Ouh le retard...et je suis 100% à blâmer ^^". Le temps passe si vite...mais je ne vous oublie pas :P (je suis juste un peu distraite hee)
Merci à Mxelle Juuw; Ayahne; LouiseMentalist; Castle38 pour leur reviews :3
janeandteresa62 :Hee merci :3 et non, le mystérieux danseur n'était pas Jane...contente que ce chapitre t'ai plu :3 et merci pour le review !
Vivelescarottes :Aww merci x3 contente que ça te plaise xD
lune-chan :Hee tu n'as pas idée...
Sur ce,bonnelecture !
Ange Gardien
11
Jane claqua la porte et s'y adossa. Son dos se heurta à la poignée et il se mordit la lèvre inférieur pour ne pas gémir. Cependant, il n'essaya pas de changer de posture il voulait sentir la douleur un peu plus longtemps. Là tout de suite, pas une pensée cohérente ne lui traversait l'esprit. Là, tout de suite, il ne savait qui haïr le plus. Teresa, pour son comportement, ou lui-même, pour s'être pris au jeu.
Il avait recommencé. Ou plutôt, il était sur la bonne voie pour répéter son erreur d'antan.
Les dernières semaines avaient été plutôt calmes. Il n'avait qu'à surveiller Grace et Teresa du coin de l'œil et s'assurer qu'aucun danger potentiel ne les approche. Son aura angélique les protégeait, et la présence de la rouquine renforçait ses ondes positives. Ils partageaient le même sang après tout.
Il était venu à admirer le masque rassurant que Teresa se forçait à porter, en particulier lorsqu'elle s'occupait de ses deux frères -le troisième, Thomas, s'était vraisemblablement volatilisé- et de son ivrogne de père, qui passait ses journées à l'insulter. Lors de sa première visite à l'appartement des Lisbon, Jane s'était infiltré dans l'esprit du père et s'était assuré qu'il ne lèverait plus la main sur ses enfants. Ce n'était pas grand-chose, mais l'Ange Gardien se sentait plus rassuré maintenant que les enfants n'avaient au moins plus à subir de violences de la part de leur paternel. Il aurait pu faire plus, mais trop de changements aurait été suspect -en particulier aux yeux de Teresa- et éveiller des soupçons n'aurait pas arrangé ses affaires.
Même pendant les cours, elle ne s'accordait aucun repos. Lorsqu'il l'observait discrètement, ses yeux étaient fixés sur des cahiers couverts d'annotations...et cet excès d'attention de sa part aurait dû le mettre en garde. Il...l'observait de trop près. A vrai dire, elle le captivait. Teresa était une jeune femme fascinante. Angela et elle se ressemblait au niveau du caractère, et en même temps, étaient très différentes. Sa défunte femme se battait de toutes ses forces pour s'en sortir tandis que Teresa se contentait de suivre le courant, certainement fatiguée de s'être débattue toutes ces années.
Jane leva ses mains et se couvrit le visage, voulant désespérément échapper au monde extérieur et ses problèmes. La réalité serait la même lorsqu'il ouvrirait les yeux, mais pour le moment, il voulait juste oublier.
Moins d'une demi-heure auparavant, il se trouvait à des kilomètres de là, à suivre Grace et sa protégée dans une boîte de nuit. La soirée se passait sans encombre -même s'il n'avait pu retenir une pointe de...jalousie lorsque Teresa avait dansé avec un parfait inconnu- jusqu'au moment où ces deux jeunes hommes les avaient rejointes au bar. Leur conversation paraissait futile et légère, et il s'accorda une petite pause pour se mélanger à la foule et flirter un peu. Ce ne fut que lorsque Grace quitta le comptoir avec le grand brun, et que Teresa parut se lasser de son compagnon qu'il décida que le moment était venu d'intervenir. Il voulait juste la distraire, la faire sourire, et lorsqu'elle lui avait proposé une danse...Il avait commis sa première erreur.
Ouvrant les yeux, il fixa la bague entourant son doigt et se mordit la lèvre inférieure. Après l'accident, il s'était juré de ne plus se remettre en couple. Il voulait désespérément tenir sa promesse, mais cette fille, Teresa, le poussait à bout si facilement...
« Je suis désolée Angela, murmura-t-il, la voix serrée par les sanglots, incapable de regarder le portrait de sa défunte femme en face. Je suis tellement désolé. »
-AG-
Les lumières. La musique. L'ambiance chaleureuse. Elle clôt ses paupières et laissa ses hanches se mouvoir au rythme de la musique. Plus rien n'existait. Plus rien n'existait, mis à part elle, la musique...et lui.
Teresa aurait dû se lever depuis un moment, mais elle se trouvait incapable de sortir du lit. Elle n'avait pas réussi à fermer l'œil du reste de la nuit, hantée par les images de la nuit précédente qui défilaient dans sa tête.
Lorsqu'elle se mouvait contre lui, il suivait ses gestes à la perfection, au point où elle aurait pu oublier qu'il se tenait derrière elle, épongeait tous ses mouvements. Ses mains se posèrent sur ses hanches, et sous le coup d'une impulsion, elle les guida avec les siennes. Teresa ignorait pourquoi elle agissait ainsi; elle se sentait presque possédée, comme si quelqu'un d'autre la poussait à se comporter de façon aussi osée. En particulier quand elle avait guidé ses doigts sur son ventre, l'attirant plus près, son dos collé au torse de l'homme, emprisonnée dans ses bras, et son souffle avait chatouillé ses oreilles. Il avait enfoui son visage dans son cou. Elle ne l'avait pas repoussé, perdue dans le rythme de la musique et la chaleur qui envahissait son corps chaque fois qu'il la touchait.
Teresa savait qu'elle aurait dû s'arrêter. Elle aurait dû se réveiller, mettre un terme à ce petit jeu, mais elle ne l'avait pas fait. Même si elle le voulait désespérément, elle s'était juste laissée aller. La jeune femme se coucha sur le côté et ferma les yeux. Ses doigts, qui l'avaient pourtant à peine frôlée, avaient laissés leur marque sur sa peau. Le simple souvenir des sensations qu'elle avait éprouvés à ce moment-là la faisaient encore frissonner.
La mélodie s'interrompit et laissa place à une autre. Là seulement, elle se rendit compte de son comportement et sentit ses joues s'enflammer. Elle se retourna pour s'excuser, mais fut accueillie par un souffle irrégulier et des pupilles largement dilatées. Au lieu de l'effrayer, le regard intense l'attira davantage. La nouvelle mélodie lui parut plus...sensuelle, tout à coup. Et cette fois, ils ne se contentèrent pas d'effleurements. Elle se réfugia dans son étreinte tout du long.
Il était si exaspérant, si séduisant avec son sourire et l'intensité de son regard. Elle l'avait joué en ondulant ses hanches contre les siennes, lui échappant quand à chaque fois qu'il cherchait à l'attraper. Le petit jeu avait duré un moment, avant qu'il n'en ait assez et l'entraîne dans un couloir déserté.
Elle ne se souvenait pas comment ils avaient atterri là, elle adossée au mur et lui se penchant sur elle, ses mains fermement plantées de chaque côté de son visage.
« A quoi est-ce que tu joues ? » Gronda-t-il.
Teresa ouvrit la bouche mais ne sut quoi répondre. L'homme devant elle attendant ses yeux perçants la faisaient frissonner, et elle sentit le contrôle lui échapper davantage.
« J'en ai marre » murmura-t-elle finalement.
Teresa ignorait s'il avait saisi son message, mais quelque part, elle sut qu'il l'avait comprise. Il ne la connaissait pas vraiment ils avaient juste échangés quelques mots en cours, il n'avait pas retenté de franchir ses barrières, et elle se contentait de rêver de lui comme n'importe quelle autre fille de sa classe. Ils n'étaient pas proches, leurs conversations restaient dans le domaine scolaire, et pourtant...Pourtant, lui aussi possédait cette étincelle sombre, et il était toujours là.
Quand elle se sentait déprimée et que Grace n'arrivait pas à lui remonter le moral, quand elle se retrouvait seule avec ses idées noires, il apparaissait dans le couloir. Il lui frôlait alors le bras, lui demandait s'il pouvait l'aider. Elle secouait la tête et le remerciait, lui assurant qu'elle se sentait mieux. Et c'était vrai. À chaque fois qu'il se trouvait près d'elle, une sensation de paix l'enveloppait, lui murmurant que tant qu'il serait à ses côtés, rien ne pouvait lui arriver.
« J'en ai marre de me retenir. J'ai envie de vivre un peu avant de mourir. Teresa fit glisser un doigt sur la joue de l'homme. Je l'ai remarqué vous savez, la façon dont vous me regardez parfois. Êtes-vous sûr que je ne suis qu'un cas désespéré ? »
Jane n'avait pas répondu, s'était contenté de l'observer en silence. Les faibles lumières qui éclairaient le couloir dessinait des ombres sur son visage magnifique. Elle pouvait sentir son souffle sur les lèvres et eut la soudaine envie de les goûter.
Jane aurait pu lui faire n'importe quoi elle ne se serait pas débattue. Elle voyait les pupilles dilatées, lisait le combat qui faisait rage derrière le masque impassible -succomber à la tentation de la prendre, ou suivre la voix de la raison. Teresa, quand à elle, souhaitait désespérément qu'il jette toute rationalité par la fenêtre. Elle voulait seulement oublier ce qui l'attendait à la maison savoir si ce serait...différent avec lui. Elle avait même commencé à jouer avec le bas de son T-shirt et frôlé ses lèvres pour le guider dans son choix. Mais évidemment...
« Hey Teresa, t'es... »
La silhouette de Grace apparut dans l'angle du couloir. Son visage se figea de stupeur et la petite brune se sentit immédiatement coupable...et angoissée. Qu'est-ce que la rouquine pensait d'elle, maintenant qu'elle l'avait surprise la main dans le sac, en train de flirter -ou plutôt séduire- son prof de littérature ? Soit, il n'était pas vieux -la bonne vingtaine ?- et très séduisant, mais ce n'était pas...quelque part, moral. Et elle ne voulait pas perdre sa seule amie à cause d'une stupide pulsion.
« Lâche-la, gronda la rouquine, et Teresa sentit un frisson lui parcourir l'échine. Son ton était glacial, mais elle pouvait sentir la colère bouillir sous la surface. Comment oses-tu !
-Grace...commença Teresa, sans savoir quoi dire vraiment. Son amie l'ignora et hissa :
-Lâche-la tout de suite ! »
Le blond s'éloigna de quelques pas et leur tourna le dos sans un mot. La rouquine se rapprocha d'elle et lui agrippa le bras fermement.
« Toi, tu viens avec moi ! »
« Teresa ! Grouille-toi on va être en retard ! » cria Ray à travers la porte.
La petite brune soupira et se résigna à se glisser hors du lit. Elle n'avait aucune envie de retourner en classe et affronter Jane, encore moins Grace. Le retour s'était déroulé dans un parfait silence, sans musique pour le combler. Les doigts de la rouquine serraient le volant si fort que ses jointures en devenaient blanches. Même si elle se doutait que son mutisme était dû au choc de la surprendre dans les bras du blond, Teresa crut lire autre chose dans son regard. Il y avait de la colère bien sûr, de l'abasourdissement, peut-être de la déception, mais aussi -quelque chose qu'elle n'attendait pas- une pointe de peur.
Grace avait peur de quelque chose ou plutôt, le comportement de Teresa l'avait effrayée et la petite brune ne comprenait pas pourquoi.
« Teresa ! Cria Christopher cette fois. On doit y aller ! »
Si elle faisait semblant d'être malade et séchait les cours, ce serait comme fuir et Teresa Lisbon n'était pas le genre de fille à fuir ses erreurs. Elle devra d'abord s'excuser auprès de Jane d'avoir voulu le séduire -en particulier puisqu'elle avait sous entendu qu'il voulait coucher avec elle en premier- et regagner la confiance de Grace.
À la réflexion, Teresa se demanda pourquoi son amie avait réagi si violemment. Ce n'était pas comme si l'affaire impliquait de la drogue, ou de l'alcool juste une petite attirance...d'accord, une grosse attirance pour l'homme en question. Peut-être était-ce ça, le pire. Elle s'était retrouvée hors de contrôle dès que ses doigts avaient frôlé sa peau et ce simple contact avait réveillé des envies refoulées et brisé son dernier rempart.
« Teresa, dernier appel ! »
La jeune femme secoua la tête, attrapa des vêtements et s'habilla en quatrième vitesse. Lorsqu'elle passa devant le miroir, son reflet lui parut épuisé. Des cernes se creusaient sous ses yeux et sa peau était plus pâle que d'ordinaire. Non seulement la mauvaise nuit avait laissé des traces, mais son comportement la dérangeait. Teresa serra ses bras autour d'elle-même et regarda ailleurs. La veille, elle s'était comporté comme une...fille facile. S'était presque offerte à lui. Elle inspira profondément et se dirigea vers la porte en essuyant les quelques larmes qui menaçaient de couler.
Elle ne pensait pas pouvoir tomber plus bas. Apparemment, elle avait réussi à dégoter une pelle pour creuser davantage.
-AG-
Comme Teresa s'y attendait plus ou moins, Grace ne lui adressa pas la parole de la matinée et ne lui accorda pas un regard. Les petits mots qu'elles échangeaient en cours lui manquaient déjà, et la petite brune craignait que la situation dure un bout de temps. À chaque fois qu'elle ouvrait la bouche pour s'excuser, la rouquine lui tournait le dos et rejoignait la classe suivante en silence.
À midi cependant, Teresa décida de retenter sa chance.
Dès que la cloche sonna la fin des cours, les autres élèves se ruèrent vers la sortie, et elle dut accélérer le pas pour rattraper la rouquine. Son amie avait déjà traversé la moitié du terrain la menant au réfectoire quand elle réussit enfin à la rejoindre.
« Grace ! Attends ! »
La petite brune vit Grace soupirer et se tourner pour lui accorder son attention. Ses yeux exprimaient toujours un peu de colère, tout comme de la peur. Teresa se mordit la lèvre inférieur, sachant qu'elle avait vraiment déçue son amie.
« S'il te plaît, écoute moi ! Supplia-t-elle. Je... je suis désolée, d'accord ? Je ne voulais pas...
-Vu la tension, vous étiez plutôt pressés de vous y mettre répliqua Grace sèchement. Je veux dire, je comprends parfaitement ton besoin de te lâcher, mais avec un prof ? Sérieux, Teresa, j'pensais pas que tu s'rais aussi stupide ! »
La jeune femme sentit tout à coup une bouffée de colère l'envahir. Comment la rouquine pouvait-elle la juger ?
« Sérieux ? Tu n'as aucune idée de ce que j'ai dû traverser ces dernières années ! J'aime beaucoup Mr Jane, et si je pouvais avoir ce que je veux ne serait-ce que pour une nuit, je sauterais sur l'occasion ! Tu sais ce que ça fait de vivre dans la peur ? De faire des choses si honteuses que tu n'oses pas te regarder dans une glace pendant des semaines ? D'attendre un coup de fil à n'importe quel moment, de l'hôpital ou de la police, pour annoncer qu'un membre de ta famille a été retrouvé battu ou pire encore, mort dans une ruelle ? »
Grace ne cilla pas et soutint son regard.
« Oui, je sais ce que ça fait répondit-elle froidement. Tu n'es pas la seule dont la vie n'est pas un conte de fée, Teresa. »
La petite brune ouvrit la bouche pour répondre, lorsque son regard se fixa par-dessus l'épaule de son amie. Son sang ne fit qu'un tour quand elle reconnut la personne qu'elle voulait le moins croiser ces derniers temps. John le Rouge se trouvait au lycée. Et il s'avançait vers elles avec un sourire vicieux.
J'essayerais de ne pas mettre autant de temps pour le prochain chapitre ^^"
Ciaociao !
