Titre : Amour fraternel
Pairing : Vous voulez le couple je suppose. Alors, c'est un SB/OC
Rating : Pour l'instant, on va se contenter d'un T. On verra bien par la suite comment ça évolue, mais ça ne devrait normalement pas changer.
Note de l'auteur : Bonjours à tous ! Bon, apparemment vous n'avez pas trop aimé la fin de mon dernier chapitre. ^^' Je n'avais pourtant pas pensé en avoir fait une sadique. Enfin bon, celle-ci devrait l'être encore moins. Et puis, avec le titre du chapitre, pas besoin de vous préciser ce qu'il va s'y passer. :p
Ce chapitre n'a pas été corrigé.
Bonne lecture à tous
Chapitre 12 : Retour au manoir
A travers les portes de l'entrée du château, je vois le ciel gris et le crachin d'eau qu'il déverse sur le parc verdoyant. J'ai le cœur qui bat la chamade, anxieuse. Installée au pied de l'escalier de marbre, droite comme un i, j'attends que sonne onze heure. Je sais que derrière moi, au niveau des portes fermées de la Grande Salle, me regardent Lily et les maraudeurs. Je sens leurs regards me vriller la nuque. Ils s'inquiètent pour moi apparemment, de mon départ imminent. Je me force à ne pas me retourner, à ne pas leur montrer que j'ai peur de ce qui va suivre. Je ne veux pas qu'ils voient à quel point je peux être terrifiée par ma confrontation prochaine avec Lucius.
J'inspire profondément pour me calmer, ferme les yeux quelques instants, me concentre sur ma respiration que je force à être régulière. En soulevant mes paupières, je constate alors que le professeur Dumbledore est à côté de moi. Il me sourit d'un air confiant.
- Bonjour miss Malefoy, me salue-t-il.
- Bonjour professeur, réponds-je.
Son regard se tourne ensuite vers le parc trempé.
- Voilà un temps bien maussade, déclare-t-il. Tout à fait en accord avec votre humeur je suppose.
Le regard qu'il pose sur moi me prouve qu'il sait pour le décès d'Abraxas. Je suis triste, bien sûr. D'avoir perdu mon géniteur, et non pas un père.
- Oui, professeur. C'est une bien triste journée.
Le directeur jette ensuite un regard dans notre dos.
- Vos amis semblent inquiet à votre sujet. Pourquoi ne vous rejoignent-il pas ?
Je résiste à l'envie de lui dire qu'une seule d'entre eux est mon ami, que les autres ne sont que des enquiquineurs, mais je sais qu'il n'apprécierait pas. Tout comme je sais que ce n'est plus tout à fait vrai. Les maraudeurs ont fait bien plus pour moi en quelques jours, que ma famille en plusieurs années.
- Pourquoi ne pas le leur demander à eux ? Répliqué-je. Après tout, c'est leur choix d'être resté là-haut.
Le sourire du directeur semble pétiller de joie, tout comme ses yeux. Fronçant légèrement des sourcils, je me demande ce qu'il prépare.
- Alors pourquoi ne pas les inviter à nous rejoindre ? Votre frère ne sera là que d'ici une dizaine de minutes, cela vous laissera le temps de leur faire vos au revoir pour le week-end.
A peine ais-je le temps de penser à l'en empêcher qu'il a déjà fait signe aux cinq adolescents de descendre jusqu'à nous. Lily et Black sont les plus rapides à se décider et dévalent l'escalier en un temps record, suivis par Lupin, Potter et Pettigrow qui progressent d'un pas plus modéré.
- Bonjour professeur, font-il tout cinq d'une même voix.
- Bonjour jeunes gens.
Lily se tourne ensuite vers moi et me serre contre elle.
- Ca va aller, chuchote-elle, je suis sûre que tout va très bien se passer.
- Oui, réponds-je sur le même ton. De toute manière, je n'ai pas l'intention de m'attarder là-bas. Juste le temps d'un aller-retour. Je ne fais ça que pour père.
Lily se recule et acquiesce avant de s'éloigner. A ma plus grande surprise, Black la remplace aussitôt, et je me tends lorsqu'il me prend dans ses bras. Ma surprise est encore plus grande quand je sens peu à peu que je me détends, et que je me surprend à lui rendre son étreinte. Mes bras, à leurs tours, se referment dans son dos, et sa tête vient se nicher dans mon cou. Sa chaleur me transperce, comme hier, et me réchauffe de l'intérieur. Cela me donne l'impression de vivre. Puis, je l'entends prendre une profonde inspiration.
Mais il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit, ni moi d'ailleurs. La voix sèche de Lucius claque comme un fouet dans le silence du hall :
- Abigaïl !
Je me sépare de Black précipitamment - et à regrets. Sans me tourner vers le nouvel arrivant, je lisse ma robe et ma cape d'un geste tremblant, alors que le directeur accueille chaleureusement Lucius.
- Allez, courage, me dit Potter avec un regard empli de sympathie.
Je glisse un œil sur Lily, postée au côté de Black. Je suis étonnée de voir leurs regards meurtriers, transpercer la silhouette de Lucius. Un sourire en coin discret se glisse sur mes lèvres. Leur comportement me redonne du poil de la bête.
- Je serais de retour demain après-midi, clamé-je d'une voix forte. Lily, on aura qu'à aller réviser sur les bords du lac s'il fait beau.
Puis, je me tourne enfin vers Lucius et le professeur Dumbledore. L'un me fusille du regard, tandis que l'autre me sourit. Voir mon frère me haïr de cette manière et savoir qu'il ne peut dorénavant plus rien faire m'emplie d'une joie incommensurable. Je décide d'enfoncer le clou.
- Si ça vous dit, les gars, vous n'aurez qu'à nous rejoindre.
Black exprime sa joie bruyamment, en levant les bras en l'air, faisant rire ses amis et Lily. Un sourire m'échappe. Le corps de Lucius se tend de colère et d'indignation. Je lui sers mon sourire le plus hypocrite du monde. Je fais fi de la présence de Dumbledore, qui pourra se poser toutes les questions du monde. J'en ai assez de jouer à la parfaite petite poupée. Père mort, Lucius prend la tête de la famille Malefoy, et il est hors de question que je fasse quoi que ce soit pour lui complaire. Je vais même faire tout le contraire.
Soudain, je sens deux bras m'entourer par derrière et un baiser sonore est posé sur ma tempe. Le visage de Lucius vire au rouge fureur. Je me tourne pour jeter un regard interrogateur à Black qui vient d'avoir ce geste osé envers ma personne.
- On peut savoir ce qu'il te prend ? Sifflé-je, moitié furieuse, moitié abasourdie.
- C'est pour te porter chance, dit-il avec un clin d'œil malicieux. Mes baisers sont de vrais porte-bonheurs, on ne te l'a jamais dit ?
Puis, il s'éloigne. Je me mets face à Lucius et m'avance vers lui. Il est parvenu à maitriser un peu sa colère et son regard en dit long sur les supplices qu'il infligerait à la brebis galeuse des Black s'il pouvait le faire.
- Nous nous verrons dans l'après-midi, miss Malefoy, fait Dumbledore en s'adressant à moi. J'assisterai aux funérailles de votre père.
J'acquiesce d'un signe de tête. Je m'y attendais un peu. Tous les plus grands sorciers de notre époque viendront aux funérailles du patriarche de l'une des plus grandes famille de sorciers. C'est une tradition en quelque sorte.
Puis, Lucius quitte le hall d'entrée, sans un regard pour qui que ce soit. Je fais pareil et, sur les marches, ouvre le parapluie que j'ai à la main, afin de ne pas finir trempée et d'attraper une crève de tous les diables. Je descends les quelques marches d'un pas pressé et pose le pied sur l'herbe mouillée. Devant moi, Lucius avance à grands enjambées. Il semble pressé de quitter le domaine de Poudlard.
Je résiste à l'envie de me retourner pour voir Lily une dernière fois qui, je le sais, me regarde partir. Je suis plutôt Lucius, le cœur serré et battant. J'avais pensé n'avoir jamais à le revoir. Vœu pieux. J'aurais dû songer qu'avec la santé fragile de père, j'aurais été forcé de revenir au manoir pour ses funérailles. Je n'avais seulement pas pensé qu'il partirait si vite. Est-ce mon départ qui la tué plus vite ? Je ne pense pas, ou du moins, je l'espère. Ce n'est pas comme si père avait une quelconque affection pour moi, et que ma décision de quitter ma famille avait pu accélérer sa mort.
Nous arrivons à l'extrémité du domaine de Poudlard et dépassons les lourdes grilles surveillés par les taureaux ailés. Lucius disparait immédiatement dans un craquement sonore. Je soupire, rassemblant tout le courage qu'il me reste, caché quelque part au fond de mon être, et fais de même. Je réapparais devant les grilles du manoir, ouvertes, Lucius remontant l'allée gravillonnée d'un pas pressé et colérique. J'essaye de ne pas penser à ce qu'il va me tomber dessus si l'envie lui prend de se défouler sur moi.
Je remonte moi aussi l'allée jusqu'à la porte, où un elfe se débat avec la cape que Lucius vient certainement de lui jeter à la figure. Un deuxième elfe apparait alors, la mienne, et s'incline bien bas alors que j'ôte ma cape et que je la lui tends. Elle disparait, sans un mot, suivit par l'autre. Je ferme les yeux l'espace d'une second, prend une profonde inspiration, et les rouvre.
Le manoir n'a bien sûr pas changé en mon absence. Il n'y a qu'un mois de passé depuis mon départ, et pourtant j'ai l'impression d'être resté absente des siècles. Sans doute une conséquence de ma décision. Je pensais ne jamais remettre les pieds ici. Marchant lentement, je contemple un à un les portraits de mes ancêtres. Ils me snobent, me regardent de haut. Ils savent ce que j'ai fait, ma fugue. Dommage qu'ils ne soient que des tableaux animés d'un semblant de vie, j'aurais pris plaisir à tous les faire brûler.
J'arrive au pied de l'escalier, et sursaute, surprise par le mouvement d'une ombre au milieu de celui-ci. Une silhouette se détache de la rambarde et s'avance dans la lumière. C'est ma mère. Elle semble si pâle, si fragile. J'ai l'impression qu'un souffle d'air la briserait en deux.
- Abigaïl, souffle-t-elle, te voilà enfin.
Elle tend les mains dans ma direction, à la recherche d'un soutien. Je me retiens de grimacer et la rejoins, lui offrant mon aide. Sa peau est toute fripée. Elle a vieillit de dix ans en quelques jours. Est-ce la mort de père qui la mise dans cet état ? Mon silence à leurs lettres ? Ou le cumul des deux ? Je l'aide à monter les marches. Elle est faible.
- Abigaïl, pourquoi ne pas avoir répondu à nos lettres ?
Je ne réponds pas. Nulle envie de le faire, d'engager une discussion de sourds qui se terminera par le souhait de ma mère qui voudra que j'obéisse à Lucius. Ces dialogues, je ne les connais que trop.
- Où est père ? Demandé-je. Je voudrais lui rendre un dernier hommage.
Ma mère s'effondre à moitié sur moi. Je la rattrape de justesse, passe un bras autour de sa taille pour la remettre d'aplomb.
- Abraxas, gémit-elle, pourquoi ? Où es-tu ? Je ne veux pas, non, reste.
Elle pleure, gémit, geigne, se morfond. Elle me fait pitié. Pourquoi réagit-elle ainsi ? A-t-elle aimé père ne serait-ce qu'un jour ? C'était un mariage de convenance, elle a perdu un époux, pas un amant. Je n'arrive pas à m'attendrir sur le chagrin de cette femme. Je n'ai certainement pas envie de m'attacher à elle de nouveau, maintenant que je me suis délivré des tentacules de la famille Malefoy.
- Mère, je vais vous ramener à votre chambre, vous y serez mieux, dis-je avant de m'exécuter.
Tout le long du chemin jusqu'à ses appartements, elle ne cesse de larmoyer et de s'apitoyer, balbutiant des mots sans queue ni tête. J'ai l'impression qu'elle perd la raison. Nous arrivons jusqu'à sa chambre, y pénétrons, et je l'installe sur son lit. Elle se blottit au milieu de celui-ci, les mains croisées sur la poitrine, dans un état de détresse avancée. J'ai pitié d'elle, de ce qu'elle est devenue. Elle était beaucoup plus forte avant. A présent, elle me donne l'impression qu'elle n'est plus qu'une loque.
- Reposez-vous, mère, dis-je en quittant la pièce.
Je referme la porte derrière moi, au moment où Lucius traverse le couloir. Il passe devant moi en coup de vent, m'ignorant, un elfe sur les talons. Puis, il pénètre dans le bureau de père. Je prends une profonde inspiration, percutant enfin les conséquences de la mort de père. Lucius est devenu à présent le chef de maison et de la famille. Jamais, du vivant de père, il n'aurait osé pénétrer dans son bureau. A présent, il doit s'y sentir très à l'aise. Je soupire. Je crois que c'est maintenant, que les vrais problèmes vont commencer.
oOo
Les sorciers arrivent les uns après les autres, dans un ballet morne et sans vies. Les elfes ouvrent la porte d'entrée toute les cinq minutes, récoltant capes et manteaux, disparaissant les déposer dans une salle, avant de revenir pour les prochains entrants. Les invités viennent tous de diverses horizons, comme l'atteste leurs tenues ou leur apparence. Certains viennent avec leur famille, enfants compris, d'autres seuls ou encore en couple. J'assiste à cette effervescence, sans mot dire, depuis le premier étage du manoir. Accoudée à la rambarde, j'entends les arrivants saluer Lucius présent au pied de l'escalier. Tous me regardent ensuite, attiré par le regard que je leur lance depuis mon perchoir. Je ne fais pas un signe pour eux, me contentant de les dévisager sans un mot, sans un geste. Je sais que je les mets mal à l'aise. Là est le pouvoir des Malefoy.
Depuis son poste, je sens que Lucius n'a qu'une seule envie, m'arracher au couloir d'où je m'obstine à ne pas bouger, et me forcer à rejoindre le jardin où aura lieu la commémoration en mémoire de père, suivit de l'enterrement de son corps dans le caveau familial perdu au fin fond de notre propriété. J'éprouve une certaine joie et une excitation sans précédents à le faire ruminer de la sorte. C'est jouissif. Et quand je repense à Lily et à Poudlard, à tout ce que je n'ai plus besoin de cacher . . . C'est encore meilleur.
Les nouveaux arrivants sont les parents Potter. Ils sont suivis de très près par le professeur Dumbledore, et ils discutent entre eux. Je comprends qu'ils sont venus ensemble. Ils déposent leurs affaires eux elfes qui s'empressent de disparaitre, et s'avancent vers Lucius. Au moment où le directeur adresse lui ses condoléances, je m'arrache à la rambarde et descends les escaliers. J'arrive au moment où Lucius remercie hypocritement le professeur Dumbledore. Il me regarde passer, furieux. Je lui tends un sourire mielleux, avant de m'adresser aux Potter.
- Monsieur et madame Potter, laissez-moi vous guider jusqu'au jardin, dis-je.
Les deux adultes me regardent avec stupeur. Rien de moins normal, aux dernières nouvelles les désaccords qui secouaient nos deux familles n'étaient pas réglés. Néanmoins, je me glissai à leur côté et attendis que Dumbledore se joigne à nous pour les faire passer dans le salon et sortir dans le jardin.
- Voilà une initiative inattendue, miss Malefoy, fait le professeur Dumbledore. Votre toute nouvelle amitié avec James Potter et ses amis est-elle à l'origine de ce retournement de situation ?
Je souris légèrement, le regard fixé sur la file de sorciers qui remonte jusqu'au caveau.
- Vous seriez étonnés de savoir ce qui en est la cause, professeur. Mais oui, on peut dire que mon amitié avec les maraudeurs y est un peu pour quelque chose.
Les regards des Potter se font de plus en plus étonné. Je ne prends pas la peine de leur expliquer ce qu'il se passe. Ils n'étaient qu'une excuse pour descendre dans le jardin, sans que Lucius ne m'agresse verbalement comme il semble aimer le faire. Cherchant ensuite du regard une autre excuse, cette fois-ci pour prendre congé des Potter, je découvre Narcissa en pleine discussion avec sa sœur, Bellatrix. Je grimace.
- Veuillez m'excuser, fis-je, j'ai quelques mots à adresser à ma belle-sœur. Nous nous verrons plus tard.
Et, sans autre forme de procès, je marche vers Narcissa qui prend congé de sa sœur à mon plus grand soulagement. Je n'avais nul envie de parlementer avec la folie caractéristique de ce membre de la famille Black.
- Bonjour Narcissa.
La jeune femme se retourne à mon interpellation et un sourire s'épanouit sur ses lèvres quand elle me reconnait. Mon prénom s'échappe de ses lèvres dans un souffle de soulagement, puis je disparais soudainement dans une étreinte que je ne peux que qualifier d'amicale. D'abord surprise, je finis par lui rendre son geste, souriante. C'est la première fois, depuis de longues heures passées seule dans ce qui fut anciennement ma chambre, que je suis un tant soit peu heureuse d'être de retour au manoir.
- Tu m'as manqué, lui confies-je. J'ai eu peur pour toi, je m'en veux de te laisser seule ici, avec lui.
Elle s'écarte de moi et me regarde droit dans les yeux, infiniment sérieuse.
- Ecoute-moi Abigaïl, tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, je vais très bien. Tout se passe à merveille entre Lucius et moi. Je t'assure.
Je fais la moue, dubitatif.
- C'est parce qu'il n'a reçu aucune mission depuis mon départ. Je le sais bien, Tu-Sais-Qui n'a fait aucun coup d'éclat depuis un mois, la Gazette n'en a pas parlé.
Le regard de Narcissa se voile, ses mains tombent de mes épaules.
- Effectivement, oui, me concède-t-elle. Mais je crois en lui.
Je ferme douloureusement les yeux, refluant l'image qui a frappé ma mémoire. Croire en Lucius est une chose que je ne peux plus faire. Et elle non plus normalement.
- Moi aussi, je lui ais fait confiance à une époque. Et regarde où on en est aujourd'hui. Si tu n'avais pas été là Narcissa, je serais morte à l'heure qu'il est. Tu l'as empêché de me tuer.
Elle secoua la tête, reniant l'évidence.
- Non, réfute-t-elle, il se serait arrêté, je le sais, il me l'a dit !
Je fais un pas en arrière, choquée.
- Tu … tu lui en as parlé ? Soufflé-je.
Elle acquiesce d'un signe de tête. Un frisson désagréable me parcourt le dos. Sentant que c'est là une conséquence d'un regard vrillé sur ma nuque, je me retourne à temps pour voir Lucius s'avancer dans notre direction à grand pas, tout en restant digne. Je n'ai nullement l'envie de lui parler.
- Je vais m'installer, dis-je à Narcissa. Nous parlerons plus tard.
- Attends ! S'exclame-t-elle alors que je me dirige vers le fond du jardin. Ton frère voudrait . . .
Je la coupe dans sa phrase, en me retournant, furieuse.
- Lucius n'est plus mon frère, craché-je. Il a perdu ce titre quand il a tenté de me tuer. C'était là la dernière erreur que j'acceptais de sa part.
Je ne laisse pas le temps à ma belle-sœur de répondre, ni à Lucius de terminer son trajet jusque nous, je m'éloigne avant, presque en courant. C'est le cœur lourd et les larmes au bord des yeux que je prends mon siège, tout devant, juste à côté de mère. Le cercueil de père, en bois sombre, nous domine depuis son promontoire en pierre posé devant le mausolée. Dans mon dos, j'entends les chuchotements des discussions se tarir alors que Lucius et son épouse s'avancent et prennent place.
Les funérailles commencent alors, un mage nous fait face et débute l'éloge funèbre de feu Abraxas Hypérion Malefoy. Je ne crois pas grand-chose des mots prononcés par le mage. Je n'ai peut-être pas connu mon père aussi bien que je l'aurais souhaité, mais je sais qu'il n'était pas un saint, loin de là. D'ailleurs, aucun des membres de la famille Malefoy, aussi loin qu'elle remonte, n'a évité de faire du mal autour de lui. Peut-être est-ce là une tare de notre famille qui, je l'espère, ne s'exprimera jamais en moi. Bien sûr, il existe certainement des Malefoy qui, de manière identique à la mienne, ont refusés de faire souffrir les gens autour d'eux. Mais ils ont certainement été reniés et effacés de notre arbre généalogique, présent dans la bibliothèque. Tout comme je risque de le devenir d'ici peu.
Je me demande si, Black, lui, a été effacé de l'arbre de sa famille. Je me tourne légèrement pour avoir sa mère dans mon champ de vision. Son visage lisse et revêche me renseigne mieux que tout autre chose. Sèche et acariâtre comme elle est, elle a dû le faire à la seconde où il a claqué la porte. Je sais que, à ses yeux, elle n'a qu'un fils à présent, Regulus, de deux ans mon cadet, réparti à Serpentard et parfait représentant de la famille Black « Toujours pur » comme le dit leur devise. Pourtant, la seconde sœur de Narcissa, Andromeda, a épousé un moldu et a eu une fille avec lui, je crois. La nouvelle a fait l'effet d'une bombe au sein des vieilles familles anglaises. Je me souviens avoir envié le courage de cette jeune femme.
L'éloge de père se termine. Le mage tend sa baguette et soulève le cercueil. Les membres de la famille proche se lève et suivent le convois dans le mausolée alors que les autres s'éparpillent dans le jardin. J'aimerais ne pas à avoir suivre Lucius dans une si petite « pièce », mais mère a bien du mal à tenir debout et à se déplacer seule. Je l'attrape par le bras et la guide jusqu'à l'intérieur du mausolée, sur les talons de Narcissa. Mère s'accroche à moi comme si elle était sur le point de se noyer.
Arrivés là, le mage laisse flotter le cercueil fasse à un renfoncement creusé précédemment. Il y dépose le cercueil avec délicatesse, fait ensuite flotter une stèle pour refermer le trou et scelle le tout. Immédiatement, le nom et les dates de naissance et de mort se gravent dans la roche blanche, produisant des étincelles grises qui s'éteignent en tombant sur le sol terreux. Mère pleure à chaude larmes. Elle est bien la seule.
Sa tâche terminée, le mage adresse un signe de tête à Lucius et quitte le mausolée. Mère s'échappe de ma poigne et s'écroule contre la stèle, gémissant. J'ai pitié d'elle et de son comportement. Heureusement qu'il y a que nous pour voir un spectacle aussi affligeant. Au moins, cela a le mérite de me permettre de m'éclipser. Au moment où je m'éloigne, je capte le regard que Lucius pose sur mère. Il la regarde avec un tel dégoût qu'un frisson me parcourt. Je connais ce regard. C'est celui qui me réserve d'ordinaire.
Je quitte le mausolée, l'esprit chamboulé. Sans que je m'y attende, j'ai peur pour ma mère. Le regard de Lucius exprime ses pensées. Il trouve que mère n'est plus ce qu'elle était, qu'elle doit se reprendre. La mort de père ne devrait pas avoir un tel effet sur son comportement. Il va agir, pour changer cela, pour qu'elle se reprenne. Et si ça ne marche pas … Je crains ce qu'il pourrait faire.
Je parcours le jardin au pas de course, traverse le manoir et ses invités, évite leurs regards condescendants et monte l'escalier quatre à quatre, avant de m'enfermer dans la pièce qui fut ma chambre. Je prends une profonde inspiration. Qu'importe ce qui arrivera à mère, je m'en lave les mains. Je ne veux pas m'en mêler. Elle n'a jamais été là quand j'avais besoin d'elle, je ne serais pas le jour où elle aura besoin de quelqu'un. Qu'elle se débrouille. Ce sont, après tout, père et elle qui ont fait de Lucius ce qu'il est aujourd'hui.
Je me détache de la porte contre laquelle j'étais appuyée. Il est temps pour moi de retourner à Poudlard.
Ouais, je sais, le retour a été court. Mais je vous réserve encore bien des surprises. :)
A dans deux semaines !
Bisous. :x
