Comme toujours, tout d'abord un grand merci pour les reviews qui me motivent à avancer.

Alexfr36 : Merci pour la review, et à bientôt !

narkor : Et oui, l'effet papillon prend du temps à se mettre en place ! Les mêmes événements ne peuvent maintenant plus du tout se passer de façon identique.

Stele33 : Et il n'y a pas de soucis pour que je continue.

narustory : Et bien merci de me suivre tout de même ! J'espère que ce chapitre correspondra à tes attentes.

Matsuyama : Et voilà ! Harry n'est pas tout seul pour noël ! Mais c'est vrai que beaucoup de gens rentrent chez eux. Après tout, Noël est une fête familiale, et il faut préserver la mascarade.

Nepheria4 : Merci

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Chapitre 12 : Le Miroir du Riséd

En retournant au château après le départ de ses amis, la différence était frappante. L'école, qui résonnait habituellement d'éclats de rires, de discussions, de bruits de pas, était maintenant entièrement silencieuse. Seuls les bruits lugubres du vent se faisaient entendre. Sous sa chape de neige, Poudlard aurait pu passer pour un manoir abandonné.

Cependant, tous les élèves n'avaient pas déserté. Les Weasleys allaient également passer leurs vacances au collège, car leurs parents devaient se rendre en Roumanie. Du côté des Serdaigles, Pénélope Deauclaire, une quatrième année, était restée au château, ainsi que Michael Jacob, qui passait ses buses en fin d'année.

Rapidement, Ron retrouva Harry, seul compagnon de son âge, pour s'occuper. Ron invita Harry dans la salle commune de Gryffondor. La pièce, chargée de tentures rouges et or ne rassemblait plus grand monde, ce qui leur permettait de s'installer dans les meilleurs fauteuils, près du feu. Ils passèrent plusieurs heures assis à manger tout ce qu'ils trouvaient à faire cuire à la broche – du pain, des pancakes, des guimauves… le tout récupéré lors des petits déjeuners – tout en se racontant leur vie. Harry essayait de parler le moins possible, se focalisant sur des généralités du monde moldu qui estomaquaient Ron très facilement.

Ron apprit également à Harry le jeu d'échecs, version sorcier. Les pièces vivantes rendaient plus facile l'apprentissage des bases. Au moins, elles le conseillaient sur les décisions à prendre :
– Allons, ne m'envoie pas là-bas, disait le fou ou la tour. Tu n'as donc pas vu son cavalier ? Tiens, envoie plutôt celui-là. Lui, on peut se permettre de le perdre.

La compagnie du jeune rouquin était agréable, mais elle ne remplaçait pas celle de ses amis habituels. Et perdre en boucle aux échecs n'était pas une occupation très agréable.

La veille de noël, Harry se coucha en pensant au lendemain. Ce serait une longue journée. Ron s'amuserait sûrement avec sa famille, il n'aurait pas de cadeaux et il y aurait un festin. Au moins, il aurait du temps pour travailler ses leçons. Lorsqu'il s'éveilla, cependant, il aperçut un petit tas de paquets au pied de son lit.
Quoi ? pensa Harry. J'ai des cadeaux !

Harry ouvrit aussitôt le paquet qui se trouvait au sommet de la pile. Il était enveloppé d'un gros papier sur lequel était griffonné : « Pour Harry de la part de Hagrid ». A l'intérieur, il y avait une flûte en bois grossièrement taillée. De toute évidence, c'était Hagrid lui-même qui l'avait fabriquée.
Harry souffla dedans et elle produisit un son semblable au hululement d'un hibou.

Un autre paquet, tout petit, contenait un simple mot :
– Nous avons reçu ton message. Voici ton cadeau de noël, de la part de l'oncle Vernon et de la tante Pétunia.

Une pièce de cinquante pence était collée au papier à l'aide d'un morceau de ruban adhésif.

C'est gentil de leur part, se dit Harry. Ridicule, peut-être, mais bon… C'est toujours quelque chose. Je me demande de quel message ils parlent ?

Il n'y avait plus qu'un seul paquet à ouvrir. Harry déchira le papier et un morceau de tissu très léger, d'une teinte argentée, glissa sur le sol où il forma un petit tas aux reflets luisants. Qu'est-ce que ça peut bien être ? se demanda Harry, perplexe.
Harry ramassa le morceau de tissu brillant. En le prenant entre ses doigts, il eut l'impression de toucher de l'eau qu'on aurait transformée en étoffe.

Il y avait un mot. Harry lut ce qui était écrit d'une écriture arrondie qu'il n'avait jamais vue auparavant.

« Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage. Très joyeux noël. »

Il n'y avait pas de signature.

Qui avait bien pu lui envoyer ce truc ? Avait-il véritablement appartenu à son père ? Qu'est-ce que c'était censé être ?
Il aurait tellement voulu connaître la réponse à ces questions…

Harry prit donc le tissu, pour le ranger en sécurité, en attendant d'en savoir plus. Dès qu'il l'eut soulevé, il eut un moment de flottement, car quelque chose n'allait pas : Il ne voyait pas ses mains… Mais c'était normal, puisque elles étaient sous le tissu. En revanche, ce qui était moins normal était qu'il ne voyait pas non plus le tissu.
Ses bras s'arrêtaient, il sentait encore ses mains, mais il ne les voyait pas.

Harry lâcha le tissu, qui tomba au sol, inerte, d'un gris brillant. Ses mains étaient toujours là.

Ce drap…. rend invisible ? … IMPOSSIBLE ! Un drap... Ou….

Harry étala du mieux possible la chose par terre. Après quelques disparitions, Harry comprit ce que c'était. Ce n'était pas un simple drap. C'était une cape… Bien trop grande pour lui !

Harry décida de l'essayer.

Finalement, elle n'était pas si mal ! Avec un miroir, Harry fit plusieurs essais :

– Portée normalement, la cape le faisait devenir totalement invisible, mais la capuche devait pour ce faire tomber devant son visage, ce qui n'était pas agréable pour respirer.
– S'il relevait la capuche, il voyait son visage, mais pas ses cheveux, ce qui était assez perturbant.
– S'il posait un miroir par terre, pour observer ses chaussures au ras du sol, il entr'apercevait ses pieds : la cape s'arrêtait à un centimètre du sol.

Harry enleva alors sa cape. Avait-elle rétréci ? En effet, la cape semblait s'adapter à la taille de son porteur. Non utilisée, elle paraissait pouvoir couvrir un adulte de bonne taille.

Avant de descendre prendre son petit déjeuner, Harry cacha la cape au fond de ses affaires. Il n'avait pas très envie de partager son secret avec tout le monde, et il devrait attendre la fin des vacances avant de la montrer à ses amis.

Lorsque Harry descendit finalement les Weasleys étaient déjà installés à l'unique table qui servait pendant les vacances.

– Joyeux noël !
– Hé, salut Harry ! Joyeux noël à toi aussi ! dit un rouquin portant un pull orné d'un grand "F" sur la poitrine.
– Merci Fred !
– Tu veux dire Forge ? Moi, c'est Gred !

Harry regarda Ron, interloqué

– Ne t'inquiètes pas, ils ont échangé leurs pulls, du coup, ils considèrent que leurs noms ont aussi changé.
– T'es pas drôle, Ron ! Faut pas dévoiler la chute comme ça ! critiqua Gred.

Le repas fut fabuleux. La nourriture à foison, les pétards-surprises magiques et l'entrain bon enfant des adultes présents avaient fait passer à Harry la meilleure fête qu'il ait jamais passé. Pourtant, il lui manquait quelque chose : Sally-Ann, Neville, et Hermione. Ses premiers amis, ceux avec qui il avait partagé de bon moments.

Oh ! Il était aussi content de se divertir avec Ron ! Mais ce n'était pas pareil. Il appréciait tout autant les quelques moments de calme et de solitude, dans le dortoir de Poufsouffle. Après tout, il n'avait pas eu un moment de calme depuis qu'il avait traversé ce mur, à King's Cross.

Une autre chose n'avait cessé de lui tourner dans la tête tout au long de la journée : la cape d'invisibilité et son mystérieux expéditeur. Après une après-midi de jeux avec Ron, Harry retourna à son dortoir, mais pas pour dormir. Il récupéra la cape d'invisibilité.

Son père... Elle avait appartenu à son père. La cape l'hypnotisait. « Fais-en bon usage », se remémora-t-il. Harry se sentit soudain parfaitement réveillé. Il pouvait maintenant aller où bon lui semblerait ! Rusard ou qui que ce soit d'autre n'arriverait sans doute jamais à le repérer, de nuit, sous sa cape. Il sortit du dortoir des Poufsouffles, enveloppé dans sa cape.

Où aller ? Il s'arrêta et réfléchit, le cœur battant. Puis l'idée lui vint : la Réserve de la bibliothèque. Il pourrait lire autant qu'il voudrait, il pourrait passer le temps qu'il faudrait pour découvrir qui était Nicolas Flamel. Il se mit en chemin en serrant la cape autour de lui. La lune n'était plus pleine comme quelques jours auparavant, mais elle éclairait tout de même suffisamment pour que des yeux accommodés à l'obscurité discernent quelques détails.

La bibliothèque, peuplée de livres et de grimoires, avait une allure sinistre. En y pénétrant, Harry avait l'impression d'entrer dans un sanctuaire. Il aurait juré entendre un murmure se taire quand il avait ouvert la porte. Harry alluma une bougie pour mieux lire les titres. On aurait dit que le bougeoir flottait en l'air et bien que Harry en sente le poids au bout de son bras, la vue de cette lueur qui semblait se promener toute seule ne le rassurait pas.

La Réserve se trouvait tout au fond. Il enjamba avec précaution le cordon qui séparait les livres interdits du reste de la bibliothèque et tendit la lampe pour lire les titres des ouvrages alignés sur les étagères. Ils ne lui disaient pas grand-chose. Leurs lettres dorées, ternies, usées, formaient des mots que Harry ne comprenait pas. Certains livres n'avaient pas de titre du tout. L'un des volumes était maculé d'une tache sombre qui donnait l'horrible impression d'être du sang. Harry sentit ses cheveux se dresser sur sa nuque.

Harry joua de malheur. Le premier grimoire dont il se saisit hurla dès qu'il fut ouvert. Le son suraigu glaça le sang du jeune sorcier, qui replaça immédiatement le livre où il l'avait trouvé. Il remit sa cape en vitesse, et sortit de la bibliothèque.

La cavalerie arrivait déjà. Rusard était accompagné du professeur Rogue. Mais ni le gardien, ni le maître des potions ne purent le voir. Harry se sentit pâlir. Les hommes en face de lui ne pouvaient pas le voir, mais s'ils lui rentraient dedans, il aurait de graves problèmes.

– Ils n'ont pas dû aller bien loin, nous allons les rattraper.

Harry recula en faisant le moins de bruit possible et vit alors sur sa gauche une porte entrouverte. Retenant sa respiration, il se glissa par l'entrebâillement en essayant de ne pas faire bouger le panneau et parvint à son grand soulagement à entrer dans la pièce à l'insu de Rogue et de Rusard.

A l'abri dans sa cachette, Harry put souffler. Soudain, la porte s'ouvrit en grand, un faisceau lumineux parcourant la pièce.

- Personne ici. Continuons !

Harry reprit sa respiration, essayant de calmer les battements de son coeur. La pièce dans laquelle il se trouvait était une simple salle de classe, mais elle ne semblait pas avoir été utilisée cette année. Les chaises et bureaux étaient entassés près du mur. Mais quelque chose ne semblait pas appartenir à la salle. C'était un miroir magnifique qui montait jusqu'au plafond avec un cadre d'or sculpté, posé sur deux pieds pourvus de griffes, comme des pattes d'animal. Une inscription était gravée au-dessus du miroir. Harry déchiffra: « riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. »

Il baissa les yeux, et se plaqua une main sur la bouche pour étouffer un cri d'horreur. Il s'éloigna du miroir, et vérifia ses bras. Ceux-ci étaient invisibles. Il portait bien la cape. Pourtant son reflet était apparu dans le miroir.

Rassuré, Harry vérifia de nouveau l'image. Il n'était pas seul, il y avait un groupe de gens qui se tenait derrière lui. Pourtant, il ne voyait personne d'autre dans la pièce. Ou alors, eux aussi étaient peut-être invisibles, mais ce miroir avait la faculté de les refléter quand même ?

À nouveau il regarda le miroir. Puis il reconnut Sally-Ann, Hermione, et Neville. Derrière son reflet se tenait une femme. Elle lui souriait en faisant des signes de la main. Il tendit le bras derrière lui, mais il ne sentit que le vide. Si cette femme avait été vraiment présente dans la pièce, il aurait pu la toucher, mais il n'y avait rien. Tous ces gens n'existaient que dans le miroir.

La femme était très belle. Elle avait des cheveux auburn et ses yeux... « Ses yeux sont comme les miens », pensa Harry en s'approchant un peu plus près de la glace. D'un vert brillant et d'une forme semblable. II s'aperçut alors que la femme pleurait. Elle souriait et pleurait en même temps.

L'homme qui se tenait à côté d'elle était grand, mince, avec des cheveux noirs. Il la tenait par les épaules. Il portait des lunettes et ses cheveux étaient très mal coiffés. Il avait des épis qui dépassaient à l'arrière de son crâne, tout comme Harry. Il était si près du miroir, à présent, que son nez touchait presque celui de son reflet.

– Maman ? murmura-t-il. Papa ?

L'homme et la femme le regardèrent en souriant. Lentement, Harry détailla les autres personnes qui se trouvaient dans le miroir. Il vit un grand homme aux cheveux bruns, courts, et aux yeux gris et rieurs. Il fit des oreilles d'âne à son père en lui lançant un clin d'œil. Un homme au visage couvert de cicatrice, aux cheveux châtains parsemés de mèches blanches réprimanda ce dernier après avoir fait un petit salut à Harry.

Tous lui souriaient, ils lui adressaient des signes de la main et lui les contemplait d'un regard fébrile, les mains plaquées contre le miroir comme s'il espérait passer au travers et les rejoindre dans leur bonheur. Quelque chose lui faisait mal à l'intérieur de son corps, un mélange de joie et de tristesse.

À un moment un bruit lointain le ramena à la réalité. Il ne pouvait pas rester ici, il fallait qu'il retrouve le chemin de son lit. Il arracha son regard du visage de sa mère et murmura :

– Je reviendrai...

Puis il se hâta de quitter la pièce. De retour à son dortoir, Harry eut du mal à trouver le sommeil. L'énigme du miroir le tracassait. Qui étaient ces gens ? Ce miroir lui montrait ses parents… qui étaient morts, et ses amis… Harry avala sa salive, mais le mauvais pressentiment qu'il venait d'avoir ne partit pas avec. Ses amis ne pouvaient pas être morts, eux aussi… Ce ne pouvait pas être possible !

Il fallait qu'il s'en assure !

Fébrilement, il prit une plume et trois morceaux de parchemins.

Salut, j'ai passé un très bon noël, je me demandais comment ça allait pour toi.
Réponds-moi vite.

Harry

Puis il reprit sa cape et fila à la volière. Hedwige ne se fit pas trop prier pour porter un message à Sally-Ann. Mais il eut besoin de son aide pour convaincre deux autres volatiles de faire leur devoir et de porter les messages à ses amis. Harry finit finalement par s'effondrer aux aurores. Ne pouvant pas dormir, il avait sorti son livre d'ingrédients de potions, et l'avait lu jusqu'au bout, il venait de le commencer une deuxième fois quand le sommeil l'emporta finalement.

Quelques heures plus tard, on toqua à sa porte :

– Monsieur Potter, tout va bien ?
– Mmm ?

Harry mit quelque temps à sortir de son cauchemar et à retrouver ses esprits.

– Monsieur Potter, vous êtes là ?

Harry reconnut la voix de Mme Chourave, sa directrice.

– Oui, oui, désolé.

Il alla ouvrir.
Pomona Chourave souffla de soulagement.

– Et bien ! On dort encore à cette heure-ci ? Il est bientôt quatorze heures, vous savez ! Descendez donc manger un morceau ! On en profitera pour rassurer monsieur Weasley que vous n'avez pas été tué par un spectre vengeur où une autre bêtise de ce genre.

Harry avait dormi cinq heures. Il grignota quelques plats, plus pour satisfaire le professeur Chourave que son estomac habitué aux disettes et barbouillé des festins des jours précédents. Il ne pensait plus qu'à ses amis. Il espérait de tout coeur s'être trompé, essayant de se convaincre que sa théorie était stupide, qu'il les reverrait en pleine forme dans un peu plus d'une semaine.

– Ça va ? s'inquiéta Ron. Tu as l'air bizarre.
– Oui, oui, ne t'inquiète pas… Je suis un peu fatigué, c'est tout, j'ai eu du mal à m'endormir.
– Ah. Moi aussi, des fois ça m'arrive quand j'ai trop mangé.
Harry sourit. On pouvait trop manger au point de mal dormir ?
– Je pense que cet aprèm, je vais me reposer, je n'ai pas encore touché au devoir de métamorphose.
– Quoi ? Travailler ? Mais on est à peine le lendemain de noël ! On devrait s'amuser !
– Je ne suis pas assez en forme pour çà. dit Harry en réprimant un bâillement.

Plus tard, alors qu'il travaillait sur la théorie de transformation d'animaux en objets, Harry reçut une première réponse, venant de Neville :

Salut Harry,
J'espère que tu ne t'ennuies pas trop à Poudlard.
Grand-mère a invité Grand-oncle Algie et Grand-tante Enid.
J'ai reçu l'herbier de Grande-Bretagne édition complète !

À bientôt !

Neville

Cette réponse soulagea Harry d'un grand poids. Il avait été totalement stupide. Restait qu'il ne savait toujours pas ce que faisait ce miroir. Harry décida donc d'y retourner, toujours sous sa cape d'invisibilité, mais de jour. Contrairement à la nuit, où l'ambiance avait rendu sa promenade oppressante, être invisible de jour avait d'une certaine manière un effet jubilatoire. Durant l'heure que lui prit la recherche de la salle au miroir, il ne croisa qu'une seule personne, le professeur Quirrell. Mais il lui suffit de se plaquer contre le mur pour qu'il passe sans même le remarquer.

En plus, l'épaisseur supplémentaire que lui offrait la cape d'invisibilité n'était pas désagréable au vu de la température actuelle.
Harry finit par retrouver la salle. Le miroir était toujours là. Son reflet paraissait toujours aussi joyeux, entouré de toutes ces personnes.

Harry s'assit par terre, devant le miroir.

A quoi peut bien servir un objet pareil ? Qu'est-ce que j'aimerais être à la place de mon reflet ! Tout paraît si simple, là-bas ! Mais ce n'est que mon reflet.

Soudain, une voix le détourna de ses pensées.

– Tiens ? Tu es là, Harry ?

Harry sursauta. Il était pourtant bien sûr de s'être enveloppé convenablement dans sa cape ! Il se retourna, pour voir, dans l'encadrement de la porte, Albus Dumbledore !

– Je... Je suis désolé, Monsieur, balbutia Harry.
– Ne t'inquiète pas… Dit Dumbledore en souriant. Après tout, cette pièce n'est pas interdite d'accès.

Albus Dumbledore vint s'asseoir par terre, à côté de lui.

– Il est beau, n'est-ce pas ? C'est le Miroir du Riséd. Et ce qu'il nous montre est plus magnifique encore.
– Je ne savais pas qu'on l'appelait comme ça, dit Harry.
– Mais j'imagine que tu as compris ce qu'il fait ?
– Je... j'étais en train d'y réfléchir.
– Et tes réflexions t'ont elles mené quelque part ?

Harry fit « non » de la tête.

– Alors je vais te donner un petit indice. Pour un homme parfaitement heureux, le Miroir du Riséd ne serait qu'un miroir ordinaire, il n'y verrait que son reflet. Est-ce que cela t'aide à comprendre ?

Harry réfléchit, puis il dit lentement :

– Il nous montre ce que nous voulons voir...
– C'est à peu près ça, répondit Dumbledore, il ne montre pas ton visage, mais le désir le plus cher de ton cœur. Mais ce miroir ne peut nous apporter ni la connaissance, ni la vérité. Des hommes ont dépéri ou sont devenus fous en contemplant ce qu'ils y voyaient, car ils ne savaient pas si ce que le miroir leur montrait était réel, ou même possible. Je ne pensais pas que quelqu'un tomberait dessus pendant les vacances. Je vais déménager ce miroir ailleurs, et je te demande de ne pas essayer de le retrouver. Ça ne fait pas grand bien de s'installer dans les rêves en oubliant de vivre, souviens-toi de ça. Et maintenant, retourne donc jouer avec Ronald, j'ai bien l'impression que le pauvre s'ennuie un peu sans toi !
– Monsieur, répondit Harry. Est-ce que je peux vous demander quelque chose ?
– C'est ce que tu viens de faire, mais tu peux recommencer, si tu veux.
– Et vous, qu'est-ce que vous voyez quand vous regardez le miroir ?

Une ombre passa sur le visage du vieux sorcier, puis celui-ci s'éclaira :

– Moi ? Je me vois avec une bonne paire de chaussettes de laine à la main.

Harry fronça les sourcils.

– On manque toujours de chaussettes. Noël vient de passer et je n'en ai même pas eu une seule paire. Les gens s'obstinent à m'offrir des livres.

Harry se demanda si Dumbledore lui avait bien répondu la vérité. Mais après tout, c'était peut-être une question un peu trop personnelle. Harry retourna d'abord à son dortoir, afin de ranger sa cape. Alors qu'il dînait dans la salle commune, il reçut les réponses de Sally-Ann et Hermione. En les lisant, un sourire triste lui monta aux lèvres. Il était impatient de les revoir.

La réponse d'Hermione était assez longue, avec une écriture très nette :

Salut Harry,
Je suis désolée de n'avoir pas écrit plus tôt, mais je n'étais pas sûre que la poste moldue puisse envoyer une lettre à Poudlard. Il faudra absolument que je me renseigne là-dessus.
Ça m'a fait plaisir de retrouver mes parents pour noël ! Malheureusement, je n'ai rien pu leur montrer. Tu savais que les sorciers de premier cycle n'ont pas le droit de faire de la magie hors de Poudlard ?

Enfin, de toute façon, avec toute la famille autour, il ne fallait pas briser le secret. C'est à la fois drôle et pathétique. Je veux dire, ils ont sans doute déjà entendu des choses bizarres qui s'étaient passées, pourquoi ne pas leur donner une explication une bonne fois pour toutes ?
D'ailleurs, heureusement que ton hibou n'a pas croisé mes oncles et tantes. Ou même mes grands-parents. Je me demande ce qu'ils auraient dit !
Enfin, je m'égare. Comme chaque année j'ai reçu quelques livres pour noël. J'espère les finir pour la fin des vacances, il y a tant à lire à Poudlard.

Au fait, tu as des nouvelles de Nicolas Flamel ?

Maintenant que tout le monde est parti, c'est beaucoup plus calme ici ! Papa et maman n'arrêtent pas de me poser des questions sur tout ce qui s'est passé depuis la rentrée.

Je préfère éviter de leur raconter l'épisode du troll… Je ne veux pas les affoler pour rien.
J'avais hâte de les retrouver, mais maintenant j'ai impatience que les cours reprennent.

À bientôt !

Hermione

En lisant le parchemin, Harry pouvait presque entendre l'excitation de son amie. Il aurait sans doute droit à un descriptif détaillé de ses vacances à la rentrée.

La lettre de Sally-Ann était plus courte, et lui remonta le moral.

Salut !
« Répond moi vite » ! Rien que ça ? Je te manque tant ?
Il faudra que je demande à mes parents de d'inviter la prochaine fois, alors !
La pauvre Hedwige était frigorifiée en arrivant ! Tu n'as donc pas de coeur pour la faire sortir par un temps pareil ?

Je l'aurais bien bichonnée mais elle tenait apparemment à ce que je réponde tout de suite.
Franchement, elle est adorable. J'espère que la récompense sera à la hauteur !
Ici tout se passe bien. Je te raconterai les détails à mon retour.

Bisous

Sally-Ann

En finissant la lettre de Sally, Harry sentait son visage beaucoup plus chaud que d'habitude. Même à plusieurs centaines de kilomètres, elle arrivait à le faire rougir ! Mais au fond, il appréciait assez cette sensation.

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C'est tout pour aujourd'hui ! A la semaine prochaine !