Hello mes petits lapinous (en hommage à Lilisu qui m'a laissé une flopée de reviews super longues, ça vaut pas un cookie mais bon... :P), nous avions laissé Lina à moitié morte et folle (bah ouais, elle se marrait alors qu'elle était complètement dézinguée !) qui venait d'enfermer Ken-chan dans son bankai (ça lui apprendra à la menacer de mort alors qu'elle vient de lui sauver ses jolies petites fesses à celui-là !).
J'ai été très contente de voir que le bankai de Lina vous a plu, on va en savoir un peu plus là-dessus dans ce chapitre. Sans plus attendre, BANKAI !
Chapitre 12 : Seule face au démon
Je luttais pour maintenir mon bankai encore quelques minutes. Cela faisait combien de temps maintenant ? Le temps de tuer l'adjuchas, de secourir Ken-chan avant de nous réfugier ici puis de laisser au guerrier le temps de guérir... Oui, j'ai bien dit "guérir", je n'avais pas mit mon compagnon dans Aianmeiden uniquement pour le faire taire. (Notons ici l'emploi du mot « uniquement », ça a son importance ! XD) Les aiguilles de la vierge de fer pouvaient aussi bien absorber que restaurer le reiastu de la personne enfermée à l'intérieur, cela dépendait uniquement du bon vouloir de Shinseina.
Généralement, elle se rangeait à mon envie. Je n'avais pas eu le choix que de recourir à cette solution extrême, la blessure du démon était très grave, si je n'étais pas intervenue aussi rapidement, il serait mort en quelques minutes... Avec un poumon perforé, même le plus grand des shinigamis n'aurait rien pu faire. (« si si, le capitaine Kurotsuchi y peut se liquéfier et... » Oh ta gueule toi, je disais ça comme ça ! :P) Je n'étais pas en état de le soigner moi-même, sans compter qu'Aianmeiden serait plus efficace : avec une centaines d'aiguilles régénérant le reiatsu de tout son corps, Ken-chan allait récupérer plus rapidement.
Cinq minutes, ça ne serait pas suffisant pour le soigner complètement, mais ça le mettrait hors de danger et c'était malheureusement le mieux que je puisse tenir. J'étais bientôt à court de reiatsu et le poison qui parcourait mon corps avait maintenant envahi pratiquement tout mon organisme. Je ne pouvais plus retenir les larmes de douleur qui roulaient sur mes joues, serrant la mâchoire pour ne pas hurler, le corps brûlant de fièvre et trempé de sueur. Mes tremblements se faisaient de plus en plus forts et je sus qu'il était temps. Je devais agir rapidement avant de laisser le poison me tuer.
Faisant un effort de concentration supplémentaire pour ouvrir la porte, ce qui causa un élancement atroce dans mon crâne, je vis le corps de mon compagnon tomber à terre. Il semblait évanoui – bénies soient les aiguilles anesthésiantes d'Aianmeiden, je n'aurais pas supporté sa colère dans mon état – et je dus me traîner jusqu'à lui. A chaque fois que je bougeais, j'endurais le supplice de la brûlure du poison. Je ne sentais même plus mes autres blessures, je ne sentais plus rien à part cette chaleur intense qui me poignardait à chaque seconde.
Arrivée près du corps de Ken-chan, je vérifiais son pouls pour savoir s'il allait bien, je n'avais pas la force de vérifier avec le kaido. Rassurée sur son compte, je parcouru les derniers centimètres qui me séparaient de la vierge de fer en soufflant et gémissant bruyamment, m'arrêtant de temps en temps pour reprendre mon souffle quand ma vision commençait à s'obscurcir. Finalement, je parvins à l'intérieur et, m'adossant contre une parois hérissée de piquants, je rassemblais mes jambes contre mon corps, les entourant de mes bras. (imaginez un peu Lina en train de faire le fakir...:D)
- Aianmeiden, murmurais-je, restant concentrée pour ne pas m'évanouir.
La porte de la vierge se referma et je sentis les aiguilles percer ma peau de toute part avant de me retrouver plongée dans l'obscurité. Alors que le reiatsu remplaçait peu à peu le feu dans mes veines, je sentis la douleur refluer lentement, pleurant de soulagement. Je sentis une main essuyer mes larmes et relevais les yeux brusquement avant de sourire, un peu embarrassée.
- Shinseina ...
Une jeune femme me faisait face, me souriant d'un air rassurant. Avec ses longues mèches argentées de part et d'autre de son visage et ses grands yeux mauves, elle était magnifique. Elle avait la peau très pâle, presque transparente, des oreilles légèrement pointues et une sorte d'ornement doré sur le front qui se perdait dans ses cheveux et maintenait un énorme chignon artistiquement relevé sur son crâne. Deux longs rubans rubans rouges accrochés à sa coiffe retombaient dans son dos, dansant à ses moindres mouvements. Portant un haut de kimono blanc et un hakama rouge, elle ressemblait à une miko.
- Tu en as trop fait Lina ! me gronda-t-elle gentiment, ses fins sourcils froncés.
Je regardais autour de nous, me relevant lentement. Nous étions dans mon monde intérieur, je n'étais donc plus immobilisée par les aiguilles de la vierge de fer. Mon monde intérieur n'était composé que d'un seul bâtiment : une tour infinie se perdant dans les nuages, qui était en fait un immense temple pourvu de milliers d'étages. Chaque étage était composé d'une unique pièce avec de grandes fenêtres aux quatre murs, laissant apercevoir la beauté et la majesté des cieux. Aujourd'hui, il y faisait nuit et l'orage grondait, des éclairs déchirants le ciel et la pluie s'abattant avec fracas sur le temple.
- Je n'avais pas le choix, répondis-je en grimaçant. Les ennemis étaient trop nombreux...
- Tu ne maîtrise pas encore assez bien ton bankai pour pouvoir t'en servir assez longtemps, c'était vraiment juste cette fois-ci ! Tu sais ce qu'il se serait passé si tu étais morte pendant que cet homme était à l'intérieur d'Aianmeiden... (il aurait probablement atterri dans un TARDIS, avec un drôle de docteur XP)
Je déglutis avec difficulté. Oui, je le savais.
- Il serait mort de toute façon si je ne l'avais pas fait, me justifiais-je en soutenant le regard de la miko. Je devais tenter le coup.
- Au péril de ta propre vie ? Tu as vu dans quel état tu étais ?! Tu aurais d'abord du songer à te soigner toi-même avant de penser à lui !
Shinseina avait une conception particulière de "la vie" : pour elle, il fallait d'abord nous préserver nous-même afin de pouvoir continuer à protéger et soigner les autres. Comme si... nous étions l'organe principal d'un corps et que les personnes que nous devions protéger et soigner étaient secondaires. Je comprenais son point de vue et dans certaines situations, j'y avais adhéré. Mais pas dans ce cas précis. Pas avec lui.
- Shinseina, cet homme est plus important que ma propre vie, lui expliquais-je.
- Pourquoi ? Parce que la grande femme à la tresse noire te l'a dit ?!
J'eus un sourire furtif. La miko ne semblait pas apprécier mon capitaine, elle ne m'avait jamais dit pourquoi mais je la soupçonnais d'être jalouse de l'admiration que je vouais à Unohana. (hi hi, moi c'est carrément un culte que je lui voue à cette femme )
- Non. Parce que je l'aime, déclarais-je simplement. Je ne peux pas le laisser mourir pour me soigner et vivre ensuite avec sa mort sur la conscience, ça serait... trop dur. La mort serait plus aisée pour moi. Et puis tu sais, j'avais tout de même calculé la probabilité que j'avais de réussir à survivre...
- Humf, je suis sûre que tu avais plus de chances d'y rester ! râla la miko.
Contrairement à ce que j'avais pensé en la voyant la première fois, Shinseina n'avait pas un caractère doux et gentil, du moins, pas tout le temps. Elle savait se montrer très autoritaire et implacable quand il le fallait. Comme j'avais quelque peu tendance à défier l'autorité (naaaaaan!), je ne la laissais pas me mener par le bout du nez et du coup il nous arrivait de nous engueuler parfois, mais ça ne durait jamais bien longtemps.
- Je m'en suis sortie, c'est le plus important, observais-je. Merci, c'est grâce à toi...
La miko perdit son air renfrogné et me prit délicatement dans ses bras.
Idiote, tu n'as pas à me remercier ! souffla-t-elle. Je t'ai promis de t'aider et de protéger tant que tu suivras la voie des guérisseurs.
Dans son étreinte, les yeux fermés, j'aurais presque pu m'endormir. Ses bras étaient doux, chauds et elle sentait bon, un mélange raffiné d'encens et de fleurs. Mais je ne pouvais pas m'endormir. Je rouvris les yeux et me retrouvais seule, de nouveau enfermée dans la vierge de fer. J'ignorais depuis combien de temps je m'y trouvais vu que le temps passé dans mon monde intérieur ne correspondait jamais au temps réel. Utilisant mon kaido pour sonder mon corps, je fus ravie de voir que j'avais récupéré assez de reiatsu pour maintenir correctement mon bankai, juste le temps de finir de purger ce satané poison.
Une dizaine de minutes plus tard, j'estimais que cela suffisait. Ça n'était que la troisième fois que j'utilisais mon bankai et il était encore trop instable pour que je puisse m'en servir plus de trente minutes, même si j'avais retrouvé une partie de mon reiatsu. Relâchant ma concentration, je laissais Shinseina reprendre sa forme initiale et me retrouvais à l'air libre. Avisant le corps de Ken-chan étendu près de moi, je me dis que peu de temps avait du s'écouler puisqu'il n'était pas encore réveillé. J'en profitais pour finir de soigner sa blessure à la poitrine malgré ma fatigue. (Cette petite n'a décidément pas l'esprit assez pervers... ne pas profiter d'un corps ainsi offert, quel gâchis ! XD)
Aianmeiden avait débarrassé mon corps de toute trace du poison et certaines de mes blessures les plus superficielles s'étaient refermées, mais mes blessures les plus graves à l'épaule, la hanche et la cuisse, n'avait pas eu le temps de guérir, même si au moins elles avaient cessé de saigner. Adossée contre un rocher, j'avais placé la tête de mon compagnon sur mes cuisses pour pouvoir le soigner plus facilement. Finalement, je m'endormis ainsi épuisée, la main posée sur sa poitrine, sans savoir si j'avais terminé mon travail ou non.
A mon réveil, il me fallut quelques instants pour me souvenir d'où je me trouvais, l'obscurité régnant dans la grotte n'aidant pas. Je me concentrais pour invoquer un kekkai lumineux assez grand pour éclairer l'ensemble de la grotte où je me trouvais.
- Hotaru no kimon ! lançais-je alors que la barrière prenait place.
La lumière à l'intérieur du kekkai était faible et un peu bleutée, mais au moins on y voyait et ça ne m'avait pas aveuglée. Je remarquais alors la présence de Ken-chan, à quelques mètres de moi. Apparemment, il avait réussi à tempérer ses envies de meurtres pendant que je me reposais, sympa de sa part. Mais bon, vu le regard qu'il me jetait, mon instant de répit semblait terminé. Me relevant, je soutins son regard, exaspérée par son attitude puérile.
- T'as pas l'air heureux d'être en vie on dirait, le provoquais-je.
Il grogna, laissant exploser son aura de fureur. Debout contre un mur, il s'avança vers moi lentement.
- Tu m'as encore privé de mon combat, femme ! tonna-t-il.
Sa mâchoire était crispée, sa pupille rétrécie, une veine battait à sa tempe et ses poings étaient fermés, comme s'il s'apprêtait à frapper. Je ne l'avais jamais vu autant en colère, même quand je lui avait avouer l'avoir suivi pour le compte d'Unohana. Étrangement, j'arrivais à rester calme. (Lina est trop habituée à se faire crier dessus par ce malade... Va falloir que j'arrête les scènes de disputes moi... )
- Je sais, répondis-je, l'air désolée. Mais j'ai fait mon boulot.
Le guerrier s'avança encore et me toisa de haut avant d'agripper mon uniforme pour m'aplatir contre le rocher devant lequel je me tenais.
- La première fois, j'ai été surpris par ta présence, je me suis dit que tu survivrais probablement pas à un tel affrontement donc je t'ai laissé faire. Mais cette fois, tu étais prévenue. Tu savais que je voulais aller au bout de cet affrontement ! gonda-t-il, serrant rageusement sa main sur le tissu qu'il avait empoigné.
- Oui, soupirais-je, mais je ne pouvais pas laisser cet affrontement se finir. Je ne doute pas de ta puissance, mais tu avais un poumon perforé, Ken-chan. Si tu avais pu te soigner, tu aurais certainement remporté ce combat, mais ça n'était pas le cas. Sais-tu ce qu'il se passe quand quelqu'un a un poumon perforé ? Il finit par se noyer dans son propre sang.
Le démon frappa le rocher de sa main libre quelques centimètres à côté de ma tête.
- Tu ne comprend rien ! aboya-t-il. Quand on commence un combat contre ce genre d'ennemi, on va jusqu'au bout, même si ça signifie la mort ! La vie, la mort, ça n'est jamais que la fin du combat et ça n'est pas à toi d'en décider !
Sauf que ma mission, c'est de te maintenir en vie ! m'écriais-je, perdant mon calme.
- Rien à foutre de ta putain de mission !
Il avait baissé la tête pour rapprocher son visage du mien et je frémis en voyant la bête sauvage dans son regard.
- Je ne t'ai pas sauvé parce que c'est ma mission ! sifflais-je, estomaquée. Je l'ai fait parce que je ne pouvais pas supporter de te voir mourir devant mes yeux !
- Eh bien tu n'avais qu'à fermer les yeux !
Je tentais de le gifler mais il retint mon poignet, le broyant entre ses doigts. (Eh, Ken-chan on le gifle une fois mais pas deux! :P)
- Tu n'es qu'un idiot ! Je ne supporterais pas de te savoir mort tout court ! m'exclamais-je, furieuse.
Je tentais vainement de dégager mon poignet en grimaçant sous la douleur avant lui lancer une œillade meurtrière, alors qu'il ne faisait pas mine de vouloir me lâcher.
- Tu me fais mal ! me plaignais-je avec hargne. Ça commence à devenir une habitude tu me diras, mais ne crois pas toujours t'en sortir en venant t'excuser de ton comportement après coup !
Soudain il fondit sur moi et se mit à m'embrasser avec violence, meurtrissant mes lèvres au passage. Il avait lâché mon uniforme mais me maintenait toujours plaquée contre le rocher avec son corps et il avait attrapé mon autre main pour éviter que je ne me débatte. Ainsi maintenue, je ne pouvais plus bouger. J'aurais sûrement du m'estimer heureuse qu'il m'embrasse plutôt que de me frapper, mais ce baiser plein de rage me blessait autant que s'il m'avait donné un coup.
Je sentais bientôt la tristesse se mêler à la colère, j'étais impuissante et je détestais ça. Pourquoi m'embrassait-il ainsi ? Pour me punir ? C'était idiot, il ne pouvait pas savoir que ça me déplairait, il ne savait pas que je l'aimais. Non, en fait, je le détestais. En fait, je ne savais plus... Je lui mordais la langue alors qu'il tentait de la mettre dans ma bouche et il cessa de m'embrasser pour me regarder d'un air contrarié.
- Ne recommence... plus jamais ça ! haletais-je, les yeux brillants de larmes contenues.
- Tu ne veux pas que je te frappe, tu ne veux pas que je t'embrasse... Comment veux-tu que j'évacue ma colère alors ?! me demanda-t-il le plus sérieusement du monde. (Je m'excuse platement du comportement de Ken-chan, chers lecteurs, je ne cautionne absolument pas ça ! U_U )
Évacuer ?! Pour lui je n'étais qu'un défouloir ?! Il recommença à m'embrasser avant que je n'aie eut le temps de lui préciser ma pensée, le goût cuivré de son sang envahissant ma bouche. Espèce de salaud ! Je le détestais ! Je le détestais. Je le détestais... Alors que je me répétais cette phrase en boucle dans ma tête, je sentais mes larmes rouler sur mes joues. Il finit par s'apercevoir également que je pleurais et me relâcha brusquement. Je glissais à terre, mes traîtresses de jambes tremblantes refusant de continuer à me porter plus longtemps.
- Fait chier ! gueula-t-il en frappant de nouveau le rocher derrière moi.
J'enserrais mes jambes de mes bras et cachais ma tête entre mes genoux pour qu'il ne me voie plus pleurer. Je me sentais tellement faible, tellement idiote. Comment avais-je pu croire qu'un homme comme lui aurait pu partager mes sentiments ?! Il ne savait que me blesser, encore et encore... Je l'entendais s'éloigner à pas furieux et je ne le retins pas. Qu'il aille se... défouler ailleurs ! (J'ai cru qu'elle allait dire autre chose !:D Mdr, Lina qui censure l'auteur !) Je pleurais encore un peu avant de renifler en séchant mes larmes. Bon, je m'étais assez apitoyée sur mon sort comme ça !
Essayant de me calmer les nerfs, je me concentrais pour soigner mes blessures. Au moins, ça m'occuperait en attendant que « monsieur le connard » ne décide de revenir. Le temps de me soigner, j'avais réussi à étouffer ma colère, mais j'avais toujours la gorge serrée par le chagrin. Je m'assoupis un peu, histoire de refaire mes réserves de reiatsu et de ne plus repenser à ce qu'il venait de se passer. Je me réveillais en sursaut en entendant des bruits de pas approcher et je vis que Ken-chan était revenu.
La gorge brûlante, je retins les larmes qui menaçaient à nouveau de me submerger en serrant les dents. Je ne me ridiculiserais pas en pleurant encore une fois devant lui, hors de question. Je levais brusquement, ayant soudain hâte de quitter cet endroit.
- La grotte finit en cul de sac à l'ouest et elle s'enfonce plus profondément au nord, m'annonça le shinigami d'une voix posée. On devrait tenter d'aller au sud-est, c'est le seul chemin que je n'ai pas encore vérifié.
Eh bien, au moins « monsieur le connard » n'avait pas perdu son temps à frapper des murs innocents. (Bah non, y préfère frapper les gens ce foutu psychopathe! Au fait Lina, rappelle-moi pourquoi tu l'aime ? TOT) M'intimant à moi-même de cesser ces enfantillages, je hochais la tête en le suivant silencieusement et nous nous mîmes en route. J'avais l'impression qu'il évitait de me regarder et j'en fis de même. Avec cette ambiance pesante, sortir de cette grotte était vraiment une priorité si on ne voulait pas s'étriper mutuellement...
Quelques heures plus tard, j'avais perdu toute notion de l'heure qu'il devait être désormais, nous étions toujours enfermés sous terre. Les galeries souterraines semblaient parcourir tout le désert, tellement elles étaient longues. Nous n'avions toujours pas échangé un mot, mais bizarrement je ne sentais pas l'aura menaçante qui émanait de Ken-chan d'ordinaire quand il était en colère. Il paraissait juste... ennuyé. Comme si cette situation était simplement barbante à ses yeux. (Lecteur : « Connard ! », l'auteur « mais non, mais non, Ken-chan est juste un... », lecteur : « connard », l'auteur : « heu... bon d'accord » XP)
- On se repose ici, dit-il en se laissant tomber contre la parois d'une caverne, les yeux fermés.
Je m'étonnais qu'il veuille faire une pause après seulement une demi-journée environ de marche, mais en l'observant, je me rappelais qu'il était encore blessé, contrairement à moi. Sans compter qu'on n'avait ni mangé ni bu depuis pas mal de temps, avec toute l'énergie spirituelle qu'on avait utilisé tous les deux, ça commençait à se faire ressentir. Je vis bientôt sa poitrine se soulever et se baisser à un rythme régulier.
Malgré mon humeur peu clémente, je m'approchais de lui à pas de loup pour le soigner pendant son sommeil. Nous irions plus vite s'il était en pleine forme et je ne voulais pas le faire quand il serait réveillé. Encore une fois, je fus choquée de réaliser à quel point il pouvait paraître indifférent à la douleur : il avait quatre côtes cassées du côté où l'arrancar lui avait perforé le poumon, trois phalanges brisées à la main gauche, une vilaine entaille au mollet qui aurait du le faire boiter et une plaie à l'arrière du crâne qui aurait du lui valoir une putain de commotion cérébrale...
- T'es un sacré phénomène, ne pus-je m'empêcher de murmurer une fois terminé mon examen, admirative malgré moi.
Je mis un certain moment pour soigner toutes ses blessures, prenant également le temps de réduire la sensation de faim et de fatigue dans son corps ainsi que le mien. Une fois que j'eus terminé, je me reposais un peu plus loin en attendant qu'il se réveille. Quand il ouvrit l'œil, il ne fit pas de commentaire sur le fait que je l'avais soigné et nous nous remîmes en route rapidement. (Même pas capable de dire merci ce mec ! Tsch ! Oui, je sais, je fais du favoritisme envers Lina, mais bon, solidarité féminine oblige XP) Le chemin que nous suivions ne semblait pas s'enfoncer plus profondément sous terre, nous continuâmes donc dans cette direction.
De toute façon, nous n'avions pas vraiment le choix. Ignorant la quantité de sable qu'il y avait au-dessus de nos tête, nous ne pouvions pas tenter de passer à travers le plafond au risque de nous retrouver ensevelis. Plusieurs fois nous nous tombâmes face à plusieurs chemins possibles, nous retrouvant parfois dans de culs de sac mais regagnant toujours un passage dégagé. J'utilisais mon kaido pour ignorer la fatigue qui me prenait parfois, ayant dépensé le reiatsu regagné dans mon sommeil pour nous soigner tous les deux.
Finalement, je finis par sentir un léger courant d'air dans la galerie que nous suivions et nous débouchâmes enfin à l'air libre quelques dizaines de mètres plus tard. Les lèvres sèches et le souffle court, je cédais à l'épuisement, m'asseyant pour récupérer un peu. Il faisait nuit, donc cela faisait déjà un jour entier que nous étions enfermés dans le sous-sol du désert. Ça devait être un sacré bordel au sein du Seireitei depuis qu'ils avaient remarqué notre disparition...
- Il faut qu'on rentre rapidement, avisa mon compagnon, comme pour faire écho à mes pensées.
Je savais qu'il avait raison et qu'il disait ça pour m'encourager à me relever, j'étais d'ailleurs étonnée de son ton conciliant. Pourtant...
- Non, ne pus-je m'empêcher de dire.
Ken-chan me regarda bizarrement, se demandant de toute évidence ce que j'avais en tête. Je le dévisageais calmement, plantant mon regard dans le sien pour la première fois depuis notre "dispute", si on pouvait appeler ça comme ça.
- Il faut... qu'on prenne le temps de parler tous les deux, requérais-je en fronçant légèrement les sourcils.
- Ici ? s'étonna le guerrier, un peu déconcerté. (Bah ouais Ken-chan, on va prendre le thé avec ce putain d'arrancar et tout et tout ! XP)
Il n'avait pas émit d'objection concernant le fait que nous devions discuter, c'était déjà ça.
- Ici, c'est un peu dangereux, concédais-je, mais si nous rentrons à la Soul Society nous allons être assaillis de questions.
Il attendit ma proposition. Me relevant, je sortis mon zampakuto et le plaçais à l'horizontale en face de moi avant de l'insérer lentement dans une sorte de trou noir qui venait d'apparaître. Le Senkaimon, une porte permettant de passer du monde des esprits à celui des humains, émergea du néant devant nous. Faisant pivoter mon zampakuto comme une clé, la porte s'ouvrit et je me retournais vers mon compagnon.
- Un détour par le monde des humains, ça te tente ? l'invitais-je du regard. Là-bas au moins, on ne sera pas dérangés.
Il sembla amusé de mon audace mais ne releva pas, après tout, si j'avais envie de me faire taper sur les doigts pour avoir ouvert un Senkaimon illégalement, c'était mon problème. (Surtout que lui il parcoure aussi le Hueco Mundo illégalement alors...) Il s'avança vers la porte et je le suivis. Étant donné que nous n'avions pas d'autorisation officielle pour emprunter ce passage, nous dûmes traverser le Dangai, l'espace situé entre le monde des esprits et celui des humains, mais ça n'était pas vraiment un souci pour un capitaine et un vice-capitaine.
Une fois passés de l'autre côté, nous nous mîmes à la recherche d'un endroit où nous reposer. N'étant pas venue souvent dans le monde des humains, je laissais Ken-chan me guider en me demandant tout de même s'il s'y retrouvait mieux que moi. Finalement, il m'amena jusqu'à une échoppe à l'aspect plutôt banal où l'on pouvait lire en grand caractères au-dessus de la porte "Boutique Urahara". M'interrogeant sur ce qu'on venait faire dans ce magasin, j'entrais à sa suite, promenant mon regard un peu partout autour de moi.
- Oh, Kenpachi-sama, cela faisait longtemps que vous ne m'aviez pas rendu visite ! lança jovialement un drôle d'homme blond avec un bob vert et blanc sur la tête. Auriez-vous besoin de quelque chose en particulier ? (« Kyyyyyyyaaaaah ! » Oh merde, revoilà la fangirl en chaleur ! XD)
Ses yeux étaient cachés par son chapeau, il était mal rasé et se cachait le menton derrière un éventail. Tout de vert vêtu, il portait des geta, son pantalon semblait trop court et son shitagi mal serré laissait apparaître la moitié de son torse. (J'en connait un autre qui se ballade à moitié débraillé et bizarrement Lina n'y trouve rien à redire ! :P) Même s'il semblait inoffensif avec sa canne et que Ken-chan semblait le connaître, je restais sur mes gardes. Cet homme ne m'inspirait pas du tout confiance, il semblait vraiment louche et son grand sourire sonnait étrangement faux.
- Urahara-san, le salua sobrement mon compagnon. Tu connaîtrais pas un endroit où on pourrait être tranquille dans le coin ?
Urahara. Cet homme était donc le propriétaire de la boutique. S'il arrivait à nous voir alors que nous étions sous notre forme de shinigamis, il devait sûrement avoir une grande énergie spirituelle... Pourtant je ne sentais rien émaner de lui. S'il parvenait à cacher son reiastu, ça n'était définitivement pas un humain normal ! Je me rapprochais imperceptiblement de mon compagnon en faisant ce constat, un peu nerveuse. Urahara-san me jeta un coup d'œil amusé.
- Eh bien, eh bien, je n'aurais jamais pensé vous voir en galante compagnie, Kenpachi-sama ! sourit-il avant de se tourner pour chercher quelque chose dans un tiroir près de la caisse du magasin. Voilà, voilà, ce sont les clés d'un studio que je mets parfois à la disposition des shinigamis qui viennent passer plus d'une journée dans le monde des humains. C'est parfait pour un week-end en amoureux !
Alors que je devenais rouge de honte sous les insinuations idiotes de ce mec débraillé, je tentais vivement de protester mais les mots me manquaient. Quel toupet ! Cet homme était vraiment mal poli ! (Ouais mais en même temps, tu veux qu'il pense quoi sérieux ? XD) Ken-chan se contenta de prendre les clés sans avoir l'air perturbé et remercia même Urahara-san après que celui-ci lui ai donné les indications pour se rendre au studio avant de se diriger vers la sortie. J'incendiais le propriétaire du magasin du regard avant de sortir également sous son regard moqueur.
- Qui c'était ? demandais-je à mon compagnon sur chemin du studio.
J'étais encore un peu embarrassée, mais la curiosité était trop forte. Il avait mentionné les shinigamis et le monde des humains, ce mec était donc clairement impliqué dans les affaires de la Soul Society. Le guerrier haussa les épaules, l'air peu intéressé par la question.
- J'connais pas son prénom, répondit-il, je sais juste qu'il vend des armes et des objets spirituels. Il est livré par la Soul Society et détient l'autorisation de fournir des gigais et d'autres objets utiles aux shinigamis en mission dans ce monde.
- C'est un humain ou un esprit ?
- Aucune idée.
Apparemment, le shinigami ne s'était jamais posé la question. En tout cas, Urahara-san n'avait pas eu l'air impressionné par lui, ce qui était assez rare pour être souligné. Comme nous arrivions à notre destination, je décidais de repousser le sujet à plus tard. J'étais déjà épuisée à la base, mais depuis que nous étions dans le monde des humains, c'était pire. Une fois que nous avions traversé le Senkaimon, un sceau avait été automatiquement placé sur nous pour limiter nos pouvoir étant donné que nous étions des shinigamis de haut niveau.
Je n'avais donc plus accès à mes réserves de reiatsu et j'avais vraiment besoin de me reposer. Entrant dans le studio à la suite de Ken-chan, je soupirais de soulagement d'être enfin arrivée. Mon compagnon m'observait calmement, attendant sans doute que je prenne la parole concernant cette discussion que nous devions avoir... Sauf que je n'avais pas encore réfléchi à ce que je voulais lui dire exactement, j'étais fatiguée, je me sentais sale et j'avais faim. Avisant une porte qui devait donner sur la salle de bain, je fis signe au guerrier de s'asseoir sur le canapé.
- Je vais aller me laver si tu veux bien, j'ai l'impression d'avoir du sable partout sur moi ! marmonnais-je. Tu devrais manger en m'attendant, je pense qu'il doit y avoir ce qu'il faut dans le frigo ou les placards. (A sa place j'éviterais le frigo, ça doit être tout moisi là-dedans! )
Hochant la tête, Ken-chan me laissa me rendre dans la pièce d'à côté sans dire un mot. Il faisait la même tête que le lendemain de la fois où il m'avait fait mal à la main, je songeais donc avec satisfaction qu'il regrettait peut-être ce qu'il avait fait dans la grotte. Je sentis mon cœur se serrer en repensant à ce baiser qu'il m'avait donné, tout en me préparant à entrer sous la douche. D'habitude, j'adorais quand il m'embrassait, même si je n'étais pas toujours d'accord. Mais pas cette fois. Pas comme ça. Une fois nue, j'allumais le jet d'eau froide. L'eau chaude m'aurait engourdie et j'avais besoin de me réveiller.
J'aimais les baisers de Ken-chan quand ils avaient le goût de la passion, pas quand ils avaient celui de la colère. La tête posée contre le mur en carrelage blanc, je réfléchissais à ce que j'allais lui dire en sortant. Je lui avais dit que je voulais discuter avec lui pour lui faire part de mes sentiments, mais je ne savais pas vraiment par où commencer... et j'avais peur. Notre relation un peu houleuse était surtout basée sur une attirance physique réciproque, j'ignorais totalement si le guerrier éprouvait autre chose pour moi, même si je me doutais qu'il m'appréciait tout de même un peu, sinon il ne se serait pas excusé de son comportement désagréable.
Mais si je lui avouais que je l'aimais et que ça n'était pas son cas, il risquerait de prendre ses distances avec moi. Ça serait dur, même si ça serait certainement le mieux pour moi. Mais je ne voulais pas avoir de regrets, je voulais profiter jusqu'au bout de cette attirance au moins une fois, rien qu'une fois... Ensuite, je lui dirais. S'il me repoussait, j'aurais tout de même les souvenirs de cette unique fois gravés dans ma mémoire, pour toujours. Résignée, je sortis de la douche et me séchais rapidement les cheveux avant de m'enrouler dans une serviette blanche. (Eh oui, elle nous refait le coup de la serviette ! XD)
Les joues un peu roses, je sortis ainsi de la salle-de-bain, le cœur battant un peu plus vite que d'ordinaire. Ken-chan tourna la tête vers moi en entendant mes pas, mais son visage demeurant impassible, je ne pus deviner ses pensées. Il était toujours assis, affalé en arrière sur le dossier du canapé, les bras croisés sous la tête, comme s'il avait passé son temps à admirer le plafond pendant que je me lavais. Il ne disait rien, mais il ne me lâcha pas du regard. J'avançais lentement vers lui, ayant l'étrange impression de me sentir de plus en plus assurée à chaque pas.
En sortant de la douche, j'avais sérieusement le trac, mais sous son regard, je me sentais devenir plus belle, plus forte, plus courageuse. Je n'étais plus qu'à quelques pas de lui et je voyais désormais très bien comment il me reluquait. Envahie par le désir, je sentis ma gorge s'assécher et ma température corporelle augmenter de plus en plus. Arrivée près du canapé, je ne passais pas par quatre chemins et m'asseyais directement sur ses cuisses, les jambes sur le côté et passant une main dans sa nuque pour avoir un appui. Le démon leva un sourcil, visiblement épaté par mon culot. Ouais, moi aussi je m'impressionnais !
Fin du chapitre 12
Hihihi ! (l'auteur glousse comme une débile) Bien, bien, bien... (se frottant les mains) Bah quoi ? J'ai pas le droit d'être fière de moi ? XD Oh allez, je suis juste contente pour ma Lina-chan, depuis le temps qu'elle fantasme sur Ken-chan, elle va enfin savoir s'il est aussi bon au lit qu'au combat ! XP Enfin, si « monsieur le connard » veut bien se laisser faire bien sûr...
En plus je suis contente d'avoir fait apparaître un de mes persos préféré dans ce chapitre, mon petit Kisuke d'amour ! Dites-moi aussi ce que vous pensez de Shinseina et du monde intérieur de Lina.
Bisous de chat 3
