Note de l'auteur: Bonjour à toutes! Voilà la suite de Soul sister ! Oui au final je n'ai pas mis 2 semaines j'ai été motivé par vos message et impressions sur les derniers chapitres. Du coup j'ai écrit plus vite. Pour le prochain faudra vraiment attendre 2 semaines cette fois

Je tenais donc dire un gros merci à MilleyBlack, Anonyme, MelinaAKAGAMIE-973, La Yu, , et Anonymous de suivre aussi fidèlement cette histoire et de me laisser un commentaire à la fin. Et bienvenue au nouvelles Hanabira,Priska, Theloveuse, ça fait toujours plaisir d'avoir de nouveau point de vue sur l'histoire. Il n'y a pas à dire, lire vos réactions me donne de l'énergie et de la motivation pour la suite. ^^

Je me répète mais pour celles qui veulent des réponses plus précises à leur reviews je me ferais un plaisir de le faire. Laisser moi un mail ou retrouver moi sur amour sucré par MP et je me ferais un plaisir de vous écrire à mon tour.

Crédits: L'univers et les personnages appartiennent à ChinoMiko et son équipe de création. Seul le personnage d'Emilie m'appartient.

Bonne lecture

Chapitre 9

Heureusement pour moi le jour qui suivi, je n'eus aucune nouvelle de Castiel. Je passais donc un samedi entre crise de colère et de larmes. J'étais effondré que mon meilleur ami puisse m'avoir trahit de la sorte mais je refusais de me laisser avoir par cette peste d'Eléonore. Je ne verserais pas une seule larme pour elle. Oui je n'étais pas voulue, mais ça je le savais depuis suffisamment longtemps pour avoir eu le temps de faire avec cette blessure, même si elle l'avait à nouveau poignardée. Je me sentais à nouveau seule comme je ne l'avais jamais été avant. Il y avait toujours eu Castiel dans ma vie et maintenant ce vide me faisait peur… Terriblement peur…

J'essayais de penser à autre chose en effectuant tous les devoirs que les professeurs nous avaient donnés à faire pour les semaines qui suivaient. Cela ne suffisant pas je me mis à faire à fond le ménage de mon appartement. Et lorsque mon cerveau se mit encore à réfléchir, je partie courir dehors et ne rentrait qu'à la nuit tombé. Je pris un douche rapide et m'écroulais à nouveau en larme dans mon lit.

J'avais beau faire rien ne semblait apaiser ma peine. Le souvenir d'Eléonore me jetant ces mots à la figure se couplaient à se de ma mère qui me criait mes erreurs à la figure. Les souvenirs de mon départ de Sweet Amoris me rendaient malade car j'étais désormais certaine que c'était ce qui avait causé notre perte. Nous étions trop jeunes et trop insouciant pour sauvegarder cette promesse. Et moi j'avais été suffisamment idiote pour y croire toute ces années, naïve que j'étais.

J'avais continué de l'appeler, lui parler, lui écrire, comme si, notre amitié était resté intacte. Mais c'était faux. Il avait préféré se construire avec des gens qui étaient proche de lui avec qui ils pouvaient parler et qu'il pouvait voir quand il voulait… Moi je n'avais été qu'un boulet m'accrochant comme une de ses idiotes qui lui collait les basques à longueur de journée. Je me sentais minable.

Et d'un autre côté je lui en voulais tellement. Pourquoi avait-il dit ça à Eléonore ? De quel droit c'était-il permit de divulguer ce genre d'information ? Je le croyais mon ami… Si la distance lui pesait pourquoi ne rien avoir dit ? J'aurais compris je pense que l'éloignement avait eu raison de l'amitié qu'il me portait… J'aurais pu me faire une idée et me dire que c'était trop tard. Pourquoi avait-il attendu que cette évidence m'éclate à la figure devant tant de gens.

Il avait passé tellement de nuit à m'écouter pleurer au téléphone sur ma relation avec ma mère, tellement de temps à me faire comprendre que lui tenait à moi. Alors pourquoi ? Je n'arrivais pas à comprendre. Et je tournais en rond sur les mêmes questions n'arrivant pas à trouver une logique à son geste…

Je passais une nuit horrible et me fis réveiller le dimanche matin par des coups à ma porte. Je mis un certain temps avant de retrouver tous mes souvenirs. J'eu à nouveau envie de pleurer. La sensation de réveil et de retour à la réalité était pire que le jour d'avant. Les coups à la porte s'intensifièrent. Je décidais de ne pas répondre. Je ne voulais voir personne de toute façon j'avais une tête épouvantable. Mon téléphone se mit à vibrer. J'ouvris es yeux et le regarda bouger sur ma table de nuit.

Je tendis la main et vit que c'était Nathaniel. Je décrochais.

- Ah Emilie ! Ou es-tu je suis devant chez toi…

- Je dormais avant que tu ne me réveilles, dis-je pas aimable pour un sou.

- A 2 heures de l'après-midi ?

Je jetais un coup d'œil à mon réveil il affichait 14H12… J'avais dû dormir un peu trop longtemps.

- Nath', c'est gentil mais…

- Mais rien du tout ! me répondis une voix féminine à l'autre bout du fil.

- Rosalya ? m'étonnais-je

- Ouep et tu n'as pas intérêt à me laisser poireauter devant chez toi ! Donc tu lèves tes fesses et tu viens nous ouvrir sinon je frappe à ta porte jusqu'à te donner mal à la tête.

Et elle raccrocha sans plus attendre de réponse de ma part. J'entendis tout de suite des coups répéter à ma porte. Je soupirais, m'extirpais des couvertures malgré moi et me dirigeais vers la porte et l'ouvrit. Je m'aperçus qu'ils n'étaient pas venus seuls cette fois-ci.

Derrière-eux se tenait Armin, Alexy et Violette. J'écarquillais les yeux de surprise. Et les autres eurent un petit mouvement de recul. Effectivement je devais faire peur à voir. Mes yeux devaient être bouffis au possible mes cheveux en pagailles et mon pyjama composé d'un tee-shirt troué et d'un pantalon 3 fois trop long pour moi ne devait pas arranger le tout. Nathaniel et Rosalya furent les premiers à se reprendre en me souriant. Ils m'avaient déjà vu dans cet état. Je ne pus manquer l'œil de Nathaniel qui avait pris des teintes jaune et violette. Je sentis une pointe de culpabilité… Finalement je me poussais en les laissant entrer en notant que c'était déjà la deuxième fois qu'ils me voyaient dans cet état et toujours à cause de la même personne. Je soupirais en me rendant compte à quel point Castiel pouvait avoir une influence sur moi.

- On est désolé, on ne pensait pas que tu dormais me dit-il pas désolé du tout.

- Bah voyons, grommelais-je dans ma barbe de mauvaise humeur.

- Ne fais ta grognon, histoire que Nath' n'ai pas à devenir violent, dit Rosalya en me taquinant. Et va te changer. Si ton appartement semble trop propre pour ne pas être suspect toi c'est une autre histoire. Alors file sous la douche on sort ! s'exclama-t-elle

Je ne comprenais pas ce qu'ils voulaient tous à être dans mon salon aussi tôt. Puis me rappelais qu'il était 14h… Je restais là à les regarder les uns après les autres, lorsque Armin se décida à briser le silence.

- On s'est dit que tu aurais besoin de voir du monde… dit-il

- Et puis on voulait que tu sache que t'es pas toute seule. Repris Alexy. J'vais pas t'en vouloir à vie pour mon frère hein. De toute façon il a trouvé Violette… C'était peut-être bien au final….

Je regardais vers Violette qui se mit à rougir jusqu'à la racine des cheveux. Armin mit son bras autour de ses hanches dans un geste protecteur, ce qui lui fit atteindre des couleurs de rouges encore jamais atteinte.

- En plus elle est trop mignonne ! s'exclama Alexy qui semblait lui aussi sous le charge de la jeune fille timide.

- T'approche pas trop, fit semblant de râler Armin.

Cette scène m'arracha un sourire. J'étais vraiment heureuse pour eux. Ils formaient un très joli couple. Nathaniel et Rosalya s'approchèrent de moi et cette dernière me prit la main.

- Ce que voulait dire Alexy c'est que toutes les personnes qui sont ici tiennent à toi et t'apprécie à leur manière… Tu n'es pas toute seule Emilie…

A ces mots, je sentis mes yeux me piquer à nouveau et sentis quelques larmes s'échapper. Rosalya me prit dans ses bras. C'était la deuxième fois que Nathaniel et celle-ci venaient me déloger de mon appartement pour me remonter le moral. J'avais envers eux une gratitude infinie. Si j'avais perdu un ami, j'en avais gagné d'autre. Et cette constations me fit un bien fou. Même si elle ne comblait pas le gouffre de mon amitié avec Castiel, elle en remplissait un peu la blessure béante qu'il avait créée.

- On te lâchera pas hein alors ne nous lâche pas non plus me, dit alexy qui c'était appuyer sur l'épaule de son frère.

- Et quoi qu'en dise Eléonore ! s'exclama Violette. Tu… Tu es plus gentille qu'elle… dit Violette en rougissant de sa soudaine prise de parole.

J'eus un rire bref entre mes larmes en voyant Violette prendre ma défense. Non n'étions pas très proche elle et moi, et pourtant elle était là à me défendre face à Eléonore. J'eu un petit sourire de remerciement qui la fit rosir un peu plus. Elle était vraiment attendrissante comme ça.

- Lysandre voulait être là aussi mais…

Rosalya ne finit pas sa phrase mais je savais ce qu'elle voulait dire. Il devait être avec Castiel…

- Il est dans un sale état lui aussi tu sais…

- Je ne veux pas en parler, affirmais-je rapidement… Si… Si j'en parle je sens que…

Les mots restèrent au fond de ma gorge bloqué par les émotions. Je refusais même d'exprimer à voix haute le fouillis de sentiments qui m'habitait quand on abordait le sujet. C'était beaucoup trop tôt. Heureusement ce fut Nathaniel qui vint à ma rescousse.

- On n'est pas obliger d'en parler me dit-il. On est venu là pour te changer les idées. On aura qu'à éviter ce sujet. Tu verras je suis très doué dans ce domaine, me dit-il avec un clin d'œil.

Je souriais le remerciant silencieusement.

- Et puis on a une victoire à fêter, dit Armin avec un ton un peu plus enjoué.

- C'est vrai ça ! cria Alexy. On doit faire la fête ! Alors dépêche-toi d'aller te changer ! me dit-il en me poussant vers ce qu'il supposait être ma chambre.

- Va prendre ta douche ! m'ordonna Rosalya. Je m'occupe de ta garde-robe ! s'exclama-t-elle avec bonne humeur.

Devant tous ces sourires et devant tant de soutient je n'eus d'autre choix que d'aller me changer. Je leur étais infiniment reconnaissante de ce qu'ils avaient fait pour moi. Je n'avais jamais eu des amis pareils et cela me faisait bizarre de pouvoir me reposer sur différentes personnes. Je n'avais vraiment pas l'habitude mais lorsque je revins dans la salle et que je vis Armin et Alexy interprété une danse en nous imitant devant un Nathaniel mort de rire je me dis que je pouvais facilement m'y habituer. Très facilement…

Nous passâmes donc l'après-midi à me changer les idées, ce qui me fit énormément de bien. Nous passions d'abord dans un snack où nous étions tous aller le premier jour des cours. Malgré les petits souvenirs de Castiel qui m'avait envahi à l'entrée, je les oubliais vite devant les blagues d'Alexy et d'Armin et la malice de Rosalya. Leigh nous rejoignit plus tard dans l'après-midi au grand plaisir de Rosalya qui se jeta sur lui. Ils s'appliquèrent tous à éviter le sujet Eléonore Castiel avec grand soin. Nous finîmes par passer du temps au parc.

J'oubliais mes soucis et ne brouillais plus du noir. Même le froid ambiant ne nous avait pas empêché de rester dehors où j'avais dû, sous les cris de mes amis, refaire une danse que j'avais faite avec Nathaniel. Rosalya Armin et Alexy s'occupaient de faire les cœurs pour rythmé nos pas. Chacun s'était amusé à danser et chanter encore et encore jusqu'à ce qu'il soit tellement tard que nous fûmes obliger de rentrer chacun chez nous. Au final j'avais passé un excellent dimanche grâce à eux. Je leur en étais infiniment reconnaissante. Et c'était en trainant des pieds que j'étais rentrée chez moi. Une fois la porte de mon appartement claquée je fis mon maximum pour ne pas penser à autre chose qu'à cette bonne journée. Je regardais donc un film comique à la télé et me couchait aussitôt laissant un fond de musique enjoué pour m'endormir.

Le lendemain, j'allais au lycée toujours d'un pas léger et de relative bonne humeur. Mais lorsque je vis Lysandre devant les porte du lycée, mon cœur s'affola à nouveau et je me figeai sur place, cherchant des yeux Castiel dans les environs. Je n'étais vraiment pas prête à lui demander des explications. Je m'étais voilé la face tout le week-end, évitant d'y penser un maximum. En résultait la panique qui m'habitait à l'heure actuelle. C'est la voix d'Ambre qui me ramena sur terre en me faisant sursauter.

- Il n'est pas là… En tout cas pour l'instant, me dit-elle.

- Ambre ! dis-je en portant une main à ma poitrine… Tu m'as fait peur.

- Je sais, dit-elle avec un petit sourire. C'est mon côté théâtrale… Tu as l'air d'aller mieux…

- Oui mieux ! J'ai eu un comité de soutien hier, répondis-je dans un sourire.

- Tant mieux ! dit-elle. Je t'en aurais voulu si j'avais dû subir tes reniflements encore une journée de plus… dit-elle en levant les yeux au ciel visiblement soulagée…

J'haussais un sourcil en la regardant.

- Tu m'inquiétais Ambre… Un peu plus et j'aurais pu croire que tu t'inquiétais pour moi…

- Dans tes rêves ma vieille la seule personne qui m'inquiète vraiment c'est moi-même. Dit-elle en repoussant ses cheveux en arrière de sa main dans un geste qui lui était habituel.

Je souris. Ambre restait Ambre en un sens mais je savais qu'elle s'était vraiment inquiétée pour moi et qu'elle avait poussé Nathaniel dans sa volonté de me remonter le moral. C'était lui qui me l'avait dit hier. Plus je regardais cette fille et plus j'allais de surprise en surprise. Je n'étais vraiment pas sure de la détester autant qu'avant. Cette petite histoire nous avais permis de nous découvrir l'une l'autre. Et j'étais vraiment heureuse d'avoir pu apercevoir la vraie Ambre derrière l'image parfaite d'elle qu'elle montrait à tout le monde au lycée.

- Au faite, dit-elle. Je… Je sais que… que… Oh que c'est chiant à dire ! s'énerva-t-elle en tapant du pied.

Elle avait l'air de chercher ses mots devant moi. C'était très perturbant à voir un Ambre qui n'était pas sûre d'elle-même. Elle finit par planter son regard dans le mien et me dire brusquement.

- Bon je sais que tu ne me porte pas dans ton cœur et que je suis surement la dernière personne à qui tu penserais dans ces moments-là mais…

Ambre pris une grande inspiration et dit toute la suite d'un trait.

- Castiel est vraiment un enfoiré de t'avoir traité comme ça alors… Si l'idée de te venger d'Eléonore ou… juste parler… te vient, tu sais où me trouver hein ? dit-elle sa voix tremblant légèrement montrant son trouble.

Je la regardais choqué au possible. Avais-je rêvé ou Ambre m'avait-elle dit que je pouvais me confier à elle ? J'étais à la fois touché qu'elle me trouve digne de confiance et à la fois surprise qu'elle ai ce genre de comportement prévenant…

- Pas besoin de faire cette tête ! grogna-t-elle. Et ferme la bouche c'est très disgracieux cette imitation du poisson hors de l'eau. Et sache que je ne fais pas ça par bonté d'âme. C'est juste une façon de m'excuser des conséquences que tu auras à payer seule. Après tout je t'aime bien tu es facilement manipulable ! dit-elle en riant.

Elle avait fini son discours comme si elle parlait de la météo, d'un ton complètement détaché. Moi je restais sans voix. Ambre ! La Ambre que je connais, la peste de mon enfance à qui j'en avais fait voir de toute les couleurs et qui me l'avait bien rendu venait de faire ce qui ressemblait à des excuses et m'avait dit qu'elle m'aimait bien… Le tout recouvert de sarcasmes mais tout de même… Je ne savais plus quoi penser…

- Bon puisque tu sembles avoir autant de conversation qu'une carpe aujourd'hui je vais rejoindre les filles. D'ailleurs ce n'est pas Castiel que j'aperçois là-bas ? Dit-elle en regardant par-dessus mon épaule.

Je jetais un regard derrière moi paniquée. Mais je ne vis personne. Je me retournais aussi sec vers Ambre qui était déjà partie loin.

- Qu'elle espèce de…

Je terminais ma phrase par un bref soupir et me dirigea à mon tour vers le lycée. Décidément cette fille méritait vraiment sa réputation de manipulatrice. En même temps je me demandais si au final je ne l'appréciais pas un peu.

Je ne vis pas Castiel de la journée comme je l'avais prévu ce matin en me levant. Cela me rassura. J'avais une chance sur deux qu'il se pointe pour me parler en face à face où qu'il sèche s'attendant à ce que je lui explose à la figure toute sorte d'insultes… Il me laissait donc le temps de me calmer. Je pouvais donc en conclure qu'il s'en voulait un minimum. Tant mieux ! Et s'il pouvait s'étouffer avec ses remords cela m'éviterais à avoir à l'achever –et m'achever par la même occasion- moi-même.

Mais la vérité était toute autre… Je ne savais toujours pas comment réagir face à lui. Je savais que l'on devait avoir une explication mais je ne pouvais pas m'y résoudre. J'avais peur. Peur de mettre un point final à notre amitié qui signifierait la perte de tous mes repères. Qui signerai aussi ma perte. Rien que d'y penser j'en avais la boule au ventre. J'étais incapable de le faire pour le moment. Et en même temps j'étais incapable de ne pas lui en vouloir. Il était mon ami depuis tellement de temps. Et je l'aimais plus que tout, d'un amour irrationnel … C'était devenu au fil des ans une partie de moi-même. Renoncer à lui équivaudrait à me couper un bras ou à m'amputer d'une jambe ou de m'arracher le cœur. Et j'étais définitivement incapable de m'infliger ça. Je comptais donc l'éviter jusqu'à ce que je me décide à prendre une décision.

Ce qui se passa l'après-midi me perturba un peu plus. Alors que j'étais avec Rosalya et Lysandre dans la cour du lycée prête à partir, une furie fonça sur moi en criant.

- Toi !hurla Eléonore en pénétrant dans l'enceinte du lycée.

Cette scène avait un air de déjà vu pour moi. A croire qu'elle aimait faire de genre d'entrée remarquée, -cela ne m'aurait pas étonné. Je levais un sourcil d'étonnement. Elle semblait à nouveau hors d'elle. Venait-elle enfoncer le couteau dans la plaie ? N'en avait-elle pas déjà assez fait ?

- Tu te crois maligne c'est ça avec tes petits stratagèmes minables ?! me cria-t-elle au visage lorsqu'elle arriva près de moi. Ça t'amuse de te montrer supérieur aux gens ?!

- Euh tu parles de toi à la troisième personne maintenant ? demandais-je en gardant mon calme.

-Ne te fous pas de moi avec tes airs de fille innocente ! Qu'es ce que tu crois que tu vaux mieux que moi ? Mais tu ne comprends rien ! Castiel a pitié de toi ! Personne ne veux de toi, alors pourquoi…

Sa voix se cassait sur la fin de sa phrase. Elle pinçait ses lèvres pour contenir un surplus d'émotion. Je blanchis instantanément. Elle venait enfoncer le clou du concours. Ses mots me blessèrent à nouveau mais la main de Rosalya qui s'accrocha à la mienne me rappela que certaines personnes tenaient encore à moi. Oui mais le vide laissé par Castiel me donnait désormais le vertige et des haut le cœur. La voir se tenant devant moi m'abattait un peu plus. Elle avait déjà gagné que voulait-elle de plus ?

- Va-t-en Eléonore. Dit calmement Lysandre. Tu n'as rien à faire là.

- Oh si j'ai quelque chose à faire ! Il faut que je lui dise ses quatre vérités puisque personne ne veut lui dire en face ! cracha-t-elle.

-Je crois que j'ai compris ! répliquais-je. Si tu attends des excuses quant à ce qu'il s'est passé vendredi dernier je ne t'en ferais aucune ! Alors tu peux aller pleurer dans les bras de ton imbécile de petit ami autant que tu veux ça ne…

- Mon petit ami ! Parlons-en justement ! Castiel était à moi, bien avant que tu ramènes tes sales pates à Sweet Amoris. Il est tombé amoureux de MOI, est sorti avec MOI, M'a embrassé, m'a fait l'amour à MOI ! Alors pourquoi es ce que tu t'acharnes sur quelque chose perdu d'avance ! Castiel est à moi tu entends ? hurla-t-elle.

J'avais vraiment envie de vomir désormais. J'avais des frissons de dégoût et de rage qui parcourait mon corps. Je serais les points je ne lui ferais pas le plaisir de pleurer devant elle. J'avais envie de lui arracher les yeux et vu la façon dont elle me regardait c'était réciproque.

- Castiel n'est pas à personne ! Ce n'est pas une chose bordel ! m'écriais-je ma voix vibrante de haine.

- Oh que si, il est à moi ! Et il serait bien que tu te rentres ça dans le crane ! Qu'es ce que tu veux ? Armin, Nathaniel et maintenant Castiel ? Il te les faut tous c'est ça ? Il avait raison t'es vraiment qu'une fille facile !

De rage je la chopais par mon manteau et l'envoyait promener contre le muret de l'école. Je n'arrivais plus du tout à contrôler toute la haine qui m'habitait à l'heure actuelle. Je la détestais d'être avec Castiel. Je la détestais pour ce qu'elle avait dit sur ma mère vendredi. Et je la détestais pour avoir dévoilé devant tout le monde mes plus profonds secrets. Et là tout de suite j'étais à deux doigts de craquer et de lui faire avaler ses dents.

- Ecoute moi bien petite peste ! Tu n'as rien à faire dans ce lycée alors tu vas gentiment déguerpir avant que je n'abime ta petite gueule d'ange ! Tu as gagné ! Tu es déjà avec Castiel alors qu'es ce que tu cherches à faire ?! lui hurlais-je au visage.

Elle me regardait avec haine et dégout. La tension était à son paroxysme. Lysandre et Rosalya me tenait tous les deux une épaules avec douceur pour m'apaiser et surement m'empêcher de déraper. Et moi je bouillais de rage.

- Emi, elle n'en vaut pas la peine, me dit doucement Rosalya.

Mais avant que je n'aie pu répondre, j'entendis un sanglot provenir d'Eléonore. Je braquais mes regards sur elle. J'étais d'un seul coup, déstabilisé devant une telle réaction. Lorsqu'elle releva les yeux vers moi, la rage et la tristesse qui y brillaient sonnèrent comme un echo en moi qui me calma presque instantanément. Voir cette fille que je haïssais au plus profond de moi s'effondrer juste devant mes yeux me fit changer ma haine en pitié. Cela aurait dû me faire plaisir… Mais non… Je ne l'avais jamais imaginée pouvait ressentir vraiment des sentiments. J'avais une image d'elle tellement superficielle et manipulatrice que j'en avais oublié qu'elle était humaine aussi.

- Tu ne comprends vraiment rien ! cracha-t-elle. Tu l'as pour toi toute seule ! C'est ce que tu voulais non ? Que je me retrouve toute seule et qu'il revienne vers toi ! Et bien tu gagné Bravo ! dit-elle, acide en essayant de retenir ses larmes qui coulaient un peu plus sur ses joues. Tu ne le mérite même pas, continua-t-elle. Tu ne lui a jamais rien apporter à part dans une époque tellement lointaine que personne ne s'en rappelle ! J'étais là moi. J'étais présente quand il en a eu besoin ! Mais non, il n'y en avait jamais que pour toi. Partout ! Tout le temps ! Quoi que je fasse, il n'a jamais eu d'yeux que pour toi !

Je mis quelque seconde à comprendre ce qu'elle disait. L'avoir pour moi toute seule ? Mais de quoi parlait-elle ? Je ne comprenais plus rien à ce qu'elle disait. Pour moi, ça avait toujours été elle qu'il privilégiait. Toujours elle avec qui il passait du temps. Toujours elle à qui il pensait. Tant et si bien que j'en avais développé une jalousie maladive. Et bizarrement les mots qu'elle venait de dire, j'aurais pu prononcer exactement les même. C'était précisément ce que je ressentais vis-à-vis d'elle. Je restais choqué de cette révélation et la regardait ne sachant pas quoi faire.

- Pourquoi ? cria-t-elle. Pourquoi même après avoir tout donné, cela ne suffit toujours pas ! Pourquoi ? Qu'es ce que tu as de plus que moi ? Tu es si… Banale… Je l'aime vraiment ! Alors que toi…Que lui apportes-tu à part des remords et de la peine ? hein ? Répond !

Je ne répondis toujours pas. Le temps semblait s'être figé autour de nous. Même Rosalya et Lysandre ne savaient pas comment réagir. Je voyais Eléonore effondrée devant moi et je projetais ma propre détresse sur elle. Cela était tellement dérangeant comme sensation que j'essayais de trouver des différences mais rien n'y fit. Ses mots m'avaient touchés plus que de raison et je sentais toute la vérité et la douleur de ses propos en moi. Soudain j'entendis Nathaniel s'approcher du petit groupe que nous formions et le vis blanchir à son tour.

- Eléonore tu n'as rien à faire là ! Je te demanderais de bien vouloir partir, dit-il en s'approchant d'elle.

- Ça va je connais la sortie ! claqua-t-elle en se libérant de la main de Nathaniel d'un coup d'épaule. Je voulais juste qu'elle sache à quel point je la hais, de toutes mes forces. Et briser ses maigres illusions, Castiel ne t'aimera jamais comme il m'a aimé ! cracha-t-elle acide.

Sur ces dernières paroles elle partit en me foudroyant du regard. Je la suivais des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière la grille. Je ne savais plus quoi penser. Pourquoi avait-elle utilisé le passé ? Pourquoi était-elle venue aujourd'hui ? Pourquoi n'était-elle pas avec Castiel. Cette conversation m'avait embrouillé l'esprit. Pour moi Castiel tenait plus à elle qu'à moi et elle venait de me dire l'inverse. J'étais plus qu'embrouiller et c'est Lysandre qui me sorti gentiment de mes spéculations.

- Tu devrais aller parler avec Castiel… me dit-il avec son air calme et confiant.

Je le regardais dans les yeux. Il devait surement avoir raison. La meilleure façon de répondre à mes interrogations était d'aller le voir… Je devais prendre mon courage à deux mains et lui parler.

- Ça va aller, me dit-il. Lui aussi veut te parler…

J'acquiesçais silencieusement, ne faisant aucunement confiance à ma voix à l'heure actuelle. Lysandre et Rosalya m'emmenèrent alors à l'extérieur alors que j'envoyais un texto rapide à Castiel lui donnant rendez-vous chez moi le plus rapidement possible.

- Ça va aller ? me demanda Rosalya.

- Je… Je crois… répondis-je faiblement.

- Tu sais que tu peux m'appeler si t'as un problème hein ?

J'acquiesçais à nouveau et les laissais prendre le chemin de la maison de Lysandre alors que je me dirigeais vers mon appartement le cœur lourd, plongé dans mes pensées. J'étais tellement absorbée par mes questionnements que je ne m'aperçus même pas que j'étais arrivé chez moi. Je balançais machinalement mes affaires dans un coin de la pièce et m'assis devant la télé, zappant sans même écouter les programmes, en attendant Castiel.

Ce dernier ne mit pas beaucoup de temps à arriver. A peine quelques coups à la porte que je sursautais et me levait rapidement. Mon cœur loupa un battement lorsque je le vis. Il avait la tête des mauvais jours ou la tête de celui qui n'a pas dormi depuis un petit moment. Je me poussais pour le laisser entrer.

Une fois la porte fermée, je sentis toute la peine et la haine remonter d'un seul coup et parcourir mon corps à une vitesse hallucinante. J'avais envie de le frapper jusqu'à m'être totalement calmé. Et en même temps j'avais envie de m'agripper à lui et lui faire dire que tout cela n'était pas vrai… Je restais là à ne pas savoir quoi faire hésitant entre prendre mes jambes à mon coup ou foncer dans le tas pour mettre un terme à tout cela. Je n'avais de toute façon plus le choix. Je me retournais vers lui. Je ne le laisserai pas s'en tirer facilement. Je devais vraiment éclaircir les choses.

Je tombais tout de suite dans ses prunelles orageuses. Mon cœur allait sortir de ma poitrine tellement il battait vite et fort. J'essayais d'inspirer et d'expirer afin de rester calme le plus longtemps possible. Je ne savais pas par où commencer. Devais-je m'énerver contre lui ? Exiger des explications ? Mais tout était déjà dit non ? Il m'avait trahi et avait préféré cette peste à moi. Qu'avais-je à redire ? Je sentais les larmes me monter aux yeux et tentais un approche moins brusque pour ne pas faire voler mon cœur en éclat trop tôt.

- Eléonore est venue au lycée tout à l'heure…

Je vis la légère surprise sur son visage avant qu'il ne reprenne un air neutre. Je laissais volontairement un blanc dans la conversation attendant qu'il réagisse.

- On a rompu, me dit-il.

Le choc de cette révélation me fit retenir la respiration quelques secondes. Le discours d'Eléonore prenait d'un seul coup une autre tournure. Elle était venue me crier toute sa peine et sa haine au visage. Elle n'était pas venue me narguer. Sur le coup j'eu à nouveau pitié d'elle. A sa place comment aurais-je réagis ? Pourquoi avait-il rompu ?

- Pourquoi ? murmurais-je presque

- Ça ne te regarde pas ! me lança-t-il méchamment.

Une gifle m'aurait réveillé de la même façon. Je le fusillais du regard. Il avait le culot de venir me voir me parler sèchement alors qu'il était en tort, qu'il m'avait trahie et que sa poufiasse était encore venue me descendre ! Je lui fis part de ma façon de penser d'un ton tranchant et sec.

- Tu plaisantes là ?! m'énervais-je à mon tour. Eléonore m'a humilié devant tout le monde, tu m'as trahie en racontant que je n'étais pas voulue et tu as le culot de me dire « ça ne te regarde pas » ?

Ma voix partait de plus en plus dans les aigus montrant ainsi ma lente perte de contrôle. J'étais blessé au plus profond de moi-même et cet espèce d'imbécile se permettait ce genre de réflexions ! La rage ressentit envers Eléonore se dirigeait maintenant vers Castiel qui me regardait droit dans les yeux. J'avais mal, j'avais envie de crier et cet idiot restait silencieux ! Comme si c'était à moi de parler alors que c'était à lui d'ouvrir la bouche. C'était à lui de me dire qu'il n'avait rien fait, me sortir mille et une excuses bidons, me dire… N'importe quoi pour s'excuser… Mais non il restait là à me regarder sans piper mot.

J'inspirais et expirais à nouveau, essayant de réfléchir calmement. Même si cela me faisait mal, je ne pouvais tirer qu'une conclusion de son comportement. S'il ne se défendait pas, c'était qu'il n'avait pas d'excuses. Il m'avait vraiment trahie et il avait raison sa rupture ne me concernait effectivement pas… Malheureusement pour moi, plus je le regardais et plus je me disais que jamais je ne pourrai me passer de lui… J'allais souffrir atrocement d'ici les prochaines minutes.

- Ecoute Castiel je préférerais que l'on abrège cette conversation. Je n'ai la force ni la motivation nécessaire pour te regarder dans le blanc des yeux toute la journée, alors si tu veux ne plus me voir dit le moi et cela m'ira très bien… Je ne veux pas être un poids pour toi… J'ai compris d'accord ?

Ses yeux s'étaient figés dans un éclat de pure fureur que je ne compris pas. Il siffla de mécontentement. J'essayais de deviner ce qu'il voulait me dire mais ses traits restaient insondables. Je soupirais. J'avais à nouveau envie de pleurer et d'hurler. Je ne pourrais pas tenir longtemps ainsi devant lui. Je me levais donc et ouvrit à nouveau la porte.

- Si tu n'as vraiment rien à dire, ça ne servait à rien de venir. Tu n'as pas à culpabiliser pour ça… Alors tu peux partir… Dis-je en baissant les yeux et ne pouvant empêcher ma voix de trembler.

Je savais qu'à partir du moment où il franchirait cette porte je ne le reverrais plus. J'avais envie de vomir. Je fermais les yeux dans une tentative d'oublier le monde autour de moi. Je savais que malgré ce qu'il m'avait fait, si je croisais son regard avant qu'il ne sorte de cet appartement j'allais m'agripper à lui et le supplier de rester. J'étais pathétique.

- Tu m'appelles et tu veux me virer en l'espace de 5 minutes ?! cracha-t-il.

-Tu ne dis rien Castiel ! Alors que c'est pour ça que tu es venu ! Et tu restes là les bras ballants, n'ouvrant pas la bouche. Qu'es ce que je devrais croire alors dit moi ! criais-je. Tu me dis que tu viens de rompre avec Eléonore mais ça n'explique pas les horreurs qu'elle m'a encore sortis i peine une heure ! Que devrais-je en conclure ? Je ne peux pas te comprendre tout le temps Castiel si tu ne parles pas !

Il serra à nouveau les dents, mais encaissa ce que je venais de lui dire sans broncher. J'enchainais, vidant enfin mon sac sans retenue. Et tant pis si je me mettais à pleurer, c'était des larmes de rage et de douleurs que je ne pouvais plus contenir.

- Tu m'as trahie ! Tu lui as dit pour ma mère, pleurais-je. Je ne veux pas de ta pitié Castiel ! Si vraiment tu as tenu au moins un peu à moi un jour, tu devrais au minimum avoir le tact de t'excuser. Même si maintenant tu t'en fiche !

Soudain la porte m'échappa des mains et claqua violemment. Je me retrouvais coincé entre Castiel et le mur derrière moi. Surprise je regardais Castiel qui semblait très en colère. Il me tenait les poignets de part et d'autre de mon visage de sorte à ce que je ne puisse pas lui échapper. Il me surplombait de toute sa hauteur. Je ne comprenais plus rien. Pourquoi voulait-il me briser à ce point-là. Je baissais la tête pour cacher le tourbillon de sentiments qui m'habitait. Je sentais la vague de tristesse arriver avec la puissance d'un tsunami.

- Tu crois vraiment que j'en ai rien faire de toi ? Tu crois vraiment que je me mettrais dans cet état pour fille qui me fait pitié, me criait-il au visage en serrant mes poignets. Regarde-moi !

Je ne levais pas la tête. Hors de question que je lui montre à quel point il pouvait me briser.

- Regarde-moi ! cria-t-il à nouveau en me serrant un peu plus les poignets.

- Tu me fais mal ! criais-je à mon tour la voix tremblante.

Il desserrait un peu son emprise et me lâcha une main pour prendre mon menton et m'obligea à le regarder. Je lui jetais le regard le plus furieux que je pouvais. Je ne lui laisserai pas le plaisir de voir la peur la panique et l'amour que je lui portais. Il en était hors de question. Pourtant je ne pus contenir les larmes qui se mirent à couler toutes seules. Je ne l'avais jamais vu aussi en colère contre moi. Jamais il n'en était venu à me faire mal. J'avais peur, j'étais paniqué et je ne pouvais plus rien contenir, ni contrôler.

- Je… Je tiens à toi bien plus que tu ne pourrais l'imaginer, me dit-il d'une voix brisée. Alors oui je culpabilise parce que je t'ai fait mal. Oui je culpabilise parce que je sais très bien le mal que ça fait d'entendre ça. Mais jamais je ne pourrais avoir pitié de toi. Es ce que tu comprends?

J'explosais en sanglots. Je ne savais plus où j'en étais. Je ne savais plus ce que je ressentais. J'étais fatiguée de ressentir autant d'émotions différentes lorsqu'il était dans les parages je voulais en finir au plus vite pour pouvoir m'écrouler définitivement. Mais rien ne se passa comme prévu. Je le sentis me prendre dans ses bras et me serrer contre lui. Je pleurais de plus belle en m'accrochant à lui comme une noyée à bouée.

- Je… Je suis désolé chuchota-t-il à mon oreille. Mais je ne vais pas partir… Je ne peux pas… Je ne veux pas… me dit-il me serrant de plus en plus fort. Je … Je tiens trop à toi pour te laisser sortir de ma vie à cause d'une connerie ! Alors… déteste-moi si tu veux, mais je ne partirais pas d'ici…

La fin de sa phrase était presque inaudible mais sa bouche étant collée à mon oreille je réussi à l'entendre. A ce moment-là je me reculais légèrement de lui pour pouvoir plonger dans son regard. J'en eu le souffle coupé. Je ne l'avais jamais vu comme ça. Une douleur indescriptible brillait dans ses yeux, et ils me suppliaient réellement de ne pas le sortir de ma vie. Il semblait complètement perdu, autant que je l'étais. Cette image de lui était tellement différente de toutes les facettes que j'avais pu voir de lui. J'avais l'impression de pouvoir voir au plus profond de lui-même. J'avais même l'impression qu'il m'y attirait pour que je puisse lire en lui tout ce qu'il ne pouvait pas me dire. De tous ces mots qui restaient coincé au fond de lui car il n'avait pas l'habitude de les exprimer. Je pouvais brusquement voir tout l'attachement qu'il ressentait pour moi presque aussi violent que le mien, la douleur qu'il avait eus lorsqu'il avait lu dans mes yeux la haine que j'avais pour lui. La rage et la haine faisait un mélange opaque avec la culpabilité et la douleur, et je sentis mes propres sentiments se mélanger aux siens. Je pouvais ressentir exactement ce qu'il ressentait comme si cela était mes propres émotions. Mon empathie était développée à son maximum et j'étais à fleur de peau.

Peu à peu mes barrières cédèrent et je me mis à sangloter comme une perdue dans ses bras me laissant glisser doucement à terre. Ces paroles faisaient horriblement écho à ce que je ressentais. Je l'aimais tellement fort que cela me faisait mal. Il était désormais impossible de me contenir. Je laissais donc sortir cette rage, cette peine à travers mes larmes. Je pleurais pour deux, mélangeant mes sentiments et les siens, puisque je savais que jamais il ne lâcherait une seule larme devant moi.

Castiel me laissa lui pleurer dessus sans rechigner et je restais dans ses bras à même le sol sans desserrer mes points qui étaient comme cousue à son tee-shirt. Pourquoi m'avait-il trahi ? Et pourquoi par-dessus tout le fait d'avoir perdu toute confiance en lui n'avait pas réduit mes sentiments à néant… Au final ce n'était pas lui que je détestais c'était moi-même. Je ne pouvais pas continuer cette relation si i n'y avait plus de confiance entre nous quel que soit ses sentiments envers moi. Mais cette relation m'était aussi vitale que l'air que je respirais… J'étais dans une impasse et je devais être celle qui tuerait notre relation alors que ni l'un ni l'autre n'en avait l'envie.

- Pourquoi ? lui demandais-je en me calmant un peu. Comment savait-elle ce genre de choses ?

-Elle a surpris une de nos conversations téléphoniques…

Je fronçais les sourcils et me reculais légèrement pour pouvoir voir son visage. Il avait l'air sincère.

- Quand ?

- L'année dernière alors que tu m'avais appelé un soir. Elle dormait à la maison. Enfin j'ai cru qu'elle dormait mais…

Il laissa sa phrase en suspens. Il n'avait pas besoin de la finir pour que je comprenne ce que cela impliquait. Je le vis contracter sa mâchoire et il détourna les yeux. Je le sentis se reculer légèrement et je raffermissais automatiquement ma prise sur lui. Il dût le sentir puisqu'il tourna à nouveau son regard vers moi étonné. Il eut un petit sourire en coin et je le fusillais du regard.

- Je t'ai vu avoir peur avant qu'elle ne le dise… dis-je dans un souffle me rappelant certains détail de la soirée que j'avais effacé jusqu'à lors de ma mémoire

- Parce que je savais qu'elle avait entendu. Elle me l'avait dit un jour lorsque… Lorsque nous avions rompu la première fois…

-Alors tu… Pourquoi ?

J''étais de nouveau perdue. J'étais sure qu'il culpabilisait, je l'avais vu dans ces yeux. J'étais sûre que c'était de la culpabilité… Mais pourquoi ? Il sembla comprendre sans que j'ai à formaliser mes pensée.

- Je… J'aurais dû l'arrêter quand je pouvais, dit-il en grinçant des dents

Pour un peu, j'en aurais ri de soulagement. Il ne culpabilisait pas de m'avoir trahie mais juste de ne pas avoir pu me protégé à temps. Cet apaisement qui m'irradiait d'un seul coup eu le mérite de calmer un peu plus mes sanglots. J'étais infiniment allégée par cette révélation comme si un poids venait de quitter mes épaules. Si Eléonore l'avait entendu il ne lui avait pas dit… Il ne m'avait donc pas trahie. Mon cœur fit un embardé violent et cogna dans ma poitrine comme un roulement de tambour. Etait-il possible que je n'ai pas rêvé cette amitié ? Qu'elle compte autant pour lui que pour moi? Que je n'ai pas à choisir entre m'arracher le bras ou le cœur ? Je sentais un espoir fou envahir tout mon corps. Au final c'était Eléonore qui avait juste tournée la situation à son avantage… J'avais d'un seul coup envie de la trouver pour finir ce que j'aurais dû faire lorsqu'elle était venue au lycée. C'est-à-dire lui arraché les yeux et lui faire gouter le bitume.

Toute la pression retombait d'un seul coup. La tristesse et la peine s'était envolée. Je ne sentais plus que la fatigue et la joie d'avoir Castiel contre moi à l'instant même. Il décrocha doucement mes mains de son tee-shirt et les garda serrées dans les siennes pendant un instant. Il essaya de capter à nouveau mon regard et essuya les quelques larmes qui perlaient encore à mes yeux. Je lui fis un petit sourire qu'il caressa du bout des doigts. Je me perdais dans ses yeux et la multitude d'émotion qui y était encore.

- J'ai vraiment cru qu'avec ta tête de mule, j'arriverai jamais à te faire entendre que tu avais encore tord et que j'avais encore et toujours raison… dit-il avec un rire bref.

Je le sentais encore peu sûr de lui. Comme s'il se remettait doucement d'une belle frayeur. Je décidais de rentrer dans son jeu pour alléger un peu l'atmosphère encore un peu tendue.

- J'ai eu très peur d'être obligé de t'envoyer boulé ad vitam aeternam. Répondis-je sur le même ton.

- Jamais je ne t'aurais jamais laissée tranquille, tu sais ça ?

- C'était plus ou moins ce que j'avais imaginé… riais-je

Mon cœur battait de plus en plus furieusement à ma poitrine. Voir Castiel si proche me mettais dans un état incroyable. J'étais encore chamboulée par toutes les dernières émotions qui m'avaient traversée. Je pouvais sentir son odeur qui emplissait mes poumons, caresser son visage si doux. Je réfléchissais à peine à ce que je faisais me lançais porter par l'instant. J'avais terriblement envie de l'embrasser mais ce n'était pas vraiment le bon moment. Pourtant j'avançais doucement mon visage vers lui et collait mon front au sien lui laissant la possibilité de se reculer mais il ne fit rien et ferma les yeux. Nos respirations étaient toutes les deux erratiques. Je devais garder le contrôle de moi-même.

- Il faut… Il faut que je comprenne pour Eléonore… Pourquoi… as-tu rompu ? demandais-je en me reculant légèrement.

-Parce que notre relation ne menait à rien, me répondit-il en détournant le regard.

- Comment ça ?

Il ne répondit pas à nouveau, regardant ailleurs. J'avançais une main vers sa joue et je tournais doucement son visage vers moi. A nouveau nos yeux s'accrochèrent et j'eu encore cette envie d'envoyer balader Eléonore et tous les problèmes qu'elle avait causé et l'embrasser sur le champ. Je ne bougeais pourtant pas, attendant qu'il trouve les mots pour me dire ce qu'il ressentait. Mais je compris qu'il cherchait une échappatoire. Je ne lui en laissais pas la possibilité. Pas cette fois.

- Castiel que représente cette fille pour toi ? J'ai vraiment besoin de savoir.

Il soupira et s'éloigna de moi. Mais avant même que j'ai eu le temps de réagir et de grogner de cet éloignement il s'adossa au mur et me pris à nouveau dans ses bras de sorte à ce que je sois dos à lui et que je me repose sur son torse. Je ne compris le rôle de la manœuvre que lorsqu'il alluma une cigarette derrière moi. Je ne pouvais absolument pas voir son expression ni ce qu'il faisait. En traduction dans le langage Castelien, ça le gênait terriblement d'aborder le sujet et il ne voulait pas que je puisse lire cette gêne chez lui. Il m'avait déjà laissé voir à l'instant un moment de faiblesse mais uniquement pour que je le crois sur parole. Sinon je n'aurais jamais eu l'occasion de le voir de la sorte… Je soupirais mais ne bougeais pas attendant qu'il se décide à parler.

- Qu'es ce que tu veux savoir, me dit-il.

- Tout, répondis-je simplement. Comment vous êtes venu à sortir ensemble jusqu'à pourquoi vous avez rompu ?

Il eut un rire bref.

- Tu n'as aucune idée pour la dernière question ? me dit-il ironique.

- Non aucune, mentis-je sans l'ombre d'un remord.

Il soupira à nouveau et tira une latte avant de l'expirer le plus doucement possible. J'étais casi sûre qu'il réfléchissait à la façon dont il allait me dire les choses…

- Bien alors ouvre bien tes oreilles parce que ça me soule déjà d'en parler je vais pas le répéter deux fois. Lorsqu'Eléonore est arrivée au lycée je ne l'ai pas calculé au départ. Elle ressemblait à Ambre et me donnait mal à la tête. Puis elle a voulu entrer dans le groupe de musique et c'est là qu'on s'est rapproché. Contrairement à ce que je pensais elle n'était pas que superficielle, nous nous trouvions pleins de point commun. J'étais attiré par elle et elle par moi. C'est comme ça que nous avons commencé à sortir ensemble. Mais elle n'avait aucune confiance en elle…

- Eléonore ? Aucune confiance en elle ? Tu plaisante là j'espère, répliquais-je clairement ironique. Je n'ai jamais vu une fille aussi imbue de sa personne…

- C'est parce que tu ne la connais pas et que tu la déteste que tu dis ça… répondit-il moqueur

- J'ai de bonnes raisons pour ça, grommelais-je.

Castiel eu un nouveau un rictus qui était à mi-chemin entre le rire et le soupir.

- Bref en plus de ça elle était jalouse, continua-t-il. Jalouse maladive et que cela m'a vite fatigué. C'est pour cela que l'on a rompu la première fois…

- Juste par jalousie ? Mais Ambre m'a dit que c'était parce que tu étais venu me voir au lieu d'aller à un de ces concerts… dis-je étonnée.

Je le sentis s'arrêter de respirer quelques secondes avant de grommeler dans sa barbe : « Mais p*tain elle ne peut pas s'occuper de ses oignons celle-ci ! » en tirant une autre latte qu'il recracha presque aussi vite.

- Castiel, tu es encore trop proche de mon oreille pour que je ne comprenne pas ce que tu grogne dans ta barbe, répliquais-je ironique.

- T'avais vraiment besoin de parler à Ambre ? grogna-t-il.

- Non mais c'est elle qui est venu m'en parler… Alors c'est vrai ? demandais-je en me décalant un peu pour voir son visage.

Je vis ses mâchoires contractées au maximum et il me jeta un regard furieux. Je me retournais aussi sec, m'appuyais contre lui et passais d'autorité son bras autour de moi. Je le sentis se détendre un peu à ce geste.

- Ouais, elle était jalouse de toi… lâcha-t-il finalement bon gré, malgré.

-Je prendrais ça comme un compliment venant d'elle. Répliquais-je. Ambre m'a aussi dit que tu t'étais pris un jolie claque devant témoin… Elle a raison pour ça aussi ?

- Putain mais qu'es ce qu'elle t'a dit encore ?! toujours à se mêler de ce qui ne la regarde pas ! cria-t-il en s'énervant à nouveau.

Je lui laissais le temps de se calmer un peu et reprenais aussi vite.

- Je sais qu'après que vous ayez rompu, elle est sortie avec Nathaniel.

Il eut à nouveau un rictus mais de dégout cette fois.

- Ouais, ils se sont mis ensemble peu de temps après que l'on ait rompu… Il lui a fait du chantage pour qu'elle se fasse virer de ce foutu lycée. ! s'exclama-t-il

- C'est faux ! m'écriais-je en me dégageant de son étreinte. Jamais Nathaniel n'aurait été capable de faire ça !

- Je les ai entendu Emilie! Cria-t-il à son tour. Il lui a dit qu'il trouverait une solution pour la faire renvoyer du lycée !

Dire que je fus surprise de sa réponse était un euphémisme. Alors comme ça c'était vraiment ce qui c'était passé ? Nathaniel avait-il vraiment fait cet affreux chantage ? Je savais qu'il était tombé amoureux d'elle mais… Je ne pouvais pas me résoudre à voir Nathaniel comme cela. Il devait y avoir une incompréhension quelque part ce n'était pas possiblement autrement. Castiel dû voir le malaise dans mes yeux puisqu'il ajouta sèchement :

- Tu comprends pourquoi je ne veux pas que tu t'approches de ce type ?

-Ecoute Castiel, il doit forcément avoir une explication… Je ne vois pas…

- Mais t'es complètement aveugle ou quoi ? Qu'es ce qu'il te faut de plus pour que tu te rendre compte que ce mec est complètement pourri !

Je le regardais avec incertitude. Je croyais ce qu'il me disait mais la haine que j'avais vue dans les yeux d'Ambre ce jour-là je n'avais pas pu l'imaginer. Et je voyais encore bien mal Eléonore jouer les victimes… Je devais calmer le jeu avant que Castiel s'énerve pour de bon.

- Ok, je te crois, assainis-je. Mais je suis sure qu'il y a eu un quiproquo…

Castiel allait de nouveau ouvrir la bouche mais je le coupais avant qu'il n'ait pu dire un seul mot.

- Et j'en parlerais avec lui ! Je ne suis pas suffisamment stupide pour me faire entourlouper comme ça.

-Ça, c'est pas sure, grogna-t-il.

Je lui lançais un regard noir et il en fit de même. Quand il s'agissait de Nathaniel, Castiel perdait toute impartialité et notion de recul. C'en était exaspérant. Encore, étant jeune je serais rentrée dans son jeu sans l'ombre d'un doute mais désormais Nathaniel était mon ami… Et le peu que j'avais découvert de lui me laissait à penser qu'il n'aurait pas pu faire du chantage à Eléonore. De plus la description de Castiel de cette fille ne collait pas du tout avec la mienne… Je devais vraiment parler avec Nathaniel. Après tout si Nathaniel était tombé amoureux d'elle c'est que au final je l'avais peut être jugée un peu vite…

- Merci de ta confiance en moi, répondis-je sèchement légèrement déçue qu'il ne me croit pas capable d'être objective. Maintenant je te conseille d'aller toi-même t'expliquer avec lui ou mieux d'aller calmer ta folle d'ex. claquais-je.

Je me levais précipitamment et il en fit presque aussitôt de même. J'étais à nouveau énervé contre lui. Qu'es ce qu'il pouvait être buté et immature! Mais alors que j'allais m'éloigner il m'agrippa la main.

- Je n'ai pas envie d'aller ailleurs qu'ici ! me répondit-il sur le même ton. Je me fiche complétement d'Eléonore ou de Nathaniel.

Je le détaillais de la tête aux pieds. Avait-il laissé entendre qu'il voulait rester avec moi ? Vu les légères rougeurs sur ses joues, je pouvais en déduire que oui c'était bien ce qu'il avait insinué. Je sentis à nouveau mon cœur s'accéléré et faire des loopings. Depuis l'arrivé d'Eléonore c'était l'une des premières fois qu'il me disait clairement qu'il voulait que l'on passe du temps ensemble. Il avait passé des semaines à m'éviter comme la peste et le fait de le voir là, chez moi, en m'assurant qu'il voulait rester ici m'emplit de joie.

- Tu as finis de me fuir ? demandais-je ironique.

- On dirait, me répondit-il avec un sourire en coin. Et puis ça fait longtemps que j'ai pas vidé ton stock de bière, dit-il en se dirigeant vers la cuisine.

Je le vais les yeux au ciel et le laissais faire. Je m'installais confortablement devant la télé. Je tombais sur un film que j'avais déjà vu, intitulé « n'oublie jamais ». C'était un de mes films préféré, je restais donc sur la chaine jusqu'à ce que Castiel revienne dans le salon.

- T'en as pas marre de regarder, toujours les mêmes films ?me demanda-t-il en se laissant tomber dans le canapé à son tour.

-Non, répondis-je simplement en cachant la télécommande sachant pertinemment qu'il allait bientôt la réclamer.

Mais il n'en fit rien et se mit à regarder le film. Je l'observais interdite, oubliant pour le coup complétement le film.

- Euh Castiel tu te sens bien ? Tu m'as toujours dis que ce film était sans intérêt…

- Oh tais toi ! Comment veux-tu que j'y trouve un intérêt si tu parles en même temps ! répliqua-t-il.

Je voyais très bien qu'il était gêné et qu'il n'était pas vraiment concentrer sur le film comme il aurait aimé me faire croire. Je continuais de le fixer essayant de deviner ce qu'il pensait. Il soupira au bout d'un moment, et attrapa un cousin, le mis sur ses genoux et posa ma tête dessus. Je me retrouvais allongée sur les genoux de mon Castiel à regarder un film qu'il était censé détester. Lorsque je tournais à nouveau la tête vers lui et que je vis ses joues encore colorées, je compris qu'il ne faisait ça que pour moi. J'eu une sourire jusqu'aux oreilles et me blottissais un peu plus contre lui. Quelques minutes plus tard il posa sa main sur ma taille et nous regardâmes ensemble le film jusqu'au bout malgré les grognements à certains moments trop niais pour monsieur. Mais cela m'amusais plus que ça me contrariais. Je me sentais tellement bien avec lui comme cela, tellement apaisée que la fatigue de la journée l'emporta sur mon bien être et je sombrais dans les bras de Morphée.

A suivre…

Et voilà je me laisse toujours emporter quand j'écris mais j'avoue que pour ce chapitre, je n'étais jamais satisfaite. J'ai dû le refaire une bon dizaine de fois -_- et c'est pareil avec le prochain…

Encore une fois les reviews ne sont pas obligatoires mais comme vous avez pu le voir plus j'ai de commentaire plus j'écris vite… (non ce n'est pas du chantage, juste une constatation :p)

Tiens un raison de plus pour vous donnez l'envie de laisser des reviews: si j'écris une scène d'amour dans cette histoire (quelque soit les personnages) préférez vous que je fasse une ellipse (genre je coupe la scène avant le moment fatidique) ou es-ce que je vais jusqu'au bout sans trop entrer dans les détails (genre pas un truc cru quoi)? Alors qu'es ce que vous préférez?