Ichigo : Oh, la fin n'est pas si rude que ça, crois moi x) T'inquiète pas, je voulais que les relations entre Abby et Madara soient ambiguës ! 16 chapitre en tout alors oui, la fin arrive mais ne t'en fais pas, tout ira bien :)

anglof-shadows : Héhé, tu sais, Kyubi n'est pas assez utilisé, à mon avis, dans les fics ! alors je voulais lui donner une petite place ^^


Abby et Kyubi se jaugèrent un instant avant que le démon s'étire à la manière d'un félin, se couche et demande :

- Qu'est ce qu'il se passe pour que le vieux Madara m'invoque dans cette forme ?
- J'ai besoin de devenir plus forte.
- Pourquoi ?
- Je ne veux pas parler avec toi Kurama, tu dois m'entrainer.
- Et tu sais que je ne le ferais que si tu réponds à mes questions. C'est comme ça que ça fonctionne. Et puis, depuis la défaite que tu m'as infligée, la dernière fois, je n'ai plus spécialement envie de t'aider.
- Tu nous as attaqué !
- Et ton petit ami était là pour te protéger, oui. Mais où est-il maintenant ? Tu es de nouveau seule, Abby ?

Un sourire malicieux sembla étirer les lèvres du renard mais Abby fronça les sourcils et murmura :

- Je ne serais jamais seule. Pas tant qu'il croira en moi.
- Madara est dépassé, tu le sais aussi bien que moi. Il t'aurait entrainé lui même si tu n'étais déjà pas plus puissante que lui.
- Ne dis pas n'importe quoi, il est ..
- Vieux. À son âge, il se ferait tuer en quelques minutes sur le champ de bataille. Je les entends, tu sais ? Les combats .. Tu veux les entendre, toi aussi !?
- Non ..
- Allez, un petit extrait, juste pour que tu te rendes compte de ce que tu vas devoir faire à ton précieux petit Tobi …

Abby posa les mains sur ses oreilles, même si elle savait que c'était inutile et ferma les yeux en entendant des cris de peine et de douleur résonner dans son esprit. Kyubi, dont le chakra s'étendait sur des kilomètres, pouvait, grâce à une sorte de télépathie, le lui faire écouter comme si elle se trouvait au champ de bataille et il se délectait de la voir souffrir.
Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'Abby avait une nouvelle motivation. Sauver Tobi. Le sauver des ténèbres qui l'entouraient et elle refusait d'échouer comme Naruto avait échoué avec Sasuke.
La jeune femme enclencha son bouclier, pour repousser l'intrusion du démon dans son esprit et celui ci grogna :

- Encore cette technique pathétique.
- Pathétique ou non, elle m'a sauvée, la dernière fois.
- Voyons combien de temps tu arrives à la tenir, dans ce cas.

Avant qu'elle puisse réagir, une des énormes pattes du renard s'abattit sur elle et la cloua au sol sous son bouclier. Kyubi enfonça ses griffes monstrueuses dans la terre, afin de l'empêcher de le repousser et murmura :

- Je vois .. Il consomme ton chakra en fonction des dégâts qu'il doit arrêter. Tu vas devoir améliorer ça si tu ne veux pas être vidée en une attaque. Allez, en position de méditation.
- Avec .. toi ? C'est comme ça que tu as pu me posséder, la dernière fois !
- Mon chakra te guidera.

Il la libéra, l'air désabusé et elle se releva, s'approcha de lui et s'installa sur sa tête, parfaitement entre ses oreilles tandis qu'il s'allongeait pour se laisser plonger dans une transe profonde. Le coeur lourd et pas rassurée, Abby ferma les yeux en posant les mains sur ses genoux et commença à ralentir sa respiration, jusqu'à ce que les battements de son coeur ralentissent pour se caler sur ceux de Kurama. C'était risqué, mais c'était le seul moyen et elle le savait.

De son côté, Tobi attendait depuis des heures dans un repaire sordide, sous une montagne. Il avait cherché pendant des heures mais il en était persuadé, Orochimaru se cachait quelque part par là.
Son coeur battait fort dans sa poitrine et le chaos qui régnait dans son esprit l'empêchait de réfléchir correctement. Il savait qu'il avait été vu, il avait fait exprès afin qu'on ne le poursuive pas et il allait être nommé déserteur à Konoha et dans tout le pays du Feu. À côté de ça, il était sur le point de s'allier avec les forces alliées ennemies.
Entre deux pensées négatives, il revoyait le visage du petit Haiko, son air ingénu et son regard pétillant. Il était père, depuis tant de temps et pourtant, il n'en avait jamais eu le moindre indice. Et il n'avait jamais vu le petit à l'école, tandis qu'Abby n'en était jamais sortie, à part pour leur mission. Et puis .. Il avait été tellement stupide de ne pas l'avoir compris dès qu'il l'avait vu. Avoir compris que ce petit bout de chou, ce mini clone de lui même était le sien. Pire, les dates concordaient parfaitement avec la nuit passée avec Abby, sans parler de la « maladie » qu'elle avait évoquée quand elle lui avait parlé de son apprentissage.
Était-il alors si stupide ? Pourquoi est ce qu'Abby ne lui avait rien dit plus tôt ? Abby ou son père, d'ailleurs ! Madara aurait dû lui dire, promesse ou non. Briser les promesses n'avait jamais été un problème dans la famille et Tobi le savait. Il avait promis de protéger son pays, en entrant à l'école, de toujours faire passer les intérêts de Konoha avant les siens et combattre l'ennemi, quelque soit son visage et pourtant, il était là, prêt à s'allier avec eux.
Il avait promis à Abby qu'il serait là à son réveil. Et s'il était resté ..
Non, il ne devait certainement pas penser à ça. Il avait eu raison de partir, la preuve, elle avait tellement peu confiance en lui qu'elle ne lui avait pas parlé de son fils. De leur fils.
Au bout de quelques minutes de réflexions infructueuses, la porte de la petite pièce où il se trouvait s'ouvrit pour révéler un visage qu'il n'aurait jamais oublié, celui de son cousin, Sasuke.
Celui ci avait été le meilleur ami de Naruto jusqu'à sa désertion et malgré les efforts du blond pour le sauver, Sasuke avait toujours été inatteignable, en quelques sortes, et d'après Madara, il était aussi têtu que son père, bien que celui ci n'ait pas eu le temps de changer de camp, tué par son ainé.
Sasuke était, physiquement, un Uchiha typique. Des cheveux noirs, des yeux ébènes et une plastique plus ou moins agréable.
Quant Tobi releva les yeux vers lui, ils restèrent un instant à se regarder, avant que Sasuke ait une sorte de sourire arrogant et dise :

- On savait que tu finirais par venir.
- Ne dis pas n'importe quoi.
- Les Uchiha sont voués à la haine, ceux qui le contestent sont stupides.
- Je ne suis pas là pour discuter avec toi. Où est Orochimaru ?
- En chemin. Il s'occupait d'une affaire urgente mais quand on l'a prévenu que tu étais venu nous trouver, il a fait demi tour. Il ne devrait plus tarder. Suis moi.

Sans montrer la moindre peur, Sasuke tourna le dos à son cousin et sortit de la pièce, le laissant le suivre.

Ils longèrent plusieurs couloirs, passèrent devant des portes aux allures sinistres jusqu'à arriver dans un grand bureau ne possédant qu'une table recouverte d'une carte du pays du Feu. Tobi y jeta un coup d'oeil discret, mémorisant, sans le vouloir, les prochaines cibles des nations alliées contre Konoha avant de relever les yeux vers l'ombre qui se tenait au fond de la pièce.

Il eut un léger mouvement de recul en voyant la personne s'approcher, et ses mangekyo sharingans éternels s'activèrent sans qu'il puisse les cacher. À l'instar de leur version inférieure, ceux là ressemblaient toujours à des spirales, mais les branches de celles ci étaient plus étroites et le rouge de ses yeux semblait plus sombre, dans un sens.
Devant lui ne se trouvait pas Orochimaru, comme il l'avait pensé mais Kabuto, l'homme connu pour être son assistant et surtout, pour avoir trahi Konoha en délivrant la positions de tous les centres médicaux à l'ennemi. Ainsi, des frappes chirurgicales avaient eu lieu un peu partout et une grande partie des médics du Pays du feu avaient été tuée. Pire, même si Tobi avait pu le reconnaître, l'homme ne ressemblait plus du tout à ce qu'il avait pu être par le passé.
À part ses cheveux gris et ses lunettes rondes, son visage semblait porter les mêmes caractéristiques que celui d'Orochimaru. Sa peau était blanche, très blanche, ses yeux entourés de violet et derrière lui dardait une sorte de serpent qui semblait sortir de sous sa cape.
Un sourire victorieux étira les lèvres de Kabuto et il siffla :

- Surpris, Tobi ?
- Où est Orochimaru !?
- Devant toi.
- Non, je l'ai vu sur le champ et ..
- Tu as vu l'Edo Tensei. Orochimaru est mort depuis des années, mais je ne crois pas que ce soit la raison de ta visite, je me trompe ? Bien. Alors comme ça, tu as décidé de trahir ton cher père ? Je suppose qu'il ne va pas du tout aimer.
- Je m'en fous.
- Dans ce cas, dis moi quels sont tes objectifs.
- Détruire Konoha.

Et ainsi détruire tout ce qui avait pu compter pour lui. Effacer son passé comme on efface une ardoise. Pour arrêter de souffrir.
Kabuto observa un instant sa nouvelle recrue mais la haine que le gamin ressentait était tellement authentique qu'il ne pouvait douter de ses intentions.
Cependant, Tobi murmura :

- Je n'ai qu'une condition. Je veux tuer une personne en particulier.
- Qui ?
- Abigaïl.

Cela faisait à présent trois jours qu'Abby méditait, sur la tête de Kyubi qui en profitait pour lire son coeur. C'était un des avantages qu'il pouvait retirer de la situation et, durant leur entrainement, quelques années plus tôt, c'était de cette façon qu'il avait réussit à la corrompre. Sauf qu'à ce moment là, elle était tellement plus faible qu'à présent. Elle venait d'accoucher et de perdre son enfant, dans un sens, n'ayant jamais pensé que la séparation serait aussi difficile.
Que là, ça faisait trois jours qu'il remuait sa volonté avec toutes la force dont il était capable et qu'il ne trouvait pas la moindre faille. Elle voulait sauver Tobi et elle ne doutait pas. Elle y arriverait et en était persuadée.
À côté de ça, ces attaques répétées à son système nerveux et qu'elle soit entourée du chakra du démon qui tentait, inconsciemment, de prendre le dessus, permettait à Abby de travailler son propre chakra, le manipuler avec plus de soin et le malaxer. Il n'y avait de cette façon qu'elle pouvait améliorer son bouclier et faire en sorte qu'il consomme moins.

- Hé, gamine, on a des spectateurs.

Abby ouvrit lentement les yeux, le corps complétement anesthésié par le chakra tellement particulier du démon et vit, aux limites des barrières, un attroupement d'élèves les observer.
Ceux ci avaient reçu l'interdiction formel de gêner le « couple » lors de leur entrainement mais observer n'était pas interdit. Et Madara aurait de toutes façons eu du mal d'empêcher autant de monde aller voir ce qui pouvait bien se passer. Un démon était en quasi liberté dans l'école, le cacher serait difficile, de toutes façons.
Abby repéra, un peu à l'écart, Naruto et Sakura qui semblaient discuter tranquillement et elle sourit légèrement tandis que Kyubi murmura :

- On leur montre ce que tu sais faire ?
- Tu penses que je suis prête ?
- Ça arrêtera les rumeurs à ton propos.
- Oh, Kurama, tu sais aussi bien que moi que ça ne m'a jamais atteint.
- Tu peux le dire autant que tu veux, gamine, ça ne changera pas ce que tu penses vraiment.

Abby soupira en se redressant, sauta en bas de la tête du renard et glissa une main douce sur son museau avant de murmurer :

- Tu n'es pas si mauvais, dans le fond.
- Fais attention à ce que tu dis, gamine.
- Cause toujours Kurama.

Elle s'écarta un peu de lui et commença à s'étirer lentement tandis qu'il en faisait de même, les muscles douloureux de n'avoir pas bougés pendant autant de temps. Puis, il la regarda dans les yeux, contemplant l'air confiant qu'elle avait, sans parler de son chakra qui circulait toujours aussi vite dans son corps et il comprit.
Elle avait grandi, appris, et avait compris quelque chose d'important, durant ces trois jours de méditations. Et elle n'abandonnerait jamais.

Le combat commença par une bombe bijuu comme la dernière fois et Abby, au lieu de l'éviter grâce à un sceau, préféra activer son bouclier pour en tester la résistance. Quand les deux boules de chakra se rencontrèrent, un sifflement strident commença à résonner autour d'eux puis la bombe explosa, violemment.

La zone créée par Madara, complétement hermétique, fut totalement remplie de poussière et les spectateurs faisaient leurs paris. Abby ne pouvait pas avoir survécu à une explosion pareille, c'était juste invraisemblable. Ceux qui avaient critiqué ses capacités riaient déjà devant une mort aussi ridicule tandis que ses amis préféraient croiser les doigts, Naruto ayant demandé à sa partie de Kyubi de ne rien évoquer du combat.
Pire, Madara, attiré par le bruit, sembla pâlir un instant en voyant la puissance de l'explosion tandis que chez lui, Kagami faisait de son mieux pour rassurer le petit Haiko. Celui ci se doutait de quelque chose, ça se voyait et il pleurait à chaudes larmes, se demandant pourquoi sa maman était une guerrière et pas juste une maman, comme mamie Kagami.

Le nuage de poussière tomba lentement et Madara, sharingans activés, put enfin apercevoir le bouclier d'Abby, à priori achevé. La carapace de chakra qui tournait autour d'elle était une sphère parfaite mais les vents semblaient aussi violents qu'un cyclone, ce qui repoussait toute intrusion. Et il pouvait même faire le rapprochement avec le rasengan de Naruto, mais connaissant la jeune femme, elle avait sûrement été inspirée par celui ci.
Kyubi sembla sourire en voyant que la jeune femme n'avait pas fléchit et murmura :

- Abby .. Tu es enfin prête à t'entrainer correctement …
- Et je pourrais en supporter une seconde.
- Il te faudra plus que de la puissance, contre lui.
- Nous n'avons pas terminé, Kurama.

Les babines du renard s'étirèrent légèrement, plus en voyant qu'elle préparait son saut et il calcula rapidement l'espace dans lequel elle allait atterrir, étant donné qu'il connaissait ses limites.
Par contre, il ne s'attendait pas à ce qu'elle apparaisse juste devant sa tête, et lui décroche un coup de poing violent sur le museau, à la manière que Sakura aurait pu le faire.
Le renard se retrouva envoyé sur le côté et quand il atterrit lourdement sur le sol, alors qu'elle y retombait avec une certaine grâce, il grogna, menaçant et le combat reprit.

Madara, déjà satisfait par ce qu'il venait de voir, rentra chez lui, épuisé par sa journée. Comme à son habitude, Haiko vint l'accueillir et le serrer dans ses bras, content de revoir son grand père mais toujours choqué par le fait que sa mère soit en danger et Madara le souleva, le serra dans ses bras en souriant et murmura :

- Ah, mon grand, je me lasserais jamais de te voir.
- J'ai été très sage !
- Je n'en doute pas.

Madara rejoignit sa femme au salon, qui était en train de se calmer devant une tasse de thé et l'embrassa sur la joue tandis qu'elle murmurait :

- Haiko, va dans ta chambre, je dois parler à ton grand père.
- D'accord.

Madara reposa le garçon par terre, qui courut jusqu'à la belle chambre qu'on lui avait prêtée et Madara demanda :

- Quelque chose ne va pas ?
- Pourquoi est ce qu'Haiko est toujours ici ?
- Parce que c'est notre petit-fils.
- Non, Madara. À sa naissance, tu as été radical en disant qu'il ne serait pas en sécurité ici et là, alors que tu as libéré Kyubi dans l'école, tu ne l'as toujours pas renvoyé chez ses grands parents.
- Je sais que tu t'occupes bien de lui et ..
- Et quoi, Madara ? Si le démon arrive jusqu'ici, tu crois franchement que je pourrais faire quelque chose ?
- J'ai installé une barrière, Kyubi ne pourra pas en sortir.
- Et s'il y arrive ?
- Ça n'est pas possible !
- Je comprends que tu ne veuilles pas retourner sur un champ de bataille, Madara, mais sois réaliste. Tobi est parti et va aider l'ennemi à nous attaquer et ils pourraient débarquer ici d'un jour ou l'autre. Et Haiko ne sera pas en sécurité. Moi non plus, ni les civils.
- Je le protégerais.
- Madara ! Il n'est pas Obito !

Kagami se tourna vers lui, en larmes et continua :

- Tu crois que je n'ai pas compris pourquoi tu ne voulais pas qu'il parte ? Tu combles la perte d'Obito avec Haiko !

Le directeur resta silencieux, la mine sombre tandis que sa femme se levait pour le prendre dans ses bras et murmura :

- Je suis désolée, Madara. Vraiment désolée mais Haiko ne peut pas rester ici et tu le sais bien. J'aimerais vraiment qu'il reste, passer du temps avec nous, et Abby mais il n'est pas en sécurité et je m'en voudrais toute ma vie s'il lui arrivait quelque chose. Et je t'en voudrais aussi.
- Il n'aura personne pour veiller sur lui, là bas. Si Tobi annonce qu'il a un fils ...
- Je ne reconnais peut être pas mon fils dans ces actes récents mais je sais une chose. Il te ressemble … Et il te ressemble tellement qu'il ferait n'importe quoi pour protéger son fils, comme toi tu l'as fait avec lui.

Madara releva doucement les yeux et murmura :

- Je vais appeler Hashirama, pour organiser son transport.
- Ne dis rien à Abby, ça perturberait son entrainement.

Madara acquiesça, sachant que c'était le cas avant de se rendre dans son bureau pour demander une téléportation d'urgence à Hashirama.

Tobi était allongé sur un futon poussiéreux, quelque part dans la base de Kabuto, et il réfléchissait à tout ce qu'il venait de livrer à l'ennemi. L'organisation générale des champs de bataille, le positionnement des sentinelles, tout ce qui aurait pu servir et qu'il avait appris via son père. Il ne ressentait pas de culpabilité, la haine entamant son jugement mais il n'arrêtait pas de voir une image qui ne lui plaisait pas. Abby en train d'agoniser à ses pieds, et bien qu'il voulait la tuer, qu'elle était sa cible principale, quelque part, profondément ancré en lui, une petite voix lui disait que c'était mal. Que tout ça était mal.
Puis il revoyait le regard déçu de son père et ça suffisait à le persuader qu'il avait fait le bon choix.
Il ne sortit d'ailleurs de ses pensées que lorsque Sasuke entra dans sa chambre, l'air nonchalant. Celui ci allait et venait dans le repaire comme s'il lui appartenait et lui et Itachi avaient développé une arrogance tellement importante que son envie de tuer atteignait même ses cousins.
Sasuke le regarda un instant avant de demander, l'air indifférent :

- Tu doutes ?
- À quel propos ?
- L'attaque.
- Non. Je sais que c'est la seule chose à faire.
- Je peux t'aider à faire ton choix, si tu veux.
- Je n'ai pas besoin de toi.

Tobi referma les yeux, espérant que Sasuke comprendrait et son cousin eut un sourire narquois avant de dire :

- Non, tu es encore formaté par ton père. Tu te demandes si tout ça est bien. Mais retourne la situation et demande toi si apprendre à tuer à des enfants de dix ans est quelque chose de normal.
- Ça n'est que de la défense.
- De la défense ? C'est le Pays du Feu qui a débuté la guerre et les autres pays n'ont fait que se protéger.
- Ça n'est pas ..
- Ca n'est pas ce qui est enseigné, je sais. Mais j'ai voyagé, j'ai vu les autres pays, ravagés par les maladies et les famines tandis que le Pays du feu est un paradis à côté de ça.
- Des gens souffrent des deux côtés.
- Tu parles … As-tu seulement eut une fois faim, dans ta vie ?

Tobi ne répondit pas alors Sasuke en profita pour enchainer :

- Si ta haine n'est pas totale, tu n'arriveras jamais à ton but et à tuer qui que tu veuilles tuer.
- Je n'ai pas besoin de conseils.
- Tu en auras besoin, quand tu affronteras cette Abigaïl.
- Tu crois vraiment que tuer cette garce sera difficile pour moi ?
- Nos espions, à l'école, nous ont dit qu'elle s'entrainait dur avec Kyubi. Elle est …
- C'est une ratée. Elle ne posera pas de problème.

Sasuke regarda Tobi d'un air désabusé avant de hausser une épaule et partir. De toutes façons, avec ou sans lui, ils gagneraient.

Une longue semaine passa. Longue pour Tobi parce qu'il devait attendre. Longue pour Abby parce qu'elle souffrait.
Le traitement que lui infligeait Kyubi était draconien, et Madara avait eu raison de la prévenir à propos de sa puissance. Il était monstrueux et à présent, elle comprenait pourquoi Naruto avait autant de mal à maitriser le chakra de son symbiote. C'était comme si tout son corps était épuisé, mais que seule sa volonté l'aidait à encore bouger.
Kyubi n'était pas impressionné par les progrès de son élève, dans un sens, il savait que l'entrainement était nécessaire de toutes façons, mais il était surpris de la voir s'accrocher autant alors qu'il était évident qu'Abby souffrait. Déjà, parce qu'elle s'était rendu compte de l'écart de puissance qu'elle avait avec Tobi, mais aussi parce qu'Haiko était parti, et qu'elle n'avait pu lui dire au revoir. Madara était venu la prévenir, malgré les conseils de sa femme, lui dire qu'il était en sécurité et qu'elle ne devait pas abandonner.
Oh, bien sûr, Abby n'abandonnait pas. Mais elle avait le coeur lourd. Elle aurait aimé passer plus de temps avec son fils et ça lui brisait le coeur de devoir choisir Tobi. Mais elle avait fait la promesse à Madara de le ramener, et plus vite elle le ferait, mieux ça serait.

Kyubi était aussi sensible à la santé de la jeune femme et lui permettait assez souvent de se reposer, pour qu'elle puisse se nourrir et dormir.

Leurs spectateurs, bien que curieux avaient fini par se lasser. C'était parfois long, quand Abby entrait en méditation ou que Kyubi lui faisait la parlote. Et dans ces cas là, c'était comme aller voir un film auquel il manquerait la bande son.
Puis, ce qui devait arriver arriva.

Une sirène, qui n'avait pas été entendue depuis près d'un siècle, et qui n'avait jamais résonné durant la guerre se mit à siffler dans toute la capitale et chacun savait, malgré le temps passé depuis sa dernière activation, ce que ça voulait dire. L'ennemi approchait, et les civils devaient évacuer.
En entendant l'alarme, Abby se redressa vivement, prête à bondir au combat mais Kyubi murmura :

- Réinstalle toi. Tu n'es pas prête.
- Mais ils arrivent !
- Abby !

Le ton menaçant du démon était sans appel et elle n'eut d'autre choix que de se replacer en tailleurs dans la fourrure du renard, refermer les yeux et faire abstraction de ce qui pouvait se passer.