Me revoilà pour la suite de "Il était une fois" ! Nous en sommes déjà au chapitre 12...Je ne sais pas trop encore combien de chapitres vont être postés mais je dirais aux alentours d'une vingtaine donc on se rapproche doucement de la fin de cette fiction !

Je tenais à dire un grand merci à tous ceux qui me lisent, me follow, me review ! Ca me donne toujours autant l'envie d'avancer !

Pour finir, pour ceux qui désirent être au courant de mes avancées ou autre sur mes deux fictions, je viens de créer un compte twitter :

ladydarkbley

N'hésitez pas à me suivre, s'il est pour le moment un peu vide il contiendra des extraits, des annonces etc liés à mes fictions !

Voilà, trève de blabla je vous laisse à la lecture et on se retrouve en bas.


12.
- Je ne suis pas ici pour vous forcer à vous livrer, ou pour vous convaincre que je ne vous veux aucun mal. Je veux juste que vous sachiez que je sais ce que ça fait.
Regina releva la tête. Il paraissait tellement sincère..
Sans réfléchir, avant même qu'il n'ait conscience de ce qu'elle allait faire, la brune plongea la main dans sa propre poitrine, insensible à la douleur que ce geste provoqua et en arracha son cœur souffrant. Devant la mine effarée de son visiteur, elle le porta devant leur regard.
- Si vous savez réellement ce que je ressens, expliquez-moi ça, demanda-t-elle avec rage.
David ne prononça pas un mot, les yeux fixés sur le cœur de Regina.
Presque entièrement noir, il battait faiblement sur sa paume. Mais sa noirceur n'était pas ce qu'elle lui montrait. Une longue fissure s'étirait profondément, traversant presque entièrement l'organe.

La porte du Manoir Mills était fermé pour toute autre personne qu'Henry. Depuis la sortie de l'hôpital de Regina, quelques jours plus tôt, on ne l'avait plus aperçu dans les rues de Storybrooke. Son ombre planait constamment sur la ville, son prénom résidait sur la plupart des lèvres et résonnait dans de nombreuses conversations mais nul ne l'avait vu. Mary-Margareth avait bien tenté de venir se présenter sur le palier du 108 mais elle fut confrontée à une porte close.
Dissimulée à l'intérieur, assise à son bureau, Regina ne quittait pas son cœur fraîchement arraché du regard. Elle l'observait battre faiblement, contemplait la façon dont la noirceur des ténèbres l'avait envahi des années plus tôt lorsqu'elle avait décidé de faire appel à Rumplestilskin. Lorsqu'elle s'était donnée corps et âme à une vengeance éphémère et à une volonté de ramener Daniel parmi le monde des vivants. Sa chute, lente et inévitable, avait chassé toute bonté et toute pitié. Ces événements d'une autre vie lui semblaient si lointain et en même temps si proche. Daniel était mort à jamais, elle avait perdu son humanité et sa soif de justice l'avait conduite au meurtre de son père. Elle était devenue la femme à laquelle elle avait si peur de ressembler.

Du bout de l'index, Regina suivit la fissure qui s'étirait sur son cœur meurtri, tel du verre brisé. Des bribes de son cauchemar lui revenaient encore en mémoire et la tourmentaient depuis sa sortie de l'hôpital. Des images dans lesquelles elle apercevait nettement Emma tenir son organe entre ses mains et serrer les doigts sans la moindre hésitation, sans la moindre pitié.

Tu m'as brisé le cœur. A moi de briser le tien.

Ses phrases résonnaient en elle sans jamais la laisser tranquille. La douleur était toujours autant vivace et la laissait parfois au bord des larmes lorsqu'elle se réveillait en sursaut au beau milieu de la nuit.

- Maman ?

La voix timide lui fit brusquement relever les yeux et elle aperçut Henry sur le pas de la porte, hésitant à entrer. Il arborait cette petite moue inquiète qu'il ne quittait plus depuis plusieurs mois. Depuis qu'Emma les avait abandonné. Elle croisait souvent son regard et se demandait parfois s'il ne passait pas son temps à veiller sur elle. Qui était devenue le parent, lequel était l'enfant ?

- Oui mon chéri ?
- Est-ce que tu vas bien ?

Ses pupilles noisettes se fixèrent sur le cœur battant entre les doigts de sa mère.

Regina avait l'impression d'être une mauvaise mère. Certes elle gardait toujours du temps pour son fils, se préoccupait de lui, de ses envies et de sa réussite scolaire. Ils échangeaient des sourires et parfois la jeune femme le disputait lorsqu'il le méritait. Mais quelque chose s'était brisé en elle avec le départ d'Emma et la présence d'Henry ne parvenait pas à combler ce vide.

D'un mouvement, la Reine posa ce qu'elle tenait à l'intérieur d'une boite et la referma avant de la glisser dans le tiroir de son bureau. Aussitôt, toute la tristesse qu'elle ressentait se mua en un autre sentiment.

- Bien sûr Henry, mentit-elle avec un sourire rassurant. Tout va pour le mieux. Tu ne devrais pas être à l'école ?
- On est Samedi, Maman. Et tu m'avais promis qu'on irait manger au Granny's tous les deux.
- Oh.

C'était vrai, elle lui avait fais cette promesse pour qu'ils parviennent à se changer les idées. La brune avait parfaitement conscience que son enfant souffrait avec elle. Emma était devenue une part importante de sa vie à lui aussi et elle oubliait parfois combien il pouvait être meurtrie par son absence.

- Maman ? Tu préfères qu'on annule ? demanda-t-il avec une pointe de déception dans la voix.
- Bien sûr que non ! Laisse-moi quelques minutes et je te rejoins en bas mon chéri.
- Tu n'es pas sortie depuis l'incendie de la Mairie. Si tu ne te sens pas prête pour affronter les gens on peut rester ici et manger tous les deux tu sais.

Une vague d'amour la submergea et la jeune femme se leva de son fauteuil pour venir s'accroupir devant son garçon.

- Depuis quand mon petit prince est-il devenu si mâture ? questionna-t-elle avec un sourire tendre.

Sourire auquel Henry répondit avant de se jeter dans ses bras ouverts. Il enfouit sa tête dans le creux de son cou et ils restèrent ainsi un moment, chacun reprenant espoir et force dans cette étreinte.

- Elle me manque aussi Maman, chuchota l'enfant. Je voudrais qu'elle revienne et qu'on soit tous ensemble, comme avant.
- Moi aussi Henry...
- Tu crois qu'on va la revoir ? Je veux qu'on redevienne une famille.

Les sanglots qu'elle entendit dans ses paroles lui firent mal mais elle se força à ne rien laisser paraître et le serra encore un peu plus dans ses bras. Elle n'avait pas la réponse à cette question mais tout son être désirait plus que tout le retour d'Emma. Même encore aujourd'hui, Regina se surprenait à la chercher au réveil avant de se rappeler que cette vie tant désiré avait brutalement volé en éclat. Par sa faute et par celle de Cora.

Le spectre de la colère se dessina dans son esprit et son poison se répandit dans ses veines. Oui, sa mère était autant coupable qu'elle. Elle avait monté Emma contre elle et l'avait en un sens poussé à prendre la fuite. Si cette sorcière avait été éliminé dès le début, rien de tout cela ne serait arrivé. Elle avait tué Daniel, s'était délectée de la douleur qu'un tel acte avait provoqué chez Regina et n'avait pourtant eu aucune once de pitié à recommencer. La Reine aurait dû l'écraser quand elle en avait eu l'occasion, la réduire en cendre et l'empêcher de gâcher sa vie et celle des personnes qu'elle aimait. Elle aurait dû lui arracher le cœur et l'écraser devant son regard paniqué et sa mine suppliante. Implorant son pardon, implorant une clémence que Regina lui aurait refusé.

- Maman, tu me fais mal !

La voix d'Henry la ramena brutalement à elle et elle relâcha aussitôt son étreinte qu'elle avait resserré inconsciemment autour de son enfant.

- Je suis désolée mon coeur...
- Tes yeux...

Regina ferma aussitôt les paupières. Le changement de couleur de ses pupilles étaient de plus en plus fréquente lorsqu'elle se retrouvait sous le coup d'une vive émotion et le cacher était désormais impossible. Surtout à un fils aussi attentif que l'était Henry. Ils savaient tous les deux qu'il faudrait plusieurs longues minutes avant que la moindre parcelle de colère disparaisse et quel effort un tel acte demandait.

Lorsqu'elle fut certaine d'être parvenue à retrouver son calme, la jeune femme rouvrit les yeux et accorda un sourire rassurant au garçon.

- Pourquoi tu n'irais pas mettre tes chaussures et m'attendre en bas ? J'arrive dans une minute.
- D'accord.

Il s'éloigna presque à regret et disparut dans le couloirs.

Une fois qu'elle put entendre ses pas résonner sur les marches de l'escalier, elle se releva, lissa les plis de son pantalon et réajusta son blazer. Une main distraite lissa ses cheveux tandis qu'elle se rapprochait de son bureau et ouvrit la boite abritant son cœur. C'était à cause de ce misérable organe que toute sa vie se détruisait à chaque fois. A cause d'une si petite et insignifiante chose que Regina ressentait les plus grandes douleurs et la plus implacable des tristesses. Le remettre dans sa poitrine serait une erreur, une dépendance dont elle ne voulait plus.

Presque inconsciemment, elle referma les doigts sur cet organe inutile et les serra lentement. La souffrance la submergea brusquement mais la brune se força à rester impassible, le compressant avec toujours plus de force, ignorant sa vision désormais trouble ni le sang qui battait contre ses tempes. Elle passa outre les larmes, outre la plainte que ses lèvres laissèrent échapper et le compressa plus encore.

Ce fut la sonnette de la porte d'entrée qui lui fit relever la tête. Sûrement encore Mary-Margareth qui tentait de l'apercevoir. Elle et son visage mielleusement écœurant. D'un revers de main elle essuya ses joues trempées par les pleurs et tendit l'oreille. La petite voix d'Henry était à peine perceptible ainsi que celle d'une autre personne qui ne devait pas être une femme.

- Maman ! Il y a quelqu'un pour toi !

Il ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour remettre son masque impassible et impénétrable. Qui que soit cet individu, il ne devait en aucun cas apercevoir les émotions qui l'assaillaient. Elle devait rester aussi froide et hautaine qu'elle l'avait été autrefois et renvoyer cet importun aussi vite qu'il était arrivé.

Entendant des pas gravir l'escalier, Regina ferma brutalement la boite, se dépêcha de la remettre dans l'un des tiroirs de son bureau puis attendit patiemment que l'invité se dévoile.

- Madame le Maire.

Pourquoi n'était-elle pas surprise de découvrir la mine joviale de ce Locksley ? Toujours à traîner dans ses pattes lorsqu'elle le désirait le moins. Vêtu simplement d'un pantalon et de son tee-shirt de la caserne de Storybrooke, l'homme portait la barbe plus longue que lors de leur dernière rencontre et la brune retint une grimace. A son sourire et à l'éclat qui brillait dans ses yeux, il assumait totalement son côté négligé.

- Monsieur Locksley, répondit-elle distraitement. Que me vaux votre visite ?

- Je vous en prie, appelez-moi Robin. J'ai attendu d'avoir de vos nouvelles mais comme je n'en ai pas reçu, j'ai décidé de venir moi-même voir comment vous alliez.

- Et pourquoi donc espériez-vous que je vous en donne ? rétorqua Regina, piquée au vif par son insupportable assurance.

- En général, les victimes rescapées d'un accident ou d'un incendie aiment donner de leurs nouvelles à leur sauveur.

- Je ne suis pas tout le monde Monsieur Locksley. Maintenant veuillez m'excuser mais mon fils et moi sommes attendus ailleurs.

Elle récupéra son manteau sur le rebord de sa chaise.

- Justement, en m'accueillant Henry m'a informé que vous alliez déjeuner au Granny's. Comme vous me devez toujours un dîner, seriez-vous d'accord pour que je vous accompagne ?

La jeune femme se figea brusquement et plongea son regard dans celui de l'homme. Elle devait au moins lui reconnaître qu'il ne baissait jamais les bras. Une partie d'elle souhaitait lui dire non et le faire disparaître de son champ de vision mais elle était quasiment certaine qu'il ne la laisserait pas tant qu'elle n'aura pas accepter l'invitation. Plus vite cette épreuve serait passée, plus vite pourrait-il passer à autre chose avec une autre de ses victimes.

- D'accord, accepta-t-elle finalement. Mais n'y voyez pas un rendez-vous galant ou quoi que ce soit d'autre.

- Très bien Madame, lui répondit Robin avec un sourire séducteur.

Ils redescendirent tous les deux et rejoignirent Henry qui attendait toujours sa mère devant la porte, la tête plongée dans un comics qu'Emma lui avait offert. Regina ignorait s'il le relisait encore et encore à cause de son contenu ou juste parce qu'il lui rappelait la blonde. Elle savait néanmoins qu'il le gardait toujours dans son sac et avait fini par en conclure à la deuxième hypothèse.

- Henry chéri, on y va, annonça-t-elle doucement.

L'enfant releva les yeux et le sourire qu'il arborait disparut quelque peu lorsqu'il fixa Robin toujours aux côtés de sa mère.

- Monsieur Locksley va nous accompagner pour déjeuner.

- Pourquoi ? demanda suspicieusement le garçon, les sourcils froncés. Tu avais dis que c'était juste nous deux.

- Je sais mon coeur, mais ça nous fera du bien de passer un peu de temps avec une autre personne, tu ne crois pas ?

A la tête qu'il affichait, Regina était certaine que cette idée lui déplaisait autant qu'à elle. Il n'émit pourtant aucune objection durant le trajet qui devait les mener jusqu'au restaurant. Ils avaient décidé de ne pas prendre la voiture afin de profiter au mieux du temps agréable. Robin tenait assez de conversation pour combler les blancs qui survenaient parfois lorsque la mère ou l'enfant se perdait dans ses pensées, tant et si bien que ce fut lui qui parla pendant presque tout le chemin. Il tentait d'intéresser Henry à la carrière de pompier, lui expliquait leur code d'honneur et les interventions difficiles qu'il avait parfois à exécuter. Mais le garçon voulait devenir policier et Regina ne comprit que trop bien pourquoi.

- Comme l'incendie de la Mairie, ajouta-t-il avec un sourire entendu. Cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu un brasier d'une telle puissance. Ta mère a eut énormément de chance. Si j'étais croyant, je me serais laissé aller à dire que quelqu'un veillait sur elle.

Le garçon le fusilla du regard et Regina comprit. Dans son esprit, il n'y avait qu'une seule personne qui aurait pu protéger sa mère mais elle n'était pas là.

Ils arrivèrent finalement devant le restaurant et pénétrèrent tous les trois à l'intérieur, s'attirant quelque regards curieux. Il devenait de plus en plus rare que Regina se montre au Granny's et la voir avec un homme en surprit un grand nombre. Ils la dévisageaient, chacun émettant déjà silencieusement sa petite hypothèse sur la relation qui les unissait. Seule Ruby, à la plus grande surprise de la brune, ne s'attarda pas sur eux et vint directement les accueillir pour les placer à une table.

- Alors Henry, dit Robin en se penchant par dessus sa carte, tu sais ce que tu vas prendre ?

- Comme d'habitude, répondit l'enfant avec un haussement d'épaule. Un hamburger avec des frites et un milkshake à la fraise.

- Pourquoi ne pas essayer autre chose ? Regarde il y a de nouveaux plats.

Regina aperçut un bref instant de la colère dans les yeux de son fils. Manifestement, il n'appréciait pas Robin même s'il tentait de ne rien laisser paraître.

- Je préfère les hamburgers. C'est toujours ce que je prenais avec Emma.

- Henry...

- Et bien Emma n'est pas là, coupa Robin avec un sourire, inconscient de l'importance qu'elle avait dans leurs vies. Nouvelle personne, nouveau plat, qu'en penses-tu ?

Un épais silence tomba brusquement sur la table. Henry, les larmes aux yeux de colère ou de tristesse, resta un instant sans bouger avant de brusquement descendre de la banquette et s'enfuir en direction des toilettes sous le regard curieux de Ruby qui revenait prendre leur commande.

- Quoi ? s'étonna le pompier en se tournant vers Regina. Qu'est-ce que j'ai dis de mal ?

- Emma est...était ma compagne, annonça brutalement la reine une fois la serveuse repartie en direction des cuisines. Elle a quitté Storybrooke l'année dernière et son départ nous a dévasté tous les deux. Il se raccroche à tout ce qui peut lui rappeler Emma et je pense qu'il serait préférable que vous ne tentiez pas de changer ces habitudes.

Si l'annonce de sa relation avec une femme l'avait étonné, Robin n'en montra rien et se contenta de hocher la tête en signe de compréhension.

- Ce n'était pas mon intention, s'excusa-t-il sincèrement. Mais il serait peut-être temps pour lui de commencer à avancer, vous ne pensez pas ? Cela pourrait-être bien pour vous deux de regarder devant vous et de ne plus souffrir du passé.

Ses yeux bleus plongèrent dans les siens et Regina sentit tout le sous-entendu de cette phrase mais ne chercha pas à le relever. Robin était seulement un inconnu qu'elle avait croisé quelques fois et qui lui avait sauvé la vie. Il était peut-être agréable à regarder mais comment pouvait-il seulement espérer remplacer Emma ? C'était impossible.

Pourtant, ses intentions se firent de plus en plus précise après ce déjeuner. Pendant des semaines, il ne laissa pas tomber. Il invitait Regina à déjeuner, puis à dîner, la courtisant comme il aurait pu le faire dans leur ancien monde. Il s'amusait à jouer sur son côté effronté pour la séduire et la jeune femme ne le laissait faire que pour une seule raison ; il parvenait parfois à rendre la vie un peu plus supportable. Certaines de ses conversations étaient intéressantes et lui faisait penser à autre chose qu'à la douleur qu'elle ressentait depuis le départ d'Emma. En étant sincère, Regina savait que rien ne lui ferait oublier cette souffrance et que malgré tous ses efforts, l'image de son ancienne compagne continuait de l'accompagner lors de ses rendez-vous avec Robin mais de temps à autre, il lui arrachait un sourire ou un rire.

Pourtant, au plus de temps elle passait en compagnie de cet homme, au plus elle sentait Henry se renfrogner. Lorsqu'il rentrait de l'école, il s'enfermait aussitôt dans sa chambre pour faire ses devoirs et n'en ressortait qu'à l'heure du dîner. Parfois, quand Robin les invitait à dîner, il prétextait un mal de ventre et restait au Manoir. Regina avait bien tenté d'en discuter avec lui mais le garçon préférait parler d'autre chose. Un soir, la Reine l'avait même aperçu endormie dans son lit, serrant contre son petit torse une photo de tous les trois prise par David lors d'une de leur sortie au haras. Henry reposait dans les bras des deux femmes, fixant l'objectif avec un sourire éclatant, tandis qu'Emma et Regina n'avaient pu s'empêcher de se dévorer du regard avec tendresse et sentiments. Les bords étaient cornés et sa mère se doutait, depuis cette fois-là, qu'il dormait avec cette précieuse relique dissimulée sous son oreiller.

Elle cessa de mettre ses boucles d'oreilles pour repenser à cet instant. Lentement, le Maire de Storybrooke se retourna en direction de son lit et s'assit dessus, ouvrant le tiroir de sa table de nuit pour en ressortir une écharpe bleutée. Unique vêtement que Emma avait oublié en quittant la ville. Regina l'avait trouvé dans un coin de la chambre. Comme à chaque fois, elle la porta à son visage et enfouit son nez dans le tissu. Evidemment, après tant de mois passé, elle ne portait plus aucun parfum de la blonde.

Emma lui manquait atrocement. Leur étrange lien lui manquait terriblement. La famille qu'elles formaient avec Henry lui manquait horriblement.
Elle rouvrit les yeux et les promena sur la petite boîte qui contenait son cœur et qu'elle avait pris soin de placé près du dernier souvenir de son amante. Comme bien souvent, elle souleva le couvercle et s'en empara pour observer la fracture qui continuait peu à peu de s'élargir. Elle avait bien tenté d'en découvrir l'origine dans les livres de son caveau mais ses questions restaient sans réponses.
Et leurs absences la rongeait autant que cela la mettait en colère. Elle désirait comprendre, comprendre pourquoi les vilains n'avaient pas le droit à leur fin heureuse. Elle avait tant œuvré pour faire le mal autour d'elle et anéantir un bonheur qu'elle désirait à présent plus que tout. Vivre au jour le jour, survivre comme si de rien n'était et sourire à la face du monde lorsqu'elle ne désirait que pleurer lui ôtait toutes ses forces.

Une nouvelle rage s'empara soudainement de Regina. Tout cela ne serait jamais arrivé si elle était restée la Méchante Reine. Elle avait baissé sa garde, ouvert son coeur à cette sauveuse et voilà que cette femme l'avait trahi et abandonné. Personne n'avait le pouvoir de la laisser à terre ! Personne ! A moins que tout ceci ne soit arrivé à cause de cette stupide chose qui battait dans sa poitrine. Elle aurait dû l'écraser et le réduire en cendre lorsqu'elle en avait eu l'occasion.

Le souffle court, la vision troublée par la colère, la jeune femme s'empara une nouvelle fois de son coeur. Ses sentiments tournoyaient dans son esprit et la rendaient malade, l'affaiblissaient autant qu'ils lui donnaient des forces. De monstrueuses voix lui chuchotaient à son oreille. Il serait si facile de tout laisser tomber. Après tout, la Méchante Reine ne méritait pas de fin heureuse. Elle avait poussé Henry à s'éloigner d'elle dans le passé, repousser quiconque tentait de l'approcher. Elle avait commis tellement de meurtres et de tortures que tout ce qu'elle apercevait dans le reflet du miroir était le mal. Quel droit avait-elle de vivre alors qu'elle ne faisait que tout détruire autour d'elle ? Son fils, Emma, Daniel, son père.

Les voix murmuraient et murmuraient encore. Ils l'encourageaient à serrer ses doigts autour de son coeur et ce fut à peine si elle se rendit vraiment compte qu'elle s'exécutait. Son poing se ferma violemment et lui arracha un cri de douleur qui ne lui fit pourtant pas relâcher son étreinte. Bien au contraire. Elle était le malheur d'Henry, elle avait tué Daniel en l'aimant, tuait Emma en l'aimant.

Sa vision se troubla au moment même ou ses jambes se dérobèrent sous poids. Mais la jeune femme ne chercha pas à se rattraper et tomba lourdement à terre, serrant toujours plus fort. La souffrance était inimaginable, accompagnée de toutes les horreurs qu'elle avait commise. Les voix l'encourageaient. Elle ne méritait que ça.

Un cri lui parvint et elle ne sut si c'était le sien ou celui de quelqu'un d'autre. Elle ne voyait plus rien, n'entendait presque rien. Toutes ses forces commençaient à l'abandonner tandis que sa poigne se faisait plus ferme et meurtrière.

Regina sentit qu'on la secouait par les épaules avant qu'une petite main ne tente de lui faire ouvrir la sienne. Elle voulut repousser l'inconnu mais tout ce qu'elle était n'était plus que de la faiblesse.

- Maman ! Maman je t'en prie arrête !

Cette voix. Henry ?

Non, c'était impossible. Sûrement encore un tour de son imagination. Henry sera beaucoup mieux sans elle. Il avait pleuré par sa faute, hurlé par sa faute. Se retrouvait sans sa mère biologique par sa faute. Elle avait voulu agir comme Cora et le garder pour elle-seule à décider de ce qui était bien ou non.

- Maman lâche-le ! Je t'en supplie !

- Tu n'es pas réel...marmonna-t-elle au bord de l'inconscience. Laisse-moi, les vilains ne méritent pas leur fin heureuse.

- Tu n'es pas un vilain ! Tu es ma mère ! Et je t'aime !

Les voix sournoises reculaient presque à contrecœur devant ses paroles et, inconsciemment, Regina relâcha peu à peu son emprise sur son coeur. Sa vision se fit plus net et elle aperçut le visage souillé de larmes de son enfant, agenouillé devant elle, tentant de lui faire lâcher prise.

- Henry ?

Le garçon hocha la tête et posa ses deux petites mains sur les joues de sa mère pour plonger son regard dans le sien.

- Je t'aime Maman.

Elle avait failli. Les ténèbres l'avaient presque englouti jusqu'à lui faire commettre l'irréparable et ce fut ce constat qui la fit lâcher brutalement son coeur. Aussitôt, l'air emplit ses poumons et la douleur physique se dissipa, ne laissait que la souffrance morale. Daniel, son père, Henry et Emma. Une énorme fatigue s'empara d'elle sans qu'elle ne puisse la combattre.

Son fils, lui, se précipita sur l'organe et le récupéra pour le tenir contre lui comme s'il s'agissait du plus précieux des trésors.

- Je suis si fatiguée Henry, murmura Regina à travers ses sanglots.

- Je sais Maman, mais je suis là.


Et voilà pour ce chapitre 12.

Qu'en avez-vous pensé ? Je vous fais des bisous et vous dis à bientôt pour la suite !