Bonjour à tous
Je suis tout juste de retour de vacance où la connexion internet a rendu toute publication impossible.
D'un autre côté, ça m'a permis de profiter de mes enfants, de mon mari et de faire des connaissances au lieu de rester enfermée à écrire. Je dirai que ça fait du bien aussi.
J'ai adoré lire toutes vos reviews (d'ailleurs merci à vous tous) et vous voir vous demander comment Nat allait réagir. Vous allez bientôt avoir la réponse.
Une dernière chose : je reprends une publication tous les dimanches à partir de la semaine prochaine.
Bonne lecture.
Steve était sous la douche quand il sentit la présence de Bucky dans son dos.
Son cerveau redoublait d'imagination depuis quelques jours, depuis que son petit ami l'avait embrassé et qu'ils avaient été interrompu.
Il n'avait pas donné d'explication à Natasha, et cette dernière ne lui avait rien demandé. Pour le moment. Elle n'avait pas une seule fois mentionné la position dans laquelle elle l'avait trouvé. L'étonnement et l'incompréhension avaient très vite disparu de son regard, mais Steve la connaissait assez pour savoir qu'elle était déjà en train de réfléchir à comment lui faire avouer ce qui s'était passé. Il savait également qu'il n'aurait aucune chance de lui cacher qu'il avait un problème à la seconde où elle commencerait à mettre son plan à exécution.
Heureusement pour lui, elle avait dû repartir très rapidement en mission et il avait pris l'habitude de fermer sa porte à clé.
Il ne voulait pas qu'un de ses collègues tombe sur lui alors qu'il était en train de jouir, seul dans son lit, sans s'être touché une seule fois, avec juste une image conjurée par son esprit malade. Peu importe que la sensation du corps de Bucky contre le sien lui paraisse réel, amoindri, mais bien là. Peu importe que la preuve de son orgasme se trouve sur son abdomen alors que ses deux poings serrés étaient restées tout le temps accrochés à ses draps.
Cette fois encore, il n'eut besoin que de son imagination pour sentir une main en train de caresser les muscles de son ventre. Les siennes étaient toutes deux appuyées sur le carrelage de la douche. Les vêtements que Bucky portaient étaient rêches contre la peau nue de son dos. Ils n'étaient même pas mouillés. Son cerveau enregistra, comme une idée secondaire, que sa main restait sèche également, même lorsqu'elle glissait à travers l'eau qui ruisselait sur son propre corps.
Des baisers-fantômes furent déposés sur sa nuque, ses épaules, le long de sa colonne pendant que les doigts de Bucky se refermaient autour de sa verge. Il était déjà dur. Saleté de métabolisme. Saleté de sérum.
La honte, je ne devrais pas faire ça,
et la peur, ma folie empire,
et le désir, Bucky …,
et la joie, tu es là,
et la tristesse, ne me quitte pas,
et la colère, pourquoi m'as-tu quitté ?
se mélangèrent jusqu'à ce qu'il ne sache plus quoi penser, quoi faire. Il jouit quelques secondes plus tard et laissa Bucky soutenir tout son poids.
Ce ne fut que lorsqu'il fut habillé et que sa vision disparut qu'il se dit qu'une illusion n'aurait pas pu l'empêcher de tomber.
ooOoo
Natasha lui avait laissé une série d'ordres très clairs avant de décoller : une douche tous les jours, plus de vêtements sales qui traînent partout et au moins un repas à la cafétéria du complexe.
Il les suivait scrupuleusement dans un double effort pour éviter qu'elle ne mette ses menaces à exécution et la rassurer qu'il allait bien.
Même si c'était faux.
Surtout si c'était faux.
Il se dirigeait justement vers la cafeteria pour prendre son petit déjeuner lorsqu'il se fit embusquer par Natasha et Clint. Ils le dirigèrent vers une des plus petites salles de réunion, une de celles situées au sous-sol, sans aucune fenêtre et dont Steve savait qu'elle était une des rares pièces du complexe sans surveillance audio ou vidéo.
Il fut le premier à y entrer et fit presque demi-tour quand il vit que Stark les y attendait déjà. Mais la main de Nat sur son épaule l'en empêcha. Il failli se dégager. Elle était douée, mais pas au point de l'arrêter. Pas s'il acceptait de la blesser. Et d'en payer les conséquences.
En définitive, il se laissa enfermer dans la pièce avec ses trois amis, mais il refusa de s'asseoir. Son impression d'avoir à faire à un tribunal se renforça quand Natasha et Clint s'assirent aux côtés de Stark. Ils le regardaient tous les trois avec le visage fermé.
Nat fut la première à prendre la parole :
"On voulait te parler en privé. On s'inquiète pour toi."
"Je vais bien."
"Arrête de nous mentir"
Il serra les dents, mais ne répondit rien.
Elle reprit avec une voix plus douce :
"Steve, s'il te plaît."
Il croisa les bras et fixa un point sur le mur au-dessus de leurs têtes.
Ça faisait cinq minutes qu'ils étaient tous silencieux – même Tony - lorsqu'il vit Bucky apparaître dans son champs de vision. Malgré lui, son regard se détourna du mur pour se poser sur son petit ami. Le mouvement ne passa pas inaperçu, pas avec Natasha et Clint dans la pièce.
Ce fut ce dernier qui posa la question qu'il craignait depuis des jours.
"Qu'est ce que tu vois ?"
Il détourna le regard et mentit, les dents serrées :
"Rien."
Malheureusement ses yeux suivirent automatiquement son hallucination lorsque celle-ci s'approcha de lui.
"C'est des conneries, Rogers."
Clint n'avait pas l'air en colère, juste très inquiet.
Il ne put s'empêcher de saisir la main de Bucky quand il lui tendit. Il savait que personne d'autre ne le voyait, que c'était une illusion, mais la chaleur de sa peau était tellement réelle, elle lui apportait tellement de réconfort qu'il fit un pas pour s'en approcher un peu plus.
Les yeux plantés dans ceux de son petit ami, il entendit Tony demander :
"Qu'est-ce que c'est ? Qu'est ce que tu vois et touches ? Nous voulons t'aider, mais on ne sait même pas ce qui se passe. On ne peut rien faire si tu ne nous parles pas. Crache le morceau. "
Il ignorait si il voulait qu'on l'aide.
L'aider revenait à faire disparaître Bucky et, même si ce n'était qu'une illusion, même s'il n'était pas vraiment là, même sil s'enfonçait un peu plus à chacune de ses visites, il ne voulait pas le perdre à nouveau.
Cette fois, personne ne pourrait lui enlever. Sauf lui.
Il savait ce qu'il devait faire. Il n'avait juste pas envie.
Il serra la main dans la sienne de toutes ses forces et murmura :
"C'est Bucky."
Bucky attendait impatiemment de pouvoir rejoindre Steve. Il lui devenait de plus en plus simple et rapide de retourner auprès de lui après que l'obscurité l'ai ramené dans l'univers de la pierre. Il n'avait plus besoin d'autant lutter pour rester non plus, pour l'approcher, le toucher. Il arrivait même à entendre certains sons.
Il avait essayé de faire comprendre à son idiot de petit ami qu'il n'était pas une illusion, mais ce dernier refusait de le croire. Chacune de ses tentatives de lui parler de son monde, des quelques infos qu'il avait réussi à obtenir, de ses idées pour le rejoindre définitivement, se terminaient toute de la même manière : Steve se refermait sur lui-même et refusait d'interagir avec lui.
Il préférait passer leur temps de manière plus agréable.
Maintenant qu'il pouvait le toucher - et être touché - il ne perdait pas une occasion de le faire.
Sa visite de la veille s'était terminée alors qu'il venait juste de jouir dans la bouche de son petit ami et il avait quitté Steve ce matin pendant qu'il finissait sa douche. Il avait bon espoir de reprendre là où ils s'étaient arrêtés lorsqu'il apparaîtrait à nouveau.
Chacune de ses visites devenait plus tangible, réelle. Il avait presque senti l'eau sous ses doigts alors qu'il caressait la peau chaude de son amant. Il reprenait espoir. Il suffirait que quelqu'un d'autre le voit pour convaincre Steve. Et s'il arrivait de mieux en mieux à voir et entendre ce monde, l'inverse serait peut-être vrai. Il pourrait peut-être emmener Sam la prochaine fois.
C'est avec cette idée en tête qu'il tenta à nouveau de quitter son monde.
Toute sa bonne humeur disparut à la seconde où il apparut dans une pièce grises et à la lumière blafarde.
Steve était planté au milieu de la salle. Les bras croisés sur sa poitrine et le regard fixé sur le mur en face de lui. Stark, Barton et Natasha étaient assis côte à côte, eux aussi sans bouger. Tous leurs regards étaient posés sur son petit ami.
Les yeux de ce dernier se posèrent sur lui avant de retourner se fixer sur le mur.
Sa posture devint encore plus rigide et Bucky s'approcha automatiquement de lui dans l'espoir de lui apporter un peu de réconfort. Son mouvement attira à nouveau son regard dans sa direction.
Dès qu'il fut assez proche, il lui tendit la main et Steve la saisit avant de faire un pas supplémentaire vers lui. Le cœur de Bucky se serra quand il vit la tristesse et la peine dans les pupilles de son petit ami. Il voulait tellement l'aider. Mais il ne pouvait rien faire d'autre que de rester à ses côtés.
La prise que Steve avait sur sa main se renforça. Il savait que sans la barrière qui les séparait continuellement, il aurait laissé des bleus.
Ses yeux quittèrent ceux de son amant pour se concentrer sur ses lèvres lorsqu'il commença à parler.
C'est Bucky.
Il ne se retourna pas pour observer l'effet que ces mots avaient eu sur les autres occupants de la pièce. Il fixa à nouveau son regard dans celui de Steve. Ce n'était pas important. Qu'ils le croient ou pas, quelques soient leurs réactions, bonnes ou mauvaises.
Ce qui était important, c'était que Steve venait juste d'avouer qu'il le voyait, avouer qu'il avait des hallucinations. Toute cette mise en scène avait pour seul objectif de le faire parler : la pièce sans fenêtre, le pseudo-tribunal, la lumière des nénons. Tout lui indiquait que leurs amis avaient décidé qu'ils en avaient assez d'attendre et qu'ils voulaient comprendre.
Le comportement de Steve depuis quelques semaines les avait enfin assez inquiétés pour qu'ils le confrontent sur le sujet. Et cet idiot avait enfin parlé.
Maintenant, ils pourraient l'aider.
Qu'ils le croient ou pas, ils pourraient l'aider.
Plutôt que de le laisser seul dans ses quartiers, à s'enfoncer un peu plus dans la dépression chaque jour, à ruminer sa propre culpabilité, à laisser son manque cruel d'estime de soi prendre des proportions ingérables.
Quelqu'un avait dû parler derrière lui car Steve détourna le regard. Il tenait toujours sa main, comme un naufragé tient une bouée. Chacun de ses muscle était tendu lorsqu'il répondit :
Depuis le premier jour. Tous les jours.
Un silence, certainement une autre question.
Je sais. Tu étais à moins d'un mètre de lui l'autre jour.
Un autre silence. Plus long.
Il aurait pu se retourner, lire sur les lèvres de Nat ou Clint ou Stark, mais il lui paraissait plus important de garder les yeux sur Steve. Il avait l'impression que s'il le quittait du regard, ne serait-ce qu'une seconde, son petit ami disparaîtrait.
Il n'avait plus eu aussi peur de le perdre depuis des décennies, depuis que Captain America l'avait rejoint sur le front, immense et fort. Il n'aimait pas cette sensation, elle lui rappelait beaucoup trop son impuissance quand la maladie s'attaquait au corps frêle de son petit ami, menaçant de l'emporter.
Alors, lui aussi serra la main dans la sienne de toutes ses forces.
Il la serra quand Stark s'arrêta à quelques centimètres de lui.
Il la serra quand Natasha prit Steve dans ses bras.
Il la serra quand Clint lui tapa sur l'épaule.
Il la serra quand toute la tension quitta Steve.
Il la serra quand ses amis l'entourèrent, prêt à le soutenir.
Il la serra jusqu'à ce que l'obscurité l'emporte.
