Réhabilitation
[ Susan POV ]
Shelton. Autant dire la ville la plus paumée de l'État de Washington. Aussi nommée « The Evergreen City », ne me demandez pas pourquoi. Environ 9,800 habitants. C'était là que se situait une des nombreuses maisons appartenant aux Cullen. Le nombre d'habitants très peu important devrait m'aider à me contrôler, et l'endroit, à quelques kilomètres du centre-ville, entouré par l'Olympic National Forest, était propice à la chasse. La « petite » maison se révélait en fait être une propriété de taille respectable. Plantée en plein milieu des bois, 300 mètres carrés, un équipement high-tech, une décoration digne des plus belles maisons – que l'on devait sûrement à Esmé – et des baies vitrées partout. La maison la plus proche était à cinq ou six kilomètres, ce qui restait une distance respectable, et le centre-ville de Shelton à huit kilomètres.
- J'ai l'impression d'être la pire des profiteuses, marmonnai-je lorsque Carlisle déverrouilla la porte d'entrée.
- Ne dis pas de sottises Susan, nous ne nous servons jamais de cette maison, je suis content que vous veniez y habiter, ça la dépoussièrera un peu.
- Tout de même ...
Carlisle nous avait accompagné en voiture, afin que nous puissions nous familiariser avec les lieux.
- Voilà, dit Max en posant les valises dans le hall.
- Attends, pourquoi est-ce qu'on se retrouve avec trois valises, alors qu'on est parti avec une valise seulement ? M'étonnai-je.
- Oh, ne fais pas attention, Alice a absolument voulu vous prêter des affaires, à toi et Maxence.
- Je vais la tuer. Je me sens vraiment mal. Carlisle, tu pourras la gronder de ma part ?
- Susan, ça suffit, sourit mon interlocuteur. Je suis absolument d'accord avec elle, tout ce que nous pouvons faire pour vous rendre la vie plus facile, nous le ferons. Une petite visite des lieux ? Enchaîna-t-il, voyant que je m'apprêtais à rétorquer.
Il nous conduisit à travers le salon, immense, puis la cuisine, immense également, dont la baie vitrée donnait sur un terrain vague à l'arrière de la maison. Nous passâmes ensuite dans un bureau, pour nous retrouver à nouveau dans l'entrée. Là, il nous fit monter l'escalier, en haut duquel nous découvrîmes trois chambres et deux salles de bains.
- Tu n'as pas l'impression que c'est un peu trop pour deux ? Demandai-je, mal à l'aise.
- Nous n'avions pas plus petit. Vous n'aurez pas à vous inquiéter des frais d'eau et d'électricité, ils arrivent directement chez nous. Le village possède un Lycée, le Shelton High School, où vous pourrez vous inscrire à la rentrée scolaire de septembre. Si tu te sens de retourner au milieu des humains, bien entendu.
- Je l'espère.
- Bon, je vais vous laisser vous installer. Au moindre problème, n'hésitez pas à appeler.
Il nous prit dans ses bras à tour de rôle, et descendit les escaliers. Deux secondes plus tard, nous entendîmes le moteur de la voiture se mettre à tourner. Max me prit la main.
J'étais tellement gênée de cette situation. Après tout, nous connaissions à peine les Cullen, et ils étaient si gentils avec nous. C'était peut-être normal pour eux, mais moi je n'avais jamais eu l'habitude d'être acceptée aussi facilement par mes semblables.
Max monta les valises dans la plus grande des chambres, à laquelle était reliés un dressing – plus petit que celui que nous avions à la Villa – et une des deux salles de bains.
Pendant que mon homme descendait découvrir les meubles des draps qui les protégeaient, je rangeai nos habits dans les armoires. Alice avait encore abusé. Autant de beaux vêtements, je trouvai ça trop. Mais je suppose que je n'avais pas vraiment le choix.
Max voulut s'occuper immédiatement des inscriptions au lycée – nous n'étions qu'en Juillet – alors il se rendit à pieds à Shelton, pendant que je sortais faire un petit tour dans le « jardin ». Ne sachant quoi faire d'autre, je téléphonai à Julia. Elle avait obtenu ses examens avec mention, et passait dans la classe suivante. Lorsque je l'informai que nous avions élu domicile à Shelton, elle se mit à râler.
- Je pensais que vous alliez reprendre votre scolarité à Everett ! Geignait-elle.
- Moi aussi, mais c'est assez compliqué. Trop de monde nous connaît, et puis c'est une grande ville.
- Je suis dégoûtée.
- Je sais, mais ça ne nous empêchera pas de nous voir. Que dirais-tu de venir passer quelques jours ici au mois d'août ?
- J'adorerai ! J'en parlerai avec ma mère.
Nous raccrochâmes peu de temps après. Maxence revint avec nos dossiers à remplir, alors que je faisais le ménage dans le salon. Il alluma la télévision et se mit à compléter les papiers. Il avait un bon esprit d'initiative, et je savais qu'il trouverait une explication à notre absence des cours en fin d'année. Lorsque le ménage fut fini, je me posai à côté de lui dans le canapé en cuir, et il mit ses bras autour de moi.
Les jours qui suivirent furent pour le moins monotones. Chasse, balades, télévision, aucun contact avec les humains. Même si nous étions heureux d'être ensemble dans cette épreuve, nous nous ennuyions fermement. De plus, mon problème créait des tensions dans notre couple, et nous qui n'attendions que le moment où l'on se retrouverait enfin seuls tous les deux, avions beaucoup de mal à aborder le sujet du sexe. Je savais qu'il en mourrait d'envie, mais ne le manifestait pas, par respect pour moi. Je subissais comme un blocage, rougissant dès que je me permettais d'y penser. Le fait qu'il m'ait avoué sous un coup de colère n'avoir plus confiance en moi m'avait considérablement refroidie, et l'envie était simplement partie. Ne vous méprenez pas, j'aimais Max plus que tout au monde, mais j'avais juste l'impression que nous étions un couple marié depuis de nombreuses années. L'absence de sexe était devenue routine.
Un matin, cependant, alors que je me réveillai d'une nuit plus que courte, je trouvai Max en train de me contempler, allongé à mes côtés sur le lit. Il se pencha pour m'embrasser, puis saisit quelque chose sur la table de nuit.
- Petit déjeuner au lit, mademoiselle, annonça-t-il en me tendant un gobelet de sang – d'ours, d'après l'odeur.
- Merci mon amour.
Je me saisis de la tasse rapidement, et en descendis le contenu en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Rien à faire, ce ne serait jamais aussi bon que le sang humain, mais j'affichai tout de même un sourire satisfait pour contenter Max.
- Je pense qu'aujourd'hui on devrait passer à l'étape suivante.
- L'étape suivante ? L'interrogeai-je en léchant les bords du gobelet.
- Le contact avec les humains. Je pense que tu es restée assez longtemps loin d'eux pour parvenir à te contrôler maintenant.
- Vraiment ?
J'esquissai une moue désapprobatrice. Je n'avais pas vraiment confiance en moi.
- De toute façon, si on n'essaie pas, on ne pourra pas savoir ce qu'il en est vraiment. On va aller faire des courses au Wal-Mart (Ndla : chaîne de supermarchés américains) et on ira rendre les dossiers d'inscription au Shelton Highschool.
Je haussai les épaules, peu convaincue.
Après une rapide douche, nous prîmes – à pieds – la route du village. Plus nous nous rapprochions, et plus l'odeur humaine se faisait présente. Je sentais mon contrôle sur moi-même vaciller, mais je déployais tous les efforts du monde pour le maintenir constant. J'eus l'impression d'avoir dormi entre le moment où nous avions pénétré dans Shelton, et celui où nous arrivâmes au Wal-Mart. L'épreuve la plus difficile se jouait maintenant. A l'extérieur, l'odeur du sang humain était présente, mais se diluait dans l'air, tandis qu'à l'intérieur, c'est une autre paire de manche. L'odeur stagnait, s'imprégnait dans les murs, les sols, restait concentrée. J'inspirai de toute la force de mon poumons avant que nous ne franchissions les portes automatiques. Maxence percevait mon angoisse et ne lâchait pas ma main. La bouffée d'air qui m'assaillit fut horrible, entêtante, prenante. Comme une agréable nausée. Ma tête se mit à tourner, et les bruits alentours se répercutèrent dans ma tête, comme au ralentis. Conversations futiles, talons claquant sur le carrelage, caisses enregistreuse … et le pire de tous : le glou-glou incessant des centaines d'humains dont le sang coulait dans les veines, la chamades de leur cœur. Je mis mes mains sur mes oreilles, lâchant celle de Max, mais rien n'y faisait, les bruits persistaient, comme s'ils venaient de l'intérieur de ma tête. Parmi le brouhaha, la voix de Max me parvint « Susan, reprends-toi ! ». Il saisit mon bras, et serra fort ma main dans sa grand paume. « Tu peux y arriver. » comme une chanson qui résonna un moment en moi.
Nous avançâmes dans la galerie marchande, doucement, mais sûrement. La foule semblait s'épaissir au fur et à mesure de notre parcours, et chaque fois qu'un humain m'effleurait, je sursautai comme au contact du feu. Au bout de dix minutes, je m'étais quelque peu apaisée, et Max me lâcha, semblant s'intéresser à la vitrine d'un magasin de vêtements. Quant à moi, je m'assis sur un banc et contemplai les alentours. Non loin de moi, un groupe d'adolescentes venaient d'acheter des gaufres liégeoises, et elles défaisaient le papier qui les entourait. L'une d'elle se coupa la paume de la main, et du sang perla de sa blessure.
[ Maxence POV ]
Je ressentis la panique des gens avant d'entendre leurs cris. Susan venait de se jeter sur une jeune fille. Sans hésiter un instant, je m'élançai et enlaçai son cou de mon bras, l'empêchant de mordre la malheureuse. A la place, ce fut mon avant-bras qu'elle mordit, sans vraiment s'en rendre compte. La jeune victime était assise par terre, choquée, et regardai Susan d'un air ébahi.
- Ne vous en faîtes pas ! Tentai-je pour rassurer les gens alentours. C'est une répétition, pour euh … une pièce de théâtre.
Malgré leur suspicion, les témoins de la scène semblèrent croire ma version. Peut-être ne voulaient-ils juste pas que leur quotidien tranquille soit bouleversé par une attaque réelle. Je lâchai prudemment Susan. Grosse erreur. Elle profita de l'ouverture pour s'enfuir, si vite que personne ne semble rien remarquer. Je mis une seconde de trop à réagir : lorsque je sortis à mon tour du centre commercial, elle avait déjà disparu, et les milliers d'odeurs se mélangeant sur le parking la rendaient introuvable.
[ Susan POV ]
Je courus longtemps. Je ne sais pas combien de temps exactement, mais je ne m'arrêtai que lorsque le panneau « Welcome to Olympia » apparut dans mon champ de vision. La nuit était déjà tombée, et la ville illuminait la campagne alentours. J'avais tellement soif …
[ Maxence POV ]
- Maxence, calme-toi ! M'asséna Carlisle, de l'autre côté du combiné. Elle a quoi ?
- C'est de ma faute, j'ai voulu précipiter les choses, et la rendre sociable le plus rapidement possible, mais j'avais pas prévu que cette petite se mette à saigner, et bien sûr, Susan s'est jetée sur elle.
- Est-ce qu'elle l'a blessée ?
- Non, je suis intervenu à temps, mais elle s'est enfuie, et je n'ai pas réussi à la suivre.
- Bien, ne t'en fais surtout pas, Alice va la repérer, et dès que nous en saurons plus, tu en seras au courant. En attendant, ne bouge pas. Compris ?
Je grommelai un oui, et raccrochai. J'avais encore tout fait de travers, et encore une fois, les Cullen allaient devoir payer les pots cassés.
[ Susan POV ]
La jeune femme laissa échapper un dernier gémissement désespéré, puis elle expira. Elle ne pouvait lutter contre moi, ce vampire assoiffé et terriblement puissant. Le sang coulait à flot de ses plaies béantes, que j'avais causées par mes lacérations lorsqu'elle avait tenté de se défendre. La mare de sang qui s'étalait à mes pieds renforçait mon envie d'hémoglobine, et m'énervait dans le même temps, car c'était une partie de mon repas qui m'échappait. A cette pensée, je grognai malgré moi. Un grognement prudent me répondit alors. Je fus sur mes pieds en un seizième de seconde, aux aguets. Lorsqu'une forme se jeta sur moi, je l'esquivai habilement, et envoyai mon poing vers la silhouette. Ces deux derniers se rencontrèrent, provoquant un hoquet de surprise chez la créature, qui fut stoppée nette, et s'écroula dos au sol, dans un grand bruit de collision. Je me jetai dessus et immobilisai ses bras avec mes poings, puis ses jambes en m'asseyant fermement sur son bassin. Sous moi se trouvait un jeune homme, aux alentour de vingt ans, dont la beauté et la rougeur des pupilles me surprit. Je reconnus immédiatement en lui un nouveau-né.
- Lâche-moi ! Vociféra-t-il.
Il se débattit, mais ne maîtrisant pas sa force, ne parvint pas à me faire bouger.
- Hors de question, c'est toi qui m'a attaquée.
- Oui, bon, j'ai paniqué ! Se défendit-il. J'ai cru que tu m'avais repéré quand tu as grogné.
- Règle numéro une : l'attaque n'est en aucun cas la meilleure des défenses lorsqu'on tombe face à face avec un autre vampire, le morigénai-je. La stratégie est bien plus adaptée, de même que la discrétion. Ce qui ne semble pas être ton fort.
Il fronça les sourcils et tenta une nouvelle fois de se libérer, mais je tenais bon.
- Tu n'as pas l'air très éduqué, jeune homme, remarquai-je, un sourire narquois aux lèvres.
Il grogna.
- Je t'emmerde ! Tu crois que c'est facile quand on est seul comme moi ?
- J'ai moi-même fait mon éducation vampirique seule, et je n'attaque pas tous les vampires qui croisent ma route. Mais tu as l'air bien jeune. Ça fait combien de temps ?
- Deux jours. J'ai tellement soif … soupira-t-il.
Je relâchai la pression sur ses bras, et me remis debout. Il m'imita aussitôt.
- Nate, lâcha-t-il, me détaillant de haut en bas.
- Susan. Où est ton créateur ?
Ses yeux s'assombrirent.
- Sais pas. Elle s'est barrée pendant ma transformation, dit-il d'un ton amer.
- Ah. Désolée. Bon, tu m'excuseras, mais j'ai d'autres humains à vider ...
- Non ! Ne me laisse pas seul ! S'il te plaît ...
Je haussai les sourcils, surprise. Il sembla gêné de ce qu'il venait de laisser échapper.
- Je veux dire, se reprit-il, j'ai besoin que quelqu'un m'encadre, m'explique comment gérer ...
- Je ne suis pas vraiment la mieux placée pour te montrer comment gérer tes envies meurtrières. Mais bon. Tu n'as qu'à me suivre.
Il hocha la tête et nous nous remîmes en chasse.
- Tu n'as pas de remords à tuer des innocents ? Demanda-t-il soudainement.
- Je n'ai pas très envie de parler de mes sentiments vis-à-vis du monstre que je suis, répondis-je d'un ton cassant.
- Tu as quel âge ? Enchaîna-t-il du tac au tac.
- Figée à jamais dans mes seize ans. Je devrai en avoir dix-sept dans peu de temps.
- Seize ? S'étonna-t-il. Je t'en aurais donné dix-neuf.
Je le regardai, perplexe.
- Pourtant je n'ai jamais fait plus que mon âge ...
- Eh bien, tu t'étais trompée.
- Je ne pense pas. En fait, j'ai un don spécial … Il me permet de m'intégrer parmi les humains, mes yeux sont différents, ma peau moins claire, je peux dormir, pleurer, manger. Peut-être que je continue à vieillir également … Je n'arrête pas de découvrir de nouveaux aspects.
- C'est possible que j'en ai un aussi ?
- Je ne sais pas, tu le découvriras par toi-même je pense. Tais-toi.
Il s'arrêta en même temps que moi, à l'affût. Nous nous trouvions sur le toit d'un immeuble bas. En bas, dans une ruelle, un jeune couple s'embrassait. Je sentis Nate s'élancer, mais je l'arrêtai en mettant mon bras en travers de son torse.
- Non, pas comme ça. Sinon, ils vont crier. Il faut être aussi silencieux que possible. Regarde.
Je me laissai tomber dans l'ombre, vingt mètres plus bas, sans aucun bruit, et me glissai derrière le couple. Là, je saisis la tête de l'homme, et lui rompis le cou. Sans laisser à la femme le temps de hurler, je lui attribuai le même sort.
- Le repas est servi, dis-je en direction de Nate.
Il atterrit à mes côtés, et s'empara du mâle, dont il mordit goulûment la jugulaire. Lorsque nos repas respectifs furent vidés de toute goute de sang, nous nous assîmes tous deux contre le mur.
- Elle s'appelait Angeline. On était ensemble depuis le lycée, et on suivait le même cursus à la fac de Dartmouth. Seulement voilà, il y a deux ans, on m'a diagnostiqué un sale truc. Un cancer du pancréas, déjà bien avancé. On me donnait pas plus de six mois, j'en ai tenu 18. Ange est restée à mes côtés du début à la fin. Quand je n'ai plus eu aucune chance de m'en sortir, elle m'a mordu. J'ai tout de suite pensé que j'étais en train de mourir. Je voulais que ça s'arrête. C'était horrible. Je me suis réveillé il y a deux jours dans une chambre d'hôtel, seul. J'ai pensé qu'elle s'était absentée, alors j'ai attendu qu'elle revienne. Elle s'était occupée de tout, nouvelle identité, nouveau téléphone portable, même une valise remplie de vêtements. Mais elle n'est jamais revenue. Je l'ai compris quand je suis tombé sur le mot, posé par terre près du lit.
Il sortit de la poche de son jean un bout de papier froissé, sur lequel était écrit : « Je t'aime, sois heureux. »
- J'étais flippé. Je ne savais pas ce qui venait de se passer. Une semaine auparavant, j'étais mourant, et je me retrouvai en pleine forme, plus affamé que jamais. Avant que tu ne me parle de vampires, je n'avais aucune idée de ce que je pouvais être.
Il se tut. Je savais que s'il avait pu pleurer, il l'aurait fait. Au feeling, je pris sa main, et la serrai fort. Malgré sa condition, ce n'était qu'un homme, qui avait connu la désillusion. Voyant qu'il ne protestait pas, je posai ma tête sur son épaule, et il appuya sa joue sur le haut de mon crâne.
- Je suis désolée de ce qui t'es arrivé. On fera tout pour retrouver ton Angeline.
- Non, protesta-t-il. Si elle n'est pas revenue, c'est qu'elle ne veut plus de moi. Je ne sais pas si j'ai encore envie de la voir après ça.
Il redressa la tête, et ses prunelles cramoisies croisèrent les miennes. Je n'avais pas encore remarqué la beauté de son visage. Évidemment , il était beau, c'était la base-même de la condition de vampire, mais il semblait avoir quelque chose de particulier. Des cheveux bruns qui lui tombaient sur le front négligemment, des yeux étirés et profonds, une mâchoire ferme, et une bouche à se damner.
- En attendant, je n'ai aucun endroit où aller ...
- Je ne te laisserai pas tomber comme elle l'a fait. Je ne te connais pas, mais je ne te laisserai pas dans la merde. J'ai connu cette situation, je ne savais pas ce que j'étais devenu, et j'ai du me débrouiller seule, jusqu'à un certain point. Je ne souhaite ça à personne.
Il me regarda au fond des yeux.
- Pourquoi ?
- Parce que je ne suis pas méchante. J'ai beau laisser parfois ma conscience de côté pour me nourrir, j'essaie de me rattraper comme je peux.
Il serra ma main et passa son bras autour de mes épaules.
- Tu es adorable.
- Il y a juste une chose qu'on devra faire. Je suis actuellement censée être en désintoxication de sang humain, parce que le sang animal nourrit tout aussi bien. Je pense que si tu me suis dans ce régime, j'aurai moins de mal. C'est d'accord ?
- Tout ce que tu voudras.
[ Maxence POV ]
Les Cullen n'avaient toujours pas appelé, et cela faisait déjà 24 heures que Susan avait disparu. Durant tout ce temps, j'avais littéralement tourné en rond dans le salon, en imprimant presque un sillon dans le tapis.
Aux alentours de 14 heures, une odeur me titilla les narines, et je sortis en trombe dans le jardin. Susan se tenait debout, débraillée, accompagné d'un homme au regard méfiant.
