Salut à tous ! Comment allez-vous ? :D

Avant de me lancer dans de longs blablatages au sujet de ce nouveau chapitre je tiens à m'excuser au sujet d'une erreur commise dans le dernier..j'ai dit qu'on se retrouverai dans la note de fin et j'ai oublié de la copier/coller depuis mon document :'( J'ai honte " Pardon ! *se jette à plat ventre devant vous tous* Du coup y a vraiment que de la surprise pour ce nouveau chapitre comme j'ai oublié de mettre la notre de fin xD

Donc dans ce chapitre..*se retient de faire un résumé* Je..vais juste vous dire que..il est long. Ah nan, j'y arrive pas ! Je me suis éclatée sur ce chapitre ! J'ai fait un total mélange d'humour et de drame ! Un peu d'action en plus (la vengeance de Raj) et d'ailleurs je voulais vraiment le faire bien plus long ce chapitre mais à un moment je suis dit, "stop..tu t'éclates certes, mais c'est UN chapitre qu'on te demande de poster par une composition linguistique !" Alors j'ai farfouillé parmi les paragraphes qui me semblaient faire une bonne fin..et j'ai fait "cut" ! Du coup, le prochain chapitre a un peu d'avance mais je vais devoir modifier le début histoire de donner un effet de transition plus fluide. Bref, on en est pas là xD

En-soi, ce chapitre est porteur d'informations que j'appelle "techniques", c'est a dire vont venir ajouter des éléments à l'histoire sans pour autant faire réellement avancer le scénario. Les informations que j'appelle "scénaristiques" sont ceux que vous avez pu lire au sujet d'Alec/Gabriel + ses ailes ! Le reste, c'est un peu les épices qu'on ajoute dans un plat pour lui donner du goût et ne pas servir le plat tel quel ! C'est pour ça que j'ai pu travailler un peu plus l'histoire des personnages dans ce chapitre. Notamment Jace/Clary/Jocelyne et beaucoup Magnus assez mis en avant dans ce chapitre, pas uniquement avec les points de vus externes/internes mais surtout au sujet de sa propre histoire à lui.

Bon, je vois que je commence à trop en dire, pitié aidez-moi à me calmer sur les résumés xD Passons donc aux remerciements :

Soreiyu

Cywen

Magalie

lil'brownies

ylena

CaptMalec

Tobie-Manga-Fiction

Chrome-chan96

Ekana

NiallerGirl1D

Lulu

Sissi1789

Darknesscoming

Colyne59

Cindy10000

S Stilinski22

SunWings

UneAmeVagabonde

becca015

malecxstalia

Mereryan

MyBeautifulDream

DomoNyan

Vaalgus

Le petite .ange28

Methenniel Thalionwen

Saya-chan1445

Arahila

Ylo

Ariane

hachiko97412

marco29830

Foolbeloved

ThePrincessokatz

dwspike

Lumoonwalker

lily2206

tkawaiii2013

KlainerPotterhead

Petit LuntinRose

rarastyles

youyoulita

Eihpos taro

Emeraude-san

CrazyChamalow

Foolbeloved

WarlockTumie

lagrossepo

Marjo76

shainaMeyJr

Rinkanaku

justelaura

Emiemy

Nounoursdu84

Kajol Malfoy

sakura-okasan

lyse fournel

Losas

Alesia love Archer

jalanna

Flayra

bloom night

sosso996

Emerald key

Mai chii

Promis, on se revoit réellement en note de fin cette fois ! :D Bonne lecture à vous tous, la famille Malec s'est encore beaucoup agrandi et j'en suis plus que comblée ! Je vous adore très fort et vous remercie pour votre soutien :)


Chapitre 11: Chasse et contrat

Un bruit, ressemblant à du papier que l'on froisse, se fit entendre dans la chambre du Grand Sorcier de Brooklyn. Ce dernier eut la sensation que ce bruit était bien extérieur au rêve qu'il faisait. Sa conscience s'éveilla peu à peu ainsi que le reste de son corps dont les bras s'étirèrent par automatisme. Il frissonna en sentant l'air frais de sa chambre et se lova plus confortablement sous la couverture. Je vais devoir songer à en ajouter une autre bientôt.. Se dit-il en sachant que l'hiver arrivait à grand pas. Cependant, en se faufilant sous le tissu, sa peau entra en contacte avec quelque chose de tiède. Il ouvrit un œil et vit le visage d'Alec, endormi, niché dans l'un des oreillers du sorcier. Il sourit comme un bienheureux en se remémorant la soirée qu'ils avaient passé. Du moins, les événements de la fin le firent sourire..le reste.. Ses yeux se plissèrent accentuant son air pensif. Il n'arrivait guère à se retirer de la tête le baiser que vola Michaël à son Nephilim. Magnus ne ressentait aucune animosité envers ce dernier, bien au contraire puisqu'il s'était promis, dorénavant, de laisser Alec agir à sa guise. Et ceci paya, puisque le brun lui avait clairement avoué qu'il ne désirait se rapprocher d'aucune autre personne à part lui.

Délicatement, il dégagea le visage d'Alec en écartant les mèches de cheveux rebelles devant son nez et ses yeux. Enfin, son cadet passa une vraie nuit. Il eut l'impression qu'aucune vision de le dérangeât tant les traits de son visage parurent paisibles.

S'apprêtant à se rendormir près du corps de son cadet, les bruits qui le réveillèrent plus tôt se firent encore une fois entendre. Le demi-démon dressa une oreille afin de mieux écouter. Puis, ayant un doute sur le coupable qui fit tout ce remue-ménage, il prit appui sur ses coudes pour apercevoir son chat, allias : Président Miaou, en train déchiqueter du papier du côté où dormait Alec.

-Tu t'absentes pendants des jours, et te voilà aussi sauvage qu'un lion. Où te cachais-tu encore ? Chuchota le sorcier. Le chat posa son attention tout juste deux secondes sur son maître puis se roula en boule sur le dos tout en attaquant le cadavre du papier avec ses pattes arrières.

-Hn.. grogna faiblement le corps à la tignasse brune qui se mit à tâter près de lui, semblant être à la recherche de quelque chose.

-Je t'ai réveillé ? Susurra Magnus qui passa un bras par dessus le corps d'Alec afin de le surplomber en douceur. Un petit sourire lui répondit, alors que deux orbes bleus décidèrent enfin à se détacher de leurs paupières.

-C'est quoi ce bruit ? Murmura t-il, la voix éraillée par le réveil encore trop juste et l'air dans le brouillard.

-Mon chat. J'ignore ce que cette feuille de papier lui a fait mais il a l'air rancunier !

Alec sourit, amusé, puis passa un coup d'œil par dessus son épaule pour apercevoir le chat qui venait de grimper sur le lit.

-Hé, bonhomme.. comment s'appelle t-il ?

-Président Miaou. Lâcha Magnus qui souleva son chat d'une main. L'animal semblait encore bien petit et ses grands yeux dorés ne s'en détachaient que d'autant plus, au contraste de sa fourrure blanche tigré de gris.

-Un nom exceptionnel pour l'animal de compagnie d'un homme..exceptionnel.

-J'ignore pourquoi, mais j'ai l'impression que cela sonnait plus comme de la moquerie que de la flatterie. Bougonna le sorcier portant toujours le chat qui se débattait : Mais qu'est-ce que t'as ?

Le chat s'extirpa de sa prise en guise de réponse, et vint curieusement s'approcher du Nephilim qui tendit sa main afin de se laisser renifler par le chat qui passait en mode identification. Une fois le contrôle fini, Président Miaou se fit une joie de venir se blottir contre le menton d'Alec, après avoir grimper sur son torse.

-Ingrat, as-tu oublié qui te nourrit ? Se plaignit son maître.

Câlinant son nez contre le tête du chat, Alec savoura la douceur du pelage. A la vue de cette scène, Magnus ne sut réellement lequel des deux ronronnait. Mais au fur et à mesure que le chat accaparait toute l'attention de son Nephilim, le sorcier se sentit quelque peu délaissé. Bien décidé à récupérer cette attention perdue, il se dressa au dessus d'Alec, les bras encadrant sa tête et vint déposer de multiples baisers sur son visage avant de capturer avidement sa bouche. Le chat resta allongé sous le menton du demi-ange -qui gloussait nerveusement face à la jalousie de son aîné- et semblait bien décidé à ne plus bouger.

-Tu te ris de moi. Chouina l'aîné.

-Je suis tiraillé entre le ridicule et la tendresse de te voir si adorable.. Rit Alec, une main devant sa bouche afin de cacher au mieux son sourire.

-Hn..grogna le sorcier en venant frotter amoureusement non nez contre celui du brun : Bien dormi ? Questionna t-il, l'air inquiet.

Alec caressa du revers de sa main sa joue afin de le réconforter.

-Oui.

-Et ton dos ?

-J'ai un peu peur de bouger..je suis bien calé. Je te dirai cela une fois debout.

-Non, reste au lit je vais nous chercher du café. S'enquit Magnus qui embrassa, et son cadet, et son chat avant sortir du lit. Au passage, il ramassa les bêtises de ce dernier.

-D'accord, mais tu vas l'acheter au camion !

Magnus leva les yeux au ciel et se mit à lire sans grand intérêt les bribes de textes encore visibles sur les différents morceaux.

-Chéri, ce papier était à toi ? Magnus reconnut la signature d'Aldertree après avoir déjà reçu un message de sa part, lui demandant de secourir Alec. Curieux, le demi-ange se roula sur le ventre après avoir gentiment pousser le chat qui grimpa sur ses fesses. Alec reconnut alors la lettre qu'il devait remettre au Grand Sorcier de Brooklyn.

-Par l'Ange, dis moi que ce n'est pas vrai !

-Elle a dû tomber pendant qu'on se déshabillait. Fit Magnus qui étala sur le sol les restes de la lettre : Je vois mon nom. C'était pour moi ?

-O-oui. Baragouina Alec qui enfouit son visage exaspéré - par sa négligence - sous la couette. Aldertree tenait à te voir à l'institut aujourd'hui..mais le motif était contenu dans cette lettre criblée de trous.

Tel un fier combattant, Président Miaou sauta sur les morceaux jonchant au sol et miaula. Magnus leva les yeux au ciel, puis sourit malgré lui en sentant son chat se frotter contre sa jambe.

-On dira que tu l'as perdu en cours de route..Tu sais, je ne serais pas étonné qu'il désire simplement me « sermonner » pour le manque de self-control que j'ai eu pendant ton coma. Après tout..je t'ai fait quitter l'institut sans son accord, c'est comme un kidnapping ! Puis il y a Raj.. Sourit-il aussi fier que son chat qui revint sur le lit, auprès du demi-ange qui décida d'extirper sa frimousse de sous la couverture.

-Je doute qu'il te fasse quoi que ce soit. Lâcha froidement Alec.

Assis sur les genoux, Alec se tenait le dos bien droit, le corps nu et pâle contrastant avec sa chevelure noire ébouriffée et sa beauté rappelait à son aîné, celle des sauvages tulipes frisées noires. Son regard sembla se perdre dans ses pensées, mais les striées d'éclats blancs dans le bleu de ses yeux inquiétèrent quelque peu le sorcier qui sentit presque la tension de son cadet électrifier l'air.

-Tu sembles bien sûr de toi.

-Disons qu'hier..avant de venir au Pandémonium j'ai eu une petite altercation avec lui.

-Oh, chéri..qu'as-tu fait ? Soupira Magnus en s'asseyant à ses côtés, sur le rebord du lit.

-Ils sont tous là, soit à te voir comme un sauveteur de dernier recours pour ensuite te traiter comme un monstre ! Tous leurs sous entendus..leurs menaces .. j'en ai plus qu'assez et j-

Ses poings tremblèrent tant il les serra. Une main se posa sur l'un d'eux d'un geste rassurant.

-Allez, n'y pense plus. Dit Magnus avant de se lever : Café ?

-Café.. Bougonna le brun qui se rallongea et recouvrit son corps nu avec la couverture.

Magnus ne put qu'étirer un sourire. Il aimait savoir son cadet à ses aises chez lui. Ce fut aussi pour cela qu'il prit le temps d'enfiler une tenue descente avant de s'en aller récupérer -tel un sorcier civilisé- deux cup de café chez son vendeur ambulant habituel. Enfin, c'était ce qu'il voulait faire, mais le camion n'était toujours pas au rendez-vous. Le Grand Sorcier de Brooklyn poireauta bien quinze minutes sur la place où le vendeur avait pour habitude de se garer, avant qu'une vieille dame ne s'approche de lui et ne l'aborde.

-Vous attendez le café de Drew ?

Les bras croisés, Magnus papillonna d'un air hébété puis toisa la vieille dame.

-Si vous faites référence au vendeur de café, alors oui.

-Drew a eu un accident. Depuis, un horrible lumbago l'accable de douleur. Les médecins lui ont conseillé de prendre congé. Je le sais puisque c'est mon mari. Pauvre Drew..lui dont le café est si apprécié. Je lui avais pourtant bien dit de n-

Magnus le Magnifique toisait toujours la vieille dame qui contait sa vie, bien qu'il ne semblait plus à même de récolter la moindre information supplémentaire. Il a pris congé..ça veut dire qu'il ne passera plus ? Le café pour Magnus..c'était comme une potion de vitalité. Sa magie carburait au café, son sang n'était que café..mais surtout. Son amour pour le café du vendeur était incommensurable.

-Aaa-aaah !

Un cri cinglant déchira les cieux, fit s'envoler les pigeons autour du sorcier, fit se retourner les femmes, les hommes et les enfants. Les chats crachèrent de peur, les chiens se tapirent dans l'ombre et les rats restèrent derrière leurs poubelles.

Ah ça, pour l'aimer il le choyait le café du camion au pied de son immeuble. Plus de quarante ans qu'il faisait tourner son commerce. La plus longue relation que Magnus n'ait jamais connue. Son cœur se brisa en millions de grains de café. Ses larmes s'écoulèrent de ses yeux, comme le jus de la cafetière moka du vendeur. Drew..oh Drew..pourquoi ? Pourquoi me fais-tu ça à moi ?! Assis au bord du trottoir, Magnus déversait son désespoir tel les trombes d'eaux s'évacuant dans les caniveaux.

-Oh, mais ne pleurez-pas jeune homme. Dit la vieille dame en tapotant d'une main compatissante le dos du sorcier dont elle ignorât qu'il était bien moins jeune qu'elle ne le voyait.

Ce dernier agita expressivement ses mains en reniflant et sanglotant des mots incompréhensibles par les biais de petits couinements.

-Je sais, je sais... Puis il est fort possible qu'il prenne définitivement sa retraite à cause de cet accident.

Les pleures de Magnus ne se firent que plus prononcés. Mon café ! Hurla t-il en son for intérieur.

-M-Mais enfin, que t'arrive t-il Magnus ?! Paniqua Alec qui tenait dans ses bras le Président Miaou. Alertés par le cri -que le Nephilim reconnut appartenir à son sorcier-, ils descendirent tous deux voir ce que trafiquait le demi-démon.

-A-A-Alexander ! Chouina Magnus en s'agrippant à la chemise que portait de son cadet.

Pas sûr de vouloir comprendre ce qu'il se passait, il toisa d'un air curieux la vieille dame qui aida Magnus à se relever.

-Je crois qu'avoir appris la retraite de mon mari l'a quelque peu chamboulé. Gloussa t-elle sous l'air interrogatif d'un Alec qui tentait de calmer les sanglots de son aîné.

-P-plus..a plus..

-Mais enfin, qui est votre mari ? Questionna gentiment le brun à la vieille dame.

-Drew, le vendeur de café du coin.

Une bicyclette passa devant eux.

-Oh..alors cela veut dire qu'il ne servira plus son café ?

-Je le crains. Rétorqua la dame.

Ils échangèrent encore quelques mots, puis Alec s'excusa auprès de la personne âgée, lui expliquant qu'il devait faire rentrer Magnus. Président Miaou s'agrippait toujours au Nephilim qui soutenait de son mieux le sorcier que ne faisait aucun effort pour marcher seul.

-C'est la fin...Alexander..mon café..

-Je t'avais pourtant dit d'acheter une cafetière.

Pour toute réponse, le demi-démon renifla disgracieusement. Il a perdu de sa magnificence en moins de vingt-minutes..et tout ça pour du café.

De retour au loft, Alec et le chat observèrent Magnus faire les cent pas dans sa cuisine semblant se torturer les méninges. Il marmonnait dans sa barbe, grognant des : « le traître ! il a osé ! » ou encore des « peut-être aurai-je dû prévoir, ce n'est qu'un terrestre après tout ! » et enfin des « mon café.. ». Il passait vite de l'agacement au chagrin désabusé. Président Miaou vint miauler afin quémander sa pâtée. Peu concentré, Magnus claqua des doigts et la gamelle posée sur le plan de travail, déborda de la nourriture du chat.

-Bon, maintenant ça suffit ! S'emporta Alec qui obligea son aîné à s'asseoir. Il s'occupa de réduire la dose de pâtée puis toisa à nouveau son sorcier : Tu ne vas pas te mettre dans tous tes états pour ça ? D'accord tu aimais le café de Drew, mais tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop ?

-Je ne reverrai ni la couleur, ni ne sentirai l'odeur de son café. Plus jamais ! Et toi tu trouves que j'en fais trop ?

-Ah, donc ce n'est pas tant que ce pauvre homme ce soit blessé qui te froisse tant. Mais bel et bien que tu ne boiras plus de son café.. Pesta Alec, sceptique.

-Mais il avait quelque chose de spécial son café. Il..il..ah ! Râla t-il en levant les bras au ciel. J'en sais rien, je n'ai jamais été pro de la préparation du café, je ne fais qu'en boire les diverses sortes! Mais il est hors de question que j'aille acheter cette pisse qu'on peut vendre dans ces pittoresques brasseries !

Perdant quelque peu patience, Alec se massa l'arête du nez puis souffla quelque épuisé par le manque d'objectivité de son aîné.

-Achète..une..cafetière. Dit-il en séparant scrupuleusement chacun de ses mots, avec un calme et évidence dans sa voix.

Les deux hommes se toisèrent un moment. Le silence perturba quelque peu le repas du chaton qui se retourna vers eux afin de juger lequel des deux céderait en premier. Et sans grande surprise..

-D'accord. Capitula le plus âgé. J'arrête de voler les honnêtes vendeurs de café et irai faire l'acquisition d'une cafetière, mais à une condition.

Le Nephilim redouta la condition en question. Magnus se leva de sa chaise et s'approcha d'un pas souple en sa direction, et le voyant venir plus près de lui, sourit puis passa une main contre son visage. Il glissa ses doigts derrière l'oreille du sorcier puis la posa contre sa nuque. Leurs deux visages s'effleurèrent et leurs regards se croisèrent tendrement.

-Toi et moi..demain, rendez-vous à l'aube pour notre premier rancard.

-Dès l'aube.. ?

Leurs voix n'étaient que des souffles qui se caressaient, essayant d'amadouer l'autre. Puis, l'éclat dans les yeux d'Alec se ternit.

-Je dois aider les miens à retrouver l'épée Mortelle..

-Tu dois aussi penser à toi. Surtout depuis..

Magnus déboutonna le haut de la chemise que portait Alec. Il ne dit rien, mais reconnut celle avec laquelle il s'était habillé hier au Pandémonium. Cela l'émoustillait toujours de voir son Nephilim dans ses vêtements. Après avoir défait les trois premiers boutons, il écarta le col et jeta un coup d'œil à l'une des marques qui débutait depuis son épaule droite. L'inquiétude se lut instantanément sur son visage.

-..rien qu'à cause de tout ce qu'il t'arrive, je souhaiterai te voir prendre soin de toi rien qu'une journée. Pense à toi, rien qu'un jour mon Alec. Souffla t-il avant d'embrasser l'épaule meurtrie. Ce contact, lui remit en mémoire, les pulsions qui le transpercèrent lorsque l'énergie d'Alec le traversa dans le van. « Ton aura est dès plus attirantes.. » Lui avait-il dit Michaël. Et Magnus comprit cette nuit, de quoi il parlait.

-Alors rendez-vous demain à l'aube.. Susurra Alec en nichant son visage sous le menton de son aîné qui sourit, semblant apaisé.

-J'avais peur d'essuyer un refus. Avoua t-il en rhabillant son Nephilim.

-Je peux savoir ce que tu as en tête pour ce rancard ?

-Tu me fais confiance ?

-Évidement, rétorqua des plus simplement qui soit le brun qui trouva aucune utilité à sa question. Le sourire du sorcier n'en devint que plus rayonnant.

-Dans ce cas, attends de voir ce que je te réserve.

Tous deux se séparèrent à contre cœur, mais leurs estomacs les rappelèrent à l'ordre.

-Pas le choix, je vais cuisiner.

Et sous les yeux ébahis de son Nephilim -qui n'aurait jamais cru être en mesure de voir un tel miracle se produire- , Magnus sortit son tablier de chef et prépara de quoi rassasier leurs estomacs affamés.

Jace

Aucune trace, aucun indice au sujet de la rune qu'avait été capable de tracer Clary ne se trouvait dans le Livre Blanc. Nous avions passé une grande partie de notre matinée enfermés dans sa chambre à feuilleter le grimoire afin de trouver une quelconque information pouvant éclaircir un tel prodige, mais nous avions fini par faire chou blanc.

-J'ai faim. Me plaignis-je en refermant le livre. Je jetai un coup d'œil au croquis de la rune que ma cadette avait représenté à l'aide de ses souvenirs : Tu es sûre d'avoir bien dessiné la rune ?

-Évidemment. C'est étrange, mais l'image de cette rune ne me quitte pas, plus encore, j'ai l'impression de l'avoir toujours connue.

-C'est impossible. Toutes les runes que tu connais, c'est ou moi ou Alec et Isabelle qui te les ont enseignées.

-Je sais pas Jace, peut-être que cela a un rapport avec mes souvenirs effacés.

-Tu veux en parler a Jocelyne ? Demandai-je, un peu sceptique face à ma propre question.

-J-Je ne sais pas. Je crains qu'elle ne veuille encore plus me surprotéger.

Je compris qu'elle semblait du même avis que moi. Isabelle et Alec, c'était déjà suffisant, il n'était plus nécessaire d'en informer d'autres gens. Mise à part peut-être..

-Je vais appeler Alec. On doit parler à Magnus.

-Tu crois qu'il sera en mesure de nous apporter des réponses ?

-Faut bien essayer. Dis-je en sortant mon portable. Isabelle choisit ce moment pour entrer comme une tornade dans la chambre.

-Clary, L-..mais que faites-vous avec le Livre Bl-

-Chut, tais-toi et entre ! Fit Clary en entraînant Isabelle à l'intérieur de la chambre. Je me hâtai à fermer la porte.

-Personne ne sait que nous l'avons emprunté, s'il te plaît soit plus discrète. Fis-je.

-Vous cherchiez des infos à propos de la rune de Clary ?

-Nous n'avons malheureusement rien trouvé. On s'apprêtait demander de l'aide à Magnus quand tu es venue. Que voulais-tu ?

Ma question sembla réveiller ma sœur, se souvenant certainement la raison de sa visite si précipitée.

-J'étais venue dire à Clary que Lydia avait reçu l'ordre d'emmener Jocelyne à Idris.

Aussi surpris que la rousse, je haussai les sourcils puis suivis Clary qui sortit avec hâte de sa chambre, Isabelle à ses côtés.

-Je pensai que Lydia avait quitté l'institut de New York ?

-C'était vrai pour cette dernière semaine, mais apparemment l'Enclave l'a envoyé à nouveau ici afin de ramener Jocelyne à Idris avec elle.

-C'est ridicule. Après tous les efforts fournis pour la retrouver il est hors de quest-

Clary se tut lorsque nous tombâmes sur ladite Jocelyne qui fut aussi étonnée que nous de tous nous voir ici.

-J-Je venais te voir. Dit-elle dans un souffle incertain.

-Moi aussi. Rétorqua Clary, le timbre tout aussi tremblant : Que se passe t-il, pourquoi Lydia t'emmène t-elle à Idris ?

Jocelyne passa un coup d'œil derrière elle, puis sur moi et Isabelle avant de reposer son attention sur sa fille. J'avais toujours du mal à m'imaginer être un jour capable de l'appeler « maman ».

-L'Enclave veut garder un œil sur moi.

-Q-quoi, mais enfin c'est ridicule, pourquoi ?!

-Ils me réaffectent..parce que j'étais mariée à Valentin, autrefois. Et que pendant dix-huit ans..j'ai caché la coupe loin de l'Enclave, alors..

Isabelle commença à me tirer par le bras, afin de les laisser seules toutes les deux. J'opinai jusqu'à ce que Jocelyne fasse une proposition dès plus déroutantes :

-J'étais venue te proposer de venir avec moi.

Non.. Voulus-je dire alors que je m'extirpai de l'emprise de ma sœur. Mais les mots moururent aux bords de mes lèvres. Je jetai un regard atterré sur Jocelyne qui attendait une réponse de Clary.

-Je me suis dit, que ce serait bien qu'on reprenne tout depuis le début toi et moi. Et cette fois-ci, plus de mensonge je te le promet. Je vais te montrer l'endroit où j'ai grandi et je t'apprendrai tout ce que tu dois savoir sur le monde obscure.

-Elle peut très bien l'apprendre ici. Dis-je. Ce fut plus fort que moi.

Les deux femmes à la chevelure flamboyante me toisèrent curieusement, tandis qu'Isabelle me demandait de la suivre. J'insistai, et restai.

-Clary peut apprendre..ici. Je lui enseignerai. Repris-je en m'efforçant à reprendre constance.

-Jace.. Reprit doucement notre aînée d'une voix doucereuse, ce n'est pas seulement question d'enseigner à Clary, les lacunes qu'elle a au sujet du monde obscure. Je vais aussi rattraper le temps perdu avec elle. J'ai passé dix-huit ans à lui mentir, et finalement, elle ignore autant de choses au sujet du monde des chasseurs d'ombre qu'au sujet de sa propre mère.

En cet instant, je sentis les muscles de ma mâchoire se crisper tant je serrai les dents. Rattraper le temps perdu.. ? C'est sûr que cela sera plus facile de le faire avec Clary qu'essayer quoi que ce soit avec moi. Me dis-je en tournant finalement les talons. Au pas de charge, je longeai le couloir et récupérai le Livres Blancs précédemment laissé dans la chambre de Clary. Elle n'a rien dit..pourquoi ? J'effleurai le dessin fait par Clary, représentant l'étrange rune. Peut-être veut elle partir avec sa mère à Idris ? Le carbone se colla sur mes doigts. Je frottai mon pouce et mon index ensemble essayant de faire partir les résidus.

-Jace.. entendis-je Isabelle murmurer.

Et si c'était mieux ainsi ? J'eus beau frotter encore et encore. Le carbone me collait à la peau.

-Je..je vais ranger le Livre Blanc. Dis-je en en ayant feint un sourire. Elle voulut me retenir mais d'un regard je lui fis comprendre de ne pas insister. Il y avait des choses pour lesquelles personne n'y pouvait rien. Et en ce moment, je me sentis être le plus impuissant de tous devant ce qu'il m'arrivait. Comment ce sentiment que l'on appelait, l'amour..pouvait autant nous torturer une fois sous sa coupe ?

Michaël

Cela faisait des siècles que je n'avais pu revêtir ma tenue de Gardien du Soleil. Malgré ma possibilité de retourner à Eden, je m'exilai des autres et restai perché sur mon rocher. Le même sur lequel je m'étais assis, avant que Gabriel et moi ne passions notre première nuit ensemble. « Ne me confonds pas avoir Gabriel.. »

Les paroles du jeune Alec avaient fait jouer leur écho pendant des heures et des heures..Comment lui dire que je ne peux pas les confondre.. ?

-Après des siècles d'absences, tu ne songes même pas à me rendre visite à ton retour ? Quel affront.

Une paire de bras se glissa depuis mon dos pour se plaquer sur le devant de mon torse. Du lierre se mit à enrouler les bras et les mains du personnage m'étreignant.

-Je serai venu plus tard, Raphaël.

Le lierre se dressa dans les airs et forma un point d'interrogation.

-Hn ? Pourquoi serais-tu venu me voir alors que ton cœur n'en a pas envie ? Me dit-il en se roulant sur le dos, sa tête reposant sur mes genoux. Avec Gabriel, Raphaël était le seul à pouvoir m'approcher sans se blesser. Il était parent de la nature, et sans soleil et sans lune, elle ne pouvait procréer.

-Je ne pensai pas que tu oserais remettre les pieds à Éden sans Gabriel. Je suppose que tu ne l'as toujours pas retrouvé ?

-Si..du moins, j'ai retrouvé son hôte.

-Ah vraiment ? Dommage.. Soupira t-il en tressant ses lianes de lierres.

-Dommage ? M'offusquai-je : Gabriel sera bientôt de retour, je ne vois guère cela comme un mal !

Je le vis lever ses yeux verrons au ciel.

-Bien sûr, je ne parlai pas de Gabriel. Les fées ont besoin de son influence, et ces derniers siècles les choses vont mal pour eux. Je ne peux user de ma sorcellerie sans le soleil ni la lune, je puise dans vos énergies. Vous savoir enfin de retour à Éden est la meilleure des choses, Michaël.

-Dans ce cas, à quoi faisais-tu allusion ?

Il délaissa ses tiges de lierres puis porta toute son attention sur moi.

-Ce jeune hôte dis-moi, à quel point est-il appétissant ?

Je me dressai avec véhémence. Ses lierres vinrent amortir la chute de sa tête.

-Ne me dis pas que tu es rentré dans le jeu de tous ces vautours ?! M'emportai-je.

-Calme-toi.. Si j'avais réellement voulu passer un contrat avec ce gamin je serai parti à sa recherche bien avant Gabriel.

Je serrai les dents et les poings qui tremblèrent d'animosité face à toute cette stupidité. Les contrats..cela faisait bien longtemps qu'aucune créature céleste n'en avait passé avec un Terrestre. Tandis que les créatures démoniaques en faisaient sans cesses en usant des pires fourberies pour rendre leur contractant semblable à de véritables assujettis.

-Dépêche-toi de réveiller Gabriel. Si tu ne veux pas qu'il arrive quoi que ce soit à son précieux hôte. Une fois le contrat passé avec Gabriel, ce jeune homme ne risquera plus rien..

-Il n'a jamais été question de passer un contrat avec lui.

Se dressant avec droiture et élégance, Raphaël sembla me défier du regard. Il tendit sa main gauche et les lierres s'entrelacèrent et se forgèrent en une haute et solide hallebarde. Son aura céleste se fit plus menaçante et ses longs cheveux se mirent à flotter autour de son visage. Raphaël avait sûrement les cheveux aussi longs que Gabriel, mais à l'inverse ils étaient aussi noirs que la nuit.

-Tu ne sembles pas réaliser.. qu'une telle aura est rare chez les Terrestres et donc aussi très convoitée.

-C'est un Nephilim. Il n'y a rien de rare chez eux qui ne puisse être expliqué par leur sang angélique.

-Un Nephilim..murmura t-il. Il semblait se parler à lui-même : Voilà pourquoi Raziel s'est opposé à cette chasse.

-Une chasse ? Quelle chasse ? M'enquis-je. Et qu'est-ce que Raziel vient faire là-dedans ?

-L'enfant avait déjà un an d'âge lorsque Gabriel prit possession de lui. Mais sous ta forme Terrestre, tu ignorais tout de ce qui s'est passé dès la naissance de l'enfant jusqu'à ce que le Gardien de la Lune le choisisse comme hôte.

Une brise s'éleva autour de nous, le faisant se surélever à quelques centimètres du sol. Son corps luisit d'une lumière rappelant la terre de sienne et fit tomber en poussière la tunique qu'il porta jusqu'à lors afin de la remplacer par son armure de commandant.

-Dès la naissance de cet enfant, tout le monde céleste se mit à le rechercher. La pureté de sa force rappelait celle de Gabriel. Une force brute, indomptable et si nourrissante pour nous autres créatures célestes. Tu sais de quoi je parle, toi, Gardien du Soleil, celui qui a osé effleurer la lune. Tu t'en doutes déjà peut-être, mais un bon nombre d'entre nous ont été envieux et jaloux de la relation que tu entretenais avec Gabriel. Nous savions également, qu'il te partageait sa force.

Son regard..à l'iris noir et l'autre doré, me toisa presque avec dédains. Raphaël était de ses êtres qui semblaient lire en vous avec une aisance et une précision désarmante, mais qui à l'inverse restaient un mystère absolu pour ceux qui essayaient de le comprendre.

-Je ne peux le nier.

-Mais un être suprême comme toi n'aura jamais besoin d'autant de force, Michaël. Tu es "comme Dieu.." Me fit-il avec une certaine profusion dans la voix. Quel échelon veux-tu gravir de plus ?

-Alors c'est ça.. dis-je en souriant avec dégoût : Vous êtes tombés si bas que cela ? Vous avez entamé une chasse avant que le petit ne soit possédé par Gabriel afin de forcer une simple nourrisson à contracter un pacte avec vous ?

-La Grande Guerre nous a tous affaibli, Michaël. Rétorqua Raphaël avec évidence : Cela fait des siècles que nous luttons contre nos propres maux. Toi et Gabriel, avez eu votre propre bataille, mais nous menons aussi la nôtre. L'équilibre a été ébranlé depuis votre disparition. Aucun être céleste n'a pu compenser ce manque. Pas même moi. Surtout pas moi..Alors, quand cet enfant est né, ce fut l'occasion inespérée d'obtenir une source de pouvoir aussi pure que celle de Gabriel. Tu n'imagines pas le nombre d'anges qui ont participé à cette chasse. Mais Raziel s'est interposé en camouflant l'aura de cet enfant. Et si tu me dis que c'est un Nephilim alors tout prend sens. Raziel ne voulait pas garder ce pouvoir pour lui, il voulait lui éviter qu'un ange passe un contrat avec lui. Après tout, les Nephilim sont les enfants de Raziel.

-Il a eu raison d'agir ainsi. Moi qui pensait qu'il ne souciait plus de ses progénitures, je me suis trompé. Dis-je en reprenant constance : Comment as-tu pu sombrer si bas, Raphaël ? Je ne te pensai pas si avide de pouvoir !

-Tu ne sais rien, Michaël. Toi et Gabriel ne savez rien de nous. Tant des nôtres sont tombés pendant la grande guerre, les commandants célestes sont en sous-nombre ! Et vous deux n'étiez plus en mesure d'agir. Pendant votre absence, j'ai réalisé à quel point Éden a besoin de vous deux.

-Éden a besoin de tout le monde, Raphaël. Si cela avait toi, qui se serait fait maudire à notre place alors le monde des fées aurait disparu, et la nature, la procréation sur tout être végétale et animal aurait disparu à son tour. Que crois-tu qu'il serait advenu des Terrestres par la suite ?

Je compris à travers les tremblements dans ses yeux, qu'il n'avait guère songé à cette question.

-Vous passez votre temps, à nous regarder Gabriel et moi que vous ne savez même plus à quoi vous ressemblez vous-même.

Je m'approchai doucement, et alors qu'il baissa la tête afin d'éviter soigneusement mon regard, je caressai son visage affectueusement et lui fit redressait la tête en soulevant son menton.

-Et si vous faisiez preuve d'humilité pour une fois. Ne vous dénigrez pas. Ne vous surélevez pas..chérissez humblement ce que vous êtes.

Dans un tremblement, sa main libre se posa sur la mienne. Il ferma les yeux et laissa s'écouler silencieusement une larme le long de sa joue. Sur Terre comme sur Éden, une fine pluie enveloppa tout de sa mélancolie. Raphaël me tourna le dos et fit mine de s'éloigner.

-J-je retourne à mon poste. Me dit-il simplement : Tu devrais aller voir Raziel, il est l'un des généraux de tes armées, tu devrais au moins l'informer de ce qu'il se passe au sujet de son petit protégé.

-J'irai le voir, ne t'en fais pas.

Ses lierres s'enfoncèrent dans son dos, et dans un sourd bruit de froissement et de craquellement de branches, ses trois paires d'ailes d'un blanc étincelant s'étirèrent. Malgré la pluie qui fit frisotter leur filament duveteux, leur splendeur en restait intouchée.

-Michaël.. M'appela t-il d'une voix calme mais forte. Je l'observai, bien que tourné de dos je pouvais voir ses larmes qui s'élevaient dans l'air, emportées par son aura : Bon retour chez toi.

Puis il s'envola promptement, ne laissant que derrière lui une traînée de plumes frisottées. Je souris en coin avant de me laisser mes pensées m'envahir. J'ai beau avoir dit qu'il ne s'agissait pas d'un contrat..rien ne peut me certifier que Gabriel ne souhaite pas également en passer un avec le jeune Alec.

Magnus

Pour nous rendre à l'institut, ce cher Alexander et moi avions opté pour une petite marche plutôt qu'emprunter un portail. Du moins pour la première moitié du chemin, l'autre moitié, nous dûmes songer à en emprunter un..la pluie ayant commencé à tomber, il m'était impensable de laisser ma belle crinière superbement coiffée perdre de son allure à cause d'une fichue pluie. Puis je songeai aux bandages de mon cadet tout juste refaits. Nous atterrîmes juste devant la grille en fer forgé de l'institut qu'Alec dé-charma hâtivement. J'eus tout juste le temps de nous faire apparaître un parapluie.

-Wah, le portail s'est ouvert bien vite dis-moi !

-E-euh oui.. Dit-il semblant surpris. Il observa curieusement ses mains.

-Un problème ?

-Je n'ai même pas eu le temps de réciter le texte sacré..J'ai juste effleuré la grille. Me répondit-il, d'un air quelque peu déconcerté.

Je fis mine de ne pas paraître trop intrigué, et dis :

-N'oublie pas qu'un archange sommeille en toi. Cela, a sûrement un lien. Michaël a réussi la même chose lors de sa première venue ici.

-Oui, je m'en souviens.

-Tout fait sens. Souris-je.

-Oui. Il répondit à mon sourire, bien moins assurément.

Je balayai les alentours d'un regard puis fis mine de m'avancer.

-Dépêchons ! Je ne veux pas prendre le risque de recommencer ma coiffure.

Mon cadet garda le silence, mais je le vis lever les yeux ciel. Moque toi tant que tu veux, je me souviens encore de ton sourire niais quand j'ai quitté la salle de bain !

Une fois dans le hall de la cathédrale, je pressai le pas afin de me rendre dans le bureau du directeur -accessoirement occupé par ce cher Victor- me disant que, plus vite j'en aurai terminé avec cette histoire, plus vite je pourrai retourner roucouler avec mon Nephilim. Ce dernier me retint subitement par la main.

Je haussai un sourcil, curieux de savoir ce qu'il n'allait pas.

-Que se passe t-il, Alexander ?

-Tu ne veux vraiment pas que je vienne avec toi ?

-Nullement. S'il te plaît, cesse de t'en faire. Je t'assure que tout se passera bien. J'ai eu affaire à plus teigneux que lui. Assurai-je en menant sa main jusqu'à mes lèvres. Je déposai un délicat baiser sur le bout de ses doigts.

-D-d'accord. Je vais aller voir ce que font les autres.. Baragouina t-il en s'éclipsant rapidement. Je gardai une œil sur lui jusqu'à ce qu'il sorte de mon champ de vision. Peut-être paraissait-il en forme aujourd'hui, mais les crises de douleurs que pouvait lui infliger son dos confluaient sans sonner l'alerte.

-Bon, allons voir comment se porte ce cher..Aldertree. Grimaçai-je en reprenant gracieusement ma route.

Même si ce cher Alec était sûr qu'on ne me réservait aucune sanction, je ne pouvais m'empêcher de m'attendre un peu à tout et n'importe quoi. Une fois devant la porte, je frappai quelques coups puis attendis patiemment que l'on m'autorise à entrer. Chose rapide, Victor prit même l'initiative de m'ouvrir lui-même. Toujours, de ce faux charme qui n'appartient qu'à lui, il me sourit et me fit entrer.

-J'ai pensé que vous seriez venu au matin.

Je soulevai le subit vouvoiement. Décidément, il a beau ne paraître uniquement comme un faux souverain, il porte son masque de double jeu à la perfection.

-J'ai cru comprendre qu'aucune horaire n'avait été quémandée.

-En effet. Mais l'on m'a dit de vous que vous n'aimiez pas laisser traîner les choses. L'homme prit place derrière son bureau et d'un geste concis de la main, enrobé d'un air poli, il m'indiqua un fauteuil près de moi. Je toisai le siège du coin de l'œil. Il me prend pour un idiot..

-Que c'est démodé. J'ignore qui pourrez-vous bien attraper dans un tel piège. Souris-je malicieusement en claquant des doigts. Aussitôt, des bracelets de fer s'enclenchèrent autour des accoudoirs, emprisonnant des mains inexistantes.

Le masque tomba. Son sourire voulant feindre la politesse se tordit disgracieusement.

-J'espère juste que ma sanction ne reposait pas sur cette chaise.

-Qui a parlé de sanction ?

-Pourquoi vouliez-vous m'attacher ?

-Pour être sûr que vous n'utilisiez plus votre magie contre un Nephilim.

Je levai les yeux au ciel.

-Certes, j'ai quelque peu perdu mon self-control..mais la torture n'est-elle pas une infraction aux lois de l'Enclave ?

Le directeur me jugea longuement avec ses yeux noirs et son air sournois qui m'horripilait. Dire que mon Alexander doit subir les ordres d'un tel homme ? Semblant passer outre cette petite altercation, Aldertree fit mine de se lever, et se tourna vers la bais vitrée derrière son office.

-Il me semble, qu'un de mes soldats et vous-mêmes soyez proches, je me trompe ?

J'arquai un sourcil. Un soldat.. ? Je gardai le silence, trouvant la tournure de cette discussion -du moins si cela en était une - bien dérangeante.

-J'ai pourtant eu écho que les Lightwood et vous-mêmes aviez eu un passé..compliqué.

-Ce qu'il s'est passé il y a vingt-ans ne concerne pas la génération d'aujourd'hui. Rétorquai-je, platement.

-Ah vraiment ? Pourtant, ils sont tous là à réparer les erreurs des traîtres qui ont rejoins Valentin il y a de cela, vingt-ans.

-C'est tellement plus simple d'étiqueter les autres de traîtres quand on a pas levé le petit doigt pour arranger quoi que ce soit dans l'autre camp. Pestai-je, sans retenu. Cette remarque sembla avoir quelque peu tourmenté mon cadet qui jugea bon me lancer un regard assassin par dessus son épaule.

-Vous sous entendez que je suis un lâche ? Mais que savez-vous réellement de l'inssurec-

-Ce que j'en sais ? Ne me lancez pas sur ce sujet, vous risqueriez d'arpenter une terrain glissant! Surtout que..Aldertree, Lightwood..vous parlez de ma rancœur envers cette famille mais qu'en est-il de la vôtre ? Cela a dû être dur de voir sa famille être piétiné de génération en génération par l'une des lignées les plus illustres et fondatrices d'Idris.

-Taisez-vous ! Que savez-vous de la famille Aldertree pour proliférer de tels inepties ?

-Tenez-vous réellement à ce qu'on lance ce sujet ? Questionnai-je froidement. Il me répugne..avide de pouvoir, il traîne son fardeau comme un faux boiteux.

Un silence pesant s'installa dans le bureau jusqu'à ce qu'il décide de reprendre un semblant de contenance.

-Comme je l'ai indiqué dans la lettre, j'ai une requête à te demander, sorcier.

Ah..je n'ai plus le droit au titre de vouvoiement ?

-Quelle est-elle ?

-Je suppose que tu es déjà au courant, au sujet du vol de l'épée Mortelle ?

-C'est exacte.

-J'ai cru comprendre que tu n'avais aucune information à son sujet..

-Les Instruments Mortelles, c'est votre domaine, pas le mien. Rétorquai-je, fatigué de ce petit jeu.

-Voyez-vous cela, al-

-Venez-en au fait. Coupai-je, me surprenant d'être aussi impénétrable. Je prenais souvent les requêtes que l'on me faisait avec beaucoup de légèreté, même les plus graves ! Mais le jeu de cet homme m'exaspérait.

Avoir utilisé ma relation avec Alexander pour me faire flancher.. c'est d'une bassesse. Victor commençait à perdre de sa crédibilité, et il s'en rendit enfin compte.

-Tu ne seras pas sanctionné. Mais à la place, disons que je te demanderai d'investiguer à la cité des os, gratuitement.

-Investiguer ?

Soudain, son regard ce fit sombre mélangé à une certaine..frayeur ?

-L'être..qui a tué les Frères Silencieux et qui a aidé Valentin à s'enfuir. Jace me dit que c'est un sorcier, mais quelque chose cloche. Est-ce qu'un sorcier peut-être suffisamment puissant pour faire s'écrouler toutes les barrières dimensionnelles de la cité des os ?

-Peu de sorciers savent contrôler les dimensions. Et celle de la cité des os est aussi complexe que le labyrinthe en Spiral. Ce n'est pas pour me vanter mais je suis le seul dans cette ville à être en mesure de contrôler les dimensions comme cela me chante. J'en connais les sorts. Le seul sorcier que j'ai connu être capable de ce même fait est mort, et vous le connaissiez.

-Qui donc ?

-Ragnor Fell.

Aldertree se passa une main derrière la nuque et secoua la tête, semblant confus.

-En effet, c'est toi-même qui as rapporté sa disparition. Mais je ne comprends toujours pas comment ce sorcier..si c'en est vraiment un, a pu forcer les barrières de la cité.

-Moi non plus. Je dois dire qu'on ne m'avait pas informé de la présence de ce sorcier dans l'histoire.

-Est-il possible que les expériences que mènent Valentin aient pu avoir une quelconque influence sur la puissance de cette créature obscure ?

Je haussai les épaules, me souvenant malgré tout des effets que cela avait eu sur les miens à l'époque de l'insurrection, ils n'avaient guère été en mesure de devenir si puissants...juste incontrôlables. Valentin dut alors modifier ses expériences si dorénavant, ces créatures furent capables de tels prodiges.

-Vous souvenez-vous d'avoir vu des veines noires sur son corps ?

Mon homologue secoua la tête, semblant perplexe.

-Pas dans mon souvenir, mais peut-être que Jace Wayland pourra nous donner plus de détails. Il semblait connaître cet individu. Il a signalé qu'il se prénommait Eliott.

Eliott ? Je ne connais aucun sorcier de ce nom là..S'il est si puissant, son nom devrait au moins me dire quelque chose, hors là.. Je hochai la tête.

-Je vais m'entretenir avec Blon- Jace Wayland. Je veux suffisamment d'informations avant de commencer l'investigation.

-Donc, tu acceptes ma requête ?

-Si cela peut essuyer ma faute et nous rendre quitte, alors oui. Mais je n'assure rien, il est fort probable que je ne trouve aucun indice sur la créature obscure qui vous a attaqué.

-Fais le nécessaire. Le moindre détail peu nous faire avancer dans nos recherches.

-Bien.

-Je vous laisse gérer le reste avec Jace Wayland. J'ai d'autres affaires à régler.

D'un commun accord, une poignée de main scella ce dernier. Une fois sorti du bureau, je longeai les couloirs en soupirant, extériorisant ainsi mon exaspération. Bon..si cela peu m'éviter une sanction. Songeai-je. Mais plus encore, cette histoire de sorcier qui brise aussi facilement les barrières de la cité des os, m'intriguait au plus haut point.

-Un démon à la limite..je veux bien. Valentin détient la coupe après tout.

Mais les démons n'agissent que la nuit. Hors mis peut-être les démons supérieurs.

-Là encore, je ne connais aucun démon se prénommant Eliott..

Je chassai ce type de réflexions après avoir aperçu Isabelle Lightwood s'adonner à un entraînement intensif avec Clary Fairchild. Je m'arrêtai quelques instants, et pris appui contre l'encadré de l'arche afin de les regarder se battre. Isabelle avait bien évidement plus d'expérience, mais la rapidité de Clary fut suffisamment importante pour compenser ses lacunes. Néanmoins..

-Reste concentrée ! Fit une voix derrière les filles que je reconnus sans peine. Je penchai la tête sur le côté et vis mon Alec en tenue de sport qui semblait superviser l'entraînement des demoiselles.

-J-Je sais. Rétorqua Biscuit, quelque peu penaude. Je remarquai en effet quelques stupides erreurs d'inattentions qui lui ont coûté de se retrouver plus de cinq fois à terre.

-Encore une fois au sol et on tourne ! Fit Alec.

Les filles reprirent leur combat, sous l'œil avisé de mon Nephilim qui ne remarqua pas ma présence. En revanche, un Indien dont je tairai le nom me foudroya du regard.

-Que fais-tu ici ? Aboya t-il.

Isabelle et Clary se détournèrent et Alec me vit enfin.

-Ce que je fais ici ne te regarde en rien. Et tous cas, je suis ravi de te savoir en forme. Souris-je, railleur.

Trottinant, Alec s'approcha de moi mais sa course fut vite stoppée par Raj qui l'interpella.

-Hé, Lightwood ! Tu m'as promis un duel.

Je vis mon cadet lever ses magnifiques yeux bleus au ciel, semblant quelque peu exaspéré.

-Un duel avec toi ? Questionnai-je.

-Tu sais..ce que j'ai dis ce matin. La petite altercation..je n'en ai pas eu qu'une avec Aldertree mais aussi avec Raj. Du coup, monsieur veut prendre sa revanche.

Des éclats de magie formèrent des points d'interrogation autour de mon visage. Mais qu'est-ce que tu as fait ? Me questionnai-je en le voyant s'emparer d'une lance de combat. J'entendis les filles chuchoter entre-elles. Je m'approchai et fut chaleureusement accueillit par une Isabelle qui m'introduit à leurs commérages.

-Je dois dire que ton frère à un sacré coup de pied ! Lança Clary.

Je fronçai les sourcils. N'étant guère sûr de comprendre. De leur côté, Alec et Raj s'apprêtaient à commencer leur entraînement..ou leur duel, je n'étais plus très sûr.

-En même temps.. il a choisi le mauvais moment pour le provoquer.

-J'aimerai comprendre, que s'est-il passer entre Raj et Alexander ? Fis-je, tout en gardant un œil sur mon Nephilim qui ne semblait avoir aucun mal à parer les charges de Raj.

-Tu exposes tes flancs ! Souligna Alec en frappant les côtes de son adversaire. Ce dernier pesta :

-Fous moi la paix !

Isabelle et Clary me rétorquèrent que Raj avait osé lancer quelques menaces sur ma personne et qu'avec toute sa diplomatie, mon très cher Alexander..

-..a répliqué en le frappant.

-Un coup circulaire, avec force et souplesse je te jure c'était beau à voir. Lança Clary qui m'expliqua qu'elle fut aux premières loges. Je comprends mieux son agitation de ce matin. Me dis-je en gloussant.

-Il n'est pas croyable.

Le duel entre les deux hommes arrivait à sa fin. Si un adversaire tombait plus de six fois, l'entraînement s'achevait, m'expliqua Isabelle. Raj en était déjà à sa quatrième chute. Quant à Alec, chacun de ses coups étaient net et précis. Nous n'avions eu guère l'impression de l'avoir vu beaucoup bouger.

-Je craignais que son dos soit une gêne, mais il a l'air en forme. Fit remarquer Biscuit.

-Pas vraiment. Rétorquai-je. Tu remarqueras qu'il ne se met jamais de biais, car son flanc et donc, son dos, seraient exposés. Peut importe où se précipite Raj, Alec se calque sur ses mouvements afin de rester constamment en face lui.

Clary me toisa curieusement, puis se concentra à nouveau sur le combat.

-J'ignorai que tu avais un œil si avisé pour les techniques de combat ! Sembla me gratifier Isabelle.

Je souris en coin, mais gardai toute mon attention sur les réactions de mon cadet qui fit tomber une cinquième fois au sol l'Indien.

-Merde ! Pesta t-il en balançant au loin ses épées : On y va aux mains.

-Si tu v- !

Mon Nephilim eut tout juste le temps de se protéger avec sa lance. Raj ne lui avait pas laisser le temps de repositionner et s'était sauvagement rué sur lui.

-Raj ! Le positionnement ! Hurla Isabelle.

-En temps de guerre, va dire ça à l'ennemie ! Rétorqua le basané.

-Isabelle, reste en dehors de ça ! Fit Alec qui repoussa finalement Raj. Il l'imita et mit également de côté son arme afin d'user uniquement de ses poings. Je le vis faire scrupuleusement attention à ses flancs cependant, ne faisant que parer les attaques, il n'arrivait guère à en mettre.

-Eh bien ! Que t'arrive t-il, tu semblais plus hargneux hier !

Le combat dura un moment sur cette voie; Alec sur la défensive et Raj chargeant en s'égosillant comme un demeuré. Vraiment, je ne pouvais plus me le voir celui-là. Même en peinture, j'étais certain de vouloir faire partir en fumée le tableau.

-J'ai l'impression..qu'il ne veut pas attaquer. Fit Clary.

-C'est bizarre, mon frère ne fait jamais autant durer les duels d'habit- Oh, Alec ! Paniqua Isabelle en voyant son frère se faire propulser contre l'une des colonnes de marbres de la salle d'entraînement. Je fronçai les sourcils, sous la grimace de douleur qu'il tira. Son dos venait de s'écraser violemment contre la pierre.

-Tu vois ! Hier j'ai été surpris, mais au corps à corps c'est moi qui prend le dessus.

Ma marque de sorcier brilla malgré moi.

-C-Ça va Magnus.. M'assura mon cadet qui me toisa avec calme.

Je me sentis faire l'objet de bien des curieux qui me fixaient étrangement. Je fis un effort surhumain pour contrôler ma marque qui, néanmoins, réussit à disparaître. De son côté, mon Alec se redressa et dut encore une fois parer la fourberie de cet Indien qui ne le laissa pas se repositionner. Quoi que ce coup-ci, le poing d'Alec s'enroba de aura angélique. Je haussai les sourcils, ne me doutant pas un instant qui le ferait ici.

-Qu'est-ce que c'est ? Questionna Biscuit.

-Une aura angélique. Avec le temps, Alec a réussi à l'utiliser. Cela peut devenir une arme puissante pour les Shadowhunters. Sourit Isabelle, visiblement fière de son aîné.

-Jace m'en a parlé..mais c'est la première fois que j'en vois une.

-Comment tu fais ça ?! Beugla son d'adversaire visiblement sot.

-Mon frère est plus fort que toi ! Rétorqua Isabelle avec tant véhémence que je ne pus retenir un rire amusé.

-Oh ferme-là, toi !

Ce fut la parole de trop pour ce cher Alexander qui bloqua d'une main l'un des poings de Raj. De l'autre main, un autre poing. De son genoux, l'une des jambes et tous deux se retrouvèrent acculés, sans grande possibilité d'attaque. Mais la pression de l'aura d'Alec semblait oppresser ce cher Raj qui tirait sur ses bras afin de se déloger de l'emprise de son assaillant qui le gardait avec force sous sa coupe. Et d'un disgracieux coup de boule, Alexander l'assomma et Raj tomba raide sur le sol.

-Ne t'adresse plus jamais de cette façon à ma sœur. Siffla t-il en fixant le corps inconscient sur le sol.

-Bravo mon chéri ! Ne pus-je m'empêcher de dire en sautant au coup de Clary qui applaudit tout comme Isabelle et les autres chasseurs d'ombre qui s'étaient rassemblés autour d'eux, attirés par l'agitation.

Le menaçant guerrier redevint l'embarrassé Alexander qui ne sut littéralement plus où se mettre. Tout le monde se rua sur lui afin de lui poser mille et une questions au sujet de son contrôle de l'aura mais son regard suppliant me fit fondre. D'un pas assuré, je m'avançai et l'éloignai des groupies -c'était surtout ça la raison qui me poussa à récupérer mon Alec- puis, tirant notre révérence nous nous échappâmes de la salle d'entraînement.

-J-je te remercie.

-Je n'aurai pas supporté très longtemps de les voir s'agglutiner autour de toi. Ris-je.

-Ton rire fait froid dans le dos quand il est ironique.

Quelques couloirs plus loin, nous arrivâmes à sa chambre. Je nous enfermai bien précautionneusement, ne voulant laisser personne admirer le corps d'Apollon de mon Nephilim qui se déshabillait sous mes yeux. Assis en tailleur sur le bord de son lit, je le regardai faire en silence.

-Comment va ton dos ?

-Sur le coup, ça m'a fait mal mais c'est passé.

Le voyant défaire son bandage, je lui dis de venir s'asseoir à côté de moi et m'en chargeai.

-Et toi, comment s'était avec Aldertree ?

-Pas trop mal. Un peu dérangeant par moment, mais tu connais son « charme ».

Après avoir posé le bandage, j'examinai ses plaies. Mais avant que j'ai pu faire le moindre commentaire, Alexander captura timidement mes lèvres. Je me laissai faire tandis qu'il nous fit basculer sur le lit. Je le fis monter à califourchon sur mon bassin et passa une main sous son caleçon. Alors qu'il intensifiait notre baiser je l'entendis soupirer sous mes caresses.

-Qu'est-ce qu'il t'a demandé.. ? Haleta t-il.

-Je dois investiguer à la cité des os...gratuitement. Rétorquai-je, entre deux baisers.

-Je suppose que c'est la contrepartie. Dit-il, en s'éloignant soudainement. Toujours sur mon bassin, je profitai du fait qu'il soit torse nu pour délaisser ses fesses et venir taquiner son abdomen.

-J'ai tout de même frappé un Nephilim. C'est déjà surprenant de ne pas avoir eu de sanction plus..sévère.

-Hn..

Alec posa ses mains sur les miennes et suivait les caresses que je lui prodiguai le long de son corps.

-Tu auras besoin d'aide ?

-Celle de Jace, premièrement. J'ai des questions à lui poser. Mais je ne m'en occuperai pas avant ce soir. Susurrai-je en me dressant sur mes coudes pour venir frotter mon nez contre son ventre. Je sentis les doigts de mon cadet se glisser dans mes cheveux.

-Ma peau doit être collante.. chuchota t-il.

-Cela ne me gêne pas. Souris-je : Je voudrai même te voir encore plus en nage, mais dans une lutte au corps à corps bien plus charnelle.

Le haut de ses joues s'empourprèrent mais l'éclat de son sourire en disait long sur la réciprocité de son désir.

-Tu vas te préparer ? On s'en va. Dis-je, en enserrant pourtant sa taille. Je parsemai son ventre de petits baisers humides.

-Où veux-tu aller ?

-Partir acheter la cafetière.

Je fermai les yeux et profitai des caresses sur mon visage.

-Je ne vais pas pouvoir bouger si tu m'étreins ainsi.

Je restai muet, l'attirant à nouveau au dessus de moi, je me rallongeai sur le dos. En appuie sur mes mains, nos doigts fermement entrelacés, il pencha la tête sur le côté, me jaugeant longuement, un tendre sourire sur les lèvres.

-A quoi penses-tu ? Demandai-je dans un murmure.

-Je m'interroge..à propos de nous deux.

Un flamme bleu forma un point d'interrogation au dessus de ma tête. Il gloussa nerveusement, puis reposa ses doux yeux bleus sur ma personne. Enfin dans un sourire de capitulation, il descendit de son perchoir et rejoignit la salle de bain. Me laissant dans un néant d'incompréhension le plus total. Qu'entendait-il par là ?


Avant de quitter l'institut en compagnie d'Alec, Magnus n'oublia pas de donner rendez-vous à Jace, sur les alentours de vingt et une heure, à la cité des os. Il lui fit un topo de ce qu'ils devaient faire là-bas puis s'en alla aux côtés de son parabataï. Jace songea qu'il pourrait enfin parler à Magnus du don de Clary, ce soir pendant leur investigation. Imitant la plupart des shadowhunters de l'institut, il s'entraîna longuement avec Isabelle et d'autres chasseurs d'ombre..qui lui lancèrent un bon nombre de coups bas. Après avoir eu vent de son geste héroïque à la cité des os, l'Enclave avait finalement acquitté Jace de toutes traces de culpabilité. Et malgré cela, on ne cessait de le regarder de travers, de lancer des messes bases sur son passage. Jamais le blond ne s'était senti aussi rejeté. Être différent, c'était un sentiment qui ne l'avait jamais quitté..mais certainement pas au point de se sentir autrement que comme un shadowhunter, il avait l'âme et le cœur d'un guerrier. Aujourd'hui, il ne savait plus ni qui il était, ni ce qu'il devait faire.

Il s'enferma dans sa chambre où il profita d'une bonne douche puis du confort de son lit. L'air froid le dérangea quelque peu, mais ne s'en formalisa pas. Les bras croisés derrière sa tête, il ferma les yeux et s'apprêtait à dormir lorsque l'on vint frapper quelques coups à sa porte.

-C'est ouvert. Grogna t-il, sans prendre la peine de se lever. Quoi qu'il ne resta pas longtemps allongé en voyant une petite tête rousse s'infiltrer dans son antre : Clary ?

-Je peux te déranger quelques minutes ? Lui demanda t-elle, attendant sa réponse avant de fermer la porte. Le blond lui proposa de venir s'asseoir à côté de lui. Une fois la porte bien refermée, elle le rejoignit. Un timide espace se tenait entre eux deux.

-De quoi voulais-tu me parler ? Commença Jace en fixant le plancher de sa chambre.

-De ce qu'il s'est passé ce matin. A propos d'Idris..je-

-Tu devrais y aller. Lâcha t-il, ne s'en rendant pas compte lui-même.

Mais pourquoi ?

-Q-quoi?Mais enfin, pourquoi tu voudrais que j'aille à Idris ?

-Tu as besoin de comprendre le monde dans lequel tu te trouves maintenant. L'Académie des Chasseurs d'ombre te sera bénéfique.

-Mais je vous ai vous, Alec, Isabelle et ..et toi.

Non..pas moi, Clary. Toi-même hésite en disant cela..

-On va être la plupart du temps en mission, tu parles d'un enseignement. Et puis..

Jace laissa sa phrase en suspens quel temps, lui-même ne se trouvant pas crédible un seul instant. Je ne suis qu'un égoïste..

-Jocelyne a raison, vous avez sûrement beaucoup de choses à vous dire. Et ne t'inquiète pas pour ton don. On trouvera ce que c'est de no-

-De ton côté tu veux dire. Trancha Clary d'un ton plus dur qu'elle ne l'aurait voulu. Elle soupira, puis reprit au mieux contenance sur elle-même : Tu veux toujours agir tout seul, et finalement tout le monde fait le boulot à ta place. Valentin a réussi à te manipuler une fois, et finalement tu dis être prêt pour le confronter. Tu me promets qu'on se battra ensemble et maintenant tu veux que je parte à Idris jouer les étudiantes modèles ?

Le blond se leva brusquement et d'un tour de talons, fit face à la jeune fille.

-Tu crois pouvoir arranger les choses en restant ici ? Valentin en a après nous, tu ne crois pas qu'il serait plus sage pour toi de partir avec ta mère loin de ce bordel ?

Non c'est faux..le problème continuera jusqu'à Idris, tu le sais..ce n'est pas pour ça que tu la veux loin de toi..

-J'ai réussi à m'en sortir jusque là ! Tu ne me penses pas capable de me débrouiller ? Je t'ai quand même sauver la vie plus d'une fois, Jace Wayland ! S'emporta la rousse.

-Autant de fois que nous autres ! Nous t'avons tous sauvé, nous t'avons tous soutenu car qu'aurais-tu pu faire seule ?! Hurla presque Jace. Va t'en Clary ! Va à Idris avec Jocelyne, c'est ce qu'il y a de mieux à faire..

Je ne veux plus..faire semblant de surmonter ce qu'il nous arrive..

-Cela sera mieux pour tout le monde, Clary. Finit-il, la voix tremblante, sans prendre la peine de la regarder. Il craignait voir ce qu'il pouvait trouver dans les yeux bien trop perçants de la jeune fille.

Je ne veux plus devoir faire semblant de l'aimer comme un frère..Un larme de rage coula le long du visage de Clary qui se mordit la joue pour ne pas hurler au visage de Jace qu'elle trouva puéril et désagréable. Jamais, elle ne se serait douté que le conversation tournerait ainsi.

-Tu penses être le seul à souffrir..mais ce n'est pas le cas.

-Cla- !

Jace releva la tête hâtivement, surpris par les mots de sa cadette qui partit néanmoins en trombe de sa chambre. Le cœur en miettes, la colère emportant son esprit et le chagrin dévastant son visage. Mais le jeune homme n'eut pas la force de la rattraper.


-Tu sais..quand tu as dit qu'on allait acheter ta cafetière. Je m'attendais juste à la choisir avec toi sur internet.

-Internet ? Peuh! Ce n'est que de la fausse magie pour moi. Tu cliques, tu surfes, tu paies on te livre et boum ! Tu as ton colis.. Il n'y a rien de bien excitant là-dedans !

-Pourquoi est-ce que tout doit forcément être excitant avec toi .. ?

Ne s'attendant pas à ce que le sorcier -normalement à ses côtés- se place brusquement devant lui en rapprochant son visage du sien, Alec écarquilla de grands yeux étonnés tout en papillonnant nerveusement.

-Quand on est immortel, l'ennuie frappe vite à notre porte. Sourit Magnus, la malice pouvant se lire aisément dans ses yeux de chat. Avec souplesse, il prit la tête de la marche en direction du magasin d'ameublement et autres appareils électroménagers. Le poing levé par une soudainement détermination, Le Grand Sorcier de Brooklyn hurla sur le parking que tout le monde devait chérir l'excitation.

-Soyons tous excités ! Haha !

Derrière lui...bien loin derrière lui, Alec traîna les pieds jusqu'au magasin, tout en regardant bien consciencieusement vers le bas pour que personne ne puisse voir la honte qui s'affichait sur son visage. Mais une fois à l'intérieur, la bonne humeur évidente de son aîné l'entraîna et tous deux traversèrent les rayons du magasin, qui, pour le plus grand soulagement du Nephilim un tantinet misanthrope, accueillait peu de clients. Ils suivirent d'abord le chemin des expositions, où des modèles de pièces présentaient tel ou tel modèle de meubles et autres bibelots.

-Je ne comprends pas. On peut les acheter ou non ?

-Je ne sais pas, Magnus. Mais il y a marqué, « modèle d'exposition » sur l'étiquette alors je suppose qu'on ne devrait pas y toucher.

-Mais c'est le troisième canapé qu'on voit avec cette étiquette ! On peut l'acheter ou pas ? S'impatienta le sorcier face à un pur dilemme. Pouvait-il acheter les articles dans les expositions ou non ?

Son cadet le toisa mais surtout le jugea pendant un moment.

-En fait..tu ne sors pas plus ce que moi.

Le plus âgé des deux se sentit quelque peu déconcerté par la remarque de son cadet.

-Je vais en ville bien sûr, j'aime faire les marchés ! Mais les magasins d'ameublement, jamais..

-Parce que tu voles les produits en les faisant apparaître chez toi. Déduit Alec.

Magnus ouvrit la bouche pour répliquer mais aucun argument contradictoire, qui n'avait pas l'allure d'un mensonge ou d'un commentaire puérile, ne lui vint à l'esprit. Il préféra donc se taire, après tout..son cadet ne disait-il pas la vérité ?

-Eh bah pour la peine..

Contrarié, le sorcier claqua des doigts et le canapé changea de couleur. D'un rose pâle il passa bleu canard. Alec regarda, l'air paniqué, tout autour de lui afin d'être certain que personne ne les ai vu.

-M-mais t'es malade ?! Si quelqu'un nous voit c'est foutu !

-C'est leur logique d'exposition qui est mal-foutu ! Répliqua le sorcier en prenant son cadet par la main afin de l'entraîner avec lui. Derrière eux, Alec vit un homme se faire réprimander par sa petite amie : « il est vachement rose ton canapé ! » pesta t-elle. « Mais je te jure que j'ai vu un canapé rose ! Le même que sur le site ! » Se plaignit l'homme totalement à la ramasse.

Ce fut plus fort que lui, mais le Nephilim gloussa et ne se soucia plus vraiment d'être surpris ou non. Après tout, Magnus sans magie, ce n'était plus vraiment lui. « Quand on est immortel.. » Alec songea aux paroles de son aîné, pendant leur conversation sur le parking. Posant son regard sur leurs mains jointes, il ressentit un pincement au cœur à l'idée de devoir un jour lâcher cette main. Cela ne faisait que quelques mois, que lui est le sorcier s'étaient rencontrés maintenant. Et Alec ressentit en lui l'envie de continuer son chemin en serrant cette main chaude et pétillante de magie. Il avait conscience que son aîné avait déjà un très long vécu derrière lui. Sûrement une longue histoire de vie, qu'il aimerait tant entendre un jour. Alec n'osait à peine dire qu'il connaissait le Magnus Bane d'aujourd'hui, puisqu'ils n'avaient jamais pris le temps de réellement discuter d'eux-même. Pour sa part, Alec se trouvait peu intéressant, rien de bien palpitant n'était arrivé dans sa vie que le sorcier ne sache pas déjà. Mais lui.., oui, lui ignorait tout du demi-démon.

-Tu m'as dit un jour..que tu t'étais efforcé de ne rien ressentir pour personne pendant un demi-siècle. Commença soudainement Alec ne pensant pas à mal : Pourquoi ?

Il sentit la pression dans sa main se crisper. Mais fut rassuré en ne voyant pas le sorcier lâcher leur prise. Sans se retourner, ce dernier rétorqua par une autre question.

-Mais enfin, qu'est-ce qu'il te prend Alexander ? Un rire étranglé se fit entendre dans sa voix. Mais rien de comparable avec son rire amusé et enthousiaste de tout à l'heure. Non, Alec perçut comme de la gêne.

-J-je..je voulais juste savoir.. balbutia t-il en rougissant, craignant avoir blessé son aîné. Il s'attendait à ce que Magnus change de sujet, comme il le faisait pour tout ce dont il ne voulait pas parler -Alec se souvenait encore très clairement leur dispute dans la cuisine du sorcier- mais à sa grande surprise, il répondit honnêtement bien qu'en restant quelque peu évasif :

-C'est toujours difficile de soigner son cœur..Peu importe ce qui l'a blessé. Seulement voilà, depuis que je t'ai rencontré, j'ai compris que j'avais été stupide de m'enfermer ainsi.

Arrivé devant l'exposition des chambres, Magnus les entraîna à l'intérieur d'un des box, et les fit s'asseoir sur le bord d'un lit baldaquin, remit aux goûts plus contemporains.

-J'ai bien failli passer à côté de toi, et t'ignorer. Passer à côté d'un bonheur omniprésent, pour chaque instant passé avec toi.

Il ramena la main d'Alec sur ses jambes croisés et la câlina tendrement dans ses deux mains, dont la peau dorée contrastait onctueusement avec celle ivoire de son cadet.

-Je n'ai plus envie de faire semblant d'aller bien Alec. Parce que la solitude n'a rien de bien, pour personne. Surtout plus depuis que je te connais.

Le cœur battant à tout rompre, Alec plongea ses yeux bleus arborant de petits éclats blancs qui éclaircissaient son regard, dans ceux du Grand Sorcier de Brooklyn qui parla pour la première fois, avec honnêteté, des blessures de son cœur. Et c'est en cet instant que le Nephilim sut, qu'il voulait être le seul à voir Magnus sous un tel jour. Serai-je en mesure de le guérir ? Se demanda Alec, alors que la réponse lui était encore inconnue. Mais il voulait essayer. Il voulait voir jusqu'où il pourrait soutenir cet homme qui faisait battre son cœur dans une course folle, ressemblant à un cheval qui courait au triple galop. Il comprit qu'il le désirait..mais plus encore, il voulait rester auprès de lui. Devenir celui vers qui, Magnus se tournerait en premier et à qui il se confierait. Être aimé par le lui..uniquement lui..Cela me suffit.

Et être le seul, que Magnus n'aura jamais autant aimé.

-..xander ? Mon Alec, mais enfin vas-tu me dire à quoi penses-tu ?

Mon Alec.. Songea le brun en souriant tendrement de toutes ses dents blanches. Ce que j'aime losqu'il m'appelle ainsi.

-Je te trouve bien préoccupé aujourd'hui. Souligna le sorcier en embrassant le cou de son cadet.

Isabelle a raison..je ne comprends jamais rien..ou alors tard. Alec tourna son visage afin de faire se rencontrer leurs lèvres. Tous deux fermèrent leurs yeux afin de savourer simplement le délicat baiser qu'ils échangeaient. Dans un petit bruit mouillé..leur bouche se détacha de celle de l'autre mais leurs visages restèrent dans une intime proximité.

-Il paraît..que les relations amoureuses demandent des efforts. Susurra Alec, dont les cils effleuraient la joue du demi-démon.

-Tu ne penses pas..que nous sommes déjà sur la bonne voie ? Rétorqua ce dernier sur le même ton.

-Si.. sourit Alec. Si, depuis longtemps. Et j'étais si bête de ne pas le voir. De ne pas me rendre compte à quel point je suis tombé pour toi, Magnus.

-Puis-je rendre notre relation officielle, donc ? Sourit l'aîné qui devait ramasser son fragile cœur qui venait d'être à nouveau brisé par l'amour, et la sincérité désarmante de son Nephilim.

-Je crois que les autres l'ont fait pour nous. Ricana Alec en collant son front contre celui de l'homme qu'il pouvait ouvertement nommer de : petit ami.

Les deux hommes restèrent un moment à se câliner sur le lit, jusqu'à ce qu'ils oublient où ils se trouvaient. Magnus les fit basculer tous les deux sur le lit baldaquin, en prenant le plus grand soin de ne pas blesser son cadet en l'allongeant sur le dos. Après s'être assuré que tout allait bien, il se mit à embrasser le cou de son Alec tout en passant une main derrière une de ses cuisses, qu'il ramena contre sa taille. Les joues du brun s'empourprèrent bien vite, alors que le sorcier caressait plus fermement l'intérieur de sa cuisse. Un raclement de gorge leur fit cesser toutes sortes d'activités libidineuses. Alec jeta sa tête en arrière et Magnus extirpa la sienne du cou de son demi-ange. Une femme portant le badge de responsable du magasin les surplombait d'un air menaçant.

-Ceci est une chambre d'exposition, pas une chambre d'hôtel messieurs ! Veuillez continuer vos achats sans déranger la clientèle ou je vous ferai expulser du magasin !

Si tôt dit, si tôt calmés..les deux hommes se firent discrets jusqu'à la fin de leurs achats. Ils comprirent alors que les articles à acheter se trouvaient dans le sous sol du magasin. Magnus débusqua la cafetière italienne de ses rêves, et acheta tous les accessoires qui allaient avec.

-Quelle couleur pour les tasses ?

-Prends ce que tu veux..rétorqua Alec, peu intéressé autant par la mode que par la décoration intérieur.

-On est là car tu as voulu que j'achète une cafetière, tu pourrais au moins m'aider dans mes choix !

-Tu t'es uniquement décidé parce que le vendeur a pris une retraite prématurée.

Leur conversation de sourds continua encore un moment avant que Magnus ne se décide à acheter un set de quatre tasses : Deux noires à l'intérieur bleu et les deux autres, le robe de couleurs inversées. Magnus passa à la caisse s'en se rendre compte qu'il avait perdu Alec en court de route.

-Tu peux m'attraper un sac pour les articles, s'il te plaît ?

Aucune réponse.

-Chéri ? Magnus tourna la tête et ne trouva plus son Nephilim à ses côtés : Alexander ? Appela t-il plus fort tout en le cherchant du regard.

-Je suis là Magnus.

Se retournant avec hâte, le Grand Sorcier de Brooklyn soupira de soulagement en voyant son cadet. Il sembla quelque peu essoufflé, ceci dit.

-Tout va bien ? Où étais-tu passé ?

Il jeta un coup d'œil au sac en papier que tenait Alec.

-Tu aurais pu me le dire si tu avais besoin de quelque chose, nous aurions pu chercher le rayon ensemble.

-C-ça va.. Je n'en ai pas eu pour longtemps, tu le vois bien.

Magnus haussa les épaules puis termina ses achats. Une fois sorti du magasin, il ouvrit un portail dans une ruelle tranquille pour les ramener au loft. Et pour fêter leurs premiers achats en amoureux, Magnus décida d'inaugurer la cafetière en l'essayant aussitôt déballée. Il s'arma du mode d'emploi qu'il se mit à lire scrupuleusement. L'habitude de lire la préparation de sortilège et de potion sûrement..Mais Alec le devança. Précisant qu'ils avaient également une cafetière italienne à l'institut.

-Tu as du café ?

-Quelle sorte ? Moka ? Bourbon? Maragogype ?

Alec papillonna des yeux. Cela aussi, c'était quelque chose qui n'intéressait guère le Nephilim. Les variétés de café.. Les serveuses s'impatientaient souvent lorsqu'il en commandait un, au Taki's avec Jace et Izzy ; car lui voulait simplement un café et cela devenait vite de la torture lorsqu'on lui demandait de choisir parmi toutes les sortes de préparations et autres variétés. Comme maintenant, ou son cerveau tournait à plein régime pour ce décider. Du café..c'est du café, merde !

-O-ok Alexander..panique pas et utilise le Moka. Rit Magnus qui fit apparaître un sachet de café. Ce geste réveilla aussitôt son cadet.

-Ah non hein ! T'as pas acheté une cafetière pour voler le café chez le marchand !

-On se calme, chéri ! Aussi surprenant soit-il, certaines potions nécessitent de café. Je ne l'ai pas volé, mais bien sorti de ma réserve.

Il est vraiment à cheval sur les principes dit-donc ! Songea Magnus qui observa son cadet s'adonner à la préparation de leur café. Le sorcier admira le coup de main d'Alec. Et le voir ainsi, préparer du café pour eux deux..dans sa cuisine.. gonfla son cœur d'une joie simple, tout comme le moment qu'ils passaient ensemble. Une fois le café prêt, Magnus sortit les tasses qu'il rinça avant de laisser Alec y déposer le breuvage. Le Grand Sorcier de Brooklyn regretterait sûrement son vendeur de café..mais pas le café lui-même. Car il n'eut jamais goûté d'aussi bon café, que celui préparé par Alec.

Magnus

Nous passâmes le reste de l'après midi ensemble et, Alexander se montra fort curieux au sujet de ma vie. Je ne désirai pas lui mentir, mais n'étais pas prompt à ce genre de révélations.. Je ne trouvai rien d'intéressant à dire sur le plan personnel. Ou plutôt je n'étais guère prêt à me souvenir de tout.. Ce cher Alexander semblait l'avoir remarqué, car il prenait toujours de grandes précautions dans la prononciation de ses questions, choisissant clairement chaque mot, très scrupuleusement. Au final, il changea lui-même de sujet en me questionnant plutôt sur le travail que j'aurai à faire dans la nuit, avec Jace à la cité des os.

-Je vais d'abord interroger Blondin sur ce qu'il a vu. Sorcier ou démon, je saurai bien vite ce qui se trouvait là-bas. Par la suite, je me chargerai moi-même de renforcer les barrières.

Blottit contre l'un l'autre sur le canapé de jardin sur mon balcon, nous profitions des toutes dernières lueurs du soleil. Le croissant de lune était déjà haut dans le ciel et la première étoile du soir l'accompagnait. Sur les genoux d'Alec, mon chat qui réclamait sans cesse des câlins de sa part, se pelotonnait contre son pull.

-Tu as passé le test du chat haut la main à ce que je vois.

-Le test du chat.. ? Me fit-il d'un air sceptique.

-Je ne sors jamais avec les personnes que mon chat n'aime pas.

-Donc tu m'aurais si vite quitté s'il ne m'avait pas aimé ? Me charria mon cadet.

-Peut-être aurai-je fait une exception. Rétorquai-je en embrassant le coin de sa mâchoire.

Je l'entendis grogner d'aise.

-Il y en a eu beaucoup .. ?

Embrassant toujours sa peau, je ne fis pas plus attention que cela au sens de sa question.

-De quoi, chéri ? Demandai-je sans me détacher de lui.

-D-des personnes que ton chat n'a pas aimé.. ?

Encore une fois, sa question me déstabilisa quelque peu. J'essayai au moins de ne pas le montrer et surtout de ne pas détourner la question. De toutes façons, mon Nephilim se doutait d'ores et déjà que j'avais eu un bon nombre de conquêtes avant lui. Je n'étais pas sot, ma réputation me précédait.

-Peu de personnes plaisent à mon chat, sache-le. Ris-je : Il n'en donne pas l'air, mais il est sauvage, et vu le nombre d'individus que j'ai pu recevoir ces dernières semaines, je ne l'ai guère vu.

-C'est vrai que nous t'avons beaucoup demandé.. Dit mon Alec, l'air penaud.

-Toi, tu n'as rien à te reprocher..tu m'as toujours respecté et ça aussi c'est bien rare chez un Nephilim. Voire..juste chez ta famille.

Il tourna sa tête pour venir plonger ses deux orbes bleus, dans les miens.

-Je suis content..que tu ne te sois pas arrêté uniquement à mon nom de famille.

-Et moi, que tu ne te sois pas focalisé sur ma race de sorcier.

Soudain, un voile de tristesse enroba son regard. Je m'en inquiétai aussitôt.

-Que se passe t-il, mon Alec ? Tu as été songeur toute la journée..fais-moi part de ce qui te tourmente, s'il te plaît.

En guise de réponse, il frotta son nez contre le mien.

-Des futilités. Oublie, et allons manger plutôt.

Je le vis porter le chat très amoureusement dans ses bras avant de se lever pour rejoindre le salon. Je ne pouvais pas le forcer à me parler s'il ne le voulait pas. Moi-même, n'avais fait que tourner autour du pot, au sujet de ses propres questions. Puis, à le voir ainsi, debout au milieu du salon avec mon chat qui avait totalement adopté mon Nephilim je compris que je désirai voir ce genre de scènes encore et encore. Chaque jour de mon quotidien je le voulais près de moi. Et Alec avait très bien parlé dans le magasin, les relations amoureuses nécessitent des efforts. Je le rejoignis et fus accueilli par un de ses doux sourires. Jusqu'à aujourd'hui j'ai dû tomber plus de cent fois amoureux de lui..

-On commande ou bien on prépare à dîner nous même ?

-On va commander.. grimaçai-je. Mais laisse..on a le temps. Dis-je en lui faisant baisser son portable.

Je fis mine de regarder ailleurs. Je cherchai mes mots..je n'avais guère fait des telles révélations depuis très très longtemps. En fait, à personne. Seuls ceux qui me connaissent depuis des siècles tels que feu-Ragnor et ma très chère Catarina savaient tout à mon sujet. Et Camille..

-T-tu sais. J'ai connu beaucoup d'hommes et de femmes.. Je forçai une sourire et repris : Vraiment beaucoup. Mais je n'ai eu que très peu de relations sérieuses. Avouai-je en posant finalement mes yeux sur sa personne. Je vis dans son regard, qu'il ne me jugeait absolument pas. Et je crois que cela me dérangeait encore plus que cela n'aurait dû me rassurer. Je suis tellement habitué à être mal vu..

-Et suite à..la dernière relation que j'ai eue, repris-je m'adressant peut-être plus à moi-même qu'à mon cadet : J'ai vraiment tout fait pour ne plus me laisser happer par l'amour. Jusqu'à ce que je te rencontre.. alors, pardonne-moi si en un demi siècle de temps, je ne me souviens plus comment se montrer ouvert et sûr de soi.

Je pus sentir mes tremblements déranger ma voix qui s'érailla sur les derniers mots. Je retrouvai ses si belles lueurs blanches dans le bleu abyssale de ses yeux. Il tint le chat d'une main et vint câliner ma joue de l'autre.

-On apprendra ensemble, Magnus.. Après tout, je n'ai jamais su comment me montrer confiant. Parce que je savais, que j'étais étrange vis à vis des autres chasseurs d'ombre. Me confia t-il, en détournant son regard embarrassé: Et que cela me coûterait de ne pas avoir ce que je voulais. Puis t'as débarqué..me sourit-il avec évidence : Avec tes paillettes, ton charme fou et ta magie qui me fascine de jour en jour. Pour des raisons différentes, tu as bien vu que j'ai tout autant failli renoncer à l'amour. Alors aujourd'hui, maintenant que je sais ce que cela fait de craindre d'être mis à nu, je ne veux plus jamais ressentir cette peur, et avancer. Mais si cela peut se faire avec toi alors je veux bien parier le temps qu'il me reste pour nous donner la chance de se connaître sur le bout des doigts..Tant pis si cela doit prendre du temps Magnus. Je veux faire ce pari avec toi.

Dans un soupire fébrile, je l'étreignis aussi fort que je le pouvais. Personne..ne m'avais partagé de tels mots.. Aujourd'hui je voulais croire, qu'Alec serait différent. Je plaisais à penser qu'il ne me briserait pas le cœur.. Alors peut-être, pourrai-je m'ouvrir à lui. Et uniquement à lui..

-Même si le temps que j'ai à parier..est court, je veux réussir, Magnus.

Le temps ? Voilà ce qui tracassait tant mon Alexander depuis un moment..son statut d'être mortel.

-Oh, chéri.. l'appelai-je doucement. Je posai mon front contre son épaule et laissai se déverser quelques larmes. Ce soir encore, il me fit tomber certaines barrières. Entre nos deux corps serrés, le chat remua et sauta en miaulant.

-Je crois qu'on l'a écrasé. Fit Alec en me rapprochant de lui.

Je n'osai dire un mot, trop effrayé d'éclater en sanglots. Cependant, je sus qu'il m'avait vu pleurer après la caresse que je sentis sur ma joue pour essuyer mes larmes. Il me berça tendrement, jusqu'à ce qu'une douce chaleur me fasse soupirer d'aise. Par tous les saints et damnés ce que son aura est délicieuse.. Ne pus-je m'empêcher de penser en sentant l'aura angélique de mon petit ami traverser mon corps.

-Hier, dans le van, commença t-il en passant une main dans mes cheveux : J'ai cru comprendre que tu aimais être en contact avec mon aura..

-O-oui. Parvins-je à murmurer. Je l'entendis sourire.

-Alors si cela peut t'apaiser, même pour un instant je veux que tu en profites. Me susurra t-il avant d'embrasser le haut de ma tête.

Nous restâmes ainsi, à s'étreindre plus fort comme si cela était encore possible de le faire. Son aura me transporta dans une béatitude des plus douces. A l'inverse, il affama le démon que j'étais.. C'était comme se trouver ivre sans n'avoir rien bu. Avoir l'eau à la bouche, sans aucun met sous les yeux. La sensation était aussi bonne qu'étrange et je ne m'en lassai pas. Enfin, l'heure de nous séparer arriva. La pluie ayant cessée, nous pûmes cette fois-ci faire le chemin jusqu'à la Cathédrale à pieds. Autant nous préférions passer par un portail pour quitter l'institut, autant pour y aller..

-C'est bien beau de se donner rendez-vous à l'aurore demain, mais tu ne m'as toujours pas dit où ?

-Je viendrai te chercher à l'institut. De là, nous irons jusqu'à notre lieu de rendez-vous.

-Mais où peux tu nous emmener de si bonne heure ? Rit-il.

-Ce que tu peux être curieux quand tu t'y mets. Râlai-je, faussement agacé. Je trouvai son enthousiasme adorable, tant cela était rare.

Une fois devant l'institut, je lui demandai de faire venir Jace.

-Je n'ai nullement besoin de remettre les pieds dans cet endroit. Autant que Blondin se ramène.

-D'accord, je comprends. Surtout, si vous avez besoin d'aide v-

Je le fis taire en passant mon index sur ses lèvres.

-Ce n'est qu'une investigation, tout ira bien mon Alec.

Alexander regarda ses pieds avant de relever la tête et d'afficher un petit sourire, que je compris être peu convaincu. Je levai les yeux au ciel puis embrassa son front.

-Couche-toi tôt, demain je te veux en forme.

-Oui.

-A part cela, vous ne sortez pas ensemble hein ! Râla une voix familière derrière nous.

-Isabelle ! Souris-je. Que fais-tu dehors à cette heure-ci ?

-Je vous ai vu arriver. Dit-elle, les poings sur les hanches.

-Tu nous espionnais.. Fit Alec, le scepticisme dans son regard et dans sa voix nous amusèrent la jeune fille et moi.

-Allez, rentre ! Elle prit son frère par le bras. On va te chercher Jace. Me dit-elle.

-Et que Blondin ne traîne pas !

Alec se laissa entraîner par sa sœur, mais passa une dernier coup d'œil par dessus son épaule et me fit un petit signe d'au revoir, avec sa main. Je pouvais entendre Isabelle harceler son frère de questions en tout genre. La brune semblait être le genre de personne avec qui il était difficile de pouvoir garder une vie privée. A mon plus grand soulagement, Jace arriva au pas de course, habillé de sa tenue de combat.

-Je vois que tu peux reprendre du service.

-On m'a acquitté de tout soupçons.

-Enfin, il était temps de se réveiller ! Fis-je en levant les bras au ciel : C'est Clary qui doit être soulagée.

Je l'entendis pouffer.

-Pas sûr, du moins pas après tout ce que je lui ai dit tout à l'heure..

Je lui jetais un coup d'œil en coin. Sa mine abattue me mis quelque peu mal à l'aise, lui si énigmatique au sujet de ses émotions se montra fort mélodrame. Mais où était donc passé le Jace arrogant et sûr de lui ?

-Querelle familiale.. ? Ou querelle d'amoureux ?

La deuxième option le fit réagir. Les mains dans les poches, il me cacha ses poings serrés. Fatigué de marcher, je lui indiquai une ruelle dans laquelle j'ouvris un portail qui nous amena devant l'une des nombreuses entrées menant à la cité des os.

-Plus tu t'efforceras à la considérer comme ta sœur, alors que tu ressens tout autre chose pour elle, plus cela ira de mal en pis entre vous deux..

-Alors quoi, tu me conseilles de coucher avec elle ?

-Ne commence pas à partir dans de tels extrêmes, je te prie. Râlai-je en levant les yeux au ciel. J'ignore ce qu'il s'est passé avec Biscuit, mais tes discours de grand frère ne marcheront pas éternellement.

Voyant qu'il était loin d'être prêt à se mettre au travail, nous restâmes quelques temps dans le cimetières qui entourait l'entrée dimensionnelle de la cité des os, et discutâmes un peu. Jace m'expliqua son altercation entre lui et Clary. Je compris entre autre, que la source du problème fut Jocelyne Fairchild, qui encore une fois ne put s'empêcher de couver sa fille. Rattraper le temps avec Clary ? Non..j'en doute, rattraper ses erreurs oui..

-En agissant ainsi, elle veut surtout ne pas avoir à rattraper le temps perdu avec toi.

Un soubresaut étonné releva ses sourcils. En ce moment même, Blondin me paraissait assez vulnérable, ressemblant bien plus à un adolescent cherchant un semblant de salut plutôt qu'un guerrier prêt à mordre le fer entre ses dents.

-Elle désire amener Clary avec elle, certainement pour lui apprendre la vie de chasseuse d'ombre c'est un fait. Mais est-ce vraiment rattraper le temps ? Pas du tout, elle ne fait que prendre le moyen le plus facile pour elle afin de se déculpabiliser des fautes commises. La plus grande, celle de lui avoir menti à propos de son père et sur l'existence de son frère..Ne vous auto-flagellez pas d'être tombé amoureux l'un de l'autre. Cela ne fait que rendre plus compliqué ce qui l'est déjà. Ton amertume prouve que tu en paies les frais.

-D'accord, mais avec ce que je lui ai dis, il y a peu de chance qu'elle reste à l'institut.

-Les dernières chances sont plus nombreuses que tu ne le crois. Ne reste pas sur une telle dispute, et plutôt que de lui parler avec la véhémence de la rancœur que tu portes pour le destin, parle lui avec ton cœur.

Jace mon considéra un moment avant de hocher la tête, éloignant quelque peu son air sceptique de tout à l'heure. Lui donnant une tape encourageante sur le bras je lui demandai si nous pouvions désormais nous mettre au travail.

-Si je pouvais, je ne le ferai pas mais en somme je suis le mieux placé pour te venir en aide.

-J'aimerai que tu me dises, sans oublier le moindre détail, ce que tu as vu pendant l'attaque. Dis-je en ouvrant une porte dimensionnelle contre le vieux murs du cimetière. Les moellons s'écartèrent, et nous pûmes nous frayer un chemin dans les tréfonds de la cité des os.

-J'ai tout dit à Aldertree et honnêtement, je ne vois pas ce que je peux apporter de plus. Valentin a interrompu mon jugement en envoyant une créature obscure nous attaquer.

Je le laissai me conter la version de son récit tout en analysant l'air volcanique de la cité, en laissant suspendre dans le vide mes mains. Je ne sentis aucune vibration infernale. La fumée des enfers ne planait absolument pas dans les alentours. Pourtant, si cela avait été un démon qui permit à Valentin de pénétrer au cœur la cité et tuer les frères silencieux..le brouillard d'Edom subsisterait pendant cinq jours. Or là, moins de quarante-huit heures s'étaient écoulées depuis l'attaque.

-Alors ce serait vraiment un sorcier.. ?

-Je te l'ai dit ! Eliott est à la solde de Valentin, c'est lui qui nous a pris en chasse sur le bateau.

Je secouai la tête, ne comprenant pas ce à quoi il fit allusion. Jace m'expliqua alors leur fuite sur le bateau, lorsque Clary vint le secourir. Aussi, il me parla de sa soit disant capacité à créer de nouvelles runes..

-De nouvelles runes, tu es sûr ? M'exclamai-je en le toisant un certain temps assez curieusement.

-Je n'ai jamais vu cette rune, Magnus..Alec et Isabelle non plus. L'autre soir, avec tout ce que nous avons appris au sujet de mon frère, nous n'avons guère eu le temps d'en venir à ce sujet. Il se tut un instant, semblant réfléchir : Tu crois que ce Michaël pourrait nous aider.

J'eus un haussement d'épaules.

-Je ne pourrai te le dire..Mais j'aimerai beaucoup voir la rune qu'elle a dessinée.

Sans en demander plus, Jace me sortit une feuille froissée ça et là où un entrelacement de boucles et de lignes souples pouvait être vu entre les pliures du morceau de papier.

-C'est ça ?

-Oui. L'as-tu déjà vu ?

Je secouai la tête en guise de réponse.

-Et elle ne se trouve pas non plus dans le Livre Blanc. Me confia t-il.

Serait-ce véritablement une nouvelle rune ?

-Alexander avait peut-être raison lorsqu'il disait que Clary avait elle aussi un don.

-Alec a dit cela ?

-Oui..depuis l'apparition de son propre don, il fait des songes bien étranges.

-Il m'a dit nous avoir vu Clary et moi sur le bateau.

-C'est à ce moment qu'il a du comprendre que Biscuit avait elle aussi des facultés spécifiques. Après tout, nous nous en doutions déjà avec ce qu'elle a accompli en cherchant la coupe mortelle. Renchéris-je en agitant déductivement mon index : Tu as raison, il faut absolument en parler à Michaël.

-D'accord mais on fait comment pour le faire venir ? Tu sais où il se trouve ?

Je soupirai longuement et fis mine de regarder autour de moi. Alexander doit le savoir, lui. Songeai-je. Pourquoi me sentis-je si amère ?

-Continuons notre travail, nous verrons ensuite pour Michaël. Repris-je tout en prenant la tête de la marche. Je pouvais sentir les pans de mon long manteau noir s'envoler derrière ma foulée. Malgré la basse température due à la saison hivernale ainsi qu'à l'humidité de la cité, à la fois étouffante mais glacée..je retirai mes gants de cuir puis effleurai quelques pierres du couloir menant aux cellules totalement vidées de leurs prisonniers. Des traces de sang séché s'effilaient sur le crépit de la pierre, en grande tracées à la fois noires et violacées. Je pouvais effectivement sentir les restes de magie sur la pierre.

-Cet Eliott..te souviens-tu s'il avait des veines noires sur lui.

-Absolument pas, et c'est bien ce qui m'étonne le plus..Valentin ne lui a jamais fait d'injection.

-Vraiment.. ? Fis-je, toujours en examinant les lieux.

Nous arrivâmes enfin à la salle de jugement, où seul le socle de l'épée résidait..vide. Je tournai hâtivement la tête vers un fort concentré de magie.

-C'est là qu'il a ouvert un portail. Dit nonchalamment le blond qui ne ressentait pas les vibrations qui traversaient mon corps.

-Que sais-tu au sujet de ce sorcier ? M'enquis-je en faisant apparaître ma marque de démon. Ma vue devint alors plus intense, me permettant de détailler l'antre de la plus petite fissure sur les pierres ornant les murs de la salle. Les couleurs s'inversèrent, je pus enfin déceler les restes d'aura de cet individu qui m'intriguait de plus en plus.

-Rien du tout, je ne prenais pas le temps de parler avec les alliés de Valentin, tu sais ..

-Quand a t-il rejoint le cercle ? Sa marque, a quoi ressemble t-elle ? M'emportai-je, sans même jeter un regard à mon cadet.

-J-je ne sais pas, Magnus ! Il était sûrement déjà là avant mon arrivée.

Ces marques sur les murs et le sol..elles me sont familières.. Je sentis mon pouls s'accélérer à chaque découverte que je fis. Rebroussant chemin en trottinant, je laissai ma vision thermique active et examinai à nouveau les endroits que nous avions pourtant déjà vus. Mais de ce nouveau point de vu, je pus déceler des indices à la fois fort intéressants et troublants.

-Deviens-tu fou ? Qu'as-tu donc à t'agiter, il n'y a plus rien ici tu le vois bien !

-Justement je vois tout.. Jace, utilise ta rune de vision thermique. Les restes de magie t'apparaîtront alors.. Soufflait-je en faisant apparaître un crayon et du papier. J'y griffonnai tous les symboles et les marques magiques que je vis.

-Par l'ange tous ces symboles..comment puis-je les voir ?

-La rune de vision thermique vous permet de détecter les aura démoniaque, or, la magie est la manifestation de cette aura. Exactement de la manière qu'un Nephilim contrôlant son aura angélique en fait. C'est également de la magie. Lorsque celle-ci entre en contact avec de la matière, alors un effet physico-chimique s'opère. Les symboles que tu vois sont le résultat de cette opération entre magie et matière physique.

-O-ok..en plus simple tu as quoi à me proposer ?

-En gros, ce sont les restes de l'aura démoniaque d'un sorcier. Sa signature ! Pestai-je en levant les yeux au ciel.

-Ah bah tu vois quand tu veux, tu peux te faire comprendre ! Me sourit-il en posant une main sur mon épaule, comme le feraient deux bons vieux camarades. Je le toisai avec dédain. Il comprit bien vite qu'il était temps pour lui d'ôter ses salles pattes de la magnificence que j'étais.

-En revanche, repris-je en continuant mes hideux dessins, Il faudrait songer à demander des cours à Biscuit un de ses quatre me dis-je : Ce sorcier semble un peu brouillon. Sa magie semble encore brute. Elle est au cœur même de sa métamorphose.

-Ah, parce que la magie ça se métamorphose ? Railla Jace en jouant avec sa stèle.

J'inspirai profondément afin de garder constance. Si mon Alec chéri s'intéresse à la magie, Blondin s'en contrefiche ouvertement.

-Des sorciers peuvent mettre bien des années avant d'être en mesure de jeter un sort. Quand son sang démoniaque commence peu à peu à se manifester par des éclats d'une magie incontrôlée, c'est le moment pour le sorcier de polir son sang, comme on dit.

-Comme un bijou ?

-C'est ça. Au début, c'est brute, c'est fort et ça impressionne..Alors on joue avec le feu, on apprend les premiers sorts qui nous tombent sous les mains les rendant trois fois plus puissants que nécessaire. Mais cette force brute a un coup. Épuise nos réserves, et surtout nous fait devenir de véritable bêtes..C'est pour cela, que nous devons affiner notre sang, la polir afin de rendre notre magie aussi contrôlable que puissante.

-C-c'est ce dont m'a parlé Valentin, une fois. Affiner le sang des créatures obscure en utilisant le sang de démons supérieurs.

Je haussai les sourcils, d'abord outré, puis ne pouvant réprimer une moue révulsée je dis :

-Ce n'est pas de l'affinage, mais rendre brute ce qui l'est déjà ! Valentin cherche à faire perdre la tête aux créatures obscures en leur donnant ce pouvoir brute qui les rend fous furieux. N'oublions pas qu'il détient la coupe mortelle, il peut contrôler les démons..mais une créature obscure, au sang brute circulant dans ses veines, devient similaire à un démon pur et dur.

Détachant mon attention du mur ornées de symboles magiques, je considérai mon cadet avec sérieux tandis qu'il me fixait avec une pointe d'horreur dans ses orbes de fauve.

-Pourquoi s'en prenait-il aux enfants d'après toi ?

-I-ils ne pouvaient pas encore se contrôler .. ?

-Pas du tout même, et les enfants sorciers sont les plus dangereux.

Je secouai la tête, afin de chasser certaines images de mon esprit, concernant la grande rébellion d'il y a près de vingt-ans. Quand le cercle agît pour la première fois contre les accords. Mais d'autres souvenirs encore plus amères persistèrent avec douleur. « T-tu n'es pas mon enfant..j'ai engendré un monstre.. »

-Je mettrai ma main à couper que ce sorcier est loin d'avoir atteint maturité.

-Eliott semblait plus jeune que Clary.

Un sorcier du nouveau siècle alors..peut-être quatorze voire seize ans tout au plus.

-Et sa marque ? L'as-tu vu, oui ou non ?

-Je ne suis pas sûr. Est-ce qu'un sorcier peu en avoir plusieurs ?

-On parle de caractéristiques s'il n'a pas le physique d'un humain. Le tout forme sa marque.

-Alors il a une marque à plusieurs caractéristiques.. Le plus flagrant ce sont ses cheveux. On dirait..un curieux mélanges d'or et d'argent.

J'eus un geste de recule incompréhensif.

-Je te demande pardon ?

-C'est cheveux..ils sont fait à la fois de mèches d'ors et d'argents. Me répéta t-il en hachant bien chacun de ses mots : Il s'en est servi comme arme contre Aldertree. Ils sont soudainement devenus pointus et aiguisés comme de véritables aiguillons.

-D'accord, fis-je peu en mesure de cacher mon scepticisme : Et les autres caractéristiques ?

-Ses yeux je suppose ?

-Comment ça, tu « supposes » ?

-Je t'ai déjà dit que je n'en savais rien ! Il avait les yeux bandés..tâchés de sang.

« Ces yeux sont ceux du diable ! J'ai mis au monde l'enfant de Satan.. » Un vertige me tortura de part et d'autre. Je décidai donc de faire une pause en me laissant glisser le long du mur derrière moi avant de finir affalé sur le sol dont le froid me traversa rigoureusement, et me fit frisonner jusqu'à l'échine.

-Coup de barre ?

-Ouais..le sortilège de vision thermique brûle les rétines. Mentis-je en me frottant les yeux. Un soupire exaspéré m'obligea à perdre un soupçon de ma grâce. Alexander.. Le regard perdu sur la vue du mur en face de moi, je laissai mes pensées vagabonder. J'eus tellement envie de retrouver mon Nephilim que j'avais abandonné depuis déjà une bonne heure.

-Bon, on se remet au boulot. Dis-je en prenant appui sur mes genoux pour relever le vieille os que j'étais. J'entendis Jace bailler peu élégamment. Je sortis de mes poches mes feuilles et mon crayon et en fis apparaître un second que je tendis à Blondin.

-Quoi ? Je sais pas dessiner les moutons.

-Hors de question de te voir te tourner les pouces. Dessine-moi tout ce que tu verras sur les murs de la salle de jugement. Je continuerai de ce côté-ci.

-Hein ? Trop chiant.. Râla t-il en m'arrachant des mains des feuilles et le crayon de bois. Dans la foulée, il fit tomber mes propres dessins.

-Ce qu'il peut m'agacer.. Pestai-je dans ma barbe.

Je m'accroupis afin de ramasser les dessins quand soudain, la position d'un d'entre eux me stoppa dans mon geste. J'inclinai un peu plus la feuille et rajoutai deux trois traits au symbole..Je fus plus que stupéfait par ce que je découvris alors. Mais ce sont les sceaux de Ragnor ! En effet, j'eus beau tourner le dessin dans tous les sens, en le superposant partiellement avec ceux qui se trouvaient sur le mur, j'étais certain de reconnaître la base des sceaux magiques de ce vieux Ragnor Fell.

Autant d'indices et pourtant le plus gros du mystère restait à être percé afin de comprendre comment les sceaux de mon défunt ami se retrouvaient gravés dans la pierre des tréfonds de la cité des os.

A suivre..


Z'avez vu je suis là !

Bon, vous l'aurez compris, prochain chapitre, Malec First date ! mwhaha, je ne reprends pas du tout la série d'ailleurs pour leur premier rendez-vous. J'ai été très contente de faire intervenir le Président Miaou, le meilleur juge relationnel de Magnus (un psychochat pour sorcier en fait) Du coup , grâce à lui (ou à cause de lui) personne ne saura ce qu'il aura eu vraiment d'inscrit dans la lettre :D !

Nous nous pencherons un peu plus au sujet de l'épée mortelle dans le prochain chapitre ! Et certainement la rune de Clary j'hésite encore à entrer dans le vif du sujet maintenant ou encore deux chapitres plus loin..*examine ses brouillons* Bon, en tout cas je tiens à vous mettre en garde, j'arrive bientôt à un premier aboutissement de mon scénario. (qu'on peut calquer avec la première partie de la saison 2 du coup) bien sûr je laisse bien plus parler mon scénario que celui du show, à part pour de courtes scènes, mais il est fort probable que j'en utilise une plus expressément dans les prochains chapitres !

Sur ce, je vais vous laisser reposer vos yeux ! Je souhaite que ce chapitre vous ait plus en tant que lecture ! Pour ma part, je prends toujours un grand plaisir à travailler sur cette fanfic et surtout d'interagir avec vous tous ! Merci de me suivre, me lire et me soutenir comme vous le faites !

A très bientôt ! bisou~