Dernier chapitre! J'espère qu'il sera à la hauteur de vos espérances!
Dimanche avait trainé en longueur pour Aaron Hotchner. Il avait passé la journée entière à s'engueuler avec lui-même, pour savoir s'il fallait aller chez Emily et s'excuser ou non. Il voulait le faire, mais il ne pouvait pas se résoudre à le faire. Il savait qu'il ne ferait qu'empirer les choses, car il pensait toujours qu'ils ne devraient pas parler de leur relation à l'équipe.
Il rentra donc à la maison et passa le reste de la fin de semaine à répondre aux questions de son fils, à propos de pourquoi Emily n'était pas restée pour une autre 'soirée pyjama' et quand il la reverrait.
Quand finalement Dimanche soir arriva, Hotch aida Jack à prendre un bain, avant de le mettre au lit et de l'embrasser en guise de bonne nuit.
« Bonne nuit, Champion. »
« Bonne nuit, Papa. » Le petit garçon sourit sans enthousiasme à son père.
Les sourcils d'Aaron se froncèrent. « Qu'est-ce qui ne va pas Jack ? »
« Emily me manque. » Répondit l'enfant. Il tira son fils dans une forte étreinte. « Moi aussi, champion. Moi aussi. »
Hotch se réveilla le lundi matin, heureux parce qu'il allait enfin pouvoir la revoir, après un jour loin d'elle qui lui avait semblé être toute une vie.
Après avoir déposé Jack chez Jessica avec ses affaires d'école, il fit son chemin jusqu'au travail.
Le chef d'unité commença un dossier sur son bureau, détournant le regard dès qu'il entendait le moindre mouvement dans l'espace commun de travail. Rossi fut le membre suivant de l'équipe à arriver. Le vieux profiler donna un signe de tête à son ami, comme salut, avant de faire son chemin jusqu'à son propre bureau pour commencer certains travaux.
Hotch n'arrivait pas à se concentrer sur la paperasse devant lui, ramenant constamment son regard à l'espace de travail, attendant avec impatience son arrivée. Il devait la voir. Même si elle refusait de le regarder ou de lui parler de toute la journée, il voulait juste la voir une nouvelle fois.
Après avoir jeté un coup d'œil vers le bas pour la centième fois., il repéra Emily Prentiss qui tourna au coin et traversa l'espace de travail avec la tête baissée.
Il la fixa intensément, priant pour qu'elle lève le regard vers lui, espérant qu'elle lui lancerait un sourire magnifique, elle lui avait manqué hier, plus qu'il ne le pensait possible.
Mais quand la magnifique brunette risqua éventuellement un regard dans sa direction, il aurait aimé qu'elle garde la tête baissée. Même d'aussi loin il put voir la tristesse dans ses yeux, la douleur et la peine, qui s'exprimaient à travers ses traits. La douleur et la peine qu'il avait causées.
Hotch continua de regarder Emily alors qu'elle s'installait à son bureau. Il nota le sourire qu'elle força sur son visage quand Morgan et Reid entrèrent et la saluèrent. Il nota la manière dont elle essaya presque désespérément de rire quand Morgan commença son habituelle session de 'je -taquine- Reid'
Il se concentra ensuite sur Morgan et Reid. Ils pouvaient dire que quelque chose n'allait pas avec leur amie.
Il fut témoin du regard que les deux envoyèrent à JJ, quand l'agent de liaison approcha du petit groupe, lui faisant savoir silencieusement que leur amie était bouleversée.
Ses yeux suivirent Morgan tandis qu'il détalait, revenant bientôt avec Penelope Garcia, une tentative évidente de remonter le moral d'Emily.
Mais Aaron savait que ça n'aiderait pas. Il était le seul qui pouvait rendre les choses meilleures, mais il était maudit si elle savait comment.
Il lui offrit un petit sourire alors qu'il voyait l'équipe essayer de faire sourire Emily. Tous se souciaient tant d'elle et aucun d'entre eux ne savait que c'était de sa faute.
David Rossi arriva à grands pas déterminés dans le bureau du chef d'unité. « Mais qu'est-ce que tu as fait ? »
Ok, donc peut-être qu'un d'entre eux savait. Hotch lança un regard à son ami, incertain de quoi répondre.
« Ne fais pas la gueule avec moi, Aaron. » Cracha Dave. « Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu n'es pas la raison pour laquelle Emily est bouleversée. » Rossi prit le silence de Hotch comme une confirmation que ses soupçons étaient corrects. « Pourquoi Aaron ? Tu étais heureux. Elle était heureuse. » Il sembla incapable de comprendre pourquoi cela avait pu se produire. « Tu te détestes tant que ça, que tu ruines la meilleure chose qui te soit arrivée depuis très longtemps ? »
« Je… »
« Non, tu sais quoi, je ne veux pas l'entendre. » Le coupa Dave. « Répare ça. »
A ces mots, le profiler plus âgé sortit furieux, en laissant Aaron seul dans ses pensées. Regardant en bas dans l'espace de travail, il remarqua qu'Emily avait réussi à convaincre les autres de la laisser tranquille pour l'instant.
Au fil de la journée, Hotch n'avait presque rien fait du tout, entre regarder Emily en bas et essayer de trouver une idée sur la façon de se racheter. Après qu'il l'ait vu décliner l'offre de déjeuner de Morgan et Reid, il saisit l'occasion de lui parler tandis que les alentours étaient dégagés.
« Emily… » Il ne pouvait pas penser à quoi dire d'autre. Beaucoup trop d'excuses avaient traversé son esprit dans son bureau, mais maintenant qu'il était en face d'elle rien ne vint à son esprit. « Emily je… » Il s'arrêta une nouvelle fois.
« Puis-je vous aider avec quelque chose, monsieur ? » Demanda Prentiss platement, sans lever les yeux de la paperasse.
« Pas ça. »
« Pas quoi, Hotch ? »
« Pas de… Monsieur avec moi. »
« Désolée, je suppose que j'ai l'habitude de vous appeler comme ça. » Elle lui recracha ses propres mots.
« Emily… »
« Je pensais que c'était ce que vous vouliez. »
« Ce que je voulais ? » Demanda-t-il, l'air confus. « Je te veux. »
« Et bien vous avez une drôle de façon de le montrer. »
« Tu as manqué à Jack hier. Il… »
« Ne t'avise pas de faire ça, Hotch ! » Le coupa Emily, en levant finalement son regard du travail en face d'elle, pour fixer l'agent qui se tenait devant elle. « N'utilise pas ton fils contre moi. »
« Je suis désolé. » Aaron plaça une main sur l'épaule d'Emily. « Je sais que j'ai merdé. Je veux juste arranger les choses entre nous. »
« Peut-être que tu ne devrais pas me toucher, Monsieur. Quelqu'un pourrait nous voir. »
« Tu sais quoi, je m'en fou. » Lui dit-il.
« Ce n'est pas ce que tu disais samedi. »
« Oubli ce que j'a dit samedi. Il y avait une raison pour que David Rossi m'arrange des rendez-vous. Je suis nul pour ces histoires de rendez-vous. Je n'ai aucune idée de comment parler aux femmes et je dis toujours les mauvaises choses. Emily, tu n'as aucune idée de combien tu m'as manqué hier. Je m'en fou que ça paraisse fou mais pour une raison ou une autre je ne peux pas passer un seul jour sans toi sans devenir fou. J'ai juste besoin de toi pour être heureux. Je veux que nous soyons heureux. Si tu veux de moi aussi, je vais dans le bureau de Strauss immédiatement et lui dit combien je t'aime. »
Les yeux d'Emily s'écarquillèrent à sa confession. « Tu m'aimes ? »
L'expression de Hotch correspondait à celle d'Emily quand il réalisa ce qu'il venait de laisser échapper. Il réfléchit à ces choses dans sa tête avant de lui offrir un doux sourire. « Oui, je t'aime. » Il pressa un léger baiser sur son front, se réjouissant que le premier sourire de la journée se répande sur son visage. « Maintenant, veux-tu que j'aille le dire à Strauss ? »
« Non. »
« Oh merci seigneur. » Hotch lâcha un long soupire.
La profileuse gloussa doucement, se tournant totalement pour lui faire face. « Tu le penses vraiment ? Tu m'aimes ? »
« Oui. » Admit-il. « Je sais que c'est probablement un peu tôt dans notre relation pour confesser ça. Mais c'est sorti maintenant, je suppose. »
« Donc ce n'est pas juste du sexe pour toi ? »
Hotch tressaillit, un peu blessé par sa question. « Allez Emily. Tu ne peux pas vraiment croire que je le pensais. Tu as une si piètre opinion de moi ? »
« Non ». Elle admit, tendant le bas pour attraper son bras quand il commença à se reculer d'elle. « Non, je suis désolée. Je sais que j'ai surréagis un peu. J'étais juste inquiète que tu ne tiennes pas à moi de la même façon que je tiens à toi. Je savais que je tombais amoureuse de toi et de ton adorable fils, et je tombais amoureuse rapidement. Donc quand tu as semblé embarrassé d'être avec moi et que tu as fait référence à notre relation comme celle d'un patron et sa subordonnée ayant du sexe, et alors, et au top de tout ça, tu m'as appelé 'Prentiss'. » Elle s'arrêta pendant un bref moment avant de continuer. « Je ne sais pas. Ça fait mal. »
« Je sais. » Aaron attrapa sa main et la serra légèrement. « Je suis désolé. Je travaille sur ça. As-tu remarqué que je ne t'ai pas appelé 'Prentiss' une fois aujourd'hui ? »
« J'ai remarqué en fait. » Elle lui fit un grand sourire. « Je suis très impressionnée. »
Il lui fit un clin d'œil, flashant ses magnifiques fossettes.
Emily s'écarta rapidement de Hotch quand elle repéra JJ et Garcia se dirigeant dans leur direction. « Merci de m'avoir aidé avec ce dossier, monsieur. »
Les sourcils de Hotch se froncèrent de confusion jusqu'à ce qu'il remarque les autres membres de son équipe près du bureau d'Emily. « Pas de problème, chérie. Quand tu veux. »
Les yeux d'Emily s'écarquillèrent à l'utilisation de ce surnom affectueux qu'il utilisait devant leurs collègues. « Aaron, je croyais… »
Il la fit taire d'un baiser, gagnant un cri de surprise des trois femmes. « Quoi ? Un mec ne peut pas changer d'avis ? »
« Oh. Mon. Dieu ! » Lâcha Garcia, sa mâchoire touchant pratiquement le sol. L'analyste technique se tourna vers la femme à ses côtés. « Tu le savais ? »
« J'avais des doutes. » JJ répondit, souriant aux deux bruns devant elle. « Surtout après un étrange coup de téléphone l'autre semaine– concernant la taille de robe pour Emily, pour une opération sous couverture qui n'était pas encore arrivé sur mon bureau. » La blonde sourit à son boss.
« Oh, j'avais oublié de t'informer. » Hotch répondit stoïquement. « Cette opération n'a plus lieu d'être. »
Emily JJ et Pénélope rirent à voix haute à la tentative ratée de leur patron de couvrir sa récente malhonnêteté.
« Attend, il t'a acheté des robes ? » s'exclama Garcia incrédule, en fixant bêtement son amie aux cheveux corbeau. « Depuis quand ça dure exactement ? »
« Pas longtemps du tout. » Répliqua -t-elle en souriant. « En fait, il m'a acheté la robe avant même qu'on ait eu de premier rendez-vous. »
JJ et Penelope continuèrent à questionner Emily sur chaque détail des dernières semaines et peu de temps après Hotch renonça à protester pour qu'ils retournent au travail et remonta dans son bureau, ce qui lui valut l'approbation de Dave en cours de route.
Aaron fut témoin, un moment plus tard, de Garcia annonçant la nouvelle à Morgan et Reid dès leur retour du déjeuner. Ses lèvres se soulevèrent en voyant les expressions heureuses que les profileurs offraient à Emily. Il laissa échapper un léger rire en voyant les yeux d'Emily se lever au ciel, car Morgan avait, sans aucun doute, commencé à la taquiner.
Elle avait raison, bien sûr. Aucun membre de l'équipe n'allait pas les juger pour leurs sentiments. Ils étaient tous tellement heureux pour eux. Il savait maintenant pour sûr que c'était tout ce qu'il voulait. Emily Prentiss. Elle était sienne, pour le montrer au monde entier. Et bien, dans son équipe en tout cas. Il avait confiance qu'aucun d'entre eux n'irait plus loin dans les informations et il devait juste espérer qu'ils pourraient être loin de Strauss aussi longtemps que possible. Mais si elle l'apprenait, ça vaudrait le coup. Il fallait que ça en vaille la peine, pour Emily. Ils feraient face à cet obstacle, si et quand il arrivera.
Le chef d'unité sortit de ses pensées, au son de son portable. Il baissa le regard sur l'espace de travail commun, en voyant que le message était d'Emily et en remarquant que le reste de l'équipe était tous retourné au travail.
'Donc, si nous n'avons pas d'affaire vendredi… moi, toi, Jack, diner ?'
Hotch sourit à ce message, avant de taper sa réponse.
'Je ne suis pas sûr, je considérais de demander à Martin d'aller diner. Peut-être que je garde des options ouvertes.'
Il vit Emily rire de tout son cœur à son bureau, lui souriant, avant de reporter son attention sur son portable.
' Qui est au courant que le chef d'unité Aaron Hotchner a un tel sens de l'humour ?'
'Je te l'ai déjà dit, je ne peux laisser personne voir cette facette de moi. Ça ruinerait ma réputation. Plus, qui a dit que je plaisantais ?'
'Haha, très drôle, Aaron. Puis-je au moins surveiller Jack, pendant que Martin et toi alliez à ton rendez-vous ? En toute honnêteté, il est mon Hotchner préféré.'
Aaron sourit légèrement à ça, avant de se souvenir ce qui arrivait ce week end.
'En fait Emily, blagues mises à part, les parents de Jessica viennent la voir vendredi et restent le week end. J'ai promis à Jessica qu'elle pourrait garder Jack ce vendredi soir pour qu'il puisse passer du temps avec ses grands-parents. Et j'irai le chercher samedi après-midi.'
'Oh, et bien nous pouvons faire notre vendredi soir le samedi ce week end si tu préfères ?'
'On pourrait… Ou je peux t'inviter à sortir vendredi, au nouveau restaurant grec sur Savile Wlak, je sais que tu voulais l'essayer ? Et puis nous pourrions même aller voir un film qui n'est pas l'un de ceux de la collection de Jack ?'
'Tu sais quoi, Agent Hotchner ? Tu n'es pas aussi mauvais en rancard que tu ne le penses.'
Hotch eut un rire à ce message.
'Donc c'est un rancard ?'
'C'est un rancard à une condition…'
'Tu l'as dit.'
'On ira chez toi après, boire un peu de vin qu'on ne le devrait et discuter de ton rendez-vous.'
'Bien sûr, c'est notre tradition. Ça ne va pas s'arrêter maintenant, juste parce que c'est toi avec qui j'ai un rendez-vous.'
'Donc c'est un deal ?'
'Je ne vois pas comment je préférais passer mon vendredi.'
Et il le pensait. Passer son temps assis sur le canapé, discutant et riant avec Emily Prentiss un vendredi soir était devenu un temps fort de sa vie. Peu importe le peu ou l'avancement de sa relation avec elle, il savait qu'il garderait toujours un souvenir impérissable de cette époque.
Son téléphone sonna une fois de plus.
'Es-tu sûr de cette affirmation Aaron ? Je veux dire, nous aurons l'appartement pour nous après tout… -)'
Son regard plein de désir rencontra instantanément le sien dans l'espace de travail. Bien sûr, il avait plein d'autres souvenirs qu'il allait précieusement garder. A ce point, il était sûr de la suite.
