Bonjour. Je sais que je reviens après un très très long moment et que certains pensaient que j'avais abandonné (Moi compris...) Mais non!Bref, je vous pose un petit chapitre un peu intermédiaire, j'espère qu'il vous plaira autant que le reste.

Je ne peux pas vous promettre que le chapitre suivant suivra rapidement mais sachez que je fais de mon mieux, d'autant que je vais avoir besoin de me renseigner un peu plus sur les procédures judiciaires...

Bref, merci de continuer de lire, même si j'ai du mal à écrire je vois que vous passer et les review que vous m'écrivez me donnent toujours envie de continuer, elles font toujours très plaisir à lire

Aller, Bonne lecture à vous ^^

Lysandre resta encore là un moment, sans dire un mot. Il n'en avait pas besoin, sa simple présence suffisait. Castiel venait de se rendre vraiment compte de tous ce qu'il ressentait, de la dure vérité qu'il venait d'avouer. Ils restèrent ainsi un bon quart d'heure, au milieu des bruits de la ville qui, ayant repris leur place, imposaient leurs présences, comme pour rattraper cet instant durant lequel l'humanité avait repris le dessus sur la ville, sa mécanique et ses automatismes.

Castiel se leva et descendit sans un mot s'isoler, rentrant chez lui. Lysandre descendit à son tour une minute plus tard. En sortant dans la cour, il fut arrêté par une main contre son épaule. En se retournant, il put voir Alexy, adossé contre le mur.

« Alors, lui demanda-t-il, prêt à prendre le relais.

- Je m'en suis occupé.

- Et ?

- Et tu n'as pas encore à t'en mêler. Je me doutais un peu du problème, et j'avais raison. Il va juste falloir que je trouve comment arranger toute cette histoire.

- Et je peux savoir ce qu'est cette histoire ?

- Pas pour l'instant, non. »

Alexy lui lança un regard las qui fit sourire Lysandre. Ce dernier lui donna une petite tape dans le dos et l'emmena rejoindre leurs autres amis, toujours assit dans le jardin, au plus grand désespoir d'Armin.

« Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps, lui reprocha Rosalya. On t'attendait pour manger, on a faim ! »

Les deux garçons s'assirent l'un à côté de l'autre, Lysandre ayant un léger rictus aux lèvres pour faire enrager un peu sa belle-sœur, et Alexy s'amusant à chambrer son frère.

« Alors les tourtereaux, lui lança-t-il avec un petit regard vers Helena. Vous avez dormis « ensemble », c'est ça ?

- Mais tu vas nous lâcher avec ça, lui lança Armin, essayant désespérément de faire taire le sujet de conversation depuis le matin.

- Pourquoi ? Mon chère frère à enfin l'aire d'avoir réussi à se détourner de ses jeux chéris pour quelque chose qui est plus de son âge… »

Tous comprenaient le sous-entendu sous ses mots, et Helena cherchait désespérément le secours auprès de chacun de ses amis, d'un regard suppliant. Mais tous étaient bien trop intéressés par l'histoire, sans méchanceté, mais avec cette sorte de perversion propre à leur âge. Elle regarda Kentin en dernier désespoir, et il éclata de rire avant de répondre à Alexy :

« Vous êtes des vrais jumeaux au moins. Vous semblez tous les deux avoir passé une excellente nuit d'après l'endroit où je t'ai trouvé ce matin. »

Alexy devint écarlate. La remarque avait touché et il ne disait plus rien sur son frère et Helena. Il se contentait de marmonner, disant que le lit était assez grand pour deux, et que ça ne servait à rien de dormir séparément comme il ne se passait rien entre eux. Il allait sans dire qu'il n'y avait pas qu'Armin et Kentin qui avaient de gros doutes quant à la véracité de ce qu'il disait. Rosalya était déjà à côté de lui, à lui demander des détails inexistants, aidée par Iris et Violette, toujours aussi timide, ne pouvait s'empêcher d'écouter attentivement le moindre mot qu'Alexy risquerait de filtrer. Lysandre lui avait complètement disparut, réussissant à s'effacer puis s'éclipser dès qu'il avait senti la nouvelle sortir.

En regardant la scène qui se déroulait sous ses yeux, Kentin sentit son cœur se serrer un peu. Au milieu de toute cette bonne humeur et des rires qui résonnaient dans ses oreilles, un sentiment de solitude s'abattit sur ses épaules un instant, comme hors du temps. Il était différent de ces personnes qui se tenaient devant lui. Il portait un masque depuis le matin. Un masque qui le faisait passer pour une personne comme les autres, une personne sans problèmes, en tout cas sans problème majeur. Mais personne ne pouvait savoir ce qu'il ressentait au fond de lui, à quel point il se sentait seul. Évidemment, ce qu'il venait de vivre l'avait profondément marqué et il faisait tout pour l'oublier, il agissait comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Pourtant, par moment, certaines scènes lui revenaient en tête, lui rappelant brusquement la réalité à laquelle il essayait d'échapper.

Il aurait pu compatir à la douleur de Castiel, le supporter le temps de surmonter la mort de son frère. Après tout, ils tenaient tous les deux à lui bien plus qu'à quiconque. Mais les évènements avaient fait changer la donne, et il sentait au plus profond de lui qu'il ne pourrait jamais lui pardonner, que cet idiot arrogant n'aurait jamais dû être couvert par son frère.

Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il sursauta et s'éloigna sous la surprise dans il se rendit compte de la main posée sur son épaule et qui le secouait doucement pour le ramener à la réalité. En relevant la tête, il vit que c'était celle d'Helena et surtout qu'une pointe d'inquiétude perçait dans ses yeux.

« Kentin ? Ça va ? »

La voix d'Alexy. Il ne prit pas la peine de réfléchir et répondit aussitôt avec un sourire aussi grand que faux.

« Bien sûr ! Je réfléchissais juste à un devoir qui me donne du fil à retordre. »

Ceux qui savaient n'étaient pas dupes, ils connaissaient la raison qui l'avait poussé à partir dans ses rêveries. Mais aucun d'eux ne lui fit la réflexion, préférant attendre qu'il en parle de lui-même pour ne pas le brusquer. Après un silence trop long, Iris finit enfin par demander, soulageant tout le monde du poids du silence.

« On allait manger, tu nous suis ? »

Kentin acquiesça et les suivit jusqu'au réfectoire où il ne mangea presque pas pendant que les doutes s'emparaient de plus en plus de lui. Il commençait à se demander si un jour il lui serait possible de redevenir comme eux ou s'il était condamné à cet enfer de solitude et d'exclusion à tout jamais. Comment pouvait-on se sentir si seul alors qu'on était si entouré ?

.

Les jours passèrent et son morale n'allait pas mieux. Il aidait les parents des jumeaux pour les remercier de leur accueil malgré les protestations de chacun des membres de la famille.

Il se sentait de plus en plus hors du monde, comme s'il flottait au-dessus des nuages, regardant les gens vivre, évoluer, les vies s'écouler avec cette impression que rien n'a vraiment d'importance, comme si aucune de ses décisions ne l'engageait à rien. Et il passa au déni, essayant d'oublier. Réussissant.

Ce moment fut assez déstabilisant pour ses amis qui le surprenaient à recommencer de charrier le garçon qui était devenu « celui dont on ne doit pas prononcer le nom ». Mais qui pouvait lui reprocher de vouloir nier la réalité ? Bien sûr, tous savaient que nier ne permettait pas d'avancer, y compris Kentin. Cependant, ce dernier avait déjà beaucoup encaissé avec ça. Il préférait régler un problème à la fois.

.

Un soir, après le diner, le père des jumeaux rejoignit Kentin, profitant d'un moment d'éloignement de ses fils. Il s'assit près de lui et attendit qu'il ait finit d'écrire ce qu'il avait en tête pour le devoir qu'il avait à rendre le lendemain. Il entama alors une conversation sur la journée qu'ils avaient passé, comme pour le préparer et le mettre en condition. Kentin le remarqua très vite, mais continua poliment leur conversation avant d'enfin lui demander la véritable raison qui le poussait à venir lui parler. Le policier lui tendit alors une lettre et lui annonça lentement.

« On a reçu ça pour toi aujourd'hui. Le jugement des responsables du meurtre de ton petit-ami aura lieu la semaine prochaine et les deux camps aimeraient que tu y témoignes. »

Kentin se bloqua un moment en regardant la lettre comme si elle allait lui transmettre la lèpre. Il commençait à en avoir assez de devoir revivre tout cette histoire à chaque fois qu'on lui demandait de parler. L'homme commençait à s'inquiétait en le voyant fixer le papier de cette façon.

« Kentin, tu es sûr que ça va ?

- Hein ? Oh, oui… Je suis obligé d'y aller ?

- Eh bien… techniquement tu pourrais très bien refuser. Cependant, cela signifierait renier ton témoignage qui est le fondement de l'accusation. Sans ça, les chances qu'ils soient punis sont plus faibles. »

Kentin baissa encore les yeux et prit entre les mains la convocation. Il y eut un grand moment de silence que Kentin finit enfin par briser.

« J'irais. Mais je peux vous demander autre chose ?

- Je t'écoute.

- Et bien… J'en entendu parler d'une loi… Elle obligerait à mes parents de s'occuper de mes frais jusqu'à un certain âge… Je ne peux pas me permettre de vivre chez vous Ad Vitam Æternam et je n'ai nulle part où aller. J'apprécie vraiment votre accueil, mais je ne veux pas abuser, vous m'avez déjà bien trop aidé. »

Le père se sentait tout autant gêné par la demande, que l'était l'adolescent de devoir le demander.

« Il y a en effet une loi qui obligerait tes parents à te payer un logement et de quoi subvenir à tes besoins vitaux jusqu'à tes 23 ans si tu continues tes études... Mais je ne pense pas que ce soit une solution. Après ça, il n'y aura plus de retour en arrière possible. Ça couperait totalement les liens avec tes parents… »

Kentin le regardait d'un air las, convaincu qu'il n'y avait déjà plus de retour possible et expliqua :

« Mes parents m'ont déjà renié. Ils ne veulent plus rien avoir à faire avec moi, je ne suis plus leur fils. Leur cher petit fils ne pourrait absolument pas avoir des tendances homosexuelles pour eux. Je ne veux plus être dépendant de quiconque, même pas d'eux. Je veux juste pouvoir avoir de quoi vivre en attendant de pouvoir subvenir à mes besoins.

- Tu me laisserais au moins leur parler avant d'aller voir un juge ? Je peux peut-être les aider à te comprendre un peu. SI tu ne veux pas les voir je ne t'obligerais pas. Mais s'ils pouvaient au moins t'aider d'eux-mêmes… Tu ne penses pas que ce serait une meilleure solution ?

- Surement, céda-t-il après un moment de silence et de réflexion. Je ne pense pas que vous arriviez à faire céder mon père mais vous pouvez toujours essayer. »

Le père sourit et redevint plus sérieux.

« On peut parler un peu de l'audience ? »

Kentin se raidit un peu et acquiesça sans un mot. Le gendarme lui expliqua les charges pour meurtre avec préméditation que tenteraient de se faire passer pour meurtre sans préméditation par la défense et les charges pour trafic de drogue. Il lui expliqua également quand il devrait témoigner et prépara avec lui les questions qui pourraient lui être posé et qui l'énerveraient.

.

Ce soir-là, Kentin se coucha assez tôt, repensant à ce dont ils venaient de parler. Il mit du temps à s'endormir, fixant le plafond. Quand il tomba enfin dans les bras de Morphée, il rêva de sa rencontre avec Dylan et du temps qu'ils avaient pu passer ensemble avant que la mort de vienne le faucher.