Quand il rentra chez lui, il mangea en silence et il alla se coucher direct. Il se sentait épuisé, autant physiquement qu'émotionnellement. Il s'allongea dans son lit, et même s'il était épuisé, il se retournait dans son lit. Voir MyungSoo d'aussi près l'avait complètement perturbé. Vraiment perturbé.
MyungSoo était beau, c'était un fait indéniable. Il était gentil, attentionné quoiqu'étant toujours près de SungYeol quand quelque chose de mal lui arrive, tel un oiseau de mauvais augure.
Un sourire se dessina sur les lèvres de ce dernier. Leur première rencontre était vraiment très spéciale. Il l'avait assommé, très peu de gens peuvent se vanter de ce genre de rencontre… Et peuvent vouloir d'une telle rencontre.
Non, décidément, il devenait cinglé. Complètement cinglé. Après s'être retourné pendant trois bonnes heures, il s'endormit enfin.

A six heures du matin, quelqu'un vint tambouriner à la porte du chalet. SungYeol fut réveillé sur le coup. Il se leva et alla ouvrir la porte. Devant lui se trouvait MyungSoo.

- MyungSoo, qu'est ce qu'il se passe ?

- Il faut que tu viennes voir. C'est horrible.

- Quoi ?!

- Va t'habiller et suis-moi.

SungYeol partit s'habiller en vitesse et revint quelques minutes après. Il suivit MyungSoo jusqu'au hangar et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. Toutes les décorations étaient tombées. Tout était à refaire.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ?

- Je ne sais pas trop.

- T'as prévenu les autres ?

- Non. WooHyun et SungJong travaillent dans quelques heures. DongWoo ne se réveillerait pas même si un tremblement de terre avait lieu et SungGyu… il va faire une crise de nerf.

- Tentons d'arranger ça au plus vite.

Ils se mirent tous les deux au travail. Cependant, vers sept heures du matin, ils arrivèrent à cours de clous. Ils allèrent ensemble dès l'ouverture de la boutique de la mère de SungGyu et cette dernière fut bien surpris de les voir.

- Qu'est ce qu'il se passe ?

- Il y'a eu un léger problème … Et il nous faut des clous. Pleins.

Elle les laissa entrer et leur indiqua le rayon. Ils en prirent plusieurs boites et passèrent en caisse.

- Comme c'est vous, je vais faire une réduction.

- Merci madame !

SungYeol sortit son portefeuille et paya. MyungSoo le regarda de travers.

- Tu ne devrais pas être celui qui paye.

- Je t'ai demandé ton avis ? Non ? Bah alors !

La mère de SungGyu semblait amusée de l'échange. Les deux garçons sortirent de la boutique et croisèrent WooHyun et SungJong qui arrivaient.

- Hey MyungSoo, SungYeol, qu'est ce que vous faîtes debout si tôt ?

- Il s'est passé un truc cette nuit. Dit SungYeol. Et on doit tout refaire.

- QUOI ?! Qu'est ce que tu entends par tout refaire ?

- Quelqu'un a fait sauter les décorations. On doit tout remettre en place.

- Oh mon dieu ! Ca va prendre des jours ! S'exclama SungJong.

- Ecoutez, on va y travailler. Envoyez un message aux autres pour leur dire de nous rejoindre au plus vite. Rejoignez-nous quand vous pouvez.

- D'accord.

MyungSoo et SungYeol repartirent travailler. Ils arrivèrent au hangar et aussitôt se remirent au travail. Ils ne furent interrompus que par le père de MyungSoo qui arriva en trombe.

- MyungSoo, on vient de recevoir un coup de fil des parents de SungYeol, ils sont inquiets, il a disparu … Oh bonjour SungYeol !

- Bonjour Monsieur.

SungYeol retourna à son travail tandis que les deux Kim l'observaient.

- T'as pas prévenu ta mère ? Demanda MyungSoo.

- Tu aurais voulu que je le fasse quand ?

- Appelle-la.

- Okay, après.

- Non. Maintenant.

- MyungSoo, tu vois bien que je suis occupé.

Le père de MyungSoo partit et SungYeol descendit de l'échelle pour aller chercher d'autres clous en ignorant le garçon qui lui perçait des trous dans le crâne avec son regard. Alors qu'il allait saisir des clous, Il se sentit partir à la renverse. MyungSoo était presque allongé sur lui après l'avoir fait tombé.

- Tu ne comptes pas l'appeler ? Passe-moi ton téléphone.

- Quoi ? Non, je le ferai plus tard.

- SungYeol...

- MyungSoo, je t'ai déjà dit que les regards noirs, ça marche pas avec moi. Pousse-toi, on a du travail.

- Tu ne veux pas me le donner ? Alors je vais le prendre. Tu l'auras voulu.

SungYeol se débattit comme il put mais ne parvint pas à stopper MyungSoo.

- Tu ne l'auras jamais.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il est à un endroit où tu n'as pas trop accès, là maintenant.

Les yeux de MyungSoo s'illuminèrent et l'ombre d'un sourire se dessina sur ses lèvres.

- Ne me met pas au défi, SungYeol, j'en suis plus que capable.

La main du jeune homme fila dans la poche arrière du jean de son ami qui piqua un fard aussitôt et cessa de se débattre.

- Je l'ai.

MyungSoo retira sa main de la poche et en tira le téléphone portable. Il ouvrit le téléphone. Cependant, SungYeol se remit à se débattre.

- MyungSoo, rends-le moi, t'as gagné, je vais l'appeler.

- Non, je n'ai plus confiance, je vais le faire moi-même.

- Et tu comptes rester à moitié allongé sur moi ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il faudra que ta mère t'entende pour qu'elle cesse de paniquer. Fils indigne !

SungYeol leva les yeux au ciel. MyungSoo fouilla son répertoire.

- Voyons voir où tu m'as mis dans ton répertoire …

- MyungSoo, arrête !

- Ah, j'ai trouvé ta mère. C'est trop chou comment tu as mis ce petit cœur à côté de maman.

- Appelle-la.

Il appuya sur le téléphone vert et l'appel se mit en route. Il mit le haut parleur. Au bout de deux sonneries, Madame Lee décrocha le téléphone.

- SungYeol ? Où es-tu ? Tout va bien ? Tu es blessé ?

- Madame Lee, c'est MyungSoo à l'appareil. Je suis avec SungYeol, il va bien. Il m'aide dans le hangar, les décorations sont tombées. Il n'a pas pensé à vous appelé et il est désolé.

- Il est là ? dit-elle.

- Oui, maman, je suis désolé…

- Ah bon sang SungYeol tu sais la trouille que tu m'as faite ?

- Maman, si tu veux, on en reparle plus tard ? J'ai pas mal de pain sur la planche et tu dois aller acheter la nourriture pour le bal.

- On règle ça ce soir, SungYeol.

- Oui, maman, à ce soir.

MyungSoo raccrocha.

- Tu vois, c'était pas si compliqué.

- MyungSoo… Dégage de là.

- Non, t'es plutôt confortable.

SungYeol roula des yeux. Soudain, des bruits de pas se firent entendre et une voix.

- On vous dérange peut-être ?

SungYeol fit son possible pour voir qui était là et fut surpris de croiser le regard amusé de DongWoo et d'Hoya.

- Apparemment, MyungSoo me trouve confortable.

Le rire unique de DongWoo se fit entendre alors que MyungSoo se relevait. Il tendit la main à SungYeol et lui murmura à l'oreille :

- Je te déteste.

- Oh, mais tout le plaisir était pour moi allons. Maintenant rend-moi mon téléphone.

- Faudra que tu viennes le chercher.

Il lui fit un clin d'œil et le rangea dans la poche arrière de son jean.

- Tu plaisantes ?

- Pas le moins du monde.

- Allez les tourtereaux, au boulot ! Dit SungGyu qui était surement arrivé pendant leur petit intermède.

Ils se mirent tous à travailler. A midi, ils s'arrêtèrent pour manger des Sandwiches que la mère d'Hoya avait amenés et WooHyun et SungJong arrivèrent.

- Qu'est ce qu'on a raté ? demanda SungJong.

- Une situation très amusante entre SungYeol et MyungSoo. Dit SungGyu alors que WooHyun se lovait à côté de lui.

- Ah bon ?

- Quand on est arrivé, expliqua DongWoo, MyungSoo était à moitié allongé sur SungYeol et jouait avec son portable. Il le trouvait confortable.

WooHyun explosa de rire et le regard de SungJong devint inquisiteur.

- D'ailleurs, en parlant de portable. Dit SungYeol. MyungSoo, rends-le-moi.

- Non. Tu dois venir le chercher.

- Et il est où ?

- ...

- Me force pas à le faire MyungSoo.

- Vas-y, SungYeol.

SungJong suivait l'échange comme on regarderait un épisode d'un Soap romance à la télévision. MyungSoo se décala et SungYeol tomba. Il s'installa derrière MyungSoo, le saisit au cou avec un bras et passa une main dans sa poche de l'autre. Il saisit son portable et déposa un baiser sur sa joue.

- Merci mon chou.

Les autres explosèrent de rire tandis que SungYeol regagna sa place. Ils se remirent au travail et ne quittèrent que tard le soir, vers vingt-trois heures. Chacun retourna chez soi.

SungYeol avait à peine mis un pied chez lui qu'il se fit disputer par sa mère.

- Ca te prend souvent de partir comme ça sans prévenir ?

- Maman, j'ai dix-huit ans.

- Et ?

- Je suis assez grand pour qu'il ne m'arrive rien.

- Tu pourrais te perdre ! T'imagines dans quel état j'étais !

- Oui.

SungYeol se fraya un chemin jusqu'à la douche et tenta de se relaxer. Il savait qu'il n'avait subi qu'une petite partie de la colère de sa mère et que le pire était à venir. Il se sécha les cheveux, s'habilla et après avoir pris une profonde inspiration, il entra dans la cuisine. Ses parents étaient installés autour de la table. La porte était fermée, le feu crépitait dans la cheminée et pourtant, l'ambiance était glaciale.

- Mange. Lui ordonna sa mère.

- Maman…

- Tu as une idée du choc que j'ai eu en allant dans ta chambre et en découvrant ton lit vide ! Pas un mot sur la table, rien !

- Maman, je sais me gérer tout seul.

- Non, tu ne sais pas. C'est ce qui m'inquiète le plus.

- Arrête. Arrête ! Je suis grand, j'ai plus cinq ans. Fais-moi un peu confiance, bon sang !

- SungYeol, ne parle pas comme ça à ta mère ! Fulmina son père.

SungYeol se leva, tremblant de colère.

- Quand est-ce que vous allez apprendre à me faire confiance ?! Quand ? Je n'ai pas besoin d'être surprotégé ! Dans quelques mois, je serai à l'université, puis j'aurai un travail. Et vous ne serez pas là pour me rappeler que je dois manger mes trois repas par jour ou qu'il faut que j'évite les sucreries avant de dormir. D'ailleurs, vous ne devriez même pas me les rappeler puisque je m'en souviens. Je m'en souviens !

Il explosait. Les mots sortaient, et le mal-être qu'il ressentait sortait aussi.

- Je sais faire des tas de choses mais vous ne me laissez même pas une chance de vous le montrer. Je ne suis pas une fille ! Je suis un adolescent qui va devenir un homme. UN HOMME BON SANG !

- Tu es trop fragile pour …

- NON ! Non, justement, je ne le suis pas, maman. C'est là où tu as tout faux. Je ne suis pas faible ou fragile.

Sa mère le regardait au bord des larmes.

- Yeollie…

- Non, maman. J'ai grandi. L'époque où je devais être mené par la main à l'école est bel et bien révolue.

- C'est pour ton bien …

- Non ! C'est juste que tu as peur que je parte ou je ne sais pas quoi encore.

- Tu es notre seul fils…

- C'est pesant d'être la seule personne sur laquelle tu portes toute ton attention, maman. Vraiment pesant.

- J'étais morte d'inquiétude, tu peux le comprendre ça ?

- Tu peux comprendre que j'en ai marre ? Marre de tout ça ! Je me dis parfois que ça aurait peut-être été mieux pour tout le monde si j'avais fini comme mes frères et sœurs, morts avant de naître !

Et là, Madame Lee se leva et colla une gifle à SungYeol. Ce dernier la regarda choquée, enfila son manteau en quatrième vitesse, ses bottes et se tourna vers ses parents, les yeux se remplissant de larmes :

- Vous ne comprenez pas que j'étouffe !

Et il sortit en prenant soin de claquer la porte. EunJi Lee porta sa main à sa bouche et murmura d'une voix cassée :

- Mais qu'est ce que j'ai fais ?


Aie Aie Aie ... Ca sent le roussi, non ?
Qu'avez-vous pensé du chapitre ?

A demain :D

Myinahla