Disclaimer : KnB pas à moi, à Fujimaki Tadatoshi

Ecrit dans le cadre des nuits d'écriture du FoF, une heure, un thème : thème "lunettes". (421 mots)


Le prévisible

Momoi Satsuki surnomme son aptitude à l'analyse "ses lunettes roses". Quand elle les glisse sur son nez, avec l'aide de son sens de l'observation et de sa puissante intuition féminine, elle voit mieux que jamais. Elle voit l'avenir d'une certaine manière, un peu comme Akashi-kun, mais pas vraiment en fait. Elle serait bien incapable de voir ce que voit son ancien capitaine. Elle voit les capacités de chaque joueur. Ce qui peut être renforcé, développé, les petites faiblesses de leurs techniques, les potentialités de leurs systèmes musculaires. Celui-ci a la capacité de dribbler plus rapidement. Celui-là va devenir ambidextre. Cet autre va changer de position sur le terrain. Et le genou droit de ce joueur et les feintes à gauche de cet autre... Finalement tout se voit.

Mettre ses lunettes roses signifie regarder des heures et des heures de matchs sur DVD, aller espionner les entraînements des équipes adverses, analyser la structure musculaire de chaque joueur, puis passer tout cela au tamis de son intuition. Ne reste plus alors que le prévisible, l'inéluctable. Ce vers quoi, chaque joueur va naturellement tendre.

C'est peut-être à force de regarder Dai-chan que sont apparus les lunettes roses de Satsuki. Daiki qui n'a jamais rien appris de manière orthodoxe, qui n'a fait qu'expérimenter tout au long de son enfance. Et qui s'est acharné à chaque défaite. Quand il ne parvenait pas à gagner au street-basket, parfois il demandait à Satsuki ce qu'elle en pensait. Comment il pourrait battre ce joueur de huit ans son aîné. Et même si elle n'avait pas de réponse à apporter, elle cherchait. Mais Aomine, inorthodoxe, imprévisible et indépendant a toujours triomphé bien avant que Satsuki ait pu formuler une analyse.

Et avec les années qui passent, Momoi sait qu'il est trop borné pour vouloir l'écouter, pour tirer parti de ses lunettes roses. Aomine, imprévisible dans son jeu, mais si prévisible dans son attitude. Satsuki n'a pas besoin de lunettes roses pour deviner la détresse de son ami d'enfance et aucune intuition féminine ne peut rien pour stopper cela. Alors elle ne peut plus compter que sur Kuroko Tetsuya. Tetsu-kun toujours prêt à se dresser face aux montagnes.

Les lunettes roses. Momoi ne leur donne pas le sens que la plupart des gens imagine. Elle n'y gagne ni bonheur, ni optimisme et mettre ses lunettes roses ne lui apportent maintenant que peu de joie.