On dit que l'amour est capable de soigner toutes les blessures. On dit que l'amour vous aide à supporter, à surmonter les choses. L'amour est beaucoup de choses mais il y a des moments où l'amour n'est pas suffisant.

Parfois nous restons près de la fenêtre du salon, son endroit préféré actuellement. Les mains entremêlées. Le silence lourd entre nous, nous regardons le ciel de Londres, Sherlock à mes côtés, immobile. Froid, beau, même dans son désespoir. Malheureusement, la souffrance semble lui aller. Sa peau d'ivoire est illuminée par la mince source de lumière dans notre salon et ses yeux pâles regardent mais ne voient pas réellement.

Dans des moments comme ceux là je peux sentir à quel point son désespoir et ses peur traînent sur nous comme les ténèbres. J'essaie d'être sa lumière, j'essaie d'être son sauveur, j'essaie de le guider hors de l'ombre qu'il semble incapable de fuir. Au lieu de cela je peux sentir qu'il me tire doucement dans les ténèbres avec lui, dans son monde sombre, où il semble toujours faire nuit et où la misère et l'angoisse gouvernent, où le désespoir semble être le roi et la désolation reine. Leur souveraineté est impossible à briser. Tous les jours je peux voir une autre partie qui restait de l'ancien Sherlock mourir et mon espoir de le ramener avec.

Je peux voir les ombres de la nuit grandir doucement et un jour elles l'avaleront. Un jour, elles nous avaleront. Pourquoi devrais-je tenir le coup, pourquoi devrais-je continuer à me battre quand tout ce que j'ai fait a été voué à l'échec depuis le tout début ?

Il s'affaiblit rapidement et je ne peux que je regarder. Je suis le spectateur d'une pièce cruelle où Sherlock est le personnage principale, le héros tragique qui, après avoir accompli son exploit, est destiné à une fin horrible. Il n'y a pas de « et il vécut heureux jusqu'à la fin de ses jours » pour lui. Pour nous. C'était stupide de ma part de le croire.

Oui, je l'aime mais parfois l'amour n'est pas suffisant.