Arriva le Samedi, jour de la sortie dans la vile de Londres, côté moldu. Tous les élèves étaient en effervescence. Les sorciers de pure souche parce qu'ils avaient hâte de découvrir des choses inconnues et les autres parce qu'il leur tardait de faire découvrir ces choses à leurs amis. La jeune femme n'avait plus assisté à un seul de ses cours du soir avec Rogue et n'avait donc pas suivi les consignes de Dumbledore visant à lui enseigner la défense de l'esprit contre les intrusions magiques. Le professeur de potions avait fait part de sa fureur au directeur, « non mais pour qui se prend-t-elle ? Nous ne sommes pas ici à sa disposition ! ». Toutefois, le vieux sorcier était parvenu à le raisonner, en effet s'il allait la chercher pour la réprimander comme il l'avait suggéré, une autre de ses crises éclaterait et le « problème » ne serait plus un secret pour personne. Toutefois, ce jour-là, elle serait contrainte à le voir.

En effet, les sorties organisées par l'école côté moldu étaient un privilège réservé aux élèves de cinquième année ou plus, car censés être plus matures et par là même plus disciplinés. Cependant, il était indispensable qu'ils soient accompagnés par les professeurs afin de limiter les excès de certains. Trois membres du corps professoral devaient servir d'accompagnateurs lors de cette excursion : le professeur Lupin, le professeur McGonagall et pour le plus grand malheur du jeune quatuor, le professeur Rogue. Tous les élèves étaient rassemblés dans le grand hall et attendaient patiemment que les professeurs arrivent. Ils avaient surtout hâte de les voir habillés en moldus. Le vaste hall d'entrée était animé de grandes conversations, chacun donnant sa version sur ce qu'allaient porter les trois accompagnateurs. Les idées les plus loufoques étant évidemment orientées sur le professeur de potions.

Lorsque ces derniers descendirent les escaliers menant au grand hall, le silence se fit et tous les regards, curieux, se posèrent sur eux. McGonagall portait une longue jupe aux motifs écossais et un lourd pull de laine de même couleur, la jeune femme était sûre d'une chose, sa tenue était trop… moldue pour ne pas parraître suspecte. Lupin, quant à lui, n'avait guère l'air moins miteux qu'à l'ordinaire, son sweat était délavé et il portait une pair de jeans usée. Néanmoins, on pouvait au moins lui reconnaître le mérite d'avoir le look typique de la jeunesse londonienne. Et comme il fallait s'en douter, Rogue restait vêtu de noir : des pantalons et un tricot de peau noirs, le tout surplombé d'un long manteau de même couleur. A l'évidence, être habillé de la sorte l'incommodait au plus haut point. Il balaya la salle du regard mettant quiconque au défit de se permettre une réflexion déplacée. Son regard assassin se posa sur la jeune femme et ses yeux se plissèrent jusqu'à ne former plus que deux fentes. Elle rougit violemment, elle avait la très nette impression que s'il avait pu traverser la salle pour venir la gifler, il n'aurait eu aucun remords. Un long frisson parcourut son échine avant qu'elle ne détache son regard du sien. Le professeur de Métamorphoses prit la parole.

- Silence, s'il vous plaît ! Nous allons séparer les élèves en trois groupes pour faciliter nos déplacements. Le groupe un viendra avec moi, le groupe deux sera pris en charge par le professeur Lupin, et le troisième sera celui du professeur Rogue. Rappelez-vous qu'il ne s'agit pas du village de Pré-au-Lard, faîtes donc particulièrement attention à n'avoir en aucun cas recours à la magie. Il est inutile de vous rappeler qu'il est également préférable de constituer de petits groupes afin d'éviter d'éventuels ennuis, ne vous éloignez jamais de votre groupe sous aucun prétexte !

Quand elle eut terminé de faire l'appel, les élèves furent répartis dans les trois groupes. La jeune fille se retrouva ainsi que ses trois amis dans celui de McGonagall. Une heure plus tard, ils se retrouvaient dans un centre commercial de boutiques moldues de toutes sortes. Nombre d'élèves issus de familles de sorciers n'avaient jamais mis les pieds dans ce genre de lieux, et s'étonnaient à chaque pas. Ron comptait parmi eux. Hermione passait le plus clair de son temps à essayer de calmer ses réactions en criant à pleins poumons qu'il lui faisait honte et qu'il n'était pas sortable. Il était sidéré en passant devant une boutique de photographie, de voir qu'aucun des protagonistes ne bougeait. Il se mit à insulter l'un d'entre eux guettant ses réactions. Voyant qu'il ne réagissait pas il donna un coup sur la vitrine qui protégeait les clichés. Tous les passants se retournaient sur lui, tenant des propos du style : « complètement fou », ou encore « quelle jeunesse ! ». Mortifiée par l'attitude de son ami, Hermione se dirigea vers lui et une dispute éclata tandis qu'Elodie et Harry, observant la scène d'un peu plus loin, se tenaient les côtes.

- Nous disposons d'encore trois heures avant de devoir rejoindre tout le monde devant l'entrée. Qu'est-ce que voulez faire ? demanda Hermione qui venait de lever le nez de sa montre.

- Moi j'aimerais bien aller voir à quoi ressemblent les jeux des moldus, dit Ron

- Mais enfin Ron, quel âge as-tu ? soupira la jeune fille. Et puis, tu sais, je doute que tu les trouves très amusants !

- Mois, je suis Ron, dit Harry avec entrain. Je suis sûr que je vais bien rigoler !

- Bon, je me vois obligée entant que Préfète en chef de veiller sur cette bandes de gamins de quatre ans.

Le rouquin ne releva pas le sarcasme, il était bien trop excité.

- Moi, je vais à la librairie, dit la jeune fille brune, il y a un livre que je veux m'acheter. Je vous rejoins de suite, je n'en ai pas pour longtemps, ajouta-t-elle en voyant l'expression sévère du visage de son amie.

- D'accord, dit finalement Hermione, résignée, alors on se retrouve devant le café dans une heure.

- Okay, à plus !

Elle s'éloigna de ses amis, se dirigeant vers la librairie. Le lieu était étrangement sombre et désert. Elle s'arrêta devant un rayon et après avoir cherché un moment avec son doigt, trouva le livre qu'elle voulait. Elle s'installa et commença à lire l'ouvrage. Au bout de quelques minutes, elle entendit des bruits de pas rompre le silence si paisible qu'il en était inquiétant. Elle fronça les sourcils sans lever le nez de son livre, concentrée sur la provenance de ces gêneurs. Bientôt, elle fut étonnée d'entendre des voix familières, des voix particulièrement désagréables à ses oreilles.

- Tiens, tiens !

Elle releva la tête et eut un haut le corps en reconnaissant la fille qui se tenait devant elle. D'origine arabe, les yeux d'un gris marron, elle était entourée de trois garçons de son âge. Comment aurait-elle pu oublier cette fille qu'elle ne connaissait juste que de vue et des altercations qu'elle avait provoqué dans les couloirs de son ancien établissement scolaire ? La haine qu'elle lui vouait semblait être gravée dans sa chair. Auparavant, elle se contentait de proférer des menaces qu'elle ne mettait jamais à exécution, histoire d'attirer l'attention sur elle. Elle était suffisamment pauvre d'esprit pour avoir recours à ce genre des procédés. Toutefois, là, les données étaient sensiblement différentes… sensiblement, oui ! A quatre, dont trois garçons à la carrure de Crabbe et Goyle contre elle seule, il n'était pas bien compliqué d'établir les justes pronostics sur l'issue de cet affrontement. La jeune femme se leva du pouf sur lequel elle s'était assise pour leur faire face. Il était certain qu'à ce moment précis, la peur envahissait petit à petit son être, comme les poisons qu'elle avait classés sur les étagères du professeur de potions. Il fallait aussi avouer, que déjà au collège, cette fille avait commencé à renflouer un casier judiciaire qui devait être d'une épaisseur plus que respectable maintenant. Elle regarda tour à tour les acolytes de cette intruse qui était si impunément venue troubler sa tranquillité. Ils étaient trop nombreux, un seul n'aurait pas posé beaucoup de problèmes, elle-même était assez bagarreuse lorsque la situation l'imposait et elle ne se défendait pas plus mal qu'un garçon, mais là… Elle avait horreur de devoir ravaler son orgueil contre des personnes qu'elle méprisait autant et contrairement à ce que quelqu'un de censé ferait dans une telle situation, elle, ne savait que se montrer arrogante à l'extrême.

- Une librairie était le dernier endroit où je pensais te trouver, laissa-t-elle échapper !

C'était plus fort qu'elle.

- Tu trembles ! se contenta de répondre la fille à la peau cendrée. Tu as peur ? demanda-t-elle d'un ton faussement amical avec un sourire de satisfaction sur les lèvres.

- C'est ton odeur qui me répugne ! Tu dégages une odeur pestilentielle de pourriture. Dit-elle en se couvrant le nez de sa manche.

Mais elle dut s'avouer qu'elle avait raison, elle avait peur, et ses tremblements n'étaient en aucun cas dus au froid hivernal qu'il faisait dehors.

- Regarde-toi ! Tu vas mouiller ta culotte si tu continues ! Avoue que t'es morte de trouille ! Quelle lâche tu fais !

C'en fut trop.

- Moi, lâche ?

Cette fois, c'était de fureur qu'elle tremblait.

- Tu viens me trouver alors que je suis seule et accompagnée de trois gros crétins pathologiques, et tu as le culot de me traiter de lâche ?

Les trois garçons se lançaient des regards interrogateurs en clignant bêtement des yeux, comme s'ils n'avaient pas compris à qui l'insulte s'adressait, ils semblaient chercher lesdits « crétins » des yeux.

- Ferme-là !cria l'autre en poussant la jeune sorcière vers l'étagère contre laquelle elle se cogna rudement. ( ça y est le combat des chiffonnières commence, 2 euros l'entrée ! )

Elle se redressa, bien décidée à porter le premier coup. Quitte à en prendre, autant en donner. Elle s'avança vers la jeune moldue, et lui asséna un solide coup de poing à travers la mâchoire. Cette dernière tituba avant d'être rattrapée par un de ses camarades. Elle se massa quelques secondes le menton, un fin filet de sang s'écoulait le long de sa lèvre ouverte.

- Ordure ! Tu vas ma payer ça très cher ! Attrapez-là !

Deux des garçons s'approchèrent dangereusement d'Elodie. L'un deux lui agrippa le bras, elle mordit sa main et il se mit à hurler.

- Sale garce ! rugit-il. ( nous savons tous qu'en temps normal, personne n'est aussi poli dans une situation de ce style, enfin, tout du moins, moi pas ! )

Du revers de la main ,il lui envoya dans le visage un coup d'une telle violence, qu'elle s'écrasa au sol. Elle tenta de se relever rapidement, mais ses yeux étaient embués par la douleur. Deux en profitèrent pour se ruer sur ses bras tant qu'elle était à terre et le troisième, après avoir reçu un coup de pied dans la figure, parvint à lui immobiliser les jambes. La fille se mit à cheval au-dessus d'elle et tira un canif de la poche arrière de son jean. Le cœur de la jeune femme manqua un battement, la panique l'envahit. Elle se retrouvait immobilisée dans un lieu désert et isolé de tous avec une folle furieuse sur elle, qui regardait sa lame avec une véritable lueur de démence dans les yeux. C'était un cauchemar, que tout s'arrête ! « S'il vous plaît, quelqu'un, que tout s'arrête ! » Son agresseur lui plaqua fermement une main contre la bouche et cingla d'un coup sec le torse de l'étudiante. Elle étouffa un cri dans la main de son bourreau. Elle commençait vraiment à craindre pour sa vie, elle n'était même plus en mesure d'appeler au secours à présent. Dans une convulsion de douleur, Elle réussit à libérer son bras gauche et sa main vint gifler formidablement la fille qui tomba à la renverse. ( et c'est reparti pour un tour :p). Elle se releva, sa tête tournant atrocement, et voulut s'enfuir, mais une poigne brutale la plaqua contre l'étagère, que sa tête heurta violemment laissant échapper un filet de liquide pourpre le long de sa tempe.

- Attend, on a pas encore fini, on fausse pas compagnie comme ça aux convives d'un aussi grand festin.

Elle sentit à nouveau la lame trancher sa peau, juste entre ses omoplates et s'effondra par terre. Elle reçut un coup de pied dans le ventre, sa vision se troubla un peu plus, quelque chose cogna l'arrière de sa tête, ses yeux se remplissaient de larmes. Elle ne discernait presque plus les insultes qui fusaient en tous sens, même la douleur due aux coups incessants, se faisait moins pénible, elle ne sentait presque plus les baskets s'enfoncer avec acharnement dans les différentes parties de son corps. Puis… plus rien… son champs de vision s'obscurcit. Alors qu'elle pensait avoir sombré dans le doux réconfort de l'inconscience, un éclair vert d'une lueur intense, les cris déchirants d'une jeune fille, ainsi qu'une voix soyeuse non loin d'elle, la ramenèrent peu à peu à la réalité. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle disait. Soudain, une haute silhouette sombre s'accroupit devant elle, elle n'en distinguait que les contours. Elle la saisit brusquement par les épaules et la redressa, assise contre l'étagère. Sous le choc, et la douleur de son dos tailladé, ses yeux se désembrumèrent et elle reprit entièrement ses esprits. L'homme, qui se tenait à ses côtés, dos à elle, la maintenait toujours fermement par les épaules et parlait aux quatre adolescents d'une voix sifflante et glaciale.

- Si comme votre camarade, l'un d'entre vous souhaite connaître les joies infinies que procurent les sortilèges impardonnables, je me ferais un devoir de le satisfaire !

Elle ne fut pas longue à reconnaître cette voix suave et effrayante à la fois, c'était celle de Rogue. Elle détourna la tête pour apercevoir les autres et vit la fille à terre, animée de convulsions, les trois garçons tout autour. Ils semblaient avoir vu le diable. Après avoir lancé des regards remplis de terreur au professeur de potions, ils s'en furent, leur amie sur leurs épaules. Ce sort… un sortilège impardonnable avait-il dit… le Doloris ! Ca ne pouvait être que celui-là. Mais pourquoi aurait-il usé d'un sort passible d'un emprisonnement à vie à la prison d'Azkaban sur une moldue ? Même en étant très énervé, ce qui était le cas la plupart du temps, rien ne justifiait un tel acte. Elle fut interrompue dans sa réflexion par une voix furieuse.

- QU'EST-CE QUI VOUS A PRIS DE VOUS SEPARER DE POTTER ET SES AMIS ? lui hurla-t-il à la figure.

Surprise par la raideur de la question et encore trop secouée pour réfléchir avec cohérence, elle lui répondit avec effronterie :

- Je pensais que ça vous ferait plaisir !

- Pourquoi ne pas vous être défendue ?

- La magie est interdite à l'extérieur de l'école chez les sorciers de… commença-t-elle.

- Je connais parfaitement le règlement ! l'interrompit-il.

- Vous n'êtes plus si à cheval sur les règles ? ironisa-t-elle.

- TAISEZ-VOUS ! Vous rendez-vous compte de qui aurait pu vous arriver si vous n'aviez pas eu la chance que je passe dans les environs.

Ca lui faisait mal mais, il avait raison, s'il n'avait pas été là et qu'il n'avait pas jeté ce sort au splendide effet dissuasif…

- C'était… le Doloris ? demanda-t-elle d'une voix faible.

- Ce ne sont pas vos affaires, Merson ! Vous avez l'air d'oublier que vous me devez la vie.

En temps normal, elle aurait vociféré qu'elle n'avait aucune dette envers lui et qu'elle ne lui avait jamais demandé d'intervenir. Seulement, il était intervenu, et cela faisait toute la différence. Elle répugnait à le faire, mais elle n'avait pas le choix, ravaler sa fierté et le remercier était la moindre des choses qu'elle pouvait faire. Après tout, elle ne pensait pas en réchapper vive. Et puis, s'il s'agissait bien du Doloris, Dieu seul savait ce qu'il était en état de lui faire si jamais elle ne lui accordait pas un minimum de considération.

- Mer…

- Debout ! coupa-t-il sèchement en se relevant lui-même.

- Pardon ? dit-elle, prise de court.

- Je vous ai dit de vous lever !

Sous le regard meurtrier du professeur de potions, elle fit une tentative infructueuse pour se remettre sur ses jambes : ses muscles étaient trop endoloris pour lui permettre de se relever. Il lui fut impossible de quitter le sol.

- Que s'est-il exactement passé ici ? demanda-t-il les sourcils froncés.

Elle aurait voulu ne pas être obligée de répondre à la question. D'après ce qu'il avait déjà pu voir dans son esprit, il aurait dû être capable de trouver la réponse sans son aide. Il savait qu'elle non plus n'était pas des plus appréciés dans son ancien établissement scolaire.

- A l'évidence, ces gens vous connaissaient, ironisa-t-il.

- Très perspicace professeur ! répondit-elle irritée.

Elle savait que lui parler ainsi n'attiserait qu'un peu plus sa colère, mais elle se sentait tellement humiliée, que sa dernière arme contre le ridicule semblait être l'agressivité. Cependant, elle était bien loin de déstabiliser Severus Rogue. C'était comme si lui aussi était capable de ressentir ce qu'elle vivait en cet instant, ce qui après tout aurait pu paraître logique quand on savait que lui non plus n'avait pas connu une scolarité des plus agréables. Pourtant, d'ordinaire, il ne se serait pas gêné pour lui envoyer une de ces remarques cyniques, mais là, rien ! Peut-être s'abstenait-il à cause de ses blessures… mouais…peu probable tout ça ! Et puis, pourquoi avoir utilisé un sortilège impardonnable sur des moldus ? Ca faisait beaucoup d'interrogations et d'hypothèses. Elle fut sortie de sa réflexion par la voix de velours sur acier.

- Tournez-vous !

- Pardon ?

- Vous êtes vraiment exaspérante à toujours me faire répéter les mêmes choses, siffla-t-il acerbe. A croire qu'il faut que l'on vous répète tout plusieurs fois pour qu'une once de compréhension transperce votre épaisse chevelure !

- Eh mais…

- Tournez-vous ! réitéra-t-il.

Voyant qu'il n'avait vraiment pas l'air de plaisanter, elle s'exécuta et lui présenta son dos. Elle l'entendit réciter une formule qu'elle ne connaissait pas.

- Qu'est-ce que c'était ? interrogea-t-elle.

- Je dissimule cet endroit par un sortilège, il vaut mieux que personne ne nous surprenne ! répondit-il d'une voix aigre, en faisant brusquement passer les cheveux de la jeune fille devant sa poitrine pour dégager son dos.

Elle sentit ses joues s'empourprer et son cœur se mettre à battre anormalement vite. Qu'est-ce qu'il avait voulu dire par là ? Et pourquoi passait-il la main sur son dos ? Qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Même lui devait entendre les battements de son cœur. Cependant, il restait imperturbable, continuant lentement sa progression entre les omoplates de la jeune fille. Une vive douleur lui transperça le corps lorsqu'il posa sa main au niveau de l'entaille de sa chemise, elle poussa un petit cri suraigu et sursauta. Elle se mit à trembler et sa main s'immobilisa.

- Enlevez votre chemisier !

- Quoi ? s'écria-t-elle en rougissant se retournant vivement vers lui.

Les yeux du maître des potions se plissèrent, il commençait à sérieusement perdre patience. Il commença à déboutonner brusquement le vêtement. Elle, restait interdite à regarder les mains de l'homme qui s'affairaient avec une agilité extrême. Il écarta d'un coup sec les deux pans de la chemise et ses sourcils se froncèrent davantage lorsqu'il aperçut la deuxième entaille. Il lui lança un regard interrogateur comme s'il attendait d'autres explications. Aucun son ne pouvait sortir de sa bouche, elle semblait avoir atteint le seuil de rougeur maximal. Dans un instant de prise de conscience subit, elle arracha les deux pans du vêtement des mains du professeur de potions et les rabattit avec brusquerie sur sa poitrine. Il ne dit rien en contestation, ce qui l'étonna énormément. Elle le vit sortir une petite fiole de la taille d'un doigt, d'une poche interne de son manteau.

- Ouvrez votre chemise ! dit-il calmement en détachant chaque syllabe.

Résignée, et n'ayant guère d'autre choix, elle lâcha les deux pans de son chemisier qui se rouvrit aussitôt. Il le fit glisser le long de ses épaules d'un geste tout aussi brusque que les précédents. Elle commençait à trembler et à avoir la chair de poule, son corps entier était parcouru de frissons. Son visage était écarlate à présent et ses mains moites. Il ouvrit la fiole dont le contenu commençait à fumer.

- Penchez-vous en avant il faut que votre dos soit plat.

Elle ne posa pas de questions et s'exécuta. Un peu gênée tout de même, elle s'agenouilla et se pencha en avant de manière à ce que son dos soit aussi plat qu'une planche.

- Dégagez vos cheveux ! siffla-t-il la voix méprisante.

Elle tira sa longue chevelure brune sur sa poitrine, lui présentant ainsi son dos roué de coups et une plaie d'une vingtaine de centimètres qui barrait son dos d'une omoplate à l'autre. Elle sentit comme un léger courant d'air lorsqu'il se pencha sur elle, et bientôt, un liquide chaud sur la plaie. La potion la brûlait horriblement, elle voulut se redresser mais il la réprimanda, exerçant une pression sur son épaule.

- Ne bougez pas ! Le remède est liquide, si vous vous levez, il va couler et être inefficace. Je n'ai pas l'intention de vous laisser gaspiller cette potion, d'autant plus qu'elle est particulièrement pénible à préparer ! cingla-t-il.

Elle sentait sa peau brûler et tirer horriblement, comme pour recoller les chairs, et puis plus rien. La douleur s'était évanouie.

- Retournez-vous ! ordonna-t-il brusquement.

Elle se redressa et se tourna vers l'homme en noir. Sa chemise était restée accrochée à ses poignets, en bas de son dos, sale, déchirée et remplie de sang.

- Couchez-vous sur le dos ! Il faut que je soigne celle de devant maintenant !

Elle se coucha, son dos entrant en contact avec le parquet froid. Elle retint un tressaillement. Elle avait la désagréable impression d'être une crêpe que l'on retournait pour l'assaisonnement. Il pencha son visage juste au-dessus de la poitrine féminine, qui ne pouvant se sentir plus gênée qu'en cet instant, priait pour que rien n'ait l'idée de sortir de son soutien-gorge. A nouveau, il versa le contenu du flacon sur la blessure qui se résorba presque aussitôt, en ne laissant derrière elle rien d'autre qu'une marque rougeâtre. Elle se redressa. Une question trottait dans sa tête : il la haïssait respectueusement, alors…

- Pourquoi m'avoir soignée ? demanda-t-elle.

- Parce que, petite sotte, si les plaies n'avaient pas été refermées de suite, elles n'auraient pas pu l'être du tout ! Et ceci ne devait en aucun cas vous servir de prétexte pour manquer davantage de cours que vous ne le faîtes déjà.

Piquée au vif par la remarque acerbe, elle préféra baisser la tête plutôt que de répondre à cet affront. Une pensée la traversa alors ; elle n'avait rien ressenti émanant de Rogue. Elle se mit alors à le fixer sans s'en rendre compte, le détaillant sans retenue.

- Prévenez-moi quand vous aurez terminé, fit-il cassant.

Elle ne tarda pas à comprendre l'allusion, et tout à coup consciente de l'insolence de son comportement, se mit à rougir violemment.

- Pardon ! bredouilla-t-elle.

- Donnez-moi votre chemisier.

- Pourquoi ? interrogea-t-elle.

- Cessez de toujours poser des questions idiotes ! Vous préférez sortir d'ici en guenilles ?

Elle l'enleva complètement et lui tendit le vêtement maculé de sang, qui ressemblait maintenant à un bout de chiffon.

- Reparo ! siffla-t-il, sa baguette pointée sur la pièce de tissus.

Aussitôt la chemise fut réparée même si les tâches étaient toujours bien présentes. Elle réalisa qu'il lui aurait aussi été possible de faire disparaître le sang mais elle n'osait pas le lui demander. De toute manière il avait dû faire exprès de les laisser en évidence, pour qu'elle se fasse réprimander publiquement, une fois le groupe rejoint. Il lui rendit le vêtement.

- Merci Monsieur. Chuchota-t-elle.

- Ne me remerciez pas Merson, vous n'aviez pas à vous éloigner de votre groupe !

- P…pardon…

Elle se retenait à grand peine de pleurer (l'influence Clamp sans doute), elle ne voulait pas craquer devant lui.

- Vous excuser ne rendra pas à votre maison les cinquante points que je lui retire !

Ben voyons, il fallait qu'on y vienne. Elle fut simplement étonnée qu'il ne l'aie pas fait plus tôt. Dans sa voix, la jeune fille percevait davantage de colère que de mépris. Bizarrement, cela la réconforta un peu. Cependant, quelque chose d'autre la tracassait : pourquoi n'avait-elle pas ressenti ce qu'elle éprouvait d'habitude en sa compagnie ? Elle se rappela alors ce que lui avaient dit Dumbledore et Hermione : si elle arrivait à percer les émotions de cet homme malgré le bouclier que le vieux sorcier avait dressé autour d'elle, c'était uniquement parce qu'elle le voulait. Or au moment de son agression, elle était davantage concentrée sur sa propre personne que sur celle de Rogue.(cette fille est un extrait d'égocentrisme concentré ) Ou plutôt, ça ne lui avait même pas traversé l'esprit, car maintenant qu'elle y repensait, elle aurait bien aimé savoir s'il s'était senti aussi gêné qu'elle. Elle se gifla intérieurement ; un homme dont les gestes étaient aussi froids et précis en de telles circonstances, ne pouvait rien ressentir de tel. Néanmoins, il l'avait soignée, et ça, elle ne se l'expliquait pas. Peut-être voulait-il qu'elle soit en parfaite santé lorsqu'elle passerait entre les mains de McGonagall pour se faire massacrer à nouveau. Mais elle n'eut pas le loisir de pousser sa réflexion plus avant, la voix de velours sur acier tonna à nouveau.

- Dépêchez-vous !

Un long silence s'installa alors qu'elle remettait son chemisier avec difficulté, ses mains tremblant atrocement. Quelque chose l'intrigua.

- P…professeur, dit-elle la voix chevrotante, comment… m'avez-vous trouvée ?

- La tête en l'air que vous êtes n'a pas remarqué ma présence dans la librairie en arrivant. Par la suite, j'ai vu que les personnes qui étaient rentrées derrière vous ne revenaient pas… simple curiosité!

- Vous… vous étiez déjà là quand je suis rentrée ? Mais… vous lisez des ouvrages moldus ? réalisa-t-elle alors.

- J'étudiais simplement jusqu'où pouvait aller leur imbécillité à travers la littérature… simple curiosité ! répéta-t-il en fronçant les sourcils.

Elle était stupéfaite, elle aurait juré qu'il avait éprouvé le besoin de se justifier comme s'il avait été pris dans une position particulièrement embarrassante.

- Vous avez fini ? lança-t-il froidement.

Elle pensa que pour Rogue la colère était le seul sentiment qu'il était capable d'exprimer avec sincérité.

- Pressez-vous un peu Merson ! Nous devons avoir rejoint le reste du groupe dans quelques minutes !

- J'arrive !

Alors c'était comment ? Si vous avez des questions ou que vous voulez savoir d'autres trucs n'hésitez pas ! je vais essayer prochainement de publier sur une des pages un dessin de ma fic que j'ai fait et qui vous donnera un avant goût de la deuxième saison (problème, je sais pas comment on fait). J'en profite aussi pour remercier tout particulièrement Jwulee qui est trop mignonne, elle me laisse tout plein de reviews à chaque chapitre et c'est d'ailleurs la seule ! grrrrrrrr. Merci beaucoup à toi, ça m'encourage beaucoup pour continuer à taper la suite parce qu'il faut savoir que toute la première saison est déjà écrite et que pour le moment ma fic comporte plus de 460 pages, alors quand on sait que je n'en ai même pas tapé 100 !

Bon gros kissous ! Et please REVIEWS !