Hi! Comme promis, un nouveau chapitre. Nous entrons dans une nouvelle phase! Je ne ferais pas beaucoup de blablas, je veux juste vous remercier encore pour vos commentaires, et tous les lecteurs qui lisent, même s'ils sont peu à se manifester (:
AVERTISSEMENT: CE CHAPITRE CONTIENT DES SCENES DURES! PRENEZ GARDE! JE LE REDIS, CE CHAPITRE CONTIENT DES SCENES DURES!
Etait-ce une bonne chose ? Prenait-il vraiment du plaisir lorsque la bouche de sa propre mère entourait sa virilité par contrainte ? Etait-il excité ? L'esprit de Loki s'évertua à se détourner de son supposé plaisir pour se poser toutes ces questions, et plus les secondes passaient, plus son esprit dérouté voulait lui imposer de nouvelles interrogations. Au fond, peut-être étaient-elles justifiées, ces questions qui ne voulaient pas avoir de réponses. Car avoir une réponse signifierait qu'il existait encore. Cela signifierait qu'il était dans la mauvaise route, et qu'il devait revenir au vrai monde. Cela, Loki ne le désirait absolument pas. Il se trouvait tellement mieux dans sa rage, dans sa haine, et dans sa démence.
-Continuez, gémit-il en direction de la reine, ses mains caressant avec une étrange douceur ses cheveux.
C'était comme si une part de lui voulait lui faire ressentir qu'il était là, qu'il ne voulait pas la blesser. Mais Frigga avait trop peur pour le remarquer. Les larmes continuaient de dévaler sur ses joues alors qu'elle s'obligeait à caresser l'imposteur qui avait pris la place de son enfant. Ca ne pouvait être lui qui la forçait à lui donner du plaisir, c'était certain. Pourtant, à chaque fois que la reine s'éloignait de la réalité, cette dernière la happait toujours à nouveau, à travers les mains empressées de son agresseur.
Loki changeait souvent de comportement, étant soit doux, soit brutal. Entre se haïr et haïr sa mère, il y avait peu de nuances. Tantôt l'un, tantôt l'autre, mais il y avait toujours de la haine. Encore une fois, il se montra brutal, ne supportant plus ses pensées culpabilisantes. De quoi devait-il se sentir coupable ? Pourquoi devait-il culpabiliser ? Frigga ne servait à rien d'autre qu'au plaisir des hommes ! Mais dans ce cas, ne serait-elle pas une catin d'Asgard au lieu d'être sur le trône ?
-Je vous hais tant, mère...allez plus vite...si vous saviez comme je vous hais ! Mais, à chaque fois, mon stupide cœur de monstre me dit que je fais une légère erreur. Est-ce vrai ? Suis-je en train de commettre une erreur ? demanda-t-il, chaque phrase accompagnée de ses bruits de plaisir.
La reine ne put répondre, et ne voulut rien dire non plus. Loki était tant perdu dans sa démence qu'il n'accepterait aucune réponse de sa part, qu'elle aille ou non dans son sens. Elle ne récolterait que douleur et désespoir. N'était-ce pourtant pas assez ? Ses pensées disparurent encore quand Loki força sa gorge. Voulait-il lui enlever toute dignité ? Toute lueur d'espoir qui pouvait encore briller dans ses saphirs remplis de larmes ?
-Mère..., gémit l'inconnu au visage de son fils, s'arquant de tout son être, rejetant sa tête en arrière.
Que c'était bon. Que c'était horrible, et malsain. Ses mains se pressèrent sur la tête et les beaux cheveux de Frigga, laquelle ne put se débattre. Elle en pria presque pour que Loki finisse par l'étouffer pour la libérer, mais les ténèbres ne vinrent pas. Frigga put reprendre son souffle, et se laisser aller à des larmes, sans pourtant sangloter. Elle avait tant pleuré que maintenant, les larmes venaient par automatisme sans qu'elle ne sanglote.
-Faîtes-vous souvent cela à votre cher mari, mère adorée ? lui souffla à l'oreille sa hantise en chair et en os.
-Arrête..., put-elle seulement le prier, refusant toujours de le regarder dans les yeux.
Elle savait ses nerfs fragiles, et se plonger dans les yeux de Loki pourrait lui faire un énorme mal, elle pourrait même avoir une crise. Ses membres tremblaient déjà, mais elle faisait tout son possible pour ne pas tomber dans l'inconscience. Au moins jusqu'à ce qu'Odin et Thor arrivent, mais pourquoi mettaient-ils autant de temps ? Etrangement, Loki sembla lire dans ses pensées. Un sourire qui se voulait sournois et mauvais éclaira son visage pâle. Sa mère attendait d'être libérée de lui et de sa perversité ? De sa démence ? Ils ne viendraient que quand leur reine mourrait. Oh oui.
-Personne ne viendra vous sauver, mère. Je me suis assuré qu'ils seraient occupés assez de temps. Vous savez que je suis passé maitre en la matière de manipulation.
-Tu dois arrêter cette folie pendant que tu le peux encore, Loki ! Tu sais que c'est mal, tu le sais parfaitement ! Tu le sens bien, n'est-ce pas ? Tu n'as jamais eu envie de me faire du mal...tu n'en as même pas envie à l'instant. Ne me force plus, ne te force plus..., tenta de le raisonner Frigga, décidant de tenter le tout pour le tout.
Ce n'était pas seulement sa vie qui était en jeu. Ni même celle de Loki, d'ailleurs. Mais elle ne pouvait rien dire d'autre. Hélas, le magicien ne l'écouta pas, persuadé qu'elle ne cherchait qu'à l'amadouer pour le poignarder dans le dos. Elle était comme Odin, comme Thor. Elle ne voyait en lui qu'un monstre, et il sourit en pensant à la vérité. Il était bien un monstre, et il l'acceptait pleinement tant que son amie la Démence l'accompagnait.
Ses mains posées sur la tête de la reine incitèrent cette dernière à reprendre sa fellation contrainte. Elle s'y opposa du mieux qu'elle put, mais Loki restait plus fort. Elle était tellement tétanisée devant lui, se rappelant lentement de tout ce qu'il lui avait fait subir. Sa peau trembla davantage alors qu'elle s'obligeait à donner du plaisir à son enfant perdu.
-Plus vite...Frigga, mère...je vous déteste, mais vous êtes si belle et lumineuse...je vous hais d'être aussi heureuse ! Vous allez m'accompagner dans la douleur, n'est-ce pas ? C'est si chaud, si bon...encore, mère !
Frigga céda à de nouvelles larmes alors qu'elle devait écouter chaque parole terrifiante que gémissait Loki. Des gémissements, des grognements, des râles, des soupirs, mais tous la terrorisaient. Et la pression sur sa tête augmentait. Non, pria-t-elle. Pas ça. Pas ça.
-Je vais venir...mère, je vais jouir.
La souveraine tenta de s'écarter, reprenant son courage, mais rien à faire. Les mains l'empêchaient de fuir. Et sa respiration se bloquait ! Le noir entourait déjà sa vision. Le prince déchu eut l'air de voir ses difficultés, mais ne relâcha aucunement sa prise. Il se libéra violemment, de sa bouche sortant des obscénités mêlées à des excuses, des demandes de pardon. Comme Frigga refusait de l'écouter, il baissa la tête. Ses yeux brisés, il voulait les voir, il voulait se noyer dedans, et l'accompagner dans sa souffrance.
-Avalez..., murmura-t-il, avant de murmurer d'autres excuses, ses yeux commençant à briller aussi.
Et bien malgré elle, sans voir les larmes qui menaçaient de perler sur les joues de son fils disparu, la femme aux longs cheveux d'or dut obéir avec dégoût. Même l'inconscience n'aurait pu la soulager. Lorsque Loki la laissa se retirer, elle ne se retint plus de pleurer librement, ses joues se retrouvant vite mouillés. Les mains posées sur son ventre tremblèrent encore, et encore. Ca faisait si mal. Mais le prince n'était pas décidé à terminer sa torture. Il lui attrapa brusquement un bras dans le but de la relever, mais, dans toutes ses dernières volontés qui se brisaient, Frigga réussit à se débattre. Cette main qui la retenait, elle aurait pu la briser pour s'en séparer. Elle aurait tant voulu, même si c'était son fils -Loki !- qu'elle devrait blesser.
Le dieu de la Malice, dans un accès de rage, lui donna un coup qu'il espérait suffisamment violent pour la maintenir au sol. Le coup tomba directement sur son ventre, mais il ne s'arrêta pas là. Alors que Frigga était recroquevillée au sol, menaçant de s'évanouir tellement la douleur la paralysait, elle sentit un autre coup se porter sur elle. Sa tête frappa durement contre le carrelage, la menant directement dans les ténèbres.
Et là, Loki se stoppa, les mains serrées. L'une des tempes de la Mère de Toute Chose était couverte de sang, elle était inconsciente. Evanouie.
-Pardon, mère...oh, pardon. Si vous saviez comme j'aimerais nous libérer, tous les deux...mais avant, je dois me venger. Je vais vous faire du mal, mère adorée...vous m'avez tellement blessé, vous m'avez abandonné. Je vous détruirais..., murmura-t-il alors qu'il la portait vers son lit, vérifiant qu'elle restait inconsciente.
Oui, Frigga était perdue dans les limbes du sommeil forcé. Sa peau ne cessait de frémir à chaque contact, mais son esprit n'était pas là. Et Loki l'admira, observant ses blessures et le sang qui s'en déversait. Ce sang, c'était le sang qu'elle lui reprochait de ne pas avoir, n'est-ce pas ? Le prince sentit la rage revenir à grands pas en lui. Etait-ce de sa faute s'il était né monstre ?! Bien sûr que non ! Il aurait pourtant tant voulu avoir ce sang là en lui, celui de la reine d'Asgard. Etre son fils, et être sûr que quoi qu'il arrive, Frigga ne l'abandonnerait pas tel qu'elle l'avait fait, ici même.
Ses pensées divaguèrent, tandis que la Démence agissait pour lui. Si désirable, endormie, incapable de se défendre. Il pourrait la prendre encore et encore, et attendre son réveil pour en finir avec elle. Ses mains se réfugièrent dans les cheveux de sa mère pendant quelques instants, tandis que ses lèvres déposèrent plein de baisers sur le front de la reine évanouie. Oh, qu'elle était belle. Ses lèvres l'appelaient. Sa peau frémissait au contact de la sienne. Son cœur ne semblait battre que pour lui. Enfin, quelqu'un était là pour partager sa folie. Ce n'était pas la bonne personne, mais c'était la seule.
Les mains du magicien descendirent sur le tissu de la robe blanche de l'endormie, le relevant jusqu'à ses cuisses. Entre deux regards avides sur Frigga, offerte et inerte, Loki posa sa tête contre le cœur de sa mère. Devait-il la prendre ? Devait-il envoyer son illusion parfaite dire à Thor que leur mère avait besoin d'assistance ?
-Aidez moi...aidez moi, par pitié, eut-il le temps de supplier, avant de céder à son désir violent qui revenait.
Il prit place entre les cuisses écartées et inertes, mais frissonnantes, de Frigga.
Celle-ci se réveilla pleine de douleur. Ses yeux restaient clos pour tenter de diminuer les multiples douleurs qui la prenaient dans tout son corps, à commencer par son ventre. Quelle affreuse douleur. Elle se souvint l'avoir déjà connu une fois, cette douleur. La seconde, celle à sa tête. Elle avait dû heurter quelque chose pour s'être évanouie aussi brusquement. La troisième, la plus brûlante, à son intimité. Et ce fut là qu'elle se rendit compte. Un mouvement.
Sortir.
Rentrer.
Sortir.
Re-rentrer, encore, indéfiniment.
Et ces lèvres qui se posaient tantôt sur son cou, tantôt sur ses lèvres closes. Ces lèvres avides d'elle. Ces lèvres mouillées. Pourquoi mouillées ? Frigga eut le courage d'ouvrir ses yeux, et aperçut le visage rempli de larmes de son enfant disparu. Elle ouvrit la bouche pour tenter de parler, mais aucun son ne venait. Sa paralysie revenait, l'empêchant d'hurler aux gardes de venir la sauver. Aurait-elle pu le faire, de toute manière ? Non, l'humiliation aurait été trop grande. Et puis, ce goût, dans sa bouche. Le goût métallique du sang, et un autre goût dont elle préféra ne pas se souvenir où avoir dû le chercher. Hélas, toutes les images revinrent, en même temps que de nouvelles entrées en elle la bloquaient.
Mal, si mal. Si peur. Mal, encore. La souffrance était bien plus atroce que lors de sa première agression. C'était dans son ventre que ça la tordait le plus de douleur.
-J'attendais votre réveil depuis longtemps, mère adorée, souffla Loki, embrassant encore son cou avec une tendresse déconcertante.
-L...Lo...ki..., tenta d'amorcer la reine, avant de laisser passer une grimace de douleur sur son visage.
Elle ne pouvait ni parler correctement, ni bouger au risque de se tordre de douleur.
-Vous étiez si désirable dans votre inconscience. Si faible, si belle, si douce. Si tentante, aussi. Appréciez-vous ce que je fais ?
-N..on...non..., murmura-t-elle faiblement, ses bras essayant vainement de repousser Loki de son corps en proie à d'atroces souffrances.
Cela ne fit qu'énerver le prince, qui redoubla de coups. La douleur vira vite à l'insupportable. Frigga laissa couler d'autres larmes, plus désespérées encore. Le sauver, vite, le sauver. Les sauver ! Elle dut se faire fureur pour laisser sa voix revenir. Au moins pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Loki ne pouvait pas être aussi insensible que ce qu'il ne laissait paraitre.
-Je t'en prie, écoute-moi, le supplia-t-elle, tentant en même temps de le repousser d'elle.
-Vous mentez, je sais que vous mentez, grogna-t-il, s'acharnant sur la magicienne contractée.
La douleur était si forte, et ne faisait qu'augmenter. Ce n'étaient même plus les coups de reins que son inconnu de fils lui infligeait qui la déchiraient de douleur. C'était cette terrible souffrance à son ventre, et elle n'ignorait pas ce qui se passait. Par tous les moyens, elle devait stopper Loki. Plus vivement qu'elle ne l'aurait imaginé, ses mains se posèrent sur le torse du prince pour le faire partir. Elle ne put faire appel à sa magie, seule ses maigres forces pouvaient l'aider. Hélas, ce rejet mit son fils en colère, le faisant rager.
Sa cruauté redoubla, elle aussi. Frigga prit l'air horrifié quand un nouveau visage apparut sur celui de Loki : sa peau virait au bleu, et ses yeux, oh, ses yeux si verts glissaient vers le rouge sang. Loki redevenait un Jotun. Sa peau brûlait celle de sa mère lorsqu'il la touchait. La reine ne put que grimacer, et chercher à se débattre davantage. A bout, Loki l'immobilisa, n'entendant même plus les cris de douleur qui fusaient dans la pièce. L'une de ses mains bleues se posait régulièrement sur le cou de la magicienne, qui crut à plusieurs reprises mourir sous les multiples brûlures qu'on lui infligeait, ou par manque d'oxygène. Le monstre qui avait remplacé son fils essayait de l'étrangler tout en abusant de son faible corps.
-Arrête ! Arrête, Loki, je t'en supplie ! Tu ne sais pas ce que tu as déclenché ! Loki, arrête ! eut beau le supplier Frigga, sans jamais entendre de réponse.
Les larmes coulaient pour les deux êtres perdus dans leur souffrance. L'un voulait mourir, ne supportant plus cette douleur qui le détruisait entièrement, ne supportant plus de sentir une vie le quitter. L'autre ne supportant plus sa folie, voulant la détruire plutôt que détruire une âme qui ne méritait pas d'être souillée ainsi.
-Pardonnez-moi, pardonnez-moi, mère ! Voyez à quel point je suis un monstre ! Je vous prends sans votre consentement, et je vous regarde pleurer...mais ça me fait tellement de bien, de sentir vos chairs se contracter violemment. Votre peau qui tremble tant contre la mienne, et vos larmes qui ne cessent de salir votre délicat visage..., susurra Loki, perdu entre sa démence et son cœur qui lui ordonnaient chacun des ordres différents.
-Tu me fais trop mal, Loki. Tu vas...tu...
Frigga dut s'interrompre, lâchant une nouvelle grimace de douleur extrême. Cette vie, elle la sentait la quitter alors que son fils la ravageait tout en continuant de lui murmurer des paroles obscènes, suivies de pleurs.
Pourtant, toute cette odieuse torture cessa après ce qui sembla être une éternité aux deux âmes désespérées. Frigga put enfin repousser Loki, lequel ne résista même pas, et tomba sur le côté. Enfin, ils étaient libérés. Le Jotun reprit doucement sa forme asgardienne, murmurant mille paroles entrecoupés de sanglots. Il porta ensuite son regard sur sa mère, laquelle ne pouvait que se tordre de douleur. Il n'y avait plus rien à faire. Plus rien. Rien. Le noir l'aiderait peut-être. Et le Valhalla pourrait lui être accessible, peut-être aussi. Même si elle était la plus impure de toutes les créatures peuplant les branches d'Yggdrasil. D'autres gouttes salées sortirent de ses yeux brillants, tandis qu'elle sentait à nouveau les mains du magicien sur elle. Il n'avait plus l'intention de la blesser, devina-t-elle. La tête du garçon se posa même contre sa poitrine.
-Je vous déteste, eut-il le courage d'admettre une nouvelle fois, après avoir longuement hésité à parler.
-Je sais, Loki, se contenta de murmurer Frigga, faisant peu à peu cesser ses pleurs.
-Mais vous ne me détestez pas. Ma mère ne me détestera jamais. Elle ne me haïra jamais.
-Je ne suis pas ta mère, Loki, tenta de le convaincre la reine, bien qu'au fond, c'était elle qu'elle voulait convaincre.
Elle n'était de toute manière pas digne d'être mère. Tous ses enfants, elle les laissait s'en aller, elle les abandonnait à leur atroce destin. A moins qu'un miracle ne lui permette de les sauver.
Se dresser contre son agresseur, appeler qui voudrait bien l'entendre, s'enfoncer dans l'inconscience, et attendre que la douleur parte. Entendre, plus tard, qu'elle n'était pas la seule à avoir survécu à la folie de son second enfant. Apprendre qu'elle pouvait encore reformer un semblant de famille. Mais pour cela, il fallait qu'elle redevienne Frigga. La vraie Frigga, celle qui n'abandonnait pas, lui murmura son cœur en miettes. Il résistait encore à l'envie de ne plus battre.
-Si, vous l'êtes. Vous êtes mon unique mère, et vous le resterez. Vous ne vous libérerez jamais de moi, mère adorée. Peu importe où vous irez, je vous hanterais toujours. Je vous interdirais de mourir, et si vous mourrez, alors je vous suivrais. Si l'un tombe, l'autre le suivra. Vous ne pouvez pas m'abandonner, n'est-ce pas ? Vous ne seriez rien sans moi ! Je ne serais rien sans vous non plus, mère. Vous ne seriez qu'une trainée au service de ce vieux fou qui se prétendait être mon père ! siffla soudainement Loki, l'une de ses mains se posant sur le cou de la souveraine, le serrant.
Frigga ne se sentit étrangement plus menacée. Oh, elle avait mal, bien sûr. La douleur aurait pu la déchirer si elle ne faisait pas tous les efforts des Neufs Mondes pour se retenir de mourir sous l'œil de celui qui fut son fils. Et, de toute manière, elle avait une chose à faire avant de mourir, si la délivrance se décidait à la libérer.
Se battre jusqu'à la mort, c'était son destin. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres rougies. Ce n'était pas un sourire heureux, ni un sourire malheureux. C'était un sourire confiant, et presque soulagé. D'une main sûre, celle dont le poignet n'était pas cassé, elle repoussa celle du prince.
-Non, Loki. Tu ne comprends pas. Tu as essayé de me briser par tous les moyens possibles. Tu as tenté de me faire du mal de par tes mots. En me disant que je n'étais pas ta mère, et que je n'étais rien pour toi.
-Je le regrette sincèrement, mère adorée, l'interrompit le magicien.
-Nous savons que c'est faux. Tu as voulu me blesser jusque dans ma chair. Je sais que je suis sale, et que je ne mérite pas tous ces titres que l'on me donne. Je le sais, Loki. Tu as réussis ton pari, tu m'as brisé, et aujourd'hui je ne suis plus rien. Tu m'as brisé totalement, et tu ignores encore tout ce que tu as déclenché. Tu n'as pas une seule seconde pensé à ce que tes actes pourraient me faire, à leurs conséquences. Mais je ne te laisserais pas tout détruire. Il y aura un vestige de ce que tu m'as fait, tu ne le tueras pas tant que je m'y opposerais.
Frigga prit une pause, le temps de faire partir la douleur qui persistait dans son ventre. Le coup avait été trop fort, certainement. Et la vérité se voyait déjà, cette vérité condamnée. Son corps accepta finalement de se redresser, sous le regard ébahi de Loki. Il croyait pourtant l'avoir détruite ! Sa poigne se serra tout de suite autour du poignet valide de la reine.
-Ne partez pas, lui ordonna-t-il vivement, sa voix se faisant menaçante.
-Tu ne pourras pas m'en empêcher, Loki. N'oublie pas qui je suis, lui demanda-t-elle d'une voix qui se voulait sûre d'elle, mais une voix qui tremblait, parfois.
Elle ne tiendrait pas longtemps.
-Vous n'êtes qu'une putin sans moi !
-Non. Je suis Frigga, reine d'Asgard. Je suis la femme d'Odin, et je me battrais jusqu'à ma mort. Et c'était ça que j'avais oublié pendant ces six longs mois de souffrance, et de désespoir. Je ne voyais pas ce qu'il fallait que je vois. Tu as eu tout ce que tu voulais de moi. Mon corps, mon cœur, que tu as si savamment brisé en mille morceaux. Tu as réussis à me tuer, je ne m'en remettrais jamais, mais je compte bien survivre, Loki. Tu ne me fais plus peur, maintenant, annonça la magicienne, se levant enfin du lit.
-Je vous interdis de faire un pas de plus. Je vous tuerais si vous m'abandonnez, mère, souffla-t-il, paniquant soudain de se retrouver à nouveau seul, abandonné dans sa douleur.
Frigga avait réussi à se relever, à reprendre un certain goût à la joie, et à la vie. Elle n'en avait pas le droit si lui ne pouvait y accéder aussi. Pourtant, malgré tous ses avertissements, la femme aux cheveux d'or se dirigea déjà loin de lui, prête à tout pour survivre. Pour qu'elle ne soit pas la seule à survivre.
Alors que Frigga se sentait redevenir elle-même peu à peu, sûre de pouvoir aider à reconstruire une partie de sa famille, quelque chose la fit se figer. Quelle était cette douleur qui lui lancinait le dos, puis le ventre ? Il y avait comme quelque chose d'horriblement froid, enfoncé dans son corps. Elle se sentit défaillir, et baissa la tête. Du sang, pourquoi du sang coulait-il ?! Alors que son corps commençait déjà à se glacer, elle tourna doucement la tête vers le côté, vers Loki, lequel la retint dans ses bras, l'empêchant de s'écraser au sol. Durant toute sa chute, Frigga ne lâcha pas le regard du prince déchu, avant de prendre conscience de ce qu'il avait fait. Il l'avait poignardé dans le dos. Elle tenta de parler, mais sa voix ne lui parvenait déjà plus. Et Loki ne voulut rien entendre, la fixant avec haine et désespoir à la fois. L'une de ses mains soutenait le dos de la femme, tandis que l'autre caressait son visage.
-P...pourquoi pleurez-vous, mère ? Vous ais-je blessé ? demanda-t-il innocemment.
Qu'avait-il fait de mal ? Il ne se rendit même pas compte qu'il avait plongé le couteau de la mort dans le corps de la reine. Cette dernière ne put plus rien articuler, sa voix s'éteignait, et ses yeux voulaient déjà se fermer. Son souffle s'arrêta doucement, trop doucement, trop lentement, mais le pire, c'était cette vie qu'elle sentait disparaitre définitivement.
Et là, toute sa peur revint. Son courage téméraire disparut.
-Mère ? demanda doucement Loki, comprenant peu à peu que quelque chose n'allait pas, alors qu'il attendait une réponse qui ne venait pas.
Pour toute réponse, Frigga trouva la force de lui prendre sa main libre, et de la poser sur son ventre, tout en grimaçant légèrement de douleur. Son meurtrier ne comprit pas, ne regardant que son visage. Il sentait sa peau trembler, puis les yeux bleus et brisés de la Mère de Toute Chose se fermèrent.
-Mère ?! paniqua finalement le prince en proie à la folie.
Il la secoua vainement, son cœur s'accélérant brutalement. Que se passait-il ?! Pourquoi Frigga avait fermé les yeux ? Elle jouait avec lui, bien sûr ! Une nouvelle vague de rage lui vint, consumant sa peur pendant quelques instants. Une nouvelle blessure sur le corps de l'évanouie qui semblait déjà pâlir. Son sang coula encore.
Puis vint la lumière sur l'esprit de Loki. Il papillonna des yeux, et releva la tête un instant. Où était-il ? Lorsque son regard descendit vers le bas, ses yeux se retrouvèrent écarquillés. Le corps de sa mère aimée était entre ses bras, elle était inconsciente, inerte, en sang. Sa peau était entaillée à plusieurs endroits, et du sang coulait de son ventre.
Le prince enleva ses deux mains, paniquant à nouveau. Lorsque sa peau apparut devant ses yeux, il y vit encore du sang. Par les Neufs Mondes.
-M...mère ?! Mais...
Sans plus attendre, il plongea sur le cou de la reine afin de vérifier son pouls. Faible. Si faible. Si lent. Presque éteint. Et d'un coup, tout lui revint. Tout. La première entrevue avec Odin. L'attente pénible de son jugement. La cellule blanche qui le terrorisait. Les nombreuses visites de Frigga. Le regard dégoûté des asgardiens au courant de son maudit héritage de Jotun. Le viol qu'il avait commis sur sa mère. Les six mois qui suivirent, les menaces qu'il proféra sur Odin et sa famille. Cette nouvelle agression. Par Yggdrasil. Il l'avait tué. Il l'avait tué !
Sans tarder, Loki s'éloigna de la femme inerte, et rendit ce qu'il avait dans le ventre, alors que son corps tremblait déjà. Il avait osé...comment avait-il osé ?! COMMENT ?! Une chose à faire. Une chose. Oui, une seule.
Bientôt, ce fut son corps qui tomba contre celui de Frigga. Il portait en son corps la même blessure que celle qu'il avait infligé à sa mère. Tout ce qu'il espérait dans son esprit anéanti par ses odieux actes impardonnables, c'était que seule sa mère brisée pourrait survivre. Lui, il mourrait.
Avant de plonger dans la douce inconscience proche de la mort, Loki utilisa sa magie pour espérer sauver ce qui pouvait encore l'être. Prévenir quelqu'un pour sauver sa mère qui se mourrait sous son corps. Il eut le temps d'attraper l'une des douces mains de la magicienne, et la serra un instant.
L'inconscience l'appela enfin, et, alors que des larmes continuaient de s'échapper de ses yeux clos, Loki tomba dans la sérénité, le cœur en sang, l'âme dévastée par ses cris de rage envers lui-même.
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La conversation s'éternisait entre Thor et l'illusion parfaite du prince maudit. Le sourire qu'arborait l'illusion disparut brusquement, alors qu'Odin, en quête de son fils, arrivait. Alors qu'il écarquillait l'œil de voir Loki parler avec Thor, ou plutôt monologuer, son propre visage se décomposa. Thor avait les yeux brillants. Loki avait dû manipuler son esprit.
Mais toutes ces paroles disparurent dans chaque esprit lorsque la phrase du magicien tomba soudainement sur eux :
-Sauvez-la, sauvez Frigga ! Elle va mourir ! Par pitié...pardon, pardon...sauvez-la !
La voix se tut après, et l'image disparut.
Et ils comprirent.
Un piège.
Ou plus.
Leurs pas résonnèrent bruyamment dans les couloirs du palais.
Leur cœur battait à l'unisson dans le même sentiment : la crainte, et la panique.
Frigga.
Mère.
Danger.
Mort ?
Je sais que ce chapitre a pu être dur à lire, car il a été lui-même dur à écrire, voilà pourquoi je suis un peu en retard, je voulais être sûre de poster ce chapitre. Pour ceux et celles qui n'auront pas pu lire à cause de sa violence, vous pouvez me l'indiquer, et je vous ferais un résumé du chapitre dans le prochain qui sortira dimanche, normalement.
Merci d'avoir lu, et je tiens encore à m'excuser d'avoir dû vous donner un chapitre aussi dur, mais c'est un chapitre important.
En espérant ne pas vous avoir trop choqué :(
(petit rappel: je ne cautionnerais jamais ce genre d'actes dans la vie réelle, que vous le sachiez bien!)
