Bonjour tout le monde ! Désolée, désolée, désolée du délai d'attente pour ce chapitre, mais je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire et lorsque j'en avais, je travaillais sur une histoire personnelle. J,ai enfin recommencé à écrire une histoire qui est totalement à moi et pour l'instant, c'est ma priorité. Ce qui ne veut pas dire que je vous abandonne ! Pas du tout, mais je risque d'être moins présente et de poster moins souvent. En plus, ce chapitre était difficile à écrire parce que beaucoup moins joyeux que les précédents. Mais ne vous inquiétez pas : les choses vont s'arranger rapidement !
Sur ce, je ne vous retarde pas plus longtemps dans votre lecture, vous avez assez attendu et on se retrouve en bas !
CHAPITRE 12
On m'avait mis dehors de la Grande Maison. Ouais, jeté littéralement à la porte. Mais comme monsieur D. m'avait lié à Annabeth par une magie de Dieu dont j'ignorais tout, je ne pouvais pas m'éloigner d'elle de plus que quelques mètres alors j'attendais assis sur le perron. Mes pieds battaient sur le sol et parfois, j'avais besoin de me lever et de faire les cents pas devant la porte. Ils montaient un plan de défense à l'intérieur, au cas où le camp de Poséidon déciderait de nous attaquer. Il fallait être prêt à tout. Et moi, je n'avais pas le droit d'y assister parce qu'on ne pouvait pas me faire confiance. C'est ce qu'avait décidé le conseil.
Bon, d'accord, j'avais cherché à m'enfuir. Ça ne voulait pas dire que j'étais un traître ! Après tout, la déesse Artémis ne se battait pas contre mon père : juste qu'elle ne se battait pas avec lui non plus. Mais essayez de faire comprendre ça à des demi-dieux furax !
J'avais l'impression que ma vie à la Colonie allait devenir un véritable enfer maintenant. Et Léo qui avait disparu ! J'espérais vraiment que Grover et Piper le retrouveraient. J'avais l'intention de les rejoindre dès que je le pourrais. Enfin, si ma geôlière me donnait la permission bien sûr. Ce dont je doutais fortement…
La porte s'ouvrit et les conseillers sortirent de la maison. Travis et Connor me lancèrent un regard désolé, Clarisse me bouscula en passant et Annabeth me dépassa sans me jeter un regard. Je fus obligé de la suivre vers le bungalow d'Athéna, mais je pris soin de rester plusieurs pas derrière elle. Je la suivis à l'intérieur, restant sur le pas de la porte. C'était la première fois que j'entrais dans la cabine d'Athéna : elle était très différente de la mienne. Les nombreux lits étaient poussés sur le côté, comme si dormir était accessoire. La plus grande partie du bungalow était occupé par des tables à dessins, des ordinateurs, des cartes. C'était vraiment un lieu pour les intellectuels de la trempe d'Annabeth.
Celle-ci prit un sac sous son lit et elle commença à y ranger des choses : des livres, des livres, des livres. Un cahier de dessin et des crayons. Un journal. Un ordinateur portable et elle remplit le peu d'espace qui restait avec des vêtements.
-Heu… qu'est-ce que tu fais ?
-Ma valise. Ça semble assez évident.
-Oui, mais… pourquoi ? Tu as l'intention d'aller quelque part ?
Annabeth m'envoya un regard exaspéré par-dessus son épaule. Elle était si furieuse contre moi qu'elle m'aurait lancé le même regard, peu importe ce que j'aurais dit.
-J'ai convaincu Chiron et monsieur D. que te faire dormir dans le bungalow d'Athéna était une mauvaise idée : ma mère prendrait cela comme une insulte. Alors Chiron va nous préparer à chacun une chambre d'invité dans la Grande Maison. Nous resterons là-bas tant que tu n'auras pas prouver ta loyauté.
Ouch. Voilà qui compliquait juste un peu plus les choses. Maintenant, ce n'était pas un plan génial qu'il me fallait pour quitter la Colonie : c'était un miracle. Et je n'étais pas du genre à croire au miracle.
-Ok. Je vais chercher mon sac aussi…
Sans y penser, je tournai les talons et essayai de m'éloigner. Je n'avais pas fait quatre pas que je me sentais tiré vers l'arrière par une force irrésistible. Je réessayai une autre fois, mais sans plus de succès. On aurait pas dit ça au premier coup d'œil, mais Dionysos était doué !
-Ça sert à rien : monsieur D. nous a lié l'un à l'autre.
-Je sais, soupirai-je en passant une main dans mes cheveux. Mais j'aurais préféré oublié.
-Ça ne me rend pas plus heureuse que toi, si tu veux savoir, s'écria Annabeth d'une voix froide.
-Ouais, j'ai cru comprendre ton opinion à mon sujet. Pas besoin d'en rajouter !
Pendant un instant, j'eus l'impression qu'Annabeth regrettait ses paroles, mais j'avais peut-être rêvé cet instant parce que quelques secondes plus tard, son visage était redevenu froid et dur.
-J'ai terminé. Allons chercher ton sac maintenant.
J'attendis qu'elle me rejoigne, puis je me dirigeai d'un pas vif vers le bungalow numéro 1 avant de réaliser que mes effets personnels n'y étaient plus. Tout ce qui m'appartenait, à part mon épée, traînait quelque part, pas très loin de la forêt. Je fis demi-tour sans explication pour Annabeth qui poussa un grognement de protestation.
-Qu'est-ce que tu fais ? Si tu as l'intention de prendre la fuite par la forêt : c'est inutile ! Il n'y a que deux façons de quitter la colonie : par l'entrée ou par la mer.
-Je veux seulement récupérer mon sac, dis-je entre mes dents, en explorant les abords de la forêt. Et ce serait sympa de trouver Grov et Pip's aussi. Je voudrais les aider à chercher Léo.
-Ton sac ? Pourquoi est-il ici ?
Pour une fille intelligente, je trouvais que Boucle d'or n'était pas rapide sur ce coup.
-Je l'ai laissé lorsqu'on s'est fait surprendre Piper et moi. Histoire de ne pas éveiller les soupçons de Chiron.
Annabeth se figea et je dus m'arrêter moi aussi. Maudit lien magique !
-Tu avais vraiment l'intention de partir cette nuit ? demanda-t-elle d'une voix étrange, bien différente de celle qu'elle utilisait d'habitude.
Comme si elle était… je sais pas… triste peut-être ?
-C'était le plan, ouais.
-Alors tu ne serais plus là aujourd'hui si les Harpies ne vous avaient pas coincés ?
-Ben… ouais. Enfin, pas vraiment. On a rebroussé chemin lorsqu'on a constaté que Léo a disparu. On ne pouvait pas partir sans lui.
Je me retins de lui dire que nous étions aussi restés pour elle. Après les paroles dures que nous avions échangé, je n'étais plus certain de rien alors je préférais me taire plutôt que de me mettre les pieds dans les plats.
-Il en a de la chance, Léo.
-De la chance ? répétai-je sans y croire.
J'étudiai son visage : ses yeux qui fixaient le sol, évitant les miens; le tic qui agitait sa bouche; la dureté de ses traits qui semblaient dissimulés quelque chose. Je voulais comprendre ce qui se passait dans cette tête, mais je n'y arrivais pas. Annabeth restait un mystère pour moi.
Comment pouvait-elle dire que Léo avait de la chance ?
-Léo a été enlevé. Et il a de la chance ?
-Ce n'est pas comme si il avait été kidnappé par un monstre quelconque : tu dis qu'il est avec Beckendorf. Ses frères et sœurs ne lui feront pas de mal : il a retrouvé sa famille.
-Hein ? Quelle famille ?
Annabeth leva les yeux au ciel, puis elle croisa les bras sur sa poitrine.
-La famille de Léo. Les enfants d'Héphaïstos. Je croyais que même toi tu aurais compris ça.
Je restai un instant la bouche ouverte, puis ça fit tilt dans mon esprit.
-Léo est un enfant d'Héphaïstos.
Ouais, bien sûr. Léo est un enfant du Dieu du feu et des forges. Maintenant qu'Annabeth le disait, ça me semblait évident.
-Alors ils ne lui feront pas de mal, dis-je soulagé.
J'étais tout de même furieux contre eux pour l'avoir enlevé, en règle général, je préférais qu'on n'enlève pas mes amis : surtout, juste avant que nous prenions la fuite. Mais au moins, Léo était en sécurité avec eux.
-Peut-être même qu'ils le laisseront revenir si je leur demande ! Il faut que je leur parle !
Je m'enfonçai un peu plus dans la forêt, me dirigeant vers l'endroit où j'avais rencontré Charles et Silena la dernière fois. Je voulais seulement discuter avec eux. Leur demander de nous rendre Léo… et peut-être aussi leur poser quelques questions sur moi puisqu'ils semblaient savoir des choses que j'ignorais. Annabeth me suivait derrière et j'entendais ses protestations, mais je ne les écoutais pas. J'avais enfin un but, une mission, quelque chose à faire. Je détestais me sentir inutile.
-PERSÉE JACKSON ! ATTENDS !
La voix de Boucle d'or s'éleva dans mon dos, mais je continuai à l'ignorer… jusqu'à ce que la barrière magique entre nous me repousse vers l'arrière. Elle s'était une fois de plus arrêtée, m'empêchant d'avancer. Je me tournai face à elle, furieux.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu fais une erreur…
-Je suis certain que je peux les convaincre de libérer Léo !
-Est-ce que tu réfléchis parfois avant d'agir ?
-Pas souvent, non, répondis-je avec un haussement d'épaules.
Et comme pour lui prouver mes propos, je me penchai et la soulevai, pour la déposer sur mon épaule. Annabeth poussa des cris de protestation, mais je fis la sourde oreille, m'enfonçant plus loin dans la forêt.
-Arrête ! Percy, arrête et écoute-moi ! Tu fais une grave erreur ! Pose-moi tout de suite !
Au bout de quelques minutes, Annabeth réalisa que crier sur moi ne l'aidait en rien et elle se décida pour la méthode douce.
-Percy, s'il-te-plaît, écoute-moi, souffla-t-elle. Je sais que tu veux retrouver Léo et... je comprends. Je t'assure que je comprends ce que tu ressens, mais tu fais une erreur. Si tu parles à Silena et Beckendorf, tu vas t'attirer les foudres de tout le monde et plus personne ne pourra te tirer des ennuis que tu auras provoqué.
-Et bien je ne vois pas pourquoi tu t'en préoccupes alors, ne pus-je m'empêcher de dire. Tu veux que je fiche le camp d'ici, non ? Comme ça, tu n'auras plus à supporter mon arrogance, ma bêtise et ma lâcheté !
Elle mit un moment à me répondre et je me figeai, attendant qu'elle dise quelque chose, mon cœur battant un peu trop rapidement.
-Je m'en préoccupe. Je me préoccupe de toi parce que… parce que tu… es mon ami.
On aurait dit qu'elle venait d'avouer ça sous la torture, mais malgré ça, ces mots me touchèrent suffisamment pour que je la redépose en douceur sur le sol. Elle se retrouva face à moi, si près que son nez touchait le mien. Mes mains emprisonnaient ses poignets pour l'empêcher de s'échapper ou simplement pour la retenir plus près de moi. Je n'étais plus sûr de rien.
-Ton ami ?
Nous n'étions pas amis. Pas vraiment. Pas encore. Et je savais que je n'avais pas vraiment envie de devenir son ami.
-C'est le seul terme que j'ai trouvé, répondit-elle dans un murmure. Et c'est mieux que rien, non?
-Je sais pas.
-Tu ne sais pas si nous sommes amis ?
Je secouai la tête et fermai les yeux. Les pensées se brouillaient dans ma tête. Je ne pouvais plus réfléchir. Je sentais le souffle chaud de Boucle d'or sur mon visage, son corps qui frôlait le mien et sa bouche…
Je ne pouvais pas faire ça. Je n'avais pas le droit… mais tout ce qui est interdit est aussitôt beaucoup plus attirant. Surtout pour moi.
-Percy, réponds-moi.
-Je… je peux pas être ton ami, avouai-je finalement. C'est impossible.
Aussitôt, Boucle d'or recula de quelques pas, aussi loin qu'elle le pouvait de moi.
-D'accord.
Sa voix claqua, sèche et froide.
-Je comprends pourquoi tu ne m'as pas parlé de ton plan d'évasion. Je m'étais visiblement fait de fausses idées sur… nous.
J'aurais pu la contredire, lui expliquer pourquoi nous ne pouvions pas être amis, mais je préférai garder le silence. Parler de mes émotions n'a jamais été mon point fort.
-Et puisque nous ne sommes pas amis, je ne t'empêcherai pas d'aller dans la forêt pour retrouver Silena et Charlie. Et si le seigneur Zeus, ainsi que Monsieur D. et Chiron vous prend sur le fait et vous fait emprisonner, ce ne sera pas mon problème. Et si tes agissements déclenchent pour de bon la guerre entre les clans de demi-dieux… tant pis ! Ce sera ta faute. Pas la mienne.
Annabeth me tourna le dos, les bras croisés sur sa poitrine, immobile. Elle attendait visiblement que je prenne une décision. Elle me laissait vraiment le choix entre suivre son conseil ou suivre mon impulsion. Bien sûr, je savais lequel de nous deux était le plus raisonnable et même si j'eus besoin de toute ma volonté, je fis demi-tour pour revenir vers la colonie. Annabeth me suivit, restant quelques pas derrière moi. Nous étions presque arrivés à la limite de la forêt lorsque la voix de Grover retentit derrière nous. Je me retournai pour voir mes deux amis courir vers moi, un sourire aux lèvres. Cela me donna de l'espoir : y aurait-il enfin quelque chose de positif dans cette maudite journée ?
-Alors ? Vous avez de bonnes nouvelles j'espère ?
Dîtes oui. Dîtes oui.
Grover hocha la tête et je jetai un coup d'œil en coin à Boucle d'or, me demandant si nous pouvions parler devant elle. En temps normal, j'aurais été porté à lui faire confiance, mais… en ce moment, elle semblait tellement furieuse contre moi que je pouvais presque en sentir les vibrations. Et j'étais furieux contre elle aussi. Comment en étions-nous arrivés là ? Je l'ignorais totalement. Je n'avais jamais été doué dans les relations avec le sexe opposé et Annabeth était particulièrement compliqué.
Grov suivit la direction de mon regard, vers Boucle d'or qui boudait dans son coin, et il fronça les sourcils, perplexe.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je repoussai sa remarque d'un geste de la main.
-Aucune importance. Parle-moi de Léo.
Mais visiblement mes amis avaient décidé que nous rabibocher Boucle d'or et moi étaient plus importants que de retrouver Léo parce que Piper se mit aussi de la partie.
-Percy, tu lui as dit, non ? Tu as dit à Annabeth que cette nuit, c'était de la comédie ?
Hein ? Mais de quoi parlait-elle ? Qu'est-ce qui était de la comédie ? Je me sentais complètement perdu.
-Beth ? Tu sais que ce n'était que de la comédie ! Ce que je t'ai dit l'autre jour est toujours d'actualité : il ne se passe rien entre Percy et moi. Nous sommes amis. Rien de plus.
-Tant mieux pour vous, mais je doute que vous compreniez vraiment ce que ce mot veut dire ! répliqua Annabeth en nous foudroyant de son regard d'orage.
-Annabeth…
Grover s'avança vers elle, mais elle recula d'un pas en secouant la tête.
-Oh non Biquet ! N'essaie pas de m'amadouer ! Puis, tu m'as déjà abandonné une fois alors je ne devrais pas être surprise que tu le fasses à nouveau, mais…
Sa voix se cassa. Son corps sembla perdre toute combativité. Pour une fois, Annabeth n'avait pas l'air d'une guerrière intouchable… juste d'une fille triste et seule. J'avais envie de la prendre dans mes bras et de lui dire que tout irait bien maintenant.
-J'avais espéré… espéré que… mais ça n'a plus d'importance. Je sais où est ma place. Elle est ici, avec ma famille. Je vais tâcher de ne plus l'oublier à partir d'aujourd'hui.
-Annabeth ! Je ne t'aurais pas laissé ici cette fois…
Mais elle tourna les talons et sortit de la forêt aux pas de course, s'enfuyant loin de nous. J'eus à peine le temps de voir les yeux réprobateurs de mes amis posés sur moi avant de devoir partir moi aussi, suivant malgré moi le rythme frénétique d'Annabeth.
-Il faut que j'y aille ! lançai-je en jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule.
-Quoi que tu lui aies fait, arrange les choses avec elle ! me cria Piper d'un ton qui n'admettait aucune réplique, aucun échappatoire.
Arranger les choses avec Boucle d'or ? Ouais, je voudrais bien, mais il faudrait d'abord que je sache ce qui n'allait pas exactement. Je la suivis jusqu'à la Grande Maison, réfléchissant à tout ça, et je la vis monter à l'étage, puis s'enfermer dans la salle de bain, claquant la porte derrière elle. Je m'éloignai autant que je le pouvais, pour lui laisser un peu d'intimité, et je me laissai glisser contre le mur. Tout allait de mal en pire. C'était vraiment la journée la plus atroce que j'avais passé à la colonie jusqu'à maintenant et j'avais le pressentiment que ce n'était que la première d'une longue série.
Je restai un long moment contre ce mur, un si long moment que je perdis le compte des minutes qui passaient. Au bout d'un certain temps, Grover vint me rejoindre. Il s'assit à côté de moi, me tendit mon sac à dos qu'il avait apparemment retrouvé, tout cela sans prononcer un mot. Je poussai un soupir et pris ma tête entre mes mains. Grov posa sa main sur mon épaule.
-T'inquiète : quand on est au plus bas, les choses ne peuvent que s'améliorer. Non ?
-J'imagine, ouais, dis-je, même si je ne pouvais pas vraiment l'imaginer.
Il resta quelques minutes encore avec moi, puis il se releva et me jeta un regard désolé.
-Tu me pardonnes si… si je te laisse déjà ? C'est difficile de rester près de vous… avec toute cette tristesse et ces cœurs brisés…
Il grimaça de douleur. Parfois, souvent en fait, j'oubliais que Grover pouvait ressentir nos émotions. C'était embarrassant, mais cœur brisé… ouais, il exagérait clairement !
-Vas-y, dis-je avec un haussement d'épaules. Je ne suis pas de très bonne compagnie aujourd'hui.
Grover hésita un instant, puis il recula de quelques pas, son regard toujours rivé sur moi.
-N'oublie pas ce que je t'ai dit, ok ? Et ne fais pas de bêtises ! Pas plus que tu n'en as déjà fait…
Puis il me laissa sur ses paroles encourageantes. Des bêtises ? Moi ? Je n'en faisais presque jamais… bon, d'accord : j'en faisais tout le temps. Mais pourquoi est-ce que Piper et lui étaient persuadés que ce qui se passait avec Annabeth était de ma faute ?
Le temps continua à défiler lentement. Je sautai le dîner, Boucle d'or aussi. Puis après des heures interminables, deux ou trois, je ne savais plus, la porte de la salle de bain s'ouvrit enfin. Elle en sortit, ses yeux fixés sur un point devant elle, son menton relevé dans une pose fière. Elle passa devant moi sans un regard.
-Annabeth…
Je tentai de la retenir, mais elle repoussa ma main et continua son chemin le long du couloir.
-Tu ne crois pas qu'on devrait… heu… discuter ? demandai-je en lui emboîtant le pas.
Elle ne répondit pas.
-C'est idiot de s'ignorer comme ça. On va être obligé de passer les prochains jours ensemble de toute façon.
Toujours aucune réponse. Elle entra alors dans une chambre, la dernière au fond du couloir et alors que je faisais un pas pour la suivre, elle me claqua la porte au nez. Je restai un moment figé, me demandant quoi faire maintenant. Mais je n'allais quand même pas la supplier pour qu'elle m'adresse la parole ! Je repris donc ma place le long du mur, mais pas pour longtemps cette fois. Chiron vint me trouver et il me montra ma chambre, celle juste à côté d'Annabeth. Il m'expliqua les nouvelles règles pour moi : j'étais libre d'aller où je le voulais dans la colonie, sauf dans les bois, et je devais revenir à la Grande Maison tout de suite après le repas du soir. J'étais aussi interdit de Capture l'Étendard pour un temps indéterminé. Et chaque soir, je devais venir faire un récapitulatif de ma journée à Chiron.
-Tels sont les règles imposées par ton père et monsieur D.
-En bref, je suis votre prisonnier.
-Pas du tout Percy. Disons que tu es… sous surveillance.
Je levai les yeux au ciel.
-Ça revient exactement au même ! Je ne suis pas libre de quitter cet endroit ! Je ne suis pas libre de retourner chez moi si je le veux !
Chiron poussa un soupir et posa sur moi un regard triste.
-J'en suis désolé Percée, crois-moi. Et j'oserais dire que je ne suis pas d'accord avec ces règles…
Il jeta un coup d'œil vers le ciel, craignant visiblement la colère de Zeus. Colère qui ne vint pas. Mon père devait être trop occupé pour nous écouter en ce moment.
-… mais je ne suis pas le patron. Seulement ton instructeur. Si tu étais arrivé il y a quelques années, les choses auraient été différentes. Mais c'est la guerre et le seigneur Zeus ne peut se permettre que son fils passe aux mains de l'ennemi. Que ce soit volontairement ou non. Ta puissance pourrait causer notre perte si tu te retournais contre nous.
-Ouais, vous l'avez déjà dit.
Chiron se pencha vers moi, ne semblant pas perturbé par mon impertinence.
-Percy, tu es impulsif et téméraire. Tu agis sans réfléchir, mais… tu as aussi des qualités qui font que les gens ont envie de te suivre. Tu es loyal, courageux et tu serais prêt à mourir pour aider un ami. Si tu utilises ses qualités de la bonne façon, tu pourrais aussi être celui qui nous sauvera tous. Je ne voulais pas mettre cette responsabilité sur tes épaules, je sais que tu n'es pas prêt pour ça, mais le temps commence à nous manquer.
-Ce que vous voulez dire, c'est que je pourrais faire pencher la victoire du côté de mon père si je me battais pour lui ?
-Non. Ce n'est pas ce que je veux dire. Je veux que tu mettes fin à cette guerre.
Un coup de tonnerre nous fit sursauter et Chiron s'empressa de s'éloigner de moi.
-J'en ai déjà trop dit. Je dois y aller. Quand à toi, tu devrais te reposer. Tu as une tête à faire peur.
Je marmonnai un vague merci, puis allai me laisser tomber sur le lit. Hum… il était plus confortable que celui dans ma cabine, c'était déjà ça. Et même si ce n'était pas encore l'heure de dormir, Chiron avait raison : j'étais mort de fatigue. J'ouvris mon sac à dos pour en sortir mon pyjama et j'eus la surprise d'y trouver une note de la main de Grover, et mieux encore, un paquet de biscuits Oreo, quelques tablettes de chocolat, un sac de chips et un coca. Un sourire aux lèvres, le premier depuis le matin je crois, je lus la lettre de mon meilleur ami. Cela me prit plusieurs minutes, parce que les lettres dansaient devant mes yeux, mais je réussis finalement à déchiffrer son message qui heureusement n'était pas trop long.
Percy, j'ai réussi à faire passer un message à Léo. J'espère avoir une réponse de sa part ce soir. On se retrouve près du lac demain à treize heures pour en parler. Essaie de convaincre Annabeth de venir.
Grover
PS : La bouffe est une gracieuseté des frères Alatir.
PPS : Détruits ce message après l'avoir lu.
Je fis comme il me l'avait demandé et je déchiquetai le message en petits morceaux avant de le jeter à la poubelle. Puis je me jetai sur le buffet : je mangeai plusieurs biscuits, le paquet de chips, quelques morceaux de chocolat et je bus tout mon coca. Je n'arrêtai que lorsque tout ce sucre me donna mal au cœur. Mais au moins, je n'avais plus faim, ce qui était une bonne chose puisque nous venions de manquer le repas du soir. Annabeth devait d'ailleurs être morte de faim… je regardai les biscuits et le chocolat qu'il me restait et ma décision fut prise. Je me levai, mes offrandes en main, et j'allai cogner à la porte à côté de la mienne.
-Qui que ce soit, allez-vous en ! Je n'ai pas envie de voir personne !
-Je… heu… je me suis dit que… tu avais peut-être faim ? Je sais que tu veux pas me voir, mais… je te laisse des biscuits et du chocolat devant la porte. Fais-en ce que tu veux.
Je retournai dans ma chambre et m'appuyai contre le mur, l'oreille tendu. La réaction de Boucle d'or ne se fit pas attendre : j'entendis la porte s'ouvrir, puis se refermai. Lorsque je jetai un coup d'œil dans le couloir, les sucreries avaient disparu. Bon, elle ne me détestait peut-être pas tant que ça. Ou alors, elle avait tout simplement très très faim.
Je me mis en pyjama, je me laissai tomber dans mon lit et je m'endormis aussitôt. Je rêvai de Rachel et c'était un rêve plus vrai que nature. J'avais l'impression d'être réellement là, dans sa chambre, flottant au-dessus d'elle. C'était la nuit et ses cheveux roux partaient dans tous les sens. Un crayon à la main, elle dessinait frénétiquement en marmonnant des paroles que je n'arrivais pas à entendre. Je m'approchai un peu plus, me penchant par-dessus son épaule pour jeter un œil à son esquisse. Mon cœur rata un battement. C'était moi… sous la douche… qui tenait Annabeth dans mes bras. Nos fronts étaient appuyés l'un contre l'autre et nos yeux ne se lâchaient pas. Rachel repoussa une mèche qui lui tomba sur le visage en soufflant fortement par la bouche, puis elle fit une boule de son dessin et elle le jeta à l'autre bout de la pièce.
-Rachel, murmurai-je, espérant que comme le garçon à la cicatrice, elle pourrait m'entendre.
-Je te déteste Percy !
-Rachel, ce n'est pas ce que tu crois.
Elle prit une autre feuille et commença un nouveau dessin, m'ignorant totalement. Cette fois, elle dessina mon visage et celui d'Annabeth. Mes mains étaient posées sur ses joues et mes lèvres… mes lèvres étaient sur les siennes. Je secouai la tête avec force. J'essayai de repousser le dessin de Rachel, de l'envoyer à mon tour à la poubelle, mais bien sûr je ne pouvais pas.
-Ça n'arrivera pas Rachel ! Je ne laisserai pas ça arriver !
Je me plaçai face à elle pour lui parler, même si je savais que c'était en vain.
-Rachel, écoute-moi !
Elle fixait son dessin, l'air ahuri et une larme roula sur sa joue.
-Saleté de Percy Jackson ! Je savais que ça se passerait comme ça, mais tu aurais pu avoir l'honnêteté de rompre avec moi avant de sortir avec elle !
-Non ! Non ! Je ne veux pas rompre avec toi ! Je vais revenir à New-York… bientôt ! Je ne sais pas quand je vais pouvoir partir, mais…
-Ça suffit ! s'écria Rachel et pendant un instant, j'étais certaine qu'elle s'adressait à moi. Concentre-toi Rachel ! continua-t-elle. Cesse de penser à Percy et concentre-toi sur quelque chose de plus important… le sort du monde par exemple ! Ouais, ça, c'est plus important que ton stupide flirt avec Percy !
Stupide flirt ? C'est à ça qu'elle réduisait notre histoire ? Et puis, qu'est-ce qu'elle voulait dire par le sort du monde ? Est-ce qu'elle savait quelque chose sur la guerre des Trois ?
Je levai les yeux au ciel, découragé par ma propre stupidité. Bien sûr que Rachel savait quelque chose : elle avait un don. Elle pouvait prédire l'avenir. Il fallait absolument que je lui parle et pas seulement pour arranger les choses entre nous !
Je me penchai devant elle et posai mes mains sur les siennes.
-Rachel ! Il faut que tu m'entendes : j'ai besoin de ton aide !
Elle continua son dessin, imperturbable.
-Rachel, regarde-moi. Je suis là. Allez, fais un effort !
-Oh non ! Oh ! Percy !
Comme elle semblait horrifiée, je baissai mon regard sur son œuvre, craintif. Elle m'avait encore dessiné, sauf que cette fois, ce n'était pas au cours d'un rendez-vous, ça, c'était certain. Mes poignets étaient attachés à un mur et mes chevilles étaient ligotées ensemble. Mes vêtements étaient dans un piteux état; déchirés et recouverts de sang, et mon visage était si contusionné qu'on me reconnaissait à peine.
Je reculai un pas, sous le choc même si ce n'était pas vraiment une surprise. Je savais que c'était une possibilité, que mon père pouvait décider à tout moment de me faire prisonnier. J'aurais tout de même préféré que ça n'arrive pas. J'aurais voulu rester un peu plus longtemps avec Rachel, j'aurais souhaité pouvoir lui parler ou lui toucher… qu'elle sache que j'étais là, mais je me sentais déjà partir.
Rachel disparut, sa chambre aussi et j'ouvris les yeux. J'étais de retour à la colonie, dans mon nouveau lit. Et un bruit m'avait réveillé. Quelqu'un, pas très loin de moi, pleurait. J'entendais distinctement ses sanglots et ses reniflements depuis l'autre pièce. Je posai une main sur le mur qui nous séparait.
Annabeth.
C'est elle qui pleurait. Je restai un moment à l'écouter, les dents serrées, me répétant que je ne pouvais rien y faire. Elle ne voudrait pas de moi pour la consoler et de toute façon, je n'avais jamais été doué pour consoler les gens. Je me le répétai encore et encore… jusqu'à ce que je n'arrive plus à supporter ses sanglots.
Je me levai de mon lit pour me retrouver devant la porte d'Annabeth. Je tendis une main hésitante vers la poignée et j'eus besoin de tout mon courage pour la tourner et entrer à l'intérieur. Les pleures se turent aussitôt.
-Qui est là ? demanda Boucle d'or d'une voix rauque.
Je ne répondis pas, mais m'avançai vers la direction d'où était venue la voix d'Annabeth. Il faisait noir dans la chambre et c'était difficile de se repérer, mais je sentis finalement un lit contre mes jambes.
-Percy ?
Je tendis la main et rencontrai quelque chose de doux et soyeux : ce ne pouvait être que les boucles de Boucle d'or. J'y passai mes doigts dans un geste que j'espérais réconfortant, mais elle me repoussa brusquement.
-Va-t-en ! Je ne veux pas de ta pitié !
Je revins tout de même vers elle, je m'assis sur le bord du lit et j'attrapai son bras pour l'attirer à moi. Annabeth essaya de me repousser encore, mais je passai mes bras autour de sa taille pour la serrer contre moi. Elle poussa un gémissement de douleur et se laissa aller contre mon torse. Elle passa un long moment serrée contre moi, mouillant mon t-shirt de ses larmes, alors que je caressais maladroitement ses cheveux et son dos. Puis elle finit par s'endormir, sa tête posée sur mon épaule. Je la couchai doucement dans son lit et ses mains s'agrippèrent à moi, refusant de me laisser m'éloigner. Je ne voulais pas qu'elle se réveille et recommence à pleurer alors je m'étendis à côté d'elle. Ouais, c'était juste pour ça et pas parce que j'avais envie de la sentir plus longtemps contre moi.
Annabeth posa sa tête sur ma poitrine avec un petit soupir de satisfaction adorable, ses mains toujours accrochées à mon chandail. J'enfouis mon nez dans ses cheveux et fermai les yeux. Cette fois, lorsque je m'endormis, je fis un rêve. Un vrai rêve, pas l'un de ses songes étranges de demi-dieux. Juste un rêve. J'étais sous l'eau avec Annabeth, dans une étrange bulle qui nous permettait de respirer et on s'embrassait.
On s'embrassait et sincèrement, c'était le meilleur baiser sous-marin de tous les temps.
Si vous avez reconnu la dernière phrase, c'est tout à fait normal ! Petit clin d'œil à Percy Jackson et le dernier olympien ! ;) Je vous promets que le prochain chapitre sera un peu plus joyeux… pas trop quand même, mais un peu ! J'espère que vous avez aimé et on se retrouve dans pas trop longtemps pour la suite !
Et pour celle qui ne l'auraient pas vu passer, j'ai écrit un os du pv d'annabeth et qui se déroule au tout début de cette fic ! C'est Annabeth Chase et la guerre des trois !
À bientôt
