Disclaimer : je ne possède ni Bleach, ni ses adorables personnages complètement barges.

Pairing : Akon x Gin Ichimaru

Total : 1997 mots

Setting : avant Turn Back the Pendulum, et puis après

Prompt : Soft

Lectrice-test : Leikkona, Fuji Kujaku

- Yo, Kisuke !

Le capitaine de la Douzième division sourit en entendant la voix d'une des trois seules personnes dans Soul Society qui l'appelaient par son prénom. Il leva la tête de son expérience délicate, et vit en effet Shinji qui se tenait devant sa table de travail, l'air aussi ennuyé que d'habitude. Kisuke sourit, jeta un coup d'oeil vers la pendule accrochée au mur, était-il déjà si tard pour que son amant vienne le chercher et l'entraîne à la Cinquième pour boire, écouter du jazz et se moquer d'Aizen ? Mais non, c'était encore le début de l'après-midi, et Shinji tenait fermement la main de Gin. Kisuke remercia brièvement le ciel qu'il lui restait encore du temps pour travailler, puis reporta son attention sur son collègue capitaine et demanda :

- Qu'est-ce qui t'amène de si bonne heure ? Aizen t'a demandé de baisser ta musique ?

Gin ricana, et Shinji se contenta de répondre en haussant les épaules :

- Nan, il s'fait une raison.

Kisuke secoua la tête, eut une pensée pour le pauvre lieutenant obligé de s'occuper du travail de son capitaine avec du jazz plein les oreilles.

- L'plains pas trop, reprit l'autre capitaine. Mais comme il bosse, j'ai Gin dans les pattes, et il commence à m'taper sur les nerfs, alors j'le balade.

- Et tu as eu l'idée d'amener un enfant dans un laboratoire ? C'est logique... pour toi.

Shinji lui lança un regard spécial mon-scientifique-est-un-crétin :

- Tu t'fous de moi ? Ton labo est plein d'gosses.

- D'éléments prometteurs et scientifiquement instruits, corrigea Kisuke. Pas de terreurs aux cheveux blancs.

Gin lui vota son plus grand sourire d'adorable petite créature, celui qui lui donnait des frissons.

- Ca reste des gosses, Kisuke. T'as l'habitude des gosses. Un d'plus, ça devrait pas déranger, si ?

Le scientifique s'apprêtait à répondre que ce n'était pas la même chose, que Gin n'était pas formé à se déplacer dans un laboratoire, et que s'il abîmait quelque chose, traumatisait un de ses subordonnés ou faisait rater une expérience, son capitaine responsable devrait assumer les conséquences et donner de sa personne pour rattraper le temps perdu, mais un seul regard à son collègue capitaine l'en dissuada. Il avait l'air partculièrement agacé, et Kisuke savait très bien qu'il ne pouvait déjà pas lui refuser quoi que ce soit en temps normal... Avec un nouveau soupir, il accepta d'un signe de tête. Shinji lâcha la main de Gin, qui fila sans demander son reste dans les profondeurs du laboratoire. Le scientifique le suivit du regard, attendit quelques secondes pour voir s'il entendait un bruit quelconque annonciateur de chaos, puis se tourna vers son amant et remarqua :

- S'il se bat contre Hiyori, tu les sépares, tu es au courant ?

Le regard d'appréhension qui s'afficha sur le visage de Shinji valait bien tous les désastres.

~o~

Akon prit le bécher posé sur la balance, et en versa le contenu dans sa fiole. Le mélange prit une teinte légèrement verdâtre, comme prévu. Il nota une brève observation et s'apprêtait à faire bouillir le mélange, quand un poids soudain sur ses épaules faillit le faire basculer de son tabouret. Comme il n'y avait que très peu de chances que sa blouse se soit soudainement transformée en plomb, la seule autre explication logique était que quelqu'un ait décidé de s'appuyer sur lui. Personne dans la division n'aurait eu l'idée de faire ça dans un laboratoire, ça devait vouloir dire qu'aussi inattendu que ça puisse être, quelqu'un d'étranger à la division s'était introduit dans son espace de travail. Idée confirmée par le fait que c'étaient des bras qui pesaient sur ses épaules, et une voix dans laquelle il pouvait entendre le sourire qui demanda à son oreille :

- Qu'est-c'que tu fabriques ?

Habitué dpuis longtemps à ne pas réagir aux provocations de Hiyori, Akon continua simplement son expérience, indiquant d'un symbole sur ses notes qu'une perturbation risquait d'entraîner des modifications dans les résultats. Ce qui fonctionna aussi bien qu'avec la vice-capitaine ; au bout de quelques instants, la pression sur ses épaules disparut. A la place, une tête apparut de l'autre côté de sa table, avec des cheveux argentés et un sourire qui rappelait celui de Shinji, en un peu moins dentu. La tête fut bientôt suivie du reste du shinigami, et Akon se rendit compte que c'était le gamin qu'il avait déjà vu tourner autour du capitaine de la Cinquième division quelques fois. Aucun intérêt scientifique, et il se concentra à nouveau sur son expérience.

Pas longtemps. Être ignoré n'avait pas l'air d'être au goût de l'autre gamin, mais contrairement à Hiyori, qui se contentait de cracher quelques insultes et d'aller trouver une autre victime, il se montrait extrêmement persistant. Après trente secondes de silence, Akon entendit le tintement très reconnaissable de la verrerie contre la verrerie. D'abord un bécher, puis les tubes à essai. Avec un soupir, il les mit hors de portée de l'autre, et lui lança un regard d'avertissement. Pas très convaincant, puisque l'autre entreprit de jouer avec la chaise roulante, de haut en bas, puis de gauche à droite. Akon décida qu'il valait mieux recommencer à l'ignorer, ou son travail ne serait jamais fini, et Mayuri serait déçu.

Quelque chose tira sur sa manche, et il tourna la tête pour découvrir le visage de l'autre à quelques centimètres du sien, tout sourire. Il ne sursauta pas ; quand on était de la Douzième, il en fallait plus pour être surpris. Néanmoins, il y avait quelque chose d'un peu déstabilisant à être fixé ainsi par quelqu'un dont on ne voyait pas les yeux. Il assuma que le gosse était en train de le dévisager, et se contenta d'un lever d'absence-de-sourcil. L'autre fit la moue et remarqua :

- Tu n'es pas très amusant, tu sais ?

Akon se contenta de le fixer en retour. Il allait bien finir par comprendre et le laisser tranquille, non ? Apparemment non. Un bras se faufila autour de son cou, le tirant sur le côté et manquant lui faire perdre l'équilibre. Il fut obligé de se rattraper au gamin aux cheveux argent, et lui lança un regard noir qui lui non plus n'eut aucun effet. Au contraire, le sourire s'élargit encore, dans des proportions qu'Akon n'aurait pas cru possibles. Il voulut lui demander d'aller être bizarre et inquiétant ailleurs, mais toutes ses protestations moururent quand quelque chose se posa sur sa bouche. Celle du gosse, pour être plus précis. Celui-ci resta ainsi pendant quelques secondes, puis se recula. Il étudia un instant Akon, agita la main devant ses yeux, le poussa du doigt. Rien. Le petit scientifique se contenta de le fixer avec des yeux ronds. Déçu, le gamin aux cheveux argent descendit de son tabouret et décida d'aller explorer une autre partie du laboratoire. Akon entendit vaguement des bruits de verre cassé, suivis de hurlements qui ne pouvaient être que ceux de Hiyori. Il secoua la tête, reprenant ses esprits, et se remit au travail en repoussant l'envie de porter la main à ses lèvres. Toutefois, une question ne cessait de rôder dans son esprit : qu'est-ce que le gosse aux cheveux argent avait bien pu vouloir dire par là...?

~o~

Akon rangea avec soin le matériel de son expérience, puis s'étira, faisant craquer ses vertèbres. Il jeta un oeil à son capitaine, fort occupé à travailler avec Nemu à il ne savait pas quoi. Celui-ci le congédia d'un geste de la main, et il s'empressa de sortir du laboratoire tant qu'il le pouvait. Il fit quelques pas à l'extérieur, alluma une cigarette et profita des premières bouffées de nicotine. La lumière du soleil en train de se coucher le fit cligner des yeux comme une chouette, habitué qu'il était à l'éclairage artificiel. Malgré ça, c'était plutôt agréable de se retrouver dehors. Le scientifique prit tranquillement le chemin de ses quartiers, profitant de la petite brise qui soufflait dans la cour.

Il atteignait les marches de son bâtiment, quand deux bras se nouèrent autour de sa taille et l'attirèrent contre leur propriétaire. Pas besoin d'analyser le reiatsu qui l'entourait, il n'y avait pas deux personnes aux hanches aussi osseuses dans tout le Seireitei (du moins, pas qui se permettaient ce genre de familiarités). Akon se contenta de prendre la dernière bouffée de sa cigarette, prit le temps de l'éteindre sur la semelle de sa sandale. Il se tourna alors vers son attaquant et lui souffla la fumée au visage, observant avec satisfaction le large sourire diminer quelque peu. Gin ne lui fit néanmoins pas la satisfaction de tousser, et remarqua simplement :

- Alors ? T'es pas content d'me voir ?

Akon se contenta d'un regard impassible. Bien sûr, il n'était pas vraiment sûr de la réponse à donner. Le fait qu'il n'ait pas tenté de faire passer Gin de vie à trépas dans les laboratoires, il y avait plus d'un siècle, semblait avoir convaincu le shinigami aux cheveux argent que les deux avaient "une relation", et que c'était donc sa permission pour sauter sur le scientifique à n'importe quel moment du jour ou de la nuit et de mettre ses mains sur lui d'une manière que la morale aurait pu réprouver. A vrai dire, Akon n'était pas totalement contre. Certes, Gin était pénible dans ses meilleurs moments, et il avait quelque chose de légèrement effrayant qui faisait penser au scientifique qu'il valait mieux se méfier de lui, mais il n'était pas de si mauvaise compagnie. Quand on avait grandi dans le Nid d'Asticots, ce n'était pas un manipulateur avec un sourire qui défiait les lois de la nature qui allait se montrer impressionnant. Et puis, il fallait bien l'avouer, ce n'était pas si mal d'avoir quelqu'un dans son lit, la nuit, quelqu'un à qui parler même s'il faisait seulement semblant de l'écouter. A défaut d'être le compagnon idéal, Gin faisait bien illusion, et ce n'était pas le pire à avoir avec soi quand il lui fallait quelque chose à serrer dans ses bras la nuit (malgré les os qui avaient tendance à pointer à des endroits inconfortables). Mais il n'allait pas le lui dire, et certainement pas en ces termes. Qui savait ce que le capitaine pourrait faire de ces informations ? Probablement lui rendre la vie impossible...

Se rendant compte que Gin n'avait pas l'air de vouloir bouger de sa place, et qu'il commençait à se faire lourd, Akon le prit par la taille, pour lui éviter de lui démettre une vertèbre, puis passa la main à l'arrière du crâne du capitaine et l'attira vers lui, plaquant un baiser presque brutal sur ses lèvres. Il sentit le sourire s'agrandir encore, si c'était possible, et Gin s'accrocha à lui, de tout son poids. Constatant que le capitaine n'avait nullement envie de relâcher un tant soit peu sa prise, et qu'il n'avait pas particulièrement envie de rester planté au milieu du chemin avec un supérieur en collier, le scientifique décida que la meilleure chose à faire, c'était encore de soulever Gin avec la grâce d'un sac de patates. Loin de protester, celui-ci s'installa plus confortablement et entreprit de raconter sa journée à un Akon qui lui tendit une oreille distraite tout en prenant le chemin de chez lui avec un Gin jacassant vautré sur son épaule.


Ils sont mignons comme tout, hein ?! ... hein ? ... non ?

Bon.

Mais enfin, comme les deux étaient gosses à peu près au même moment, ils doivent s'être côtoyés (comme Hiyori et Byakuya). Et forcément, comme Gin est un troll...

Et qui dit sadique sans coeur et scientifique sans émotions dit... ça. Et c'était bien drôle. Mais pas très soft. Certes.

Tant pis~~