« Ce n'est pas un vrai métier. » disait le père de Fanny.
F : N'importe-quoi ! Beaucoup de gens gagnent leur vie en vendant des jeux !
Père : Tu sais combien de gens perdent leur vie en essayant de vendre des jeux ?
F : Beaucoup, mais je trouverais pourquoi et je vais m'accrocher.
Mère : Allons Fanny, ce n'est pas sérieux, tu ne voulais pas faire une école de commerce ?
F : Maman, tu sais bien que j'ai dit ça pour te faire plaisir, car tu rêvais de faire HEC.
P : Allons, ma fille. Tu t'intéresses aux jeux que depuis je t'ai acheté CraftStudio octobre dernier.
F : C'est faux Papa, j'ai toujours souhaité faire des jeux.
F : C'est juste qu'avant je rêvais.
F : Mais là j'ai confiance en moi.
Les parents de Fanny se regardèrent.
M : Fanny, c'est pour ton bien qu'on dit ça, on n'arrive pas à t'imager développeuse.
F : Alors renseignez-vous sur votre fille ! Cela vous a échappé que je savais faire des jeux ?
P : Fanny, parle-nous avec plus de respect. Contrairement à toi nous connaissons le monde professionnel.
F : Vous le connaissez tellement bien que vous faites ce que vous aviez rêvé de faire n'est-ce pas.
M : Ça suffit Fanny, va dans ta chambre.
F : Cela vous a peut-être échappé, mais je suis grande.
Fanny retourna dans sa chambre d'un pas décidé.
« Je vais faire une sieste, j'espère qu'à la fin ils se seront calmés. »
Le téléphona de Fanny sonna, son meilleur ami lui avait envoyé un message.
« Hey Fanny, comment s'est passé l'Opération Parents ? Tu as réussi à les convaincre de tes vœux d'orientations ? »
« Ce fut un misérable échec Sergent Samuel. »
Le téléphona sonna à nouveau, cette fois-ci c'était un appel.
S : Est-ce que Samuel a besoin de te remonter le moral ?
F : Ouais.
S : N'abandonne pas.
F : Facile à dire.
S : Nan mais c'est vrai, si tu continues à leur demander, ils vont finir par se rendre compte qu'ils sont contre la volonté de leur fille.
F : Sam, ça va dégrader ma relation avec mes parents.
S : Tu veux être maître de ton avenir ou faire plaisir à tes parents ?
F : En soit, ils ont peut-être raison, je vais me foirer si je décide de faire des jeux.
S : Maintenant tu as peur de te foirer ?
F : Bah, je perdrais 3 ou 4 ans.
S : Merde Fanny, tu sais bien que c'est en se foirant qu'on apprend.
S : Tu sais ce que je veux faire Fanny ? Je veux faire médecine ! Pour moi ça va être 12 ans !
S : Je trouve ça complètement ridicule que tu te plaignes pour 4 ans , d'ailleurs tu n'as pas besoin de ces 4 ans. Tu as juste besoin d'être compétente alors que moi il faut un diplôme.
F : Samuel, c'est des années potentiellement gâchées tout de même.
S : C'est ta vie que tu vas gâcher si tu passes ton temps à regretter de ne pas avoir essayé !
F : Sam.
S : Quoi ?
F : Tu pars quand ?
S : Quand tu seras d'accord avec toi-même.
F : Nan, ça c'est bon. Merci beaucoup, je suis contente de t'entendre.
F : Je parlais de ton déménagement. Tu pars bientôt ?
S : Ah oui. Dans deux semaines, le lundi précisément.
F : Tu vas de manquer. Il y aura plus personne pour manger avec moi à la cantoche.
F : On continuera à faire des jeux sur CraftStudio n'est-ce pas ?
S : Bien-sûr ! J'aurais beaucoup moins de temps qu'avant, mais je serais toujours là.
S : Tu deviendras sans doute plus compétente que moi, mais je pourrais toujours apporter de ma personne.
F : Pourquoi tu ne veux pas faire une école de jeu vidéo avec moi ?
S : Les gens malades m'appellent, Fanny. Le jeu vidéo est une de mes passions, mais ce n'est pas ma conviction.
S : Heureusement le jeu vidéo se marie à tout et a besoin de regards extérieurs.
S : L'industrie ne fait qu'exploiter un tout petit potentiel des jeux vidéos. Docteur Samuel aura sa place grâce à son point de vue nouveau.
F : Hahaha
S : Je compte sur toi pour devenir la meilleure développeuse.
S : Et ensemble, on améliora la vie sur terre par le jeu.
F : arrêtes un peu de faire ton poète.
Il était mi-juin. Fanny regarda la date affichée sur sa montre. C'était son anniversaire. Elle savait qu'elle allait retrouver ses parents une fois à la maison. Ses anniversaires n'étaient jamais très captivants, elle n'a jamais invité d'amis, elle en n'avait pas. Sauf cette année, mais Samuel était déjà trop loin.
Étrangement à cet anniversaire, il y avait deux cadeaux : en plus de celui des parents, il y avait une autre boîte. Elle était emballée avec un papier arborant des cubes verts, bleus, et rouges, il n'y avait aucun doute sur son origine.
« On l'a reçu par la poste, ça vient de ton ami. » lui dit sa mère.
Évidemment, c'était ce cadeau que Fanny ouvrit en premier. Qu'est-ce qui était contenu dans le cadeau au motif CraftStudio ?
C'était une broche. Elle représentait le vaisseau mère ennemi dans Galaxian. Fanny la mit de suite, elle était magnifique. C'était le genre de cadeaux personnalisé qu'elle aimait beaucoup. Pour elle, c'était le symbole qu'elle avait le pouvoir de créer des jeux.
Il y avait autre chose dans la boîte.
« Oh, mais c'est Samuel ! »
Fanny tenait entre ses mains un de ses plus beaux modèles. Son ami avait fait appel à un service d'impression 3D pour le matérialiser. Fanny posa la statuette sur sa table de nuit. Elle était reconnaissante à CraftStudio de lui avoir apporté un ami.
Son père glissa à son oreille : « Il te reste un cadeau Fanny. »
Fanny avait oublié le cadeau de ses parents, mais l'emballage indiquait qu'il était tout fin, ce qui éveilla sa curiosité. Elle l'ouvrit.
C'était un papier qui confirmait son inscription à une école de jeux vidéo.
Fanny sauta de joie.
« Fanny, avec ton père on s'est dit que si tu avais trouvé ton petit ami on faisant des jeux, alors on avait tort de t'empêcher de faire ce qui te rendait heureuse. »
Son père ajouta « Il nous a montré tout ce que tu savais faire. J'ignorais que j'avais une fille aussi douée. »
Fanny se jeta dans les bras de ses parents.
