Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna, Sergueï, Henrique, Elidjah, Owen et Connors.

Béta : BettyMars

Zarakinel, merci pour ta fidélité et te encouragement. Morganne-bzh, Et oui, avec tout ça, on en avait oublié qu'un méchant basilic trainait dans le coin lol. Mais qu'à cela ne tienne, l'auteure sadique (moaa) est là pour vous le rappeler lol.

Bon, visiblement l'association de Severus et des jumeaux vous a plu. J'en suis ravie ). Et bien sûr, le fait que Ioann aille bien mieux vous a aussi rassuré. Même si, comme on me l'a fait remarquer, sa confiance tombe comme un soufflé face à Warrington … Et oui, il n'est pas encore totalement à l'aise le p'tit bouchon lol. Bon, j'espère que vous êtes bien accroché car beaucoup de choses dans le chapitre d'aujourd'hui … farce, courage, carnet, serpent, et tout un tourbillon dans lequel je vais vous emmener en espérant que tous les changements que je vous proposer vont vous plaire aussi … et puis là aussi vous aller apprendre quelque chose que vous avez peut-être oublié… depuis le temps lol

Bref, j'attends vos commentaires avec impatience car j'avoue avoir besoin d'un peu d'être rassurée sur ce coup là … (bien que ça ne changera pas grand choses vu que j'en suis bien plus loin pour l'écriture.)

Sur ce, bonne journée, bonne lecture et à mercredi prochain.


Chapitre 12 : Vicissitude.

Mardi 20 Avril 1993

Cela faisait un peu plus d'une dizaine de jours que Warrington était de retour à Poudlard, et depuis ce même temps, Severus avait vu son espiègle de fils redevenir un petit animal craintif. Il grogna contre lui-même de penser ainsi à Ioann, mais au final c'était bien ce à quoi il ressemblait. Il ne quittait jamais ses amis, sursautait quand le quatrième année passait à proximité de lui dans les couloirs et passait son temps à jeter des coups d'œil inquiets à la ronde. Il avait eu beau lui parler plusieurs fois pour qu'il voie les choses différemment et cesse de se culpabiliser mais ce n'était pas son fils et celui d'Ivanna pour rien : il était buté et impossible de lui faire entendre raison.

Le professeur jeta un regard sur l'ensemble de la classe. Comme régulièrement depuis une dizaine de jours, c'était l'un des cours les plus calmes auquel il assistait. Oh bien sûr, celui qui groupait les Serdaigles et les Poufsouffles de première année était relativement peu pénible. Enfin si on oubliait les délires lunatiques de la jeune Lovegood. Il se reconnecta à la réalité et regarda les élèves de quatrième année des maisons Serpentard et Gryffondor s'activer sur leur chaudron. Il tenta de liquéfier Warrington d'un regard avant de soupirer en voyant que son voisin de table était encore à deux doigts de faire exploser sa potion. Il allait reprendre Montague quand Pucey, installé juste derrière, lui donna une queue de rat séchée afin de stabiliser la solution. Une explosion fit sursauter tous les autres élèves alors que Kenneth Towler fixait son chaudron avec désespoir.

- Monsieur Towler, ne vous a-t-on jamais dit que vous étiez une calamité ambulante ? Non, ne touchez pas à votre chaudron. Laissez lui le temps de refroidir avant de vous brûler et d'aggraver votre cas.

- Mais professeur, j'ai fait tout ce qui été éc…

- Je ne veux pas savoir. Rangez donc vos affaires et relisez le chapitre en cours. Au moins de cette façon j'ai peut-être une chance de ne pas vous voir ravager ma salle de cours. Evanesco.

D'un coup de baguette, Severus avait fait disparaitre la mixture nauséabonde. Puis il contourna la table d'Angelina Johnson et d'Alicia Spinnet, passa devant celle des jumeaux Weasley avant de regagner son bureau. Il s'assit en se disant que depuis que ces deux derniers avaient cessé de tenter de le faire tourner en bourrique en lui posant des tas de questions sur les cours de potions. Il n'avait plus besoin de potion anti-migraine après deux heures en leur compagnie. Un léger sourire en coin qu'il transforma en rictus méprisant, il regarda à nouveau Warrington. Pour une fois, il était prêt à suivre l'exemple de Minerva et passer sur toutes les bêtises de ces chers Gryffondors. Surtout si ceux-ci mettaient leur talent de farceurs à fomenter des vengeances envers le maître chanteur de son fils.

Il s'attaqua à la lecture du compte rendu de Remus sur les corrections des septièmes années, tout en gardant un œil sur ses élèves. Non qu'il voulait à tout prix les surprendre en train de faire n'importe quoi. Depuis les années, ils avaient tous bien compris qu'il ne fallait surtout pas narguer le Professeur Snape. Non, il avait l'intime conviction que Weasley et Weasley bis avaient l'intention de se servir de son cours comme prétexte à leur nouveau mauvais coup. Il ne l'avouerait jamais, mais ces deux gamins étaient vraiment doués pour ce genre de chose. Lupin avait été positivement hilare quand il lui avait raconté comment ils avaient transformé le serpent du blason vert de Warrington en une immonde limace rose deux jours plus tôt.

Un mouvement furtif attira son attention. Il fronça légèrement les sourcils en voyant qu'il venait de Lee Jordan. Ainsi donc les jumeaux avaient mis leur acolyte dans la confidence. Pourquoi n'était-il pas étonné de cette manœuvre ? Et puis, la place du garçon était bien plus proche de Warrington que celles des rouquins. Son regard acéré tomba sur le chaudron de son élève honnis. La potion avait été rendue instable par un ingrédient surprise. Pour l'instant, Severus essayait d'analyser la réaction de la solution pour en connaitre les effets. Un sourcil se releva alors qu'un léger pétillement commençait à envahir son regard. Il consolida son masque de froideur pour ne pas se trahir. Vraiment très inventifs ces élèves.

Fred releva les yeux vers le tableau, tomba un instant sur les yeux noirs de Severus et le vit replonger dans ses parchemins comme si de rien n'était. Décidément, leur professeur avait vraiment un côté farceur intéressant. Il avait visiblement compris leur blague et entrait dans leur jeu. Le rouquin se concentra sur les yeux de triton qu'il était en train d'émincer. Un coup de coude de son frère lui fit relever la tête. Le sourire goguenard de George l'incita à se pencher un peu en avant pour voir au dessus de son épaule ce que leur camarade Serpentard était en train de devenir. Une épaisse fumée violette s'échappait en volute de son chaudron alors qu'il cherchait activement dans son livre. Sûrement le pourquoi du comment et surtout une solution à son problème. Fred retint un ricanement en pensant qu'il pouvait toujours chercher mais qu'il n'était pas prêt de trouver.

Petit à petit, tous les élèves se mirent à le regarder tenter de se dépêtrer avec sa potion. George, avec un plaisir intense, le vit se pencher au dessus du chaudron pour essayer d'en définir la couleur ou n'importe quoi d'autre. Rapidement, le visage bovin de Warrington prit une teinte violacée et scintillante tout comme la fumée diminuait progressivement en intensité. Quand elle eut complètement disparu, un sifflement aigu se fit entendre, incitant la plupart des élèves à se boucher les oreilles. Le rouquin vit alors le professeur se lever et avancer d'une démarche raide vers son élève. D'un nouveau Evanesco, il supprima le contenu du chaudron soulageant ainsi les tympans de tout le monde.

- Monsieur Warrington, ainsi vous comptiez vous faire remarquer une nouvelle fois ? Je pensais pourtant que votre dignité vous aurait poussé à faire profil bas devant moi.

- J'ai dû me tromper quelque part, bougonna l'élève.

- C'est une évidence, railla Severus. Pourtant c'est une potion dont la théorie a déjà été étudiée et dont un devoir a été demandé.

- Je ne suis là que depuis douze jours professeur, j'ai eu une longue absence de deux mois, rappelez-vous.

- Et je vous conseille de vous rappeler que je suis encore votre professeur et votre directeur de Maison. Aussi vous vous devez de vous adresser à moi avec respect. Quant à cette potion, elle a été étudié début janvier et vous avez eu un Optimal à votre devoir écrit. Il va de soit que vous devriez être totalement incollable sur sa fabrication, n'est-ce pas ?

- Oui professeur, marmonna Warrington tout en le fusillant du regard.

- Evidement, le fait que vous n'ayez pas fait vous-même ce devoir pourrait expliquer votre incompétence d'aujourd'hui. Pour avoir perturbé mon cours par votre idiotie, vous serez collé pendant un mois. Etant donné que vous ne faites plus partie de l'équipe de Quidditch, vous passerez donc la durée des entrainements avec Rusard. Arrêtez donc de vous dandiner comme une ballerine, vous êtes loin d'en avoir la grâce. Donc, notre concierge sera votre surveillant pendant que vous me referez l'ensemble des devoirs où vous avez triché. Comme évidement, je ne sais pas exactement lesquels, vous referez l'ensemble des devoirs que je vous ai donné depuis le début de l'année.

- Professeur, je …

- Ne me coupez pas la parole ! Pour ces retenues, vous n'aurez droit qu'à votre livre de potions et les notes que vous avez pris lors des cours. Vous referez les devoirs jusqu'à ce que vous obteniez la note d'Effet Exceptionnel à chacun.

- Prof…

- Si ce n'est pas le cas à la fin de cette année, dès le premier septembre prochain nous reprendrons les retenues jusqu'à ce que vous les ayez tous refaits. Maintenant prenez un parchemin et écrivez la procédure de cette potion en boucle jusqu'à la fin de l'heure.

- Professeur, je…

- Pas un mot Monsieur Warrington, ou je me verrais dans l'obligation d'alourdir votre punition pour manque de respect à un professeur. Maintenant silence et que chacun retourne à son chaudron. Trowler ! Prenez également des notes sur vos lectures, avec un peu de chance vous comprendrez pourquoi vous avez fait exploser votre chaudron.

- Professeur, est-ce que je pourrais sortir un instant ?

- Certainement pas Monsieur Warrington. Mon cours n'est pas un loisir. On n'en sort pas comme au Trois Balais ! Au travail !

Le dernier rugissement de Severus incita tous les élèves à plonger la tête dans leur potion afin de ne pas recevoir son venin. Quand il passa devant les jumeaux, il leur fit un léger clin d'œil alors qu'ils surveillaient leur camarade d'un regard goguenard. Puis il alla s'installer à son bureau pour reprendre le rapport de Remus. Il jeta un œil à la victime de sa colère pour le voir se tortiller sur sa chaise. L'effet avait déjà commencé. Il vit Montague se retourner en fronçant les sourcils vers son compagnon de table avant de grimacer. La salle n'était pas silencieuse. Non. On entendait le glougloutement des chaudrons bouillonnants, le grattement des plumes sur les parchemins, le tintement des ustensiles. Mais on aurait tout aussi bien pu entendre le bourdonnement d'une abeille au milieu de tout cela. Aussi, lorsque le son gras d'une flatulence se fit entendre, tous les élèves relevèrent la tête en regardant qui avait bien pu s'oublier ainsi. Montague lui, grimaça un peu plus tout en s'éloignant progressivement de son camarade.

- Elégant, cracha Severus. Je ne veux même pas savoir qui a suffisamment de vulgarité pour cela. Reprenez le travail, il vous reste encore vingt minutes pour finir votre potion.

Les élèves lui obéirent prestement alors qu'un concerto de gargouillis intestinaux s'éleva dans les airs. Une deuxième flatulence plus ponctuée que la première retentit alors que cette fois, l'odeur sembla se propager dans les rangs.

- Professeur, est-ce que je …

- Taisez vous Warrington et travaillez donc un peu.

- Mais je …

- Cinq points en moins pour Serpentard pour non respect envers votre professeur.

Les Serpentards se tournèrent prestement vers leur directeur de Maison tout en le regardant comme s'il était fou. Ils étaient totalement éberlués de voir que Snape venait d'enlever des points à sa propre Maison. De leur côté, Fred et George essayaient de ne pas éclater de rire. Ce cours était vraiment un bon cru… enfin un peu moins maintenant que l'odeur nauséabonde commençait à arriver à eux. Lee les regardait en leur faisant bien comprendre qu'ils paieraient pour l'avoir gazé ainsi même si c'était pour la bonne cause. Mais ils ne s'en préoccupèrent pas. Ils arriveraient parfaitement à calmer leur camarade plus tard. En attendant, Warrington semblait de plus en plus mal à l'aise et vira au rouge carmin lorsqu'une série de flatulence lui échappa à nouveau. Cette fois, Montague vomit dans son chaudron alors que derrière, Pucey avait un haut le cœur tout en ventilant l'air avec un parchemin. Sa camarade de table se pinça fortement le nez tout en se levant. Severus la regarda un sourcil haussé avant de lui donner la parole.

- Professeur Snape, je crois que Warrington est malade, peut-être qu'il pourrait aller à l'infirmerie. Il n'a plus de potion à faire et il dérange ceux qui veulent travailler, grimaça la Serpentarde.

- Bien, soupira théâtralement le professeur. Pucey, accompagnez-le. Montague, vu que vous avez ruiné votre potion, recopiez le cours jusqu'à la fin de l'heure. Les autres, on reprend.

Quand les deux Serpentards furent sortis, Severus lança un petit sort pour rafraichir l'air, car il devait bien admettre que l'odeur donnait presque l'impression qu'un Troll était en décomposition sous une table.

o0o

Un peu plus tard, alors que le repas de midi était bien entamé, la nouvelle de ce qui s'était passé en cours de potions avait déjà fait le tour de l'école. Minerva, qui s'était installée à côté de Severus pour échapper au babillage de Gilderoy, tentait d'en savoir plus. Un visage peu avenant, un regard noir, le professeur de potions lui raconta avec une voix froide les problèmes gastriques et laxatifs que son élève subissait. Sa collègue comprit très bien les sous entendus et regarda ses Gryffondors avec fierté. Mais elle manqua de pouffer de rire lorsque Severus ajouta qu'il avait reçu un mot de Poppy, lui signalant qu'elle avait donné une potion à son élève afin de stopper les effets gastriques dérangeants mais que malheureusement, celle-ci n'était pas instantanée et qu'il faudrait presque vingt quatre heures pour que tout soit réglé. Décidément, ses collègues étaient de diaboliques petits rusés.

A la table des Serpentards, les élèves s'étaient serrés les uns contre les autres, afin de rester le plus éloigné possible de Warrington. Celui-ci arborait de charmantes oreilles plus rouges que le blason des Gryffondor alors que ses joues étaient maintenant plus pâles qu'un fantôme. Ses flatulences ne s'étaient pas calmées et régulièrement il devait courir jusqu'aux toilettes. Il avait déjà dû changer deux fois de caleçon depuis la fin du cours de potions et trouvait cette situation plus que gênante.

Un peu plus loin, Ioann écoutait les autres plaisanter et se moquer. Dans d'autres circonstances, il se serait joint à eux. Mais il s'agissait de Warrington et rien que ça faisait la différence. Si le quatrième année le voyait en train de rire de lui, alors ça ne sentirait pas bon pour lui… enfin sans mauvais jeu de mot. Ioann se retint de pouffer à ses pensées mais le regard sombre que Warrington lui lança lui fit passer toute envie de rire. Ce type était dangereux, il le savait et il n'avait pas du tout envie de tenter le diable. Aussi il replongea rapidement dans son assiette avec dans l'idée de sortir au plus vite de la Grande Salle. Quelques minutes plus tard, il finissait son repas et indiquait qu'il allait à la bibliothèque pour faire son devoir de Sortilèges. Aussitôt, Owen décréta avoir fini également alors qu'il engloutissait sa part de tarte au citron meringuée. Mâchonnant le reste de son dessert, il accompagna son camarade, même si faire son devoir n'était dans ses priorités à la pause déjeuner. Elidjah et Connors leur dirent qu'ils les rejoindraient un peu plus tard.

Mais leur temps libre fila si vite qu'ils ne purent faire que la moitié de ce qu'ils avaient prévu. Aussi, ils se retrouvèrent à se presser dans les couloirs pour ne pas arriver en retard en cours de Botanique. Dans le hall, ils s'arrêtèrent un instant en entendant Ernie Macmillan hausser la voix contre Potter. Celui-ci ne répondait pas et finit même par lui tourner le dos pour partir dans les étages. Le Poufsouffle éructa de colère et lui lança un sort. Harry l'évita de justesse mais pas son sac de cours qui se déchira sous l'impact. Ron sortit sa baguette et visa l'agresseur alors que Hermione tentait de le raisonner. Harry le regarda d'un regard sans colère et se baissa pour ramasser ses affaires, lancer un Reparo à son sac et repartir comme si de rien n'était. Attiré par le bruit Rusard arriva juste au moment où le rouquin baissait sa baguette. Chacun repartit de son côté en faisant comme si de rien n'était et ne trouvant aucune trace d'une quelconque blague, Argus fit demi tour. Julian attrapa le bras de Ioann pour l'entrainer à leur cours avant d'être vraiment en retard mais il dut tirer un peu plus fort que prévu.

En effet, le plus petit s'était complètement figé. Ce n'était pas de voir l'altercation qui l'avait mis dans cet état. Non. C'était qu'il avait aperçu dans les affaires éparpillées de Potter, le carnet noir de Lucius. Alors qu'il se faisait entrainer vers les serres, il se demandait bien s'il n'avait pas rêvé. Après tout, jamais Warrington n'aurait donné son carnet à un Gryffondor et surtout pas à Harry Potter. Alors qu'il prenait place devant sa table, il se promit d'y réfléchir le soir même.

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Mercredi 21 Avril 1993

Après s'être torturé l'esprit pendant un peu plus d'une journée, oublieux de toute sécurité et agissant comme un Gryffondor, Ioann profita d'une énième dispute entre ses camarades de chambre pour s'éclipser et partir à la recherche de Warrington. Il avait en effet dans l'idée de lui demander directement ce qu'il avait fait de son carnet. Il le trouva relativement facilement avec l'aide des tableaux. Il était seul lui aussi. Aussitôt il se précipita sur lui et lui agrippa le bras. Ioann réagit, en relevant considérablement la tête, qu'il était réellement minuscule comparé à lui.

- Lâche-moi sale fils à papa !

- Qu'est-ce que t'as fait de mon journal ? Attaqua Ioann, porté par l'adrénaline.

- Dégage, tu me pompes l'air et je vais encore me faire punir à cause de toi, cracha le quatrième année faisant pâlir le plus jeune.

- Qu'est-ce que t'as fait de mon journal ? Insista le plus jeune mettant de côté sa culpabilité.

- Je m'en suis débarrassé il y a un moment, pouilleux.

- Où ?

- Toi tu commences sérieusement à m'agacer ! Depuis que je te connais tu ne fais que m'attirer des problèmes. Nous sommes hors de la Salle Commune et tu es juste à côté de moi. Dans peu de temps les profs vont me tomber dessus. Encore par ta faute car c'est toi qui es venu m'agresser. Alors maintenant si tu ne veux pas que je te casse la gueule une bonne fois pour toute, casse toi !

- Non, tu …

- Je quoi ? Tu ne m'en crois pas capable ? Je n'ai pourtant eu aucun remords à pousser Potter dans les escaliers quand ce sale balafré nous a fait perdre notre match. Je suis sûr que c'est sa faute si Malfoy a été attaqué par le cognard. Et tu vois, personne ne m'a jamais soupçonné. Je pourrais faire ça à nouveau. Le pauvre bébé Snape qui a glissé dans les escaliers et qui s'est brisé le cou. Ce serait si dommage mais totalement accidentel. Parce qu'il y a à peine deux mètres entre les marches et nous…

Ioann écarquilla les yeux et ouvrit grand la bouche, cette fois complètement apeuré. Son courage avait fondu d'un coup et il réagit qu'il se trouvait seul avec son cauchemar… à sa merci. Il relâcha sa manche et se recula en tremblant. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de se jeter ainsi dans la gueule du loup ? Tout ça pour un carnet que Lucius ne semblait même pas se rappeler… Il fit deux autres pas en arrière alors que l'autre garçon s'était mis à avancer dans sa direction. Mais il buta rapidement contre le mur. Il s'était réellement mis dans une belle bouse de dragon. Son père allait lui faire la morale et le traiter de Gryffondor sans cervelle… enfin il l'espérait, car il pouvait tout aussi bien le punir pour avoir désobéi à la consigne de ne pas se promener seul.

- Alors, tu as compris que tu ne t'étais pas attaqué à la bonne personne ? Tremble, tremble petit insecte, je t'écraserais tout de même d'un coup de main.

- Tiens mais c'est ce cher Warry !

- Tu es enfin sorti de tes toilettes ?

- Dégagez de là, Weasley de malheur ! Je suis sûr que c'est votre faute !

- Bien sûr que non…

- …comment veux-tu qu'on t'ait fait quelque chose…

- …tu as commencé à être malade en potion…

- ...et Snape ne loupe aucune occasion de nous reprendre…

- …donc c'est pas nous.

- Fermez là et cassez-vous, j'ai un compte à régler avec ce mioche. Problème Serpentard, vous n'avez rien à y voir.

- Tu sais que si on en parle à notre directrice de Maison, tu vas avoir de gros problèmes, répondit George soudain sérieux.

- Alors tu laisses le p'tit et tu traces plus loin, continua Fred, avec tout autant de sérieux.

Les trois garçons s'observèrent un instant avant que le Serpentard grogne et fasse demi-tour, abandonnant sa proie. Ioann tremblait toujours et le suivit du regard comme pour s'assurer qu'il était bien parti. Merlin, comment avait-il pu être aussi imprudent et s'attaquer à lui ainsi ? Une main se posa sur son épaule et le fit sursauter. Il retourna son regard apeuré vers celui qui venait de le toucher.

- Hey, t'affole pas p'tit loup, on ne va pas te manger.

- T'as que la peau sur les os, on ne ferait pas ripailles.

- Tu sais que c'est dangereux de te promener seul dans les couloirs ?

- Je … je sais, mais je voulais lui parler de quelque chose et j'ai cru que … enfin que …

- Tu as cru qu'il te répondrait facilement car il est surveillé de près ? Demanda Fred

- Oui, et puis … je sais pas… j'avais l'impression de pas avoir peur.

- Un vrai petit Gryffondor. Feorge, c'est un pote à nous ça ! S'écria Fred en claquant fortement l'épaule de Ioann le faisant presque perdre l'équilibre.

- Evidement Gred, Bill et Charlie l'ont bien gryffondorisé, c'est à nous de finir le travail.

- J'suis pas un Gryffondor, bouda doucement Ioann, se détendant considérablement en entendant les noms de ses amis.

- Ah mais si Loupiot, tu fonces tête baissée et tu réfléchis après.

- Tout comme un vrai Gryffondor.

- Charlie vous fâchera car il sait que je suis un vrai Serpentard.

- Il ne nous fait pas peur, tu sais.

- Oui mais il est super fort ! Il s'occupe de dragons lui !

- Oui et nous d'un mini chat, c'est vrai qu'on est pas dans la même catégorie.

- C'est … enfin ... je … Merci pour avoir fait partir Warrington, chuchota Ioann en rougissant.

- Pas de souci Microbe…

- Si t'as besoin, n'hésite pas à nous demander…

- C'est gentil, bredouilla le plus jeune qui ne savait pas trop comment réagir face à ça.

- Te fais pas d'idées, on se ferait juste massacrer par nos grands frères si on te laissait dans la panade…

- On est loin d'être suicidaire. Et tu sais quoi ? Ben on a quand même un peu peur de Charlie, lui avoua George en lui faisant un clin d'œil.

- Il maitrise les dragons, alors de nous, il ne ferait qu'une petite bouchée.

Le petit rire clair de Ioann résonna dans les couloirs jusqu'à arriver à une silhouette sombre, cachée derrière une armure. Severus fit demi-tour et repartit dans la salle des professeurs. Ils étaient en pleine réunion lorsque l'alarme indiquant que Warrington était entré dans le périmètre de sécurité autour de son fils, s'était déclenchée. Il avait donc quitté ses collègues sur le champ pour rejoindre l'endroit indiqué. Mais il s'était arrêté en voyant que les jumeaux avaient investi la place et s'occupaient du problème. Finalement, il s'était déplacé pour rien. La famille Weasley était décidément très protectrice envers le garçon. Severus pensa un instant que Molly et Arthur pouvaient être très fiers de leur progéniture.

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Samedi 8 Mai 1993

Cette nouvelle journée semblait bien partie pour être un avant gout de l'été. Le soleil était de sortie et une légère brise faisait frissonner la végétation. Dans la Grande Salle, la table des Gryffondors était particulièrement bruyante. Ce jour là, un match de Quidditch les opposait à l'équipe de Poufsouffle. Depuis une semaine, tous les soirs, Olivier Dubois trainait ses équipiers dans un entrainement intensif. Harry aurait pu sentir le stress du match grandir dans ses veines mais un évènement, qui avait eu lieu la veille, le perturbait. Alors qu'il était sur son balai à tenter d'attraper le Vif d'Or, quelqu'un avait mis à sac le vestiaire. Ils avaient retrouvé toutes leurs affaires en vrac, éparpillées jusque dans les douches. Ils avaient bien sûr pesté contre celui qui avait fait cela, supposant fortement que Peeves était le coupable vu que rien ne leur manquait. Mais si Harry n'avait rien dit sur le coup, il avait pourtant bien remarqué qu'à lui, il lui manquait une chose. Un certain carnet noir. Il en avait parlé à Ron et Hermione une fois de retour dans la Salle Commune. Ils étaient alors arrivés à la conclusion que la personne qui l'avait jeté dans les toilettes de Mimi était venue le récupérer.

- Bonne chance Harry. Tu es le meilleur !

Le garçon sortit brusquement de ses pensées et releva la tête, surpris. Il tomba sur le visage rougissant de Ginny. Il eut tout juste le temps de la remercier qu'elle partait déjà hors de la Grande Salle. Ron rigola de l'attitude de sa sœur pourtant si intrépide habituellement, s'attirant un regard autoritaire de Percy. Hermione le gronda également avant que Harry ne leur dise qu'il devait aller se préparer. Tous les trois se levèrent pour rejoindre le dortoir des deuxièmes années de Gryffondor. Mais à peine arrivé dans les escaliers, le brun se figea.

- … Tuer, cette fois … déchirer… écorcher…

- Là ! Là ! Vous l'avez entendue cette fois ? S'exclama-t-il en se retournant vers ses deux amis.

- Non, entendre quoi ? répondit Ron en écarquillant les yeux de surprise sous cette vive réaction.

- La voix !

- Mais bien sûr ! Je crois que j'ai compris mais il faut que je vérifie quelque chose ! S'écria Hermione soudain très excitée. Il faut que j'aille…

- A la bibliothèque, répondirent en chœur les deux garçons lui faisant lever les yeux au ciel.

- Je vous rejoins au stade.

- Je me demande ce qu'elle a compris, s'interrogea le rouquin.

- Bien plus que moi en tout cas. Allez, faut que j'y aille, le match va bientôt commencer.

Les deux garçons se hâtèrent d'aller chercher l'équipement et le balai de l'attrapeur avant de gagner le terrain de Quidditch, l'un dans les vestiaires, l'autre dans les gradins. Olivier fit à ses camarades, un de ses discours barbants et peu motivants. Puis les deux équipes s'avancèrent sur le terrain. Harry se sentit soulagé que le match commence, ainsi les élèves seraient en sécurité dans les gradins car personne ne serait assez fou pour les attaquer devant tant de témoins. Madame Bibine fit les recommandations d'usage et les joueurs enfourchèrent leur balai. D'un coup, le professeur McGonagall arriva sur le terrain, un mégaphone violet et démesuré à la main. Elle s'arrêta une fois qu'elle fut suffisamment avancée et porta l'appareil à son visage.

- Le match est annulé ! Annonça-t-elle, avant d'hausser la voix pour couvrir les huées et les cris. Que les préfets reconduisent les élèves de leur Maison dans leur Salle Commune. Que personne ne sorte tant qu'aucun des professeurs n'est venu vous en donner l'autorisation.

Dubois était éberlué. Il tenta de raisonner sa directrice de Maison en lui disant qu'un match de Quidditch ne pouvait pas être annulé mais le regard autoritaire le fit changer d'avis. De son côté, Harry sentit une chape de plomb tomber au creux de son estomac. Sensation qui s'accentua lorsque le professeur lui fit signe de le suivre. Il descendit de son balai et tourna la tête lorsqu'il entendit son nom. Ron arrivait difficilement en se faisant un chemin au travers de la foule. Minerva le regarda arriver et l'incita à les suivre également. Elle les entraina, non pas dans son bureau, mais à l'infirmerie. Elle les prévint qu'ils risquaient de recevoir un choc et ils en eurent réellement un en voyant Hermione, pétrifiée sur un lit.

- Il y a eu une double agression encore. Miss Granger et Miss Deauclaire étaient à la bibliothèque quand cela à eu lieu. Ce miroir a été trouvé à côté d'elles. Je suppose que vous n'avez pas d'explications, Messieurs ?

- Non professeur. On savait que Hermione était allée à la bibliothèque comme souvent mais je pensais qu'elle était déjà arrivée sur le terrain, répondit Harry, sincèrement.

- Bien, je vous raccompagne à votre Salle Commune, vous serez autorisés à rendre visite à Miss Granger quand l'école sera sécurisée.

- Le sera-t-elle un jour, grommela Ron s'attirant un regard noir de sa directrice de Maison.

Un peu plus tard, alors que le professeur de Métamorphose avait donné les nouvelles consignes de sécurité et les avertissements concernant une fermeture plus que probable de l'école, les élèves de Gryffondor commencèrent à parler avec animation. Cormac McLaggen fit le détail des attaques pour en arriver à la conclusion que seuls les Serpentards n'avaient pas été touchés.

- Ils sont derrière tout ça c'est sûr ! Et puis le monstre de Serpentard, l'Héritier de Serpentard et aucun de leur Maison de pétrifié. Pourquoi les profs de les virent pas tous au lieu de fermer l'école !

Une salve d'applaudissements lui répondit et Percy, visiblement choqué par cette dernière attaque, ne prit même pas la peine de donner son opinion. Harry aussi était soucieux. Parce qu'il avait entendu la voix et qu'il aurait pu faire quelque chose pour éviter l'attaque. Il savait qu'entendre des voix n'était pas bon signe, même chez les sorciers, Ron le lui avait déjà dit. Mais il aurait faire quelque chose. Son ami lui demanda s'il pensait que les autres pouvaient faire quelque chose contre Hagrid. Le brun le regarda fixement tout en lui murmurant qu'ils devaient aller le voir et lui parler. Cette fois, ils ne pouvaient plus retarder l'explication avec le géant. Ils attendraient que tous les autres soient endormis pour sortir secrètement de la tour. Cette affaire ne pouvait plus attendre même une nuit de plus.

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Dans les cachots, après plusieurs rondes et réunions, Severus était en train de discuter des évènements avec Remus. Après tout, étant un loup garou, il devait bien pouvoir les aider d'une façon ou d'une autre. Surtout que la pleine lune était moins d'une semaine plus tard et que cela devait exacerber ses sens. Mais après avoir déambulé, sous sort de dissimulation, dans les couloirs, il ne put rien sentir d'étrange, à part quelques colonies d'araignées circulant étrangement le long des plaintes.

- Tu ne sers définitivement à rien.

- Je ne suis pas un chien renifleur, Severus !

- Non, ça c'est le rôle de ton copain. Mais je pensais que tu avais un peu plus de facultés mentales que lui pour nous aider au mieux. Mais je me suis encore trompé. Promets-moi de m'empêcher de jouer à la loterie Sorcière, ça m'évitera de perdre des Gallions.

- Sirius fait d'ailleurs des recherches sur les évènements d'il y a cinquante ans, mais n'a rien trouvé pour l'instant.

- Ce qu'il fait est inutile. Si Albus n'en sait pas plus, je ne vois pas en quoi les archives du Ministère pourraient nous aider.

- Et bien qui ne …

- Severus ! Enfin ! Bordel, mais t'étais passé où ? Ça fait deux heures que je tente de te contacter toutes les vingt minutes !

Le maître des Potions sursauta en entendant une voix venir de derrière lui. Il se retourna pour voir la tête de Milo flotter dans la cheminée. Il lança un regard suspicieux à Remus avant de s'approcher.

- Ce n'est pas le moment, on est en état de crise ici.

- Je sais, répondit le journaliste. J'étais au Ministère pour le boulot quand j'ai croisé Lucius, il n'a pas le temps de te contacter. Il y a eu des fuites par chez vous, l'attaque est connue depuis cet après midi. Fudge est en ébullition. Lucius ne le lâche pas mais il y a un autre type, Ben… non... Bochalet… Blédilé…

- Bletchley.

- Oui voilà. Donc ce type monte la tête de Fudge contre Albus. Je ne sais pas tout ce qui se trame mais ça ne sent pas bon du tout.

- Fudge en a après Albus car il espère ainsi éliminer un adversaire à la tête du Ministère.

- C'est stupide, Albus ne veut pas de son poste, fit remarquer Milo.

- Oui mais ça il ne veut pas le savoir. Quant à Bletchley, Lucius le suit depuis plusieurs mois. Il a trop d'ambition mangemoresque pour être pris à la légère. Et avec cette nouvelle attaque il va passer à l'action.

- Sev' ? Comment va Ioann ?

- Bien. Pas à l'aise depuis que son maître chanteur est revenu mais il tient la tête hors de l'eau. Les jumeaux Weasley en font toujours autant voir à Warrington et Ioann s'en amuse discrètement.

- Ce sont de braves garçons ça. Tout comme leurs ainés. Bon, je te laisse, sinon je vais me faire taper sur les doigts. On se parle plus tard.

La communication fut coupée et Severus se retourna vers Remus.

- Bien, après le monstre invisible, voici un nouveau problème qui pointe son nez. Tu crois que tu vas réussir à le renifler cette fois, lui demanda-t-il sarcastiquement.

- Moi aussi je t'apprécie vraiment beaucoup Severus, répondit Remus avec un grand sourire avant de redevenir sérieux. Mais si Albus est sur la sellette, c'est mauvais pour l'école.

- Là où ça met vraiment Poudlard en danger, c'est qu'alors le Ministère va s'infiltrer dans les affaires de l'école. Et par les temps qui courent…

- A ton avis, qui a averti le Ministère aussi vite ?

- Miles Bletchley, troisième année de Serpentard, fils d'Andrew Bletchley. Je pensais que tu aurais fait le rapprochement. Mais il est vrai que tu n'es qu'un Gryffondor, il ne faut pas trop t'en demander.

Remus soupira sous la mauvaise foi de son collègue mais cela ne l'empêchait pas de s'inquiéter. Si le Ministère prenait les rennes de Poudlard, sa place y serait compromise. Et son statut de loup-garou deviendrait public et Zonko ne pourrait pas le couvrir bien longtemps. Et pour rien au monde il ne mettrait sa nouvelle vie en danger. Il était temps qu'il prévienne Sirius.

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Mais il ne put le faire. Car ce qu'il ne savait pas c'est qu'alors qu'il quittait Severus, Sirius était lui-même réquisitionné par le Ministre pour une affaire importante. Cela faisait maintenant de longues minutes qu'il suivait Fudge, Bletchley et Malfoy. Après avoir eu une discussion assez… étrange en fait, avec Albus, ils étaient maintenant sur le chemin les dirigeant chez Hagrid. Pour l'instant il ruminait. S'il avait bien compris, c'était Hermione Granger, l'amie de Harry qui avait été attaquée un peu plus tôt dans la journée. Il aurait aimé pouvoir voir son filleul pour savoir comment il allait. L'an passé, presque à la même époque, il s'était retrouvé face à Voldemort à cause de Quirrell et là c'était son amie qui pâtissait d'un monstre invisible. Il fallait à tout prix qu'il le mette en garde et qu'il lui interdise de faire n'importe quoi. Il n'était pas le fils de James pour rien. Et Sirius n'avait pas du tout envie de retrouver son protégé en petit morceau.

Albus frappa à la porte de la cabane de Hagrid qui l'accueillit en pâlissant. Chacun s'installa sur un siège, sauf Lucius qui grimaça en voyant les chaises et Sirius qui, de part sa fonction, se devait de rester sur ses gardes. Celui-ci nota le regard pétillant que le directeur de Poudlard lança vers la cheminée, mais cela faisait bien longtemps qu'il avait abandonné l'idée de comprendre cet homme. Cornélius commença à parler au garde chasse. Il lui signala qu'après quatre attaques contre des enfants de Moldus, il se devait d'agir. Malgré les protestations du géant et les interventions d'Albus en sa faveur, le Ministre restait campé sur ses convictions. Ce fut le moment que choisit Bletchley pour se faire entendre.

- Ah au fait, Dumbledore, cela me fait penser que j'ai oublié de vous avertir d'un petit contretemps. Cette affaire ne vous regarde plus en fait. Le conseil d'administration estime qu'il est temps pour vous de passer la main, dit-il en sortant un rouleau de parchemin. Voici l'ordre de suspension. Vous trouverez les douze signatures réglementaires. Nous avons estimé que votre grand âge ne vous permettait plus d'assurer la sécurité des élèves de cette école.

- Attendez Andrew, suspendre Dumbledore ? Intervint Fudge affolé. Je ne suis pas sûr que ce soit …

- La nomination ou la suspension des directeurs de Poudlard relève de la décision du conseil d'administration et non du Ministère de la Magie. Dumbledore a été visiblement incapable d'assurer son rôle et d'arrêter ses agressions.

- Et maintenant, qui réussira à faire cela à votre avis ? Cracha Sirius tout en fusillant du regard les deux membres du conseil d'administration.

- Gardez votre rôle, Auror Black, le réprimandant Bletchley. Et occupez vous d'enfermer Hagrid à Azkaban. Vous en connaissez le chemin n'est-ce pas ?

- Et moi j'aimerais savoir qui sont les douze personnes ayant signé ce torchon, claqua la voix froide de Lucius coupant la réplique de Sirius. Jusqu'à preuve du contraire, je fais parti de ce conseil et je n'ai ni été mis au courant de cette réunion, ni signé ce parchemin.

- Vous étiez injoignable, Lucius, nous avons donc fait une assemblée exceptionnelle et nous avons exceptionnellement élu un membre de remplacement.

- Comme cela est pratique. Je suppose également que vous avez tenté de me joindre avec beaucoup d'acharnement. Ne croyez pas vous en tirer aussi facilement Bletchley. Mais quels arguments avez-vous utilisés ? La menace ? Le chantage ? La corruption ou…. la torture ?

- Vous savez Lucius, personne n'est indispensable, lui répondit Bletchley avec arrogance.

- Non, effectivement… un précepte que vous ne devriez pas oublier, susurra Lucius d'une voix à faire frissonner.

- Messieurs calmez vous, intervint Albus. Si le conseil d'administration veut mon départ, alors soit. Mais apprenez, Andrew que je n'aurais réellement quitté l'école que quand il n'y aura plus personne pour me rester fidèle. Sachez également qu'une aide sera toujours apportée à ceux qui en feront la demande.

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Cachés sous la cape d'invisibilité de James Potter, Ron et Harry avaient reculé d'un pas quand le directeur avait tourné son regard vers eux tout en parlant. Ils étaient persuadés qu'Albus avait conscience de leur présence. Ils regardèrent les autres hommes présents. Harry frissonna en voyant le regard sombre de son parrain. Il avait bien vu la lueur tourmentée qui était apparue dans ses yeux lorsque le sujet d'Azkaban était arrivé. Et maintenant, devoir y emmener Hagrid semblait lui coûtait plus que tout. Bletchley commenta la réplique étrange de Dumbledore et entraina Fudge avec lui, hors de la cabane. Malfoy semblait réfléchir tout en gardant son regard fixé sur son collègue du conseil. Sirius demanda d'une voix lasse à Hagrid de le suivre. Mais celui-ci prit une grande inspiration avant d'annoncer :

- Si quelqu'un voulait découvrir quelque chose, il suffirait de suivre les araignées. Oui voilà. Et puis, il faudrait que quelqu'un vienne s'occuper de Corckdur pendant que je ne serais pas là.

- Pas de souci Hagrid. Je viendrais lui donner à manger régulièrement, tu n'as pas à t'inquiéter. Pour les araignées, par contre, je pense qu'elles peuvent se débrouiller sans moi, lui assura Sirius avec un sourire. Allons-y, avant que Fudge, Malfoy ou Bletchley ne s'énervent encore plus.

- Malfoy n'est pas un si mauvais bougre au fond, tu sais ?

- Tu m'en diras tant. Moi j'estime qu'il n'est qu'un enfoiré de base. Snob et hautain, mais un enfoiré tout de même.

Quand la porte fut refermée, les deux garçons sortirent de leur cachette de tissus. Ce dont ils avaient été témoins était presque plus choquant que Hermione pétrifiée sur son lit d'infirmerie. Hermione. D'un coup, il leur semblait que cela faisait des jours que son attaque avait eu lieu.

- Alors là, ce n'est plus dans la bouse de dragon que nous sommes, mais bien pire, s'exclama Ron.

- S'ils virent Dumbledore, autant fermer l'école. Plus rien n'empêchera le monstre de faire plus d'attaques encore.

- Sauf si c'était bien Hagrid qui … enfin tu sais.

- Je préfère éviter de penser à ça. Viens on rentre. Il ne faut pas qu'on se fasse prendre.