Petite voix timide... Coucou... ? Euh... J'ai un chapitre... pour vous... Vous voulez bien me pardonnez pour le retard ?
Franchement, désolée - -' Ces deux dernières semaines sont juste passées super vite et je n'ai pas pu écrire ! Hier soir j'étais en soirée et aujourd'hui je n'ai pas pu revenir chez moi avant 18 heures. Autant dire que j'étais crevée ^^' Heureusement que j'ai déjà la matière pour le chapitre que j'écris et surtout que j'ai quelques chapitres d'avance... Pour tout vous dire je suis sur le chapitre 15, donc j'ai encore des bouées de sauvetages ^^
On va attaquer ici une période noire dans la « réhabilitation » de Tsuna dans la famille Vongola comme vous le verrez. Comme promis on va apprendre quelques petites choses sur le passé et l'enlèvement de Tsuna. Et bientôt les choses sérieuses commenceront ^^ Honnêtement je ne sais pas combien de chapitres cette fic aura... Je me suis pas mal plantée lors de ma dernières fic Les flammes temporelles (oui, je fais de la pub et alors ?! xD), donc je préfère ne rien dire, mais je ne pense pas être arrivée à la moitié ^^
Les personnages et l'univers de Katekyo Himan Reborn ne m'appartiennent pas mais à Akira Amano. Seul quelques points de l'histoire, le scénario et les quelques OC sont issus de mon imagination débordante !
Merci à Mimi et Neko, Tiffou, Tahury, history, MissXYZ, Caliste, Guest, ninolola, lulue79, Rebornx3, inukag9 et Minimiste qui ont posté une review au dernier chapitre.
Merci également à fanais, aranley, addaline, Reima-chan, Minimiste, Fiane-Fiamma, Dixia, Himutsu-chan, Hebihime, Zeyra K, Tomokachan76, anastasia172, Lecfan, Izanami97, Alycia Panther, Yuki-Jiji, fuonhicali, Anonimo XD, mary6987, lupine13, manga-fic-love-sissi, amelieprosper, Akayui, lulue79, Tiffou, amiedu13, , Luce Li, Walarisse, Kyara17, Ekana, neko-chan L, neko-chan200, sacheliane, Caliste, yukixvongola, charlesdoudou, Riddikuluss, Mia Ako-nee, Elrika, Loucat, Sacha Tsukiya, PetitCrapaudBaveux, Minami12, inukag9, Audragon, ao no oni, Blihioma, tahury, Hikari0005, , ninolola, , Naidja, Llamas del Cielo, Ms Akabane, Noxerea, Marou83, Akuma-no-Kitsune, Hebihime, SinaKalissa, Nahel, tisha2803, jilie084, jevierita, Kyona-sama, Rebornx3, TheLadySoul, hiey, HarukaN, misa2, belkeirmed, Naelye, MissSexyBaby, Nama2902, Bottled Memories, history, Akuuma Tsukeshine, JuriiGothic, melamariannie, Darkounette, Cristalya, Dollwing, tsuukuun, Mimi et Neko, 444dodo444, Anlovi, Tsubaki-chan99, Sharo-chan, Natsume1111, Yaml, Sylcian Sph Legacy pour avoir mis en favoris et suivre cette fiction !
Reviews aux reviews anonymes :
MissXYZ : Merci pour la review et pour les compliments. Je suis contente que je chapitre t'ai encore plu et j'espère que celui-là te plaira tout autant ^^
Guest : Merci à toi pour avoir pris le temps de poster une review ^^ Profite bien de ce chapitre !
Juste pour rappeler :
-Parole normale = italien.
-Parole en italique = japonais.
Allez, enjoy !
~ ~ ~ ~OoO~ ~ ~ ~
Chapter 12 : La mort de la Lune.
-Il est vraiment adorable, vous ne trouvez pas ? déclara Kyoko, en regardant l'enfant d'un air attendri.
-Nous devrions peut-être le laisser, non ? déclara Chrome. Sinon, à force de rester à parler à côté, on va le réveiller...
-Mais à rester comme ça, il va attraper froid, fit remarquer Yamamoto, avec une voix inquiète.
-On est en été ! Il ne va pas tomber malade ! s'exclama Lambo.
-Chut, Lambo-chan ! s'empressa de dire Kyoko.
Un grognement inintelligible se fit entendre. Les trois adultes se figèrent en voyant l'enfant bouger dans son sommeil, restant endormi.
-Je suis d'accord avec Yamamoto, déclara en chuchotant Kyoko. Il ne faut pas se fier à la température. Les accidents sont vite arrivés et les maladies également ! Comme il a bien joué cet après-midi, il est bien sûr fatigué, mais à dormir comme ça, son corps va se refroidir trop vite. Trouvons une couverture pour le tenir au chaud.
Gokudera entra alors dans la pièce, les bras chargé de documents, ses lunettes sur le nez et s'arrêta en voyant les quatre adultes tourner la tète vers lui, tous debout autour d'un canapé. Il avait pensé pouvoir être seul pour examiner les derniers dossiers que lui avait demandé d'éplucher Coyote. Il leur lança un regard énervé.
-Qu'est-ce que... s'exclama-t-il d'une voix un peu trop forte pour les personnes présentes dans la pièce.
-Chut ! le coupa Kyoko, tandis que Yamamoto lui faisait de grand signes pour qu'il se taise.
Gokudera haussa un sourcil, avant de se diriger vers le groupe.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il d'une voix plus basse, au grand soulagement des trois autres.
Pour toute réponse, Yamamoto se décala, laissant à Gokudera, le loisir de voir Tsunayoshi endormi sur le canapé. L'enfant avait une respiration calme, ses jambes étaient à moitié repliées sur elles-mêmes, les bras posées pratiquement devant son visage. Dos à eux, il leur montrait néanmoins un spectacle très attendrissant. La future génération n'avait en effet jamais vu l'enfant dormir en pleine journée, en trois semaines depuis qu'il était arrivé au manoir. Aussi Gokudera se tourna vers eux :
-Comment se fait-il que Tsunayoshi-sama dorme ? Vous l'avez épuisé, avouez-le ! C'est toi, Aho ushi !?
-Mah, mah, tranquillisa Yamamoto en rigolant à moitié. Tu montes sur tes grand chevaux quand il s'agit de Tsuna... Calme-toi, un peu.
-Arrête de parler de lui aussi familièrement, espèce d'idiot ! Je te rappelle que...
-Les garçons, enfin ! s'énerva Kyoko. Vous allez réveiller, Tsuna-kun! Et si tu veux tout savoir, Hayato-kun, Tsuna a beaucoup joué ce matin et il est allé regarder Yamamoto faire son entraînement de kendo. C'est pour ça qu'il est aussi fatigué. Ça n'a rien de bizarre qu'il soit endormi ! Ce n'est après tout encore qu'un enfant !
-Bon, très bien... en convint Gokudera. Mais pourquoi vous ne l'avez pas amené dans sa chambre ? Il y serait mieux, non ?
-Nous ne voulions pas le réveiller, répondit Chrome. Tsuna-chan sent tout ce qu'il se passe : il suffit que l'un de nous s'approche trop près de lui pendant son sommeil pour qu'il bouge et ne manque de se réveiller. Nous avons déjà essayé.
-Donc vous allez le laisser comme ça ? s'insurgea Gokudera.
-Bien sûr que non, nous...
Un grognement en provenance de la forme allongée de Tsuna se fit entendre, cette fois plus distinctement. Les adultes à ce son, se turent de nouveau, espérant que l'enfant se rendorme. Après tout, si l'enfant avait besoin de dormir, autant tout faire pour qu'il fasse ce dont il a besoin. Cependant, cette fois les grognements ne s'arrêtèrent pas, avant de se transformer en gémissement plaintifs et apeurés. Les adultes ne comprenant ce qu'il se passait, baissèrent leur regard vers Tsuna en même temps. Le visage, juste avant serein, de l'enfant s'était tordu en une moue douloureuse et effrayée. Sa mâchoire crispée tremblait, les dents de l'enfant s'entrechoquant dans un petit bruit stressant. Des soubresauts agitaient son corps tandis que les cris plaintifs commençaient à résonner dans le grand salon. Les doigts s'étaient refermés sur la paume des mains respectives, dévoilant les jointures blanches. Quand une minuscule goutte de sang coula sur le canapé, les adultes se remirent de leur choc Alerté, Gokudera se pencha sur l'enfant et essaya de le secouer pour le réveiller, l'enfant étant très certainement pris dans un mauvais rêve...
-Non... entendit-t-il Tsuna souffler... Pitié... Tuez-moi...
… un très mauvais rêve...
Les mots choquèrent Gokudera ainsi que les autres adultes. Il essaya de réveiller l'enfant mais celui-ci semblait être bien trop obnubilé par la vision qu'il avait dans son esprit pour pouvoir en sortir.
-Chrome ! Éloigne Kyoko ! cria Gokudera à l'adresse de la jeune illusionniste, avant de se tourner vers Lambo. Toi, va chercher quelqu'un... je ne sais pas qui... Ryohei, par exemple !
-Que se passe-t-il ici ? demanda alors une voix tandis que la porte s'ouvrit une nouvelle fois.
Gokudera regarda les nouveaux arrivants, découvrant Ganauche et Coyote. Les yeux du gardien de la Foudre tombèrent alors sur la forme de Tsuna qui cauchemardait, avant de s'écarquiller d'angoisse
-Mon dieu ! Tsuna !
Il se précipita sur l'enfant, poussant d'autorité l'argenté. Gokudera ressentit le besoin de s'affirmer devant le gardien de la neuvième génération. Tsuna était son protégé à lui également. Mais il avait entendu dire que le gardien de la Foudre du Nono s'était extrêmement attaché à Tsuna depuis que lui et les gardiens l'avaient trouvé. Aussi connaissait-il mieux l'enfant et ses réactions. A contrecœur, Gokudera laissa sa place à Ganauche qui, n'ayant aucune connaissance du combat intérieur de Gokudera, passa sa main sur le front de l'enfant plusieurs fois, chuchotant des paroles rassurantes. Il passa également une main sur le torse de l'enfant, espérant l'apaiser. Tout le monde aurait pu croire que l'enfant se serait calmé et se serait soit rendormi, soit réveillé avec un peu de douceur avec toutes ces attentions. Mais il n'en fut rien.
L'enfant se réveilla en sursaut, se redressant brusquement, manquant de se cogner contre Ganauche qui l'évita souplement. Les bras de l'enfant tremblaient comme jamais, tandis que dans ses yeux caramels, où il y a encore quelque heures, brillait la joie et de la vie, une sombre et craintive aura étincelait. Cela fit mal aux futurs gardiens de voir un enfant si jeune avoir un tel regard. Gokudera scruta l'expression de Ganauche qui s'était assombrie et était attristée. Gokudera comprit, à l'absence de surprise visible sur son visage, que ce n'était pas la première fois que Tsunayoshi faisait une telle crise. Le gardien de la Foudre retira sa main du torse de l'enfant pour les poser sur les joues de l'enfant. L'enfant n'avait pas dû s'y attendre pour encore n'était-il pas encore sorti de son cauchemar car il sursauta au contact de Ganauche. Celui-ci ne cessait pas de lui murmurer des paroles censées l'apaiser. L'enfant finit par croiser le regard inquiet et triste de Ganauche.
-C'est ça, Tsunayoshi... Concentre-toi sur ma voix... Ce n'était qu'un cauchemar. Tout va bien, maintenant. Je suis là... Coyote est là aussi... Et Gokudera aussi... Nous sommes tous là, Tsunayoshi.
L'enfant ne réagit tout d'abord pas. Puis ses yeux se mouillèrent de larmes qui finirent par couler sur ses joues.
-Ga... Ganauche-san... déclara l'enfant qui restait droit comme un piquet, tétanisé.
Puis Tsuna sauta sur Ganauche, enfouissant son visage dans le cou de l'adulte, ses pleurs revenant en force. Ganauche s'étonna de cette réaction : jamais Tsuna n'avait recherché de réconfort de cette façon-là. Mais les paroles de Tsuna lui offrirent un début de réponse.
-Ils... Ils l'ont tuée... Ils ont tué...
-Que... s'étonna Ganauche, n'ayant jamais entendu cela de la part de l'enfant. Que se passe-t-il, Tsunayo...
-Ils ont tué Luna... pleura doucement Tsuna, dans un souffle si bien que seul Ganauche put l'entendre.
Le gardien fronça les sourcil au nom féminin que Tsuna avait prononcé. Jamais l'enfant ne lui avait parlé d'une quelconque Luna. Et il ne pensait pas qu'une de leur subordonné ou membre de leur personnel s'appelait ainsi. Il prit l'enfant dans ses bras et tenta de le bercer, essayant d'atténuer la peine de l'enfant. Car peu importe ce qu'il y avait bien dans ce cauchemar, la mort de quelqu'un était bien assez traumatisant pour un enfant. Il jeta un regard suppliant à Coyote qui comprit assez vite le message. Il se tourna vers les autres personnes présentes dans la pièce qui regardaient d'un air inquiet le duo que formait l'enfant et l'adulte.
-Allez, sortez d'ici ! Le gamin a besoin de calme et d'être seul.
-Mais... Tsuna... hésita Yamamoto, dans sa langue natale, bien qu'il soit surpris que les gardiens de la neuvième génération l'utilise soudainement.
-Est-ce qu'il ira bien ? s'angoissa Kyoko, que Chrome avait pris par les épaules pour la soutenir après les premières paroles de Tsuna.
-Ganauche s'en occupe, assura Coyote. Mais ça ne sert à rien d'être tous là dans la pièce à le regarder comme une bête ! Laissons-le avec Ganauche. Lui seul sait ce qu'il faut rien dans ces cas-là...
-Ces cas-là ? répéta Yamamoto. Ça s'est déjà passé ?
-Plus de questions ! rugit Coyote. Sortez d'ici, c'est tout !
Sous le regard dur et le ton énervé du gardien de la Tempête, la future génération des Vongola sortirent de la pièce. Coyote se dirigea vers la porte avant de se tourner vers Gokudera qui n'avait pas bougé :
-Gokudera, toi aussi !
-Je reste, décréta Gokudera, avec un regard déterminé.
-Gokudera, soupira d'un air agacé Coyote. Je n'ai pas le temps pour ça. Sortons de là et laissons Ganauche s'occuper de Tsunayoshi.
-Tu disais que seul Ganauche pouvait le calmer, n'est-ce pas ? commença Gokudera tandis que le concerné fronça les sourcil en lui lançant un regard interrogateur, un Tsuna pleurant toujours sur son épaule, le visage caché.
-C'est exact, répondit Coyote. Et alors ?
-Si jamais Ganauche devait partir pour une quelconque mission et qu'il ne puisse pas être présent au cas où ce genre de problème reviendrait, je voudrai être celui qui puisse apaiser Tsunayoshi-sama. C'est pourquoi je veux rester.
Coyote allait répliquer quand Ganauche l'arrêta.
-C'est bon, Coyote, déclara le gardien de la Foudre en se redressant portant Tsuna dans ses bras. Gokudera a raison. De plus, Tsuna a l'air de beaucoup apprécier Gokudera. Celui-ci serait le seul à même à pouvoir le réconforter si jamais cela arrive.
Si les oreilles de Gokudera rougirent à la mention du fait que l'enfant l'appréciait, l'expression de l'argenté resta impassible. Le gardien de la Tempête soupira, défait.
-Très bien, si tu le dis, Ganauche...
-Alors moi aussi ! décida Yamamoto qui avait entendu toute la conversation.
-Pas question ! s'exclama Coyote. Laissez ce gosse tranquille bon sang ! Il n'a pas besoin d'avoir tout un troupeau autour de lui quand il est dans cet état ! Je sais que vous voulez l'aider, mais ce qui l'aidera, ce ne sera pas ça. Alors laissez-le !
A contrecœur, les adultes sortirent de la pièce. Coyote referma la porte derrière eux tout en continuant d'invectiver Yamamoto et Lambo qui ne déguerpissait pas assez vite à son avis. Une fois seuls, Ganauche se tourna vers Gokudera.
-Tout d'abord il faut que tu saches que ce n'est pas la première fois que Tsuna fait ce genre de crise. Et elles durent plus ou moins longtemps, dépendant de l'état ou de la durée de son cauchemar.
-Je n'en ai jamais entendu parler, déclara Gokudera, en se mordant les lèvres, coupable.
-Tu n'y es pour rien : les crises de Tsuna sont souvent au milieu de la nuit. Et étant donné que sa chambre est près de la mienne, je suis le premier averti. Il ne dort pratiquement jamais le jour, car il a bien trop peur de faire ce genre de rêve devant vous et ainsi de vous inquiéter. Même tout le monde dans la neuvième génération n'est pas au courant. Seuls Nono, Coyote, Brow, Croquant, moi et bientôt toi, sont au courant de cela. Et pendant la journée, il est si plein de vie et de joie que moi-même j'en oublies ses rêves et ses crises.
-A quoi sont dus ces rêves ?
Ganauche haussa un sourcil :
-Tu n'en as pas une petite idée ?
-Son enlèvement ?
Ganauche acquiesça, jetant un regard désolé à l'enfant dont les pleurs s'étaient transformés en reniflements. Mais il savait qu'il ne devait pas l'éloigner de lui, sinon la crise reprendrait de plus belle. Gokudera fit remarquer :
-Ne devrions-nous pas parler en italien pour éviter que Tsunayoshi-sama comprenne ce que... ?
-Non. Ce serait pire. L'italien fait peur à Tsuna quand il est dans cet état-là. Ces ravisseurs parlaient italien. Aussi quand il se réveille après un de ses cauchemars et qu'il entend parler italien, il a l'impression de retourner là-bas, au moment de sa période de torture. D'ailleurs n'auriez-vous pas parler en italien à côté de Tsunayoshi alors qu'il dormait ?
-En effet. Comment le savez... Attendez vous croyiez que... ? s'exclama Gokudera, horrifié.
-J'en suis pratiquement sûr, répondit Ganauche en hochant la tête. Inconsciemment, il a dû vous entendre et s'est senti menacé car il ne comprend toujours pas l'italien. Voilà la première règle pour calmer Tsunayoshi. Parler sa langue natale. Ça l'apaise un peu, car je ne pense qu'aucun de ses ravisseurs ne lui a jamais parlé japonais là-bas. Il comprend instinctivement qu'il n'est pas totalement en danger. Mais ce n'est pas suffisant pour arrêter sa crise...
-Que faut-il faire ?
Gnauche soupira.
-Il n'y a rien de spécial à faire... Il faut être à ses côtés et ne pas le lâcher. Si je le lâche maintenant sa crise reprendra, soit plus tard dans la journée soit tout de suite.
-Cela peut durer longtemps ?
-Normalement, ses cauchemars le réveillent en plein milieu de la nuit, et parfois il ne se calme qu'à l'aube. Elles sont rares. Depuis qu'il est arrivé au manoir, il a dû en faire trois ou quatre. Celle-ci doit être la cinquième, mais j'ai bien l'impression qu'elle est aussi la plus dure.
-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
-Eh bien... hésita Ganauche, gêné. C'est la première fois que j'entends parler de... ce nom... et qu'il parle de mort.
-Ordinairement il dit quoi ?
-Justement, il ne parle jamais ! Je n'ai jamais réussi à lui faire révéler quoi que ce soit. Mais je ne serais pas étonné que ce qui s'y passe soit bien plus dur que tout ce qu'on a pu entendre.
-Peut-être que le mieux serait qu'on lui fasse dire ce qu'il s'est passé là-bas...
-Un traitement de choc ? s'exclama Ganauche. Nous en avons déjà discuté avec les gardiens... mais nous ne sommes pas sûrs que ce soit une bonne idée... nous avons peur que Tsuna ne s'en remette pas...
-Ganauche-san... appela la petit voix tremblante et secouée de sanglots de Tsuna.
-Tsuna... apaisa Ganauche en redonnant toute son attention à l'enfant dans ses bras, qui resta néanmoins le visage caché dans les vêtements de l'adulte. Ça va mieux ?
-Je suis désolé...
-Ce n'est pas de ta faute, Tsuna... Tu n'y es pour rien, sourit tristement Ganauche.
-Non.. je parlais... du fait de ne rien vous avoir dit...
Ganauche se figea aux paroles de Tsuna. Il s'empressa de dire.
-Non ! Si tu ne veux pas en parler, Tsuna, tu n'as pas à nous en parler ! Personne ne te forcera à quoique ce soit !
-Mais... vous m'avez sauvé et vous m'avez accepté ! chuchota l'enfant. J'en suis très heureux... mais... la moindre des choses serait que je vous dise... Et puis je sais que Visconti-oji-san cherche encore ceux qui m'ont fait ça... Le mieux serait que je parle pour qu'on les retrouve et qu'on les arrête avant qu'il en fasse subir ça à quelqu'un d'autre !
-Mais... tenta Ganauche, le cœur brisé en voyant que Tsuna pensait encore à quelqu'un d'autre plutôt que lui.
L'enfant se sépara de l'adulte, révélant un visage bouffi par les larmes, les sillons qu'elles avaient creusés devenant progressivement rouges. Un sourire triste et forcé se trouvait sur ses lèvres.
-Je ne sais pas si ce que je vous dirais... pourrait permettre de les retrouver... Mais peut-être pourriez-vous les répéter à Visconti-san...
-Je...
Ganauche se mordit furieusement les lèvres, ne sachant quoi dire. Il savait que ce que disait l'enfant était vrai : jamais il ne pourrait trouver d'indices qui pourraient les aider dans leur recherches avec les moyens habituels, étant donné que les rares données qu'ils possédaient, avaient soit une cause légale donc inutiles dans la mafia, soit étaient vieilles de près de quinze ans, autrement dit pouvaient être fausses, sans pouvoir les vérifier. Seul un témoin direct pouvait leur offrir des données fiables, mais le seul qu'ils avaient était Tsuna, l'enfant qui en a été également victime. Le fait de devoir demander ces informations à un enfant de dix ans et surtout qui en était toujours traumatisé et, ce, après une crise, dépassait de loin ce qu'il pouvait demander à Tsuna.
Tsuna lui lança un regard triste.
-Je sais à quoi vous pensez, Ganauche-san... Mais c'est important. Si ces hommes ont pu me faire ça, ils ont aussi pu le faire à d'autres... Je veux pouvoir empêcher ça.
Ganauche et Gokudera savait pertinemment qu'il y avait de moindres chances que les ravisseurs, à supposer qu'il y en avait capable de continuer leurs expériences parmi ceux qui avaient survécu, le fasse. Tsuna étant le prochain Decimo, il était probable que ce ne soit que pour ça que les hommes l'avaient enlevé. Mais ils ne pouvaient pas le dire... Pas maintenant. Ganauche soupira.
-Est-ce vraiment ce que tu veux, Tsunayoshi ? Nous ne t'obligeons pas à le faire...
-Je veux vous aider.
Ganauche acquiesça. Il s'installa sur la canapé et plaça Tsuna à côté. Gokudera s'assit sur l'accoudoir, juste derrière Tsuna qui était placé légèrement en face de Ganauche. Le gardien se mordit les lèvres avant de poser la question qui, malgré lui, lui brûlait les lèvres.
-Est-ce que tu te souviens comment tu as été enlevé ?
Ganauche se rappelait parfaitement du mystère qui planait autour des circonstances de l'enlèvement : il n'y avait eu aucune trace de lutte ou même de cris. Les parents de Tsunayoshi n'avaient remarqué l'absence de leur enfant que vers le midi, lors du repas. Il ne l'avait pas vu depuis le milieu de la matinée, quand Tsuna était parti jouer avec des amis, selon les dires d'Iemitsu.
Tsuna hocha la tête.
-Eh bien... Je... Je me suis perdu. Quand j'ai essayé de retrouver le chemin de la maison, je me suis encore plus perdu. Je ne sais pas trop combien de temps s'est passé, mais j'ai fini par trouver un homme dans la forêt. Il m'a demandé ce que je faisais là et quand je lui ai parlé de moi et de mes parents qui devaient être inquiets, il m'a assuré qu'il me ramènerait chez moi. Je ne sais pas pourquoi je lui ais fait confiance, mais il était la seule personne que je voyais depuis très longtemps et il était le seul à pouvoir me ramener chez moi... Quand j'ai commencé à le suivre dans les bois, j'ai senti une odeur bizarre. Puis il s'est retourné brusquement vers moi et j'ai eu le temps de voir qu'il me faisait sentir une odeur très forte dans un chiffon. J'ai commencé à avoir le vertige et ensuite tout était noir.
-Du chloroforme, sans doute, détermina Gokudera.
Ganauche acquiesça.
-Est-ce que tu te souviens de quoi que ce soit sur lui ? Il n'était pas masqué, non ?
-Non. J'ai pu voir son visage. Il avait des yeux verts foncés, il était assez vieux, plus vieux que mon père, j'en suis presque sûr ! Je crois qu'il avait des cheveux blonds, mais je ne suis pas trop sûr parce qu'il avait un chapeau noir sur la tête. Ah, je crois qu'il lui manquait un bout d'oreille et son nez était tordu
Ganauche fronça les sourcils, le portrait que lui donnait Tsuna sur l'homme semblait correspondre à... Il leva les yeux vers Gokudera, qui avait la même mine soucieuse. Seulement le plus jeune acquiesça. Ganauche se retint de pousser un juron, ne voulant pas éveiller les soupçons de Tsuna. L'homme dont il faisait le portrait ressemblait à s'y méprendre à un mercenaire très connu, il y a des années spécialisé dans les enlèvements de toutes sortes. Cependant, il lui semblait aussi que l'homme avait été tué il y a cinq ans dans une fusillade dans un des quartiers chauds d'une ville italienne. Donc impossible de lui tirer les vers du nez...
-Quand je me suis réveillé, continua Tsuna sans s'apercevoir des signes des deux hommes, tout était noir devant moi. Je me suis rendu compte que j'étais dans une cellule mais entourée de murs. Je ne sais pas combien de temps j'ai attendu et appelé. Puis j'ai entendu un bruit venant de derrière un mur. Puis le mur s'est ouvert et là j'ai... vu... ces hommes...
Ganauche ferma les yeux en entendant la voix cassée de l'enfant. Gokudera posa une main sur l'épaule de Tsuna. Celui-ci prit une grande inspiration, essayant de passer outre ses émotions. Il continua.
-Ils m'ont sorti de ma cellule, puis ils m'ont allongé sur une table et m'y ont attaché... Puis il ont commencé...
-Tsunayoshi-sama, intervint Gokudera. Si vous ne voulez pas raconter en détail ce qu'il s'est passé, vous pouvez les passer. On ne vous en voudra pas.
Gokudera et Ganauche ne loupèrent pas le soupir de soulagement de l'enfant tandis qu'il hochait la tête, reconnaissant.
-Ces hommes essayaient parfois de ma parler pendant leurs... expériences. Mais comme je ne parlais pas l'italien, je ne les comprenais pas. Eux, non plus ne parlaient pas ma langue. Alors ils ont commencé à s'énerver : leurs expériences s'intensifiaient. Mais parmi eux, il y avait toujours quelqu'un qui avait attiré mon regard et ce depuis qu'ils m'avaient sorti de ma cellule pour la première fois.
-En quoi a-t-il attiré ton attention ? demanda précipitamment Ganauche, persuadé de voir là un indice sur l'identité de la famiglia.
-Il avait un masque blanc qui recouvrait tout son visage, sourit Tsuna. Les autres aussi avaient des masques, mais c'était des masques, comme ceux qu'ont les docteurs.
-Des masques chirurgicaux ?
-C'est ça, s'exclama Tsuna, avant de reprendre. Mais le masque blanc qu'avait la personne qui attirait mon attention, était un masque qui cachait tout son visage. Un peu comme les masques qu'on trouve pour les déguisements. Il était aussi décoré avec des gouttes noires, qui faisaient penser à des larmes... Mais cette personne ne participait jamais aux expériences : elle restait souvent près des murs et ne faisait que surveiller. Je n'avais jamais entendu sa voix jusqu'à ce jour-là...
-Ce jour là ? répéta Gokudera.
-Oui... Cette personne m'a aidé en arrêtant les autres scientifiques. Encore aujourd'hui, je ne sais pas trop ce qu'ils voulaient faire... Ils m'ont emmené dans une autre pièce...
-Attends... une autre pièce ? répéta Ganauche. Mais Tsunayoshi, il n'y avait qu'un seule pièce : celle où nous t'avons trouvé.
-Non, il y en avait d'autres. Toutes sont séparés dans des murs. Je ne sais pas trop pourquoi elles étaient autant cachées, mais je me souviens que les murs se déplaçaient...
-Tu sais comment ils y accédaient ?
-Ils avaient des cartes... Je me souviens d'un grand escalier qui menait encore plus bas que là où vous m'avez trouvé...
Ganauche acquiesça, notant dans un coin de sa tête cette information et surtout d'en faire part à Visconti qui coinçait sur l'affaire par le manque d'indices. Il y avait peut-être dans les autres salles quelque chose qui pourrait leur servir à remonter jusqu'à la famille responsable de l'enlèvement de Tsuna.
-Très bien. Continues.
- Donc ils m'avaient emmenés dans une autre salle. Je parle des autres hommes. Ils ne m'avaient pas mis sur la table... Ils m'avaient entièrement déshabillé... Et eux-mêmes ont commencé à se déshabiller pendant deux autres me tenaient et...
-Tsuna ! s'écria Ganauche brusquement, d'une voix terrifiée et horrifiée, en prenant l'enfant par les épaules. Dis-moi qu'ils ne t'ont pas fait ça !
Les deux adultes avaient pâli en entendant les premiers mots de l'enfant. Gokudera se retenait de hurler de désespoir en se mordant les lèvres, les mêmes yeux ronds et désespérés que ceux de Gnauche. Tsuna s'empressa alors de dire :
-Non ! Non, ils n'ont rien fait ! Ils n'ont pas eut le temps...
Il scruta les visages soulagés des deux adultes, qui se remettaient lentement de leur peur. Ganauche avait joint les mains après avoir relâché les épaules de l'enfant, les coudes sur ses genoux, et avait posé son front sur celles-ci, murmurant des prières de soulagement, tandis que Gokudera s'était levé, le visage encore figé dans la peur qu'il avait eu. Le dégoût et l'horreur pouvait encore se lire dans ses yeux. Le jeune homme avait plongé sa main dans ses poches, sortant un briquet et des cigarettes, et après avoir ouvert la fenêtre, commença à fumer pour laisser partir son stress. Ganauche qui, comprit parfaitement l'état de Gokudera ne put s'empêcher de faire remarquer.
-Timoteo va te tuer s'il voit que tu fumes dans le manoir.
-Rien à foutre... déclara l'argenté, d'une voix sourde. J'en ai besoin...
Tsunayoshi garda le silence mais sursauta quand il entendit Gokudera frapper contre le linteau de la fenêtre.
-Les fumiers ! Les salauds ! Comment ont-il pu ne serait-ce qu'y penser !? Les enfoirés ! Les conn...
-Gokudera ! s'exclama Ganauche. Je comprend ta réaction mais calme-toi ! Tu fais peur à Tsunayoshi !
-Alors, c'était si grave que ça ce qu'il ont voulu faire ? demanda Tsuna, apeuré d'avoir failli être victime de quelque chose qui faisait aussi peur à Gokudera.
-Oui... Mais je ne t'en dirais pas plus pour l'instant Tsunayoshi, répondit en grimaçant Ganauche. Ne fais pas attention à Gokudera il va s'en remettre. Continues plutôt, tu vas voir il va revenir bien vite..
-Tch ! entendirent-ils depuis la fenêtre derrière eux.
Ganauche eut un petit sourire avant de se tourner vers l'enfant.
-Tu as dit que l'homme au masque blanc les avait arrêté...
-Oui. Tandis que deux hommes me tenaient, La personne au masque blanc est entré dans la pièce. Elle a poussé un cri horrible, j'ai cru qu'il allait qu'elle jeter sur nous. Mais elle s'est jetée sur moi. Elle m'a pris le bras et a emporté mes vêtements avant de remonter brusquement dans les salles supérieures. J'en ai eu mal au bras, tellement sa prise était forte. Elle m'a ramené dans ma cellule et m'a jeté à l'intérieur et a refermé à double tour la porte et le mur. Je ne sais pas trop ce que qui s'est passé après. Mais je me souviens de cris, de bruits sourd et de coups de feu. Je n'ai pas essayé de chercher à comprendre. Comme j'avais froid, je me suis rhabillé et je me suis endormi. J'avais voulu profiter du fait que j'étais revenu dans ma cellule plus tôt pour dormir un peu plus que d'habitude. Mais la personne au masque blanc n'en a pas voulu ainsi. Après que je me sois endormi, j'ai été réveillé pendant la nuit. Je savais que c'était la nuit parce qu'il y avait dans ma cellule un petit trou qui laissait passer la lumière du jour. Comme je ne voyais pas la petite lumière, j'ai compris qu'il faisait nuit. Mais ce qui m'avait réveillé était le fait que j'entendais quelqu'un entrer dans la salle derrière le mur de ma prison. Quand le mur s'est écarté, j'ai vu la personne au masque blanc devant la porte de ma cellule. J'ai commencé à avoir peur, mais la personne m'a rassuré. J'ai été surpris par sa voix douce. Puis la personne a retiré son masque et j'ai pu voir que c'était une femme.
-Une femme ? s'exclama les deux adultes, extrêmement étonné.
Tsuna acquiesça doucement, un petit sourire sur les lèvres en se souvenant de sa première conversation avec la jeune femme.
Un Tsunayoshi âgé de neuf ans se réveilla en sursaut en entendant les grincements et des bruits de pas s'approcher de sa cellule. Il regarda autour de lui, et n'apercevant pas la lumière qui descendait habituellement dans la cellule, le prévenant du début de la journée, il comprit que le soleil ne s'était pas levé. Pourquoi venait-on le chercher dans la nuit ? Était-ce les hommes de la veille qui revenaient finir ce qu'ils avaient commencé ? Tsunayoshi ne savait pas trop ce qu'ils avaient compté faire, mais son esprit ne voulait continuer. Tout son corps et son esprit n'avaient fait que lui crier de s'échapper, qu'il n'aurait aimé ce qu'ils avaient essayé de faire. Mais étrangement, ces sensations avaient maintenant disparues, et puis il ne pouvait pas s'échapper d'ici. Il n'y avait aucune sortie. Tout ce qu'il pouvait faire c'était se replier sur lui-même, se tasser au fond du trou qu'il lui servait de cellule. Ce qu'il fit. Il s'était à peine retourné pour voir qui allait ouvrir la porte que le mur s'écarta. Le masque blanc de l'homme qui l'avait sauvé la veille apparut alors. Même si Tsuna lui en était reconnaissant, il se souvenait encore comment il lui avait agrippé au bras, la douleur ayant laissé place à un énorme bleu, entourant tout son bras. Et puis, il était devenu méfiant envers tout adulte qui se présentait à lui dans cet endroit, habité par des fous, qui ne faisaient que regarder comment son corps réagissait quand ils lui injectaient tel ou tel produit, ou lui hurler dessus après qu'ils essayaient de lui parler gentiment en italien, qui le battaient à la moindre apparition de larmes. Tsuna espérait qu'un jour quelqu'un se rendrait compte qu'il se passait quelque chose dans cette maison, quelque soit l'endroit où ils étaient et prévienne sa famille. Mais il savaient qu'il n'y avait que peu d'espoir dans cette maison...
Aussi se tassa-t-il encore plus contre le mur, espérant que l'homme le laisse tranquille. L'homme entra la cellule, assez haute pour que son sauveur de la veille puisse y accéder en s'agenouillant. La personne au masque blanc en sentant la peur de l'enfant plaça ses mains en signe d'apaisement et parla en italien.
-Tout doux, je ne te veux aucun mal.
Si le jeune Tsuna en comprenait pas l'italien, il put néanmoins pas ignorer la voix calme et apaisante de la personne devant lui. Inconsciemment, il se détendit quelque peu mais resta tout de même sur ses gardes.
-Ah... c'est vrai... tu ne comprends pas l'italien... Pardon, j'avais oublié.
Tsuna sursauta en entendant la seule langue qu'il connaissait sortir du masque que portait la personne.
-Vous... Vous savez parler japonais ? demanda Tsuna avec une voix enrouée, qui montrait la fatigue de ses cordes vocales à force de hurler pendant les séances d'expériences, en fait du fait qu'il n'avait plus parler depuis son enlèvement, n'ayant personne d'autre avec qui partager ses angoisses.
-Oui... Attends juste une minute...
La main de la personne se posa sur son masque. Il y eu un petit bruit sourd tandis que le masque se détachait de son visage, laissait alors apparaître un visage féminin. Les yeux de Tsuna devinrent alors des billes en voyant la beauté envoûtante de la femme. Sa peau était légèrement blanche, rehaussant la couleur de ses cheveux noirs qu'elle avait détaché. Un nez long et fin surmontait des lèvres fines qui s'étiraient en un sourire triste, tandis que ses yeux d'une splendide couleur argentée regardait l'enfant avec pitié. Mais l'enfant de neuf était bien trop estomaqué pour s'en apercevoir. La femme avait un visage jeune bien que des signes que Tsuna pouvait remarquer, montraient qu'elle approchait la quarantaine. Quelques rides légères et gracieuses au niveau des yeux, ressemblant à des moustaches de félins, rehaussaient son regard. Deux autres au niveau de ses joues, entourant le niveau de la bouche, complétaient son visage, sans rien entacher de sa beauté. La femme aux yeux d'argent se pencha vers lui.
-Je peux m'approcher ?
Tsuna hésita, mais ne sentant aucune intention mauvaise, au contraire des autres, acquiesça silencieusement. La femme le remercia d'un sourire avant de s'approcher de l'enfant. Elle sortit quelque chose de sa poche. Tsuna se raidit instinctivement. La femme s'en aperçut.
-Ne t'inquiète pas, ça va te faire du bien, rassura-t-elle en lui montrant une pommade. Montre moi ton bras.
Tsuna comprenant de quel bras elle voulait parler, lui tendit le gauche orné du bleu qu'elle lui avait fait quelque heures plus tôt, grimaçant en le bougeant. La femme soupira. Elle fit glisser un peu de la substance blanche sur ses doigts fins et l'appliqua en massant sur le bleu de l'enfant qui frissonna à la fraîcheur du produit.
-Je suis désolée... commença-t-elle. Je ne pensais pas que je t'avais attrapé avec tant de force.
-Pourquoi vous me soignez ? demanda Tsuna, suspicieusement.
La femme leva les yeux vers lui avant de se concentrer de nouveau sur le bleu de l'enfant.
-Parce que je t'ai blessé.
-Ce n'est rien, ce n'est qu'un bleu... commença Tsuna
-C'est vrai, déclara la femme, tandis que ses yeux étincelèrent de colère. Ce n'est rien par rapport à ce qu'ils auraient pu te faire !
Mais la colère de la jeune femme fut douché par le regard interloqué de l'enfant.
-Qu'est-ce qu'ils voulaient me faire ?
La femme baissa les yeux.
-Non rien... Je ne voudrais pas briser ton innocence plus qu'elle ne l'est déjà... répondit-elle avec une voix énigmatique.
-Pourquoi vous m'avez aidé ? Vous êtes une gentille, c'est ça ?
-Une... gentille... ? répéta doucement la femme, perdue dans ses pensées. C'est assez compliqué, bambino... Mais... on peut peut-être dire que je suis une gentille pour cette fois-là...
-Alors pourquoi vous ne me sauvez pas ? s'écria Tsuna surprenant la femme. Pourquoi vous ne me sortez pas de là ? Pourquoi vous les laissez me faire du mal ? Pourquoi vous ne les arrêtez pas ?
-Chut ! intima la femme, alerte en jetant un regard en arrière. Personne ne doit savoir que je suis venue te voir !
-Mais vous êtes assez forte pour savoir les battre non ? Vous les avez bien arrêtés tout à l'heure... Alors pourquoi ?
-Bambino... souffla la femme en soupirant. Je suis désolée, mais je ne peux pas t'aider.
-Vous êtes de leur côté, alors ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
-Non ! s'insurgea-t-elle. Je suis une prisonnière ici, tout comme toi.
-Pourtant vous n'êtes pas en prison et ils ne vous font rien à vous !
-Il existe d'autre formes de prisons, bambino... soupira la femme, attristée.
-Que voulez-vous dire ? s'étonna Tsuna, ne comprenant pas où voulait en venir la femme.
Elle eut une grimace, et après s'être assurée que personne ne venait dans la salle, elle redirigea son attention vers l'enfant.
-Est-ce que tu connais la différence entre le bien et le mal ?
-Vous voulez dire entre les personnes gentilles et les personnes mauvaises ?
-Oui. Tu connais la différence ?
Tsuna secoua la tête. La femme continua :
-Une personne gentille ne ferait jamais de mal à personne et, parfois elle peut aussi essayer d'en sauver le plus possible. Tandis que la personne mauvaise ne va pas se soucier s'il fait du mal à quiconque.
-Ils vous ont menacé de vous tuer si vous ne leur obéissez pas ? demanda Tsuna.
-Oui... Mais ce n'est pas ça le plus important pour moi...
Tsuna attendit, suspendu aux lèvres de la femme. Celui-ci eut un sourire attendri, illuminant son visage.
-J'ai une fille... Elle doit avoir deux ou trois de moins que toi... Cela fait longtemps que je ne l'ai plus vue. Les hommes qui te font du mal, m'ont promis de la tuer si jamais je ne faisais pas ce qu'ils demandaient. Désolée de faire passer ma famille avant toi, bambino... je dois te paraître égoïste, mais en tant que mère que je ne peux l'abandonner.
Tsuna secoua doucement la tête. Il ne pouvait que comprendre. Il savait que jamais sa mère ne l'abandonnerait jamais. C'était sa mère après tout. Il était normal qu'une mère se préoccupe plus de son enfant que des autres : c'était dans leurs gênes. Et c'était une source de réconfort pour leurs enfants. Une idée germa alors dans l'esprit de l'enfant.
-Vous pouvez alors demandez à ces hommes ce qu'ils veulent de moi ? Ils ne font que me parler en italien mais je ne le comprend pas ! Si je savais ce qu'il voulait je leur dirais ce qu'il veulent savoir, je pourrais le leur donner et ils me relâcheront...
-Surtout pas, bambino ! s'exclama la femme, alarmée. Ils te tueront !
-Comment ça ? s'étonna Tsuna.
-Écoutes, ces hommes sont de la mafia, ils font de très mauvaises choses... Et ils croient que tu fais partie d'une autre famille mafieuse, contre qui ils sont en guerre, et donc que tu pourrais leur donner des informations sur elle. Si jamais ils se rendent compte que tu ne sais rien, ils se débarrasseront de toi. Plus tu restes silencieux, plus ils te garderont en vie jusqu'à trouver ce qu'ils veulent.
-Mais, moi je préférerai mourir plutôt que de continuer ! pleurnicha l'enfant. Ça fait mal, leur piqûres brûlent. Je veux que ça s'arrête...
Le visage de la femme se décomposa face à la détresse de l'enfant. Elle finit par se rapprocher de l'enfant et le prit dans ses bras. L'enfant, surpris par cette soudaine embrassade ne fit rien pendant quelque instant avant de se laisser aller. La femme aux yeux d'argent lui tapota gentiment dans le dos. Une fois les pleurs de l'enfant calmés, elle l'écarta pour essuyer les larmes de l'enfant avant de le regarder dans les yeux.
-Écoutes-moi, bambino. J'ai autrefois entendu quelqu'un dire : "Rien n'arrive à quelqu'un qui n'est pas apte à le supporter naturellement". Le sens de ces paroles t'est peut-être obscur pour l'instant mais je suis sûre que tu les comprendras... Tu es encore jeune, tu as la vie devant toi, bambino... Garde espoir et ne renonce pas. Mourir est une chose horrible : autant pour toi que pour ceux qui te cherchent.
-On me cherche ? répéta, éberlué Tsuna.
-Évidemment ! Qu'est-ce que tu crois ? Ta famille ne renoncera pas à te trouver. Et je suis certaine qu'elle finira par y réussir.
Le sourire de nouveau rempli d'espoir de l'enfant la rassura. Silencieusement, elle ramassa sa pommade et allait sortir quand l'enfant la rappela.
-Comment vous vous appelez ?
La femme hésita avant de déclarer.
-Avant de te le dire, je veux que tu me promettes que tu ne devras jamais le prononcer devant ces hommes, sinon ils sauront que nous nous serons vus et ma famille sera menacée...
Tsuna acquiesça avant de présenter son petit doigt :
-Dans ce cas, on va faire le yubikiri !
-Le quoi ? demanda la femme.
-Le yubikiri ! Vous devez prendre mon petit doigt avec le vôtre.
La surprise se lisant dans les yeux de la femme, elle finit néanmoins par lier leur doigt. Tsuna les secoua tout en chantant :
-Si je mens je devrais avaler mille aiguilles...
Puis il lâcha le doigt de la femme qui contempla son doigt, secouée.
-Quelle façon étrange de s'assurer du silence de quelqu'un. Voilà comment on fait : Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer.(1)
Tsuna grimaça.
-C'est encore plus horrible pour moi...
La femme eut un petit rire devant le visage mignon de l'enfant avant de lui ébouriffer les cheveux.
-Mon nom est Luna. Tu peux m'appeler comme ça quand nous serons seuls.
Puis elle s'apprêta à partir quand elle fut de nouveau retenu par l'enfant :
-Ça veut dire qu'on se reverra encore juste tous les deux ? demanda avec espoir l'enfant.
La dénommée Luna eut un sourire triste.
-Je ne peux pas te l'assurer... Mais je ferais de mon mieux..
-C'est cette femme qui t'a sauvé de ces hommes ? demanda avec douceur Ganauche.
-Oui, répondit Tsuna en sortant de ces pensées.
-Elle était quoi l'un des leurs ? demanda Gokudera qui était revenu auprès d'eux.
-Non, elle était aussi une prisonnière. Apparemment de ce que j'ai appris, ils l'obligeaient à garder l'endroit. Étant donné qu'elle connaissait pas mal de monde dans la ville à proximité, elle leur offrait une bonne couverture : personne ne s'étonnait de ses allers et venues. Aussi gardait-elle l'endroit, empêchant les gens de s'approcher de trop près et empêchant le prisonnier, moi, de sortir.
-Si elle était prisonnière, pourquoi elle n'a pas essayé de vous aider ?
-Réfléchis un peu Gokudera ! sermonna Ganauche. Il est évident que les ravisseurs de Tsuna la faisaient chanter. Sûrement ces hommes l'ont menacée de la tuer si elle ne faisait pas ce qu'elle commandait.
Tsuna acquiesça gravement tandis que le gardien de la Foudre se tournait vers elle pour avoir confirmation. Il ne voulait pas révéler l'existence de la fille de Luna. Une petite voix dans sa tête lui indiquait que ce serait une mauvaise idée. Il ne savait pas trop en quoi mais, comme la petite voix ne lui avait jamais donné de raison de se méfier d'elle, il suivit son chuchotement. Il continua
-Après ce jour, elle est venue me voir plusieurs fois dans ma cellule pour me réconforter après les séances qui devenaient de plus en plus dures. Parfois elle venait même me chanter des berceuses, quand je n'arrivais plus à dormir. Elle ne devait pas se faire repérer : elle n'avait pas le droit de venir me voir. Mais... après plusieurs mois... quelqu'un a fini par le découvrir...
Tsuna ferma les yeux tandis que les images défilaient une fois de plus dans sa tête.
Le jeune Tsuna s'éveilla brusquement. Il était certain d'avoir entendu un énorme bruit. Il tendit l'oreille, à moitié réveillé, mais déjà alerte. Ses sens s'étaient éveillés à force d'avoir passer plusieurs mois en compagnie de ces hommes qui ne faisaient que le torturer ou le hurler dessus. Il se réveillait toujours brusquement lorsque que la lumière du jour se pointait, entendant les premiers tortionnaires arriver dans la pièce qui juxtaposait sa cellule. Encore une fois ses sens ne lui mentirent pas. Mais le lourd bruit que fit la porte blindée de la pièce l'inquiéta. Normalement, ils la gardaient ouverte jusqu'à que tout le monde soit entré. Ce qui n'était sûrement pas le cas, comprit-il en entendant la porte en se refermant de suite puis se verrouiller. Il s'assit sur ses genoux et s'éloigna, de peur qu'il quelque chose ne lui tombe encore dessus. Quoi ? Sa situation n'était-elle pas assez horrible ? Il avait été enlevé, torturé et battu ! Il se demanda vaguement qu'est-ce qui pourrait être pire que tout ça...
Il se tendit en entendant le mur s'ouvrir avant de soupirer en voyant Luna de l'autre côté. Néanmoins il lui lança un regard inquiet en voyant qu'elle portait son masque. Quand elle venait lui rendre visite, elle le retirait toujours avant de faire basculer le mur. Cet oubli permit pourtant à Tsuna de voir une mince traînée de sang sur le côté droit du masque. Il déglutit à ce détail avant que la femme ne le retira. Il put alors voir son regard pressant.
-Luna... ?
-Désolée, Tsunayoshi, je n'ai pas le temps de t'expliquer... débita à tout vitesse la femme aux yeux d'argent. Nous devons partir de là tout de suite !
Tsuna cligna des yeux.
-Quoi ? demanda-t-il, refusant de comprendre les conséquences des paroles de la femme.
-Il faut que nous nous échappions, répéta Luna, sans s'énerver face à la lenteur de réaction de l'enfant.
Elle le comprenait à présent. Elle jeta un regard critique sur l'enfant. Il était encore plus maigre que la première fois où ils avaient conversé. Ses membres faméliques étaient à l'image du corps dont il ne restait presque plus que la peau sur les os. Elle savait que les hommes lui donnaient à manger mais au vu de son état, ce n'était à l'évidence pas assez pour ce qu'ils lui faisaient subir. Ses yeux étaient presque enfoncés dans leur orbite, surmontant de grandes cernes violettes, témoignant de son manque de sommeil. Ses vêtements dataient de toute évidence de quelques mois, imprégnés de toute la crasse que contenait sa cellule et parfois de sang, provenant des blessures, soignées juste assez pour que l'enfant ne meurt pas. Après ces quelques mois, avec la routine des tortures et expériences, il était normal que l'enfant, malgré qu'il n'ait pas perdu l'espoir d'être sauvé, n'arrive pas à se faire à l'idée de sortir de suite de cet enfer. Mais ils n'avaient pas beaucoup de temps...
-Écoute... tu me poseras toutes les questions que tu voudras plus tard. Pour l'instant nous devons partir tout de suite. Je t'expliquerais en route.
-Mais je pensais que...
Luna écarquilla les yeux, horrifiée et plaqua sa main contre la bouche de l'enfant afin qu'il se taise. Une voix rugit alors, étouffée par l'épaisseur de la porte blindée.
-Luna ! Nous savons que tu es là ! Rends-toi tout de suite ! Ta traîtrise peut encore être pardonnée.
-Chef, elle l'a verrouillée de l'intérieur. Et d'après les caméras de surveillance elle parle avec le Vongola... : on l'a vue ouvrir sa cellule dans le mur.
-C'est vrai ?... Alors elle est capable de communiquer avec le gamin depuis le début... La salope ! Peut-on déverrouiller la porte depuis la salle de commande ?
-Sans aucun problème, signore.
-Parfait. Faîtes-le.
-Que se passe-t-il ? demanda Tsuna, tremblant en ayant reconnu la première voix : celle de l'homme qui dirigeait ses séances de torture.
-Merda... Ils m'ont trouvée... souffla Luna, avant de se tourner vers Tsuna. Écoutes-moi, on n'a plus beaucoup de temps.
-Luna qu'est-ce qui se passe ? Ces hommes ne doivent pas nous voir, non ? Tu devrais partir...
-Ça n'a plus d'importance maintenant, Tsunayoshi : ils savent que nous nous connaissons et ils savent que je m'apprêtais à les trahir, déclara-t-elle en regardant les dites caméras de surveillance avant de rajouter à mi-voix : si je me souviens bien, ces caméras n'enregistre pas les sons...
-Les trahir ? répéta Tsuna en ne croyant pas ses oreilles.
-Écoutes-moi : quoi qu'il se passe à partir de maintenant, je veux que tu gardes espoir ! Quoi qu'ils me fassent, quoi qu'ils te fassent, je veux que tu restes fort et que tu fasses tout pour vivre ! La vie est l'espoir.
-Mais...
Il s'interrompit entendant un gros bruit au niveau de la porte. Puis des jurons en italien se firent entendre étouffés au delà des murs.
-Ils ne pourront pas passer aussi tôt : j'avais prévu le coup, rassura-t-elle. Mais ils vont bientôt pouvoir entrer. Je n'ai pas beaucoup de temps alors je veux en profiter pour te donner ça.
Elle passa sa main derrière la nuque et de sous sa cape noire, elle sortit un collier : un médaillon constitué d'une pierre polie noire taillée en une forme qui rappelait un losange, surmontée d'une autre pierre blanche sculptée en forme d'un caméléon, et qui reliait le médaillon entier à la chaîne d'argent. Tsuna regarda avec curiosité le médaillon que la femme finit par lui tendre. L'enfant le prit sans comprendre. Il lança un regard interrogateur à la femme.
-Ce médaillon est dans ma famille depuis des génération... Je voulais le passer à ma fille quand elle serait en âge, mais... je ne pense pas que j'en aurais le temps... Ni même la possibilité... Alors je voudrais te le confier, Tsunayoshi...
-Hein ? paniqua Tsuna. Mais je ne peux pas accepter !
Un bruit de claquement retentit alors dans la pièce derrière eux. Les deux prisonniers se tendirent en entendant le grincement de la porte blindée. La femme pressa l'enfant.
-Je sais qu'il sera sûreté avec toi ! Vite, cache-le ! Personne ne doit le voir ! Promets-le moi !
Tsuna paniqua mais réussit à faire disparaître le médaillon dans la poche de son pantalon rapiécé. Tsuna leva des yeux larmoyants vers la femme. Il le sentait... Il sentait que quelque chose de mauvais, de vraiment très mauvais allait se passer ! Son cœur battait à tout rompre, menaçant de sortir de son corps tellement il était effrayé à l'idée de ce qu'il allait se passer. Il empêcha les larmes de couler et essayant de ne pas paraître misérable devant Luna, il répondit :
-Promis...
Luna eut un sourire triste devant la mine implorante et en même temps résolue de Tsuna. Prise d'un élan d'affectation pour l'enfant qu'elle protégeait depuis plusieurs mois, elle se pencha vers lui et, tout en l'approchant d'elle à l'aide de sa main qu'elle plaça à l'arrière de son crâne, elle lui baisa le front, comme le ferait une mère, quand elle couche son enfant. Deux secondes plus tard, elle sentit le canon froid d'une arme sur sa nuque.
-Sors de là ! aboya une voix hargneuse.
Elle adressa un sourire confiant à l'enfant, intériorisant sa propre peine et peur, avant de remettre son masque blanc sur son visage. Lentement et silencieusement, elle sortit de l'alcôve qui servait de cellule à l'enfant. Une fois sortie, elle se redressa. Elle essaya de chercher un moyen de s'en sortir, mais la défense des hommes devant elle était impénétrable. Deux mains l'obligèrent à s'agenouiller, tandis que deux autres la débarrassait de ses armes. Elle eut un reniflement de mépris. Elle avait d'autre armes, s'ils savaient ! Seulement, elle savait que si elle les sortait pour se sortir de ce mauvais pas, elle se ferait trouée de balle et c'était une mauvaise idée de montrer un bain de sang à Tsunayoshi... Un homme la toisa de haut. Une fois, qu'elle lui ait lancé un regard mauvais, le mettant au défi de s'approcher davantage d'elle, il tourna son attention vers un des hommes proche de la cellule.
-Sortez l'enfant aussi ! ordonna-t-il.
Luna se figea, atterrée. Elle essaya d'arrêter l'homme, mais plusieurs armes se braquèrent sur elle, l'empêchant d'intervenir. Elle stoppa son mouvement se mordant sa lèvre inférieur. Elle ne put qu'observer l'homme se pencher et entrer à moitié dans la cellule. Elle ne put empêcher ses lèvres de s'étirer en un sourire triomphant en entendant l'homme pousser des petits cris de douleur.
-Sale petit sauvage ! jura l'homme avant d'empoigner violemment l'enfant.
Il sortit Tsuna de la petite pièce sombre, celui-ci gémissant de douleur et essayant d'échapper à la prise douloureuse de l'homme. Deux hommes vinrent aider l'homme qui grimaçait de douleur et le débarrassèrent de l'enfant et le firent se tenir tranquille.
-Que se passe-t-il ? demanda le chef.
-Ce... démon !... il m'a mordu ! déclara l'homme
-Si vous n'êtes pas capable de surpasser cela, je peux vous montrer ce que nous faisons des incapables... menaça le chef tandis qu'une aura noire se dessinait derrière lui.
-Non... répondit l'homme, penaud, en se retenant de grimacer face à la douleur qui tenaillait sa main.
-Parfait, conclut le chef, avant de se tourner vers l'enfant, retenu par les bras par un autre homme. Quant à toi...
Le chef envoya alors une claque magistrale à l'enfant, qui ne put retenir un cri de douleur. Retenu par l'homme, il n'eut même pas la possibilité de se rouler en boule sur le sol pour se préserver des claques suivantes.
-Combien de fois dois-je te dire de ne pas nous défier ?! Insolent !
Luna s'empressa d'intervenir.
-Ardo Varda, arrête ça ! cria-t-elle.
L'homme cessa et reporta son attention sur la femme à genoux sur le sol. Luna continua :
-Tu sais que ça ne sert à rien ! Il ne comprend pas l'italien !
L'homme dénommé Ardo se rapprocha de Luna et la toisa de haut. D'un violent mouvement, il arracha le masque de la femme. Il inspecta son visage :
-Alors voilà ce qui se cachait derrière ce masque... Un joli minois, je dois avouer...
-Ne change pas de conversati... tenta Luna, avant qu'Ardo ne la coupa.
-Et pourquoi devrais-je t'écouter, traîtresse ? Tu as dérogé à ton contrat avec nous, Luna. Ton boulot était juste de veiller à ce que rien ne perturbe les avancés de nos recherches...
-Quels avancés ? cracha Luna. Tout ce que vous faites c'est de torturer cet enfant !
-Ton contrat est de nous laisser faire notre boulot ! Tu connais les conséquences, non ? Je sais où ta famille se planque ! Avec eux, ta précieuse fille... Et j'ai déjà envoyé des hommes leur rendre une petite visite... Mais je suis magnanime...
Il montra un portable, dont l'écran signalait une conversation en cours.
-Je suis en contact direct avec ceux qui doivent s'occuper de ta pathétique famille... Saches que tu as encore un moyen de te racheter. Tu as raison en disant que cet enfant ne connaît pas l'italien mais apparemment, tu sais parler le japonais... Une sublime référence que tu as oublié de nous donner, d'ailleurs... Voici la preuve de ta bonne volonté : fais parler le gamin, comme il semble te faire confiance. Fais le dire tout ce qu'il sait sur les Vongola ! Il est le Decimo Vongola, le futur boss ! Son chef est le boss du CEDEF ! Il doit bien connaître quelque secrets...
Luna sentit son sang se glacer. Elle avait encore une chance de sauver sa famille ? Mais au mépris de celle de Tsuna... Elle jeta un regard indécis au garçon presque devant elle. Celui-ci la regarda perdu, des larmes au coin des yeux. Bien sûr il ne comprenait rien de ce qu'il disait... Il ne se rendait pas compte dans quel dilemme elle était. Elle pensait à sa fille, puis l'image de Tsuna côtoya celle de sa fille. Elle devait faire un choix... Un choix entre sa famille et... le futur boss d'une famille mafieuse... Elle finit par se décider.
-Je ne le ferai pas.
-Quoi ? Tu préfère voir ta fille mourir pour un inconnu ?!
Luna garda le silence, baissant la tête et fermant douloureusement les paupières. Ardo fronça les sourcils avant de porter le portable à son visage. Il eut à peine ouvert la bouche que Luna se déchaîna. Avec une rapidité étonnante, elle se libéra des hommes qui la retenaient et sortant une dague de sa chaussure, elle se lança contre Ardo. Elle avait juste fait un pas qu'une balle se logea dans son poignet lui faisant lâcher son arme. Elle cria de douleur. Tsuna qui avait vu toute la scène, hurla, apeuré :
-Luna !
Deux autres hommes la redressèrent face à Ardo. Celui-ci le regardait d'un regard mauvais.
-Tu viens de signer ton arrêt de mort... Mais ne crains rien tu ne seras pas seule...
Il porta à nouveau le portable à son visage et cette fois rien ni personne ne l'interrompit :
-Tuez-les tous. Ne laissez aucun survivant.
-Ok, boss, fut la réponse grésillante dans l'appareil.
Luna laissa tomber une minuscule larme sur sa joue, en entendant les ordres et la réponse. Pendant une seconde, elle eut la vision de sa fille, baignée dans son propre sang et celui des personnes qui se trouvaient autour d'elle. Oh comme elle aurait aimé espérer que cela n'arrive jamais ! Mais il était trop tard pour les regrets...
Ardo demanda à l'homme qui retenait Tsuna de le placer en face de la femme.
-Pour que cela lui serve de leçon... Même s'il ne comprend pas l'italien, il pourra comprendre ça.
Ses hommes ricanèrent. Tsuna se retrouva face à Luna. Il put voir la seule larme qui séchait lentement en coulant petit à petit sur la peau blanche de la femme. Il ne savait pas trop ce qu'il s'était passé, mais il devinait aisément. Elle l'avait après tout prévenu que ces hommes la menaçaient de tuer sa fille. Pour la mettre dans un tel état, il avait dû mettre à exécution leur menace. Il se sentit désolé pour la femme et voulut aller la réconforter, quand il vit une arme se positionner sur la tempe de sa protectrice.
Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. Non... ils n'allaient pas le faire...
-Quelqu'un qui parle japonais... On peut trouver ça partout... déclara Ardo à l'adresse de la femme. Et nous ferons en sorte à ce qu'il soit plus obéissant à notre égard. Nous n'avons donc plus besoin de toi...
Luna ferma les yeux une demi-seconde avant de les rouvrir et de les lever vers ceux remplis d'horreur de Tsuna. Elle usa des dernières forces pour lui adresser un sourire étincelant.
-Buona notte, Tsunayoshi.
Tsuna laissa couler les larmes sur son visage en entendant ses trois mots sortir de la bouche de la femme. A la seconde où la femme finissait ses paroles, le coup de feu partit. Tsuna vit le feu de la vie qui animait alors les yeux de Luna mourir, ternissant à jamais les billes argentées de la femme. Tsuna mit une seconde à comprendre ce qui s'était passé, ne se rendant pas compte tout de suite que le corps de Luna tombait à terre. Les larmes brouillèrent alors sa vue. Il laissa éclater ses pleurs, peu importait que les hommes le battent après ! Ce ne serait jamais aussi douloureux que celle qu'il ressentait à ce moment-là dans son cœur.
Puis il entendit plusieurs cris autour de lui... des cris de douleur... Puis une éblouissante lumière l'aveugla avant que tout devienne noir.
Gokudera et Ganauche regardèrent Tsunayoshi verser des larmes. A travers ses pleurs, Tsuna parla.
-Elle... a été découverte... Je ne sais pas comment... ni par qui... En fait... je n'ai pas vraiment compris tout ce qui avait été dit... ils parlaient tous italiens... Mais je sais que Luna a... elle a essayé de tuer l'homme... le chef... Mais... elle n'a pas réussi... Et ensuite ils l'ont tuée... J'étais devant... J'ai tout vu... et je n'ai rien pu faire pour les arrêter... Même si je sais que je n'aurais pas pu faire grand chose... J'aurais tant voulu l'aider !
Gokudera plissa les yeux, se sentant coupable sans vraiment savoir pourquoi. Il n'était qu'un enfant lui-même à l'époque ! Mais le fait de voir l'enfant qu'il s'était juré de protéger souffrir comme cela et ne rien pouvoir faire pour l'aider le chamboula plus qu'il ne pouvait le décrire. Il inspira un coup avant prendre Tsuna dans ses bras. L'enfant ne réfléchit pas trop en sentant la chaleur de Gokudera autour de lui et pleura sur sa chemise de l'argenté.
-Chut... souffla Gokudera. Vous avez été très courageux, Tsunayoshi-sama.
-Je... Je suis suis sûr qu'elle me déteste... pour lui avoir causé autant d'ennuis !
-Tsunayoshi-sama ne pensez pas comme ça ! Je pense au contraire qu'elle ne vous en a jamais voulu... Qui le pourrait ? Tout ce qu'il s'est passé n'est pas de votre faute...
Tsuna pleura pendant un moment dans les bras de Gokudera, qui lui frottait le dos pour l'apaiser. Ganauche regarda la scène et en put s'empêcher de se faire la remarque que Gokudera Hayato pouvait faire un excellent bras droit. Depuis le début de la crise de Tsuna, il avait été là pour l'aider à passer cette étape et surtout Ganauche ne put que voir que Tsunayoshi s'était aussi énormément attaché à Gokudera bien plus qu'il ne le pensait de prime abord.
-Je voudrais tant..., commença la voix de Tsuna étouffée par l'embrassade de Gokudera et par ses pleurs
-Oui, Tsunayoshi-sama ? encouragea Gokudera.
-Je voudrais tant voir son corps...
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Tadadada ! Est-ce que Ganauche va accepter que Tsuna puisse voir le corps de Luna ? Réponse au prochain chapitre !
Bon on devine à peu près ce qu'il s'est passé pour Tsuna durant cette année. Bien sûr je suis resté assez vague, parce que tout débiter sur ce qu'il s'est passé paraîtrait à mon sens assez peu réaliste. Tsuna sort juste d'une crise où il revécu déjà tout ce qu'il s'est passé. Il a donc mentionné les épisodes importants et qui pourrait aider Visconti. Comme vous l'avez aussi sûrement compris, Tsuna a failli être violer, (à mon sens, il a tellement de malades sur Terre) Mais heureusement que Luna avait été là pour empêcher l'acte ^^ Étant donné que Tsuna est bien trop jeune, je l'ai mentionné de cette manière. Malgré la maturité dont il fait preuve, il ne peut pas connaître les vices humains poussés à cette extrême. Donc je lui ai mis une touche de naïveté pour cette fois. Mais bon dans l'ensemble, on a plutôt un Tsuna assez détruit et qui ressemble plus à mon sens à un caractère d'un enfant de dix ans. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Il est vrai que j'avais un peu délaissé le côté détruit et méfiant de Tsuna en mettant plus l'accent sur son acceptation des gardiens de sa génération et sa maturité. Mais comme vous le voyez je ne l'ai pas oublié. Car bien sûr personne ne peut sortir de ce genre d'expérience sans avoir des moments de stress et peur.
Ah et juste pour être sûre que vous avez bien compris, les flash-backs où nous voyions les rencontres entre Tsuna et Luna, se passent dans la tête du futur boss. Tsuna se rappelle avant d'en parler à Ganauche et Gokudera. J'espère avoir été assez claire sur ce point dans le chapitre. Parce que ça veut aussi dire que Tsuna ne dit pas non plus tout ce qu'il sait sur Luna aux deux hommes ^^ et ça aussi c'est important.
D'ailleurs j'ai beaucoup aimé le titre de mon chapitre ^^ Si vous voulez cogiter dessus vous pouvez me dire ce que vous avez compris dessus et si vous savez pourquoi j'ai donné ce nom à ce perso ^^
(1)Croix de bois et croix de fer si je mens je vais en enfer : Oui, je sais ça fait gamin. Mais j'aime à penser que comme l'avait fait Ganauche au début de la fic, Luna a essayé de s'ajuster à l'âge de Tsuna ^^. Et puis ça donne un peu plus de sens à la repartie de Tsuna suite aux paroles de Ganauche au début de la fic.
Donc voilà le chapitre 12 fini. Encore désolée pour le léger retard ^^.
Une review ? Ne serait-ce qu'une petite ? Non ? fait les yeux larmoyants
