immédiat, nous ne pouvons rien obtenir de Harry car il est soumis à un Serment Inviolable.
- Oui mais pas Malefoy !
- Effectivement. Mais Malefoy est un Proscrit. Sa parole n'a aucune valeur, ni devant le Bureau des Aurors, ni devant le Magenmagot. Merci Papa, grinça le rouquin en serrant les poings.
- Notre seule option est de prendre Zabini en flagrant délit, résuma Seamus. Le problème, c'est que s'il négocie toutes les transactions, il n'est jamais présent aux livraisons !
- Ça va peut-être changer, dit Ron.
Il vint se rasseoir en face de ses coéquipiers.
- Draco m'a dit qu'il venait d'acheter pas moins de 150 armes de poing à un trafiquant belge. Elles lui seront livrées dans quelques jours. Il compte les revendre au chef d'une milice ouzbèque qu'il doit rencontrer lui-même dans les prochaines semaines. C'est top secret. Même Draco ne sait pas où la rencontre aura lieu.
- Ok, dit Neville. On va donc laisser la transaction avec le belge se faire. Mais comment suivra-t-on les armes si Malefoy ne peut pas nous indiquer leur destination ?
- Compte tenu de l'importance de la transaction, Blaise enverra sûrement Draco ou Harry réceptionner la marchandise. Ils placeront un traceur magique sur la cargaison.
- Parfait ! s'enthousiasma Seamus. Quand la livraison a-t-elle lieu ?
- Le 12, à Douvres. Je rencontre Harry et Draco le même jour à 15 heures pour qu'ils me confirment que tout est au point.
Seamus et Neville sourirent largement.
- On va l'avoir, Ron. Ce n'est plus qu'une question de temps.
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6 juin 2010 - Deauville
POV Draco
La vie est belle.
Oui, je sais, c'est terriblement niais d'être sur un petit nuage juste parce qu'on est dans les bras de celui qu'on aime, mais c'est comme ça. Je suis plus sentimental que je ne veux bien le laisser paraître.
- Pourquoi tu souris comme ça ?
- Je ne souris pas Potter… je grimace parce que vu comment tu m'as défoncé le cul, je ne vais plus pouvoir m'asseoir pendant trois jours.
Je suis sentimental mais Harry n'a pas besoin de le savoir.
- Menteur… tu souris parce que tu es heureux. Mais ton orgueil malefoyen t'empêche de l'admettre.
- Mon orgueil malefoyen t'emmerde Potter… Ceci dit, c'est vrai que je suis heureux.
Bon, d'accord. Je suis sentimental et Harry le sait. Je me penche pour l'embrasser doucement. Le baiser est tendre et lent. Il s'éternise, faisant lentement remonter le désir dans nos corps.
Harry, contrairement à moi, n'a aucun scrupule à dépenser l'argent de Blaise et pour ce séjour, il a vu les choses en grand. Nous occupons une des suites de l'Hôtel Royal Barrière, avec vue sur la mer. La chambre est immense, décorée dans des tons blanc, gris très pâle et bleu qui invitent au calme et au repos.
Enfin… repos, c'est vite dit. On n'a pas vraiment beaucoup dormi la nuit dernière…
- Draco…
- Hm
- Pourquoi tu as dit à Blaise que je te baisais ?
Je m'écarte de Harry, un peu contrarié.
- On peut savoir pourquoi tu me parles de Blaise là, tout de suite ?
- Ne t'énerve pas. C'est juste que…
- Que quoi ? C'est la vérité non ?
- Oui mais pas seulement… on est un peu à égalité sur ce sujet, il me semble.
- Oui. Et alors ?
- Et alors, si tu as dit ça à Blaise, c'est que ça avait une importance.
Je soupire profondément. Ce type va me rendre fou, si ce n'est déjà fait… Je vais devoir lui donner une réponse sinon il ne va pas me lâcher du reste du week-end.
- Si je l'ai dit à Blaise, c'est en effet parce que cela a une importance pour lui. Il… il me l'a demandé à plusieurs reprises quand on était ensemble et j'ai toujours refusé.
Il me regarde avec ses yeux immenses et je sens qu'il lui est difficile de s'exprimer.
- Blaise va penser que tu m'aimes plus que lui.
- Oui. Je ne voulais pas lui faire du mal inutilement mais il semblait tellement persuadé que toi et moi ce n'était qu'une passade… que… c'était la seule façon pour qu'il comprenne.
- C'est aussi ce que tu penses ? me dit-il après un temps. Tu crois que je t'aime davantage parce que tu m'as laissé te prendre ? Tu n'y étais pas obligé ! Je t'aurais aimé tout autant ! Pour moi, ça n'a aucune importance ! Absolument aucune !
Son ton coléreux me surprend autant que ses propos.
- Harry, dis-je doucement en prenant son visage en coupe entre mes mains. Par Merlin, Harry… voilà justement pourquoi je me suis donné à toi. Parce que ça n'avait pas d'importance. Parce que tu ne demandais rien. Je me suis donné à toi parce que c'était ce que je voulais. Parce que c'était évident.
- Tu m'aimes vraiment plus que lui alors ?
- Harry, tu ne comprends pas. Si je te dis que je t'aime plus que lui, ça voudrait dire que je ressens encore de l'amour pour lui. Ce n'est plus le cas. Tu as pris toute la place.
Il baisse les yeux un instant avant de soupirer lourdement.
- Blaise était ton premier amour. Tu l'as aimé plus que tout, tu me l'as dit. Et voilà que j'arrive et que je prends sa place. Qui me dit que quelqu'un ne prendra pas ma place à moi ?
C'est à mon tour de soupirer. Pourquoi faut-il qu'il m'entraîne dans une conversation pareille alors qu'on était si bien il y a dix minutes à peine ? Je suis à moitié en colère et mon ton est sec.
- Rien, Harry. Rien ne dit que je ne vais pas tomber amoureux de quelqu'un d'autre ! Parce que c'est la vie ! C'est comme ça ! Après tout, j'ai seulement trente ans et c'est déjà la deuxième fois que je suis amoureux ! Oh ! Un vrai cœur d'artichaut ! Tu as du souci à te faire ! dis-je en ricanant.
- Draco, ne t'énerve pas… ce n'est pas…
- Je ne m'énerve pas. Je suis … en colère … et triste parce que tu mets en doute la pérennité de mes sentiments… tu me demandes quoi au juste ? De te prouver que je t'aimerai le restant de ma vie ? Putain, évidemment que c'est ce que je veux ! Mais je n'ai aucune garantie à te donner ! Je ne peux rien te promettre ! Personne ne peut jamais rien promettre !
Il me regarde avec un grand sourire et là, je ne comprends vraiment plus rien.
- Quoi encore ? je demande.
- Je ne veux pas de promesses. Les promesses, ça ne vaut rien… je veux de l'honnêteté. C'est tout ce que je te demande. Et c'est ce que tu viens de me donner.
Il roule sur moi pour m'embrasser à nouveau. Je ne crois pas que nous irons prendre de petit-déjeuner ce matin.
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8 juin 2010 - Deauville
POV Harry
C'est notre troisième journée à Deauville et je voudrais qu'elle ne s'achève jamais, comme à chaque fois que je suis seul avec Draco.
Depuis trois jours qu'on est là, je suis parvenu à diminuer ma consommation de coke. C'est difficile mais quand Draco est là, j'arrive à mieux supporter le manque. En fait, tout est plus supportable quand Draco est là.
Peut-on faire plus niais ? Il y a peu de chances, mais je m'en cale. Je suis heureux. E-R-E comme dirait Roger Rabbit. Je sais, mes références cinématographiques moldues laissent à désirer… et puis je ne suis pas sûre que Draco aimerait être comparé à une pin-up rousse des années 30.
Nous marchons main dans la main sur la Promenade Michel d'Ornano. Le temps est superbe, doux et ensoleillé mais je ne peux réprimer un frisson qui me parcourt de haut en bas, suivi d'une sueur froide. Le manque.
Draco s'en rend compte et passe un bras autour de mes épaules.
- Tu n'as rien pris ce matin ?
- Non… je… j'essaye de diminuer mais c'est pas facile.
- Je m'en doute. Mais c'est bien que tu persévères. J'ai peut-être une solution pour les potions. Ron va essayer de les obtenir à Sainte-Mangouste. Il m'a promis de…
J'éclate de rire bien malgré moi.
- Qu'y a-t-il de si drôle ?
- Tu l'appelles Ron… pas la belette, Weasmoche, Weaslaid ou…
- J'ai grandi Harry. Et Ron… Ron est vraiment devenu un ami.
- J'ai même cru qu'il était plus que ça…
- Quoi ?
- Le jour où tu as rompu le Serment, il s'est occupé de toi avec une telle… prévenance… J'ai cru que lui et toi…
- Non.
La réponse de Draco est trop laconique pour me satisfaire.
- Draco… qu'est-ce qu'il y a exactement entre Ron et toi ?
Son soupir et la manière dont il me serre contre lui me font dire que je ne vais pas aimer ce que je vais entendre.
- Il faut que tu comprennes que Ron est un homme seul. Très seul. Il vit dans le souvenir d'Hermione, tous les jours qui passent. Et d'une certaine manière, je fais partie de ce souvenir car, hormis son meurtrier, je suis la dernière personne à l'avoir vu vivante. Je suis la dernière personne à qui elle a parlé. De plus, elle a m'a sauvé la vie.
- Je peux comprendre mais…
- Non Harry… tu ne peux pas comprendre. Il est rongé par la tristesse d'avoir perdu sa femme et par le remord de m'avoir injustement accusé de son meurtre. Je sais que ça paraît fou de dire ça mais… il reporte ses sentiments pour Hermione sur… moi. Parce que j'abrite une part de l'âme de sa femme défunte.
- QUOI ? Mais c'est complètement…
- Tordu ? Pas tant que ça. Chez les Sangs-purs, il a une croyance selon laquelle lorsqu'un sorcier sauve la vie d'un autre sorcier, il donne une partie de son âme pour le faire, créant ainsi un lien entre eux.
- Mais c'est ridicule ! Hermione était médicomage, elle sauvait la vie de milliers de gens. Elle ne peut être liée à chacun d'eux !
- C'est une croyance ancrée dans les siècles Harry, dans des temps où les médicomages n'existaient pas. L'important n'est pas de savoir si c'est vrai ou faux. L'important c'est que Ron le croit. Et que ça l'aide… pour lui, c'est comme si Hermione n'était pas tout à fait morte.
Je suis abasourdi par ce que j'entends. Je m'écarte de lui. Une boule douloureuse se forme dans ma gorge et c'est avec peine que je demande :
- Comment… comment le sais-tu ?
- Parce qu'il me l'a dit. Un soir où on avait un peu trop forcé sur l'Ogden's Old.
Mes mains tremblent et mes yeux piquent dangereusement.
- Ok… donc, vous… vous avez couché ensemble pour que…
- Harry, me coupe-t-il rageusement. Tu veux bien éviter de sauter directement aux conclusions sans réfléchir ? Je n'ai pas couché avec Ron ! Il ne s'est rien passé entre nous et il ne se passera jamais rien ! Il est… conscient que la raison de ses sentiments pour moi est tronquée. Par Merlin, Harry, dis-moi que tu me crois !
Je ferme les yeux, essayant de faire refluer la vague douloureuse que le manque de drogue distille dans mon corps.
- Je te crois Draco. Evidemment que je te crois.
Il me reprend dans ses bras et le contact apaise légèrement la douleur en moi. Que ferais-je sans lui ?
Cette réflexion en amène immédiatement une autre.
- Tu m'as sauvé la vie.
- Quoi ?
- Tu m'as sauvé la vie, je répète. Dans ton Manoir, quand tu as prétendu que tu ne me reconnaissais pas. A Green Court, quand je faisais une overdose.
- Oui. Comme toi, tu as sauvé la mienne dans la salle sur demande.
- Alors, nous sommes liés ?
Le rire de Draco me fait frissonner.
- Si tu as envie de croire à ces vieilles légendes, alors oui, sans doute… nous sommes liés.
- J'ai envie d'y croire, dis-je tout contre lui.
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POV Draco
Nous sommes attablés à la terrasse d'un petit restaurant qui donne sur le port de plaisance. L'après-midi est déjà avancé et nous dégustons avec bonheur un délicieux soufflé au calvados.
- Je n'ai pas envie de rentrer, me dit Harry.
- Moi non plus.
- Quand je pense que tout pourrait être terminé demain si je pouvais balancer à Ron tout ce que je sais…
- Tu ne le peux pas, justement ! Et ne t'avise pas d'essayer ! je siffle. Avec Londubat et Finnigan, Ron cherche un moyen légal de te libérer de ton Serment Inviolable et là, tu pourras tout lui dire.
- Ouais ben j'espère que ce jour arrivera vite car je ne supporte plus de regarder Blaise en face et faire comme si de rien n'était. Je ne comprends pas comment tu y parviens.
- On s'y fait… c'était beaucoup plus dur la première fois.
- Tu ne m'as jamais raconté… qu'est-ce qui t'a poussé à vouloir vendre Blaise en 2004 ?
Je tressaille malgré moi. Même si la douleur s'en est allée depuis longtemps, je n'aime pas y repenser. Pourtant Harry a le droit de savoir.
- Il m'a trahi.
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21 novembre 2004 – The Empire, Londres
- Draco… oh Salazar… c'est si bon… encore…
Blaise gémit sous mes coups de rein de manière parfaitement indécente et absolument érotique. Son dos luisant de sueur glisse contre mon torse et les muscles parfaits de ses bras roulent doucement sous mes mains. Il jouit brusquement, les poings crispés de chaque côté du traversin.
Je poursuis ma besogne, un peu déçu qu'il ne m'ait pas entendu, et après quelques mouvements profonds, je me libère à mon tour en m'écroulant sur lui.
Comme d'habitude, le lit ressemble à un champ de bataille et laisse penser qu'on a plutôt fait la guerre que l'amour.
Je roule sur le dos, encore haletant. Blaise tourne vers moi son beau visage et je m'émeus une fois de plus de la pureté de ses yeux. J'aime les yeux de Blaise après l'orgasme car ils sont plus doux, moins acérés qu'à l'ordinaire.
- Draco… tu sais combien je t'aime, hein ?
Je me tends immédiatement. Ce genre d'entrée en matière n'augure jamais rien de bon.
- Crache le morceau Zabini, dis-je froidement.
Plus ça va et moins je ne suis capable de faire preuve de patience avec lui.
- Ginny est enceinte.
Recevoir un doloris en pleine poitrine m'aurait fait moins mal. Bien sûr, e sais que Blaise couche avec Ginny depuis un certain temps mais une partie de moi-même a toujours tenté de refouler cette information. De refuser que ça devienne réel. Ce n'est désormais plus possible.
- Elle t'a piégé ? je demande, espérant lamentablement qu'il me dise oui, qu'il la déteste pour lui avoir fait un enfant dans le dos.
- Non.
Sa réponse résonne dans la pièce à n'en plus finir.
- Non… tu veux dire que vous avez planifié cette grossesse ? Comme un putain de couple que vous n'êtes pas ?
Ma voix monte dangereusement dans les aigus et je me donnerais des gifles d'être aussi pathétique.
- Comme un couple que nous sommes Draco…
- OK. J'ai loupé un épisode. Aux dernières nouvelles, elle était une façade. Aux dernières nouvelles, tu es amoureux de moi depuis que t'es gamin. Aux dernières nouvelles, ton truc, c'est les bites bien raides. La mienne en particulier.
Blaise a la mauvaise idée de soupirer, ce qui décuple ma colère.
- Tu t'es bien foutu de ma gueule.
- Draco… Je suis amoureux de toi. Je n'aimerai jamais personne d'autre comme je t'aime toi mais… je suis en train de construire quelque chose d'important. Mes affaires sont en plein essor. J'ai l'Empire, et bientôt le Farkle va être inauguré. J'ai… j'ai pris conscience qu'un jour, je voudrai léguer tout cela à quelqu'un. J'ai besoin d'un héritier, Draco. Et malgré tout l'amour que j'ai pour toi, tu ne pourras jamais me le donner.
Voilà qui est dit. J'aurais pu accepter beaucoup de choses. J'ai accepté beaucoup de choses ! Mais, ça, c'est la trahison de trop. Je ne lui sers plus à rien, sinon à contenter son cul. Et encore... jusqu'à quand ?
Je me lève, jette sur moi un sort de nettoyage et je me rhabille sans empressement.
- Draco… Merde… dis quelque chose…
En reboutonnant ma chemise, je m'assieds au bord du lit.
- Je comprends, Blaise. Si c'est un enfant que tu veux alors, c'est certain que je n'ai pas ce qu'il faut où il faut.
Il me regarde avec incrédulité, se demandant si cette soudaine compréhension de ma part est un leurre ou non. Mais mes talents d'acteur vont au delà de ce qu'il peut imaginer et mon sourire bienveillant finit de le convaincre.
- Oh Draco, soupire-t-il avec un soulagement évident en me prenant les mains. Je savais que tu comprendrais. C'est pour ça que je t'aime autant…
- Tu te rends compte que tu vas être papa ?
- Oui… non… tout ça est tellement incroyable !
- Ça l'est, en effet.
Après l'avoir embrassé tendrement, je me relève mais il me retient.
- Draco… tu… tu voudras bien être son parrain ?
- Bien sûr Blaise. Rien ne me ferait plus plaisir.
Même si je suis détruit à l'intérieur, mon sourire n'a jamais été aussi resplendissant.
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25 novembre 2004 – Ministère de la Magie
Il m'a fallu trois jours.
Trois jours pendant lesquels je ne suis pas sorti de chez moi. Trois jours pendant lesquels j'ai pleuré comme l'idiot que j'étais.
Le quatrième jour, ma décision était prise. Elle était extreme. Mon corps, mon esprit, mon coeur hurlaient vengeance. Et j'allais y céder. Ce serait ma seule source d'apaisement.
Je me suis douché. Je me suis habillé. Je suis sorti et je me suis rendu au dernier endroit où je pensais retourner un jour.
Je pousse la porte de la cabine téléphonique en respirant un grand coup.
- Bienvenue au Ministère de la Magie, dit la voix désincarnée. Veuillez décliner votre identité et annoncer l'objet de votre visite.
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- Draco Malefoy ? me demande une petite sorcière à la moue dégoûtée, manifestement très contrariée d'être en présence d'un Proscrit. Le Chef des Aurors Dawlish va vous recevoir.
C'est pas trop tôt. Ça fait une demi-heure que j'attends que ce connard de Dawlish daigne me recevoir. Est-ce vraiment étonnant ceci dit ? Un Proscrit reste un Proscrit. Un connard reste un connard.
La porte du bureau en face de moi s'ouvre, et Dawlish se tient dans l'encadrement, les mains dans les poches de sa robe. Son sourire narquois me file déjà des crampes.
- Draco Malefoy… quel déplaisir de vous voir ici.
- Déplaisir partagé.
- Que voulez-vous ?
- La même chose que vous.
Il me regarde de son unique petit œil vicieux.
- Et que savez-vous de mes envies ?
Je réprime avec difficulté le dégoût que ce type m'inspire et mon envie de le planter là comme le con qu'il est. Après tout, je suis venu ici de mon plein gré.
- Je sais que vous voulez faire tomber Zabini et le Cartel. Et je peux vous y aider.
L'Auror éclate de rire.
- Mais pour qui vous prenez-vous, petit arrogant ?! Il est encore loin le jour où le Bureau des Aurors aura besoin d'un Proscrit pour mener ses enquêtes !
- Vous croyez ? Je pense au contraire que ce jour est arrivé.
- Ecoutez, sale mangemort de merde… Je sais tout ce qu'i savoir sur Zabini et sa clique. Vous croyez vraiment que vous pouvez vous pointez ici et me dire que j'ai besoin de vous ? Je n'ai pas besoin de vous. Personne n'a besoin de vous, Malefoy. Des sources j'en ai plus qu'il n'en faut !
- Ah oui ? Comment cela se peut-il ? Sachant que Zabini est absolument paranoïaque concernant ses affaires et que tout le monde dans le Cartel est soumis à un Serment Inviolable ?
Dawlish pâlit brusquement, à ma grande satisfaction.
- Je… vous… C'est…
- Mais encore ? j'ironise.
Il fronce alors les sourcils et se reprend du mieux qu'il peut.
- Si tout le monde est soumis à un Serment inviolable, vous ne m'êtes d'aucune utilité.
- Sauf que je suis le seul à ne pas y être soumis.
Nouvel accès de pâleur. Décidément, je fais fort.
- Pourquoi ? me demande-t-il, son œil valide réduit à une simple fente.
- Parce que je suis son bras droit ? Le seul en qui il a une entière confiance ?
- Et qui me dit que moi je peux vous faire confiance ?
- Rien de tout. Si ce n'est que je suis venu à vous spontanément.
- Et pourquoi feriez-vous ça ?
- J'ai mes raisons et elles ne regardent que moi.
- Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne ! cingla Dawlish. Je ne vais pas…
- Ecoutez, je le coupe. C'est simple : vous savez très bien que sans quelqu'un à l'intérieur, vous ne ferez jamais tomber Zabini. Moi, je peux vous donner sa tête sur un plateau.
Dawlish resta silencieux un instant.
- Que voulez-vous en échange ? Car je suppose que vous ne faites pas cela gratuitement ?
- Bien vu ! C'est sûr, on ne recrute que l'élite intellectuelle chez les Aurors…
- Petite ordure, je vais…
- Les biens de ma famille.
- Quoi ?
- Ce que je demande en échange, c'est la restitution des biens appartenant à ma famille.
- Vous savez que c'est impossible. La fortune des Malefoy a été répartie en dédommagement des crimes commis par votre père, me dit-il avec un plaisir malsain et non dissimulé.
Je serre les poings pour ne pas lui casser la gueule.
- Pas le Manoir. Vous n'arrivez pas à vous en débarrasser car personne ne veut d'une maison où Voldemort a vécu.
- Et vous oui ?
- C'est ma maison, dis-je tout bas.
Il me jette un regard ouvertement méprisant, jaugeant si mon offre en vaut la peine ou non. Après une éternité de réflexion, il finit par me dire :
- C'est d'accord. Aidez-moi à faire tomber le Cartel et je vous rends votre Manoir.
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8 juin 2010 - Deauville
- C'est comme ça que ça c'est terminé entre Blaise et moi. Il ne s'en est même pas rendu compte… Ginny était devenue le centre de son monde. Il était aux petits soins pour elle, à chaque heure de la journée. Ça m'arrangeait car il me donnait pratiquement le contrôle du Cartel et j'ai pu donner pas mal de bonnes infos à Dawlish.
- Je ne savais pas que Ginny avait été enceinte avant Anthony…
- Elle a perdu le bébé. A cause de la drogue. Blaise n'en parle jamais. Il a été… dévasté. Il n'y a pas d'autres mots… Je n'ai jamais vu un homme souffrir autant. J'ai compris à ce moment-là qu'il était sincère quand il me disait vouloir de cet enfant…
- Ça ne t'a pas fait regretter de l'avoir trahi ?
Draco resta silencieux un moment.
- J'avais de la peine pour Ginny. J'avais de la peine pour lui mais non... je n'ai rien regretté. J'allais récupérer mon Manoir. Tous les biens de ma famille ne seraient pas perdus et le sacrifice de ma mère n'aurait pas été vain… Bien sûr, je n'ai jamais récupéré le Manoir. J'ai été arrêté quelques mois plus tard et jeté à Azkaban. L'accord avec Dawlish était caduc.
Harry regardait le fond de sa tasse de café, le visage fermé.
- Harry ? Quelque chose ne va pas ?
- Il n'y a jamais eu d'accord avec Dawlish…
- Quoi ? De quoi parles-tu ?
- Dawlish t'as trompé. Il ne pouvait pas te rendre ton Manoir car celui-ci avait été vendu depuis longtemps.
- Quoi ? Non ! Personne n'y vit ! Encore maintenant ! Je le sais !
Harry leva les yeux vers Draco. Celui-ci était en proie à l'incompréhension la plus totale.
- Draco… tu ne t'es jamais posé la question de savoir pourquoi le Manoir restait intact alors qu'il était inoccupé depuis tout ce temps ?
- Non… je… c'est… Mais de quoi parles-tu bon sang ?
La tournure de la conversation commençait à lui déplaire.
- Harry ? Comment sais-tu que le Manoir est toujours en bon état ?
- Parce que je l'ai acheté.
Draco en resta bouche bée.
- Tu as quoi ?
- J'ai acheté ton Manoir. Sous un nom d'emprunt.
- Mais… quand ? et comment ? Par Merlin, tu… tu vivais dans la rue… sans rien… et pendant tout ce temps, tu étais propriétaire d'un manoir… de mon manoir ?
Harry ne disait rien, gardant les yeux baissés sur sa tasse.
- POTTER ! J'EXIGE UNE EXPLICATION !
Après un bref soupir, Harry s'expliqua d'une voix si basse que Draco dut faire un effort pour l'entendre.
- Malgré tout ce que j'avais pu dire à Arthur Weasley, sur le fait que ta mère m'avait sauvé la vie, que tu m'avais sauvé la vie, je… je ne suis pas parvenu à lui éviter d'être exécutée. Et toi d'être proscrit. J'ai toujours été contre les Lois de Proscription et… et… et puis j'avais cette somme d'argent… cette récompense dont je ne voulais pas, qui me brûlait les doigts… alors je me suis dit que je pourrais acheter le Manoir… et te le rendre après… Je suis allé sur place, j'ai parlé aux elfes de maison pour leur expliquer la situation et savoir s'ils acceptaient d'être désormais à mon service. Ils ont dit oui sans hésiter car ils sont attachés au Manoir. Je leur ai fait promettre de ne jamais rien dire à mon sujet et de toujours entretenir correctement les lieux… jusqu'à ce que tu reviennes … quand les choses se seraient calmées.
Harry s'arrêta pour reprendre sa respiration.
- Mais rien ne s'est calmé. Je me suis enfoncé dans la drogue, le déni, le dégoût de moi-même et j'ai fini de la manière que tu sais. A la rue, sans un sou parce que tout passait dans l'achat de drogues...Quand j'ai un peu repris le contrôle, toi tu étais en prison pour meurtre… Et puis on s'est retrouvé et il y a eu les improbables sentiments que je me suis mis à éprouver à ton égard. Depuis, il n'y a pas un jour où je ne me pose pas la question de savoir comment te l'annoncer.
Draco restait silencieux, comme s'il était déconnecté.
- Draco ? Tu m'en veux ? Tu es colère ? Dis-moi quelque chose… même si c'est pour me hurler dessus et me dire que tout est fini, dis-moi quelque chose.
Le blond cligna plusieurs fois des paupières avant de passer sa main sur son visage.
- Je… ne suis pas colère. Je ne t'en veux pas. Je n'arrive pas à réaliser, c'est tout. Tu as acheté mon manoir pour… me le rendre… Alors que je t'ai toujours méprisé… Je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça.
- Je te l'ai dit… j'étais contre les Lois de…
- Par Merlin, Harry, quand arrêteras-tu de porter le poids du monde sur tes épaules ? Quand arrêteras-tu de te sentir responsable des conneries des autres ?
Harry eut un petit sourire contrit.
- Je crois que ça fait un petit temps maintenant que je ne me préoccupe plus des conneries des autres. J'ai assez avec les miennes.
Draco rit à son tour avant de reprendre plus sérieusement.
- Harry, tu te rends compte qu'avec le Manoir et l'argent que ma mère a caché pour moi, on est vraiment très riches…
- Tu dis « on » mais tout ça, c'est à toi…
Draco prit la main de Harry dans la sienne. Il fit courir son pouce sur la peau tendre de son poignet, juste là où battait son pouls.
- Je ne te l'ai pas dit mais j'ai laissé la baguette dans ton coffre. Avec moi, tu es le seul à savoir à quoi elle sert. Tu pourrais très bien aller à Gringott's, prendre le contenu du coffre. Avec la maison, tu serais propriétaire de la plus grande partie du patrimoine des Malefoy. Sans que je n'ai rien à dire.
- Mais pourquoi…
- Parce que je te fais confiance.
Harry eut le souffle coupé. Si jamais il en avait douté, il était certain maintenant que Draco l'aimait.
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9 juin 2010 – Deauville
Harry s'étira paresseusement, appréciant sur son dos nu la douce chaleur des rayons du soleil qui filtraient au travers des voilages. La journée promettait à nouveau d'être belle.
Il avait excessivement bien dormi et il se sentait parfaitement reposé. A tout moment, il s'attendait à sentir les lèvres ou les mains de Draco s'aventurer sur sa peau pour le réveiller de la plus sensuelle des façons. Comme rien ne venait, il allongea le bras à coté de lui, à la recherche du corps de son amant. Son humeur s'assombrit légèrement quand il constata que sa main explorait le vide.
Peut-être était-il à la salle de bain ? Harry se concentra mais aucun bruit ne lui parvint. Tout semblait parfaitement calme.
Il se décida alors à ouvrir les yeux, lesquels lui confirmèrent qu'il était bel et bien seul dans la chambre.
Il se leva et enfila un peignoir. Une vague d'inquiétude lui noua le ventre mais elle fut bien vite balayée quand il trouva une petite note posée sur la desserte du petit-déjeuner, entre le panier de croissants et la confiture d'abricot.
L'écriture était fine, élégante, légèrement penchée vers la droite.
« Harry,
Notre activité d'aujourd'hui nécessite certains préparatifs, raison pour laquelle je me suis absenté.
Rejoins-moi à l'extérieur, devant la porte principale à 10 heures.
D'ici-là, bon appétit.
DM »
Harry ne s'offusqua pas du ton un peu impersonnel de la note. C'était Draco. Il allait à l'essentiel. Et les mots doux n'étaient pas non plus son genre… Il préférait les actes aux paroles.
Harry s'assit à table en souriant. Draco avait commandé tout ce qu'il aimait : croissant, confiture d'abricot, jus de pommes, café au lait. Mais ce qui le fit sourire encore plus était le petit vase allongé contenant un seul et magnifique lys blanc.
- Moi aussi je t'aime, murmura Harry en passant délicatement son doigt sur le pétale.
Il engloutit son petit-déjeuner avec bonheur avant de prendre une douche et d'enfiler une tenue décontractée.
A 10 heures passées de cinq minutes, il débouchait devant l'entrée de l'hôtel.
- J'ai failli attendre Potter, dit une voix traînante quelques mètres devant lui.
Draco était nonchalamment appuyé contre la portière d'une Ford mustang décapotable rouge vif, absolument sublime. Lui-même ne l'était pas moins avec son pantalon en toile couleur sable, sa chemise blanche en lin et ses lunettes de soleil.
Il fit le tour du véhicule et ouvrit obligeamment la portière passager à Harry.
- Où allons-nous ? demanda celui-ci en s'installant.
- Honfleur.
Draco s'assit au volant et mit le contact. Avant qu'il ne démarre, il se pencha sur Harry et l'embrassa légèrement.
- Je ne pense pas t'avoir déjà dit bonjour ce matin.
Il démarra sous les regards admiratifs et envieux des clients de l'hôtel et des promeneurs.
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Harry était un peu perturbé par le fait qu'ils roulaient à droite de la chaussée mais il finit par s'y faire. En prenant les départementales, ils arrivèrent à Honfleur un peu avant onze heures.
Ils commencèrent par la Côte de Grâce et le Mont-Joli avant de redescendre vers la cité médiévale. Ils se promenèrent avec bonheur dans le quartier du Vieux-Bassin et des quais Sainte-Catherine.
Ils reprirent ensuite la route à l'intérieur des terres, jusqu'à trouver un endroit un peu isolé, au sommet d'une petite colline. Draco arrêta la voiture sur le bas-côté et sortit du coffre un grand panier contenant tout ce qu'il fallait pour un délicieux pique-nique : sandwiches, salades variées et du vin blanc maintenu magiquement au frais par un sort de conservation. Ils s'installèrent sur la grande couverture étendue sur l'herbe, Harry s'y allongeant de tout son long. Encore une fois, Draco avait fait le bon choix. Harry préférait mille fois la décontraction d'un déjeuner sur l'herbe au plus chic des restaurants.
Tout en mangeant, ils parlaient de tout, évoquant même les souvenirs de Poudlard.
- En deuxième année, le soir d'Halloween, avec Ron, on est entré dans la salle commune des Serpentards, dit Harry tout de go.
- Quoi ?
- On avait pris du polynectar pour se faire passer pour Crabbe et Goyle…
- Alors, ce soir-là, quand pour la millième fois, ces deux idiots m'ont interrogé sur l'Héritier de Serpentard, c'était… toi et Ron ? demanda Draco, complètement abasourdi.
- Ouais… confirma Harry avec un grand sourire.
- Merde alors… j'ai… discuté… aimablement… avec toi… et… Weasley….
- Heu, aimablement, c'est vite dit, bougonna Harry. Je n'ai jamais compris comment ils acceptaient que tu leur parles de cette manière…
Draco haussa les épaules.
- Je me doute que ça devait te changer de tes gentils copains gryffondors, dit-il d'un ton dur. Mais c'était comme ça chez les Serpentards. On ne passait pas notre temps à se faire des mamours toute la journée… Mais ça ne veut pas dire qu'on n'était pas là les uns pour les autres. C'est ce qui nous a sauvé.
- Je…
Harry interrompit sa phrase voyant le visage fermé de son vis-à-vis.
- Je sais, dit-il simplement. Et crois bien que je regrette de ne pas avoir appris à vous connaître avant.
- Avions-nous le choix ? Cette lutte entre les Maisons existait depuis la création de l'école…
- Nous n'avons fait que nous fondre dans un système immuable, constata Harry.
- Immuable, pas tant que ça... Ils ont fini par la faire disparaître… Tu te rends compte ? Ils l'ont fermée ! Le couloir qui mène à la Salle Commune a été condamné. Ils ont brûlé les fanions, lacéré les portraits, détruit les statues !
Draco serrait les poings pour les empêcher de trembler. Ses yeux suintaient la colère et le chagrin mélangés.
- C'était ma Maison, Harry… C'était chez moi, murmura-t-il.
S'il y avait bien quelque chose qu'Harry pouvait comprendre, c'était le fait de s'être senti chez lui à Poudlard. Il serra la main de Draco dans la sienne.
- Ils pouvaient nous proscrire pour ce que nos parents et nous avons fait pendant la guerre mais ils n'avaient pas le droit de fermer la Maison. Ils n'avaient pas le droit de punir ceux qui sont venus après nous…
- Non, il n'en n'avait pas le droit.
- Si je tenais Percy Weasley, ce Directeur de pacotille, je crois que je le tuerais de mes mains… Même Ron ne pourrait pas m'en empêcher.
- Il ne le ferait pas… ça fait longtemps que les Weasley ont cessé de considérer Percy comme un des leurs.
Draco ricana brièvement.
- Arthur Weasley n'a pourtant rien empêché… Il avait le pouvoir de le faire et il n'a rien empêché ! martela-t-il.
- Je sais que ça n'excuse rien… mais Arthur n'est pas seul. Et il est mal conseillé…
- Tu as raison. Ça n'excuse rien.
Malefoy resta silencieux un moment avant d'entrelacer ses doigts à ceux de Harry.
- Parlons d'autre chose. C'est notre dernière journée ici, je voudrais en profiter.
- Alors, profitons-en, sourit Harry en saisissant la nuque de Draco et en l'attirant à lui pour l'embrasser.
Et plus encore.
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Après avoir fait disparaître les reliefs de leur déjeuner, Draco replia la couverture et la rangea dans le coffre avec le panier. Puis il lança les clés de la Mustang à Harry.
- A toi de conduire ! Moi je profite du paysage ! dit-il en s'installant déjà côté passager.
Comme Harry restait sans bouger à côté du véhicule, Draco le fixa étrangement.
- Hé bien ? Que se passe-t-il ?
- C'est que… je… jesaispasconduire…
- Quoi ? Je n'ai rien compris !
- Hm… je… je ne sais pas conduire, souffla Harry en rougissant fortement.
Draco éclata de rire en sortant de la voiture.
- C'est une blague ? Harry Potter, l'ami des Moldus, des animaux et des Poufsouffles ne sait pas conduire une voiture moldue ?
- Oh ça va ! C'est pas une tare non plus !
- Tu es trop mignon quand tu rougis…
- Je ne suis pas mignon !
- Si tu l'es !
Draco ponctua son propos d'un bisou sur le nez de Harry et lui reprit les clés des mains.
- Draco ! dit Harry en le retenant par le bras. Ne... Personne n'est au courant au Cartel… Alors, si tu voulais bien…
- Je ne dirai rien, promis. Ce sera notre grrrrrand secret, dit Draco avec emphase.
Harry leva les yeux au ciel et s'installa dans la voiture.
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Pour le retour, plutôt que de prendre les départementales, ils préférèrent sillonner les routes de campagnes, profitant de la beauté des paysages, du soleil resplendissant et du vent dans leurs cheveux.
Draco avait trouvé une station de radio qui diffusait des vieux tubes des années 50 et d'une voix grave mais très douce, il se mit à chanter avec Frank Sinatra.
I have but one heart, this heart I bring you,
I have but one heart to share with you,
I have but one dream that I can cling to,
You are the one dream I pray comes true.
My darling, until I saw you, I never felt this way,
And nobody else before you, ever has heard me say,
You are my one love, my life I live for you,
I have but one heart to give to you.
Let us tell the sea that we are making love,
Heart to heart till the end of time,
Because the sea whispers and caresses us,
So does the breeze till the time we die.
You are my one love, my life I live for you,
I have but one heart to give to you.
- Tu as une voix magnifique, commenta Harry quelques instants plus tard.
- Merci.
- Moi je chante comme une casserole…
- Est-ce une façon de me dire que tu ne me chanteras jamais rien de romantique, agenouillé en bas de mon balcon, les yeux éperdus d'amour, des trémolos dans la voix et une rose entre les dents ?
- La rose entre les dents, c'est pas pratique pour chanter… et non, tu n'auras jamais droit à la sérénade. J'ai pas envie que tu me lances des gadins. Mais je peux faire d'autres choses fascinantes avec ma bouche…
Draco fit une embardée sur la route.
- Par Salazar ! Potter !
Harry rigola et s'enfonça plus confortablement dans son siège. Il était heureux indiscutablement.
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De retour à Deauville, Draco remit la voiture à l'agence de location.
- C'est une torture de me séparer de ce petit bijou, se lamenta Draco en marchant avec Harry vers l'hôtel.
- Dis-toi que dans peu de temps, tu pourras t'en acheter une…
- C'est vrai. Sitôt que l'affaire avec Dejonghe sera clôturée, nous irons à Gringott's.
- Pourquoi attendre ? demanda Harry. Tu pourrais y aller dès demain, non ?
- Tu n'es pas là demain… Tu ne dois pas aller dans le Yorkshire ?
- Si mais… ça ne t'empêche pas de…
- Je croyais avoir été clair, coupa Draco. Nous irons ensemble à Gringott's. Et je demanderai à ce que l'argent soit transféré dans un coffre ouvert à nos deux noms… Ensuite, nous déciderons si nous faisons convertir le tout en argent moldu ou seulement une partie. Cela dépendra évidemment d'où nous voulons vivre après…
Draco s'interrompit, voyant qu'Harry n'était plus à côté de lui. Et pour cause, il s'était arrêté et regardait le blond avec les yeux écarquillés. Draco prit alors conscience de la teneur de son monologue.
- Oh Merlin… je… je n'aurai pas dû dire ça comme ça…
- Draco…
- Je suis désolé pour ce déballage. Tu dois penser que je suis en train de te proposer le mariage…
Harry haussa les épaules.
- Ça y ressemble, en effet, dit-il en souriant.
- Bon, peut-être pas le mariage, répondit Draco en shootant dans un caillou mais… de vivre avec moi… oui…
Il avait dit cela à voix basse.
- Je me rends compte que nous n'en avons jamais vraiment discuté. Je comprendrais que tu veuilles faire ta route… tout seul. Ça me tuerait mais je comprendrais. Si c'est…
- Draco…
- … ce que tu veux, dis-le moi maintenant car…
- Draco ! dit Harry en posant sa main sur sa bouche pour faire taire sa logorrhée. C'est oui. Je veux vivre avec toi.
Harry Potter était indiscutablement heureux. Définitivement.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
A suivre...
