Titre : L'ombre d'une sirène, dernier chapitre
Auteur : ylg/malurette
Base : FullMetal Alchemist, 1er anime
Personnages/Couple : Clara ('Psiren') et Lust
Genre : gen
Gradation : PG / K-plus
Légalité : propriété d'Arakawa Hiromu, Square Enix, studio Bones ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Continuité/Spoil éventuel : pré série
Nombre de mots : 700+
oOo
Il y eut un grand jour et il y eut un soir. Clara se réveilla à la nuit tombée, persuadée que Lust se serait évaporée pendant son sommeil. Ses mains étaient toujours attachées, mais maintenant qu'elle était en pleine possession de ses moyens, elle n'eut aucun mal à se défaire du foulard. Il n'était pas là pour la faire prisonnière, mais pour empêcher des mouvements inconscients.
Le tatouage mit plusieurs jours à cicatriser, pendant lesquels Lust ne se montra pas. Clara était certaine qu'elle avait définitivement disparu de sa vie et ne reviendrait jamais. Il lui faudrait juste un peu plus de temps pour la trace laissée sur son cœur cicatrise également, mais elle s'en remettrait bien. Ça n'était pas comme si elle avait vraiment cru qu'elles passeraient leur vie ensemble.
De toute façon elle n'en avait plus tellement envie maintenant. Elle prit son temps pour apprivoiser le tatouage et découvrir ce qu'elle pouvait faire avec. Ça n'était pas un amplificateur, à la manière dont on décrivait la Pierre dans les légendes, mais un catalyseur. Il facilitait et accélérait les transmutations auxquelles elle pouvait penser, les rendait plus précises, et lui prouvait qu'elle était capable même des plus délicates. Quel cadeau formidable c'était !
Même si elle ne l'avait pas demandé et qu'elle allait devoir le tenir secret. Une telle marque, Clara n'allait pas la laisser voir à n'importe qui, ni accidentellement ni exprès d'ailleurs. Elle allait devoir choisir ses vêtements et ses futures fréquentations avec encore plus de soir, désormais. Elle ne put empêcher une pointe de ressentiment envers Lust dont l'emprise sur sa vie allait s'étendre au-delà de leur relation.
Elle aurait pu le mettre sur son poignet, au dos de sa main, elle aurait dû surtout proposer plutôt qu'imposer. Ça gâchait un peu, par ses mauvais côtés et la façon dont tout se finissait, ce qu'il y avait eu de bien dans leur relation et y avait encore de bons côtés dans son nouveau cercle personnel.
Le cadeau d'adieu n'adoucissait pas vraiment la séparation… au contraire, il lui rajoutait encore une pointe d'amertume. Même si Clara croyait ne jamais revoir Lust, elle se rappelait à son souvenir à chaque regard tombant sur sa poitrine nue.
Elle la retrouva cependant un matin, alors qu'elle ne s'y attendait plus depuis longtemps. Assise sur le rebord de la fenêtre, plus un oiseau de nuit qu'une sirène, elle la regardait dormir. Pas d'un œil tendre, mais un peu triste quand même, montrant là le plus d'émotion qu'elle avait jamais pu lui tirer.
Clara sut immédiatement qu'elle n'avait pas changé d'avis. Elle n'était pas de retour pour rester, non. Quelque chose d'autre l'appelait ailleurs ; elle n'allait pas rester pour ses beaux yeux.
« Tu n'es pas seulement venue dire bonjour.
- Effectivement. Plutôt adieu.
- Tu t'en vas vraiment ?
- Oui.
- Encore.
- Oui.
- Pour de bon ?
- Puis-je te demander où tu vas ? »
Lust hésita un instant. Puis prit sa décision :
« À Xenotime. On y mène des recherches sur la Pierre Philosophale. »
Là-bas, à ce que comprit Clara, il devait y avoir des gens plus ambitieux et plus fous qui s'attelaient à la créer. Elle ne chercha même pas à savoir de quelle manière ils comptaient procéder. Elle ne croyait pas en leur réussite et n'avait pas besoin d'en savoir plus.
La vraie question qui brûlait les lèvres de Clara bien sûr, c'était si elle reviendrait, et quand. Mais cette question-là, elle n'avait pas le droit de la poser. Elle devait être trop amère de ce départ pour jamais souhaiter qu'elle revienne. Si c'était fini, alors, qu'elle s'en aille vite et ne revienne jamais, au lieu de faire traîner inutilement les choses !
Lust s'approcha de Clara et posa sa main, à plat entre les seins ronds. Juste sur la marque qu'elle lui avait laissée.
« Je te l'avais proposée, autrefois… cette Pierre.
- Ce qui n'existe pas ne m'intéresse pas. Si toutefois tu l'achèves… je serai ravie de venir te la prendre. »
Lust ne lui proposa pas de revenir avec, sertie sur un anneau. Elle ne lui demanda rien du tout ; sa chance était passée.
Elle l'embrassa juste une dernière fois, et disparut dans la nuit, se fondant dans les ténèbres comme une sirène dans l'océan. Libre comme l'air. À ce moment, Psiren décida qu'il était temps pour elle aussi de profiter de sa liberté.
