"- Plus axé, le mouvement ! C'est beaucoup trop evasif pour être efficace Hermione !
Je replacai correctement mes pieds nus dans l'herbe de façon à être bien en face de la cible.
- Everte statim*!
Le mannequin mobile fut expulsé en arrière, tombant de la falaise. Mon oncle s'y pencha et pointa sa baguette vers les flots pour le faire léviter jusqu'à sa place initiale.
- C'était beaucoup mieux !, me félicita-t-il. Tu t'améliores. Tu continues de t'entraîner à Poudlard ?
Je secouai négativement la tête. Le professeur Mc Gonagall m'avait confié une salle du cinquième étage en début d'année suite à la lettre de demande spéciale de mon oncle, mais je n'y étais pas encore allée. Après la guerre, je n'avais pas beaucoup l'utilité de m'entraîner, même si la volonté de retrouver et de détruire le meurtrier de mes parents était toujours présente.
- Souhaites-tu continuer ces entraînements ?
- Bien sûr Aephem ! C'est juste que j'ai été bien occupée ces derniers temps. Je suis désolée.
- Oh, tu n'as pas à t'excuser petite flamme, dit-il en me dirigeant vers la maison. C'est pour toi que je le fais. Alors si tu estimes que ce n'est plus nécessaire, libre à toi !
Je lui fis un sourire contrit. Après avoir bu un verre d'eau, il m'annonca qu'il préparait le dîner, alors je montai à l'étage. Je me stoppai devant la porte de son bureau, hésitante.
- Allez, le Choixpeau ne t'a pas mis à Gryffondor pour rien !, me chuchotai-je.
Je poussai alors fermement la porte, puis avancai vers une table au centre de la pièce. Il y avait une trentaine d'éprouvettes dans lesquelles brillaient des filaments de lumière. Quand je vis l'inscription "Jean et Henry" sur l'une d'entre elles, je la pris, puis avancai vers un pan de mur derrière moi. Il y avait un miroir ne renvoyant qu'un fond grisâtre et acqueux. C'était une sorte de pensine. Je fis léviter les filaments de souvenirs à l'aide de ma baguette vers le miroir. Quelques secondes plus tard, je penchai ma tête en avant, et fus happée dans une sorte de limbe obscure.
OoOoOoOoO
"- Oh, regarde qui arrive vers nous !, chuchote une femme blonde à côté de ma mère.
Je me retourne vers la personne désignée, un jeune homme que je reconnais étant mon père, très jeune.
- Je ne peux pas lui parler Georgia ! Tu as vu dans quel état je suis ?, s'exclame ma mère en remettant en place ses cheveux.
Le femme blonde, Georgia, allait ouvrir la bouche, mais mon père et son ami s'approchent de la table où elles sont assises avant qu'elle ne put dire un mot.
- Comment vas tu Jean ?, demande mon père.
Je vois ma mère rougir, puis le garçon accompagnant mon père regarder Georgia et lever ses yeux verts au ciel.
- Oh, je vais bien, fit elle en essayant de paraître détachée.
J'aurais presque pu rire, mais le fait de voir à nouveau mes parents face à moi me donnait les larmes aux yeux. Une brume grise flouta les personnes et le lieu, puis un nouvel environnement apparut.
C'était une salle de boxe, plutôt sombre en apparence avec ses murs de cuir noir et le béton qui couvrait le sol, éclairée par des néons au plafond, duquel plusieurs sacs de boxe étaient pendus a des chaînes.
- Plus fort, allez !, grogne un homme a mes côtés, me faisant sursauter.
Je l'observe, il a l'air d'avoir la trentaine, avec sa barbe bien taillée et quelques rides aux coins de ses yeux. Au vu de son nez cassé et de sa musculature, je serais prête à parier qu'il est un ancien boxeur, voire un champion.
- C'est bon, Henry, tu peux te reposer cinq minutes.
Je regarde mon père qui défait des bandages autour de ses poings. Je savais qu'il avait fait de la boxe, il m'en avait déjà parlé auparavant. Je l'admirais pour ça, car c'était un sport ou l'on devait tirer sa force à la fois du physique, mais surtout du mental. Il avait l'air d'être un peu plus âgé que lors du souvenir précédent sur la terrasse du café. Il devrait avoir vingt cinq ans.
- Tu as plus de puissance, c'est bien, fit l'entraîneur calmement. Mais tu la gères mal.
- Désolé, souffle mon père.
L'entraîneur s'assit à ses côtés.
- Encore lui hein ? Il ne s'en est pas pris à Jean au moins ?, demande-t-il, soucieux.
- Si. Et c'est ce qui me met en colère. Avec toutes les dispositions que j'ai prises, il a réussi à nous atteindre.
Je fronce les sourcils. Quelqu'un en voulait à mes parents ?
- C'etait hier soir. J'étais en réunion et quand je suis rentré, j'ai vu Jean inconsciente à la maison, poursuit mon père.-Elle va mieux ?
- Oui. Heureusement, car sinon, je n'aurais pas donné cher de la peau d'Atso.
- Il n'était plus là quand tu es revenu, n'est-ce pas, fit l'entraîneur plus comme une affirmation que comme une question.
- Non, admit mon père en se levant de nouveau. Je pense retirer les hommes de cette affaire.
- Et t'en charger toi même... , finit l'homme à la barbe.
Mon père ne répondit pas, mais se mit à frapper avec plus de véhémence le sac de boxe. Je reste stoïque. Comment ça "ses hommes" ? Je pensais que mes parents étaient chirurgiens ! Même si quelques détails récemment démentissaient ces propos, je pensais au moins être sûre de cela. Comme l'arme à l'aéroport. Ces voyages d'affaires. Ou ces appels importants sur le téléphone de mon père. Ou ces fois où ma mère m'emmenait au club de tir, ou au paintball. Soudain, une lumière blanche m'éblouit, et un autre décor apparût.
- C'est une fille, annonçe une sage femme.
Elle dépose avec précaution le nourrisson dans les bras de ma mère, et le visage de celle-ci resplendit de bonheur, malgré la fatigue. Mon père s'agenouille au lit et tend la main vers ce bébé, moi, qui enroule sa petite main entour de son doigt. Une larme roule sur ma joue. Puis, mes parents se regardent, heureux, puis j'eus le temps de voir une lueur inquiète dans leurs yeux avant d'être à nouveau transportée dans un autre souvenir.
- ... faut faire quelque chose. On ne peut plus continuer comme ça, Henry. Nous avons une fille désormais. Elle va avoir quatre ans. Nous devons la protéger avant tout.
Ma mère est assise sur la chaise d'une salle de réunion très grande, comme j'avais pu en voir étant petite dans les films d'action où les mafieux se réunissaient.
- Tu sais que l'on ne sort pas de ces choses là facilement Jean. Il faudra déménager, se refaire une identité. Tu es d'accord pour que je le fasse ?
- Je suis prête à tout, fit-elle avec un air résigné. Je ne veux pas que ce psychopathe s'en prenne à notre fille.
Mon père fait alors le tour de la table et s'agenouille face à elle.
- Je ne laisserai personne vous faire du mal Jean Ingram.
Il prit sa main, et je pus voir une alliance et une bague de mariage briller. Ingram ? Mais je croyais que le nom de jeune fille de ma mère était Waters ? Et si ils étaient mariés, elle devrait s'appeler Jean Granger ? Mais il y avait eu le changement d'identité. Je comprenais désormais que mes parents avaient du se faire oublier et partir loin pour se protéger. J'espérais en apprendre plus sur ce dénommé Atso.
- Nous partirons de Floride pour déménager en Angleterre. Nous prendrons une petite maison dans un quartier coquet et banal. Nous changerons de nom de famille. Nous changerons de métier pour nous camoufler, et ce au maximum. Pourquoi pas docteur, dentiste ou kinésithérapeute ? Notre fille grandira sainement, et normalement. Elle sera éloignée de tous ces problèmes.
- Tu comptes rester en contact avec cette organisation ?, questionne ma mère.
- Oui, Jean. Je peux te faire oublier, toi, bien sûr. Mais étant le patron je ne peux pas m'en défaire, je te l'ai dit.
Il soupira et se releva.
- Je les ai déjà mis au courant de notre plan. Ils suivront à la trace Atso. Ils me tiendront également au courant des autres affaires. J'ai déjà nommé Ludwig Cunningham à ma suite, il me remplacera.
Ma mère interrogea du regard mon père.
- Oui, j'ai confiance en lui. Et son fils Jake sera son successeur si jamais il arrive quoi que ce soit à lui... Ou à moi. Je sais qu'Atso saura vite que Ludwig me remplace. Il cherchera à l'atteindre, à s'en prendre à mes amis.
- Ne dis pas ça Henry ! Je refuse que tu penses qu'il puisse t'arriver quelque chose !, s'exclame-t-elle. Tout ce dont tu as à penser, c'est d'être présent pour ton enfant.
Elle s'accroche soudain à son cou, et mon père lui caressa la tête. Il se détache ensuite d'elle, et l'emmène en dehors de la salle. J'eus le temps de m'approcher de la table ou des documents étaient posés. Il y a une photo d'un homme aux cheveux noirs de jais, et celle d'un petit garçon identique aux yeux bleus perçants. En dessous, deux noms : Ludwig et Jake Cunningham. J'essaie de pousser ces photos pour voir celle en dessous où je peux voir l'inscription "Atso Petersen", mais la main rencontre du vide. Un instant plus tard, je suis de nouveau happée dans le brouillard gris.
- Souffle et fais un voeu !
Je me vois petite, les cheveux broussailleux retenus par un petit chapeau de fête, soufflant quatre bougies sur un gâteau au chocolat. Mon père rend une photo, et je reconnais la scène. Cette photo sera plus tard une de mes préférées, exposée sur la cheminée du salon. Je reçois plusieurs cadeaux, puis un petit garçon me tend un petit paquet, avec un sourire fier. Je le reconnais, c'est le fils de Ludwig Cunningham. Jake. La version de moi lui sourit, et déchire le paquet cadeau pour en sortir un fin petit collier doré, avec un minuscule rubis en pendentif. Je baisse la tête vers le mien, à mon cou. À ma connaissance, c'était une chaine de naissance. Je ne me doutais pas que ce garçon me l'avait offert. Était ce mon ami ? Pourquoi ne me rappelais-je plus de lui ?
- Jake mon garçon, nous devons partir.
Un homme passa à côté de moi, c'était l'ami de mon père. Le petit garçon aux yeux bleus eut une mine triste, puis serra la petite fille de quatre ans dans ses bras. Il lui chuchota "On se reverra t'inquiète pas." Elle l'embrassa sur la joue, puis ils sortirent. C'est à ce moment la que je me rendis compte que la maison n'était pas celle de mon enfance. Les murs étaient certes blancs, ce qui expliquait le fond de la photo de mon anniversaire identique au mur du salon de mon enfance a Londres. Mais la maison elle, n'était décidément pas la même. Je regarde alors par la fenêtre, découvrant un quartier typiquement américain. Nous devions habiter la Floride. Soudain, je vis une chose anormale. Ludwig Cunningham et son fils venaient de transplaner. Et un brouillard me coupa la vue. Il y eut ensuite des flashs, montrant une petite fille - moi - courant vers ma maison, en Angleterre. Puis la fois où la maîtresse m'avait félicitée à la fin de la dernière année de l'école primaire et le bonheur et la fierté de ma mère. La stupéfaction de mes parents lorsque je reçus ma lettre pour Poudlard. La venue d'Albus Dumbledore dans la maison, acceptant de livrer le secret magique aux parents d'une jeune sorcière née-moldue. La fois où j'avais pointé ma baguette sur eux, lors de la guerre. Pour finalement la rabaisser, impuissante. Puis il y eut un bourdonnement incessant qui envahit toute ma tête. L'image trembla, puis se mobilisa. C'était la nuit, et ma mère se réveilla en sursaut dans son lit, réveillant mon père avec une lueur apeurée dans les yeux. Ils sortirent de leur chambre, et je dus descendre les escaliers rapidement pour les suivre. Dans le salon. Je vis mon autre moi descendre les escaliers, et mon père me faire signe de rester en arrière. Des larmes dévalent mes joues. Je ne veux pas revivre une deuxième fois leur mort. Mais je dois rester forte. J'ouvre de nouveau les yeux, et vois ma mère allumer une lampe sur la table du salon. En face, un homme encapuchonné. Son regard vert brille d'une lueur malsaine, et un sourire fou défigure son visage. Je me déplace de façon à le voir, car des escaliers je ne voyais rien quelques mois plus tôt. Quand je m'approche, je le reconnais. C'est l'homme du café. L'ami de mon père. Atso Peterson. Quand il dégaine son arme, je me mets en travers pour ne pas qu'elle atteigne mes parents, et tout se passe au ralenti. Les deux balles traversent mon corps brumeux, les corps de mes parents tombent lourdement au sol, et il transplane, puis le noir complet m'envahit.
Beaucoup de révélations sur ce chapitre, en espérant que ça vous plaise et que vous n'êtes pas trop perdus !* Everte Statim : rejette la personne visée en arrière (le sort que Drago utilise lors de son combat avec Harry pendant le duel de Gilderoy Lockhart).
