HERE FOR YOU
par wisegirl2772
traduction de m13a
L'univers et les personnages de Harry Potter sont la propriété de JK. Rowling.
L'histoire et les OC ont été créés par wisegirl2772.
Chapitre 12
Amy fixait le vide devant elle, sous le choc, alors que Dumbledore se levait. "Minerva, Amy, puis je vous demander de rester ici et de le surveiller pendant que j'emmène Harry là haut ?"
"Bien sûr," répondit le Professeur McGonagall. Amy acquiesça silencieusement, toujours pensive à propos de ce qu'elle venait d'entendre. Malgré cela, Amy et McGonagall pointèrent leurs baguettes vers Croupton, les tenant fermement.
"Severus, allez demander à Madame Pomfresh de descendre ici, il faut qu'Alastor Maugrey soit transféré à l'infirmerie." commanda Dumbledore, regardant Rogue dans les yeux. "Descendez ensuite dans le parc, trouvez Cornelius Fudge, et amenez le dans ce bureau. Il voudra sûrement procéder à son propre interrogatoire. Dites lui également que je serais à l'infirmerie dans environ une demi heure s'il a besoin de moi." Rogue hocha la tête, et s'échappa dans le couloir.
Dumbledore se tourna alors vers Harry. "Harry ?" demanda-t-il, offrant un bras au jeune homme tremblant, et tous deux quittèrent la pièce, le plus vieux soutenant le plus jeune.
Amy porta une main tremblante à son front. "Ça ne peut pas arriver," murmura-t-elle. Le silence enveloppa la pièce.
"Quel âge aviez-vous quand Vous-Savez-Qui a été vaincu ?"demanda doucement McGonagall. Amy jeta un coup d'œil au professeur.
"Hum," bafouilla Amy. "Je n'avais même pas, hum... c'était juste avant mon huitième anniversaire," répondit Amy. "Mais j'ai grandi dans le monde moldu, alors ça n'a pas changé grand chose. "
Amy regarda son aînée. "Que va-t-il se passer ?" demanda-t-elle dans un souffle, se sentant un peu larguée. McGonagall soupira.
"La peur," dit-elle. "La peur se répandra, la méfiance, les secrets. Et puis, la mort." McGonagall se tut. "Si cela ressemble à la première guerre, il y aura beaucoup de morts." Les deux femmes arrêtèrent de parler, leurs pensées voletant vers ce qu'elles venaient tout juste d'apprendre. Les minutes passèrent, qui leur semblèrent des heures, et le silence n'était brisé que par les sanglots de Winky.
'Voldemort est de retour,' pensa Amy. Elle avait grandi en Amérique, loin du cœur de la guerre. En plus de ça, elle avait grandi dans le monde moldu, et n'avait donc appris ce nom qu'à son adolescence, quand elle était déjà obstinée et rebelle. Elle n'avait pas peur de dire son nom. 'Voldemort est de retour. Cedric est mort. Voldemort a tué Cedric.'
Une bulle de mélancolie et de tristesse grandit dans la poitrine d'Amy alors qu'elle pensait à cela. Elle sentit sa chair se glacer jusqu'aux os, alors que tout espoir la quittait, la laissant se faire engloutir par de noires pensées. La panique monta en elle alors qu'elle se rappelait... que tous les souvenirs qu'elle avait bannis de sa mémoire revenaient.
La mort de son grand père... des cris déchirants... sa mère pleurant sur le corps inanimé de Rich... les cris, plus de cris... les yeux sans vie de Cedric qui la fixaient... ce cri qui lui transperçait le crâne... cette nuit quand Michelle avait essayé de... Amy lâcha sa baguette, agrippant sa tête à deux mains, les cris plus forts que jamais, accompagnés par le crissement des freins de voiture et leurs klaxons.
"Professeur ?" la voix de McGonagall couvrit les cris dans sa tête, de même que le bruit de la porte s'ouvrant. Un courant glacial emplit la pièce, et les cris explosèrent dans le cerveau d'Amy. Elle tomba à genoux.
"Cornelius! NON!" S'exclama McGonagall. Le froid enveloppa Amy, tandis que McGonagall continuait à vociférer. "NON ! ARRÊTEZ LE ! EXPECTO PATRONUM !" Une vague de chaleur se déversa dans le bureau, repoussant le froid. Amy sentit cette chaleur englober son corps, les cris s'assourdissants au fur et à mesure que le désespoir fondait. Amy tomba en avant, les mains à plats sur le sol en pierre froid.
En bruit de fond, Amy entendait hurler.
"POURQUOI EN AVEZ VOUS AMENÉ UN ICI ?" C'était McGonagall.
"Ma chère Madame ! C'était pour notre protection ! Cet homme est fou ! Il est dangereux !" protesta une voix, qu'Amy identifia comme étant celle de Fudge.
Amy releva doucement la tête, les tremblements cessants peu à peu. Elle eut immédiatement un mouvement de recul. Croupton était affalé au sol, les yeux dans le vide. Elle aurait pu penser qu'il était mort, si ce n'est que son torse montait et baissait très faiblement.
Amy s'arracha à la vue de cet homme, reculant aux pieds de McGonagall. "Q-Que lui est-il arrivé ?" haleta Amy.
"DES DETRAQUEURS !" s'écria McGonagall, furieuse. "Fudge a amené un Détraqueur avec lui ! Et maintenant, regardez Croupton !" continuait de crier McGonagall a l'intention du Ministre de la Magie, tandis qu'Amy se relevait douloureusement.
"Des Détraqueurs," murmura-t-elle. "C'était juste un Détraqueur. Enlèves-toi ces souvenirs de la tête Amy." chuchota-t-elle pour elle même.
"SUFFIT !" rugit Fudge. "Je suis le Ministre de la Magie ! Personne n'a le droit de me parler sur ce ton ! De toute manières, je vous ferais remarquer que quelque chose ne va pas avec le professeur !"
"Que quelque chose ne va pas avec elle ?" fit McGonagall. "Effectivement ! Ce maudit Détraqueur l'a sérieusement affectée ! Vous allez voir quand Dumbledore apprendra cela !"
"Oui, justement !" la coupa Fudge. "Dumbledore ! Excusez moi ! Il faut que je lui parle !" Ajouta-t-il en sortant précipitamment de la pièce.
"Vous n'irez pas sans moi !" protesta McGonagall, attrapant au passage le bras d'Amy, l'entraînant avec elle. Rogue, qui était resté silencieux durant toute la conversation, se mit à les suivre.
"Les Détraqueurs ne sont pas autorisés dans l'enceinte de Poudlard !" cria McGonagall, courant derrière le Ministre à une vitesse surprenante, Amy tentant de garder le rythme. "Dumbledore voulait que vous voyiez Croupton pour une raison précise, et ce n'était certainement pas pour lui prendre son âme !" Ils approchaient de l'infirmerie.
"Regrettable. Mais cela ne change rien, Minerva-" contra Fudge.
"Vous n'auriez jamais dû l'emmener dans le château !" s'exclama McGonagall, relâchant enfin le bras d'Amy, qui trébucha derrière elle. "Quand Dumbledore l'apprendra-" Fudge ouvrit en grand les portes de l'infirmerie, qui allèrent claquer contre les murs. Amy et Rogue entrèrent dans la pièce, suivant les deux autres, Amy recouvrant un peu de ses forces.
"Où est Dumbledore ?" demanda très fort Fudge. Amy s'avança vers l'aile occupée de l'infirmerie, remarquant qu'il y avait là la famille Weasley au complet, ainsi qu'Hermione et un gros chien noir, tous entourant le lit d'Harry, qui venait apparemment juste de se réveiller. Mme Weasley fit un pas en avant, visiblement sur les nerfs.
"Il n'est pas ici," siffla-t-elle. "Ceci est une infirmerie, M. le Ministre ; ne pensez-vous pas que vous feriez mieux-" Les porte s'ouvrirent à nouveau à la volée, coupant Molly dans son élan avant qu'elle ne puisse crier sur le Ministre comme s'il n'était qu'un vilain gosse. Amy tourna la tête pour voir Dumbledore traverser la pièce en quelques enjambées.
"Qu'est-il arrivé ?" demanda-t-il, acerbe. "Pourquoi venez vous déranger ces personnes ? Minerva, je ne pensais pas que- je vous avais demandé à vous et à Amy de rester auprès de Barty Croupton-"
"Ce n'est plus nécessaire," dit doucement Amy. Toutes les personnes présentes posèrent les yeux sur elle, remarquant pour la première fois l'air fatigué et faible qui se dessinait sur son visage. "Le Ministre s'en est chargé."
McGonagall rougit de colère, ses mains tremblantes sous le coup de celle-ci, tandis que Rogue prenait le relais.
"Lorsque nous avons informé M. Fudge que le Mangemort responsable des événements de ce soir avait été arrêté," commença-t-il, "il a semblé trouver que sa sécurité personnelle était mise en danger. Il a insisté pour qu'un Détraqueur l'accompagne dans l'enceinte du château. Il l'a emmené dans le bureau où se trouvait Barty Croupton-"
"Je lui ai dit que n'apprécieriez pas, Dumbledore !" appuya McGonagall, respirant lourdement par le nez. "Je l'ai prévenu que vous n'auriez jamais autorisé la présence de Détraqueurs dans le château, mais-"
"Excusez moi, madame !" s'exclama Fudge, indigné, "en tant que Ministre de la Magie, je suis en mesure de décider si oui ou non je souhaite emporter avec moi une protection lorsque je dois interroger un criminel potentiellement dangereux-"
"Au moment où ce- cette chose est entrée dans la pièce," s'emporta McGonagall, "elle s'est jetée sur Croupton- et-" Elle s'interrompit, ne trouvant pas les mots adéquats, mais toujours aussi déterminée à monter Dumbledore contre Fudge. Les yeux de McGonagall parcoururent la pièce et se posèrent finalement sur Amy, qui se tenait à l'un des lits pour ne pas tomber. Elle la pointa du doigt, et Amy se sentit légèrement insultée. "Regardez l'état de Wyman ! Cette chose l'a sérieusement affectée !"
Amy fixa Minerva. "Je vais bien," siffla-t-elle, la mâchoire serrée, les yeux se rétrécissant dangereusement. "Ce qui n'est pas le cas de Croupton." Du coin de l'œil, Amy vit que Charlie ne détachait pas ses yeux d'elle, mais elle ne le regarda pas en face, craignant ce qu'il pourrait faire s'il parvenait à voir toute la souffrance qui se cachait dans ses pupilles. Les cris et autres hurlements continuaient de résonner dans son crâne. 'Mais ce n'est que ça,' tenta-t-elle de se convaincre. 'Ce ne sont que des échos."
"De toutes façons, ce n'est pas une grande perte !" protesta Fudge. "Il me semble qu'il a été responsable de plusieurs massacres !"
"Mais il ne peut plus en témoigner maintenant, Cornelius," lui répondit Dumbledore d'un ton implorant. "Il ne peux plus nous dire pourquoi il a tué tous ces gens."
Fudge lança un regard aux alentours, cherchant des yeux quelqu'un pour défendre son point de vue. "Pourquoi il les as tués ? Eh bien, cela n'a jamais été un mystère, n'est ce pas ?" s'exclama-t-il, tout à coup défensif. "Il était complètement fou ! D'après ce que m'ont dit ces deux professeurs, il avait l'impression d'agir sous les ordres de Vous-Savez-Qui !"
"Lord Voldemort," débuta Dumbledore, continuant malgré les frissons et les brusques inspirations qui traversèrent la salle, "lui donnait des ordres, Cornelius. Ces massacres, la mort de toutes ces personnes ne sont que des dommages collatéraux d'un plan visant à redonner ses pleins pouvoirs à Voldemort. Ce plan a fonctionné. Voldemort a retrouvé son corps."
La bouche de Fudge s'ouvrit un peu, et il regarda encore autour de lui, comme s'il espérait que quelqu'un ne sorte de nulle part en criant "JE T'AI EU !" Personne ne le fit.
"Vous-Savez-Qui... revenu ?" balbutia-t-il, confus. "Impossible. Voyons, Dumbledore..."
"Comme il vous l'a déjà été dit," expliqua Dumbledore, "nous avons entendu Croupton avouer sous l'influence de Veritaserum. Il nous a révélé comment il s'était échappé d'Azkaban, et comment Voldemort- apprenant son exploit par Bertha Jorkins- est venu le délivrer de l'emprise de son père, et l'a ensuite envoyé capturer Harry. Le plan a marché, je vous dit. Croupton a aidé Voldemort à revenir."
Un léger sourire vint jouer sur les fines lèvres de Fudge, et Amy sentit ses entrailles se glacer. "Attendez, Dumbledore," le raisonna Fudge, "vous- vous ne pouvez pas sérieusement croire cela. Vous-Savez-Qui - de retour ? Mais oui, mais oui... Croupton croyait certainement lui même qu'il agissait selon les ordres de Vous-Savez-Qui - mais aller jusqu'à croire un fou tel que lui, Dumbledore..."
"Quand Harry a touché la Coupe des Trois Sorciers ce soir, il a été transporté jusqu'à Voldemort lui-même," dit rapidement Dumbledore. "Il a été témoin de la renaissance du mage noir. Je vous expliquerais tout cela en détails si vous voulez bien rejoindre mon bureau." Dumbledore posa ses yeux perçants sur Harry. "J'ai bien peur que vous ne puissiez pas questionner Harry dès ce soir."
"Vous allez également croire Harry sur parole, n'est-ce pas, Albus ?" Le rictus de Fudge s'agrandit. Le chien assit près du lit d'Harry se mit à gronder. Amy se tourna vers lui, et son attention fut attirée par une personne allongée quelques lits plus loin, qu'elle identifia comme étant Maugrey.
"Certainement, je crois Harry," dit Dumbledore calmement. Amy voulut retrouver sa position initiale, et s'arrêta au moment où Charlie entra dans son champ de vision, l'inquiétude marquant ses traits. Elle soutint son regard un moment, avant de se concentrer à nouveau sur la conversation en cours. "J'ai entendu les aveux de Croupton, et j'ai entendu le témoignage d'Harry sur ce qu'il s'est passé après qu'il ait touché la Coupe : les deux versions se complètent, et expliquent tout ce qui est arrivé depuis la disparition de Bertha Jorkins l'été dernier." La bouche de Fudge s'étira un peu plus encore.
"Vous êtes prêt à croire que Vous-Savez-Qui est revenu d'entre les morts, à cause d'un meurtrier fou, et d'un garçon qui... eh bien..."
La voix de Harry brisa le silence gênant qui s'était installé. "Vous avez lu Rita Skeeter, M. Fudge," dit-il dans un souffle. Les Weasley et Hermione sursautèrent, n'ayant apparemment pas vu qu'Harry était éveillé.
"Peut être que oui," se défendit Fudge, croisant les bras. "Peut être que j'ai découvert que vous taisiez certains éléments à propos de ce garçon ? Un Fourchelangue, hein ? Et qui a pour habitude de faire d'étranges malaises un peu dans tous les coins-"
"Je suppose que vous faites référence aux douleurs causées par la cicatrice d'Harry ?" le coupa Dumbledore, gardant toujours son sang-froid.
"Vous admettez qu'il a ces douleurs, alors ?" s'exclama Fudge, d'un ton accusateur. "Maux de tête ? Cauchemars ? Éventuellement, des hallucinations ?"
Dumbledore parla posément, mais la fureur qui irradiait de ses mots fit reculer Fudge de deux pas. "Harry est aussi sain d'esprit que vous et moi. Cette cicatrice sur son front n'a en rien endommagé son cerveau. Je pense qu'elle lui fait mal quand Lord Voldemort est proche de lui, ou bien qu'il se se sent d'humeur particulièrement meurtrière."
"Vous m'excuserez, Dumbledore, mais je n'ai jamais auparavant entendu parler d'une cicatrice due à un sortilège qui agirait comme une sonnerie d'alarme..."
"Écoutez !" s'écria Harry, essayant de s'assoir dans son lit, avant d'être gentiment repoussé par Mme Weasley. "J'ai vu Voldemort revenir ! J'ai vu les Mangemorts ! Je peux même vous donner leurs noms ! Lucius Malfoy-"
"Malfoy a été innocenté !" contra Fudge. "Une très vieille famille- des donations à d'excellents profits-"
"Macnair!"
"Innocenté aussi ! Il travaille maintenant pour le Ministère !"
"Avery – Nott – Crabbe – Goyle!"
"Tu es juste en train de citer les noms de ceux qui ont été acquittés de tout crime il y a treize ans !" rugit Fudge. "Tu aurais pu trouver ces noms dans un vieux rapport judiciaire ! Nom de Dieu, Dumbledore- ce garçon racontait déjà tout un tas de bobards à la fin de l'année dernière- ses mensonges deviennent de plus en plus gros, et vous avalez quand même tout cela- il peut parler aux serpents, Dumbledore, et vous penser toujours qu'il soit digne de confiance ?"
"Vous êtes totalement insensé," l'interrompit Amy avec audace. Elle relâcha le bord du lit et fit quelques pas assurés vers le Ministre. "Ce n'est que le début ! Cedric et M. Croupton, ils sont seulement les premiers ! Mettez de côté vos croyances idiotes, et ayez confiance en Dumbledore, ou vous êtes un homme stupide ! Ces morts ne sont pas des accidents dus à un fou dangereux !"
"Miss Wyman," protesta Fudge. "faites attention à ce que vous dites. Je suis le Ministre de la Magie-"
"En Angleterre," l'interrompit Amy. "Peut être que vous l'avez oublié, mais malgré mon travail ici à Poudlard, je reste une citoyenne américaine. A part entière." Ses yeux le foudroyèrent.
Fudge reprit après quelques secondes de silence. "J'ai la fâcheuse impression que vous êtes déterminés à engendrer une panique qui déstabilisera tout ce pourquoi nous avons travaillé depuis presque treize ans !" accusa-t-il.
Dumbledore fit à nouveau un pas en avant. "Voldemort est de retour," répéta-t-il. "Si vous acceptez ce fait dès maintenant, Cornelius, et que vous prenez les mesures nécessaires, nous pourrons peut être sauver la situation. La première chose essentielle à faire est d'écarter d'Azkaban les Détraqueurs -"
"N'importe quoi !" s'écria Fudge. "Écarter les Détraqueurs ? La moitié d'entre nous ne dors bien la nuit que parce que nous savons que les Détraqueurs montent la garde à Azkaban."
"Et le reste d'entre nous ne peut fermer l'œil de la nuit, Cornelius, en sachant que vous avez mis les plus dangereux partisans de Voldemort sous la protection de créatures qui se joindront à lui à la minute où il le leur demandera !" ajouta Dumbledore, le ton implorant de retour dans sa voix, priant pour que Fudge reconnaisse la vérité. Amy frissonna légèrement, comme si le Détraqueur se trouvait toujours dans la même pièce qu'elle, les cris tambourinant encore dans sa tête, sa propre voix criant, "MICHELLE !" Amy secoua doucement la tête, essayant d'éloigner d'elle ses noires pensées. "Avec les Détraqueurs pour le supporter, et ses anciens partisans également de retour, vous aurez beaucoup de mal à l'empêcher de regagner le pouvoir qu'il avait il y a de ça treize ans !"
Les souvenirs s'entrechoquaient dans le cerveau d'Amy, et elle commença à perdre le fil de la conversation, se laissant entraîner dans son pire souvenir. Elle pouvait presque sentir le froid du mois de Janvier l'envelopper, et la glacer jusqu'aux os.
Elle sentait le poids de son bonnet de laine sur sa tête, ainsi que le vent poussant ses cheveux sur son visage. À travers les rires de ses camarades de classes et de ses amis, Amy entendit la voix de Dumbledore, profonde et puissante, écraser celle de Fudge, mais le souvenir engloutit bientôt tout cela.
Elle n'entendait plus les rires de ses amis alors qu'elle fixait Michelle, qui marchait doucement devant elle, ayant l'air désespérée. Amy jeta un coup d'œil à ses joyeux camarades, et rattrapa Michelle pour marcher au même rythme qu'elle.
"Comment tu te sens ?" le souvenir de sa petite voix résonna dans sa tête, s'harmonisant avec celle beaucoup plus grave de Dumbledore, qui tentait toujours de ramener Fudge à la raison.
Michelle l'ignora. Fudge protesta contre Dumbledore, niant tout ce qu'il disait.
"Michelle?" "Cornelius, nous avons atteint un point de non retour."
Michelle ne regarda même pas Amy, et se mit à courir. Amy n'hésita pas une seconde avant de la suivre, courant aussi vite qu'elle le pouvait.
"Je vous ai toujours laissé diriger cette école comme bon vous semblais. J'avais beaucoup de respect pour vous. Je n'ai peut être pas tout le temps été d'accord avec vos décisions, mais je n'ai rien dit."
"Michelle !" hurla Amy, pleurant en suivant son amie, les autres jacassant derrière. Michelle continua à courir, n'ayant pas l'air de vouloir s'arrêter alors qu'elle s'approchait de l'avenue devant elle, où la circulation était intense.
"La seule personne contre laquelle je prévois de me battre est Lord Voldemort."
"MICHELLE!" hurla à nouveau Amy, alors que la petite fille dépassait le bord du trottoir. Amy se précipita vers elle, et agrippa durement son bras, l'éloignant des voitures klaxonnantes qui passaient à une vitesse affolante à quelques centimètres d'elles.
"Il ne peut pas être de retour..."
Michelle s'effondra dans les bras d'Amy, sanglotant. "S'il te plait," pleura-t-elle. "Je t'en prie." Les larmes dévalèrent les joues d'Amy alors que les deux filles trébuchaient sur le trottoir, une voiture les klaxonnant en passant à côté d'elles.
Amy sortit de sa transe, regardant autour d'elle rapidement, alors que Rogue s'avançait, montrant son bras nu au Ministre.
"Voila," murmura-t-il. "Vous la voyez ? La Marque. Elle n'est pas aussi nette qu'il y a une heure ou deux, quand elle devenue noire, mais vous pouvez encore la voir. Chaque Mangemort a ce signe ancré en lui par le Maître. C'était un moyen de nous distinguer des autres, et également le moyen pour lui de nous contrôler. Lorsqu'il touchait la Marque de n'importe quel Mangemort, nous devions Transplaner directement à ses côtés. Cette Marque est devenue de plus en plus nette tout au long de l'année. Celle de Karkaroff également. Nous savions tous les deux qu'il était de retour. Karkaroff craint la vengeance du Maître. Il a trahit trop de ses confrères Mangemorts pour être sûr de recevoir un bon accueil de la part de tous."
Fudge secoua la tête, refusant de croire quoique ce soit. "Je ne sais pas à quoi vous et votre équipe jouez, Dumbledore, mais j'en ai entendu assez. Je n'ai plus rien à ajouter. Je vous contacterais demain, Dumbledore, pour discuter de la direction de cette école. Je dois rentrer au Ministère." Fudge était prêt à partir, mais il se retourna une dernière fois, passa devant Amy, qui frissonna légèrement, et déposa un sac d'or sur le lit d'Harry. "La récompense," dit-il, acerbe. "Mille gallions. Il y aurait dû y avoir une cérémonie, mais vu les circonstances..." il laissa sa phrase en suspens, et quitta l'infirmerie.
Alors que la porte se refermait derrière lui, Dumbledore se tourna vers le groupe. "Il y a du travail à faire," dit-il simplement. "Molly... ai-je raison de penser que je peux compter sur vous et Arthur ?"
Mme. Weasley acquiesça solennellement. "Bien sûr que vous pouvez," répondit-elle fermement. "Nous savons comment est Fudge. C'est la passion d'Arthur pour les Moldus qui l'a retenu au bas de l'échelle au Ministère toutes ces années. Fudge pense qu'il manque de fierté à propos de sa condition de sorcier."
"Alors il faut que j'envoie un message à Arthur," enchaîna Dumbledore. "Tous ceux qu'il pourra persuader du retour de Voldemort doivent être informés immédiatement, et il est le mieux placé pour convaincre ceux qui travaillent au Ministère, et qui ne sont pas aussi bornés que Cornelius." La vision d'Amy se troublait au fur et à mesure que Dumbledore parlait, et elle ne réussi à se concentrer qu'en entendant les portes de l'infirmerie se fermer. Elle vit que Bill, Charlie, McGonagall et Mme Pomfresh étaient sortis.
"Et maintenant," reprit Dumbledore, "il est temps. Sirius... si vous voulez bien retrouver votre forme initiale." Amy fixa Dumbledore, un peu perdue. 'Sirius ?' Du coin de l'œil, Amy vit une nouvelle forme. Elle se tourna et vit qu'à la place du chien noir, se tenait maintenant un homme grand, et sale.
Molly sauta sur ses pieds, et le pointa du doigt en criant, "Sirius Black !"
Ron regarda nerveusement autour de lui. "Maman, tais toi ! Tout va bien !" Alors que Sirius se tournait, Amy réalisa qu'elle le connaissait, sous son autre forme. C'était le chien qu'elle avait vu avec Harry, Ron et Hermione, l'autre jour à Pré-au-Lard. 'Sirius Black,' pensa-t-elle. 'Célèbre meurtrier de masse, qui est apparemment du bon côté.' Amy haussa les épaules. 'Après tout ce qu'il s'est passé ce soir, je vais juste accepter ça.'
Rogue fixa dédaigneusement Sirius. Ces deux là avaient visiblement de mauvais antécédents. Amy regarda les deux hommes se regarder avec dégoût, et elle sentit l'étourdissement la gagner encore une fois. 'Ce Détraqueur m'a vraiment fichue en l'air,' pensa-t-elle, se frottant le front, fatiguée. Lorsqu'elle releva la tête, elle vit Sirius se pencher vers Harry, lui attraper la main et lui murmurer quelque chose, avant de retourner à sa forme de chien.
Alors que Rogue et Sirius sortait de l'infirmerie, Charlie y entrait à nouveau. Il lança un regard à Dumbledore, échangea quelques mots avec lui, avant que ses yeux ne se posent sur Amy. Elle le survola avec lassitude, refusant de rencontrer son regard. Dumbledore observa sans un mot ce petit échange, puis reporta son attention sur Harry et le groupe de personnes qui l'entouraient.
"Il faut que je m'en aille," annonça-t-il. "Je dois voir les Diggory. Harry, prends le reste de ta potion. Je vous verrais tous plus tard." Dumbledore quitta la pièce, fermant la porte sèchement.
Tandis que les autres prêtaient attention à Harry, Charlie s'approcha d'Amy, touchant gentiment son épaule. "Hey," lui chuchota-t-il doucement. Elle le regarda brièvement. "Est-ce que ça va ?"
"J-Je vais... bien," répondit-elle sur le même ton. Il sentait qu'elle se démenait pour tenir debout. "Je suis juste un peu secouée."
Un claquement sonore les fit se retourner, et ils virent Hermione à côté de la fenêtre, ses mains serrées autour de quelque chose. "Désolée," chuchota-t-elle à son tour.
De l'autre côté de la pièce, Harry buvait les dernières gouttes de sa potion, et s'endormit immédiatement, laissant le silence emplir la pièce.
Amy jeta un regard alentour. "Je devrais y aller," murmura-t-elle doucement. Charlie la détailla, l'inquiétude se peignant sur ses traits, mais il acquiesça. "Bonne nuit," ajouta-t-elle plus fort, faisant tout de même attention à ne pas réveiller Harry. Mme Weasley releva la tête vers elle, et lui offrit un léger sourire.
"Bonne nuit," répondit-elle. Amy leva les yeux vers Charlie, et s'éloigna lentement de lui. Alors qu'elle marchait vers les portes, sa vision devint floue encore une fois, et elle trébucha.
"Amy-" fit une voix, suivie par de rapides pas, alors qu'Amy tombait en avant, ses yeux ne distinguant que des milliers de points de lumière qui lui vrillaient les tempes. Elle s'évanouit dans une paire de bras solides. Elle entendait des exclamations en sourdine, quelques voix murmurant son nom, et alors qu'elle se faisait emporter ailleurs, une supplication fit écho dans son crâne, se répétant sans cesse.
"Je t'en prie."
Bonjour/Bonsoir ! Alors voilà le dernier chapitre en date, qui n'est absolument pas drôle, je suis d'accord. D'ailleurs, WiseGirl précisait dans la version originale que l'histoire avec Michelle était réellement arrivée à une de ses amies, et qu'elle avait elle même fait office de 'sauveuse'...
Donc, promis, l'atmosphère du chapitre 13 est plus joyeuse (eh oui, les 13 ça porte chance.. ;) )
Je remercie encore et toujours ceux qui prennent le temps de lire cette histoire, et de me le faire savoir d'une manière ou d'une autre ! Alors, merci à Azema et à Aliister !
Sinon, j'ai écouté Imagine Dragons pendant tout le temps où je vous ai écrit ça, et c'était plutôt cool ;) (l'anecdote inutile du jour.)
Des bisous les amis, et à bientôt !
Prochain chapitre : La fin de l'année, l'Ordre du Phœnix, et Charlie en force...
