Chapitre 12

Sur le balcon du salon, loin des regards, le Patron et Maéra étaient côtes à côtes, mais ne parlaient pas. Ou plutôt, Maéra était pépère, et le Patron attendait qu'elle craque. Ce fut lui qui craqua tout seul. Poussant Maéra dos contre la rambarde, il l'empoigna et cala ses poignets contre le fer.

Patron : Ça suffit maintenant ! On va le faire, ici et tout de suite ! Tu peux crier si tu veux, ça à le don de me plaire !

Le Patron commença à rigoler, mais son rire s'étouffa de lui-même. Maéra avait sur le visage un air neutre. Le genre d'expression que le Patron détestait. Quand il agressait quelqu'un, il aimait voir la peur, la douleur, le plaisir, ou même la joie, mais rien. Maéra ne dégageait rien. Troublé, il lâcha un peu prise, et elle s'écarta calmement de lui, sans un mot.

Patron : Tu ne me dis plus rien ?

Maéra : ...

Patron : PETITE P*TE ! Je déteste que l'on m'ignore !

Il n'eut aucune réplique, Maéra ramassa simplement ses cigarettes et rentra.

Patron : REVIENS ICI. Rugit-il.

Mais elle lui fit bel et bien dos, et partit. Le Patron resta sur le balcon, énervé, troublé, perdu. Oh, il rageait. Il ne comprenait pas pourquoi, mais le changement de Maéra le gênait, lui prenait la tête, lui donnait des frissons, bref, ça l'obsédait !

Maéra fila dans la cuisine et y retrouva une belle bande de mangeurs de sushis. Le Panda semblait faire la tête, mais s'intéressa à elle lorsqu'elle entra.

Panda : Alors ? On t'as vu avec le Patron et on à eut droit à toute la scène, il s'est passé quoi dehors ?

Geek : Je ne veux pas le savoir !

Maéra : *jubilations* Hiiihihihi ! Je vais le rendre dingue, hahahaha !

Maéra trépignait de joie, elle semblait ravie ! Son visage était l'expression même de la satisfaction et de la joie.

Mathieu : C'est à dire... ?

Maéra : Le Patron ne me sera jamais fidèle s'il pense que je dépends de lui, mais sitôt que je l'ignore, ça le rends malade ! Je lui aie démontré une ultime indifférence, et maintenant... Il est en train de péter les plombs dehors en prenant l'air ! Et pendant ce temps...

Geek : Il ne pense plus qu'a toi !

Maéra : Ouiii ! Plus de couguars, plus de jeunes pubères, plus de Geek ni de Meredith, juste moi ! Non seulement il va vous fiche la paix, mais il va sans cesse penser à moi !

Panda : C'est pas mal comme stratégie, y'as vraiment que sur le Patron que ça pouvait marcher !

Maéra : Exactement ! Et lorsqu'il aura trop ressassé tout ça dans son crâne il sera trop tard, il sera déjà amoureux ! Et il sera à moi, héhéhé !

Panda : Vicieux, mais efficace...

Antoine : Tu ne faisais pas la tête toi ?

Panda : SI ! On aurait dut commander autre chose !

Geek : Je te dis que c'est un traiteur japonais, pas chinois ! En plus le patron est italien !

Panda : C'est pareil !

Antoine : Mathieu ? Je peux... rester cette nuit ?

Mathieu : *manque de s'étouffer* C'est… C'est la première fois qu'on va... ? Enfin, que tu accepte de dormir ici ! Ça... Ça fait plaisir. D'habitude c'est moi qui viens... squatter... chez toi !

Antoine : Bah... j'ai tiré une latte au Hippie, et je me sens pas de conduire quoi...

Mathieu : Oh, je comprends... Penser à offrir un sac de crack au toxico...

Maéra : *dévorant ses sushis ainsi que la part du Panda* En parlant du camé, il est où ?

Panda : Il est partit manger une pizza avec Meredith. Il ne voulait pas attendre que toi et le Patron libériez le salon...

Maéra : T'est sérieux ? MEREDITH DEHORS SEULE, UNIQUEMENT AVEC LE HIPPIE ?

Geek : Mais qu'est ce que ça fait ?

Maéra : *soudainement très mal à l'aide* Crois moi, la dernière fois que je l'aie laissée seule avec un gars en ville... Argh... Je ne veux même pas y repenser... Trop de sang, trop de dégâts...

Mathieu : Mais enfin quoi ?

Maéra : Cette fille... Elle...

Tous, absolument tous étaient pendus à ses lèvres, redoutant le pire... Elle était recherchée par la police ? Elle avait des accès de violence digne de Maéra ? Elle aimait tabasser les clodos sous les ponts ?!

Maéra : Elle à une poisse de niveau planétaire...

Tous : Heiiin ?!