Bella
Jeudi 27 Aout.
Ne pas oublier : papier toilette, Nutella, abricots, poulet, glaces.
Ne pas oublier non plus : stylos, verres, légumes, Danette, beurre, chocolat.
Je regarde mon bras. Athanaël avait écrit en majuscule: BONBON. J'arrivais presque à voir sa bouille qu'il utilisait pour me faire craquer et ses yeux pétillants de malices.
N'oublie rien cette fois Bella… Tu peux y arriver !
Je naviguais dans les rayons du supermarché, en remplissant peu à peu mon cadi. Je pouvais bien acheter un paquet de bonbon et du jus de fruit à Athanaël, c'était ses derniers jours avec Louise et moi. Alors que j'attrapais une brique de jus d'orange, je vis Esmée arriver dans le rayon. Ses yeux se posent sur moi et elle me sourit –sourire que je lui rends.
-Bella ! Comment vas-tu ?
Elle m'embrasse sur chaque joue.
-Très bien et vous ?
-Bien aussi… Ce sont les dernières courses que je fais… (Elle voit mon regard perdu) Dans ce supermarché… Nous rentrons dans trois petits jours.
Je lui envoi un petit sourire mais elle ne s'y laisse pas prendre.
-Je suis désolé Bella... Tu ne voudrais pas venir manger à la maison ce soir ?
-Excusez-moi mais je ne peux pas. Je dois m'occuper d'Athanaël –mon petit frère- et Louise.
-Mais, ils n'ont qu'à venir !
-Vous… Vous êtes sur ? Ca ne poserait pas de problème ?
-Non. Je serai ravie de rencontrer ton entourage. Et puis, tu rencontrerais mon mari !
Par ses yeux qui s'allumait en prononçant ce mot, je devinais qu'elle l'aimait plus qu'il n'en était possible.
-C'est d'accord.
-Venez à vingt heures.
Je lui souris et continue mes courses.
***
Je range les derniers achats et me tourne vers Athanaël et Louise.
-Nous sommes invités chez les Cullen, ce soir.
-C'est qui les Cullen ? Demande Athanaël en devançant Mamilou.
-C'est la famille d'Edward…
-Il y aura aussi Emmet, leur maman et leur papa ?
-Et même l'amoureuse d'Emmet !
Athanaël tape dans ses mains en souriant.
-Tu es d'accord Mamilou ?
-Je n'ai pas de raison de refuser chérie. Et puis, ce sera un moyen de rencontrer Edward car manifestement, tu ne comptes pas le faire de toi-même.
Je ris et elle m'envoi un clin d'œil.
-On part dans deux heures !
***
Louise s'était faite belle pour l'occasion et j'avais échangé le vieux short de tout à l'heure pour ma petite robe blanche couverte de motifs bleu et noir, un peu année 70 que j'adorais. Athanaël n'avait pas eu le temps de se changer, trop occupé à regarder les dessins animés.
J'avais à peine eu le temps d'arrêter ma –nouvelle- petite Citroën que mon petit prince courait déjà vers le porche de la maison. Il sonne alors que nous nous approchons avec Louise. La porte s'ouvre quand nous arrivons sur le porche.
Un homme de la quarantaine nous faisait face. Il était terriblement beau, avait des cheveux blonds plaqués en arrière et était plutôt grand. Voilà qui devait être Carlisle. Ils avaient une habitude dans la famille, s'était d'être tous sublime.
Je ne ressentais pas de jalousie pour cette famille qui frolait la perfection. Si j'avais assez d'audace, je les aurais remerciés d'avoir créés Edward!
-Bonjour ! Je suis Carlisle.
Il se met accroupi devant Athanaël et lui envoi un sourire.
-Tu dois être Athanaël ! Tu as les cheveux aussi décoiffé que mon fils !
Il lui envoi un clin d'œil en se redressant et Athanaël rit.
-Et toi Bella, sa grande sœur ! Ravie de te rencontrer. J'ai déjà entendu parler de toi dans la famille beaucoup de fois.
Autre clin d'œil. Rougissement pour ma part.
-Et vous devez être Louise !
Il nous fait à tous une bise et nous fait rentrer.
-Esmée ! Elle doit être occupée dans la cuisine. Allons la voir.
Il nous fait traverser la villa -qui n'était plus si inconnue pour moi- et nous rentrons dans la cuisine. Esmée enlève ses gants de cuisine en nous voyant et s'approche. Elle me prend dans ses bras et me sourit. Elle embrasse Louise en lui disant « Je suis ravie de vous rencontrer Louise ! ». Elle porte Athanaël et lui fait deux baisers. Il sourit, aux anges.
-Ca fait tellement longtemps que je n'ai plus de petits bouts de chou comme toi ! Emmet et Edward ont grandi trop vite !
Athanaël rit, et passe ses bras autour du cou d'Esmée. Elle le sert contre lui avant de demander :
-J'espère que vous aimez tous les lasagnes ! Je n'ai pas vraiment eu le temps de faire quelque chose de plus sophistiqué !
-C'est parfait, la rassure Louise.
-J'adore les lasagnes ! S'exclame mon petit prince.
-Moi aussi !
-Me voilà rassurée. Emmet ! Rosalie ! Edward ! Crie-t-elle.
Elle le repose par terre. Rosalie et Emmet arrivent rapidement et se figent en nous voyant. Apparemment, c'était une petite surprise. Les présentations recommencent. Athanaël se jette dans les bras d'Emmet, sous les rires de tous. Esmée et Carlisle ne semblaient pas surpris qu'ils se connaissent. Ils avaient du leur en parler.
-Va choisir ta place, avant que tous les grands prennent celle que tu veux ! Dit Esmée à Athanaël qui allait déjà dans le salon. Mais que fait ton frère !
-Tout à l'heure il travaillait sur un nouveau morceau, répond Emmet prudemment, comme s'il se demandait s'il avait le droit de dire cela.
-Oh. Ca explique tout.
Carlisle se tourne vers nous.
-Excusez-nous. Quand Edward compose, il a tendance à oublier le monde autour de lui. Il ne fait pas attention au bruit qui l'entoure. Vous pourriez crier près de lui qu'il n'entendrait pas! Allez vous mettre à table, je vais le chercher.
Nous sortons et allons nous installer dans le salon. Athanaël s'était installé au bout de table, un grand sourire sur son visage.
-Eh ! Mais c'est la place du chef ! S'exclame Emmet.
-C'est lui le chef ! Lance Rosalie.
-Tu viens prêt de moi, Bella ? Demande mon petit frère.
Je m'assois à la place la plus proche de lui.
-On va laisser les jeunes ensembles ! Dit Louise en riant.
Elle va de l'autre côté, en bout de table.
-Juste en face de toi Athanaël ! Comme ça tu ne pourras pas faire de bêtises.
Emmet se met à côté de moi et Rosalie en face. Esmée arrive, dépose le plat de lasagne au milieu de la table et s'assoit prêt de Louise avec qui elle commence à parler. Carlisle arrive ensuite en souriant et en nous disant qu'Edward arrive. Il s'assoit en face d'Esmée –et a coté d'Emmet-. Il ne restait qu'un trou entre Esmée et Rosalie pour Edward.
Nous entendons –enfin- Edward descendre les escaliers. Il rentre dans le salon et s'arrête dès qu'il nous voit. Athanaël descend de sa chaise et cours se jeter dans ses bras. Il le relève et lui plaque un baiser sur sa joue en riant.
-Je comprends un peu mieux pourquoi il y avait autant à manger. Emmet seul n'était pas la raison suffisante.
Le conscerné lui envoi sa serviette qu'il rattrape en riant. Esmée rappel à l'ordre Emmet ce qui me fait rire.
Edward était habillé d'un pantalon en toile noir, d'une chemise blanche dont l'un des deux pans était rentré, l'autre pas et dont il avait retroussé les manches. Il était pied nu.
Edward dépose mon petit frère sur sa chaise et vient vers moi. Il m'embrasse la joue en murmurant un « Bonsoir Bella ». Je ne pris même pas la peine de lui répondre tellement ma gorge était nouée. Il va ensuite embrasser Louise et dit : « Bonsoir Louise, ravie de vous rencontrer ». Il s'assoit à la seule place vide et se tourne vers Esmée et lui dit avec une moue irrésistible :
-Je ne suis pas vraiment présentable, n'est-ce pas ?
-Pas du tout ! Dit-elle en riant.
Carlisle commença ensuite à servir tout le monde.
Le repas était plus qu'agréable.
Louise papotait avec Esmée et Carlisle et voulait en savoir plus sur leur travail.
Rosalie, Emmet, Edward et moi parlions des études que nous avions faites pour arriver à notre métier. Athanaël était aussi en discussion avec Rosalie, qui était tombé sous son charme.
Deux heures plus tard, nous n'étions qu'au fromage. Je ne mangeais plus rien, trop remplie par les lasagnes.
-Rosalie ! Va dormir ! Dit Esmée.
En effet, elle tombait de fatigue. Elle hoche de la tête et s'excuse de nombreuses fois pour cette impolitesse.
-Je crois que ce petit mec puise toute mon énergie ! Elle rit en tapotant son ventre.
Elle embrasse tout le monde et monte se coucher. Emmet propose à Athanaël de jouer aux jeux vidéo, ce qu'il accepte avec enthousiasme. Nous continuons à discuter avec Carlisle, Esmée et Louise pendant un moment puis Edward demande à Esmée si ca ne posait pas de problème que nous sortions. Elle accepte, il me sourit et je me lève.
Il se dirige vers le canapé et se laisse tomber dessus de tout son poids. Je ris et me met assis à côté de lui. J'étais seule avec lui pour la première fois depuis le début de la soirée.
Finalement je me suis allongée sur le canapé, ai mit ma tête sur ses genoux. Il avait pris une mèche de mes cheveux et jouait avec, parfois me chatouillait le visage avec celle-ci.
-On fait un jeu Bella?
-Vas-y.
-On va apprendre à se connaître.
C'était fou comme il avait raison. Je lui avais parlé plusieurs fois. J'avais ris avec lui. Mais nous ne savions pas grand chose sur l'un et l'autre. Quoiqu'il conaissait beaucoup ma vie. Et même ce que je n'avais pas dit, il le devinait.
Il me pose une question et je réponds.
Mon deuxième prénom, ma date de naissance, ma couleur préférée, mon plat préféré, la marque de mes lunettes de soleil, ce que je fais de mon temps libre, la description du village français où je vivais, le nom de mes amis, de mes ex-petits copains (j'étais gêné d'en parler avec lui car le sujet était pauvre. J'avais peur de passer pour une rejetée. De plus, parler de ça avec lui alors que ses lèvres me hantaient était plutôt paradoxal), mon t-shirt fétiche, mon objet porte bonheur, une description de ma mère, de Phil après lui avoir appris sa conaissance, le premier site où je vais lorsque j'allume mon ordinateur, le livre que j'étais en train de lire et celui que j'ai préféré...
Il n'en finissait plus avec ses questions et je n'en pouvais plus. Esmée était venue nous proposer un dessert et du café. J'avais refusé les deux fois. Edward avait aussitôt répondu par la négative afin de ne pas perdre le fil.
Au début, j'avais essayé de lui demander à son tour les réponses à ses questions mais il ne m'écoutait pas. Ou ne voulait pas m'écouter. Je ne sais pas s'il inventait au fur et à mesure, mais son imagination me surpris!
Au final, j'avais peur qu'il me conaisse plus que moi-même.
Je me disais qu'Edward m'était étrangement mystérieux. Je conaissais peu de chose sur lui. En fait, tout ce que je savais, je le tirais de mes propres conclusions.
Mes yeux commençaient à être lourd. Je n'avais pas bougé de position depuis tout à l'heure, à l'invers qu'Edward ne jouait plus avec mes cheveux mais il les carassait, passait sa main dans mes boucles, démélait quelques petits noeuds. Et ses touchers étaient si doux que je luttais pour garder les paupières ouvertes.
Après une vague réponse de ma part parce que je n'avais même plus la force de faire un effort pour articuler -juste parce que la situation était parfaite et que j'étais vraiment bien-, il me demanda:
-Je t'embête, n'est-ce pas?
Je rouvre les yeux, choquée.
-Pas du tout. Désolé, je tombe de fatigue.
Je me frotte les yeux de mes poings et étire mes bras. En les ramenant vers moi, je fis exprès de lui donner une petite tape sur la joue.
-En quel honneur?
-J'avais envie! Dis-je en riant. Je crois que nous allons y aller
Il soffusque, faussement choqué. Je me lève, cassant notre bulle intime que nous nous étions créées. Je me dirige vers la cuisine et il me suit. Esmée, Carlisle et Louise tournent leur regard vers nous. Emmet était avec eux.
-Je suis désolé, mais Louise, je crois que l'on va devoir y aller. Je conduis et ce serait plus facile avant que je dorme.
Ils me rassurent tous les trois et je les laisse le temps d'aller chercher Athanaël. Emmet m'avait dit qu'il était dans la chambre d'Edward et qu'il se reposait.
Nous arrivons dans la chambre d'Edward et nous voyions mon petit frère, couché dans son lit, qui dormait paisiblement.
-Nous ne devrions peut-être pas le réveiller, murmurai-je à Edward.
Il hoche de la tête et s'avance vers lui. Il le prend dans ses bras et Athanaël ne bronche pas. Nous l'amenons directement dans la voiture et repartons.
Louise avait revêtue son manteau et elle était en train d'embrasser Emmet. Après des adieux aux Cullens et en leur promettant pour ma part, de revenir les voirs avant qu'ils partent dimanche matin, je pris le bras de Louise et allait avec elle dans la voiture, Edward sur nos talons. Il avait décidé de conduire, décrétant que j'étais trop fatiguée. Ce qui n'était pas nous suivait avec la Volvo d'Edward pour ramener ce dernier.
Le trajet se fit en silence. Lorsque j'avais la force d'ouvrir mes paupières, Edward me souriait simplement quand je croisais ses prunelles. Et cela me suffisait. J'étais bien, heureuse.
Arrivé chez Louise, Edward reprit Athanaël dans ses bras pour le porter. J'étais heureuse qu'il soit venu. Je ne sais pas si j'aurais eut la force de soulever mon petit frère, bien qu'il ne pesait pas beaucoup de kilos. J'ouvris la maison et conduisit Louise jusque dans sa chambre. Je la laissais après lui avoir fait deux gros baisers.
Edward m'attendait dans le couloir. Je passais devant lui et ouvrit la porte de ma chambre. Athanaël dormait avec moi, Louise n'ayant pas trois chambres, au plus grand bonheur de nous deux.
Edward dépose Athanaël dans le lit et je lui enlève ses chaussettes et son pantalon. Il dormirait ainsi.
-Tu m'en voudrais si...
-Je sais, tu n'as pas la force de redescendre les escaliers.
J'enlève mes chaussures et me glisse sous les draps habillés.
Il me fait son sourire en coin et s'accroupit au sol, afin que sa tête soit au niveau de la mienne.
-Je retrouverai le chemin, ne t'en fais pas.
Il me fait un clin d'oeil.
-Toi, tu es très fatiguée. Tu devrais dormir.
Il enlève quelques mèches de mes cheveux qui s'étaient éparpillé sur mon visage et m'embrasse sur le bout du nez. Mon coeur cogne contre ma cage thoracix, peut-être un peu trop fort. Je sens ses doigts caresser mon visage et déjà je m'endors.
