Correction de Like-A-Dream.
Chapitre 12 : Rodolphus et Ignatus.
Lorsque Meredith arriva seule sur le seuil de la maison elle eut à nouveau envie de vomir, mais elle parvint cependant à se retenir et frappa à la porte. Un elfe particulièrement grand pour son espèce lui ouvrit la porte et presque aussitôt, Amandine Lestrange le poussa pour faire face à Meredith.
–Quelle robe magnifique vous avez là, s'extasia-t-elle aussitôt.
–Bonsoir Madame Lestrange, dit poliment Meredith avec un grand sourire.
–Bonsoir Meredith, répondit-elle en la laissant entrer.
Amandine Lestrange présenta Meredith à Monsieur Lestrange puis elle la laissa dire bonjour à Rodolphus qui affichait un sourire contraint. Il semblait horriblement mal à l'aise, mais sourit à Meredith durant tout le repas. Meredith parla essentiellement à Amandine, elles échangèrent toutes les deux, nombre de potins que Monsieur Lestrange écoutait avec attention sans y participer.
–Mais dites-moi Meredith qu'est-ce que cette tradition de prénoms dans votre famille ? demanda-t-il soudain.
–Nous donnons toujours des prénoms commençant par un M aux filles, dévoila Meredith.
–Beaucoup de famille on ce genre de règle, remarqua Amandine. Je trouve celle-ci très amusante et puis il y a beaucoup de très jolis prénoms de fille qui commencent par M. Meredith par exemple ! N'est-ce pas Rodolphus ?
–Oui, oui, c'est très joli, répondit Rodolphus avec le même sourire tendu.
–Rodolphus a lui aussi une petite règle, il veut donner son prénom à son fils, expliqua Amandine. C'est charmant, n'est-ce pas ?
–Oui, approuva Meredith, c'est charmant.
Durant le reste du dîner Meredith dû répondre à quatre reprise que Rodolphus était charmant. Elle commençait à être habituée à mentir de la sorte, mais parcontre, Rodolphus, à son grand étonnement, manquait encore de pratique. Lorsque le dessert fut servit, Meredith se mit à compter les minutes pour partir dès que cela ne serait plus inconvenant.
Lorsque enfin elle annonça son départ, Meredith récita toutes les phrases de politesse que sa mère lui avait apprit, et salua la famille.
–Nous étions ravis d'avoir une si bonne compagnie, dit Amandine. N'est-ce pas Rodolphus ?
–Oui ravis, ajouta mécaniquement Rodolphus. Ça m'a fait très plaisir de te voir en dehors de Poudlard, Meredith.
–Moi aussi, répondit Meredith.
Ils finirent leur échange courtois et enfin, Meredith sortit à l'air libre et rentra chez elle. Marine Moon attendait, assise sur un fauteuil devant la porte d'entrée.
–Alors ? demanda-t-elle précipitamment.
–Ça c'est très bien passé, j'ai été parfaite, je n'en dirai pas autant de Rodolphus parcontre, il aurait besoin d'apprendre les règles de « comment se tenir fasse a son éventuelle future fiancée ».
–Peu importe, ce sont les parents qui comptent, tu penses les avoir convaincus ?
–J'en suis persuadée, répondit Meredith. La soirée chez les Croupton devrait te le confirmer. Ils seront présents eux aussi.
–Eux aussi ? Les Croupton vont organiser une grande cérémonie on dirait. Mais parle moi plus précisément de ta soirée ! Qu'a dit Amandine sur ta robe ?
Meredith passa une bonne heure à raconter à sa mère sa soirée. Elle parvint finalement à s'extirper et monta dans sa chambre où Vilmée la rejoignit presque aussitôt.
–Alors Mademoiselle ? Comment c'est passée votre soirée ? demanda à son tour Vilmée impatiente. Comment est Rodolphus ?
–Soumis à ses parents, je n'aurais jamais cru ça, avoua Meredith.
–Vous pensez que cela peut être lui ?
–Oui, il m'a l'air très bien, et puis il lui reste une année à Poudlard, dit Meredith. Cela me laisse encore de la liberté.
Le lendemain, lorsque Vilmée vint réveiller Meredith, elle la trouva au-dessus de la cuvette des toilettes.
–Vous devriez voir un médecin, suggéra Vilmée. Vous êtes malade.
–Mais non, ça passe, dit Meredith. Et puis je ne peux pas être malade, la soirée des Croupton est dans une semaine et je ne connais pas encore le nom de chacun des invités.
–J'insiste Mademoiselle, couina Vilmée.
–Je t'ai dit non, gronda Meredith.
Meredith s'habilla, puis descendit rejoindre sa mère. Meredith passa la journée puis les jours suivant à apprendre le nom de chaque invité de la prochaine soirée.
Et enfin le grand jour arriva. Meredith avait revêtu une toute nouvelle toilette pour l'occasion. Il y aurait plusieurs éventuels prétendants pour elle présent lors de cette soirée et donc elle devait se présenter sous son meilleur jour. La famille des Moon se rejoignit, avant de partir au manoir familial des Croupton. Fidel n'arrêta de questionner sa soeur sur Rodolphus Lestrange qu'une fois qu'ils furent devant la porte. Un elfe leur ouvrit et les conduisit dans un grand salon ouvert sur une longue terrasse où la plupart des invités étaient réunis. La maîtresse de maison arriva à leur rencontre et quelques minutes plus tard, l'enfer recommença pour Meredith qui regrettait pour la première fois son sang.
–Meredith, j'aimerais vous présenter mon neveu, dit madame Croupton en attirant comme par magie un jeune homme blond paille que Meredith se souvenait avoir vu à Poudlard lors de ses jeunes années.
–Caspar Croupton, se présenta-t-il en s'inclinant respectueusement.
Meredith eut son habituel sourire, sauf que celui-ci lui semblait plus sincère.
–Je vous laisse faire connaissance, dit Madame Croupton en s'éloignant.
–Vous venez de terminer vos études à ce qu'il paraît ? demanda-t-il.
–Oui, répondit Meredith.
Elle se gifla mentalement de ne rien dire de plus intéressant devant Caspar.
–Vous étiez à Serpentard je crois ?
–Oui, confirma Meredith. Et si mes souvenirs sont bons, vous, vous étiez à Serdaigle.
–Exactement, dit Caspar ravi.
La conversation s'enchaîna et Meredith et Caspar parlèrent ensemble de longues minutes avant que Pollux Black n'apparaisse pour accaparer la jeune fille.
–Nous aurons sûrement l'occasion de nous parler plus tard dans la soirée, dit Caspar en s'éloignant à regret.
Meredith se retint de ne pas fulminer devant Pollux d'où une forte odeur de whisky s'échappait. Heureusement Devon apparu brusquement, accompagné d'un autre éventuel prétendant. Il laissa Meredith en tête-à-tête avec lui et entraîna Pollux vers le buffet.
–Harfang Londubat, se présenta-t-il.
–Meredith...
–Moon, coupa Harfang. Je sais, on m'a beaucoup parlé de vous.
Harfang Londubat n'était pas spécialement un beau garçon, mais il n'était pas trop repoussant non plus. Meredith constata bientôt qu'il avait de la conversation et était plutôt agréable. Le seul bémol était qu'il avait un peu moins de trente ans.
–La voilà, s'exclama Fidel en adressant un sourire rayonnant à sa soeur.
Meredith constata avec amertume qu'il n'y avait qu'en public que son frère lui souriait.
–Meredith, j'aimerais te présenter Corwin Malefoy.
L'homme avait des cheveux très clairs, Meredith ne put s'empêcher de se demander si la couleur était naturelle.
–Je travaille avec Corwin depuis deux ans maintenant, révéla Fidel radieux. Grâce à lui nous avons fait un joli bénéfice l'année passée. Il m'a conseillé d'investir dans cette potion contre le rhume qui fait sortir de la fumée par les oreilles.
–Cette potion a fait un tabac à Poudlard cet hiver, commenta Meredith.
Fidel ne laissa pas Meredith seule en compagnie de Corwin Malefoy. Il resta avec eux et contrôla toute la conversation ce qui ne la surprit pas beaucoup. Plus tard dans la soirée, le père de Meredith lui présenta Charlus Potter qui venait de réaménager dans le village de son enfance, Godric Hollows. Charlus parla longtemps à Meredith de ce fameux village, il décrivit même les petits monuments locaux qui paraissaient sans intérêt aux yeux de Meredith.
–Meredith ?
Elle se retourna et fit face à Ignatus Prewett.
–Ignatus, souffla Meredith. Je suis contente de te voir.
Charlus et Ignatus se saluèrent juste avant que Charlus ne parte rejoindre le buffet. Meredith était réellement contente de voir un vrai visage amical.
–Comment tu vas ? demanda Ignatus.
–Bien, ma famille me présente beaucoup de monde depuis un mois mais à part ça, tout va bien.
C'était un mensonge, en fait non, Meredith n'allait pas bien du tout, elle angoissait terriblement. Cela commençait même à avoir des répercutions sur son corps et ses vomissements du matin y étaientt sûrement liés.
–Et toi ?
–Je vais bien, je passe de très bonnes vacances, et j'irais chez mes cousins à Casablanca au mois d'août.
–Comment va Kerian ? demanda Meredith à voix basse.
Elle regretta aussitôt d'avoir posée cette question. Ignatus hésita avant de lui répondre.
–Il est chez Minerva en ce moment, répondit-il.
–Ah ? D'accord... bafouilla Meredith.
Soudain elle croisa le regard de sa mère.
–Je vais te laisser, dit Meredith. Je crois que ma mère veut me présenter un nouveau pigeon, je veux dire un nouveau éventuel fiancé.
–D'accord, répondit Ignatus avec un sourire. À plus tard.
Meredith avait une fois de plus mentit : sa mère lui avait fait signe de s'éloigner d'Ignatus. Elle la rejoignit cependant alors qu'elle parlait avec Mélania Black.
–Vous connaissez le fils des Prewett ? demanda Mélania avec un drôle de ton.
La mère de Meredith parut soudain alarmée car les Prewett n'étaient pas vraiment le genre de fréquentation qu'il fallait avoir. Du moins depuis quelques années.
–Oui, nous étions tous les deux préfets à Poudlard, répondit Meredith. J'ai toujours trouvé que c'était l'un des meilleurs éléments. Bien que nous n'avons jamais eu de rapport plus important que ceux que nous impose notre devoir de préfet.
Marine Moon sembla s'apaiser, Meredith avait une fois de plus bien répondu, elle pouvait être fière de sa progéniture.
–Nous ne voyions presque plus les Prewett en société, fit remarquer Mélania. Je suis surprise de les voir ici.
–Moi aussi, répondit Marine. Quel dommage cette famille était tellement impliquée dans la communauté, elle l'est toujours, mais depuis qu'elle fréquente...
Marine ne termina pas sa phrase, Meredith connaissait la suite « Sang-de-Bourbe ». En dehors de ce détail, Ignatus aurait lui aussi fait parti de la liste des éventuels prétendants.
Plus tard, Meredith parla avec Amandine Lestrange qui traînait son fils derrière elle. Puis virent un certain Flint et Rosier qui devaient atteindre prochainement leur quarante ans. C'était bien évidement Fidel qui avait présenté ce dernier à Meredith. La soirée se termina très tard alors que Meredith étouffait sans cesse ses bâillements car elle n'avait qu'une hâte : retrouver Vilmée et son lit. Enfin, Marine vint chercher sa fille pour la prévenir qu'ils partaient. Mira et Devon étaient depuis longtemps partis, la grossesse de Mira lui permettait quelques incorrections.
–Alors Mademoiselle ? Comment c'est passée votre soirée ? demanda Vilmée plus tard.
–Je viens déjà de faire un résumé très détaillé à ma mère alors qu'elle-même était à cette soirée, dévoila Meredith. Alors, on en reparlera demain si tu veux bien.
–Bien sûr, mademoiselle, répondit Vilmée.
Meredith sentit de la déception dans la voix de l'elfe.
–D'accord, abdiqua Meredith. J'ai été parfaite comme d'habitude, parmi ceux que je ne veux surtout pas, il y a Malefoy, Rosier, Potter, Flint et Pollux Black. À la limite Rodolphus peut passer ainsi que Harfang Londubat et Caspar Croupton que j'ai rencontré ce soir.
–C'est merveilleux, couina Vilmée au bord des larmes. J'ai hâte de vous habiller dans votre longue robe blanche.
Meredith se retint de répliquer, qu'importe qui pouvait être le fiancé, elle n'avait toujours pas envie de se marier. Lorsqu'elle se coucha, Meredith remarqua un livre posé sur la table de sa chevet.
–Qu'es-ce que c'est ?
–C'est moi qui l'ai déposé ici, répondit Vilmée gênée. Je me suis dit qu'il pourrait vous être utile.
Meredith lu la couverture « La grossesse chez la femme ».
–Vilmée non seulement je n'ai pas envie de me marier, mais en plus je ne veux surtout pas avoir un enfant maintenant, expliqua Meredith furieuse. Si j'ai la chance d'avoir un époux compréhensif, il acceptera d'attendre.
Vilmée ne répondit rien et sortit mais elle n'emporta pas le livre avec elle.
Le lendemain Meredith se leva sans l'aide de Vilmée et elle fila comme à son habitude vers les toilettes pour vomir. Elle revint ensuite s'asseoir sur son lit en attendant l'elfe. Les yeux de Meredith se posèrent sur le livre qu'elle prit dans ses mains et commença à feuilleter. Le premier chapitre parlait des symptôme de la grossesse, Meredith les lut un par un, puis les relu une seconde fois, puis encore une troisième. Elle ne parvenait pas à comprendre en quoi est-ce que cette liste de mots pouvait la faire paniquer à ce point. Soudain les rouages se mirent en place et Meredith commença enfin à comprendre ce qu'elle avait refusé d'admettre.
Les vertiges... Elle en avait.
Les vomissements... Elle en avait en avait aussi.
L'absence de règle...
Meredith se redressa de son lit, comment avait-elle fait pour ne pas le remarquer ? Cela faisait un mois qu'elle n'était plus à Poudlard alors pourquoi n'avait pas eu ses règles une seule fois durant ce laps de temps ?
La porte de la chambre s'ouvrit et Vilmée entra et elle regarda sa maîtresse et le livre qu'elle tenait à la main.
–Vilmée qu'est-ce que je dois faire ? paniqua Meredith.
En ce 31 juillet, Meredith admit pour la première fois qu'elle était incapable de réagir fasse à une situation.
